Je sais : j'ai été affreusement lente. Mais bon, procrastination, bac, fatigue, chapitre très très long (21 pages), bla bla bla...
Avant tout, merci à tous ceux qui m'ont laissé ces commentaires super sympas. C'est très encourageant pour moi.
Mal réveillé, Drago passa la main sur son visage d'un air fatigué. Décidément, ça le gavait ! Ça le gavait de devoir aller rencontrer le Seigneur des Ténèbres en espérant ne commettre aucune bourde qui ferait que son père n'ait honte de lui – père qui, justement, avait décidé de venir exceptionnellement soi-disant pour la Fête des Fous et non pour le surveiller lors de son premier jour de capitaine (ce qui était ironique quand on songeait qu'il n'avait pas vu l'intérêt de l'accompagner pour son premier jour d'école) -, de devoir faire comme s'il n'avait pas la moindre sympathie pour tout ce qui n'était pas Sang-Pur, BREF, ça le gavait de devoir jouer les lèche-bottes !
Et décidément, la prison d'Azkaban n'arrangeait rien à son humeur !
Quel endroit sinistre ! songea-t-il, énervé, pour la dixième fois en regardant autour de lui les murs de pierre sombre, alors qu'ils pouvaient entendre des hurlements de… de tous les côtés, il semble. Littéralement. Il n'avait même pas monté un étage et il en entendait d'au-dessus, d'à gauche, d'à droite, de derrière, de devant et même d'en dessous. Mmh. Ils avaient dû aménager un sous-sol.
Et il devait justement se diriger vers l'un de ces hurlements puisqu'apparemment, c'était là que se trouvait le Seigneur. Décidément de plus en plus dégoûté par les cris de souffrance intense qu'il pouvait entendre de plus en plus distinctement en approchant, le visage de Drago se faisait pourtant de plus en plus digne en à mesure qu'il avançait, tel un prince qui marcherait pour aller être couronné. Drago était comme ça. Quand quelque chose le troublait plus qu'il le voulait ou ne pouvait l'admettre, il trouvait quand même le moyen d'avoir l'air de se porter comme un charme. Ça devait être son seul héritage Malefoy, d'ailleurs. A part ses cheveux blonds, bien sûr.
- Assez, Bellatrix, dit une voix.
La voix avait été très douce, presque comme un souffle. Pourtant, Drago y avait senti une grande froideur. D'ailleurs, il n'avait pas pu s'empêcher de s'arrêter instinctivement en l'entendant. Bon, c'était peut-être plutôt au nom « Bellatrix » qui l'avait réagi.
- Tu dois y aller plus lentement si tu veux qu'il ressente chaque Doloris plus douloureux que le précédent, continua la voix comme si elle donnait un enseignement très important.
- Oui, maître, répondit une voix féminine, suave, d'où dégoulinait une sorte de joie morbide à ce conseil.
Drago dût se retenir de gémir : oui, c'était bien Bellatrix Lestrange, alias sa cinglée de tante.
- Ah, le jeune Malefoy, entendit-t-il.
Instinctivement, Drago fit une révérence soignée face à Lord Voldemort qui venait de sortir de la cellule.
- J'ai beaucoup entendu parler de vous, jeune homme, continua Voldemort, et de vos résultats à vos examens à Durmstrang. Très impressionnant, je dois l'avouer. Surtout quand on connaît la difficulté de cet établissement. Je place de grands espoirs en vous.
- Et j'espère ne pas vous décevoir, Maître, répondit Drago avec docilité.
- Hmm. Vous devez vous souvenir de votre tante ? dit le Seigneur en désignant une femme au teint blafard et aux cheveux noirs et ébouriffés qui sortait justement de la cellule.
- Ma tante est de ces gens qu'on ne peut oublier, répondit Drago en se retenant de faire une grimace.
- Alors, le petit Drago est de retour au bercail ? murmura-t-elle d'un ton moqueur. Ton cher papa et ta petite maman doivent être très fiers de toi.
- Ça fait au moins deux personnes qui sont fières de moi. Vous, il n'y en a même pas une.
- Mr. Malefoy, les interrompit le Seigneur. Veuillez me suivre, s'il-vous-plaît.
C'était étrangement effrayant cette manière que Voldemort avait de parler avec la plus grande politesse comme s'il ne vous obligeait à rien alors qu'il n'y avait pas de doute que c'était bel et bien un ordre.
Alors qu'il s'apprêtait à rejoindre le Seigneur des Ténèbres, Drago sentit la main de sa tante. Se refermer sur son bras avec brutalité.
- N'oublie pas tous les espoirs qu'on place en toi, chuchota-t-elle avec hargne et mépris. Tu n'as pas intérêt à décevoir le Seigneur des Ténèbres et à tout gâcher avec ta petite sympathie dégoûtante pour les Sang Impurs et les Moldus.
Drago dégagea violemment son bras, énervé. Oui, décidément, cette journée commençait très mal.
- Comme vous devez le savoir, commença Voldemort, la Fête des Fous est l'occasion ou jamais pour tous ces Sang-Impurs de semer le chaos à leur convenance.
Drago n'écoutait que d'une oreille distraite, ses yeux fixés sur le paysage en-dessous. Lord Voldemort les avait fait transplaner en haut de Poudlard, soi-disant pour lui faire visiter un peu. Dis plutôt que tu ne veux pas être entendu, pensa Drago.
- Je m'étais fait une raison depuis longtemps, continua le Seigneur des Ténèbres. Les hybrides, Sang-Impurs et autres traîtres à leur sang sont tels la mauvaise herbe : peu importe ce que vous faites pour la supprimer, elle repoussera toujours, tôt ou tard, à un endroit ou à un autre. A défaut de les éradiquer, je me suis donc jusqu'ici contenté de limiter leurs agissements.
Drago eût la sagesse de rester silencieux à ces paroles. Peu importe ce qu'il en pensait, il était manifeste que ce discours n'appelait pas à débat.
- Mais vous connaissez ces créatures : elles sont peut-être inférieures mais pas moins rusées. Jusqu'ici, j'ai eu la générosité de ne pas les déclarer hors-la-loi…
- Ça aurait été inutile, de toute façon, finit par dire Drago.
Il n'avait pas pu s'en empêcher : Drago n'avait jamais été quelqu'un qui aimait cacher son jeu et entendre une telle hypocrisie lui donnait l'impression que ses oreilles saignaient.
- Plaît-il ? répondit Voldemort avec une grande froideur.
Bon, tant pis. Son destin était sûrement déjà scellé, de toute façon. Quitte à mourir dans d'atroces souffrances, autant en profiter pour jouer complètement franc-jeu. Au moins, son testament spécifiait bien qu'il laissait Buck à Hagrid et que tout son héritage allait à sa mère. Drago se prépara donc à mourir en paix.
- Les Nés-Moldus, Sang-Mêlés ou autre sont beaucoup trop nombreux, répondit-il en regardant le Seigneur des Ténèbres droit dans les yeux. Les déclarer hors-la-loi aurait été inutile car cela impliquerait pour eux soit la peine de mort soit Azkaban à vie. De plus, pour reprendre votre exemple de la mauvaise herbe, il y aura toujours de toute façon des nés-Moldus qui se découvriront sorciers à l'avenir, même si vous tuez les précédents. Non seulement il serait impossible de tous les faire tuer ou enfermer mais vous risqueriez un soulèvement du peuple si vous en arriviez à de telles mesures. Vous n'êtes pas assez stupide pour faire quelque chose comme ça. Par conséquent, je ne crois pas que ce soit par générosité que vous ne les avez pas déclarés hors-la-loi, acheva Drago, prêt à recevoir son châtiment, c'est par calcul.
