Chapitre IV
Installée dans son canapé, Regina se mit à réfléchir à la menace que représentait Raiponce. Bien sûr c'était une princesse, bien élevée, gentille et aimante tout comme l'étais Snow, mais leur principale différence était capitale, la jeune femme avait beaucoup plus de caractère que la princesse naïve et adorable qu'étais Snow.
Raiponce était beaucoup plus encline au combat, à la vengeance, à la magie que les autres princesses ce qui rendait sa menace sérieuse et pas simplement faite pour faire peur. La reine déchue savait bien que son ennemie n'hésiterait pas à mettre au point une vengeance à la hauteur de ce qu'elle lui avait fait subir, ce qui l'inquiétait encore plus. Dans des conditions pareilles, elle se mit à remettre son départ pour les différents mondes en cause, elle ne pouvait clairement pas partir rechercher l'amour quand son fils était en danger. D'autant plus que si Tinkerbell ne réussissait pas sa mission elle n'aurait aucun moyen de traverser les mondes sans perdre le souvenir de ce qu'elle cherchait.
Déjà, qu'est-ce qui lui prouvait qu'il n'y avait que ce souvenir qu'elle perdrait ? Et si elle oubliait toute sa vie ? Et si, pendant qu'elle partirait en voyage, il arrivait quelque chose a Henry ? Pourrait-elle se le pardonner un jour ? Bien sûr, tomber amoureuse lui donnerait la force et le sentiment de sécurité dont elle avait besoin mais à quel prix ? Finalement il était peut-être plus sage de remettre à plus tard ce petit voyage, le temps d'éliminer la menace Raiponce...
Flashback
Le vent soufflait sur son visage et faisait s'envoler ses cheveux, la seule chose de solide qu'elle pouvait encore sentir était la scelle sur laquelle elle était à moitié assise, les étriers dans lesquels elle avait les pieds, les reines qu'elle avait dans la main. Les seules choses qu'elle entendait étaient les bruits de pas de galop de son cheval, Rossinante. Le piaillement des oiseaux, la source d'eau dont elle se rapprochait. Par-dessus tout un sentiment de liberté l'envahit, l'air frais, le peu de limites, l'impression de s'envoler, l'odeur de la nature qui lui indiquait qu'elle n'était pas au château... C'était les moments qu'elle préférait.
En tant que reine, Regina avait un emploi du temps très chargé mais elle avait insistée pour continuer à prendre des leçons et du temps pour l'équitation, parce-que cela lui rappelait son Daniel, parce qu'elle aimait se sentir aussi libre, loin du château pendant quelques petites heures par semaine. Elle n'allait jamais bien loin, seulement jusqu'au lac situé juste après les bois autour du château. Personne ne la suivait jamais jusqu'ici. Tout le monde était bien trop occupé pour ça, ce qui ne changeait pas grand-chose à ses habitudes. Rares étaient les personnes qui lui accordait une réel importance quand elle n'occupait pas ses fonctions de reine.
Une fois à destination, elle descendit de son cheval et s'approcha du lac, respirant à plein poumon l'air frais et calme de l'endroit. Après avoir attaché son cheval a une barrière de bois qui marquais sans doute autre fois les délimitations d'une ferme.
Elle sortit les quelques provisions qu'elle avait fait avant de partir et s'installa au bord de l'eau pour savourer son moment de liberté quand un bruit se fit entendre juste derrière elle. Sur ses gardes elle se retourna pour voir le voleur Robin de Locksley. Ou plutôt, « Des Bois » puisque c'était ainsi que tout le monde l'appelait. Le voyant arriver vers elle, ses premières intentions étaient de l'éviter, comme elle aurait dû le faire le soir de son mariage, alors elle prit ses quelques affaires et s'approcha de son cheval quand sa voix l'arrêta.
Je vous en prie, ne partez pas, je ne reste pas de toute façon.
Elle se retourna, le dévisagea un instant puis lui fit un sourire timide, rapidement, elle replaça ses affaires et se réinstalla.
Si je me permets de discuter un petit peu avec vous, me ferez-vous arrêter ? Demanda-t-il en s'approchant d'elle.
Si je ne me trompe pas vous êtes déjà rechercher je ne peux en faire d'avantage. Lui répondit-elle les yeux fixés sur l'horizon
Oui, c'est bien vrai. Avoua-t-il dans un sourire. Venez-vous souvent ici ?
Chaque fois que j'en ai l'occasion. Répondit-elle le plus sèchement possible.
