Bonjour à toi, ô lecteur ! Le temps des introspections laisse peu à peu place à l'action... Mais quelle action, c'est bien là toute la question, et pour le savoir, il va te falloir me lire, alors bonne lecture ! Et remerciez TheStarsMelody pour ses suggestions !


Changements


Cette lumière est si belle, si douce. Sa chaleur rayonne en moi et apaise ma peine. Je ne peux en détourner le regard, elle m'appelle. De tout l'univers, rien n'est plus beau, plus doux pour mes cœurs qui ont tant souffert. Les rayons d'or me pénètrent et viennent soigner mon âme blessée, exorciser cette souffrance qui m'habite. La douleur disparait peu à peu et je me sens chanceler. C'est si beau, si fort, je ne suis pas habitué à un sentiment si plaisant. Le corps tremblant, l'âme vibrante, les yeux plongés dans cette immensité et l'esprit comme éthéré, je laisse partir ma douleur, tarir mes larmes à jamais et occire la peine qui entache mes souvenirs.

Mes jambes ne me soutiennent plus, et je m'écroule à même le sol, mais le choc qui se répercute jusque dans mes os n'a aucune importance. Rien n'a plus d'importance. La douleur, la peine, la colère, tout s'efface. Seul reste ce sentiment de bien-être immense. Si j'avais su, j'y aurai cédé il y a bien longtemps... C'est si facile finalement. Je n'ai qu'à contempler le film de ma vie, de toutes mes vies, qui passe devant mes yeux et le voile de satin qui vient adoucir ce qui me fait souffrir, rendant presque indiscernable cette douleur qui me hantait il y a encore si peu de temps.

Soudain, une autre forme de lumière, plus vive, plus mouvante aussi, semble comme émerger du tableau de bord. Elle se distingue peu à peu, et c'est une silhouette familière qui apparaît alors à mon esprit brumeux. Les courbes généreuses, le visage fin, les longs cheveux blonds, les yeux noisettes - un peu moins pétillants que dans mes souvenirs, mais tout de même reconnaissables - me font monter les larmes aux yeux. C'est Elle. Et pourtant, ce n'est pas Elle. Je le sais au fond de moi. Je le sens. C'est sans doute une belle imitation de ma Rose, mais ce n'est que ça, une imitation. Elle prend la parole et même sa voix vibre de cet écho du passé :

- Je t'en prie, ne fais pas ça. Tu as 63% de chance d'y laisser la vie, et je suis à 95% sûre d'y laisser la mienne.

- C'est trop tard. Je ne peux revenir en arrière, le processus est déjà bien trop avancé. Et c'est ce que je veux, oublier pour tout recommencer. Que l'on puisse repartir à l'aventure, juste toi et moi, comme avant, ma vieille amie.

- Je ne suis qu'une interface de communication, le concept d'amitié m'est étranger. Et tu as désormais 76% de chance d'y laisser la vie.

- Je sais. Il se trouve que je suis assez doué avec les chiffres moi aussi. Mais pour ce qui est de l'amitié, on dirait bien que je ne suis pas le seul à avoir subi quelques changements. Tu dois à présent en avoir une certaine notion pour avoir pris cette apparence.

- Cette humaine revient constamment dans ton esprit, et tu la regrettes, je n'ai fait qu'adapter mon image à ton flux émotionnel. Et tu as désormais 98% de chance d'y laisser la vie.

- Tes statistiques ne m'effraient pas, la mort sourit à tous, et je lui ai toujours souri en retour. Je ne comprends pas pourquoi, mais on dirait bien qu'elle ne veut pas de moi de toutes façons. Mais je t'en remercie, et pour l'image que tu m'offres également. La revoir une dernière fois avant d'abandonner son souvenir m'a fait plaisir. Mais tu n'auras plus à prendre cette apparence dorénavant, ce ne sera plus nécessaire.

Suite à mon discours inhabituellement dénué de fougue, l'interface semble me toiser un moment du regard, avant d'ouvrir la bouche à nouveau et de me lancer d'un ton que je qualifierai de sec s'il n'appartenait pas à une technologie merveilleuse, mais dont les émotions ne font pas parti de ses attributions :

- Te défaire de ta ligne temporelle est trop dangereux. Je ne peux pas te laisser faire ça.

Ses paroles m'intriguent, mais j'ai à peine le temps de m'y attarder que je n'y penses déjà plus, et tandis que l'interface disparaît dans un scintillement doré, mes souvenirs, eux, s'effacent peu à peu. La douce lumière disparaît à son tour, reprenant sa place, celle qu'elle n'aurait jamais dû quitter, dans le cœur du Tardis. Puis tout se fige autour de moi. Le froid, sensation désagréable s'il en est, me saisit. Et puis c'est le noir, et seule reste l'obscurité.


Alors ? Qu'est-ce que l'immensité du temps réserve au Docteur ? Que va-t-il se passer ? Votre avis m'importe et il ne vous coûte rien, alors cliquez, que diable ! ^^