Merci a ma super BETA, ma namourette qui a le cran de me corriger et qui font de mes brouillons ce qu'ils sont qd vous les lisez T'es extra ma tite Ishtar205

En gras les pensées de Severus

En italique le monde de Harry lorsqu'il est SEUL

CHAPITRE 5

Aussi loin qu'il s'en souvienne, Severus n'avait plus connu de réveils aussi doux et agréables que ceux qu'il avait avec son ancien amant. Son amant… penser à lui rouvrait toujours une plaie dans le cœur du maître des potions qui n'avait jamais su la cause de sa disparition. L'aimait-il toujours ? Pour être honnête avec lui-même, il n'y avait jamais repensé, trop occupé à tenter de le retrouver ou encore immergé dans une guerre qu'il ne voyait que de trop près.

Bien que ses pensées l'emmenassent vers son passé, une chose le ramena peu à peu à la réalité. L'odeur de sa source de bien-être. Douce comme celle d'une rose en éclosion, aussi fraîche que la rosée à l'aube d'un jour nouveau, mais en même temps enivrante et obsédante comme peut l'être l'odeur d'un homme.

A ce moment précis, Severus refusait d'ouvrir les yeux pour retrouver la réalité et devoir quitter la seule présence agréable qu'il ait eu depuis trop longtemps. Et ce parfum… Autant par plaisir que par envie de rester dans un monde de semi-inconscience, il s'amusa à différencier toutes les nuances qu'il sentait avec délectation. Ce fut avec plaisir qu'il reconnut de la vanille, une pointe de monoï et cette petite trace de sueur musquée qui caractérise si bien une présence masculine, le tout semblant englobé dans une senteur de printemps, douce et discrète mais également affirmée. A vrai dire, les mots ne suffisaient pas à définir cette palette d'odeurs tellement délicieuses.

Il aimait beaucoup ce qu'il ressentait, mais voilà, les brides de sommeils ne restent jamais indéfiniment, et ce fut les yeux grands ouverts qu'il réalisa que sa source de bien-être n'était autre que Potter. Il voulut alors se relever rapidement pour se dégager de ce « cauchemar » mais quelque chose au niveau de son bras l'en empêcha. Alors qu'il posait son regard sombre sur la position de leur deux corps, une étrange sensation de déjà-vu s'insinua en lui. Réfléchissant à toute allure pour savoir d'où lui venait ce sentiment, il ne se rendit nullement compte de la présence de son employeur ainsi que de la maîtresse de ses lieux, qui d'un sourire à peine dissimulé, savouraient cette lueur de détresse dans les yeux de l'irascible professeur Snape.

Puis la lumière se fit dans l'esprit de Severus comme une révélation naturelle…

- Potter, la prochaine fois, évitez de vous endormir sur moi…

Ce commentaire dut être de trop pour les deux observateurs, qui dans un bel ensemble, éclatèrent de rire devant cette scène incongrue, faisant par la même occasion frôler l'arrêt cardiaque à notre maître des potions déjà bien malmené.

- Pourrais-je au moins connaître la raison de votre hilarité ? dit-il tout en les foudroyant du regard.

- Di- disons que vous découvrir en train de dormir co-comme un bébé avec un doudou humain, c'est assez amusant ! Répondit Albus avec encore dans la voix des rires mal contenus malgré la retenue qu'il s'imposait.

- Plaît-il ?

- Severus ne prenez donc pas la mouche aussi facilement mon ami, mais vous étiez si…mignon !

- Je vous serais gré de garder vos commentaires pour vous.

- Arrêtez d'être aussi grincheux au réveil… sinon je ne donne pas cher de ce pauvre Harry le matin…

- COMMENT ?

Même en s'énervant comme un damné sur les deux siphonnés présents dans l'infirmerie, rien ne calma leur nouveau fou rire qui déclencha d'ailleurs aussitôt une crise de larmes tant cela était comique pour eux. Bien que ne serait-ce qu'imaginer seulement cette situation les fasse rire ainsi aux larmes serra bizarrement le cœur de Severus, la colère fut plus forte que ce léger pincement et, tout maître de lui qu'il soit d'ordinaire, son sang ne fit qu'un. La pression étant trop forte, il éclata sans même réfléchir aux paroles qu'il allait prononcer.