Un long silence accueillit ses paroles. Une seconde passa, puis deux, puis, trois… Tiens, déjà dix secondes et Drago n'était toujours pas mort.
- Vous ne ressemblez décidément pas à votre père, déclara finalement Lord Voldemort.
Drago se retint de hausser un sourcil : que venait faire son père là-dedans ?
- Cet imbécile passant son temps à me lécher les bottes, j'aurais cru qu'il vous aurait enseigné cet art, continua-t-il d'un ton qui semblait satisfait. Je suis surpris de voir que vous êtes plus intelligent que lui.
- Merci, se contenta de répondre Drago.
Même lui ne pouvait pas nier que son père était un pro du fayottage.
- Vous allez, je crois, m'être plus utile que je ne le pensais, dit Lord Voldemort.
Il posa sa main sur la pierre de l'accoudoir en jetant un regard étrangement songeur sur le paysage d'en bas. Décidément, se dit Drago, le plus effrayant chez cet homme est qu'on n'arrive jamais à savoir ce qu'il pense.
- Mais leur nombre s'étend et ils deviennent un peu plus dangereux chaque jour. Il devient vital d'aller au cœur du problème.
Sa voix était incroyablement froide, ce qui laissait peu de doute quant à la solution finale qu'il envisageait.
- Vous devez donc vous douter que même les rats ont besoin d'un endroit pour se réunir. D'un repère ou en l'occurrence d'un trou où se cacher qu'ils appellent, selon mes sources, la Salle-Sur-Demande.
Son regard revint sur Drago.
- Le problème de cette cachette est qu'elle ne semble jamais être au même endroit. De plus, leur procédé pour s'y retrouver semble très particulier et n'est connu que d'eux. Je veux que vous trouviez un moyen, n'importe lequel, de localiser cet endroit.
- Et lorsqu'il sera trouvé, Maître ?
Voldemort eut un fin sourire, peu rassurant. Soudain, très rapidement, il sortit sa baguette de sa manche et la dirigea à côté de Drago.
- Avada Kedavra ! cria-t-il.
Un éclair vert jaillit vers le bras droit de Drago. Il resta sans bouger pendant deux secondes, trop pris de court par la vitesse des évènements pour réagir. Finalement, il tourna la tête pour voir une fourmi sur la pierre. Morte.
- Je vois, réussit à articuler Drago avec ce qui lui parut un effort incroyable mais en veillant en gardant le regard bien fixé sur le Seigneur.
Celui-ci eut une sorte de sourire satisfait, comme si on venait de lui faire un compliment.
- Même dans ses meilleurs jours, votre père ne m'a jamais regardé avec un regard aussi droit. Je commence à bien vous aimer.
Il fut distrait par un bruit de clameur lointain venant d'en dessous, comme une foule qui se rapprochait.
- Le devoir public, soupira-t-il. A quand remonte votre dernière fête paysanne, Mr Malefoy ? demanda-t-il d'un ton distrait.
- Je ne me souviens pas, se contenta de répondre Drago.
- Eh bien, au moins, cela vous donnera une idée du genre de citoyens que vous devrez gérer. Nous devrions y aller.
Alors qu'il le suivait pour descendre les escaliers, Drago réalisa quelque chose : cet homme le dégoûtait au plus haut point.
Harry n'avait pas réfléchi. Au réveil, il avait trouvé un paquet avec pour seul mot : « Fais-en bon usage ». A l'intérieur, Harry y avait trouvé une cape d'un tissu très doux. Il n'avait pas compris tout de suite puis quand il l'avait enroulée autour de lui par curiosité, l'évidence lui était apparue ou plutôt avait disparue : on lui avait offert une cape d'invisibilité. L'idée que son maître ait peut-être changé d'avis l'avait effleuré mais Harry avait aussitôt écarté cette hypothèse : son maître ne changeait d'avis, encore moins sur des choses comme la Fête des Fous.
Ron, Luna et Neville avaient sauté de joie quand il leur avait dit qu'il y allait. Il était descendu, drapé dans sa cape sans que personne ne l'ait vu.
Maintenant, il hésitait. Nerveux, Il se trouve devant le grand portail et il n'a plus qu'un pas à faire. Un seul pas et il pour la première fois de sa vie, il ne serait plus à Poudlard. Il serait dehors. Un pas. Dit comme ça, ça semblait ridicule, insignifiant. Et pourtant, avec ce seul pas, Harry a le sentiment que tellement de choses se passeraient. Qu'un monde se finirait. Qu'un autre commencerait.
Son cœur battait tellement fort dans sa poitrine qu'il pouvait l'entendre.
- Alors, qu'est-ce que t'attends ? dit une voix lointaine.
Harry tourne la tête derrière lui, d'où vient le cri. Ron, Luna et Neville se tiennent sur la terrasse. Ron et Neville lui font de grands signes de la main et Luna lui sourit de manière encourageante. Puis, son regard est attiré par le village, d'où résonne de la musique. Une musique enivrante.
Ce n'est que pour une journée, murmura Harry dans sa tête. Juste une journée.
Il enroula finalement sa cape autour de son corps. Et il fit le pas.
Il avait couru aussi vite qu'il avait pu. Maintenant, il se glissait timidement parmi les passants, veillant à les toucher le moins possible, en essayant de se rapprocher le plus possible pour voir le défilé.
Venez
chanter,
Paysans et tisserands,
Prenez tous la clé des champs,
Harry avait finalement réussi à se glisser près du chemin, où progressaient des personnages portant des capes noires.
Venez
danser,
Etrangement, Harry sentit un mouvement sur sa cape, comme quelqu'un qui tirait dessus.
Fermez l'église et l'école,
Entrez dans la farandole,
Maintenant, Harry en était sûr : quelqu'un s'amusait à tirer à différents endroits de sa cape. Sentant une certaine panique grandir en lui, il désespérait de retenir sa cape.
Venez à la Fête
Des…
Harry vit avec horreur sa cape disparaître (ou plutôt, son corps apparaître) tandis que George Weasley sortait du rang d'où Harry où se tenait. Le tout dans une magnifique pirouette, la cape de Harry à la main, rejoint par Fred Weasley qui sortait lui-même de l'assemblée d'hommes en noirs.
FOUUUUUUUUUUUUUUS ! crièrent-ils, à la manière d'un triomphe, côté à côte.
Ils éclatèrent de rire, tandis que George enroulait uniquement son corps dans la cape, ne laissant dépasser que sa tête. Puis, ce fut le chaos. Harry fut complètement perdu. Autour de lui volaient des dragons qui semblaient eux-mêmes faits d'une sorte d'étincelle vert et or, des énormes soleils roses bonbon et des cierges magiques qui écrivaient dans l'air à toute vitesse. Des fusées fonçaient à travers les airs, laissant derrière elles une fumée argentée et des pétards explosaient de partout en mille couleurs rayonnantes. Les Feuxfous Fuseboum des Weasley faisaient de nouveau un malheur, cette année !
Pendant quelques instants, Harry en resta étourdi : c'était une chose de regarder tout ça du haut du haut de sa tour, c'en était une autre de le vivre pour la première fois en dix-sept ans !
