Bonjour bonjour ! Voilà le chapitre suivant qui, une fois encore, est publié avec un pitit peu de retard... Désolée !:s Enfin, je voudrais vous remercier une énième fois pour vos reviews, et vous dire que c'est vraiment un grand plaisir pour moi d'écrire quand je vois la gentillesse avec laquelle vous acceptez chaque chapitre. Merci, sincèrement !

C'est avec un grand plaisir que je dédicace ce chapitre à AELEA WOOD, qui a eu l'immense courage de lire et de reviewer tous les chapitres à la suite ! Encore merci, chacune de tes reviews m'a vraiment fait plaisir ! Je vous invite tous à aller lire par la même occasion les fics d'Ael, dont le talent est tel qu'elle écrit des fics dramatiques aussi aisément que des fics humoristiques ! A (re)découvrir absolument !

Alors, je vous le dis tout de suite, ce chapitre va révéler certaines choses... Notamment des détails en ce qui concerne l'ascendance de Sidawethiel... Une partie du mystère se dévoilerait-elle ? A vous d'en juger. Je vous souhaite une très bonne lecture !

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Chapitre 10 : Merillasbelin

Tout était calme dans les quartiers de guérison de Lorien. La guérisseuse effleura doucement avec le revers de sa main le visage de Sidawethiel, perdue dans ses pensées. C'est à ce moment là que Sidawethiel s'éveilla de son état léthargique, et, en sentant ce geste sur sa peau, l'elfe réagit en attrapant brusquement le poignet inconnu et en le comprimant, cherchant à le broyer. La guérisseuse, surprise, poussa un cri, ce qui alerta le patient voisin, soldat elfe s'étant fait blesser au front par une lame orc, ainsi que son visiteur, jeune elfe lui aussi soldat. Tournant fébrilement la tête du côté des deux guerriers puis de la jeune femme, Sidawethiel desserra machinalement sa prise, ce qui permit à la guérisseuse de retirer rapidement son poignet, puis se redressa complètement sur le lit.

- Tout va bien, dit la jeune femme à l'encontre des deux soldats présents, qui s'étaient levés et ne semblaient pas tout à fait sûrs que la situation soit maîtrisée.

- Qu'est-ce que je fais ici ? se demanda Sidawethiel en regardant partout, dans l'incompréhension la plus totale.

- Calmez-vous, tenta la guérisseuse d'une voix douce et apaisante. Vous vous trouvez à Caras Galadhon, vous êtes en sécurité. Nous avons extrait le mal qui coulait dans vos veines, à présent vous devriez vous sentir mieux...

Mais malgré tous ses efforts, la jeune femme ne parvint pas à rassurer Sidawethiel, qui décidément n'arrivera jamais à s'habituer à ces demeures fermées. Quand l'elfe finit par tourner son visage vers la jeune femme, celle-ci parvint à distinguer de la crainte mêlée à de la méfiance dans son regard.

- Et vous êtes qui, vous ? questionna avec une grande discourtoisie Sidawethiel.

- Je me nomme Merillasbelin (1),reprit patiemment l'elfe. Je suis la maîtresse guérisseuse de ce lieu. J'ai soigné votre mal, rappela-t-elle en désignant d'un geste de la main la cicatrice de Sidawethiel.

En posant les yeux sur sa plaie, des bribes de souvenirs affleurèrent dans l'esprit de Sidawethiel. Le jeune cavalier inconnu disant s'appeler Orophin, puis auparavant Legolas examinant sa blessure, et encore avant l'orc décochant sa flèche en plein dans sa jambe. Et avant... avant...

- « La mort de Gandalf », pensa amèrement Sidawethiel. « Ma défaillance. »

En un soupir d'exaspération, Sidawethiel se laissa retomber dans son lit et se mit à fixer le plafond avec colère. Cette colère était due à ses actions passées, mais Sidawethiel la retourna contre la jeune femme assise à son chevet qui faisait tout pour lui être agréable, et qui était si aimable. Trop aimable. Et puis après tout, pourquoi restait-elle à son chevet ? N'avait-elle pas des choses plus urgentes à faire ? Et puis, si elle voulait flâner et rester sans rien faire, pourquoi restait-elle assise près de son lit, à dévisager Sidawethiel de la sorte ? Cela ne lui plaisait pas. Mais vraiment pas.