- Cela vous amuse donc autant ? Et bien au lieu de rire de moi comme ces foutus gosses lorsqu'ils trouvent une faille chez le « sale bâtard des cachots », tentez de venir en aide à un jeune homme battu dès l'âge de cinq ans, affamé par sa famille, mal traité et j'en passe ! Et plutôt que de vous extasier devant mes défauts, vous feriez mieux d'au moins essayer de trouver une solution pour faire sortir Harry de l'enfer où il se trouve dès qu'un souvenir de trop refait surface ! Osez le regarder dans les yeux lorsqu'il observe, recroquevillé sur lui-même, le petit garçon qu'il était se faire cogner par une des personnes chez lesquelles il devait être le plus en sécurité, une des personnes chez lesquelles VOUS l'avez placé !

Le silence accueillit les paroles véhémentes de l'homme, tandis qu'elles faisaient lentement leur chemin dans les pensées de chacun. Alors que la réaction face à ces aveux allait se faire, Severus ne leur laissa pas le temps d'en placer une, trop écoeuré de leur comportement alors qu'Harry… non, Potter, luttait pour ne pas sombrer dans un endroit qu'il craignait au même titre que Snape, même s'il montrait le contraire en compagnie de l'homme plus âgé. Le dégoût se fit alors jour sur ses traits.

- Tout compte fait continuez à rire de la vie des autres. J'ai regardé dans ses yeux lorsqu'il se voyait, lorsque son passé était dévoilé devant l'être qu'il détestait le plus au monde. Jamais vous ne pourrez vous imaginer voir ses yeux devenir aussi vitreux que le sont ceux des condamnés au baiser des détraqueurs. Mais moi je l'ai vu, à moi il les a montrés parce que depuis ce putain d'accident, je suis le seul à m'occuper de lui, même si je le haïssais au plus haut point…

Plus rien ne fut dit. L'air de la pièce blanche devint subitement glacial, irrespirable. Severus dégagea son bras avec douceur, et sur une dernière caresse dans les cheveux de son élève il disparut de l'infirmerie dans un tourbillon de robes noires.

-------------

Furieux était un faible mot pour qualifier l'état du maître des potions. Alors qu'il passait dans les couloirs tel une furie noire, nombres d'élèves prirent la fuite sans même chercher à comprendre, y compris Draco, qui d'un mouvement souple et rapide évita de justesse la collision avec son parrain. Un bruit sonore parcourut tout le château. Severus venait de rentrer dans ses appartements.

La sensation fut étrange. Aux yeux du professeur il n'avait quitté ce lieu seulement quelques minutes après avoir laissé Potter dormir en sécurité auprès de lui. Potter… endormi dans le fauteuil jumeau du sien, face au feu ronronnant et si près de lui. Cela était tellement réel dans les pensées de Severus qu'il ressentit une pointe de déception lorsqu'il découvrit la place vide et froide qu'était celle occupée par son étudiant.

Journée horrible en perspective. Merlin pourquoi avait-il eu le besoin de dévoiler ainsi les secrets du jeune homme ? Pourquoi avoir autant craché ces mots au lieu de leur expliquer ? Pourquoi avoir été blessé par une simple plaisanterie… ?

Les questions s'enchaînaient, entraînant de fil en aiguille des questions que jamais il n'aurait imaginé se poser un jour. Ce fut son fauteuil en face de la cheminée qui reçut alors le corps fatigué de son propriétaire.

Ses doigts frais posés sur ses tempes et les yeux fermés, il réfléchit longuement au jeune homme qui hantait ses nuits au sens propre du terme. Lui, le Survivant, le Golden Boy avait demandé de l'aide à un espion… et pas n'importe lequel qui plus est ! Severus Snape, repêché par le grand Albus Dumbledore lors de son procès il y a de cela de nombreuses années. Peut-être se sent-il seul dans ce monde, monde aussi dangereux qu'un couteau à double tranchant.

Au début il n'avait pas voulu admettre qu'il était désormais bloqué avec lui à chaque fois qu'il fermait l'œil et il avait tout essayé pour empêcher tout contact avec le gosse. Il faut dire que leur « cohabitation » n'avait pas commencé de manière très jouissive, et cela avait été même très… explosif. Mais en seulement quelques misérables nuits, il avait appris à supporter le môme. Il ne le montrait pas bien sûr, mais au fond de lui, il avait toujours tout fait pour le protéger et ce n'était pas maintenant que cela allait changer, bien au contraire.

