Pour faciliter certaine chose, j'ai mis les pensées de Snape entre « … » et celles d'Harry entre …

CHAPITRE 8

Harry teint sa promesse et s'occupa de son professeur, le soignant du mieux qu'il put. A chaque étape, chaque soin douloureux, Snape s'éveillait en gémissant. Il remuait tant qu'Harry devait le rendormir avec douceur pour éviter de le faire paniquer totalement. Après tout, ce n'était pas comme si le maître des potions avait l'habitude de se laisser faire.

Le plus jeune ne savait pas depuis combien de temps ils étaient ensemble, mais il continuait sans relâche jusqu'à ce qu'enfin, les plaies les plus importantes furent fermées, les blessures et autres os brisés remis en état.

Indépendamment de cela, Harry devait lutter contre la noirceur qui tentait, à multiples reprises, d'envahir le monde qu'il avait créé. Ce noir, intense et étouffant, effrayant et déchirant… ce noir provenait d'un seul homme… un homme aussi ténébreux que cette noirceur, un homme enfermé dans sa douleur… un homme inconscient n'attendant que la fin de ses souffrances.

Mais ceci était sans compter sur l'attachement que lui portait un jeune homme aux yeux émeraude et aux cheveux en bataille.

Glissant sa main tendrement dans les cheveux d'ébènes, il posa sa tête à côté de son compagnon de fortune, ses lèvres près de son oreille.

- Si vous m'abandonnez monsieur, je m'engage à devenir professeur de potions…

La réaction ne se fit pas attendre… le plus âgé grogna dans son inconscience.

Mort de fatigue et le sourire au lèvres, le héros du monde sorcier s'endormit après avoir eu la certitude que son enseignant était désormais sorti de ses ténèbres.

-------------

Pomfrey n'avait jamais eu aussi peur au cours de sa carrière. L'état de Severus s'était brusquement dégradé et rien n'avait fonctionné. Son collègue et source d'insultes principale sombrait profondément dans un coma dont elle ignorait tout. Elle s'était affolée, avait fait tout ce qui était en son pouvoir et avait appelé toute l'aide qu'elle avait pu… mais rien.

Et puis tout s'arrêta.

Une douce brise s'était diffusée dans l'infirmerie.

Son jeune patient remua légèrement et Snape soupira en réponse.

Un dernier diagnostique lui appris alors que le plus ancien s'était stabilisé tandis que l'état de l'élève empirait invariablement…

- Merlin que se passe-t-il entre ces deux la ?

-------------

Severus rêvait. Il s'agitait d'ailleurs beaucoup dans son sommeil et de ce fait réveilla Harry. Inquiet, ce dernier remua ses doigts restés dans la sombre chevelure pour apaiser l'endormi, geste simple ayant cependant une vertu calmante que beaucoup attestent.

En y repensant bien, jamais il ne se serait imaginé dans une telle situation. Lui, le Héros du monde sorcier, bête noire d'un meurtrier sanguinaire, être en train de calmer le plus détestable des professeurs, l'homme honni de Poudlard et de ses élèves, son cauchemar vivant pendant plus de six ans…

Il était passé du dégoût à un tout autre sentiment. Un sentiment impossible à décrire. De l'acceptation peut-être… de la tranquillité en sa présence… ou tout simplement un profond respect et une légère attirance… très légère…

Non oublions ça…c'est la fatigue…

Fatigue ou pas, il ne put se rendormir. Il s'installa donc pour le reste de la nuit dans un fauteuil confortable et veilla sur Severus.

Bien qu'il se répétait en boucle que s'était pour le bien de son enseignant, il ne quitta pas son torse bandé des yeux, et encore moins la peau pâle qu'il pouvait observer ainsi que son visage redevenu paisible.

