Pour le passage où Hermione entre dans l'église, je vous conseille d'écouter Jerusalem d'Anùna.

Et désolée d'avoir autant de retard MAIS j'ai une excuse en béton : je passais le bac.

Merci encore pour vos reviews !

Et désolée pour le titre, j'ai pas trouvé mieux.


Un silence de mort suivit la disparition d'Hermione. Etrangement, le ciel devint gris et des nuages vinrent, signe d'un orage qui se préparait. Comme si avec elle, c'était le soleil qui s'en était allé, songea Harry avec dépit.

- Mesdames et Messieurs, cria George, le spectacle est désormais terminé. Nous espérons qu'il vous a été des plus agréables…

- Nous ne doutons pas qu'il l'ait été d'ailleurs, ajouta Fred.

- Comme il l'a été pour nous, continua George avec un sourire. Nous vous conseillons toutefois de rentrer chez vous et de dégarpiller en vitesse.

- Parce que nous, c'est bien ce qu'on a l'intention de faire, termina Fred avant de sauter de la scène, suivi par son frère, alors que Crabbe et Goyle, des hématomes couvrant tout leurs corps (pourtant plutôt conséquent) et ayant l'air relativement en colère, se levaient justement pour les poursuivre.

Lorsqu'ils se furent enfin debout, ils furent interrompus.

- Laissez-les ! ordonna le Seigneur des Ténèbres.

Ce dernier s'était relevé, la colère visible dans tout son être.

- Capitaine Malefoy ! dit-il en se tournant vers l'interpellé.

- Maître ?

- Retrouvez cette fille, souffla-t-il, sa rage n'en étant que plus visible. Peu importe comment, peu importe quand, je veux qu'elle soit trouvée, arrêtée et qu'on me l'amène pour qu'elle réponde de ses actes. Même si vous devez remuer toute la ville pour ça.

- Entendu.

Le regard de Drago fut alors attiré par la scène où Harry était resté sans bouger depuis qu'Hermione était partie.

- Et pour lui ? ne put s'empêcher de demander Drago.

Le Seigneur des Ténèbres tourna ses yeux vers son « protégé ».

Harry le fixe profondément, toujours couvert de tomates et de légumes, semblant désespérément espérer quelque chose. Même avec la pluie qui commence à tomber, Harry distingue parfaitement les yeux de son maître. Voldemort pose sur lui un regard froid, dur et méprisant. Harry a l'impression que son corps est percé de part en part et son souffle lui manque en voyant la déception et le dédain de son maître.

Honteusement, il baisse les yeux. Il finit par se relever pour descendre avec difficulté de l'estrade. Tandis qu'il traverse la foule, tout le monde s'écarte sur son passage. Je suis un monstre, pensa Harry avec horreur. Son maître avait raison. Il avait toujours eu raison. La manière dont le peuple s'éloignait de lui en était la preuve.

Il arriva enfin à la hauteur de son maître qui refusait de le regarder comme s'il n'existait pas.

- Je suis désolé, maître, murmure-t-il.

Lord Voldemort l'ignore délibérément. Harry reprend sa marche vers la cathédrale, sous le regard perçant de la population. Lorsqu'il atteint finalement la grande porte, il pousse de toutes ses forces en laissant une larme couler sur sa joue avant de refermer la porte, de la refermer pour toujours, , pour le bien de tous.


En voyant le garçon s'éloigner de la foule, Drago se sentit pris de pitié pour lui. Dire qu'ils avaient le même âge. Etrange comme la vie offrait des vies complètement opposées à deux personnages qui n'étaient pourtant pas si différents.

Un tapotement à son épaule vint interrompre le cours de ses pensées. Lorsqu'il se retourna, il sentit immédiatement une brulure violente sur sa joue. A l'instant où il avait senti la douleur sur son visage, il avait su qui l'avait frappé. Lucius Malefoy. Son père.

- Tu nous déshonores, chuchote Lucius avec rage en pointant son doigt vers son fils.

Humilié, Drago garde néanmoins le silence, refusant de lever les yeux. Les discours de son père étaient comme ceux du Seigneur des Ténèbres : ils n'appelaient pas de réponse. De toute façon, quoi qu'il eût dit, ça n'aurait rien changé à son opinion.

- Ne crois pas que je n'ai pas remarqué ta petite manœuvre pour aider la Sang-de-Bourbe, continua son père. Tu peux t'estimer heureux que le Seigneur des Ténèbres ne t'ait pas vu. Et regarde-moi quand je te parle ! rugit-il en agrippant le col de son fils.

- Lucius ! souffle la mère de Drago. Tu attires l'attention.

Un regard aux alentours suffit à Lucius Malefoy pour comprendre que son épouse a raison. Il s'éloigne de son fils en remettant sa veste en place.

- Ecoute-moi bien, Drago, reprend-il en tentant de garder son calme. Ce poste est, pour toi et pour notre famille, une opportunité en or de servir le Seigneur des Ténèbres et de gagner ses faveurs. Si ton imprudence nous cause du tort auprès de lui ne serait-ce qu'une fois…

Il se rapprocha alors de son fils avant de lui chuchoter à l'oreille.

