CHAPITRE 9

Harry n'avait pas bougé des bras de son enseignant. La force et le courage lui avaient manqué, à lui, le courageux Gryffondor, pour se sortir de la chaleur de son professeur. Mais pourquoi l'aurait-il fait de toute façon, il y était bien et en sécurité. Le noir ne l'envahissait plus là.

Il n'avait plus peur d'être de nouveau seul.

Mais il avait revécu la torture de Snape. Autant de fois que le concerné, qui, trop englué dans son propre souvenir, n'avait pas su arrêter le déluge inlassable d'images et de sons. Le jeune homme s'en voulait tant.

Il voulait l'aider mais n'avait pas la force de changer ces images trop affreuses.

Il voulait l'aider, mais il n'avait pas l'envie de quitter le corps chaud qui le berçait lentement, un corps qui ne voulait pas le lâcher pour son plus grand bien être.

Alors il était resté là, près de lui, à lui caresser les cheveux et cette peau si douce au niveau de la hanche. Il n'y avait pas de mal à cela, ce n'était que pour le soutenir…

Cependant, il s'inquiéta lorsque l'histoire recommença pour la quatrième fois. Severus s'enfonçait trop profondément et s'il le laissait faire, il en deviendrait fou.

Sa voix s'éleva alors plus fortement qu'à son réveil pour le sortir de ce cauchemar.

- Professeur, il faut arrêter d'y penser, c'est fini

Aucune réponse, aucun changement. Il retenta de nouveau, mais de manière plus insistante.

- Monsieur arrêtez. Vous vous faites du mal, vous m'en faites aussi. Je ne veux plus voir ça. Professeur je vous en supplie, stoppez tout ça…

- Je… je n'y arrive pas Harry…

Les tremblements étaient alors revenus, s'accentuant ainsi que la pression de ses bras sur le corps fin de l'adolescent. Harry se releva donc légèrement pour essayer de croiser le regard de son enseignant.

- Arrêtez. Maintenant. Fit-il avec douceur mais aussi avec fermeté. Ca ne changera rien de nous torturer avec le passé. Vous nous blessez plus que de raison… vous n'êtes plus là bas alors revenez avec moi.

- Mais…

- Non. Pas de mais. Vous n'êtes pas seul je suis là, alors s'il vous plaît, laissez le passé où il est et restez avec moi… comme je suis resté avec vous.

Le temps passa, incertain, insoutenable et pourtant inévitable. Puis leur regard s'accrochèrent l'un dans l'autre, peur contre réconfort. Petit à petit le décor changea, se brouillant peu à peu pour laisser place à une toute autre atmosphère. Des murs aux couleurs chaudes, des meubles clairs, et une magnifique cheminée au feu hardant. Ils n'étaient plus sur un sol glacial mais dans un somptueux et confortable canapé, une table basse en verre devant eux encadré par deux fauteuils identiques au sofa. La pièce était simple mais exceptionnelle.

Elle représentait une partie de leur personnalité.

L'association parfaite de ses deux êtres.

Cependant, Harry ne bougea pas de son emplacement initial. Là, couvé par son professeur et à moitié allongé sur lui, les mains toujours perdues dans leurs caresses. Severus mit du temps à réaliser ce qu'il venait de se passer. Tout avait changé. Il ne se voyait plus être souillé par ses « confrères » ni par son …maître. Non ce qu'il voyait était le paradis. Deux grands yeux verts l'hypnotisant, un corps chaud pressé contre lui et des doigts courant sur sa peau blanche en le faisant frissonner agréablement.

- C'est à ça que le paradis devrait ressembler…

La voix de l'adulte n'avait pas été plus forte qu'un murmure, mais l'intensité qu'elle dégagea la fit résonner contre les murs de leur nouveau salon. Et Harry l'entendit, la chérit. Il sortit ses mains de la douceur des cheveux ébène et la posa doucement sur la joue du maître des potions.