°°°

Quand il se réveilla, Severus ne savait pas où il se trouvait. Il était passé d'un enfer à un lit moelleux et chaud, ses douleurs avaient presque toutes disparu et il pouvait même ouvrir les yeux sans craindre l'obscurité oppressante de sa… « cellule »…

Ce qu'il vit cependant le laissa pantois. Le délicieux lit dans lequel il reposait était un baldaquin somptueux et toute la pièce sentait le bien être et la sécurité, deux choses dont il n'avait plus l'habitude.

Il était bien. Il se sentit encore mieux lorsqu'il aperçut la présence de son élève près de lui en tombant dans son regard épuisé mais lumineux.

Une douce lumière planait au fond de ses yeux.

-Enfin réveillé professeur ?
- Je… eau…

Un verre apparut de lui-même remplie d'eau.
D'une main tremblante il tenta de s'en emparer sans grand succès. Harry s'avança alors près de lui pour l'aider et se saisit du récipient. S'assayant au bord du lit, il releva en douceur la tête de Severus en plaçant sa main fraîche sur sa nuque brûlante

L'adulte but lentement en redoutant l'effet douloureux d'une gorge à sec et mal menée par les hurlements qu'il n'avait pas put retenir. Mais rien. Ses cordes vocales ne souffraient nullement, tout comme son larynx. Rassuré, il engloutit toute l'eau en se satisfaisant du bien être que cela lui procura.

Une foi fait, il reposa sa tête sur l'oreiller et profita de la sensation de douceur qui lui étreignait l'arrière du cou. Cependant, après quelques instants de réflexion, il réalisa à qui appartenait l'instrument de son bien être et releva la tête aussi rapidement qu'il put.

De son côté, Harry était amusé. Son enseignant retrouvait peu à peu ses habitudes. Il retira donc sa main sans oublier cependant de lui remettre une mèche rebelle derrière l'oreille.
Severus ne laissa pas passer ce geste inaperçu mais n'en informa pas son idiot de gryffon personnel.

« Gryffon personnel… Merlin aidez-moi ! »

- A quoi dois-je l'honneur d'un tel décor ?
- Si l'idée ,que ce soit pour vous, dérange votre ego, imaginez que c'est un caprice du héros du monde sorcier.

Harry avait répondu avec un sourire éblouissant. Retrouver son professeur en état de faire une réflexion sur un sujet aussi banal le rassurait plus que de raison. Ce fut donc de son habituel ton mordant que l'ancien répliqua.

- Merlin soit loué, j'ai cru pendant un bref moment que vous vous étiez entiché de moi…

Un rire cristallin se répandit dans la chambre suite à cette déclaration. Ne pouvant s'empêcher de le titiller un peu plus, Harry continua.

- Grande Morgane, me voilà fait !! Je suis mis à nu par l'homme de mes rêves !! Que faire ?
- Sale gosse… Vous me le paierez quand nous serons réveillés.
- Vous y croyez professeur, c'est déjà un bon début.
- Gamin.
- Vieux graisseux.

Les yeux de Severus parlèrent pour lui. Etonné par la réponse de son élève ils s'écarquillèrent de surprise, puis, voyant l'air joueur sur son visage, ils devinrent amusés.

« Je deviens pathétique… »

Harry se leva de son siège et disparut dans l'embrasure de la porte pour revenir quelques minutes plus tard sous le regard interrogateur de son enseignant. Il déposa plusieurs couverts sur un plateau repas puis s'en alla de nouveau. Lorsqu'il revint avec deux assiettes au fumet irrésistible, l'estomac du maître des potions ne se fit pas prier pour en réclamer la délicieuse nourriture.

- Un creux on dirait professeur.
- Serait-ce votre sens de l'ouie sur développé qui vous aurait appris ça ?
- Pas besoin d'être extrêmement développées pour que mes oreilles captent les grognements affamés de votre estomac. Même un sourd les aurait entendus tellement vous avez été bruyant.
- Je ne savais pas que vous étiez capable de répondant plus d'une foi en moins de 10 min Potter.
- Comme je ne vous pensais pas capable de faire un semblant de compliment !

Potter 1, Snape 0

Après avoir sourit plus que de raison face à cette remarque mentale, il apporta les assiettes sur le plateau afin qu'ils puissent tous deux en profiter. Chaude et appétissante, l'odeur d'une succulente tartiflette emplissait peu à peu la pièce, attisant d'autant plus l'appétit du professeur.

Ayant saisi ses couverts avec avidité, Snape se jeta sur son plat pour aussitôt rester figé, la bouche légèrement ouverte, le visage totalement lâche sur-monté d'une expression perdue.
En effet, pendant qu'Harry avait entamé son assiette de pomme de terre aux lardons, ognons et fromage fondu, Severus était resté pétrifié devant la petite soupe et le quignon de pain qui consistaient en son frugal repas.

- Potter… fit la voix grondante de l'enseignant. S'il s'agit d'une blague sachez qu'elle est de très mauvais goût…

Le jeune homme ne prit même pas la peine d'avaler pour lui répondre.

- Vous êtes convalescent monsieur, et pour les convalescents, c'est repas léger et facile à digérer.
- Je suppose que vous vous payez ma tête ??
- Heu… - il avala enfin sa bouchée, et s'arma d'un sourire moqueur tout en disant clairement - non !
- Potter… Etrangement, la voix grave laissait place à cette voix doucereuse trop longtemps entendue pour laisser quiconque indifférent à l'appellation.
- Alors le Harry a disparut ? Tanta-t-il innocemment.

Se relevant correctement en position assise, Snape posa délicatement ses affaires avant de sourire avec mesquinerie.

- Rassurez-vous Potter. Il réapparaîtra aussi sûrement que le repas consistant que vous allez m'apporter de suite.
- Et si je refuse ?
- Il me suffit de penser à ce que je désire pour l'obtenir… après tout cela fonctionne pour le décor, pourquoi pas pour la nourriture. De plus je doute sincèrement que vous ayez réussi un plat digne de ce nom en un temps si court, et encore moins que vous soyez capable de faire une simple purée en sachet.
- En clair vous me traitez d'incompétent…

Réfléchissant faussement, la réponse tomba aussi sûrement que l'homme était sarcastique.

- Oui.
- Soit… Alors sachez mon bon monsieur, que pour votre gouverne, j'ai appris la cuisine à l'âge de cinq ans, et j'ai du cuisiner trois fois par jour jusqu'à mon entrée à Poudlard. Mes grandes vacances se passent également de cette façon, et si j'en avais l'envie, je pourrais me permettre d'ouvrir mon propre restaurant gastronomique sachant pertinemment qu'il deviendrait l'un des plus célèbres pour la qualité et l'irréprochabilité culinaire !!

Le survivant s'était levé de colère mais surtout d'orgueil, car non seulement il savait pertinemment que son professeur ne changerait pas d'avis, mais que malgré ce qu'il pourrait penser, il avait parfaitement raison sur ses capacités dans une cuisine.

Snape quant à lui le regardait étrangement.

« Ce foutu gosse m'étonnera toujours… »

- Potter je crains bien que…
- Non vous ne craignez rien du tout !! Vous êtes le convalescent, je m'occupe de vous et écoutez bien ce que je vais ajouter : oui il suffit de souhaiter pour obtenir ici, je ne sais pas pourquoi ni comment mais c'est le cas. Mais ne pensez même pas vous servir de cet atout pour avoir ce que vous désirez parce que je ne laisserai pas faire !! Est-ce clair ??

Harry dominait maintenant Snape de toute sa hauteur, et bien qu'il ne soit pas d'une grande taille, l'aura qu'il dégageait n'était pas celle d'un ado de 17 ans, mais bien celui d'un homme d'une grande puissance et maître de celle-ci.

Et le silence s'installa entre les deux hommes. Severus fusillait son élève du regard tandis que le plus jeune ne sillait pas, bien au contraire.

Plus têtu qu'un mulet, Snape tenta de faire changer son repas pour pouvoir profiter lui aussi d'une nourriture consistance. Cependant, rien ne se produisit et le regard de Harry devint plus sombre que jamais.

