Chapitre IX
Les rayons de lumière qui se s'insinuaient sur son visage montraient clairement que le soleil commençait à se lever. Elle n'avait aucune envie d'ouvrir les yeux, de se lever pour repartir dans une quête qui ne la mènerait sûrement nul part. A la seconde même ou ses paupières se soulevèrent, elle sut que c'était une erreur.
Il faisait froid, la lumière l'aveuglait et pour une fois qu'elle avait dormit paisiblement, elle s'était éveillée bien trop tôt. De toute façon, ils n'étaient pas prêts à se remettre en route alors pour une fois, elle pouvait se permettre de se rendormir. En se redressant pour remonter la couverture sur ses épaules elle réalisa qu'un corps la bloquait. Les souvenirs de la veille lui revinrent en mémoire, Robin. Il l'avait réconfortée. Il avait dormit avec elle, pour apaiser ce sentiment de solitude qu'elle avait ressenti. Se pouvait-il qu'il soit si parfait ? Non, non, pas parfait. Gentil. Amical. Oui, voilà. Amical. Toujours est-il qu'elle avait trop froid pour bouger, non pas qu'elle en avait envie. Elle se dit alors que de tant qu'il dormait, elle pouvait baisser sa garde, de toute façon il ne le saurait pas. Elle l'observa quelques instant, pourquoi devait-il être aussi beau ?
Elle remonta alors la couverture sur ses épaules et se cala un peu plus contre lui, enfouissant sa tête au creux de son cou, la tentation de se rendormir contre lui était bien trop tentante pour y résister.
Le noir... Le noir complet. Puis un flash, une lumière. Et cette voix, cette voix qui la hantait depuis des années, ce souvenirs, ces murmures...
« - Laisse toi faire Regina... Allez, arrête de te débattre je sais que tu n'attendais que ça... »
« - S'il vous plait, s'il vous plait arrêtez... »
« - Tu m'as tenté toute la soirée... Tu l'as fait exprès n'est-ce pas ? Je sais que tu aimes ça, arrête de te débattre... »
NON ! Hurla-t-elle en se redressant précipitamment, les larmes coulant sur ses joues et le cœur battant à chamade.
Regina ? Regina, ça ne va pas ? Demanda Robin, tirer de son sommeil par son cri.
N'écoutant que son instinct, Robin la prit dans les bras, la serrant aussi fort que possible, lui murmurant des mots réconfortant pour tenter de la calmer. Tout son corps tremblait et ce ne fut que de longues minutes plus tard qu'elle réussit à se calmer. Aussitôt, elle le repoussa de toutes ses forces.
Laissez-moi tranquille ! Je vous avais prévenu pour vos mains ! Railla-t-elle.
Vous vous moquez de moi ?! C'est vous qui êtes venue vous coller contre moi toute la nuit ! Lui répondit-il sur le même ton.
Vous prenez vos rêves pour une réalité, maintenant allez-vous en ! Maintenant ! Lui cria-t-elle.
Regina..., Tenta-t-il.
Dehors !
Il n'en fallut pas plus a Robin pour abandonner, il sortit sans se retourner, surprit de la réaction aussi vive de Regina. Elle semblait pourtant apprécier être contre lui cette nuit, puisque ce matin même elle s'était serrée contre son corps pour se réchauffée.
Je... Je vais chercher un peu de bois et tenter de nous trouver un meilleur abri. Expliqua-t-il à Tinkerbell qui était déjà éveillée, assise près des restes de leur feu, le regard interrogateur suite aux cris qu'elle avait entendu.
En sortant de son abri, Regina s'installa près de la blonde sans dire un mot, toujours énervée par sa dispute avec Robin.
Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Demanda la fée après un moment de silence.
Rien. Répondit Regina, catégorique.
Oh, aller Regina je t'ai entendu crier !
Ce n'est rien !
Je ne vais pas te juger Regina, tu dois m'en parler si tu veux que je t'aide !
Il s'est incrusté dans mon lit ! S'indigna la brune.
Vraiment ? Il paraissait plutôt surpris en sortant.