- Pardonnez ma curiosité, reprit non sans hésitation la jeune femme, mais vous savez à présent ma fonction et mon nom, alors que je ne connais pas même le vôtre. Quel est-il ?

- Sidawethiel, se surprit à répondre l'elfe.

De longues minutes de silence s'en suivirent, pendant lesquelles la guérisseuse tournait ce nom dans tous les sens dans son esprit en se demandant s'il lui était déjà arrivé de l'entendre quelque part, alors que Sidawethiel l'observait à la dérobée en se demandant ce qui pouvait bien susciter une telle réflexion chez cette elfe. Ce silence obsédant et les coups d'œil appuyés bien que discrets des deux jeunes soldats d'à côté achevèrent de rendre Sidawethiel totalement mal-à-l'aise. L'elfe avait besoin de retrouver des repères.

- Où sont mes compagnons ? demanda alors Sidawethiel. Je voudrais savoir ce qu'il est advenu d'eux, et je souhaiterais les rejoindre rapidement.

- Ils sont arrivés il y a peu, tandis que votre esprit était encore inconscient, répondit Merillasbelin, en ressortant de ses pensées. Notre Reine, la Dame Galadriel, ainsi que son époux le Seigneur Celeborn ont demandé à les faire comparaître devant eux de suite. Et comme votre état s'est nettement amélioré, il semblerait fort à propos en effet que vous vous présentiez également à eux. Si vous voulez bien me suivre...

En disant cela, elle s'était levée de sa chaise et était sortie rapidement du talan. Sidawethiel s'étonna de sa hâte, et, ayant peur de perdre sa trace, l'elfe rejeta aussitôt les draps de son lit de convalescence et se dirigea d'un pas presque sûr à sa suite. A chacun de ses pas, l'elfe ressentait une sensation de gêne à la jambe, non pas une douleur aiguë et brutale, mais plutôt lancinante.

- Cela durera encore quelques temps, répondit Merillasbelin à sa question muette, comme si elle avait deviné l'embarras de l'elfe.

Elle avait attendu Sidawethiel à la sortie du talan, et à présent elle redescendait de l'arbre par l'escalier prévu à cet effet.

Les maisons de guérison n'étaient pas très éloignées de la demeure des seigneurs de Lorien, ainsi les deux elfes ne mirent pas longtemps à rejoindre cet endroit, malgré la légère infirmité de Sidawethiel. Leur passage fut accompagné de chants mélodieux, aériens. L'atmosphère qui régnait ici apaisait les esprits, et atténuait les douleurs. C'était indiscutablement un des lieux les plus beaux de la Terre du Milieu. A vrai dire, Sidawethiel ne connaissait qu'un seul lieu qui le surpassait dans son cœur...

- Après vous, lui dit Merillasbelin en lui désignant d'un geste élégant le haut d'un talan, plus haut et majestueux que tous ceux croisés auparavant.

Sidawethiel monta donc l'escalier, la guérisseuse sur ses talons, et dépassa les gardes qui ne firent aucun geste, immobiles tels des statues de pierre. L'elfe perçu alors la voix bourrue du nain de la Communauté, si disgracieuse à entendre après tous ces beaux chants elfiques. Cela signifiait bien entendu que ses compagnons se trouvaient toujours là...

A cette pensée son pas se fit plus hésitant. Alors qu'il ne lui restait plus que quelques mètres pour les rejoindre, l'elfe s'arrêta, et se mit hors de vue. La guérisseuse fut surprise de cette réaction, mais continua à avancer sans un mot. Sidawethiel prit cette réaction pour un défi, et, pour ne pas blesser son orgueil, décida d'affronter le regard de la Communauté.

- « J'ai commis une erreur », se persuada Sidawethiel. « Une lamentable erreur. Et bien il est temps que je la regarde en face ! »

Alors, en un élan, Sidawethiel releva fièrement la tête et dépassa Merillasbelin, avançant d'un pas décidé sur le talan.

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Nul ne tourna la tête à son arrivée. Et pour cause : nul n'était présent, hormis les deux seigneurs de Lothlorien. La communauté avait dû sortir à l'instant. Cela rassura Sidawethiel, enfin... pour un temps. Car cela ne pouvait signifier qu'une seule chose : Galadriel et Celeborn l'attendaient...