Sauve qui peut ! pensa Harry. Hors de question de rester ici s'il n'avait pas au moins sa cape pour le protéger.
Tous les ans, nous fêtons cet évènement, commença Fred, décidément au meilleur de sa forme.
Tous les ans, le monde est en chambardement, continua George, sa tête se baladant toute seule et laissant soudain dépasser une main qui fit hurler les enfants de surprise, de terreur et d'amusement.
Les manants sont rois, Les rois sont clowns et rient, chanta Fred en créant avec sa baguette une couronne de fleurs sur la tête du petit Nigel.
Dans la ville, c'est grand charivari ! tonnèrent ensemble les deux jumeaux.
A ce moment-là, George, qui s'apprêtait à aller rendre sa cape à la victime de sa plaisanterie, se dirigea vers Harry qui courait. Ce dernier trébucha et roula, de manière à ce qu'il se retrouve aux pieds de George. Qui écarquilla les yeux en voyant la tête du maladroit. Ou plus précisément, son front. Marqué d'un éclair.
Mais avant qu'il ait pu ouvrir la bouche pour articuler ne serait-ce qu'un son, le jeune garçon aux cheveux noirs et à la cicatrice s'enfuit. Ni une ni deux, George héla son frère qui se retourna puis suivit le regard de son jumeau. Voyant que Fred ne comprenait pas, George mima le signe d'un éclair sur son front. Les deux frères eurent alors un sourire entendu : ils étaient maintenant bien décidés à retrouver cette légende vivante qui était au cœur de leur chanson préférée.
Les démons qui sommeillent en nos cœurs s'envolent ! reprit George qui surgit face à Harry.
Les bourgeois, les curés sont traités de guignols ! Cette fois, ce fut Fred qui apparut lorsque Harry se retourna.
Toute la ville chavire ravie à la Fête des Fous ! chantèrent-ils alors que Harry leur échappait de nouveau en courant à toute vitesse.
CHARIVARI ! hurla la foule, débordante de joie.
BANG ! BOUM ! BIM ! De partout, Harry pouvait voir des explosions rayonnantes et colorées.
Tout est sens dessus dessous, quelle folie ! cria George
Harry se sentit complètement désarçonné d'ailleurs quand il vit un des soleils heurter une fusée, ce qui donna lieu à des sortes de bébés fusées-soleils.
Plus on est de fous, plus on rit ! entendit-il alors chanter Fred qui passa son bras sous le sien.
Les rues sont pavées de pierreries ! continua George qui lui prit son autre bras. Les deux jumeaux s'étaient d'ailleurs retrouvés on ne sait comment vêtus de jupes. Harry faisait maintenant partie malgré lui d'une sorte de french cancan. Il écarquilla les yeux quand il reconnut dans la fille Fleur Delacour et la jeune Ginny Weasley.
Dans la ville, quel beau charivari !
Maladroitement, Harry s'extirpa comme il put de la chaîne, renonçant définitivement à retrouver sa cape d'invisibilité mais restant déterminé à s'enfuir le plus vite possible. Mais comment faire dans cette foule ?! Il arrivait à peine à marcher sans se casser la figure.
Comme pour illustrer sa pensée, alors qu'il se rapprochait d'une tente, il trébucha pour entrer à l'intérieur et se rattrapa comme il put à un rideau, ce qui ne l'empêcha pas de rouler par terre. Il entendit un cri mais ne put rien voir : dans sa chute, ses lunettes étaient tombées.
- Cormac MacLaggen, s'écria Hermione, furieuse, je te jure que si c'est encore toi venu pour te rincer l'œil, je…
Elle s'arrêta brusquement, en découvrant un garçon maigrichon aux cheveux noirs, d'à peu près son âge, qui tâtonnait le sol d'un air complètement perdu et paniqué.
- Je suis vraiment désolé, balbutia Harry, je… Je ne l'ai pas fait exprès. Je…
Les yeux d'Hermione tombèrent alors sur une paire de lunettes dont les verres étaient cassés. Finalement, elle se baissa pour les ramasser et se rapprocha du jeune homme. Elle lui prit doucement le visage et installa très délicatement ses lunettes sur son nez.
- Voila, dit-elle doucement.
Harry vit alors devant un lui un visage féminin. Des cheveux bruns et bouclés, le visage de la jeune fille semblait fait de porcelaine. Son teint était et satiné, elle avait une belle bouche rosée et brillante et son nez était joliment retroussé. Mais ce qui frappa le plus Harry, ce furent ses yeux : deux beaux yeux chocolat brillants et pleins de chaleur.
Harry n'avait pas vu beaucoup de filles dans sa vie (seulement Luna, Mimi Geignarde et d'autres fantômes et personnages féminins des peintures de Poudlard) mais pourtant, le gène masculin qui sommeillait en lui se réveilla. Une beauté. Ce mot lui traversa l'esprit comme une flèche. Il avait en face de lui une beauté. Une de ces femmes qui n'ont pas seulement pour elles la beauté de leur visage mais aussi quelque chose autour d'elles qui les rendent encore plus spéciales encore.
Harry rougit violemment et garda bêtement la bouche ouverte pendant quelques secondes, en tentant vainement de prononcer une syllabe.
- Tes lunettes sont cassées, lui dit-elle, ne remarquant nullement son trouble.
En effet. Harry s'en rendait compte maintenant, le verre de ses lunettes était brisé. Elle sortit de la poche de son peignoir une baguette et la dirigea droit vers Harry. Pendant un instant, il crut qu'elle avait l'intention de le punir pour être entré dans sa tente.
- Oculus Reparo ! proclama-t-elle d'une voix claire.
Une légère lumière sortit de la baguette. En un instant, les verres de Harry étaient réparés.
- Et voilà, conclut-elle d'un ton satisfait. C'est mieux comme ça, non ?
Elle tendit alors la main.
- Je m'appelle Hermione, se présenta-t-elle.
- Moi, je suis… Neville Londubat.
Il sentit ses joues chauffer lorsqu'il lui serra la main. Finalement, elle se leva.
- Je suis désolée mais je dois me changer, dit-elle en lui montrant la sortie. Tu veux bien ?
- Oui, excuse-moi ! répondit-il un peu trop rapidement.
Il marcha vers la sortie de la tente en titubant un peu, encore sonné par sa chute.
- Au fait, sympa ton costume, le complimenta-t-elle avec un sourire.
- Quoi ? répondit Harry en se retournant vivement vers elle.
- Ton maquillage, je veux dire. La cicatrice, expliqua-t-elle en indiquant son front. C'est une idée originale de se déguiser en Harry Potter.
- Ah.
- Il paraît qu'il hante les tours de Poudlard et que quiconque y monte n'en revient jamais à cause de lui, ajouta-t-elle en riant. Qu'il jette des Doloris pendant des heures à ses victimes jusqu'à les rendre fou avant de les achever d'un Avada Kedavra et de les donner à manger à son chien à trois têtes.
Harry eut un regard triste que Hermione ne comprit pas.
- On dit aussi que c'est un affreux sang-mêlé contre-nature qui aurait résisté à un Sortilège Interdit à cause de son sang impur, dit-il brutalement en la regardant droit dans les yeux, comme s'il lui lançait un défi.
Hermione resta quelques secondes sans rien dire, désarçonnée.
- Je ne peux rien dire à ce sujet, répondit-elle sèchement. Vu que je suis ce qu'on appelle une « Sang-de-Bourbe ».