Merlin, voila maintenant que je deviens protecteur avec lui. Le pire est qu'il le mérite ce sale gosse…

Un rire grave sortit de sa gorge alors qu'il terminait sa phrase, dédramatisant ses paroles tout en les admettant sans même le savoir. Pour son plus grand malheur et pour son bonheur présent, Harry Potter avait pris une place importante dans la vie du maître des potions en un court laps de temps.

Mais quelle place ? Peut-être…

Une sonnerie retentit.

- Par l'enfer ne me dites pas que j'ai raté des cours…

En un coup de baguette, l'heure apparut pour lui indiquer dans des tons rouges qu'il était déjà 10h du matin.

Un autre rire résonna dans la pièce.

- Sale gosse, voilà que je ne fais plus cours juste pour lui, ses maudits yeux verts, sa peau douce et… son…odeur…Merlin je perds définitivement la tête…

A peine dix minutes plus tard, il se retrouva devant les élèves déjà prêts à fuir l'antre du sarcastique et cruel professeur dont le groupe précédent avait affirmé qu'il était absent.

-----------------

Lorsqu'il se réveilla, une sensation désagréable s'était insinuée en Harry, celle qui lui disait que quelque chose de bon manquait à présent. Une chaleur… un bien être… quelqu'un qui le protège, qui s'occupe de lui. Cette sensation il l'aurait reconnue entre mille pour la bonne et simple raison qu'on ne la lui offrait presque jamais, et que dans les rares cas contraires il la gardait soigneusement au plus profond de son cœur.

Le souvenir du monde surnaturel dans lequel il se trouvait lui revint trop vite à son goût, entraînant à sa suite la prise de conscience de ce qu'était ce manque qu'il ressentait : son professeur était parti…

- Tu t'attendais à quoi, à ce qu'il reste avec toi toute la journée ? Il a raison, je suis vraiment un môme pathétique…Et pourquoi je pense à lui d'abord ? Pitié qu'on m'aide…

N'ayant rien à faire d'autre que de visiter les appartements de Severus, il profita de ce que le propriétaire des lieux n'était pas là pour tout visiter, du bureau au laboratoire, en passant par la salle de bains et finalement attendre on ne sait quoi devant la porte qu'il soupçonnait être celle de sa chambre.

Pourquoi hésitait-il après tout ? Snape n'était pas présent et il ne le saurais jamais, en plus la curiosité le titillait plus que de raison. Alors qu'il tendait le bras pour se saisir de la poignée, un souvenir lui revint en mémoire.

Dans celui là, il avait subi une autre de ses corrections… uniquement pour avoir voulu entrer dans la salle d'eau pou se nettoyer après son travail harassant de la journée. Tante Pétunia avait crié au scandale en disant qu'il n'avait pas besoin de se laver pour une broutille telle que l'entretien complet du jardin en plein été. L'oncle Vernon l'avait entendu et…

Tout le décore changea alors comme à chaque fois qu'Harry ressentait quelque chose de fort, mais cette fois, il ne le voulait pas. Non il ne voulait pas se revoir recroquevillé par terre, roulé en boule face à son oncle ; il ne voulait pas entendre son cousin rire grassement de la correction qu'il recevait et encore moins entendre sa tante l'insulter lui et ses parents en les traitant de monstres. Non…cette fois-ci, il ne voulait qu'une chose…

- Professeur…

Le décor ne changea pourtant pas, continuant à montrer le couloir de l'étage des Dursley ainsi que les quatre personnes comme il se les rappelait. En voyant ça, sans même se rendre compte du ton désespéré qu'il employait, il appela encore une fois son enseignant, en gémissant.

C'est alors qu'une cinquième ombre apparut. Assis à son bureau, debout ou déambulant entre les rangées, le professeur Snape venait de faire son entrée dans le monde de peur du jeune homme. En le voyant, une douce chaleur déferla dans le corps d'Harry, calme et réconfortante comme la douceur d'une main dans ses cheveux.

Severus était là pour le protéger…

------------

11h48… plus que douze petites minutes et son calvaire de la matinée sera bientôt terminé, douze misérables minutes… Merlin il ne tiendra jamais. A peine était-il arrivé ce matin qu'il savait qu'il aurait mieux valu, pour la santé de tout le monde, qu'il reste à l'infirmerie ou enfermé dans ses appartements.

