Note de l'auteur :
Bonjour à toutes et à tous !
Je suis vraiment étonnée de voir que cette fic ait été autant appréciée ! Je vous remercie d'ailleurs de tous vos commentaires, ça faisait chaud au coeur !
Il s'agit d'une fic très courte, elle ne fait que 4 chapitres :)
Je vous laisse à votre lecture.
Gros bizoux
Crystal of Shadow
DISCLAIMER : La saga Harry Potter appartient à J. K. Rowling. Seule l'histoire m'appartient. Aucun bénéfice n'est fait dessus.
Après Hogwarts
Premier octobre. Rentrée des classes.
Hermione, Ron et Harry s'étaient rendus à l'école des Aurors. Les Weasley avaient été étonnés de voir arriver en même temps que les lettres d'admission des deux garçons une autre pour la brune. Pour l'expliquer, Hermione avait avoué qu'elle n'avait pas voulu se retrouver seule et qu'elle se cantonnerait à des tâches administratives une fois l'école terminée. Mais seul Harry savait qu'elle tenait surtout à botter le cul de Ron dans les règles de l'art.
Le brun avait d'ailleurs rappelé à sa meilleure amie que le roux avait décidé de se rendre chez elle pour aller lui demander sa main le jour de son anniversaire … sauf que les parents de la jeune femme avaient décidé de lui offrir une journée magique à Londres avec la personne de son choix. Bien entendu, Harry l'avait accompagné et ce ne fut que quand il daigna se montrer à Grimmaud Place le lendemain matin qu'il avait appris que Ron avait poireauté près d'une heure avant de se faire embarquer par la police. Car le roux s'était caché derrière un arbre qui donnait sur le jardin des Granger … qui lui-même donnait sur la cour d'une école primaire. Le tout peu avant la sortie des classes. Quand Molly s'était enfin inquiétée de ne pas voir son fils chéri rentrer à la maison, elle avait jeté un coup d'œil à l'horloge des Weasley pour découvrir qu'il était en prison ! Albus Dumbledore avait dû débarquer en catastrophe pour plaider la cause du jeune roux et tous les deux étaient revenus vers trois heures du matin.
Et depuis, il n'avait toujours pas tenté sa chance. Surtout depuis qu'Hermione avait pris un petit appartement dans le Londres Moldu.
Ça, ça n'avait pas du tout plu à Molly qui avait tempêté de longues minutes. Hermione avait patiemment attendu qu'elle reprenne son souffle pour lui rappeler sèchement qu'elle n'était pas sa mère et qu'il était hors de question d'habiter une maison où il y avait tellement de passage qu'on ne s'entendait même pas penser. Quand la matrone avait élevé la voix pour asséner que la jeune femme lui devait le respect sous son propre toit, la brune avait retenu son rictus ironique avant de répliquer :
-Oh, vraiment ? Il me semblait pourtant que votre nom était Weasley, et non Potter.
Ça avait coupé net le sifflet de Molly. Telle une gifle, Hermione venait de lui rappeler que même si c'était le QG de l'Ordre, le propriétaire était Harry Potter. Et bien qu'elle fasse tout son possible pour que sa fille épouse le brun, cette dernière ne portait ni de près, ni de loin le nom de Potter. Ne voulant pas s'enterrer dans un débat stérile, Hermione s'était tourné vers Harry pour lui offrir ses remerciements pour l'avoir invité pour les vacances – même si Dumbledore l'avait presque kidnappé sous les yeux de ses parents - avant de se rendre dans sa chambre pour réunir ses affaires et pourquoi pas, déplacer les sorts espions vers celles de Ginny.
Hermione et Harry trouvèrent rapidement deux places côte à côte et perdirent facilement Ron dans la foule pour s'y installer.
-Ça va ? demanda Harry
-Oui, sourit Hermione. Il est dommage que tu n'arrives pas à te libérer des boulets.
Dès qu'il mettait un seul pied en dehors de ses appartements, Harry se faisait harceler par Ginny et Ron. Ce qui limitait drastiquement sa présence dans le QG, soit à tous les repas seulement.
-Tu n'étais pas tenté par l'internat ? sourit Hermione
-Avec Dumbledore dans les parages ? ricana Harry. Je parie qu'il aurait réussi à insérer plusieurs membres de l'Ordre, pour me protéger soi-disant. Mais nous savons tous les deux à quoi nous en tenir.