Sur ces mots, elle poussa fermement le jeune garçon hors de sa tente et ferma le rideau. Harry resta planté comme ça quelques instants, partagé. D'un côté, il était encore ébloui par cette fille mais de l'autre, il était déprimé par la manière dont s'était terminé leur discussion. Et enfin mais surtout : alors c'était ça, les rumeurs qui couraient sur lui ? Qu'il était un affreux cannibale, un monstre sans pitié ? Peut-être que son maître avait raison, après tout. Peut-être qu'il ferait mieux de rester à tout jamais dans ses tours et de ne jamais en sortir.
CHARIVARI !
Mais Harry n'eut pas le temps de rester dans ses pensées. Le Fête des Fous autour de lui battait son plein. Et oh misère ! Les frères Weasley l'avaient de nouveau dans leur ligne de mire.
Battez tambour, sonnez trompettes ! hurla George en tapant sur un tambour dont des étincelles sortaient à chaque coup.
CHARIVARI !
Venez tous vous joindre à la Fête, continua Fred en entraînant Fleur Delacour dans une valse joyeuse alors qu'elle riait aux éclats,
Meurt-de-faim, cas dingues et bandits ! reprirent les deux frères.
La ville vous offre un paradis, chantonna George en installant le jeune Nigel sur ses épaules et en le faisant tournoyer.
Tous les 6 janvier, mes amis, ajouta Fred
Pour le grand jour du Charivari ! Cette fois, toute la foule les rejoignait dans leur chant.
Harry fut alors distrait par un bruit énorme, celui d'un carrosse qui arrivait. Il sentir alors son sang se glacer. Lord Voldemort venait de descendre de la calèche et s'apprêtait à s'installer sur son siège.
Voldemort s'assit sur son siège, se préparant mentalement à un moment trèèèèèèès long et ennuyeux. Il jeta un coup d'œil à son nouveau capitaine, qui chevauchait son magnifique hypogriffe. Au moins, la journée n'était pas complètement décevante.
En revanche, pour Drago, alors que sa journée était pourtant mal partie, elle s'améliorait. Dommage qu'il ne puisse pas aller lui-même se joindre à la fête. Enfin, au moins, depuis son Hypogriffe, il pouvait parfaitement admirer la vue. Il fit des signes à Crabbe et à Goyle pour leur montrer où ils devaient se placer. Les deux imbéciles se rentrèrent dedans, sans pour autant avoir pris la bonne direction.
- Derrière vous, soldats, ordonna Drago, exaspéré.
Ils se regardèrent sans pour autant comprendre jusqu'à ce que Blaize Zabini se décide finalement à leur indiquer leurs points de position. Il leur fallut deux bonnes minutes pour retourner leurs cheveux. Drago leva les yeux au ciel et se retint de soupirer. Avec de tels imbéciles, le commandement allait être difficile.
Ses yeux tombèrent sur un couple blond, eux-mêmes bien placés sur une rangée. Oh non. Drago venait de reconnaître ses parents. Son père lui fit un signe de tête poli et sa mère sourit. Drago était toujours ravi de revoir sa mère mais son père, c'était une autre histoire. Quelle plaie. Cette fois, il ne se retint pas de soupirer.
Il fut distrait par un bruit, comme un tremblement. Il se tourna vers l'installation du Seigneur des Ténèbres. George Weasley venait de sauter sur le toit, où il se tenait fièrement. Drago eut un sourire. Même s'il ne s'entendait pas avec les Weasley quand il avait quitté le pays, il se souvenait au moins qu'on pouvait toujours compter sur eux pour mettre l'ambiance.
La Fête commence, chanta solennellement George, avec un visage pince-sans-rire.
Venez saisir votre chance, surgit alors Fred, un grand sourire aux lèvres, aux côtés du Seigneur des Ténèbres,
Dans une mystérieuse romance ! termina-t-il en laissant tomber sur Voldemort, qui resta impassible, des confettis roses en forme de cœur, avant de s'éclipser le plus vite possible.
Voldemort se contenta d'essuyer les confettis avec une parfaite indifférence, ce qui fit rire beaucoup.
Oyez, Voyez ! appela George, qui captivait son auditoire, avant de sauter du toit pour rejoindre son frère qui montait sur l'estrade. Les deux garçons étaient suivis des yeux comme s'ils étaient des anges. Mais ils n'allaient pas tarder à être éclipsés…
Une sorcière plus belle qu'une fée, proclama Fred
Va tous vous ensorceler !
Danse, la Hermione Granger… dit George en levant son poing comme s'il s'apprêtait à jeter un sort.
Danse ! termina-t-il finalement en jetant une poignée de poussière. Il disparut dans une fumée verte mais fut vite remplacée par une jeune femme.
Harry eut alors les yeux comme des soucoupes lorsqu'il reconnut… Hermione, la belle jeune fille qu'il avait rencontrée tout à l'heure.
Vêtue d'un beau costume oriental rose pâle, qui laissait découvrir son ventre, son front était orné d'un pendentif dont l'éclat de la pierre était suffisamment brillant pour la rendre encore plus belle, si c'était possible, mais suffisamment discret pour ne pas l'éclipser. Dans ses cheveux, une fleur sauvage était accrochée à la chaîne.
Son apparition fait naître une attention toute particulière de la part du public qui ne pouvait s'empêcher de l'admirer, mais pas seulement. Le Seigneur Voldemort se redressa sur son siège et plissa les yeux, scandalisé devant cette nouvelle venue.
Ses gestes sont tout d'abord lents et gracieux tandis qu'elle commence à danser. Comme par magie, elle fait apparaître un foulard opaque argenté de sa manche dont elle se sert pour sa danse.
- Vous voyez ce spectacle répugnant ? siffla Voldemort d'un ton dégoûté.
- Oh que oui ! répondit Drago avec un sourire qui était loin de trouver le spectacle répugnant.
Mais Voldemort ne prêta guère attention à sa réponse, ses yeux fixés malgré lui sur la jeune fille, qui dégage une étrange aura mêlée d'innocence et de sensualité pure. Il sent ses poings se serrer tout seuls. Cette fille est dangereuse…
Très vite, Harry comprend qu'il n'est pas le seul envouté par Hermione. Tout le monde ne peut s'empêcher de l'admirer, cette jeune femme qui danse comme si elle était un oiseau. On aurait presque envie de se joindre à elle, puisque sa danse est imprégnée d'une certaine joie de vivre. Harry la regarde sans se rendre compte qu'il a le sourire aux lèvres.
Un peu plus loin, Fleur Delacour, agacée, qui ne peut s'empêcher de chuchoter à Fred :
- Et pourquoi ce n'est pas moi qui danse ? Je suis au moins aussi belle qu'elle.
- Parce que beaucoup sont protégés de tes charmes de Vélane par des remèdes, répond Fred qui assiste satisfait à la danse d'Hermione.
- Remèdes que vous avez créés, toi et ton frère, pour les revendre, réplique-t-elle furieuse.
- Il faut bien vivre, Fleur. Et puis que tu le veuilles ou non, le charme d'Hermione est naturel. Tu n'as qu'à te réconforter en te rappelant que c'est toi qui lui as tout appris.
Fleur grommela, redirigeant son regard vers l'intéressée. Bon, il fallait admettre qu'elle dansait vraiment bien.