L'infirmerie… Potter. Penser à ce gosse le perturbait plus que de raison.

« Et ce fait te dérange de moins en moins. »

Saleté de conscience ! Pourquoi faut-il qu'elle se manifeste toujours dans ces moments-là ? Enfin à quoi bon lutter, après tout elle n'a pas tort. Cependant une chose m'inquiète. Moi, car vu le rôle que je joue dans sa situation, je le condamnerai à mort à la première erreur comise.

La sonnerie retentit, les élèves s'éclipsèrent en un temps record et le repas débuta à peine quelques minutes après leur fuite.

Alors qu'il pénétrait dans la Grande Salle, son regard s'assombrit à la vue de la chaise qui était restée vacante. Entre Albus et Minerva. N'ayant toujours pas digéré ce qui avait été dit lors de son réveil, Severus s'assit entre ses deux collègues, les ignorant à la perfection tout en gardant une allure digne mais pleine de reproches.

Durant la plus grande partie du déjeuner, il put sentir ses voisins se tortiller sur leur chaise, dégageant un sentiment de gêne : apparemment quelque chose n'allait pas. Se fut finalement Albus qui se jeta à l'eau en prononçant les premiers mots.

- Hum, Severus ?

-…

- Severus cessez de faire votre tête de mule voyons !

- Dites ce que vous avez à dire pour une fois.

- Soit. Et bien…heu comment vous… Severus le médicomage spécialisé que nous avons appelé de Sainte-Mangouste est venu pour le cas de monsieur Potter.

- Et ?

- Son état se détériore, continua McGonagall. Il a détecté chez Potter une fuite de magie mais il ne sait pas comment faire pour l'endiguer…à vrai dire il ne sait même pas d'où elle pourrait provenir.

Rester impassible…

- Et qu'est-ce que cela pourrait me faire ?

- Il se vide de sa vie et si cela ne cesse pas il ne se réveillera jamais, mais si tout ceci ne fait que vous laisser indifférent je ne vois pas pourquoi nous nous égosillons à vous tenir au courant !

Il faut que je reste calme, que j'arrête ces fichus tremblements qui parcourent mon corps, le môme est solide, il tiendra.

Le penser fut plus facile à dire qu'à faire. Le verre dans sa main éclata tant il le serra fort tandis que ses yeux laissaient transparaître les sentiments qui l'animaient. De la colère, de l'incompréhension, de la peur... tant de choses auxquelles il n'était pas habitué. Lorsque Minerva voulut reprendre la parole, Snape la coupa d'un ton froid et cassant, le même qu'il employait avec ses stupides cornichons d'élèves, tout en gardant son regard fixé sur le verre en morceaux qui commençait à entailler la chair de sa paume.

- Taisez-vous. De quel droit osez-vous dire que la mort du Golden Boy ne m'atteint pas ? Ce n'est pas vous qui le protégez lorsqu'il se noie dans un bourbier innomable, ce n'est pas vous qui devait mentir au Seigneur des Ténèbres à chaque convocation ou encore, qui endurait les sanctions lorsque vous ne lui apportez pas ce petit con. Cette personne c'est moi. Si vous pensez que j'ai enduré tout ça pour le laisser mourir d'une manière tout à fait idiote vous vous méprenez.

- Je…

- Non, j'ai d'abord une question avant de quitter votre compagnie quelque peu…désagréable. Depuis quand vous jugez-vous tout les deux assez compétents pour prendre soin de Saint Potter ?

- Severus je ne tolérerais pas cet affront, le prévint Dumbeldore.

- Dans ce cas ne le faites pas Monsieur le directeur, renvoyez-moi pour avoir osé vous dire à cette heure et ici même que la meilleure chose que vous ayez faite jusqu'à maintenant, c'est de m'avoir enfin délégué vos fonctions en ce qui concerne protéger Harry et prendre les bonnes décisions pour lui. Sur ce, veuillez m'excuser, j'ai des cours à assurer.

Il se leva alors et quitta la salle, son repas à peine entamé, redoutant sans même s'en apercevoir le double cours qui allait suivre, Gryffondor / Serpentard 7e année.

…….

Alors qu'il se dirigeait vers sa salle de classe, ses pas le guidèrent encore une fois jusque devant les portes de l'infirmerie, le laissant désemparé face à la constatation qui s'imposait maintenant à lui : il avait peur, peur pour le gosse et peur de lui annoncer qu'il ne se réveillerait peut-être pas.

