Je sais, j'ai encore été super en retard. Ma seule excuse, c'est que je suis entrée à la fac. Ce qui ne constitue pas complètement une excuse, je l'admets. Seulement à 3/4. Allez, 4/5.
Plusieurs secondes s'écoulent. Pourtant, il semble que ce moment soit intemporel à Harry et à Hermione. Mais pour d'autres, ça commence à faire bien long !
- Bon, ils vont se regarder dans le blanc des yeux encore longtemps comme ça ?! s'énerve Ron qui, impatient, en oublie presque de chuchoter.
- Tais-toi donc, tu vas briser le moment ! lui ordonne Luna.
- Mais quel moment ?! Depuis tout à l'heure, ils sont là à se fixer sans rien dire comme des poissons morts ! Un peu d'action, Harry, bon sang !
A cet instant, Harry ouvrit puis ferma la bouche plusieurs fois, comme s'il allait dire quelque chose. Ron et ses amis, sentant l'espoir pointer, se redressèrent pour mieux voir. