Hello ! Comment ça va tout le monde ? Je me suis demandé pendant un moment si j'allais pouvoir publier ce chapitre, étant donné quelques problèmes d'internet... Mais le problème semblant résolu, me voici. :)

Comment passer un chapitre sans vous remercier du fond du cœur, vous, très chers lecteurs, grâce à qui écrire est un tel plaisir ? Je ne vous remercierai jamais assez pour tout ce que vous m'apportez... +s'incline profondément+

Je dédie ce chapitre à une jeune fille très passionnée, gentille et très agréable, à une lectrice et revieweuse infatigable, j'ai nommé : LALOLIE ! Merci pour ton soutien sans faille, et j'espère bien que l'histoire et la tournure des événements continueront de te plaire :D Bisous !

A un moment dans ce chapitre, il y aura un flash-back. Je ne pense pas avoir besoin de préciser où, vous devriez le voir sans problème. ;) Alors je n'ai plus qu'à vous souhaiter à tous une très bonne lectuuuure !

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Chapitre 13 : Filer comme le vent...

Les rites funéraires furent pris en charge par Aragorn, qui était plus au fait des us et coutumes des Hommes que ses compagnons. Le corps de Boromir fut transporté à l'aide d'un brancard de fortune jusqu'au fleuve. Sidawethiel observait en retrait le rôdeur s'occuper du mort. C'était la première fois que l'elfe assistait au dernier hommage rendu à un mort, et il lui était difficile de savoir comment réagir. La mort est une chose bien étrange pour ceux qui n'ont que très peu de chance de la rencontrer... Le mort fut allongé dans une de leurs barques elfiques, et Aragorn commença à prononcer gravement un chant d'adieu du Gondor. Ce fut Legolas qui déclama le second couplet, d'une voix douce et mélancolique. Sidawethiel chanta à son tour le troisième couplet, car ce chant, bien que composé par les mortels, lui avait été enseigné lors de son apprentissage. Gimli se tut, incapable de chanter le dernier couplet. Sidawethiel s'assombrit, car il n'est jamais bon de laisser un chant d'adieu inachevé.

Sidawethiel regardait à présent la barque de Boromir atteindre les chutes de Rauros, et tomber dans le courant. Sidawethiel regrettait de ne pas avoir mieux connu l'homme, et que le seul point commun qu'ils se soient connu ai été leur faiblesse pour l'Anneau. Mais il n'était plus temps de songer à ces choses... Car sur l'autre rive du fleuve, une de leur barque avait déjà accosté, et ses deux occupants n'étaient déjà plus visibles.

Legolas fut le premier à réagir, et il venait de mettre la barque à flots quand Aragorn le retint par le bras, et secoua la tête.

Comprenant où il voulait en venir, Sidawethiel se tourna vers le rôdeur.

- Vous rendez-vous compte que si nous laissons partir ce hobbit seul, nous n'avons aucune chance de détruire l'Anneau ?

- L'Anneau n'est plus de notre ressort désormais, soupira le rôdeur sans pouvoir empêcher une once d'inquiétude de transpercer dans sa voix.

- Alors ils vont partir... dit Legolas d'une voix amère.

Sidawethiel sentit le peu d'espoir qui lui restait d'envoler. Alors il ne leur reste aucune chance, aucune chance... Sidawethiel leva le regard une nouvelle fois vers l'autre côté de la rive. Les hobbits étaient bien partis, emportant avec eux tous ses espoirs de vengeance. Sidawethiel eu une furieuse envie de les poursuivre, de prendre le canot restant et de les rejoindre, de traverser à la nage s'il le fallait. En une fraction de seconde, l'elfe avait déjà calculé la vitesse du courant et avait repéré l'endroit le plus sûr où plonger. Son corps lui hurlait de bouger, mais son esprit demeurait indécis.

Legolas lui posa une main fraternelle sur l'épaule, lui adressant un regard triste mais serein, ce qui réduit une nouvelle fois à néant ses désirs de fuite et fit tomber l'elfe dans un morne abattement. Gimli aussi semblait éprouvé par l'échec flagrant de la Communauté, et il soupirait fréquemment. Un silence songeur s'installa entre les derniers compagnons, mais il finit par être troublé par la voix décidée d'Aragorn...

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Légèreté... Vitesse... Aérien... Sidawethiel aimait courir, filer comme le vent. La sensation de se fondre dans la nature, en suivant le souffle de la brise, est alors totale. Mais quelque part, Sidawethiel s'en voulait de prendre tant de plaisir à leur course. Après tout, ils n'étaient pas là pour s'égayer. Ils étaient en chasse. Contre cette vermine d'orcs, ces infâmes créatures qui ont osé s'en prendre à leur groupe, qui ont osé enlever deux de leurs amis ! Aragorn leur a parlé à ce sujet, leur a dit qu'il n'était pas permis de laisser les orcs de Saroumane, oui, ces orcs commandés par la Main Blanche, torturer ou faire subir les pires sévices à leurs compagnons. Jamais. Alors les voici qui courent, qui avancent sans relâche, pour rattraper ces créatures maudites. Levant la tête, Sidawethiel s'aperçu que le Soleil commençait de s'éteindre en un long crépuscule. Deux jours... Cela faisait à présent deux jours qu'ils couraient à perdre haleine, et qu'ils suivaient la trace des orcs. Sidawethiel faisait confiance à Aragorn pour pister ces immondices, car le talent des rôdeurs pour le pistage est renommé, et toute son âme était trop concentrée sur sa haine des orcs pour penser à autre chose.

Legolas semblait partager sa passion de la course, sans pour autant se laisser griser par ces sensations. Il savait communier avec la nature sans perdre de vue leur but, et ses pas le portaient bien souvent en avant de leur groupe pour tenter d'apercevoir leurs ennemis à l'horizon. Mais ces étranges orcs sont bien trop rapides...

Gimli faisait preuve d'une endurance remarquable, même pour un nain. Il tentait de rester à leur hauteur sans broncher, sans leur demander de ralentir. Tant mieux. Malgré ses difficultés il ne devait pas les freiner dans leur progression. Ils devaient courir, rattraper leur retard, rejoindre ces orcs et les massacrer tous ! Avant d'attendre de se faire massacrer à leur tour... Et oui, c'était inévitable ! L'Anneau était parti, tout n'était plus qu'une question de temps avant que le pouvoir de Sauron soit absolu. Cette pensée était inacceptable à Sidawethiel, mains l'elfe avait déjà choisi de se résigner à ce destin. Du moment que ces sales orcs les précédaient dans la tombe...

Les pensées de Sidawethiel allaient de nouveau fuir la triste réalité pour se tourner vers le simple plaisir de sentir le vent caresser son visage, quand Legolas cria qu'il apercevait les orcs. C'est bien. Sidawethiel commençait à avoir des crampes dans la main, et son arc ne demandait qu'à servir...

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- « Non mais c'est pas vrai ! Et où sont-ils maintenant ? »

Sidawethiel ne pouvait s'empêcher de maugréer silencieusement. Alors qu'ils étaient en vue de ces horribles orcs, ses autres compagnons avaient jugé qu'il serait plus sage de se reposer pendant la nuit et de repartir le lendemain matin, de manière à ce qu'ils puissent tous reprendre leur souffle. « Reprendre leur souffle », mais pourquoi ? Il n'y a pas besoin d'être reposé, d'être frais et dispo quand il s'agit de massacrer de l'orc ! C'est un luxe dont il faudrait en ces temps de guerre qu'ils apprennent à se passer...

La Communauté avait à présent quitté l'Emyn Muil pour les plaines Rohirrim. Deux jours et deux nuits s'étaient succédés alors que les compagnons continuaient leur course incessante. Lorsque soudain, Sidawethiel cru sentir le sol vibrer faiblement sous ses pieds.

- « Serait-ce les orcs ? » se demanda l'elfe.

Mais c'était peu probable, ils n'étaient tout de même pas assez nombreux pour faire trembler le sol sous leurs pas. Et puis... il lui semblait percevoir... des hennissements, très lointains. Les autres compagnons avaient eux aussi ralentit le pas, et Legolas, de ses perçants yeux d'elfe, annonça à ses compagnons qu'une troupe composée d'une centaine de cavaliers arrivait dans leur direction. Aragorn leur fit signe de s'arrêter et de descendre plus avant dans la plaine, à leur rencontre. Il leur fallu attendre peu de temps avant qu'une troupe d'Hommes cavaliers passe devant eux au galop. Ils ne semblaient heureusement pas avoir noté la présence des quatre compagnons, grâce à leurs manteaux elfiques de Lorien. En les apercevant, Aragorn avait plissé les yeux, et alors que le dernier cavalier s'éloignait le rôdeur sortit de son retrait et héla le régiment, sous la plus totale incompréhension de Sidawethiel.