Finalement, Hermione achève sa danse en jetant son foulard au Seigneur des Ténèbres avec un sourire ironique, presque méprisant, et sa fleur qui est rattrapée par Harry qui applaudit de toutes ses forces. En le reconnaissant, Hermione le regarde pendant quelques secondes mais se détourne presque immédiatement. Harry sent alors son cœur se mettre à battre beaucoup plus fort. Plus fort qu'il n'a jamais battu.
Fred et George réapparaissent alors brutalement sur la scène dans un nuage de fumée verte, surprenant le public. Ce qui permet à Hermione de s'éclipser sans que personne ne la voie.
- Et maintenant, le meilleur pour la fin, hurla George.
Et voici le moment que tout le monde attend, annonça-t-il.
Car voici l'instant du grand évènement, confirma Fred
En riant royalement tout notre soul, reprit George
Nous allons sacrer le roi des Fous ! termina Fred avec un grand rire.
- Vous souvenez-vous du roi de l'an dernier ? demanda-t-il, un sourire jusqu'aux oreilles, désignant de la main Remus Lupin qui eut un sourire gêné. Notre loup-garou préféré !
Une acclamation accueillit ces paroles.
Wouh ! s'exclama George. Faites-vous l'animal le plus drôle qui soit !
Faites-vous encore plus bizarre que le p'tit Ronald ! renchérit Fred.
- Hey ! protesta Ron, vexé et posté depuis la tour d'astronomie avec Luna et Neville qui renversa ses pop-corns sous le coup de la surprise.
Car le plus étrange parmi vous sera l'Roi des Fous ! proclamèrent-ils ensemble.
Et pourquoi cela ? demanda George, la main autour de son oreille comme s'il n'entendait pas bien le public.
CHARIVARI ! répondit le public.
Phénomènes, osez-vous montrer ! encouragea Fred qui descendit de l'estrade pour se placer à côté de Harry, définitivement inquiet cette fois, en lui prenant le bras.
CHARIVARI ! cria de plus belle la foule.
On vous appellera Majesté ! chantonna joyeusement George qui lui-même était descendu. Les deux garçons transportaient maintenant Harry sur leurs épaules pour l'amener sur la scène où il s'étala.
Aujourd'hui, l'étrangeté nous ravit ! chanta le public.
Soyez le roi du Charivari !
Ginny Weasley avait rejoint ses deux frères pour procéder à l'élimination. Dean Thomas s'était peint le visage en bleu. Trop facile à faire : éliminé. Stan Rocade avait le visage recouvert de verrues. Pas très original : éliminé. Ernie MacMillan a un nez de cochon. Un peu d'imagination, que diable ! Eliminé. Seasmus Finnigan est couvert de suie. Peu original venant de lui vu qu'il fait tout exploser : éliminé. Quand vient le tour de Harry, il désespère depuis tout à l'heure d'essayer de s'en échapper mais la foule en dessous l'en empêche. Ginny Weasley s'approche finalement de lui. Elle le regarde en fronçant les sourcils.
- Il n'y a rien de particulier chez ce garçon, déclare-t-elle finalement en se tournant vers ses frères. Pourquoi tu l'as fait monter.
- Harry Potter ! raisonne alors une voix furieuse.
Harry sent son sang se glacer dans ses veines. Il tourne alors le regard vers le siège principal : son maître est debout, la rage se manifestant sur ses traits. Harry se sentit pétrifié de peur : ça, il allait vraiment le sentir passer.
L'inquiétude de Harry grandit davantage lorsqu'il entendit des chuchotements autour de lui. Et qu'il sentit au moins une centaine de paires d'yeux fixées sur lui.
- Mais oui, c'est bien lui ! s'écria Ernie Macmillan juste en dessous de Harry. Regardez, il a cette cicatrice au front !
- Harry Potter ?! répéta une femme horrifiée. Ce monstrueux hybride dont on dit qu'il tue tous ceux qui montent dans les tours de Poudlard , ?!
Sur le coup, Fred et George durent se faire violence pour ne pas étrangler leur tante Muriel.
- On ne devrait pas autoriser un garçon pareil ici ! vociféra-t-elle. Il y a plein de rumeurs affreuses autour de ce monstre !
Elle fut approuvée par une série de murmures. Harry devait retenir les larmes qui lui montaient aux yeux. Des larmes de honte. Il n'avait plus qu'une envie : courir, retourner dans sa tour et oublier ce moment infâme.
- Enfin, voyons, les amis ! s'exclama Fred. In n'y a pas de quoi paniquer. Rien ne prouve que ces rumeurs sont vraies. Et puis, il ne faut surtout pas écouter ma tante : elle croit tout ce qu'écrit cette truie de Rita Skeeter.
- Insolent ! hurla-t-elle, scandalisée.
Néanmoins, la remarque de George provoqua des rires et des gloussements parmi la foule.
- Et puis, après tout, ajouta George, nous cherchons le personnage le plus étrange de l'assemblée pour être le Roi des Fous. Qui de meilleur pour ça, dit-il en passant une main dans son dos puis en brandissant une couronne dans son autre main, que le légendaire et mystérieux HARRY POTTER ?
Une ovation répondit à ses paroles.
- Mesdames et Messieurs, commença Fred, moi, Fred Weasley ici présent et mon frère…
- George Weasley ici présent, continua l'intéressé.
- ...Autorité suprême de la Fête des Fous…
- Harry Potter, réfugié de Poudlard…
- Roi des Fous ! terminèrent-ils ensemble en posant la couronne sur la tête de Harry.
Ces mots furent accueillis par une acclamation du public tandis qu'ils posaient une carpe en hermine sur le dos de Harry et lui mettaient un sceptre dans la main. Ils l'installèrent alors sur un trône porteur.
Tous les ans, nous fêtons cet évènement ! tonna le public.
Longue vie au roi ! chantonna Fred en dansant.
Tous les ans, la ville est en chambardement !
Quel sacré roi ! rit George.
Pour sacrer le plus étrange des manants
A la fête du Charivari !
Un roi comme ça, ça ne s'invente pas ! s'exclama Fred. Harry fit un signe de la main à son maître sans remarquer l'expression furieuse que celui-ci avait toujours sur son visage. Après tout, ça valait le coup d'être sorti de sa tour.
Aujourd'hui, faisons ce que le règlement
Interdit 364 jours par an !
Les Feuxfous Fuseboum des Weasley régnaient à cette fête
Aujourd'hui, nous brisons nos chaînes !
Un dragon doré courait après la tante Muriel.
Que la bière jaillisse en fontaines !
Tout d'un coup, les barils de Whisky Pur-Feu s'ouvrirent tous au même moment sans qu'on sache comment.
Et buvons au plus drôle de la ville !
Des étincelles se joignirent les une les autres pour former un feu d'artifice gigantesque.
Sa majesté, roi maudit de cette ville !
CHARIVARI !
CHARIVARI !
Quelle folie, que nous sommes ravis, quel Charivari ! achevèrent les frères Weasley.
Harry en avait les larmes aux yeux. Il l'avait fait. Il était sorti de sa tour et il était accepté. C'était le plus beau jour de sa vie. Son maître s'était trompé.
Plus loin, Crabbe et Goyle regardent sombrement la scène de liesse qui se déroule sous leurs yeux.
- Je ne sais pas pour toi, dit Crabbe, mais moi, ça me dégoûte, cette manière qu'ils ont d'honorer un bâtard pareil.