- Je te tuerais, Drago.

Sur ces paroles, il s'éloigna et se dirigea vers son attelage. Malgré lui, Drago sentit ses poings se serrer alors qu'il essayait au mieux de calmer sa colère. Il le tuerait ? Lui, son propre fils, il serait prêt à le tuer pour éviter de déplaire au si important Seigneur des Ténèbres ? Ce qu'il appelait son « honneur », il serait prêt à le faire passer avant sa famille.

Sa mère s'approcha alors de lui et posa doucement sa main sur sa joue. Elle sourit à son fils, dans une tentative de réconfort.

- Narcissa ! appela Lucius.

La mère de Drago n'eut alors d'autre choix que de rejoindre son mari après lui avoir lancé un dernier sourire.

Malgré le réconfort apporté par sa mère, Drago sentait pourtant l'amertume et la colère progresser en lui. Etait-il donc si dur à aimer ? Si décevant et si indigne de vivre que même son père ne tenait pas à lui ?

Un mouvement vers la cathédrale attira son attention. Oh, pas grand-chose. Juste une pierre qui bougeait. Toute seule. Pas grand-chose, certes, mais très curieux.

Lorsqu'il vit la porte de la cathédrale s'ouvrir et se refermer, toute seule, là, Drago fut réellement interessé.


Une fois la cape d'invisibilité retirée, Hermione s'autorise enfin à fermer les yeux en inspirant pleinement et en s'adossant à la porte. Elle ressent une bouffée de bien-être en sentant l'air entrer dans ses poumons. Pendant toute cette scène, elle avait eu l'air courageux et insouciant des conséquences mais en réalité, elle était morte de peur. Elle s'était juste rappelée d'ignorer sa peur sinon elle aurait été incapable d'aller jusqu'au bout.

Quand elle se décide enfin à ouvrir les yeux, Hermione observe attentivement la Grande Salle. Elle a monté tous les escaliers en courant, la cape toujours sur elle, et a ouvert la première porte qu'elle avait trouvée. Mais elle n'aurait jamais pensé que ce serait sur celle-là qu'elle tomberait.

Elle ose enfin faire quelques pas en avant. La situation lui paraît tout simplement irréelle. Elle a tellement entendu parler de cette salle. Et voilà qu'elle y est. L'idée que cela puisse arriver un jour ne lui avait même jamais traversé l'esprit. Instinctivement, Hermione jette un coup d'œil à ses pieds tandis qu'elle avance timidement, comme pour vérifier qu'elle est bien en train de marcher sur le sol de la Grande Salle de Poudlard. Elle perçoit comme un frisson dans tout son corps en sentant le contact du marbre froid contre la plante de ses pieds. Elle lève alors les yeux pour parcourir la pièce du regard. Elle savait, grâce à ses livres, que cette salle avait autrefois servi de salle à manger pour les élèves lorsque c'était encore une école de magie. Hermione essaya de s'imaginer à quoi elle pouvait ressembler avec quatre grandes tables au centre et les blasons des quatre maisons de Poudlard. Difficile à dire avec tous ces cierges autour, ce grand autel tout au bout de la salle, mais surtout, le chant apaisant des prêtres régnant dans la salle.

Quand elle leva les yeux vers le plafond, Hermione ne put s'empêcher d'avoir une exclamation de stupeur : le plafond semblait s'ouvrir vers le ciel étoilé où flottaient des centaines de bougies allumées comme des étoiles. C'était donc vrai. Etrangement, quand on lui racontait ça, une part d'elle en avait toujours douté, un peu comme d'une vieille légende trop belle pour être vraie. Mais c'était réel et encore plus beau qu'un conte de fées. Sous le coup de l'émotion devant tant de beauté, Hermione sentit ses larmes couler le long de ses joues.

Tout au fond de la salle, une ombre se glisse depuis la porte pour se cacher derrière l'autel. Même si elle est un peu loin, Harry peut quand même voir les larmes de la jeune fille couler. C'est étonnant à quel point des années d'observation depuis une tour extrêmement haute développe la capacité à voir loin.

Il se sentit un peu minable à l'observer à la dérobée, comme un voleur, mais c'était plus fort que lui. Elle était comme une reine, qu'on ne pouvait s'empêcher de vouloir regarder, même en sachant qu'on n'en était pas digne. Qu'est-ce qui la rend triste pour qu'elle pleure ainsi ? se demanda Harry. Mais étrangement, elle n'avait absolument pas l'air triste. Au contraire, ces larmes semblaient accompagner un bonheur intense. Les yeux toujours fixés sur elle, Harry se rendit compte que son cœur battait très fort dans sa poitrine.

- Regardez cette enfant, chuchota une vieille femme, un peu plus loin, à sa compagne. Qu'est-ce qui lui prend de pleurer ainsi ?