Hermione sourit avant qu'ils ne prêtent attention à ce qui se passait sur l'estrade. Oui, les membres de l'Ordre auraient investi l'internat sous le prétexte fallacieux de protéger Harry Potter mais en vérité, ils auraient épié tous ses faits et gestes, plus particulièrement ceux d'ordre sentimentaux. Ils avaient décidé qu'Hermione ne représentait aucun danger aux projets de Dumbledore mais toute autre fille aurait fait l'objet d'une attention plus que malsaine.
-Ton appartement ? demanda Harry
-Sous Fidelitas, assura Hermione. Si je dois t'inviter, il est hors de question que je vois débarquer l'Ordre pour te protéger. Et si Dumbledore me dit que c'est trop dangereux quand même …
Harry ne put que sourire. Hermione avait très longtemps caché son tempérament nerveux sous sa soif de connaissance. Et quand les véritables visages de Dumbledore et des Weasley lui avaient sauté aux yeux, elle avait décidé de se dissimuler encore plus. Mais maintenant qu'elle n'était plus sous la responsabilité de Dumbledore, majeure et surtout débarrassée de Voldemort, elle n'allait pas se faire dicter sa conduite par qui que ce soit.
-Bien, fit Harry. Fais-moi penser à te donner une adresse où tu pourras te réfugier au cas où. Et pour tes parents ?
-J'ai fait ce que j'ai pu, soupira Hermione. Mais j'espère sérieusement qu'ils ne comptent pas s'en prendre à eux ou sinon, je déchaînerai l'enfer sur eux.
Ils durent s'arrêter de discuter pour écouter le discours d'accueil. Ensuite, la majorité des élèves se précipitèrent vers les tableaux d'affichage pour connaître leurs futurs camarades de classe. Les deux bruns ne se pressèrent pas. Ils savaient qu'ils auraient à supporter Ron pendant toute leur scolarité. Restait à savoir si Dumbledore avait été assez con pour séparer Hermione d'eux ou pas.
-Harry, Harry ! hurla Ron à travers la foule. On est dans la même classe !
-Comme si je ne m'en doutais pas, marmonna Harry alors qu'Hermione pouffait à ses côtés.
-Et moi ? demanda Hermione
-Je n'ai pas regardé, fit Ron.
Evidemment, levèrent les yeux au ciel Hermione et Harry. Tant que ça ne le concernait pas directement, Ron ne faisait aucun effort.
La jeune femme slaloma donc gracieusement à travers les élèves pour consulter à son tour le tableau et tracta dans son sillage Harry. Tous les deux notèrent donc où se trouvaient les anciens d'Hogwarts de leur année et certains noms les surprirent, notamment un.
Théodore II Nott.
Il avait échappé à la Marque des Ténèbres et avait aidé à l'effort de guerre en protégeant les plus jeunes Slytherin lors de la Bataille d'Hogwarts. Le Ministère avait bien tenté de lui faire assumer les actes de son père Death Eater mais il s'était avéré que grâce à une habile manipulation financière, la fortune du clan Nott était restée quasiment intacte, à la plus grande fureur des bureaucrates qui avaient espéré se remplir les poches. Le voir se présenter à l'école des Aurors était donc assez étonnant.
-Il y a quatre classes de trente élèves, fit remarquer Hermione. Le nombre d'inscrits a presque triplé.
-On parie sur quoi, la victoire du « Bien » ou le fait que je commence également l'école des Aurors ? railla Harry
-Un peu des deux, concéda Hermione. Pour une fois, nous ne sommes pas dans la même classe.
-Tu n'as pas à te coltiner Ron, rappela Harry. Et encore moins Smith.
-Zacchariah Smith ? sursauta Hermione. Je croyais qu'il avait raté les Potions. Tout comme Ron, d'ailleurs.
-Les joies du pistonnage, ricana Harry. Bien, je te laisse. On s'attend à la fin de la journée. Utilise le Galion de l'AD pour me dire s'il y a un changement de programme.
-Très bien, fit Hermione en l'embrassant sur la joue.
Et ils se séparèrent.
§§§§§
Kylian Skar était le professeur de Défense de l'école des Aurors. Formé aux Etats-Unis Magiques, il occupait le poste depuis près de vingt ans. Il avait donc vu les deux guerres contre Voldemort et avait échappé à bon nombre de tentatives de meurtre, puisqu'il refusait obstinément de rejoindre le mouvement Death Eater. Il pensait donc qu'il avait tout vu.