Sidawethiel continua à avancer, timidement, et se plaça face à eux, le visage bas. Une fois devant eux, Sidawethiel se décida enfin à lever les yeux, et à l'instant où leurs regards se croisèrent, l'elfe tomba à genoux. Une telle majesté ne souffrait pas que l'on se tienne debout. Les deux souverains étaient restés immobiles, sans esquisser le moindre geste. Ce fut Celeborn qui prit le premier la parole :

- Bienvenue en Lorien, Sidawethiel de Mirkwood. Nous avons déjà apprit de vos compagnons ce que nous voulions savoir. Vous êtes libre de regagner les quartiers que nous avons mis à votre disposition, à vous et vos compagnons, dit-il en ajoutant à ses paroles un geste accueillant et chaleureux.

La belle dame Galadriel posa à son tour son regard sur Sidawethiel, regard à qui nul ne peut échapper. Sa voix résonna alors dans sa tête, une voix d'une pureté et d'une douceur inégalables.

- « ...Je sais qui vous êtes et le but que vous poursuivez. Suivez ce conseil : n'accomplissez pas votre vengeance !... »

- « Vous savez bien que cela m'est impossible », lui répondit en pensée Sidawethiel.

Après ces mots, Galadriel détourna la tête, et un voile de déception se profila sur son beau visage. Après cette réaction, Sidawethiel sentit que sa présence risquait de devenir dérangeante, alors l'elfe suivit la direction que lui avait montrée auparavant Celeborn et quitta les seigneurs de Lorien.

Une fois hors de vue, Sidawethiel ne cessa de penser à ce que lui avait dit Galadriel. Pourquoi lui faudrait-il mettre un terme à cette idée de vengeance ? Ce fut sa seule motivation dans cette entreprise, et puis, cela ne pouvait qu'être bénéfique...

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Petit à petit, tout en se perdant dans ses pensées, Sidawethiel fini par se rendre jusqu'au lieu de repos de la Communauté. Dès que l'elfe, apparaissant au loin, fut visible pour ses compagnons, ceux-ci tournèrent la tête dans sa direction. Sidawethiel s'apprêtait à les rejoindre, quand cette fois-ci ce fut la guérisseuse qui, sortie de nulle part, tira l'elfe en arrière et l'ôta de leur vue.

- « Décidément, il est dit que je ne pourrais jamais revoir mes compagnons ! » ironisa Sidawethiel. Puis, à voix haute, l'elfe ajouta froidement : Qu'est-ce qui vous a prit de faire cela ?

La guérisseuse regarda l'elfe dans les yeux, et répondit :

- Avant que vous rejoigniez vos amis, il y a quelque chose que je dois vous dire... La première fois que j'ai pu vous voir, j'ai tout de suite pensé que votre visage m'était familier, sans pouvoir me souvenir où je l'avais vu. Mais maintenant, je le sais... Peut-être serions-nous plus à l'aise chez moi pour en discuter ?...

Ces paroles intriguèrent Sidawethiel, ce qui devait être le but de Merillasbelin. Elle assurait avoir déjà rencontré l'elfe, or c'était la première fois que Sidawethiel venait ici, et de tout sa longue vie l'elfe pouvait jurer n'avoir jamais rencontré cette femme. En jetant un coup d'œil de sa vue perçante à travers les branchages de l'arbre qui formait sa cachette, Sidawethiel vit que la Communauté regardait toujours dans sa direction, perplexe devant cette « disparition » soudaine et se demandant sans doute si ce qu'ils avaient vu n'était pas une illusion... En regardant plus attentivement, Sidawethiel remarqua que Legolas n'était pas parmi eux. Il devait avoir quelques connaissances en Lothlorien, ou son statut de Prince elfique lui donnait droit à un confort plus important, ce qui est bien normal. Quoi qu'il en soit il n'était pas là, alors peut-être cela lui donnait-il le droit de s'éclipser aussi... Et puis, il serait intéressant de voir ce que cette guérisseuse pouvait avoir à lui dire...

Là-dessus, Sidawethiel fit savoir à Merillasbelin que son offre était acceptée, et celle-ci, en souriant, prit le chemin de sa demeure. La guérisseuse ne vivait pas loin des maisons de guérison, de façon à pouvoir être mobilisée en un minimum de temps de cas échéant. Le chemin fut donc court, ce qui rassura Sidawethiel dont la jambe blessée commençait à fatiguer, bien que l'elfe ne veuille se l'avouer. Le talan de la guérisseuse était lumineux, chaleureux, et la multitude de fleurs entreposées savamment dans toute la pièce exhalait un parfum léger et charmeur. Cet intérieur était un des plus beaux exemples de communion entre l'homme et la nature possible. On ne pouvait distinguer ce qui était naturel de ce qui avait été arrangé par la jeune femme.