Legolas et Gimli semblaient eux aussi surpris et indécis, mais les trois compagnons se placèrent aux côtés du rôdeur, tandis que les cavaliers avaient fait demi-tour et commençaient déjà à les encercler, leurs grandes lances pointées agressivement sur eux.

- « Alors voici l'accueil qui nous est fait par les Hommes du Rohan ! » pensa Sidawethiel avec ironie.

Un homme se détacha des autres cavaliers, et il s'avança, l'épée dégainée.

- Qui êtes-vous, étrangers, et que venez-vous faire dans le Riddermark ? demanda-t-il d'une voix rude et fière.

Sidawethiel ne daigna pas même le regarder et plongea son regard à l'horizon. L'elfe n'avait que faire de parlementer avec cet individu. Ce contretemps risquait d'amenuiser leurs chances de rejoindre la troupe d'orcs, et sa rage ne demandait qu'à éclater.

- Je me nomme Grand-Pas, dit Aragorn, et je suis ici avec mes compagnons sur la trace d'un groupe d'orcs, qui ont enlevé deux de nos amis.

- Je vous ai moi-même pris pour des orcs, enchaîna l'Homme, mais je me rends compte à présent de mon erreur. Qu'êtes-vous donc ?

Gimli se redressa, probablement piqué au vif qu'on puisse le comparer à un orc, et la fierté que l'on pouvait lire sur son visage étonna Sidawethiel.

- Donnez-moi votre nom, dresseur de chevaux, et je vous donnerai le mien.

Ce manque de courtoisie et de civilité fâcha les cavaliers, qui ne manquèrent pas de murmurer entre eux et resserrèrent encore plus étroitement leur étreinte sur les quatre compagnons.

- Je vous couperais volontiers la tête, si elle sortait un peu plus du sol.

- Vous seriez mort au moindre geste, prévint Legolas, et Sidawethiel se rendit tout juste compte qu'il avait bandé son arc avant qu'Eomer brandisse son épée, prêt à l'attaque.

Sidawethiel ne pouvait s'empêcher d'admirer la réaction spontanée du Prince de Mirkwood, et l'elfe s'apprêtait à l'imiter pour lui témoigner son soutien sans faille, quand Aragorn intervint pour calmer les deux guerriers. L'homme attendit que l'elfe range son arc avant de rengainer son épée, ce que Legolas ne fit pas de bon cœur.

- Il est de mise que ce soit l'étranger qui se présente en premier, rabroua hautainement l'Homme, mais sachez que je me nomme Eomer, fils d'Eomund, Troisième Maréchal du Riddermark.

- Je suis un Homme du Nord, commença Aragorn. Voici Gimli, fils du nain Gloïn, ainsi que Legolas et Sidawethiel, elfes de la Forêt Noire. Nos pas nous ont menés des chutes de Rauros jusqu'à ces terres, à la poursuite d'orcs qui ont emprunté ce passage. Les auriez-vous vus sur votre chemin ?

- Certes, nous les avons vus, acquiesça l'Homme, et à présent il ne reste plus rien d'eux. Nous les avons décimés, et avons empilé leurs corps avant de les brûler.

Décimés... Les orcs avaient été décimés... Alors Sidawethiel n'aurait pas même l'espoir d'une dernière bataille avant la fin... Cette nouvelle avait plongé Sidawethiel dans un abîme de désespoir. Que faire à présent ?

- Deux de nos amis étaient retenus captifs, s'empressa Gimli.

- Deux hobbits, des enfants à vos yeux, continua Aragorn.

- Il n'y a pas de survivant, avoua Eomer. Je suis désolé pour vos amis.

Eomer choisit finalement de laisser des chevaux à la Communauté, décision qui étonna grandement l'ensemble des guerriers rohirrims. Aragorn s'est vu attribuer un cheval gris nommé Hasufeld, et Legolas un cheval plus petit et fougueux, du nom d'Arod. Gimli accepta de mauvaise grâce de monter derrière le Prince. Sidawethiel reçu le troisième et dernier cheval sans cavalier, Arothain. Alors que les cavaliers rohirrims s'éloignaient et que ses trois compagnons étaient déjà à cheval, Sidawethiel demeurait à côté de Arothain, l'air songeur, hésitant même à le toucher. L'elfe fit alors mine de vouloir rendre au cheval sa liberté, c'est pourquoi Legolas, narquois et impatient, lui fit une remarque :

- Auriez-vous l'habileté de Tulkas (1) à la course pour estimer l'aide d'un cheval superflu ?