Il n'aurait pas pu avoir plus tort.
Normalement, l'école des Aurors rassemblait près d'une cinquantaine d'élèves par promotion. Le programme durait deux ans avec un stage au Bureau des Aurors d'un an et demi. Mais avec la seconde guerre contre Voldemort, le programme avait été réduit à un an et le stage purement et simplement supprimé. Kylian avait toujours pensé que c'était une ineptie et depuis la chute de Voldemort, il militait activement avec les autres professeurs de l'école à ce que les anciens programmes soient remis en place.
Surtout avec ce qu'il avait sous les yeux.
Le professeur de Défense acceptait les erreurs dites de débutant pendant le premier mois de cours mais passé le mois de novembre, il n'était plus question d'être tolérant et encore moins de laisser passer quoi que ce soit.
Comme tous les professeurs, il avait été étonné que les candidatures triplent littéralement cette année-là. Mais ils avaient très vite compris que ce regain était largement expliqué par la présence parmi les élèves du célèbre Harry Potter. Près de la moitié de la promotion était là pour essayer de rencontrer le héros et essayer de l'impressionner mais Kylian était certain qu'au moins les deux tiers de ceux-là n'allaient pas revenir après les fêtes de fin d'année et le tiers restant ne terminerait pas l'année.
Restait la moitié des élèves venus pour véritablement faire l'école des Aurors.
A l'abri des regards, les professeurs avaient établi un classement des élèves du plus prometteur au moins prometteur. Selon les matières, les professeurs avaient leurs chouchous mais ils étaient tous unanimes concernant un élève.
Ronald Weasley.
Qui actuellement se faisait laminer par une de ses camarades d'une autre classe, Hermione Granger.
Paresseux, nonchalant, incompétent, râleur … Ce n'était que quelques-uns des qualificatifs du jeune homme. Mais son plus grand défaut était qu'il était protégé par nul autre que le président du Magenmagot, Albus Dumbledore. Ce dernier, sous le couvert de sa fonction, se permettait une ingérence malsaine au sein de l'école. Kylian aurait compris s'il ne se contentait que de suivre les progrès du Sauveur mais il s'autorisait à donner des ordres au directeur, Maximilien Eden, qui n'était d'ailleurs pas loin d'exploser. L'école avait pour habitude d'afficher chaque mois le classement théorique de la promotion mais dès que Dumbledore avait pu y jeter un coup d'œil, il avait interdit cette pratique, jugée trop dure pour les élèves.
Quand il entendait ce genre de choses, Kylian avait envie de montrer les dents. C'était le même crétin qui se permettait de discriminer ouvertement près d'un quart des élèves passant dans son école sous le prétexte fallacieux qu'ils avaient accès à des magies qui avaient fait la renommée des Sorciers et qui étaient maintenant interdites par ses soins ?
-Il suffit, ordonna Kylian.
Tous les affrontements s'arrêtèrent immédiatement. Mais un, toujours le même, se permit de continuer. Le sort de Découpe fusa dans les airs et le professeur crut pendant un instant qu'il allait toucher sa cible. Mais Hermione Granger semblait avoir des réflexes étonnants puisqu'elle détourna le filet de lumière pour qu'il s'écrase dans le mur voisin.
-RONALD WEASLEY ! tonna Kylian. QU'EST-CE QUE JE VIENS DE DIRE ?
-Désolé, bougonna Ron, absolument pas sincère.
-Trois retenues pour avoir outrepassé mes ordres et trois autres pour avoir utilisé un autre sort que ceux autorisés pendant l'entraînement, siffla Kylian. En espérant que ça vous mette du plomb dans la tête !
-C'est pas juste ! se plaint Ron
-C'est ce que vous aurez sorti aux parents de votre camarade si à cause de votre sort elle avait perdu un bras, voire sa tête ? critiqua Kylian. Un autre commentaire et je triple vos retenues !
Pour une fois, Ron garda sa bouche soigneusement fermée.
-Le cours est terminé, annonça Kylian en fusillant du regard le roux. Je veux que la prochaine fois, vous maîtrisiez le bouclier et que vous fassiez des recherches dessus, sur son histoire comme sur son utilisation. Bonne journée !
Les élèves filèrent hors de la salle.
-Mademoiselle Granger, monsieur Potter, un instant je vous prie, appela Kylian.
Les deux élèves attendirent patiemment dans la salle. Mais le professeur s'aperçut qu'il restait une autre personne.
-Monsieur Weasley, grinça Kylian. Je peux vous aider ?
-J'attends mes amis, déclara Ron avec un air fier.
-Pourriez-vous les attendre de l'autre côté de la porte ? serra les dents Kylian
-Pas la peine, fit Ron, puisqu'ils me diront tout une fois qu'ils m'auront rejoint.
-Weasley, gronda Kylian. Si, comme vous êtes en train de me le dire, vous vous dites tout, alors il n'y a aucune raison pour que vous vous imposiez. Mais si dans les trente secondes vous n'avez pas quitté cette salle, je vous colle jusqu'à la fin de l'année.
Sensible à la menace, le roux détala. Mais n'ayant pas confiance, Kylian apposa plusieurs sorts d'Intimité autour de la salle pour qu'ils ne soient pas entendus. Il voulut prendre la parole mais Hermione le coupa en tirant sa propre baguette.
-Avec votre permission ? fit Hermione
Kylian hocha la tête. La jeune femme lança des sorts de détections sur chaque Sorcier puis détruisit tous les sorts d'espionnage.
-Maintenant, nous serons tranquilles, sourit Hermione. D'abord, j'imagine que si vous nous avez convoqués, c'est pour nous annoncer que vous voudriez que nous essayions le parcours d'obstacles.
-Ce n'est pas une question, nota Kylian.
-C'est simplement votre excuse pour nous avoir convoqué, sourit Harry. Votre justification pour Dumbledore. Vous comprendrez plus tard.
-Sinon, pourquoi sommes-nous ici ? demanda Hermione
-Je veux que vous me parliez de Weasley, grommela Kylian.
-Toute une histoire, non ? sourit Hermione. J'imagine qu'on vous l'a vendu comme étant la troisième partie inséparable du Trio d'Or d'Hogwarts, non ?
-J'ai surtout du mal à croire qu'il a pu survivre à vos côtés, fit Kylian.
-Pas faux, concéda Harry. Mais il faut avouer que j'ai toujours dû le sortir des problèmes qu'il avait. Si je pouvais m'en débarrasser, je serais content.
-Vous êtes amis depuis des années, pourquoi vous ne l'aidez pas ? pointa Kylian
-Pour cela, il faudrait déjà qu'il veuille travailler, critiqua Hermione. Harry et moi nous nous retrouvons deux à trois fois par semaine pour réviser nos cours et pas une seule fois, il est venu pour bosser.
-J'ai accepté d'héberger sa famille et lui chez moi, éclaira Harry. Je vis dans un manoir Sang Pur donc j'ai quelques installations qui peuvent nous aider dans le programme des Aurors. Mais pas une seule fois il ne les a utilisées.
-J'ai l'impression qu'il attend que le temps passe et qu'il aura quand même son diplôme, grommela Kylian.
-Il y a des chances pour que ça se passe comme ça, avoua Hermione. Il a quand même le grand Albus Dumbledore derrière lui !
-Vous n'êtes pas éperdus de reconnaissance comme le disent les journaux, ricana Kylian.
-Notre avis sur Dumbledore ne concerne que nous, trancha Harry. Que voulez-vous exactement savoir ?
-S'il était aussi nul qu'il ne le paraissait, fit Kylian. Mais vous avez répondu à ma question. Je sens que je vais m'amuser avec ce petit con …
-Je vous conseille de ne pas vous acharner sur lui, prévint Hermione. Il a la fâcheuse habitude de se plaindre quand il doit utiliser ses dix doigts et ce qu'il y a entre ses deux oreilles.
-Je prends note, sourit Kylian.
Tous se saluèrent et les deux élèves quittèrent la salle. Ils ne furent pas surpris en voyant le roux leur sauter dessus et tenter de leur arracher la raison de cette entrevue. Sans succès, bien évidemment.
§§§§§
-Yule ? s'étonna Hermione
Pour toute réponse, Harry lui tendit un grimoire qui avait été beaucoup utilisé.
Les fêtes de fin d'année approchaient et les élèves parlaient de plus en plus de leurs vacances. Hermione rentrait pour passer ce moment avec ses parents mais Harry savait qu'il allait devoir supporter les Weasley pendant deux longues semaines. Ô joie …
-Une fête païenne, il me semblait, fit Hermione en consultant l'ouvrage.