- Leur assemblée même est dégoûtante, rétorqua Goyle. Mais je pense qu'on peut trouver le moyen de s'y amuser un peu.
Lui et son ami eurent un sourire mauvais. Goyle désigna d'un signe de tête le stand de fruits à côté. Il tendit le bras pour prendre une tomate, suivi par son ami qui prit une laitue.
- Moi, je trouve qu'on peut le rendre bien plus étrange ! cria-t-il avant de jeter la tomate.
Celle-ci atterrit sur l'œil de Harry ou plus précisément sur ses lunettes. Il posa la main, effaré, sur son front, recueillant un reste de tomate et le regarda comme s'il s'agissait de sang. Pendant quelques instants, il y eut un profond silence dans la foule. Un silence qui laissa un mauvais pressentiment à Fred et George. Ainsi qu'à Harry. Un de ces silences semblables au calme avant la tempête.
Une mare de rires. Harry se sentit alors comme noyé dans tous ces rires mauvais qu'il entendait. Mais il n'eut pas le temps de réagir lorsqu'il sentit un deuxième projectile atterrir sur sa tête, une laitue cette fois.
- Voilà de quoi faire une salade de fruits puisque tout doit se mélanger dans cette fête, cria Goyle en lui jetant un œuf.
D'autres œufs suivirent, d'autres choses encore. Et les rires continuaient. C'était comme un tourbillon autour de Harry. Un tourbillon terriblement humiliant. Un tourbillon dont il voulait absolument s'échapper.
Mais lorsqu'il tenta de descendre de l'estrade, il se sentit soulevé dans les airs.
- Ne pars pas tout de suite, l'appela Théodore Nott en explosant de rire. Il tenait sa baguette en l'air, tout droit vers Harry. On commence tout juste à s'amuser !
Les bâtards et Sang-De-Bourbe comme toi devraient être punis ! hurla Pansy Parkinson.
Puis il alla à droite, à gauche, dans tous les sens tandis que les explosions de rire empiraient. Non seulement il pouvait les entendre rire mais il pouvait les voir s'amuser de son humiliation. Toute cette foule de visages qui riaient de lui… Sans qu'il puisse s'enfuir, tout arrêter… Qu'il ne pouvait s'empêcher de voir, d'entendre. Ce tournis qui le prenait. Il voulait que ça s'arrête. TOUT POUR QUE CETTE HUMILIATION PRENNE FIN !
Hermione sortit de sa tente, soulagée d'être enfin débarrassée de cette robe certes très belle mais peu confortable. Mais ses yeux tombent sur l'estrade. Et ce qu'elle voit l'horrifie. Le jeune garçon de tout à l'heure. Ce jeune garçon qui vole dans les airs. Les gens autour l'observent en explosant de rire. Hermione remarque qu'il est couvert de tomates. Instinctivement, elle cherche Fred et George du regard. Pourquoi est-ce qu'ils n'arrêtent pas ces horreurs ?! Même s'ils aiment rire, ils sont pourtant toujours les premiers à sauver ceux victimes d'une humiliation. Lorsqu'enfin elle les trouve, elle court tout de suite vers eux avec précipitation.
- Qu'est-ce qui se passe ?! crie-t-elle avec plus de véhémence qu'elle ne l'avait prévu.
- Ce garçon, c'est Harry Potter, répond froidement Fred, contemplant le spectacle sans la moindre expression sur le visage.
- Quoi ? répond-elle dans un souffle.
Elle avait cru que c'était un déguisement. Que cette cicatrice sur son front, c'était du maquillage. Seigneur… Mais alors… Quand il en avait parlé comme d'un affreux sang-mêlé… Il parlait de lui-même. Et elle qui avait cru qu'il s'agissait d'un snob.
- Harry Potter, répète George. On l'a nommé Roi des Fous, pour s'amuser. Mais on aurait mieux fait de s'abstenir, manifestement.
- Ces salauds de Crabbe et Goyle s'en sont mêlés, grommelle Fred.
Les yeux d'Hermione passent de Harry aux jumeaux.
- Mais on ne peut pas le laisser comme ça ! Il faut faire quelque chose.
- C'est trop dangereux, Hermione, soupire George. Tout ce qu'on peut faire, c'est attendre que ça passe et aller l'aider quand ce sera… Hermione !
Mais son amie était déjà noyée dans la foule avant qu'il puisse la rattraper. Elle se dirigeait vers l'estrade.
Alors qu'il continue de tournoyer ne l'air, son regard tombe sur son maître. Voldemort arbore une expression impassible mais pourtant dure.
- Maître ! appelle Harry, dans un cri déchirant de désespoir.
Mais Voldemort se contente de hausser le menton, méprisant.
- Maître, aidez-moi ! Je vous en supplie ! hurla Harry, ayant de plus en plus de mal à combattre les larmes qui lui viennent aux yeux.
- Seigneur ? l'interpella à son tour Malefoy.
Ça faisait déjà plusieurs minutes qu'il attendait, pensant que le Seigneur des Ténèbres finirait par intervenir et par punir ces imbéciles de Crabbe et Goyle pour avoir failli pendant le service. Mais en voyant le jeune garçon appeler à l'aide Lord Voldemort, il avait compris deux choses : tout d'abord, ce garçon et le Seigneur se connaissaient. Ce qui avait entraîné la seconde pensée : Voldemort n'était manifestement pas décidé à l'aider, alors même qu'il le connaissait et que ce garçon semblait compter sur lui.
Harry se sentit alors tomber violemment sur le sol. Ses lunettes glissèrent de son nez avant d'atterrir et son poignet s'écrasa dessus. Harry entendit un bruit de fracas et son poignet était couvert d'une tache de sang, des éclats de verre incrustés dedans. Son visage s'écrasa contre l'estrade. Cette fois, il entendit un crac significatif et son nez lui fit affreusement mal et se mit à saigner. Autour de lui, les rires redoublèrent. Et cette fois, Harry ne put empêcher une larme de couler de son œil, trop petite pour qu'on la voit. Harry ne se le permettait que parce qu'on ne pouvait voir son visage, baissé.
- Je demande la permission d'interrompre ces tortures, demanda-t-il en tentant de garder son calme.
- Pas tout de suite, Mr Malefoy, répond tranquillement Voldemort. Cette leçon ne sera pas inutile, croyez-moi.
Drago sentit ses poings se serrer. Malgré lui, il sentait la rage monter en lui.
- Il est en train de vous appeler à l'aide, s'écria-t-il furieusement d'un ton accusateur.
Un court silence de la part de Voldemort suivit ces paroles.
- Je vous demande pardon ? dit très doucement le Seigneur.
On pouvait pourtant sentir une certaine colère en lui.
- Il vous appelle à l'aide, répéta Malefoy, pas le moins du monde impressionné. Il vous connaît et vous fait suffisamment confiance pour vous demander de l'aide et vous restez sans rien faire !
- Restez à votre place, Mr Malefoy ! trancha Voldemort d'un furieux.
Mais ils ne purent aller plus loin dans leurs réprimandes, trop distraits par la suite. Les rires avait brusquement étaient interrompus par des exclamations et des murmures. Ils comprirent très vite l'origine de ce soudain changement d'ambiance. Leurs yeux, comme ceux de tout le monde d'ailleurs, se portèrent sur l'estrade pour ne plus pouvoir s'en détacher ensuite. Mais cette fois pour des raisons très différentes. La jeune bohémienne Hermione Granger y montait.