- Sans doute pour attirer la pitié et récolter quelques gallions, répondit son amie. C'est tout ce à quoi sont bons ces Sang-de-Bourbe et celle-là en particulier, croyez-moi. Je l'ai vue exhiber son corps de façon répugnante dans la rue, c'est une fille connue des autorités.

- Mais jusqu'où s'abaisseront ces hors-la-loi ? On ne devrait pas autoriser de tels animaux dans la cathédrale, ajouta-telle en s'éloignant

Hermione suivit ces deux vieilles femmes du regard, l'air sonné, comme si on l'avait frappée. Elle avait l'impression que son souffle lui manquait. Même après toutes ces années, elle ne s'habituait pas aux attaques sur son sang. Même après toutes ces années, ça la blessait toujours autant. Une autre larme coula sur ses joues, mais cette fois, une larme d'humiliation et d'amertume.

- Tout va bien, petite ?

Hermione sursauta en entendant cette grosse voix caverneuse et essuya ses larmes en hâte. Elle sursauta une seconde fois en voyant le géant à la barbe noire qui lui parlait, un balai à la main.

- Si tu te sens triste, tu peux prier, dit-il d'une voix gentille.

Hermione resta silencieuse pendant quelques secondes.

- Je ne sais pas comment on fait, répondit-elle timidement, avec gêne.

Quelle ironie. Elle pouvait réciter entièrement le contenu des Animaux Fantastiques, exécuter un sort de lévitation mais elle ne savait pas comment prier.

- Il n'y a pas une façon particulière de prier, la rassura-t-il. Moi, par exemple, je prie en nettoyant cette salle tout en écoutant la messe. Fais-le comme tu le sens, du moment que ça t'apaise.

Et sur ces paroles et un doux sourire, il s'éloigna avant de se retourner pour dire :

- Au fait, je m'appelle Hagrid.

Hermione le suit du regard avant de se tourner vers l'autel. Elle pense au jeune garçon, Harry Potter, qui s'est fait torturer juste à cause de son sang. Elle pense au jeune Colin Crivey qui ne peut pas toujours manger à sa faim et qui pleure tous les soirs en cachette car sa mère décédée lui manque. Elle pense à Molly Weasley qui fond en larmes dès qu'on parle de son plus jeune fils, Ronald Weasley. Elle pense à Drago Malefoy qu'elle a vu être réprimandé violemment par son père et qui semblait tellement blessé par ses paroles.

Elle pense à sa mère. Et à son père. Son père qui venait l'embrasser chaque soir avant qu'elle s'endorme et qui laissait la place à son épouse pour qu'elle lui chante une chanson. Il y en avait une en particulier que sa mère aimait beaucoup.

Si tu te sens triste ou découragée, lui disait sa mère, parce que tu te sens différente ou rejetée, pense à cette chanson. Ça te redonnera du courage.

La porte derrière elle s'ouvrit doucement et se referma presque sans bruit mais Hermione, qui l'avait pourtant entendue, n'y prêta pas attention. Elle ne vit donc pas le jeune homme blond auquel elle pensait quelques secondes plus tôt, s'avancer doucement tandis qu'elle faisait quelques pas timides vers la statue de la Vierge Marie. Celle-ci avait une expression si sereine qu'Hermione s'attendait presque à ce qu'elle lui sourit tendrement.

Malgré lui, Drago ne put s'empêcher de l'observer avec fascination. Elle était tellement belle. Mais il y avait plus que ça. Il y avait quelque chose en elle… d'indescriptible. Quelque chose sur lequel on ne pouvait pas mettre de mot pour le désigner. Debout comme ça devant la statue, elle avait l'air beaucoup plus fragile et douce qu'elle ne l'était durant le Festival. Elle est plus innocente qu'elle en a l'air, comprit Drago.

Finalement, Hermione ouvrit la bouche, ayant l'impression de sentir la présence de sa mère autour d'elle.

Je ne sais, Seigneur si ces mots

Monteront jusqu'au ciel, commence-t-elle en levant les yeux vers la statue.

A ce moment-là, les regards de Harry et de Drago s'intensifient sur la jeune femme.

Si tu entendras tout là-haut

Ce très humble appel,

Moi, l'exclue, l'impure, la Sang-de-Bourbe

En toi, j'espère toujours,

Car, dans le cœur de Poudlard,

Les bannis ont droit d'amour, proclame-t-elle avec douceur.

En regardant par la fenêtre, elle aperçoit Lavande Brown qui pleure de douleur car Marcus Flint la tire violemment par les cheveux en lui criant dessus pour lui prendre l'argent qu'elle a soi-disant « volé ».

Protège, mon Dieu, les malheureux, reprend-elle en s'éloignant de la fenêtre, prise de pitié pour Lavande qu'elle n'apprécie pourtant pas.

Eclaire la misère des cœurs solitaires, demande-t-elle en pensant à Harry Potter qui continue de la suivre doucement, envoûté par son chant, sans même qu'elle le sache.

Nulle âme à part moi

Ne les entendra, ajoute-t-elle en songeant à Arthur Weasley qui, en ce moment, distribuait le peu de nourriture qu'ils avaient à ses enfants et à sa femme mais donnait quand même un morceau de sa part au petit Colin Crivey.

Si tu restes sourd

Aux mendiants d'amour.

Arthur Weasley regarde avec tristesse l'assiette de sa femme qui s'est enfermée dans les toilettes pour pleurer son petit Ron.

Drago et Harry sont incapables de détacher leurs yeux d'Hermione qui continue de marcher sans but en entendant les prières des gens présents.

- Je prie pour être riche, mon Dieu, chuchote Théodore Nott.

- Offrez-moi la gloire, Seigneur, prie Igor Karkaroff.

- Donnez-moi la beauté, mon Père, dit Pansy Parkinson

- Faites que l'on m'aime, Seigneur tout puissant, murmure Romilda Vane d'un ton presque suppliant.

Je ne désire rien,

Ni gloire ni bien, continua Hermione avec douceur.

Mais le gueux qui a faim

Doit mendier son pain.

Le petit Colin Crivey mange sa part avec reconnaissance, en profitant de chaque bouchée.

Entends pour mes frères

Cette humble prière.

Hermione se rapproche du vitrail qui lui paraît le plus beau : celui qui représente la Vierge Marie tenant un bébé dans ses bras. Là, elle achève sa marche

Car les miséreux

Sont enfant de Dieu.

Tous les miséreux sont enfants de

Dieu.

Hermione termine sa prière en se permettant une dernière larme. Soudain, elle sent un contact doux sur sa cheville. Quand elle baisse le regard, elle voit Pattenrond qui se frotte doucement contre sa jambe, les yeux levés vers elle comme pour essayer de la consoler. Dans un soudain accès d'émotion, elle se baisse vers son chat qu'elle s'empresse de prendre dans ses bras avant d'enfouir sa tête dans son pelage. Pattenrond en fait de même. Même s'il est très caractériel, sa gentille maîtresse est la seule qui a le droit de l'enlacer. Après tout, c'est la seule qui a bien voulu le prendre dans ses bras quand il n'était qu'un petit chaton hideux dont personne ne voulait.

Harry, qui les observe toujours, est tombé à genoux devant ce spectacle. Etrangement, il se met à pleurer lui aussi, en silence.

Mais il est vite distrait en voyant un jeune homme blond s'approcher lentement de la jeune fille. C'est un des gardes de mon maître, se souvient-t-il. Sans prendre plus de temps pour réfléchir, il se lève et court en vitesse.

En relevant la tête, Hermione remarque une ombre devant elle qui progresse de plus en plus. Très doucement, son chat toujours dans les bras (qui a d'ailleurs compris la situation), elle sort sa baguette de son corsage avant de se relever et de se retourner très rapidement vers son assaillant, la baguette juste sous sa gorge, Pattenrond (qui a su s'échapper de ses bras à temps) à ses côtés.

Immédiatement, Drago leva les mains en l'air, surpris par la soudaine attaque de la jeune fille. Celle-ci écarquilla les yeux avec fureur en reconnaissant Drago.

- Toi, siffla-t-elle.

- Euh… Bonjour, commença Drago. Tu sais, les règles de civilités impliquent rarement de mettre une baguette sous la gorge de quelqu'un en ayant l'air de le menacer.

- Si seulement j'en avais l'air.

- D'accord, soupira Drago. Laisse-moi au moins une chance de m'expliquer.

- Pourquoi ?

En réponse, il lui attrapa le bras avant de l'attirer à lui et de la désarmer.

- Disons pour ça, conclut-il.

- Espèce de sale petit fils de… fulmina Hermione.

- Ah ah, l'interrompit Drago. Attention. Nous sommes dans une église.

- J'allais dire « fils de scroutt à pétard ».

- Ça reste grossier.

- Est-ce que c'est mon jour de chance pour que tu sois aussi charmant ? ricana Hermione avant d'enfoncer son coude dans le ventre de sa victime.

Drago poussa un cri de douleur mais fut très vite obligé de l'oublier pour attraper sa baguette car Hermione en avait fait de même et s'apprêtait manifestement à en faire usage.

- Petrificus Totalus ! cria Hermione.

Par chance, Drago eût la sagesse de s'abaisser à temps pour éviter le sort. Ce fut donc la pauvre Miss Teigne qui se trouva incapable de bouger.

- Ça tombe bien j'ai toujours détesté cette chatte, dit Drago avec un sourire mi-moqueur mi charmeur.

- Crache Limaces ! déclara Hermione pour toute réponse .

- Protego ! para Drago.

- Tu te souviens de ce sort ? s'écria Hermione en lançant un maléfice de Furunculus. Tu avais lancé le même à Ron Weasley.

- Le Furunculus ? Je suis sûr que non, je m'en souviendrais, affirma-t-il en utilisant à nouveau le sort de Protego.

- Non, le crache-limaces, abruti, corrigea-t-elle avec rage. Stupéfix !

- Protego ! Pour être exact, c'est lui qui a voulu l'utiliser sur moi et qui a été trop gauche pour le faire correctement.

- Dentesaugmento ! Et celui-là, tu t'en es servi contre moi quand on avait dix ans.

- Protego ! Quand on avait dix ans… ? répéta-t-il, confus. Puis, la mémoire lui revenant, il ajouta, surpris : Granger ?!

- Flipendo ! En personne !

De justesse, Drago se baissa avant de se relever et de s'exclamer :

- Tes dents ont l'air d'avoir été bien soignées.

- J'espère bien, j'en ai profité pour les faire plus petites.

- Hmm, je me disais bien qu'il y avait une amélioration.

Pour répliquer, Hermione lança rageusement le maléfice du bloque-jambes.

- Protego ! J'ai la vague impression que tu m'en veux encore, dit-il d'un ton ironique en se rapprochant.

- Non… Si je t'en voulais, je ferais plutôt ça ! Stupéfix !

- Expelliarmus !

Heureusement pour Drago, il fut plus rapide.

- Maintenant, on se calme, ordonna-t-il avec un air faussement sérieux.

En réponse, Hermione écrasa son poing sur le nez de Drago. Qui, étrangement, se sentit assez sonné.

- Sacré coup de poing pour une fille, commenta-t-il.

Le coup de poing fut d'ailleurs renchéri par un méchant coup de griffe de Pattenrond qui avait sauté sur l'ennemi de sa maîtresse adorée.

- Ton garde du corps est très protecteur, constate Drago avec une grimace de douleur.

- Pattenrond n'est pas très fan des Mangemorts, siffla Hermione qui avait ramassé sa baguette et la tenait toujours devant elle.

- Ça, j'avais compris. Bon, maintenant qu'on s'est salués en bonne et due forme dans ces joyeuses retrouvailles, je peux savoir pourquoi tu m'attaques ?

- Parce que tu m'attaques ! riposte Hermione, outrée.

- Heu, je ne sais pas comment tu t'en souviens, mais tu es la première à m'avoir mis une baguette sous la gorge.

- Tu t'approchais par derrière.

- Donc, pour expliquer ton geste, tu veux dire que tu attaques tous ceux qui viennent dans ton dos juste parce qu'ils viennent dans ton dos ? Ça se comprend.

- Alors quoi ? Tu vas peut-être me dire que si tu t'approchais, ce n'était absolument pas pour m'arrêter.

- Non.

- Alors pourquoi ?

- Juste pour te parler.

Hermione fut surprise par cette réponse. Et, ce qu'elle ne s'avoua à elle-même que bien plus tard, elle fut même agréablement surprise.

- Bien essayé, répondit-elle, néanmoins toujours méfiante. Mais je sais que ton maître t'a ordonné de m'arrêter.

- C'est vrai. Sauf que je ne peux pas.

Une fois de plus, il prit Hermione au dépourvu.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Voyons, Granger, dit-il en secouant la tête, avec un sourire amusé. Ne me dis pas qu'une fille aussi studieuse que toi l'ignore. Ou alors, aurais-tu autant changé en sept ans ?

- Tu n'as pas répondu à ma question, se contenta-t-elle de dire, très calme.

- Attends un peu, laisse-moi savourer ce moment. Je sais quelque chose que la petite Miss Je-sais-tout Granger ignore.

- En revanche, ce que je sais, c'est comment te transformer en fouine et faire en sorte que tu ne puisses pas te retransformer pendant un an, répliqua-t-elle, toujours aussi sereine. Je ne pense donc pas que tu sois en mesure de jouer l'arrogant.

Drago pousse un léger soupir de déception en levant les yeux au ciel. Puis, en levant les mains, il murmure :

- Regarde autour de toi, Granger.

Sans protestation, Hermione obéit et parcourut la pièce des yeux. C'est là qu'elle se rappelle le chant apaisant des prêtres. L'odeur de l'encens qui s'insinue dans son esprit alors qu'elle est éblouie par la lumière des cierges. Le tout répandait une impression de chaleur, de sérénité et de sécurité qui était en harmonie avec le plus grand cadeau offert par Poudlard…

- Le droit d'asile, souffla Hermione.

Drago hocha la tête.

- Tu t'es réfugiée ici juste après avoir provoqué le Seigneur des Ténèbres et tu ne le savais même pas ? On peut dire que tu as de la chance.

- Evidemment que je le savais, objecte Hermione, vexée. C'est juste que je ne pensais qu'il y aurait un Mangemort qui se souviendrait de cette loi. En général, ils ont tendance à oublier ce qui les arrange.

- Et là, tu en rencontres un qui, non seulement se souvient de la loi, mais en plus, la respecte, ajoute Drago avec ironie. On ouvre le champagne ?

Un court silence suivit sa déclaration.

- Tu ne comptes pas m'arrêter ? questionna Hermione, de plus en plus étonnée.

- Surprise !

Hermione eut un court moment de réflexion avant de constater :

- Tu as… changé.

