Le son de ses pas couvert par le raisonnement des cloches, les mains dans les poches de son sweat, Harry sort sous la lumière du balcon. Pendant un instant, ébloui par le soleil, il place sa main devant ses yeux comme pour se protéger. Puis après une seconde ou deux, il s'avance définitivement vers la barrière pour s'y accouder tandis qu'Hedwige s'installe un peu plus loin. Depuis la tour d'astronomie, il observe la cour d'où on peut encore voir les jumeaux Weasley. Il a un léger sourire en voyant les enfants s'attrouper autour de leur stand pour être le premier à acheter leurs jouets. Bien qu'Harry ne connaisse Fred et George que de vue, il les aimait bien. Il appréciait les regarder faire leurs numéros, même s'il ne pouvait pas les entendre du haut des tours. En réalité, il y avait beaucoup de choses que Harry aimait regarder du haut des tours. Non, plus simple encore : il aimait regarder le village de Pré-au-Lard tout court. Il en rêvait. Dix-sept ans déjà qu'il observait le village, qu'il détaillait ses moindres recoins. Harry connaissait chaque maison, chaque boutique, chaque rue du village. Il s'imaginait en train de les courir à la volée, de le parcourir comme pour s'en imprégner. Il connaissait également chaque habitant du village : leurs habitudes, ce qu'ils faisaient, qui ils voyaient. Par conséquent, dès qu'il y avait un nouveau venu ou un changement, il le remarquait. Il pouvait en observer des choses depuis ses tours. Même s'il ne pouvait pas mettre un nom sur tous ceux qu'ils voyaient, cela importait peu. Il s'amusait lui-même à leur donner des surnoms : « La sorcière chinoise », « celui qui fait tout exploser », « les deux gros mauvais Mangemorts », etc. Un jour, peut-être qu'il pourrait connaître leurs vrais noms. Peut-être qu'il pourrait leur parler… S'il osait…
Harry fut tout à coup distrait par un léger bruit. Il tourna la tête vers le perchoir à sa gauche dans lequel trônait un petit phénix qui se réveillait joyeusement. Celui-ci poussa un petit cri, comme pour le saluer.
- Bonjour Fumseck, répondit Harry avec un léger sourire. Prêt à voler, aujourd'hui ?
Aussitôt, la mine de Fumseck sembla s'assombrir. Ou peut-être n'était-ce que dans l'esprit de Harry. Même aujourd'hui, il n'arrivait pas à savoir si le temps passé dans ces tours lui avait vraiment permis de comprendre les animaux ou si au contraire, sa solitude l'avait poussé à s'imaginer les comprendre.
- Pourquoi pas ? C'est une journée magnifique pour son premier envol, non ? dit-il en s'approchant du phénix pour lui permettre de grimper sur son bras. Moi, si je pouvais m'envoler et aller aussi loin que toi, je n'hésiterais pas une seconde ! dit-il d'un à la fois enthousiaste et rêveur. Toi qui as la chance de pouvoir aller au-delà de ces murs, tu ne veux pas en profiter ?
Fumseck tourna la tête vers Hedwige, en train de lisser son plumage. « Elle reste bien, elle » sembla-t-il argumenter.
- Hedwige, ce n'est pas pareil, répondit Harry. Elle tient compagnie au déprimant solitaire que je suis.
Malgré ça, l'oiseau ne sembla toujours pas décidé.
- N'hésite pas. Qui voudrait rester ici pour toujours ? ajouta Harry avec une pointe de tristesse.
Pendant quelques instants, Fumseck a l'air encore d'hésiter. Puis, un groupe de chouettes chargées de paquets passe brusquement à côté d'eux, causant un grand vent qui souffle sur l'étrange duo. Le groupe éloigné, Fumseck ne peut s'empêcher de le suivre des yeux. Puis, il se tourna une dernière fois vers Harry.
- Vas-y, chuchote-t-il avec un sourire encourageant. Envole-toi.
Alors, Fumseck n'hésite plus. Après avoir mordillé l'oreille d'Harry avec affection, il bat des ailes et s'envole au loin. Harry le suit tristement du regard alors qu'en un instant, Fumseck n'est plus qu'un lointain point dans l'horizon…
- Enfin !
Harry se retourne, surpris par cette brusque exclamation, pour voir son ami Ron, ou plutôt le fantôme de son ami Ron, un grand rouquin aux yeux bleus, dont la tête dépassait par l'escalier et avançait doucement en même temps que le reste de son corps.
- J'ai cru qu'il s'en irait jamais ! Tous les matins, à chanter dès le lever du soleil ! pesta-t-il d'une voix énervée. J'en ai pour une semaine à me remettre au rythme normal.
-Le phénix chantait à des heures tout à fait normales, Mr Weasley, dit une voix calme provenant de l'escalier. C'est vous qui vous levez à des heures tout à fait incongrues ! C'est bien fait, ça vous apprendra à vous coucher à des heures saugrenues.
- Hahaha, marmonna Ron, allez planquer votre tête là où je pense, Nick-Quasi-Sans-Tête ! A moins que vous ne parveniez toujours pas à vous l'arracher !
- J'ai entendu !
- C'était fait pour !
- Ce n'est pas très gentil de se moquer de sa tête, murmura une voix rêveuse. Tu sais que c'est son point faible.
Une petite silhouette aux cheveux blonds et sales et à l'air rêveur apparut. Ron parut alors mal à l'aise, ce qui était signe qu'il commençait à s'en vouloir pour ses paroles moqueuses, ce qui n'était pourtant sûrement pas le but de Luna Lovegood. Seulement, Luna avait un don particulier pour dire toutes les vérités un peu gênantes et d'autres choses très étranges.
- Ça va, Harry ? dit Neville, qui apparut brusquement à côté de lui.
Harry sursauta violemment, surpris par l'apparition soudaine de Neville.
- Neville… grommela Harry, énervé. Je t'ai déjà dit de ne plus apparaître comme ça, c'est à me faire une crise cardiaque !
Puis, se tournant vers Ron dans un geste d'humeur :
- Et toi, Ron, je ne vois pas pourquoi tu te plains du manque de sommeil, tu es à moitié fantôme, tu n'as pas besoin de dormir !
Et sur ces dernière paroles, il descendit l'escalier, laissant ses trois amis ectoplasmiques ébahis (sauf Luna, qui chassait des petites créatures invisibles qui l'embêtaient telles des mouches).
- Ben, qu'est-ce qui lui prend ? finit par dire Ron.
- Aucune idée, répondit Neville, tout aussi perdu. D'habitude, pendant cette période, il est toujours de bonne humeur avec la Fête des Fous qui vient.
- Il a peut-être mal dormi, suggéra Luna. Des Nargoles lui auront fait faire des cauchemars. Cette nuit, il y en avait partout.
- Aucune de vous ne peut comprendre ! cria tout à coup une voix pleurnicharde.
- Oh non… commença Neville
- Mimi Geignarde, compléta Ron avec un soupir.
Ils se retournèrent pour faire à un fantôme qui, contrairement à eux, ne marchait pas mais flottait.
- Evidemment, parce que vous ne pensez qu'à vous-même ! continua-t-elle de crier. Vous n'avez pas idée de ce que c'est, vous, de devoir rester cloîtré ici en attendant que les jours passent sans être sûr de sortir de sortir un jour.
- Ben si, je te signale, dit Ron. Ça fait sept ans qu'on…
- Peu importe ! hurla Mimi en pleurant de belle. Tu vois, quoi qu'il arrive, vous revenez toujours à vous ! Vous, vous, vous et encore vous ! Vous ne vous souciez pas du tout de ceux qui souffrent vraiment! Vous, vous n'avez pas vécu ici toute votre vie comme Harry ou comme moi ! Vous ne pouvez donc pas comprendre, termina-t-elle en sanglotant.
- T'as pas été là toute ta vie, persista Ron, t'as été là toute ta mort.
- Des insensibles ! se remit-elle à hurler de plus belle. Comment voulez-vous que Harry s'en sorte avec des insensibles pareils ?!
- Qu'est-ce que tu veux dire, exactement ? osa demander Neville. On sait qu'Harry n'aime pas rester ici mais en général, la Fête des Fous le réconforte.
- MAIS QUEL EST L'INTERET DE LA FETE SI ON NE PEUT PAS Y ALLER ?! termina-t-elle dans un ultime hurlement. PAUVRE HARRYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYY… cria-t-elle en s'en allant, laissant derrière elle le raisonnement de son cri.
Après avoir savouré durant quelques secondes le silence permettant de mettre au repos ses oreilles ô combien sollicitées chaque fois que Mimi était là, Luna finit par sagement faire remarquer :
- Ron, quand Mimi est là, je crois qu'il vaut mieux, pour le bien de tous, que tu ne dises rien. Toutefois, commença-t-elle en descendant doucement les escaliers, ce qu'elle dit ne manque pas de bon sens.
- Sur le fait qu'on est que des égocentriques qui ne pensent qu'à « nous, nous, nous et encore nous » ? grimaça Ron en la suivant, Neville derrière lui. Ah là, je trouve que t'exagères.
- Mais non, espèce de Joncheruine. Sur le fait que Harry était déprimé parce qu'il ne pouvait pas aller à la fête.
- Mais jusqu'ici, il ne s'était jamais plaint de ne pas y aller, rappela Neville. Pourquoi tout d'un coup… ?
- Ça ne lui suffit plus, tout simplement. Il doit se sentir seul, des fois, enfermé ici.
- Pourquoi il se sentirait seul ?! s'indigna Ron. Il m'a moi, dit-il en frappant du poing contre sa poitrine, il t'a toi, continua-t-il en empoignant Luna par le coup comme pour l'enlacer, il a Neville, ajouta-t-il en faisant de même avec l'intéressé, il nous a nous ! conclut-il en frottant la tête de Neville avec son poing.
- Nous, on est pas des nouvelles rencontres, argumenta Neville. Et on est comme lui : enfermés ici depuis sept ans. En plus, on ne va peut-être pas rester ici pour toujours : après tout, on est des demi-fantômes. Peut-être que ça lui fait peur. Tu sais…
- … Le jour où on se réveillera, termina Ron, en comprenant.
En effet, Ron, Luna et Neville n'étaient pas des fantômes ordinaires. En fait, ils n'étaient pas tout à fait des fantômes tout court. En effet, contrairement aux autres fantômes, on pouvait noter une légère différence : ils ne flottaient pas mais marchaient. La raison : ils n'étaient pas complètement morts.
A la suite d'une attaque de Mangemorts, Ron, Luna et Neville avaient tous les trois pris asile dans Poudlard quand ils avaient onze ans. Malheureusement, un jour, les choses avaient dérapé : les Mangemorts avaient enfreint la loi sacrée et avaient profité de l'absence de Dumbledore ce jour-là pour entrer dans Poudlard et tuer tous ceux qui avaient pris asile. Ils voulurent les tuer au sein de l'ancienne école mais tout ne se passa pas comme prévu. Alors qu'ils leur lançaient un Avada Kedavra, des fantômes avaient fait barrière de leurs « corps » pour les protéger. La chose eut un effet surprenant : l'Avada Kedavra passa à travers les fantômes et par conséquent, n'arriva en quelque sorte « qu'à moitié » sur ceux qui avaient été visés. Ron, Luna et Neville furent respectivement sauvés par les fantômes de Mimi Geignarde, d'Helena Serdaigle et de Nick Quasi-Sans-Tête. Ils ne se retrouvaient donc qu'à moitié morts : leurs corps tombèrent dans le coma, mais donnèrent naissance aux trois premiers « demis-fantômes » de toute l'histoire de la magie. Leurs corps ectoplasmiques grandissaient en même temps que leurs corps physiques qui étaient maintenus en vie par Madame Pomfresh, mais nul n'était sûr qu'ils se réveilleraient un jour. Seuls ceux qui vivaient à Poudlard le savaient : on avait gardé le secret pour éviter que les Mangemorts reviennent finir le travail. Tout le monde les croyait donc morts. Les trois demis-fantômes étaient les seuls à avoir « survécu » à l'attaque des Mangemorts ce jour-là et c'est ainsi qu'ils devinrent amis et qu'ils connurent Harry. Dumbledore plaisantait souvent en disant qu'à l'avenir, ils seraient sûrement cités dans « Histoire de la magie ».
Depuis, ils vivaient dans l'attente. Dans l'attente de savoir si oui ou non, ils allaient se réveiller un jour, revoir leurs familles et quitter enfin cette cathédrale. Alors qu'Harry, lui, ne la quitterait jamais.
- Je vais aller voir Harry, déclara finalement Luna, en reprenant sa marche. En général, c'est moi qui arrive le mieux à le réconforter.
Quelques minutes plus tard, elle trouva Harry dans la salle commune de l'ancien dortoir des Gryffondors. Allongé sur le canapé, il regardaot d'un air pensif et mélancolique le feu brûlant dans la cheminée. Luna s'approcha, s'agenouilla et s'accouda en haut du canapé.
- Désolé de vous avoir crié dessus, s'excuse-t-il sans la regarder, les yeux toujours tournés vers la cheminée. J
- Tu as du chagrin, Harry, dit-elle avec une pointe de tristesse. Tu ne veux pas nous en parler ?
- Je… commence-t-il sans pouvoir continuer. Ça va, Luna, je te jure. Ça va.
- C'est parce que tu te sens seul dans cette grande cathédrale. Et ça te rend encore plus triste de ne pas pouvoir te rendre au Festival des Fous cette année.
- Si c'est que ça, qu'est-ce que t'attends ?! s'exclama Ron en surgissant tout à coup, faisant sursauter Harry. T'as qu'à y aller !
- C'est pas aussi simple, Ron, soupira Harry. En bas, je ne suis pas… pas à ma place, termina-t-il. Je suis un sang-mêlé, vous vous rappelez.
- Oh, Harry… commença Luna.
Puis tout à coup, elle regarda méchamment en l'air comme s'il y avait un moustique dans l'air.
- S'il-vous-plaît, déclara-t-elle brusquement à quelqu'un qui semblait imaginaire. Je voudrais parler un moment avec mon copain, et c'est très difficile si vous êtes en train de m'embrouillez le cerveau, bande de parasites ! s'énerva-t-elle avant de donner quelques coups contre son oreille comme si elle voulait en faire sortir de l'eau.
Un long silence suivit cet étrange monologue. Décidément, les apartés de Luna, ils ne s'y feraient jamais.
- Encore des Joncheruines qui sont entrés dans ton cerveau, hein ? devina Neville, compatissant.
Correction : décidément, il n'y avait que Neville pour comprendre les apartés de Luna.
- Ces temps-ci, il y en a partout ! acquiesça-t-elle, énervée. A chaque deuxième semaine d'un mois pair, ils infestent les recoins !
- Bref ! les interrompit Ron. Harry, franchement, toutes ces histoires comme quoi tu ne peux pas aller en bas parce que t'es sang-mêlé et tout ça, c'est stupide.
- Tu es le seul à y croire ! renchérit Neville.
- Non, le seul à les gober, rappela Ron d'un air assombri.
En effet, Harry ne s'était pas inventé lui-même ces histoires. Mais préférant ne pas mentionner le sinistre personnage qui pourrait encore plus déprimer leur ami, ils se turent, Ron y compris (pour une fois).
- Tout ça pour dire, reprit Neville, vas-y. Tu imagines tout ce que tu verras si tu y vas !
- Tu pourrais assister à de vrais matchs de Quidditch ! dit Ron d'un ton enthousiaste. Il y aura même Viktor Krum ! Et Fleur Delacour, termina-t-il d'un ton rêveur.
- On dit même que les Harpies de Holyhead et les Canon de Chudley vont s'affronter ! ajouta Neville avec enthousiasme.
- Ecoute les petits demi-fantômes que nous sommes et qui ne peuvent profiter ni de la vie ni de la mort, reprit Luna. Profite de la vie qui s'offre à toi. Si tu ne fais que regarder les jours passer depuis ta tour, tu peux être sûr de les voir te passer sous le nez.
- Elle a raison, renchérit Ron. T'es en chair, en os ! Nous, on est en ectoplasme et encore, et en plus on est collés ici, hein Neville ?!