- Tout est une question de volonté monsieur. Après tout, il nous suffit juste de le souhaiter…

Le soleil dansait dans la voix du plus jeune. Il était bien, en agréable compagnie, et ses cauchemars (visions ?) avaient enfin cessé. Que demander de plus ?

Peut-être ce visage pâle se rapprochant de lui.

Ce souffle chaud qui parcourait sa peau.

Ou bien ce simple contact de deux lèvres embrassant les siennes avec douceur, avec peur, avec envie.

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Albus était passé pour prendre des nouvelles de ses deux protégés, souhaitant venir les voir de ses propres yeux. Et ils étaient là, allongés dans leurs lits blancs. Les jeunes Weasley et Granger étaient présent également, tenant fermement la main trop pâle de leur ami dans les leurs. Pompom l'avait mis au courant et pourtant, voir Harry et Severus dans un tel état le brisait un peu plus à chaque fois. Pourquoi cela leur arrivait-ils à eux ?

Doucement il s'approcha du golden trio et posa sa main sur l'épaule de la jeune fille.

- Bonjour miss Granger, monsieur Weasley.

- Bonjour monsieur le directeur, firent-ils ensemble.

- Vous savez, Harry est quelqu'un de fort, et même si son état n'est pas des meilleurs, il reviendra parmi nous.

- Oui monsieur, nous avons confiance. C'est juste que…

- C'est la première fois qu'il reste aussi longtemps inconscient, finit Hermione.

- Oui c'est vrai, reprit Albus, mais le jeune monsieur Potter possède un don pour se sortir des situations des plus cocasses aux plus extrêmes.

Le silence se fit et s'étira entre les trois « gardes malades », inconfortable au début, puis détendu au fur et à mesure. Hermione cependant troubla ce repos par curiosité.

- Professeur ?

- Oui miss ?

- Pourquoi le professeur Snape est-il ici ? Je pensais qu'il s'en était mieux sorti que Harry…

- Et bien, je dois admettre que nous pensions effectivement qu'il allait mieux, mais lui seul est un maître des potions. Il semblerait donc que nous nous soyons fourvoyé quant à son état. Après tout, seul lui connaît le nombre et le type d'ingrédients vivant dans son armoire.

- Ah…

Et se fut tout. Le regard du directeur brillait légèrement. Son sortilège d'amnésie fonctionnait correctement… il n'aurait pas pu en être autrement. Mais connaissant cette chère miss Granger, elle se doutera de quelque chose dans un certain temps… il suffisait juste de rallonger son ignorance le plus possible. Moins de personnes étaient au courant, moins de risques étaient encourus.

Quand il s'apprêta à sortir de l'infirmerie pour laisser les jeunes s'occuper, dans la limite du possible, de leur ami, quelque chose le retint subitement.

Quelque chose d'infime, de presque impalpable et pourtant, il le sentait. C'était sombre, lourd, quasiment étouffant. Intrigué mais surtout inquiet, il intima aux deux élèves de se retirer et de partir en cours ou du moins, ailleurs que dans cette salle.

Peut-être avait-il tord, mais il préférait en être sûr. Il tendit l'oreille, et quand le bruit des pas se furent estompés, il ferma l'infirmerie à l'aide d'un sort et appela Pomfrey.

- Il faudrait que vous m'aidiez ma chère Pompom.

- Oui bien sûr, tout ce que vous voudrez Albus !! Mais que dois-je faire au juste ?

- J'aurais peut-être besoin de chocolat lorsque j'aurais fini certains voyages… intérieurs.

- Si j'étais vous je ne ferais pas ça.

- Oui… mais ne suis-je pas réputé pour être « le plus vieux fou que le monde n'ait jamais porté » ?

- Hoooo à quoi bon !! De toute façon vous n'en ferez qu'à votre tête alors allez-y !! Essayez de rentrer dans la leur !! Mais ne comptez pas sur moi pour vous lancer des louanges si vous y arrivez !!