-Les Nés Moldus ne savent pas que les origines de la Magie remontent bien avant les religions monothéistes, souligna Harry. Neville m'a montré ce livre et je me suis rendu compte que les Sorciers n'étaient pas athée. En fait, je ne m'étais jamais posé la question.
-On ne connait finalement pas ce qui fait le monde Sorcier, déclara Hermione. Ce qu'on aurait dû apprendre en Histoire de la Magie.
-Avec Binns comme prof ? pouffa Harry. Tu peux rêver !
-Pourquoi tu veux fêter Yule ? recentra Hermione
-Il est temps de renouer avec nos racines, fit Harry. Si tu regardes bien, nous ne savons rien du monde Sorcier, à part ce qu'on accepte de nous montrer. Il y a de plus en plus de Nés Moldus et les Sorciers qui vivent dans le monde Sorcier se plaignent que peu d'entre eux y restent. Mais si on ne nous apprend pas ce qui fait la force de la Magie …
-Oui, mais comment tu vas réussir à assister à cette fête ? insista Hermione
-De la même manière que cet été, haussa des épaules Harry. Je vais m'enfermer dans ma chambre et filer tranquillement.
-Il te faudrait une excuse plus solide, songea Hermione. Ils voudront fêter Noël et c'est une fête familiale. Et comme ils s'imposent comme étant la tienne …
-C'est vrai, soupira Harry. Du style une maladie qui me clouerait au lit …
Les deux amis se regardèrent, un sourire malicieux aux lèvres.
-La Boîte à Flemmes des jumeaux Weasley, déclarèrent les deux bruns.
C'était la meilleure solution. Même Severus Snape n'avait pas réussi à trouver les antidotes à ces farces.
-Il faudrait quelque chose d'inédit, réfléchit Harry.
-Assez grave pour qu'ils ne puissent pas te surveiller à chaque instant, nota Hermione, mais où tu pourras te soigner seul.
-Mais qui ne soit pas guérissable avec une simple potion, ajouta Harry. Et qui dure une bonne semaine.
-Donc il va falloir aller voir Georges, déclara Hermione. Mais sans trimballer Ron.
-Il va falloir que tu y ailles seule alors, soupira Harry. Ce crétin ne va pas me lâcher aussi facilement.
-Tu as raison, fit Hermione. Je m'occupe de contacter Georges. Garde l'attention sur toi.
-C'est vraiment obligé ? geignit Harry
-Si tu veux continuer à passer sous les radars, oui, assura Hermione.
Le brun laissa tomber sa tête sur la table tandis que la brune éclatait de rire.
§§§§§
-Monsieur Potter … souffla Poppy Pomfrey.
-Madame Pomfrey, haleta Harry, grelottant de froid.
Alors que Ron et Harry venaient à peine de rentrer au manoir Black pour les vacances, le brun avait eu de la fièvre et des sueurs froides. Dès le troisième jour, il n'avait pas pu descendre dans la cuisine, cloué au lit. Pour couronner le tout, les barrières du manoir, devant l'état de santé d'Harry, s'étaient renforcées et avaient relégué l'Ordre au rez-de-chaussée et au premier étage, obligeant les Weasley à se reloger en catastrophe dans les chambres délabrées du premier étage. Personne ne pouvait approcher des appartements du jeune homme, à la plus grande contrariété de Dumbledore et de Molly Weasley qui auraient bien voulu placer Ginny en tant que garde-malade. Après deux jours à tergiverser – et à laisser l'état du brun s'aggraver – ils avaient décidé de faire appel à l'infirmière de l'école. A leur plus grande rage, cette dernière put entrer sans soucis.
-Laissez-moi vous examiner, fit Poppy.
Brandissant sa baguette, elle jeta une série de sorts sur le patient et en lançant d'autres quand les premiers résultats arrivèrent.
-Je vois que Georges Weasley a encore des beaux restes malgré la disparition de son frère, constata Poppy.
Harry fut choqué.
-Comment ? balbutia Harry
-Les jumeaux se sont adressés à moi pour contrôler les effets secondaires de leurs produits, avoua Poppy. J'ai demandé à ce que ma collaboration soit toujours gardée secrète. Je sais reconnaître leurs inventions quand je les vois.