- Vous pouvez toujours essayer, mais croyez-moi bien quand je vous dis que vous fatiguerez avant moi.

Sa voix était à la limite du froid polaire, et le pauvre professeur bouillait intérieurement sur ce tel retournement de situation.

- Vous le pensez sincèrement Potter ??
- Je fais plus que le penser professeur… j'applique.
- Vous ne me connaissez pas…
- Vous me connaissez-vous peut-être ? Laisser moi rire.

Devant une telle réaction, Severus s'engagea de nouveau dans un appel de magie, désirant ardemment un quelconque changement de son assiette. Malheureusement pour lui sa demande fut prise en compte.

Son plat aussi mesquin soit-il disparut définitivement.

- Potter !!
- Je ne me suis pas épuisé à vous maintenir en vie pour avoir affaire(il me semble que c'est « avoir affaire à) à votre caractère de sale bâtard injuste, mesquin et trop fier de sa personne !!!
- En vie ?? Je ne vous ai rien demandé espèce d'idiot de gryffondor !! Qui vous a dit que je voulais revenir hein ??!!

Enragé, le survivant balança son propre repas dans un geste rapide et puissant et se dirigea d'un pas ferme vers la sortie. La porte ouverte et à moitié dehors, il ne se retourna pas mais répondit à l'homme.

- Vous n'êtes qu'un chien Snape… Je vous souhaite bon courage pour vos souvenirs, car quand ils reviendront vous ne pourrez rien faire, et là, vous pleurerez de ce qu'ils vous ont fait…

- Qu'en savez-vous? Vous n'y étiez pas!! Lança le concerné à pleins poumons.
- J'étais là pauvre con!!! Vous m'avez fait assister à votre châtiment!!! J'ai tout vu vous m'entendez!! TOUT!! Et comme le crétin que je suis, je vous ais sorti de votre merde parce que j'avais peur!!!

Tous deux tremblaient. De rage pour l'un, de saisissement pour l'autre. Et aussi étonnant soit-il, le dernier lot n'était pas celui du plus jeune et inexpérimenté des deux.

- Potter, écoutez…
- …
- Harry…
- Non... vous n'avez pas idée de ce que j'ai pu ressentir quand j'ai vu les ignominies qu'ils vous faisaient subir, parce que vous, vous n'avez aucun cœur.

Sur ce, il quitta la chambre en fermant la porte sans douceur ni violence, laissant Snape à ses propres pensées.

-------------

Jamais elle n'avait vu ça de sa vie d'infirmière. Alors qu'elle était assise à son bureau en train de chercher un remède miracle et désespéré pour ses patients principaux, un bruit assourdissant retentit dans toute l'infirmerie et les couloirs alentour. Prise de panique, elle se précipita dans la salle principale et resta bouche bée, pétrifiée par ce qu'elle vit.

Les fenêtres avaient implosé, s'éparpillant comme une poudre cristalline dans tout le domaine, de gigantesques fissures lézardaient les murs dénudés de leurs tableaux, ces derniers ayant échoué au sol dans un amas de bois et de toiles déchirées.

Pourtant, seul au milieu de ce nouveau champ de bataille, deux lits étaient restés intacts, inébranlables face aux événements. Se fut les reflets de plusieurs éclats de verre brisé qui fit comprendre à Pomfrey l'essentiel : ses deux protégés n'avaient subit aucun mal.

Après une multitude de sorts afin de remettre l'infirmerie en état, Pompom se dirigea vers ses patients et exécuta plusieurs sortilèges de diagnostique. Les résultats, bien que prévisibles, n'en étaient pas moins effrayants.

Autant la santé du professeur s'améliorait grandement, que dans un parfait paradoxe, celle du Survivant se dégradait avec force.

Si cela continuait, le sauveur du monde sorcier atteindrait la zone de non-retour…

-------------

Il l'avait fait… Le Sauveur du monde sorcier était parti en claquant la porte. Peut être aurait-il fait la même chose s'il avait été à sa place… Après tout, il n'avait pas était très agréable et encore moins reconnaissant de ce que le jeune Potter avait fait pour lui.