Bon d'accord j'ai accepté. Et, je ne sais même pas ce qu'il m'a pris ! Je me sentais seule et tu dormais et...
Il était là... ?
C'est ça ! Et j'ai eu un cauchemar, j'ai rêvé d'un... Mauvais souvenir. En me réveillant, il s'est permit de me prendre dans ses bras pour me consoler. Non mais, tu te rends compte ?!
Je ne vois rien de mal à ça...
Je suis reine ! Railla-t-elle en appuyant sur chaque mot. Ce n'est qu'un voleur, je ne l'ai jamais autorisé à me toucher.
Il te prenait dans ses bras, il n'essayait pas de te blesser ! Soupira la blonde.
Je m'en moque, je ne l'avais pas autorisé à faire ça.
Tinkerbell tourna la tête vers son amie, elle remarqua qu'elle entortillait ses mains nerveusement, ses yeux étaient perdus à l'horizon et ses sourcils froncés. Elle la fixa un moment sans rien dire avant de reprendre la parole :
Ce n'est pas tout, je me trompe ?
Quoi ? Répondit Regina en se tournant à son tour vers la blonde, les sourcils levés.
Ce n'est pas le fait qu'il t'ait prise dans ses bras qui t'énerves...
Bien sûr que si !
Regina, je te connais maintenant ce n'est pas comme si tu étais douée pour me cacher des choses.
J'ai réussi à te mentir, après l'épisode de la taverne !
Sérieusement ? Je n'y ai pas cru deux secondes que tu sois entrée dans la caverne ce soir-là !
C'est juste... Commença Regina après avoir soupirer longuement. C'est juste qu'à chaque fois qu'il me prend dans ses bras ou que je suis contre lui je me sens... Bien.
Juste bien ?
Complète... Corrigea Regina.
Ce fut tout ce dont la fée eu besoin. Un large sourire s'afficha sur son visage. Elles avaient retrouvées l'homme au tatouage de lion et Regina en était tombée amoureuse. Plutôt rapide, elle devait l'avouer, mais les âmes-sœurs ne se rencontre pas, ils se connaissent. Ils ne tombent pas amoureux, ils le sont. Elle prit alors la décision de ne pas lui avouer tout de suite pour le tatouage, de peur de la faire fuir.
Il est parti chercher du bois et un endroit plus correct pour dormir, tu devrais aller t'excuser. Lui dit-elle.
Je devrais ?
Regina, il ne t'as rien fait et tu l'as jeté dehors !
Oui tu as raison, répondit-elle en affichant une légère grimace.
C'est vrai qu'elle n'avait pas été tendre avec Robin ce matin, elle lui devait des excuses. Elle soupira alors longuement et se leva, prenant la direction de la forêt. Elle n'aurait pas su l'expliquer mais, elle savait où il était. Comme si son esprit la guidait vers lui. Quand elle le vit apparaître, elle s'arrêta un instant pour le regarder. Elle ne l'avouerait sûrement jamais à voix haute, mais il était beau. Très beau. Pourquoi fallait-il que les choses soit si compliquées ? Sans perdre plus de temps, elle s'avança vers lui, faisant connaître sa présence par un raclement de gorge.
Votre Majesté. Que me vaut l'honneur de votre royale présence ? Demanda Robin dans une fausse noblesse.
Je suis venue m'excuser, Robin. Soupira alors la reine.
Vraiment ?
Oui, je me rends compte que j'ai été trop loin avec vous, vous vouliez seulement être gentil alors… Je suis désolée.
Admettez que... C'était… Plutôt agréable. Répondit le voleur après avoir laissé s'échapper un léger sourire sur ses lèvres au souvenir de la soirée et de la nuit qu'ils avaient passée côte à côte.
Je… Excusez-moi ?
Nous...Vous et moi, avons passé un bon moment et… J'ai aimé vous avoir contre moi. Ajouta alors Robin en s'approchant d'elle au point d'envahir son espace personnel. Avoir mes bras autour de vous...
Non, vous... Je... Je ne vous permets pas ! Vous allez trop loin ! Répondit alors Regina, dont le souffle s'était soudain accélérer. Il était trop près. Bien trop près.