- Non, bien sûr, répondit Sidawethiel après un court moment de réflexion, un mince sourire étirant ses lèvres. Cette attitude était puérile, et nous avons déjà perdu assez de temps comme ça. Allons !

En disant cela, Sidawethiel avait monté à crue sur son cheval, et la Communauté repartit sans un mot. Ce qui laissa à Sidawethiel tout le loisir de se souvenir de la raison pour laquelle il lui était si difficile de côtoyer un cheval...

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Il faisait beau dans la forêt de Mirkwood en ce début de matinée. Sidawethiel venait à peine d'atteindre l'âge adulte, et déjà l'elfe courait à perdre haleine de ses pas légers, savourant les caresses du vent soulevant par mèches ses longs cheveux. Mais en se frayant un chemin parmi les hauts arbres de la forêt, l'elfe avait déjà un but.

- Vient ici roch (2) cria Sidawethiel, d'un air mi-autoritaire mi-riant.

Le fougueux poulain qui échappait à l'elfe depuis quelques heures déjà rua, mais s'immobilisa et revint au pas à ses côtés.

- Quel beau poulain tu es, et quel magnifique cheval tu seras ! dit Sidawethiel avec admiration.

Au mot « cheval », l'animal s'ébroua.

- Par deux fois tu as réagis à ce nom, songea Sidawethiel. Alors désormais ce sera le tien. Roch... Bararoch (3)

L'animal se rapprocha, flaira Sidawethiel, puis se cabra de nouveau et s'enfuit au galop dans la forêt. Sidawethiel le laissa lui échapper, tout en sentant au plus profond de son cœur qu'il reviendrait...

OOOOOOO

- J'ai eu un cheval autrefois... avoua soudain Sidawethiel en réponse à la question de Legolas, brisant le silence pesant entre les membres de la Communauté. Mais il est mort, et me suis promis de ne jamais le remplacer...

Legolas, surpris, prononça une parole d'excuse en sindarin, et Sidawethiel l'accepta de bon cœur d'un hochement de tête.

- La séparation a dû être difficile, surtout si vous étiez jeune quand vous l'avez perdu... constata Legolas.

- Il est toujours dur de perdre un cheval, dit Aragorn.

- Mais l'expérience est différente pour un elfe, répondit Legolas. Pour nous, la perte de notre premier cheval constitue souvent notre premier rapport avec la mort. Elle est très difficile à vivre, surtout si notre lien avec l'animal était très puissant et que nous n'y étions pas préparé.

Sidawethiel ferma les yeux, alors que les souvenirs ressurgissaient de façon incontrôlable. La mort de Bararoch lui avait fait énormément de mal, l'elfe ne pouvait le nier. Mieux valait éviter de s'en souvenir et concentrer son attention sur le paysage rohirrim alentours.

- Il n'est plus temps de parler d'autres malheurs, dit soudain Gimli en tendant le bras. Regardez, voici le lieu de la bataille.

En effet, devant eux un monticule de cadavres d'orcs continuait de fumer, et nulle part il n'y avait la moindre trace de vie. Les quatre compagnons descendirent de cheval et Sidawethiel s'approcha malgré l'odeur pestilentielle des environs.

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Et voilà ! C'est tout pour cette fois-ci ! Alors, que pensez-vous de cette entrée dans la partie des Deux Tours ?

Et puis... vous avez vu ? Je vous ai révélé pourquoi Sidawethiel avait une telle répulsion pour les chevaux. Vous vous souvenez ? Au chapitre 9, Orophin transportait Sidawethiel, qui avait reçu une flèche empoisonnée, sur un cheval. Sa réaction avait été de chercher à descendre au plus vite. J'espère que la raison de ce geste vous a plut.

Alors maintenant je vous fais de gros bisous, et encore merci de me lire ! La suite dans deux mois, promis. :) A bientôt alors !

Caladwen

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Quelques petites notes, même si je pense que vous n'en avez pas besoin... ;p :

(1) Tulkas est le nom d'un des Valar. Il est si rapide à la course qu'il ne prend pas de cheval pour se déplacer.

(2) Roch : « cheval » en sindarin.

(3) Bararoch : « cheval fougueux » en sindarin.