-Est-ce que vous allez me dénoncer ? demanda Harry
-Non, assura Poppy. Si vous avez eu recours à ce subterfuge, c'est que vous aviez une bonne raison.
-Je voulais passer les fêtes tranquillement, déclara Harry.
-Je vous comprends, sourit Poppy. Je n'aimerai pas passer la fin de l'année avec Molly Weasley. Elle croit toujours tout savoir alors qu'il en est rien.
Le brun sourit. Lui aussi avait remarqué que puisqu'elle était mère de sept enfants, Molly Weasley pensait qu'elle était meilleure que tout le monde. Elle se permettait même de critiquer Augusta Longbottom ! Mais si on regardait les faits, ses cinq premiers fils s'étaient quasiment élevés tous seuls et les deux derniers n'étaient que des bons à rien.
-Merci, fit Harry.
-De rien, monsieur Potter, sourit Poppy. Quand voulez-vous « guérir » ?
-Un ou deux jours avant la reprise des cours ? proposa Harry
-La gastro-entérite Moldue a plus d'effets sur les Sorciers vivant dans le monde Moldu que sur les Nés Sorciers, réfléchit Poppy. Comme c'est contagieux, on va vous laisser tranquille. Je vais demander à ce qu'on vous apporte vos repas à heure fixe, vous devrez théoriquement avoir assez de force pour le faire. Il faudra juste faire en sorte de les récupérer rapidement.
-Ce sera parfait, sourit Harry. Je ne vous raccompagne pas, je suis censé être malade.
L'infirmière le salua avant de descendre dans la cuisine. Elle révéla à Albus Dumbledore, à Molly, Ginny et Ron Weasley ainsi qu'à Hermione Granger la pathologie découverte.
-Et pourquoi ne l'avez-vous pas forcé à s'installer dans l'une des chambres du premier étage ? demanda Albus. Molly aurait été ravie de s'occuper de lui.
La matrone rousse hocha furieusement de la tête.
-Cette maladie est très contagieuse, déclara Poppy. Descendez le jeune Harry et le reste de vos enfants seront à leurs tours malades, puis vous. En plus, il a une certaine résistance à cette maladie, du fait qu'il a vécu chez les Moldus durant toute son enfance. Vous vivez dans le monde Sorcier, vous pourriez en mourir !
Il était clair que Dumbledore était assez embêté. Il ne tenait pas à risquer la vie de ses meilleurs alliés pour récupérer l'influence sur sa marionnette.
-N'est-ce pas dangereux de le laisser seul ? demanda Albus
-Pas vraiment, haussa des épaules Poppy. Il va passer son temps soit sur les toilettes, soit dans son lit.
-Aux toilettes ? verdit Ron
-La gastro provoque des désordres intestinaux, souligna Poppy avec délectation. Elle provoque des vomissements et des diarrhées.
Les Weasley eurent la nausée.
-Il faudra veiller à lui fournir de l'eau en quantité, déclara Poppy.
-Je me chargerai de lui donner des packs d'eau, intervint Hermione. Et je passerai le voir tous les jours pour vérifier qu'il va bien.
-Merci, mademoiselle Granger, sourit Poppy. J'ai déjà laissé les potions dont il aurait besoin.
Elle termina ses recommandations avant de filer à l'école, sous le regard malicieux d'Hermione.
§§§§§
Le retour à l'école des Aurors ne fut pas sans surprise.
Harry, avec la complicité de Poppy Pomfrey, avait passé la quasi-totalité de ses vacances cloué au lit. Les Weasley avaient bien tenté de forcer les barrières de ses appartements, pensant que l'état de santé du brun les affaiblirait, mais au contraire, elles s'étaient renforcées, les éjectant sans douceur au rez-de-chaussée. Même Albus Dumbledore s'était fait rejeté quand il avait voulu essayer le soir de Noël. Seules Poppy et Hermione parvenaient à prendre régulièrement des nouvelles du héros.
Pendant ce temps, Harry avait décidé de prendre des vacances hors du pays. Il avait porté son choix sur le continent, décidant sur un coup de tête d'inviter Hermione à visiter les plus célèbres parcs d'attractions Moldus. Il déclina toutefois l'invitation des Granger pour Noël, ne voulant pas que par une parole malheureuse, ils ne révèlent qu'Harry se trouvait autre part que dans sa chambre à Grimmaud Place. Mais il avait accepté l'invitation de Neville pour Yule. Le brun y avait retrouvé Luna mais aussi Hermione, puisque la fête Sorcière ne tombait pas en même temps que son équivalent Moldu. Pour les deux qui avaient grandi dans le monde Moldu, la cérémonie avait été source d'émerveillement et surtout, de paix avec leur magie.