Hermione avait couru aussi vite qu'elle avait pu dans cette foule, sans laisser le temps à Fred et George de protester et sans laisser le temps à son courage de s'envoler. Elle était arrivée à l'escalier de l'estrade en courant et pourtant, quand elle le monta, ce fut à pas lents.
Autour d'elle, sans même qu'elle le réalise, un silence religieux s'installait tandis qu'elle grimpait doucement les marches. Lorsqu'elle fut suffisamment à la hauteur de Harry, elle eut comme un moment de gêne, comme une hésitation.
Qu'est-ce qu'elle allait bien pouvoir lui dire ? Qu'est-ce qu'elle allait bien pouvoir faire, après tout ? Elle n'était qu'une personne ordinaire. Elle avait été si sèche avec lui, tout à l'heure. Peut-être qu'il ne voudrait pas lui parler. Il avait parlé de lui-même si cruellement, tout ça à cause de son sang-mêlé. Après un moment aussi horrible pour lui, justement encore à cause de son sang, il devait encore plus se mépriser. Est-ce qu'une personne comme elle pourrait le réconforter ? Est-ce qu'une seule de ses paroles aurait de la valeur ?
Hermione vit alors une fine larme couler sur la joue du garçon avant de s'écraser sur le sol. Elle sut alors qu'il ne fallait plus hésiter.
Elle alla très doucement de lui, comme si elle avait peur qu'il s'éloigne si elle était trop brusque. En sentant quelqu'un s'approcher, Harry leva lentement la tête. Il remarqua alors que tout le monde autour s'était tu. Il comprit pourquoi lorsqu'il reconnut la jeune femme qui était venue à lui.
Ses cheveux bruns auréolés par la lumière du soleil, le regard doux, la peau blanche, Harry ne put s'empêcher de penser qu'elle ressemblait vraiment à un ange. Le silence qui s'était formé autour d'eux renforçait encore plus cette impression qu'un ange était descendu à lui pour le sauver.
Finalement, elle se baissa doucement et posa très lentement, avec hésitation, la main sur l'épaule de Harry. Son geste était empreint d'une très grande douceur. Son regard était compatissant. Elle tendit alors son autre main pour ramasser les lunettes de Harry, cassées une fois encore.
- Je suis vraiment désolée, finit-elle par dire.
De quoi était-elle désolée ? Ce n'était pas elle qui l'avait humilié ainsi, pensa Harry.
- Ça n'aurait pas dû t'arriver, Harry.
A la manière dont elle prononça son prénom, Harry sentit un certain réconfort envahir son être. Comme si elle avait mis un baume apaisant sur son cœur.
Elle posa ses lunettes sur son nez, avec beaucoup de délicatesse, comme elle l'avait fait tout à l'heure. Elle sortit ensuite sa baguette d'une poche de sa jupe et la dirigea de nouveau vers Harry.
- Oculus Reparo, souffla-t-elle.
Un petit éclair sortit de la baguette et les lunettes de Harry furent réparées.
- Et voilà, murmura Hermione. C'est mieux comme ça, non ? dit-elle en souriant gentiment.
En voyant comment elle essayait de le réconforter, Harry ne put s'empêcher de répondre par un petit sourire triste. Elle sortit alors un mouchoir brodé de sa poche qu'elle appliqua sur ses cheveux. Elle n'avait toujours pas remarqué que tout le monde les observait avec une sorte d'ébahissement.
- La Sang-de-Bourbe !
Hermione se tourna instinctivement vers la voix, hérissée comme à chaque fois qu'elle entendait ce mot mais effrayée malgré elle car elle avait bien reconnu la voix qui l'appelait. Lord Voldemort s'était levé de son siège, furieux.
- Descends immédiatement ! ordonne-t-il.
- Oui, Monsieur, répond-elle calmement, bien que la peur règne toujours en elle. Tout le monde note qu'elle ne l'appelle ni « Maître » ni « Seigneur » comme c'est l'usage. Elle refuse de le reconnaître comme tel.
- Dès que j'aurais soigné ce garçon, reprend-elle.
- Je te l'interdis ! rugit-il.
A ces paroles, Hermione sent la colère monter en elle pour finalement faire disparaître la peur. Elle a l'air sage et docile comme ça, mais la contrainte n'a jamais été le meilleur moyen de la faire obéir.
Immédiatement, suivant son instinct, elle dirige sa baguette droit vers le visage de Harry.
- Episkey ! crie-t-elle de toutes ses forces.
Un éclair blanc surgit de sa baguette et un « crac » semble sortir du nez de Harry. La douleur qu'il ressentait a maintenant disparu. Un bruyant murmure de stupeur parcourt la foule. Encore sonné, Harry touche doucement son nez, comme pour vérifier qu'il a bien été remis en place. Il lève ensuite son visage vers la jeune fille. Où trouve-t-elle ainsi la force de s'opposer à son maître ?! Mais d'où sort cette fille ?!
- Comment oses-tu me défier ainsi ?! fulmine Voldemort, dont la rage continue de monter en lui, comme elle monte rarement.
- Comment j'ose ? s'exclame Hermione, qui n'a plus peur. Je pourrais vous poser la même question : comment osez-vous traiter avec autant de cruauté un garçon qui n'a rien fait de mal ?! Vous passez votre temps à maltraiter de manière totalement injuste ceux qui ont le sang « soi-disant impur » alors que vous devriez être le premier à les aider ! Voilà comment j'ose !
- Silence !
- Je connais votre secret, Mr Jedusor !
- J'ai dit, silence !
- Que justice soit faite ! répond-elle dans un dernier cri rebelle où elle met toutes ses forces pour le défier.
La foule continue d'observer cet échange violent et observe avec choc la jeune Hermione exprimer sa colère. Des chuchotements se font entendre. Au loin, Fred, George et Fleur sont définitivement en train de paniquer devant l'imprudence de leur amie. Ou plutôt, Fleur panique, Fred et George, eux, profitent du spectacle en souriant mais en restant néanmoins préparés à sauver Hermione au bon moment. Mais pas avant d'avoir bien savouré cet instant.
Voldemort prend quelque secondes pour se calmer avant de reprendre d'une voix fine mais menaçante :
- Fais bien attention, Sang-de-Bourbe, je te ferais regretter ton insolence.
Hermione se tourne alors vers le public, les bras en l'air, comme si elle allait proclamer une tirade.
- Messieurs, mesdames, commence-t-elle. Il semble que nous n'ayons pas choisi la bonne personne comme Roi des Fous. Le seul fou que je vois ici, dit-elle en prenant la couronne tombée par terre, c'est vous !
Au même moment, elle jette la couronne vers Voldemort qui atterrit devant lui au milieu des éclats de rire du peuple. Pattenrond, qui a suivi sa maîtresse sur la scène, feule méchamment vers le Seigneur des Ténèbres en faisant le dos rond.
- Voldemort, le Roi des Fous ! déclare Hermione.
Les rires retentissent d'autant plus. Fred et George sont certainement ceux qui rient le plus fort. George en est même réduit à se rouler par terre. Bon sang, ce qu'ils l'aiment, leur Mione !
- Capitaine Malefoy, appelle Voldemort en tentant de maîtriser la fureur qu'il ressent.
- Monsieur ? répond l'interpellé.
- Arrêtez-la.