Agacé par le comportement obstiné de Regina, Robin posa ses mains sur ses hanches et la poussa légèrement pour qu'elle se retrouve contre l'arbre qui était derrière elle. Il devait s'avouer que l'avoir ainsi, aussi vulnérable et à sa merci était très excitant…
Je peux vous prouvez le contraire. Lui murmura-t-il.
Il joignit le geste à la parole en posant directement ses lèvres contre sa nuque, en embrassant chaque parcelle. Il laissa ses mains se déplacer le long de ses côtes, dans son dos, sur ses bras, de légères caresses qui, elle en était sûre, finiraient par la rendre folle. Il faisait chaud. Regina avait le souffle coupé, tout son corps était en ébullition, s'il ne s'arrêtait pas maintenant, elle finirait par inverser leur position et allez tout droit jusqu'à la délivrance du désir qu'il avait provoqué en elle. Quand il osa utiliser sa langue pour lécher la peau de son cou, elle ne parvint pas à retenir un gémissement. Soudain il s'écarta brusquement, lui souriant, fier de son petit effet :
Vous ne me direz plus que j'ai tort à présent... Vous gémissiez dans mes bras il n'y a pas deux secondes, Dit-il en ponctuant sa phrase d'un clin d'œil.
Puis il se retourna, la laissant contre l'arbre, la respiration difficile et les joues rougies par le désir. Il retroussa ses manches et se pencha pour ramasser les bouts de bois qu'il avait laissé tomber lorsqu'elle était arrivée.
Le visage de Regina se figea, elle pâlit. Le tatouage. C'était lui. Ils avaient passés deux jours dans la forêt à la recherche d'un homme, et cet homme, c'était lui. Voilà pourquoi elle était tellement attirée par lui. Voilà pourquoi elle se sentait si bien près de lui. Mais elle n'était pas prête. C'était trop tôt. Elle ne prit pas la peine de dire quoi que ce soit et s'enfuit, courant aussi vite que possible. Elle avait besoin d'espace. Elle se sentait oppressée. C'était lui.
En revenant au camp, elle ne lança même pas un regard à son amie et se dirigea directement dans son abri, se glissant sous la couverture, tentant de contrôler sa respiration.
Regina ? Ça ne va pas ? Demanda Tink en entrant quelques secondes après elle.
Laisses-moi tranquille.
Vous vous êtes disputés ? Tu ne t'es pas excusée ? Oh je le savais ! Bon sang Regina qu'est-ce que...
C'est lui. La coupa Regina, l'homme... L'homme au tatouage de lion. C'est lui !
Je sais... Lui répondit finalement Tink après quelques minutes de silence.
Tu sais ?! Dit Regina en se redressant soudainement.
Je sais, je l'ai vu je...
Et tu ne m'as rien dit ?! La coupa a nouveau Regina. On partait à sa recherche et tu ne m'as rien dit ?!
Parce-que je savais que si je te le disais tu t'enfuirais en courant !
Pourquoi tu m'as laissée m'approcher de lui ?! Je méritais de savoir !
Regina...
Tu allais nous laisser aller jusqu'où avant de me le dire hein ?! Jusqu'à la taverne ?!
Bien sûr que non ! Regarde toi tu es déjà folle de lui !
Ce fut la phrase qui fit taire Regina. Elle avait raison. Elle détestait ça, mais elle ne pouvait plus nier ce qu'elle ressentait. Cette attirance. Ce sentiment de bien-être. Cette connexion. Tout était maintenant plus simple à comprendre. Mais ça ne changeait rien, au contraire. Ce n'était pas comme ça que ça aurait dû se passer. Elle aurait dû être prévenue avant qu'elle ne rencontre son âme-sœur, elle aurait dû avoir le temps de se préparer, de savoir quoi dire, quoi faire. Alors elle continuerait à l'éviter, parce qu'au moment où elle lui avouerait tout il partirait en courant et ne reviendrait jamais. Elle préférait l'observer du coin de l'œil plutôt que de ne plus jamais le revoir.