Le jour de la rentrée, tous les élèves étaient fébriles. En effet, quelques jours auparavant, ils avaient tous reçu une lettre les informant d'une réunion avant le début des cours. Les deux bruns observèrent l'assemblée et notèrent que presqu'une classe entière n'était pas présente.
-Bon retour parmi nous, sourit le directeur. Je me doute que vous êtes étonnés d'être réunis ici. J'espère que vous avez noté que bon nombre de vos camarades ont décidé de ne pas revenir. Devant ce constat, les classes ainsi que les emplois du temps ont été remaniés. Vos camarades vont être de votre niveau et maintenant, les cours vont s'intensifier. Je ne tolèrerai aucun relâchement et encore moins de laisser-aller. Vous êtes majeurs, nous ne sommes pas venus vous chercher pour faire cette formation donc il est temps que vous nous prouviez que si vous êtes là, c'est que vous l'avez voulu. Bonne journée à tous !
Les élèves se précipitèrent sur les panneaux d'affichage pour connaître leurs nouveaux camarades ainsi que leur nouvel emploi du temps. Hermione, Harry et Ron furent surpris d'apprendre qu'ils seraient chacun dans une classe différente. Mais également, qu'ils avaient un entretien avec la majorité des professeurs les deux prochaines semaines.
Hermione et Harry se regardèrent. Combien de temps avant que Dumbledore ne mette son nez et réclame que Ron devrait se trouver avec Harry ?
-Pourquoi on n'est pas ensemble ? beugla Ron en s'apercevant des changements
-Je ne sais pas, soupira Harry, déjà fatigué du roux.
-Tu vas demander à ce qu'on soit ensemble, non ? menaça Ron
-Je vais voir ce que je peux faire, fit Harry.
Copiant son nouvel emploi du temps en avisant l'heure, il se détourna du roux pour rejoindre son premier cours.
-Mais tu n'y vas pas maintenant ? comprit Ron en ne le voyant pas se diriger vers le bureau du directeur
-On va être en retard, s'irrita Harry. Personnellement, je tiens à passer une scolarité normale sans me mettre les professeurs à dos.
Le brun ne le calcula même plus et entra dans la salle de Défense.
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Albus Dumbledore avait débarqué dès qu'il avait appris que Ron Weasley ne se trouvait pas dans la même classe qu'Harry Potter. Il avait réuni tous les professeurs de l'école et avait exigé des explications.
-Les classes ont été faites par niveau et par affinité, gronda Maximilien Eden, le directeur de l'école des Aurors. Ils n'ont clairement pas les mêmes aptitudes donc il serait totalement absurde de les mettre ensemble. En les séparant, ils doivent en apprendre plus sur eux-mêmes et développer leurs capacités. Et puis, pourquoi vouloir les mettre absolument ensemble ? S'ils sont amis, ils peuvent très bien se voir le soir, surtout, comme j'ai cru le comprendre, ils vivent sous le même toit.
-Mais … protesta Albus.
-Nous ne sommes pas là pour gérer des amitiés, rappela sèchement Maximilien. Nous sommes là pour former des Aurors. Si vous avez un problème avec ça, vous pouvez toujours prendre ma place. Oh, c'est vrai, vous ne pouvez pas.
Albus serra les dents. Il avait essayé pendant un temps d'effectivement de prendre la tête des différentes institutions scolaires du pays. Mais le CIS y avait mis le holà et il avait dû se contenter de garder Hogwarts. Toutefois, il avait réussi à négocier pour appartenir au conseil d'administration de toutes les écoles. Sauf que les autres directeurs avaient fait en sorte que le conseil ne puisse que donner son avis et uniquement son avis, contrairement à Hogwarts. Douce vengeance …
-Les classes resteront telles quelles, tonna Maximilien. Si vous tenez tant à ce qu'ils soient dans la même classe, ce sera de leur propre fait, et non par une volonté de votre part. Je vous souhaite une bonne journée. Je ne vous raccompagne pas, vous connaissez la sortie.
Ce fut un vieillard énervé qui quitta l'école des Aurors.