- Mais je l'espère bien ma tendre Pompom, termina-t-il avec un doux sourire.

Alors qu'il s'apprêtait à faire le nécessaire, l'infirmière l'arrêta d'un geste net et sans appel.

- Si vous faites une telle ânerie, attendez d'abord que j'ai vérifié si MES patients sont capables de supporter une telle surcharge d'énergie !!

Joignant le geste à la parole, elle leurs lança tout un panel de sortilèges, cherchant, dénichant toutes failles susceptibles d'être dangereuses pour leur santé. Les résultats étant bons mais relativement faibles, elle donna son feu vert bien que réticente à l'idée de cette nouvelle expérience.

Assis confortablement dans un fauteuil qu'il venait de faire apparaître, il murmura l'incantation qui lui permettrait avec un peu de chance (et de savoir-faire) de pénétrer dans l'esprit de ses deux enfants. A peine fut-elle finit qu'il fut comme aspiré dans le néant, emportant avec lui les dernières paroles de son infirmière préférée.

- Vieux fou !!

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POV Albus

Cet endroit n'est pas comme je l'imaginais au début. Il est sombre, froid et oppressant. J'ai peut-être raté mon sortilège… je l'espère en tout cas.

J'avance dans cet espace aussi noir que la nuit, cherchant un repère quel qu'il soit, m'indiquant où pourrait se trouver mes deux protégés. Mais plus je m'enfonce dans cette obscurité, et plus la sensation d'être perdu moi-même m'enveloppe.

Quelque chose attire mon attention… Des images… Des pleurs… Des hurlements…

Inquiet je cours presque en direction du bruit, suivant avec douleur les cris qui déchiraient ce silence de mort. Puis je m'arrête net.

- Merlin… mon petit…

Severus est là, seul et bandé dans un endroit lugubre. Je le vois tenter d'avancer d'un pas. Comment fait-il ? Il sort d'une porte et avance comme si un sol existait. Décidément ils sont ici depuis trop longtemps pour connaître aussi bien leur environnement.

Quelque chose ne va pas. Il a cessé sa progression et semble perdu. Le noir devient plus fort. Il est vraiment tant que nous trouvions un moyen, mais le hic est que l'un peut y laisser la vie. Je n'aime pas du tout ce genre de situation… je ne maîtrise pas ce qu'il se passe dans ce monde là. Je…

- Qu'est ce que c'est ??

Le décor a changé du tout au tout, et me montre maintenant une scène des plus mauvaise. Je vois mon petit avancer dans sa cape de mangemort et s'abaisser devant Voldemort. Et… Merlin dites-moi que ce n'est pas vrai ? Dites-moi que ce n'est pas un souvenir de Severus…

Je veux avancer mais je n'y arrive pas. J'ai l'impression d'être bloqué sur place alors qu'une personne qui m'est chère glisse à terre.

Lève-toi Severus !! Montre-moi que tu as du caractère comme lorsque mes idées te déplaisent. Tu n'es pas seul je suis là !!

Et Harry aussi…

Je n'ai pas le droit de rester ici, c'est leur univers.

Fin POV

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De retour dans l'infirmerie, Albus avait retrouvé le sourire ainsi que ses yeux pétillants. Intriguée certes, mais de très mauvaise humeur, Pompom ne chercha pas à comprendre et renvoya avec perte et fracas le directeur de l'école.

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Le baiser était lent et doux, tout ce qui était nécessaire pour le rendre inoubliable. Leurs lèvres se rejoignaient, s'éloignaient et se découvraient tendrement, sans aucune précipitation. Severus tenait toujours le plus jeune délicatement contre lui, une main sur la nuque. Harry, lui, se coulait à la perfection dans cette étreinte de bien être et savourait encore la texture soyeuse de la peau de son compagnon, au niveau de ses hanches et à la naissance de ses fesses.