- Je vous en prie, asseyez-vous, proposa Merillasbelin en ne cessant de regarder Sidawethiel d'une manière insistante assez dérangeante.

Sidawethiel refusa, car cela l'obligerait à lever les yeux vers la guérisseuse, ce qui mettrait cette dernière en position de supériorité. La guérisseuse soupira, et prit un siège.

- Vos parents viennent de Lorien, n'est-ce pas ? demanda-t-elle subitement, en s'asseyant.

De Lorien ? Mais que raconte-t-elle ?

- J'ai peur que vous ne vous fourvoyiez, ma Dame...

- Vraiment ? répondit celle-ci, étonnée. Alors il ne s'agit pas de Sidhion (2) et de Thandiel (3)

Ce fut au tour de Sidawethiel de manifester sa stupéfaction.

- Ce sont bien leurs noms... Mais comment le savez-vous ?

- Alors c'est bien ce que je pensais, réfléchit la guérisseuse à haute voix, avant d'ajouter : Il se trouve que j'ai connu vos parents lorsqu'ils vivaient en Lorien. Votre père Sidhion était un brave soldat de la garde, et votre mère était guérisseuse, tout comme moi. Je lui ai tout apprit, et nous étions de bonnes amies. Mais je ne pense pas que vous ignoriez tout ça ?

- ...

- Cela m'étonne, mais ce n'est pas grave... J'ai fini par vous reconnaître, car vous ressemblez de façon étonnante à votre père. D'ailleurs, comment vont vos parents ? Je n'ai plus eu aucune nouvelle depuis qu'ils ont choisit de vivre en solitaires en Eryn Lasgalen, après la grave blessure de votre père...

- Ils vont bien, dit Sidawethiel d'un ton neutre et légèrement indifférent.

Merillasbelin regarda Sidawethiel d'une façon bienveillante.

- Cela me parait si étrange... Pendant les longues années où nous avons été complices, jamais votre mère ne m'a dit qu'elle désirait un enfant. Nous n'avons jamais abordé le sujet, alors je ne pensais pas que la tentation de devenir mère lui viendrait un jour... Et le fait de vous voir... là...

Ces mièvreries agaçaient de plus en plus Sidawethiel. Mais le fait que ses parents connaissent cette guérisseuse obligeait l'elfe à lui témoigner un minimum de respect.

- Je suis d'ailleurs très étonnée de vous voir en tenue de soldat ! rajouta Merillasbelin en prenant un ton de complicité. Je me souviens que votre mère avait développé une hantise pour les armes et l'art de la guerre depuis que votre père a faillit perdre la vie. A-t-elle fini par se radoucir à ce sujet ?

- Il faut croire, répondit sèchement Sidawethiel, puis l'elfe quitta la demeure de la guérisseuse.

L'impression d'avoir sa vie mise à nu par la première inconnue venue ne lui plaisait pas. Et puis, cette femme avait réveillé de mauvais souvenirs en Sidawethiel. Il lui avait fallu du temps pour se faire à l'idée que sa naissance n'avait servit à ses parents qu'à assurer leur défense militaire face aux groupes d'orcs errants de Mirkwood. Replonger dans de telles pensées lui faisait mal. Il lui fallait prendre l'air...

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Et vala ! C'est la fin (du chapitre lol) ! Un peu moins court que ce que j'avais prévu !:D Alors alors alors... qu'en pensez-vous ? Que dites-vous de l'intervention (assez courte) de la Dame Galadriel ? J'espère que le décalage de pensée entre la guérisseuse et Sidawethiel à propos des parents de Sidawethiel était assez compréhensible !

N'hésitez pas à me dire ce qui va et ce qui ne va pas dans ce chapitre, et dans la fic en général. Faites-moi partager vos impressions et vos déceptions ! Encore merci de me lire, et à bientôt pour le prochain chapitre ! Bisous ! ;p

Caladwen

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Quelques traductions approximatives, si vous voulez :

(1) Merillasbelin : « Fleur d'Automne »

(2) Sidhion : « Fils de la paix »

(3) Thandiel : « La protectrice »