« Crétin !! »

Le bruit mat qui accompagna cette seule pensée l'intrigua fortement jusqu'au moment où il comprit que seul un corps pouvait réaliser un tel son, et ce, il l'avait entendu maintes et maintes fois lors de son rôle de mangemort. Faisant fit des conseils (ordres ?) que Potter lui avait donné pour sa convalescence il se leva de son lit chaud. Le pas lourd, la respiration difficile, il se rendit jusqu'à la porte close tout en maudissant son état se rapprochant de celui d'un nourrisson.

- Potter !! Appela-t-il avant même que sa main ne touche la poignée. Potter que faites-vous encore ?? Vous me parler de me reposer et vous faites un tel boucan que je ne m'entends même plus penser !!

Sa voix n'était cependant pas aussi forte et sarcastique que d'habitude. Peut-être à cause des tremblements qui le prenaient encore ou bien de la fatigue… ou tout simplement de l'inquiétude qu'il ressentait.

De sa main il agrippa enfin la clinche et l'abaissa dans un faible couinement. Lorsque la porte s'ouvrit doucement, il ne vit qu'une seule et unique chose.

Du noir.

Des ténèbres.

Et pas de trace de son colocataire de fortune. Pas de Harry. Pas de Potter. Rien…

Il avança prudemment dans ce qu'il pensait être un immense trou, se persuadant qu'il s'agissait simplement d'une pièce non éclairée. Après tout, n'avait-il pas appris qu'il suffisait de souhaiter quelque chose pour l'obtenir ?

Il posa doucement le premier pied hors de la chambre, et quand il sentit le sol froid entrer en contact avec sa chair, il s'enfonça plus profondément dans cette noirceur opaque. Cet endroit lui rappelait trop bien ce qu'il avait ressentit il y a à peine quelques heures… ou jours il ne savait plus. C'était d'une telle intensité qu'on se laissait emporter, souhaitant même être avaler par cette obscurité.

C'est alors que le noir se brouilla légèrement, puis de façon plus intense. Des murs, des ombres et des murmures lui parvenaient de manière diffuse au début pour finir dans une clarté effrayante.

« Merlin, non… »

Peut-être aurait-il du prier plus fort. Il n'aurait jamais dut se mettre à penser à ce moment précis. Il avait réussit à ne garder que de très faibles souvenir de son châtiment par le Lord Noir, alors pourquoi voyait-il sous ses propres yeux son entrée dans la dernière salle qu'il avait put observer ? Tout le reste pour lui n'avait été que douleur et absence. Il s'était retiré à grande peine dans son esprit afin d'éviter le plus possible de révéler son statut d'espion sous la torture.

Parce que le Seigneur Sombre est très bon.

Trop doué, fort et brutal pour casser les défenses de ses larbins exposer à sa fureur ou sa simple soif de cruauté…

Il se voyait poser un genou à terre et embrasser le bas de la robe de Voldemort. Et ses yeux rouges se posèrent sur lui. Grands. Puissants. Cruels et inquisiteurs. Lorsqu'il releva lui-même la tête pour croiser le regard de son maître, il comprit immédiatement que le châtiment qu'il allait recevoir ne serait rien comparaît aux autres…

Et puis le premier sort tomba sans autre forme de préambule. Sec et sévère à la fois. Un doloris dans les règles de l'art diront certains, mais pour lui, se fut sûrement le pire à sa connaissance. Tant de haine avait été déployée pour lui infliger cette torture qu'il n'avait pas résisté au besoin de hurler… Lui qui se pensait fort, lui qui préférait se mordre à sang plutôt que de crier avait cédé au premier sortilège.