Moment magique dans cet endroit maudit, aucun des deux ne voulaient ouvrir un œil pour se rendre compte de ce qu'ils faisaient, de la personne avec laquelle ils partageaient cette sensation de douceur et de réconfort.

Non. Ils voulaient profiter tous deux de ce sentiment inégalable, de leurs lèvres satinées au goût envoûtant et aspirer avec besoin le souffle et l'odeur de l'autre. Mais ce n'était plus assez. Lentement, une langue rosée passa les barrières de lèvres puis de dents, cherchant au début timidement sa future compagne dans des caresses plus sensuelles les unes que les autres. Cette sensation de plénitude lorsqu'elles entrèrent en contact les rendit pantelant, extatiques.

Le besoin de sentir l'autre devint de plus en plus pressant. Le baiser commençait à être plus violent, plus possessif et intransigeant, chacun voulant mener le combat ou offrir à l'autre le plaisir de ce contact de chair. Harry se releva sans jamais quitter cette bouche divine, s'installant sur les cuisses de l'homme avec l'aide de celui-ci. Severus commença à faire glisser ses mains dans le dos du rouge et or puis sous la chemise qui recouvrait son torse, légèrement, du bout des doigts.

Cette douce caresse les fit frissonner tous les deux, tant par la surprise du geste que par le besoin de la ressentir. C'était tellement bon, tellement tendre et en même temps possessif que le tourbillon de ces sentiments les enveloppa un peu plus à chaque mouvement, incitant toujours plus de contacts entre les deux hommes. Pris dans cette extase, Harry glissa ses propres mains le long de la nuque de son tourmenteur et les remonta dans ses cheveux d'ébènes, savourant la texture soyeuse et non fielleuse comme nombre de personnes le pensaient.

Tandis qu'il les faisait redescendre plus bas, leurs lèvres se faisaient plus gourmandes, avides et impérieuses dans leur envie, se forçant les unes les autres à se soumettre chacune leur tour. Les respirations étaient haletantes, il fallait qu'il y ait plus. Plus que ces bouches se dévorant, plus que ces langues tantôt taquines, tantôt violentes. Plus que ces simples touchés délicieux mais ô combien insuffisants.

Leurs mouvements s'enchaînèrent d'eux-même à la perfection, comme devinant ce qui devait être fait au moment précis.

Un bouton.

Les doigts si habiles de Severus s'étaient attaqués avec grand plaisir à la chemise qui le privait de sa source de bien être.

Deux boutons.

Les mains devenaient impatientes, tout comme les lèvres de l'adulte qui descendaient le long de cette gorge offerte, léchant avec honneur cette peau au goût de miel et de vanille.

Trois boutons… puis tous les autres.

Harry n'avait pas résisté et d'un coup vif il venait d'arracher les entraves qui l'empêchaient de sentir pleinement les attouchements sur son torse, laissant ainsi un accès libre et illimité à l'homme vorace sur son corps ainsi découvert.

Il ne savait plus où il était, ni comment faire pour ne serait-ce que respirer convenablement, sans gémir, dès que l'autre le mordillait savamment. La pression sur ses hanches l'avait fait se lever légèrement, pour tout de suite après se retrouver allonger sur le tapis face à la cheminée, ôtant définitivement la chemise encombrante par la même occasion.

Les frôlements, les caresses et les mouvements lascifs de leurs deux corps devenaient leur seul univers, les seules choses auxquelles ils pouvaient, voulaient se raccrocher. Ne plus faire attention à ce qui les entourait, seulement eux, le physique de l'autre, les attentions qu'ils se portaient.

Cependant, le jeune rouge et or ne souhaitait pas rester inactif. Avec assurance, il enlevait petit à petit le vêtement de l'homme au-dessus de lui, cherchant le contact de cette peau qu'il avait tant appréciée, douce et velouté.

Mais ce qu'il toucha ne fut pas cette chair belle et diaphane.