- En sept ans, les gens changent Granger. Toi, tes longues dents ont repris une taille normale et tu es bien passée du petit rat de bibliothèque à la gitane qui se déhanche dans les rues pour gagner sa vie et fait fantasmer tous les hommes qu'elle rencontre.

Hermione lève les yeux au ciel en entendant ces aimables paroles, bien qu'au fond d'elle-même, elle ne pouvait s'empêcher de se sentir flattée, ce dont elle se maudit intérieurement.

- En parlant de gens qui ont changé, reprit Drago, qu'est devenu ce bon Ronald Weasley ? C'est le seul de la fratrie que je n'ai pas vu dans la foule. A-t-il lui aussi connu de subites transformations et arrêté de vomir des limaces ?

A cette question pourtant bien innocente, un voile de tristesse apparut sur les yeux d'Hermione. Ce que Drago ne manqua pas de remarquer.

- Il… Il est décédé, annonça-t-elle simplement. Juste après ton départ.

En apprenant cette nouvelle, la mâchoire de Drago se contracta et ses yeux se perdirent dans le vague. Hermione avait annoncé cela avec beaucoup de sobriété, sans la moindre trace de reproche dans sa voix. La seule marque de chagrin qu'on pouvait lire en elle était les très légères larmes qui lui montaient doucement aux yeux. Pour autant, elle ne semblait pas indifférente à cette perte : non, elle avait juste versé toutes ses larmes il y a bien longtemps et essayait de son mieux de ne plus pleurer.

Drago n'avait qu'un bref souvenir du jeune Weasley mais c'était un maladroit amusant et rentre-dedans, un peu comme les jumeaux. Il ne méritait certainement pas de mourir.

- Comment ? se contenta de demander Drago.

- Exécuté. En même temps que Luna Lovegood et Neville Londubat. Par des Mangemorts qui ont violé le droit d'asile. Les plus farceurs aiment dire qu'ils ont déjà vu leurs fantômes dans les couloirs de Poudlard.

- Si elle savait, soupira Ron, caché dans un coin avec ses deux amis, en repensant à la frayeur qu'ils avaient causé à ce pauvre Nigel quand il était venu.

Les trois petits fantômes étaient restés, déjà parce qu'ils n'avaient pas retrouvé Harry pour le consoler (celui-ci était doué pour se cacher quand il voulait être seul), et ensuite parce qu'ils s'étaient sentis l'envie d'observer leur vieille amie, la sauveuse de leur autre vieil ami, pour tuer le temps.

- Je suis désolé, dit finalement Drago. Tu étais très proche d'eux.

Dieu que ces paroles lui avaient été difficiles à prononcer. Même maintenant, il avait toujours du mal à… enfin à… bref, on aura compris.

Mais en voyant la détresse d'Hermione, il avait immédiatement compris que s'il ne le faisait pas, il ne se le pardonnerait tout simplement pas.

Et il se sentait désolée pour ses trois anciens camarades. Quand il était gosse, il avait passé son temps à persécuter ce pauvre Neville.

Elle leva les yeux vers lui. Son regard était pénétrant. Interrogateur. Reconnaissant.

Des tas de garçons tueraient pour un seul de ses regards, songea Drago. Et il en savait quelque chose : lui-même, quand il avait croisé ses yeux, s'était senti complètement bouleversé. Elle n'en avait pas conscience mais en cet instant, elle l'avait complètement ensorcelé.

- Je te remercie, murmura-t-elle après un moment qui parut éternel à Drago.

Il tenta de masquer son attirance en détournant les yeux de façon indifférente et en se grattant la gorge.

- Pas de quoi me remercier pour ça. C'est normal de présenter ses condoléances, lâcha-t-il un peu durement.

Mais Hermione ne sembla pas dupe le moins du monde. Elle ne put s'empêcher de sourire en coin comme elle savait si bien le faire.

- Je ne te remerciais pas pour ça.

Drago se décida enfin à poser les yeux sur elle. Son sourire mi-moqueur mi-mystérieux ne fit qu'accentuer son trouble.

- Et pourquoi dans ce cas ?

Pour me laisser rester ici.

Et là, Drago devint tout à fait incapable de détacher son regard d'elle. Il l'observait comme il observerait une créature qui pourrait le mettre à terre pour peu qu'elle le désire. Ce qui, en un sens - et ça, Drago le savait pertinemment - était le cas.

A ce moment-là, Drago se rend compte qu'ils se sont dangereusement rapprochés l'un de l'autre. Leurs corps ne sont plus qu'à quelques centimètre l'un de l'autre. Doucement, tout doucement, le sourire d'Hermione s'évanouit sur ses lèvres, sans qu'aucune source de tristesse en soit pourtant la cause.