Il resta pétrifié un instant devant le déluge de maléfices qui lui fut lancé. Toutes sortes y passèrent, et plus la dureté des sorts s'élevait, plus il se voyait ployer et se briser les cordes vocales. Mais il ne demandait pas pitié… pas encore…

Il ne voulait plus rien voir, ni entendre, mais le lieu où il était en compagnie de Potter n'était pas fait que de bonnes choses, ils l'avaient déjà tous deux remarqué à plusieurs reprises.

« Potter… Harry… ? »

Son compagnon lui revint en mémoire. Où était-il déjà ? Il avait entendu un bruit et puis…

Un cri retentit. C'était le sien. Sa propre voix. Celle de son souvenir. Il était encore déchirer par un sort de brûlure jumelé à un sort d'acide. Et Potter qui avait tout vu… Potter…

- Ha- … Harry…

« Harry… pourquoi les larmes coulent ici, je n'arrive pas à les retenir… Pourquoi tu n'es pas là… »

Le maître des potions était pétrifié sur place, se regardant, s'observant souffrir et ramper pour éviter les sorts, les coups qui étaient entrés en scènes et bientôt, l'avancé de plusieurs têtes encapuchonnées sur son corps meurtri.

Et puis il comprit ce qui aller lui arriver. Non ce qui lui était arrivé. Il n'avait pas oublié… il avait jute enfoui cet épisode douloureux.

- Harry…

Sa voix tremblait de manière incontrôlée. Jamais il n'avait eu à endurer de nouveau pareil sévisse depuis son entrée dans le cercle fermé des mangemorts…

Il les voyait enlever leurs robes, puis la sienne en lambeaux. Et le reste de ses vêtements déchirés…

Il tomba à terre.

Faible.

Mais pas seul.

Potter était là, près de lui. Inconscient certes, mais avec lui, allongé comme une poupée de chiffon. Par des gestes saccadés, il le prit doucement contre lui, cherchant du réconfort tout en en apportant.

Les images de son viol continuèrent à défiler sous ses yeux alors qu'il se berçait lui et son seul point d'encrage dans une faible étreinte, désespérée et tremblante.

Il plongea sa tête dans le cou du corps chaud contre lui, et tout en le serrant plus fort, il tenta d'oublier les sons, les gémissements et ses propres suppliques, ses propres demandes de pitié…

- Harry… réveil toi… réveille toi… Ne me laisse pas seul.

Il répéta cette phrase inlassablement, bougeant d'avant en arrière. Et puis l'homme entre ses bras remua doucement, de façon imperceptible. Ou était-il trop engagé dans son souvenir désastreux ? Lentement, une main glissa contre sa hanche, suivie par une deuxième s'engageant dans le cou et les cheveux du sévère professeur.

Plusieurs minutes s'écoulèrent sans que le plus ancien ne réagisse à la caresse qui lui était prodiguée, mais lorsqu'un doux murmure s'éleva jusqu'à ses oreilles, ses larmes redoublèrent et son étreinte plus intense et douce.

- Ne vous en faites pas Monsieur… je suis avec vous… mais restez avec moi…

- Harry…

Son Harry était réveillé, avec lui, contre lui…

Pour lui…

¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤

Un enorme pardon pour avoir mis autant de temps, j'avoue être un peu en manque de motivation par moment TT, mais ne vous inquiétez pas, la suite a deja commencé à etre ecrite

Mici pour toutes vos reviews, ca me fais vraiment chaud dans mon petit cœur Et c'est grace à vous si nous autres auteurs, ecrivons.

Mici aussi au reviewers anonymes :

Vendetta :promis je ferai un Happy End

Koredik : Voui je sais que je suis extrement lente, je serai a ta place, je me serai deja menacer de mille morts !! oO Tu trouve que je suis cruelle avec eux ?? Et bien honnetement… oui et malheureusement dans ce chapitre je ne les ai pas bien gater non plus:/ … En tout cas merci pour tous ces compliments car je dois dire que pour certain aspect de l'histoire, je lutte un peu bcp (d'ou ma lenteur…) !! Encore mici et j'espere que cette suite t'a plus

Gros gros bisous !!!