Vous savez, je n'ai pas l'intention d'abuser de vous, de vous faire du mal ou encore de prévenir tout le personnel du château de l'endroit où vous allez quand vous avez un peu de temps libre, vous pouvez être un peu plus aimable. Dit-il en laissant échapper un petit rire moqueur.
Et pourquoi devrais-je l'être ? Demanda-t-elle, cette fois-ci le sourire aux lèvres, amusée par l'audace du voleur.
Parce-que vous ne repartirez pas maintenant et que je ne compte pas partir avant vous.
Je vous trouve bien confiant. Comment savez-vous que je ne fuirai pas dans un instant ?
Je suis peut-être un peu exaspérant mais vous préférez rester ici même si cela signifie me supporter plutôt que de retourner au château. De cela, j'en suis sûr.
Eh bien, vous ne manquez pas de culot…
Pure logique. Vous ne seriez pas partit sinon.
C'est vrai... Lâcha-t-elle finalement, visiblement agacée d'admettre qu'il avait raison.
Bien, et si vous me disiez ce qui vous déplaît tellement au château ?
Je suppose que même si je ne réponds pas vous ne lâcherez pas le morceau ?
Vous supposez très bien ! Répondit-il affichant un sourire fier sur son visage.
Tout. Avoua-t-elle après avoir soupirer longuement.
Mais encore ?
Et c'est ainsi qu'ils passèrent environ une heure à discuter de la vie au château, de la façon dont Regina se sentait seule, dont personne ne se préoccupait d'elle, dont elle aurait aimée avoir quelqu'un à qui parler. Tout du long, une certaine complicité c'était légèrement installée et vint le moment de rentrer dans l'enceinte des grilles de la prison dorée comme l'appelait Regina.
Vous reviendrez... ? Je veux dire, ici ? Demanda-t-il en l'aidant à se relever.
A chaque heure d'équitation c'est ici que je viens... Depuis un mois environ.
Alors dites-moi quand vous aurez un moment de libre, je serais là. Faites le moi savoir et je vous attendrai.
Non je... Commença-t-elle.
Regina vous vous sentez seule, vous avez besoin d'un ami, je suis peut-être un voleur, mais je ne vais pas vous faire de mal, je serais là quand vous en aurez envie, le temps de votre heure d'équitation, pour discuter, vous n'avez rien à craindre de moi...
Pour la première fois depuis longtemps, Regina avait l'impression que quelqu'un remarquait enfin qu'elle existait, et même si elle ne l'admettrait jamais à voix haute, elle en était ravie.
C'est pourquoi elle accepta de lui donner le temps qu'elle avait, le besoin d'un ami primant sur le reste. Peut-être en avait-elle trouvé un ?
Fin du flashback
Regina fut dérangée dans ses pensées par son téléphone qui sonnait, rapidement elle traversa son salon et décrocha pour entendre une Tinkerbell presque hystérique.
Regina, c'est bon j'ai réussi ! Prépare tes affaires !
Oh ! Doucement ! Répètes-moi ça en articulant et sans crier s'il te plait. Je ne comprends rien quand tu cries comme ça !
Le chapeau fonctionne, on va pouvoir l'utiliser pour traverser les mondes !
Attends... Vraiment ?!
Oui !
La chose suivante qu'entendis Tinkerbell fut la tonalité qui lui indiquait que Regina avait raccrochée, elle s'était précipitée dans la forêt, c'était idiot mais elle avait besoin de s'aérer l'esprit. Choisir de rechercher cet homme c'était une chose, mais de savoir qu'elle se rapprochait de plus en plus du moment où elle le rencontrerait la paniquait complètement, serait-elle capable de se laisser aller au bonheur le moment venu ? Elle se haïssait d'avoir abandonné la première fois, mais cette peur qu'elle avait ressentie il y a toutes ces années maintenant, quand elle avait failli le rencontrer, l'envahissait à nouveau.
Après environ une bonne heure de marche, elle rentra chez elle et sourit en voyant que son amie avait tentée de l'appeler environ une centaine de fois, tapa un rapide message pour la rassurer en lui disant qu'elle allait bien et qu'elle était partie faire un tour et monta prendre une douche.
Flashback
Depuis ce premier après-midi près du lac, Robin et Regina commençaient à se voir de plus en plus souvent, cela faisait maintenant un mois que deux fois par semaine Regina s'éclipsait du château pour ses leçons d'équitation et qu'elle en profitait pour rejoindre son meilleur ami et passer un peu de temps avec lui. Mais aujourd'hui tout était différent.