Elle aussi ressent ce… cette drôle de chose qu'elle a l'impression qu'il ressent aussi. D'un côté, elle ne comprend pas ce qui se passe, mais de l'autre, un peu quand même. C'est assez perturbant, pour une Hermione qui est habituée à la logique, au savoir, pas aux choses abstraites et ambigües. Mais pourtant, elle ne ressent aucune panique en elle. Tout ce qu'elle sent, c'est sa respiration qui accélère. Ses yeux qui sont toujours plongés dans ceux de Drago.

Enfin, quand Drago ouvre légèrement la bouche, alors même qu'elle ne sait absolument pas ce qu'il s'apprête à dire ou faire, elle sent son cœur battre beaucoup plus vite et sa tête se relever légèrement, signe de son impatience. Mais ils sont brutalement interrompus par des paroles résonnantes dans l'église, dures et froides :

- Bravo, capitaine. Vous n'avez pas perdu de temps.

Cette entrée pousse Drago à se retourner. Lorsqu'il voit la silhouette de Voldemort se distinguer de plus en plus et s'agrandir dans la lumière qui vient de l'entrée, telle une ombre extrêmement menaçante, Drago sent la panique s'insinuer en lui. Sans plus attendre, il se retourne vers Hermione. Vu l'urgence d la situation, il choisit délibérément de ne pas prêter attention à son expression méfiante et en colère.

- Demande le droit d'asile, chuchote-t-il.

- Tu m'as piégée, siffla-t-elle, la colère accélérant son souffle.

- Demande-le ! répète-t-il, avec empressement.

Voyant qu'elle s'enferme obstinément dans son mutisme, il se tourne de lui-même vers le Seigneur des Ténèbres.

- Je regrette, Maître, déclare-t-il d'une voix claire et assurée. Mais elle demande le droit d'asile.

- Nous allons donc l'emmener dehors, ce n'est qu'à quelques pas, se contenta-t-il de répondre, comme si le problème était vraiment ridicule. Là, elle ne pourra plus…

- Je vous interdis de la toucher !

Une voix puissante avait tonné dans toute la salle. Lorsqu'ils tournèrent leurs regards vers cette voix, Hermione vit un vieil homme avec une longue barbe argentée s'avancer vers eux tranquillement, les mains dans le dos, mais avec majesté. Hermione se dit qu'il lui faisait penser à Merlin l'enchanteur. Voldemort afficha une expression d'intense répulsion imprégnée pourtant de crainte. Mais une chose était sûre : toutes les personnes présentes, assistant à la scène, ne serait-ce que par curiosité, manifestaient pour lui un immense et profond respect. Lorsqu'elle comprit qui venait à eux, Hermione sentit son souffle lui manquer : le grand Albus Dumbledore était là devant elle et venait lui porter secours.

- J'ai pourtant été clair quant au droit d'asile, continua Dumbledore. Je croyais pourtant que vous aviez appris à respecter la loi, Tom.

A ce nom, Voldemort serra violemment les lèvres.

- Je vous prierais, vous et vos hommes, de bien vouloir quitter mon église en faisant tout ce qui vous est possible pour ne pas déranger les prieurs.

Voldemort serre les dents mais s'exécute néanmoins. Il est suivi par Drago qui jette un dernier regard à Hermione mais celle-ci se détourne, faisant comme si il n'était pas là.

Après un dernier soupir, il s'éloigne. Pattenrond en profite pour lui redonner quelques coups de griffe sur la jambe. Hermione entend alors le garçon s'exclamer « D'accord, je m'en vais, je m'en vais… ». Malgré elle, Hermione ne peut s'empêcher de le suivre du regard.

Son attention est distraite par la main de Dumbledore qui pose doucement sa main sur son épaule.

- Ne craignez rien, Miss Granger, la rassura-t-il avec un sourire chaleureux. Voldemort ne peut vous faire aucune mal ici.

Hermione lui répond à son tour par un sourire timide. Sur ces gentilles paroles, Dumbledore retourne auprès des prieurs. Hermione entame elle-même quelques pas lorsque quelqu'un agrippe violement son bras avant de le tordre contre son dos. Elle sent alors le contact d'un corps collé au sien. Un corps étrangement froid. Comme un cadavre.

- Tu crois m'avoir échappée, n'est-ce pas ?

A ces paroles, Hermione sent un souffle glacial contre sa peau. A cette sensation, elle a deux réactions : tout d'abord, elle comprend à qui elle a affaire. Mais surtout, elle ressent un besoin violent de s'éloigner de ce contact qui provoque en elle un profond sentiment de dégoût comme elle n'en a jamais ressenti.

- Vous n'avez pas le droit d'être ici, le défia-t-elle rageusement, la peur malgré tout audible dans sa voix.

- Ma chère, j'ai le droit d'être où il me plaît, riposte froidement Voldemort. C'est toi qui n'as désormais pas le droit d'être ailleurs qu'ici. Mais tu découvriras que je peux être très patient. Les Sang Impurs comme toi sont incapable de durer derrière des murs sacrés comme ceux-ci, dit-il en rapprochant son visage de celui d'Hermione.