Ses yeux s'ouvrirent en grand, et comme s'éveillant d'un rêve trop réel, il réalisa ce qu'il se passait.

Les bandages recouvraient toujours une grande partie du corps de Severus, corps qu'il avait soigné après une réunion bien trop douloureuse pour lui, pour eux. Snape continuait ses baisers, ses demandes de caresses, ce besoin intense de ressentir que l'autre prenait soin de lui.

Les yeux toujours fermés.

Les joues humides.

Lorsque Harry compris ce qu'il se passait, une partie de lui sombra un peu plus dans le néant qui l'engouffrait de l'intérieur. Les gestes de Snape, ses attentions… rien n'étaient bons… ils n'étaient là que pour oublier. Oublier le mal que les autres lui avaient fait. Oublier son corps et son âme salis une fois de plus. Il ne souhaitait qu'une chose… s'oublier lui-même.

Un léger déclique venait de se faire dans la tête du gryffon. Alors qu'il remontait ses mains en direction du visage de Severus, ses propres larmes cherchaient à percer le mur de ses yeux vert. Pris en coupole, l'enseignant s'arrêta sans pour autant ouvrir ses yeux de jais.

- Ce monde ne vous réussit pas… - murmurait le plus jeune - … Repartez chez vous, je ne veux pas que vous vous détruisiez pour moi.

Les prunelles d'ancre jaillirent alors de sous leurs paupières pour fixer celles bientôt tout aussi sombres de son vis à vit. La tête de Harry se rapprochait lentement de la sienne, immobile, et lorsque leurs lèvres se frôlèrent de nouveau, une seule phrase s'éleva dans l'atmosphère de cette pièce.

- Fermez les yeux…

Obéissant sans s'en rendre compte, Severus abaissa ses paupières tandis que la bouche de son étudiant entrait enfin en contact avec la sienne, tendrement, comme devait l'être un baiser d'adieu. Ce fut sur cette pensée qu'il sombra dans l'obscurité rassurante des bras de Morphée.

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Dans l'infirmerie régnait une effervescence rare. Pompom s'agitait en tout sens autour de ses patients tandis que le directeur en personne veillait à ce que les visiteurs habituels ne rentrent pas. Tous étaient agités et pour une bonne raison. L'un des deux hommes venait de sortir de son coma.

- Mais comment est-ce possible ?? Questionnait Pomfrey en tournant autour du professeur Snape. Ouvrez la bouche… Rooooo, Severus ne faites pas l'enfant et ouvrez-moi cette satanée bouche !!!

- Fichez-moi la paix vieille harpie !! Grogna-t-il à la demande de l'infirmière.

- Espèce de débris acariâtre !! Ouvrez la bouche ou je vous y force bon gré mal gré !!! Fulmina-t-elle.

- Essayez pour voir et je vous promets que vous devrez…

- « Devrais » quoi ?? Allez-y, continuez !! « Devrais » quoi ??!! Vous ne trouvez pas que j'en fais déjà assez ? Je n'ai pas que vous comme patient Môssieur le gros ours mal léché ! Estimez-vous heureux de ne pas avoir atterri à Sainte Mangouste !! Et retenez bien une chose : ce n'est pas un sac de végétaline capillaire qui m'empêchera de faire mon travail correctement !!

Un regard noir la transperça alors qu'elle revenait à l'attaque avec sa petite spatule de bois.

Regard qui changea vite lorsqu'il aperçut son ancienne némésis. Le teint blafard et les yeux clos, Harry Potter était allongé entre des draps trop blancs dans un lit juste à coté du sien. Cette simple vue lui rappela ce qu'il s'était passé. La vie qui avait parcourut leurs corps quand il l'avait senti contre lui, quand leurs lèvres se rencontraient avec douceur. Mais cela lui rappelait surtout la raison de ces gestes et les mots que le jeune homme lui avait dit.