A contrecœur, Drago fait un signe de tête à ses hommes désignant la jeune sorcière. Ceux-ci s'approchent de l'estrade sur leurs chevaux. Plus personne ne rit. Un long silence à moitié impressionné, à moitié plein de pitié règne tandis qu'Hermione se fait encercler.
- Alors... Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf… compta Hermione. Dix. Vous êtes Dix hommes contre moi, une fille faible et sans défense ?! constata-t-elle en posant tragiquement la main sur sa poitrine, comme si elle était désespérée. Mon dieu, pauvre fille, mais comment vais-je m'en sortir ?
Elle sortit alors un mouchoir de sa poche et se tamponna les yeux avec, tandis que les gens autour observent son numéro, décontenancés. Au contraire, Fred et George eux attendent patiemment, comme on attend le final d'un cirque. Ils sentaient qu'elle n'allait pas les décevoir, leur Hermione.
Puis Hermione releva la tête, en ouvrant grand la bouche, comme si elle était prise d'un éternuement.
- Atchoum ! lâcha-t-elle finalement.
Et effectivement, les jumeaux Weasley ne furent pas déçus. Car un phénomène étrange se produisit : alors qu'elle éternua, il y eut une sorte d'explosion de fumée violète. Il ne resta alors plus que des paillettes mauves derrière Hermione. Même son chat avait disparu.
- Elle a transplané ! constata Voldemort, enragé.
Tout le monde savait que les Sang Impurs n'avaient pas le droit d'utiliser la magie. Bien sûr, tout le monde savait aussi qu'ils l'utilisaient quand même. Mais aucun d'entre eux ne le faisait de manière aussi délibérée devant une dizaine de soldats et le Seigneur des Ténèbres !
- Elle est là, bande d'idiots ! cria Pansy Parkinson en pointant du doigt Hermione qui s'éclipsait depuis la scène où dansaient les Vélanes juste à côté. Attrapez-la !
- Cette harpie nous le paiera, jura Fred entre ses dents.
- Oh, t'inquiète, je crois qu'Hermione se débrouille, répondit distraitement George qui continuait d'observer le spectacle.
Crabbe et Goyle, qui étaient le plus près de cette estrade, y montèrent rapidement en sautant depuis leurs chevaux. Enfin, rapidement, version Crabbe et Goyle, quoi.
En effet, Hermione avait déjà sauté de l'estrade et avait eu la surprise d'être rattrapée par la foule qui la transporta jusqu'au bout, le tout dans une ovation.
- Vas-y, Hermione ! l'encouragèrent Seamus Finnigan et Dean Thomas.
Crabbe et Goyle se dirigèrent aussi vers le bout de la scène, en se préparant à sauter, persuadés d'être rattrapés, eux aussi.
- Poussez-vous, tous ! cria Ernie Macmillan.
Etrangement, ils obéirent, offrant à Crabbe et Goyle des résultats totalement contraires à ceux d'Hermione. Ce qu'ils ne comprirent qu'une fois écrasés au sol.
Drago secoua la tête en soupirant, à la fois impressionné par la jeune femme et dépité par ses hommes. Bande d'abrutis, songea-t-il.
Alors qu'elle venait juste d'arriver à terre, Hermione vit les jumeaux Carrow se diriger vers elle. Mince, pensa-t-elle en se mordant les lèvres. Son esprit réfléchit à toute vitesse.
- Accio Balai de George Weasley ! cria-t-elle en levant sa baguette vers le ciel.
- Quoi ?! paniqua George.
Tout de suite, le balai arriva dans sa main. Elle grimpa en vitesse dessus et fonça comme elle put. Mais voilà : Hermione n'était pas très douée en conduite de balai. Raison pour laquelle, même en allant très vite, elle restait près du sol.
- Stupéfix ! cria alors Seamus Finnigan, décidé à aider Hermione, en pointant sa baguette vers les jumeaux Carrow alors qu'ils passaient près de lui.
Son sort n'eut pas le résultat escompté. A la place, il y eut une violente explosion qui projeta les Carrow au loin, ceux–ci se cognèrent violemment la tête contre le sol, vu que personne ne voulut les rattraper.
Seamus eut l'air surpris. Bon, c'était pas tout à fait le résultat qu'il cherchait mais c'était pas loin.
Hermione pesta en constatant que le balai n'allait pas assez vite. En panique, elle sauta pour rebondir sur ses pieds pour se remettre tout de suite à courir, avec derrière elle Marcus Flint sur son balai. Lorsqu'elle comprit qu'il finirait par la rattraper tôt ou tard, elle s'arrêta immédiatement, se retourna vers lui sans bouger, à la grande surprise du public, alors qu'il progressait de plus en plus vite vers elle.
Lorsqu'il n'était plus qu'à un mètre d'elle, elle sortit sa baguette et prononça d'une voix claire :
- Stupéfix !
Marcus Flint fut brutalement éjecté de son balai pour s'envoler en l'air et à une bonne vingtaine de mètres, comme le constata Harry avec une certaine stupeur, et violemment retomber sur la pauvre Pansy Parkinson, le tout dans une acclamation, alors qu'Hermione observait le résultat, satisfaite.
- C'est comme ça qu'on fait un stupéfix ! s'exclama Dean Thomas en donnant un coup de coude à son ami Seamus.
Mais Hermione n'eut pas le temps de s'attarder plus longtemps sur les conséquences de son sort en constatant que Théodore Nott chevauchait vers elle.
- Oh non, espèce de scroutt à pétard puant, siffla-t-elle. Levicorpus !
Théodore Nott se retrouva alors en l'air, la tête à l'envers.
- Puisque tu sembles tellement aimer tellement ce sort ! cria Hermione.
Elle mima alors le geste de jeter quelque chose avec sa baguette.
Drago eut juste le temps de se baisser pour éviter Théodore qui était catapulté droit sur lui et échoua dans le stand de fruits et légumes. Il poussa un sifflement impressionné.
- Quelle femme !
A ce moment-là, il vit Yaxley et Fenrir Greyback derrière lui qui s'avançaient, leurs baguettes en l'air pour arrêter Hermione comme il comprit. Il se pencha donc à l'oreille de Buck.
- Buck. A reculons et assis.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Les pauvres Yaxley et Greyback crurent leur dernière heure arrivée sous le popotin de Buck. Drago réussit par chance à s'accrocher sans tomber.
Mais deux derniers ennemis, Blaise Zabini et Adrian Pucey, fonçaient déjà vers Hermione, sur leurs balais. Très calmement, elle dirigea sa baguette vers eux dans un geste gracieux.
- Pétrificus Totalus.
Les deux garçons se retrouvèrent incapables de tout mouvement. Très vite, ils perdirent le contrôle de leurs balais et virent, impuissants, ceux-ci sur le point de s'écraser… vers le siège de Lord Voldemort.
Ils ne purent que fermer les yeux en attendant le coup. Voldemort lui-même ne put rien faire.
Il y eut une grande explosion de bois : le siège fut fracassé et Voldemort se releva tant bien que mal, la colère le faisant presque tremnler, au milieu des éclats de rire.
Fred et George allèrent vers Hermione, la mirent sur leurs épaules, tandis que le public scandait son nom.
HERMIONE ! HERMIONE ! HERMIONE !
Les deux garçons la déposèrent donc sur la scène où elle eut une révérence pour le public qui l'acclamait. Fred George sautèrent alors sur la scène, avant d'envelopper Hermione dans un tissu noir.
L'instant d'après, elle avait disparu.