Il sentit alors une odeur. Son odeur. Et le contact soyeux de ses boucles contre sa joue. Le parfum d'Hermione s'insinuait doucement mais sûrement en lui. Se sentant étrangement grisé, il voit la blancheur de sa peau. Qui a l'air douce. Trop douce. Malgré lui, comme pour découvrir l'origine de ce parfum qu'il connaissait pourtant, il rapprocha son visage de celui d'Hermione et enfouit son nez dans ses cheveux avant d'inspirer profondément. Une sensation d'ivresse et d'étourdissement, comme si tout tournait autour de lui.

En sentant le nez de Voldemort contre sa peau, Hermione sentit monter en elle une violente nausée. Un sentiment de répulsion horrifiée montait en elle et prenait tout pouvoir sur son corps.

- Qu'est-ce que vous faites ? s'écria-t-elle en se débattant avec toutes ses forces.

Son cri ramena brusquement Voldemort à la réalité. Immédiatement, ses yeux redevinrent froids.

- J'imaginais la corde autour de ta jolie gorge, Sang-de-Bourbe. Car crois-moi, tu en auras une.

- Vous me dégoûtez, ne me touchez pas ! cria-t-elle, apeurée, en réussissant enfin à se détacher de son emprise avant de lui administrer un violent coup de griffe sur son visage.

La joue de Voldemort fut striée de marques rouges, qui paraissaient d'autant plus vives sur sa peau d'un blanc cadavérique.

Voldemort ne cria, ne se mit pas en colère, comme s'y attendait Hermione, ne manifesta pas la moindre douleur. Il se contenta en silence de sortir sa baguette (causant à Hermione un mouvement de recul) et de la pointer sur sa blessure. Il n'eut même pas à prononcer de formule pour qu'elle soit guérie.

- Tu as choisi une prison magnifique, commença-t-il en faisant quelques pas vers la porte. Sans doute la plus belle que tu puisses trouver. Mais ne te fais pas d'illusions : cela reste une prison. Un pied dehors, Sang-de-Bourbe, et tu es à moi.

Les portes se refermèrent derrière lui. Pourtant, alors même qu'il était parti comme elle le désirait, Hermione ressentait toujours cette peur angoissante en elle.

- Ah, au fait, Miss Granger ?

Par chance, la voix de Dumbledore lui offrit une distraction à ses craintes, ce qu'Hermione accueillit avec joie.

- Je pense que vous voudrez remercier celui qui m'a prévenu de votre présence, dit-il avec un sourire enfantin, et de la leur.

- Quoi ? répondit Hermione, confuse.

Le sourire de Dumbledore ne fit que s'agrandir.

- Ma chère enfant, je suis certes très puissant mais je n'ai malheureusement pas des yeux partout.

Pour conclure, il pointa silencieusement un coin derrière Hermione. Quand elle se retourna, elle vit une jambe s'éclipser dans un escalier en pierre… Juste avant qu'une main ne réapparaisse pour ramasser une paire de lunettes.

Immédiatement, Hermione courut vers cet escalier en criant :

- Attends !

Satisfait devant la vision de la jeune fille montant l'escalier, Dumbledore s'en alla avec un sourire satisfait pour aller boire une tasse de thé avec Hagrid.


- Je voudrais juste te parler, continua de crier Hermione.

Harry courait aussi vite qu'il le pouvait. Aussi vite qu'il l'avait fait à la Fête des Fous quand il avait perdu sa cape. Mais Harry n'avait malheureusement pas beaucoup d'endurance (en même temps, après dix-sept ans enfermé dans sa tour…) tandis qu'Hermione, habituée à se servir de ses jambes pour danser et fuir les Mangemorts, le rattrapait dangereusement. En plus, comme si ça ne suffisait pas, il n'arrêtait pas de se casser la figure dans ces fichus escaliers qui n'en faisaient qu'à leur tête! Et comme par hasard, non seulement ils ne le menaient pas vers ses cachettes habituelles mais ils guidaient la jeune fille vers lui.

Comme pour illustrer sa pensée (pour la seconde fois de la journée), il tomba de nouveau sur le palier.

Hermione en profita pour faire un dernier sprint (enfin, plus ou moins, elle était dans des escaliers capricieux qui n'avaient cessé de la faire crier de surprise sur son chemin).

- Attends, s'il-te-plaît, répéta Hermione lorsqu'elle arriva à sa hauteur, en attrapant son bras pour l'aider à se relever.

Là, elle croise ses yeux.

Il n'y a plus aucun son autour d'eux. Juste celui de leurs souffles haletants et de l'escalier qui se posent sur un étage. Elle a toujours sa main sur son bras. Leurs regards ne se quittent pas. Ils sont comme ahuris, incapables de prononcer un mot. Le silence prend de plus en plus de place autour d'eux. Même les escaliers ne bougent plus.

Cette fois, ce sont les yeux de Harry qu'Hermione regarde.


EEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEET encore une fin qui laisse sur sa faim juste comme je les déteste quand je suis la lectrice. Mais maintenant que c'est moi qui écris, je comprends pourquoi tous les auteurs y sont accros.