« Ce monde ne vous réussit pas… Repartez chez vous, je ne veux pas que vous vous détruisiez pour moi. »

Et maintenant il était là, couché lui aussi dans un des lits de l'infirmerie à tirer la langue pour que cette maudite femme l'ausculte, le laisse partir. Loin, très loin. Loin de ces lieux qu'il exècre plus que tout, loin du morveux qui n'en est plus un à ses yeux. Pour oublier encore une fois ce qu'il venait d'arriver. Sa torture, les viols, la douleur, mais par-dessus tout, ses yeux à la couleur du printemps qui retenaient des larmes qui n'auraient jamais du couler.

« Par ma faute. »

Il n'aurait pas du faire ça. Il n'aurait pas du profiter de cette chaleur contre lui, le touchant, le réconfortant. Mais il avait été si tentant… Comment refuser cette caresse, ce souffle salvateur à la base du cou là où la peau est si sensible ? Il n'était qu'un homme et qui plus est, un homme qui avait besoin de tout cela. Et il l'avait pris.

- …as d'entourloupe !!

Revenant à la réalité, Snape fixa son bourreau sans comprendre la moindre chose. Que venait-elle de dire ?

- Pardon ? Demanda-t-il les yeux encore dans le vague.

- Le grand Severus Snape n'aurait pas suivi une discussion plus qu'importante quant à sa sortie de mon domaine ??

- Suffit femme !! Dit moi ce qu'il y a à savoir et je le ferai.

- Sans rechigner ?

- Sans rechigner…

- Quel grand garçon ! Je vous disais donc qu'il vous fallait une semaine de repos complet, soit aucun cours pendant cette période. En plus de cette semaine de vacances, vous me prendrez cette potion six fois par jours pendant quatre jours. Vous la diminuerez à trois doses au cinquième jour sur une durée de deux semaines. Compris ?

- Oui maman… Sur ce j'en conclus que je peux partir ?

- Je ne vous retiens pas, loin de là !!

Les vêtements au bout du lit, il tira les rideaux et s'habilla aussi rapidement que possible quand il stoppa net. Pas une égratignure n'écorchée sa peau. Pas de nouvelles cicatrices ni de bandages toujours trop serrés pour lui. Un petit papier attira son attention sur sa chemise. Il le prit et le lut.

« Mon garçon,

J'aurai à te parler dans mon bureau, là je t'expliquerai ce que je pense avoir compris.

A.D »

Un sourcil arqué d'une manière bien connue, Severus finit de se rendre présentable et commença à se diriger vers la sortie. Alors qu'il avait attrapé la poignée de la porte, il s'arrêta et posa une seule question à la maîtresse de ces lieux sans même se retourner.

- Comment va-t-il ?

Il eut le silence pour toute réponse. Quoi de mieux pour faire comprendre la pire de chose quand les mots à prononcer sont trop durs ? Rien, et Snape le savait. Les yeux de nouveaux vitreux, le professeur le plus redoutable de l'histoire quitta enfin la présence trop douloureuse de cet homme, homme décidément trop jeune pour ne pas pouvoir vivre.

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Perdu au milieu des couvertures froissées, Harry était roulait en boule tel un chien de fusil, cherchant la moindre parcelle de présence que pourrai lui apporter le morceau de tissu qu'il serrait entre ses bras. Ses larmes roulaient librement sur son visage avant d'imbiber le manteau du maître des potions.

Désormais il était seul.

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Nan nan nan !! On ne tue pas l'auteur parce qu'elle a osé faire ça à un début de lemon !! Bande de pervers je suis sur que vous attendez que ça ;)

Moi aussi vous me direz :p

Le rapprochement arrive bien… je dirais même qu'il arrive plus que bien alors j'espère que cela compense ma cruauté ! La fin arrive à grand pas (trop grand à mon goût) et je vous promets que vous aurez votre citron très prochainement !

Bisous à tous !