La veille, Léopold avait bu, lorsque cela arrivait, bien que cela restait généralement assez rare, il montait simplement se coucher. Mais ce soir-là, ce n'était pas simplement lors d'un déjeuner qu'il avait trop bu, c'était lors d'un bal, et dans ce genre de festivité, tout était bon pour distraire le roi et sa cour. Aussi, ce soir-là, un petit groupe de filles de joies avaient été appelé pour distraire les différents nobles. Quand à la fin de la soirée, tous les invités eurent quittés le palais, Léopold demanda à une servante de faire venir sa femme dans ses appartements. Quand la jeune femme l'escorta, Regina sentit son ventre se nouer au point d'en avoir du mal à marcher. Elle n'était pas bête, elle savait très bien ce qu'il voulait.
Quand elle entra dans la chambre, le roi était étendu sur lit et il demanda à ne pas être déranger pour le reste de la soirée, rapidement la servante sortit de la chambre laissant Regina seule avec lui. En un rien de temps elle se retrouva plaquée contre le mur, hurlant, tentant de se débattre mais rien n'y faisait, il était trop saoul pour être sensible à ses suppliques. Alors elle arrêta de se débattre. Elle déconnecta ses émotions, laissant juste ses larmes coulées silencieusement. Lorsque se fut terminé, elle se rhabilla rapidement et quitta la chambre au plus vite, courant jusqu'à ses appartements. Elle s'effondra en larmes aussitôt sa porte refermée et se glissa sous ses couvertures. Cette nuit-là, elle n'avait pas réussi à fermer l'œil.
Le lendemain, elle tenta de faire comme si de rien n'était durant toute la matinée. A quatorze heures, l'heure de sa leçon d'équitation, elle sortit du château plus vite qu'elle ne l'avait jamais fait, ordonnant à son cheval d'aller plus vite. Quand elle arriva au lac, Robin était déjà là, allongée contre un arbre près du lac, à l'attendre. Elle sauta presque de son cheval et se rua dans ses bras, fondant instantanément en larmes.
Regina ? Regina que se passe-t-il ? Parle-moi qu'est-ce qui ne va pas ?
Il... Il avait bu... Ces filles... Il... J'ai rien pu faire... J'ai rien pu faire... Sanglota-t-elle.
Regina, calme toi, respire, je suis là d'accord ? C'est fini, je suis là... Lui murmura-t-il en lui frottant le dos pour la calmer.
Pendant quelques minutes, elle se calma et reprit une respiration normale, puis, pour se donner du courage, elle se blottit un peu plus contre Robin. Elle inspira un grand coup et commença son récit.
Hier soir... Il y avait un bal au palais... C'est... C'est le genre de soirée spécialement faite pour distraire la cour... Il avait... Des filles de joies et Léopold... Léopold a tellement bu... Quand ils sont partis... Il... M'a fait venir dans sa chambre... Il... Il m'a plaqué contre le mur je... Pouvais rien faire, je hurlais, je...
Elle fut interrompue par ses sanglots qui l'empêchaient de continuer son histoire. Robin sentait son poing le démanger, il n'avait qu'une idée, régler son compte au roi. Comment avait-il pu faire du mal à une jeune femme aussi gentille, serviable et belle… ?
Oh Regina, je suis désolé, je suis tellement désolé que tu ais dû vivre ça... Mais c'est terminé maintenant je suis là, je ne te lâche plus c'est promis, je ne t'abandonnerai jamais.
Fin du flashback
Emma se dirigea rapidement vers la porte quand elle entendit quelqu'un frapper. Elle ouvrit et laissa entrer Neal. Ils s'installèrent sur le canapé de l'appartement des Charmings et Emma prit la parole :
Okay, alors voilà le truc. Regina m'a parlée d'une « vieille amie » qui est arrivée à Storybrooke et qui, comme tous les amis de Regina, a promis de s'en prendre à ses faiblesses, donc Henry. Le truc c'est que Regina a un voyage à faire, elle doit trouver quelqu'un et avant que tu ne me le demande, je ne sais pas qui. Tout ce que je sais c'est qu'elle sera absente pendant quelques jours et elle a donné un pendentif à Henry pour le protéger de la magie.
Donc en gros, on doit s'occuper de lui pendant qu'elle se prend des vacances ?
Mais non ! Elle doit retrouver quelqu'un dont elle a besoin, j'en sais pas plus pour l'instant mais ça à l'air vraiment important, on va juste garder Henry pendant quelques jours.
Ouais… Ouais. Je vois. Je suis partant, par contre, tu sais où elle cherche cette personne ? Au cas où on doit la contacter…
Dans tous les mondes, je crois… Mais j'en sais pas plus...
Eh bien, si c'est pour la Forêt Enchantée, je connais sûrement quelqu'un qui pourra l'aider.
Qui ?
Robin Des Bois.