Plus tard Severus, tes cours en premier lieu… si les rouge et or ne te lapident pas avant.

Pensées amères mais justes. En ouvrant la porte de sa salle de classe, il put entendre des bribes de discussion des Gryffons et elles ne laissaient pas place au doute : à leurs yeux il était coupable de ne pas être intervenu assez vite, d'avoir souhaité l'état de Harry, lui, le mangemort.

Soit, ils feront peut-être de ce cours une torture, mais moi je vais leur offrir un enfer…

-------------

Vide.

Effrayé.

Seul.

Ces trois mots décrivaient à la perfection l'état dans lequel se trouvait le jeune Harry après avoir revécu son passé une fois, puis deux, trois… tant de fois en réalité qu'il ne savait plus s'il en était sorti ne serait-ce qu'une minute.

Seul… L'était-il vraiment ? L'est-il maintenant ? Oui… Non… Peut être. Il n'en savait rien et pourtant il lui semblait pouvoir affirmer que non. Etrange n'est-ce pas ? Oui ça l'était et non il n'avait pas été seul. Il était là, présent sans même s'en rendre compte, rôdant parmi ses élèves, critiquant, blessant. Mais s'il n'y avait eu que lui…

Alors qu'il était perdu dans sa douleur, il avait entendu des personnes, des pas puis des voix. Trois, et il n'en avait reconnu que deux : le directeur et sa directrice de maison, l'autre lui restant encore inconnue.

Il ne leur avait pas prêté attention au début mais peu à peu il avait était attiré par le flot continu de paroles et avait rapidement saisi que la troisième personne était un médicomage spécialisé.

Il ne suivait pas ce dont il parlait, mais quand il perçut une phrase, il crut voir le sol s'ouvrir sous ses pieds pour l'engouffrer dans un immense trou noir.

Pourquoi lui ? N'en faisait-il pas déjà assez pour le monde magique ? Apparemment non.

- Je hais ce monde. Je le HAIS !

C'en fut trop pour lui. Sa magie se libéra dans ce lieu maudit, faisant trembler les murs et se dissoudre peu à peu l'endroit où il se trouvait tandis qu'il brisait tout ce qu'il pouvait de ses propres mains.

Amorphe, Harry se laissa ensuite tomber au sol pour faire la seule et unique chose que son corps lui permettait encore de faire : pleurer et trembler.

------------

Le cours se déroulait comme prévu : insultes, masquées ou directes, points retirés et retenues avec Rusard pour calmer les plus fervents défenseurs de la cause « Snape a voulu tuer Harry ».

- Weasley…si vous osez continuer sur cette voie je me verrais dans l'obligation de vous supprimer brutalement de ma liste d'élèves, d'en informer le directeur et de me livrer à Askaban pour utilisation de sorts impardonnables sur votre misérable et insignifiante personne… Me suis-je bien fait comprendre ?

- Ca ne m'étonnerait même pas espèce sale Mange – HOUMF

D'un coup de coude divinement placé, Hermione venait de faire taire son petit ami avant que celui-ci ne commette l'irréparable. Malheureusement ce ne fut pas assez tôt pour les oreilles sensibles du professeur de Potions.

Le regard haineux comme jamais, Snape s'approcha lentement de son futur ancien élève, main sur la baguette, et voix aussi basse qu'un murmure :

- Sale petit con, vous ignorez tout sur les mangemorts, leur manière de torturer, de tuer, de briser… vous ignorez même ce dont je suis capable. Un rire glacé s'échappa de sa gorge. Rassurez-vous, Weasley, je vais m'empresser de combler vos lacunes.

Sa baguette se leva tout contre la gorge du rouquin, mais alors qu'un sort aussi innocent que l'Endoloris allait sortir de sa bouche, les murs du château tremblèrent légèrement. La porte des cachots s'ouvrit à la volée pour laisser apparaître le directeur essoufflé.

- Severus ! Harry fait… SEVERUS !

Les élèves s'étaient groupés au milieu de la classe. Lorsqu' Albus put enfin s'approcher du centre, la première chose qu'il nota fut la blancheur excessive de son employé et les traits de son visage tirés sous le coup de l'inquiétude.

- Severus !

- Merlin…

Tout devint flou pour le maître des Potions qui seul comprenait ce qui se passait.

Le gosse savait.

Et il ne le supportait plus.