- Jamais pierre ne se mousse, entama l'interpellé avec fierté, ni ne se fait de mousse quand la brise sans secousse la pousse.
Un long silence gêné suivit ses paroles.
- Luna et toi, vous êtes vraiment faits l'un pour l'autre, conclut Harry.
- De la pierre ? grimaça Ron. De la mousse ? Mais où tu vois de la pierre et de la mousse, on est en ectoplasme !
- Ben, j'avais pas de poème sur les fantômes en tête pour nous réconforter, alors je me suis souvenu de ce que je pouvais, s'excusa Neville.
- Moi, j'ai beaucoup aimé, déclara joyeusement Luna.
Harry et Ron soupirèrent alors que pour la énième fois, Neville se jurait que, s'ils redevenaient vivants, il demanderait Luna en mariage.
- Harry, commença Ron, tente ta chance et…
- J'apprécie vos encouragements, l'interrompit Harry, mais vous oubliez tous un léger détail.
- Quoi ?! répondirent ses amis, avec un grand sourire, déjà prêts à contre-attaquer.
- Mon tuteur, Lord Voldemort, répondit sombrement Harry.
A cette réponse, les trois personnages virent leurs sourires s'évanouir immédiatement pour laisser place à des grognements déçus et à des grimaces.
-Mais il y a un truc que je me demande, tenta Neville avec espoir, quand il t'interdit de faire à jamais un pas hors de la cathédrale, est-ce qu'il veut dire : jamais jamais ?
- Jamais toujours ! dit Harry, au comble de la déprime. Et en plus, il déteste la Fête des Fous ! Tu me vois lui demander si je peux y aller ?
- Toutes ces histoires parce que tu es un sang-mêlé ! s'énerva Ron. Et en plus, il a réussi à te les faires gober ! Harry, tout le monde se fiche pas mal que tu sois un Sang-Pur ou non, c'est pas écrit sur ta face, tout de même !
- Justement, si ! répliqua Harry en désignant sa cicatrice en forme d'éclair sur son front.
- Et alors ! D'accord, tu as une cicatrice qui prouve que tu as survécu à un Avada Kedavra, la belle affaire ! Et d'après lui, ça serait la preuve que tu es un être contre-nature, non mais n'importe quoi ! Des tas de sang-mêlé sont morts par Avada Kedavra ! Et en plus, excuse-moi, mais sa version sur la manière dont ça se serait passé me paraît bizarre…
- Nous n'allons pas débattre là-dessus, le stoppa net Luna.
En effet, ce sujet avait déjà donné lieu à pas mal de disputes entre Harry et Ron (même si Luna et Neville étaient d'accord avec ce dernier).
- Mais et si tu ne lui demandais pas… commença Ron, d'un air malicieux.
- Oh non… dit Harry, sentant ce qui allait venir.
- Tu te glisses dehors…
- Non…
- Et tu reviens sans rien dire ! termina Ron, fier de lui.
- Il n'en saura rien ! s'enthousiasma Neville.
- Et si justement, il l'apprenait ?!
- Mieux demander pardon que la permission, dit humblement Luna.
- S'il me voyait ?! répéta Harry, nerveux.
- Tu n'as qu'à mettre ta cape d'invisibilité ! répondit Ron.
- Harry, qui voudrait rester ici pour toujours ? dit Luna.
Les deux vieux amis se regardèrent. Alors qu'Harry hésitait toujours, comme Fumseck l'avait fait avant lui, Luna lui sourit avec encouragements. Le visage d'Harry s'éclaira alors d'un sourire rayonnant.
- J'irais ! déclara-t-il finalement.
- Ouais ! s'écrièrent avec joie ses amis.
- Et je vais m'y amuser comme un fou !
- Ça, c'est bien dit !
- Je prendrais mon Eclair de Feu et…
- Bonjour, Harry, résonna alors une voix froide comme la mort.
Harry se figea immédiatement. Les trois fantômes ayant disparu, il se retourna lentement. Devant lui, une grande silhouette, vêtue d'une longue robe noire. Un crâne chauve, d'un blanc presque nacré et deux yeux rouges sang luisants.
Harry arrive finalement à ouvrir la bouche, après avoir levé les yeux.
- Bonjour, maître.
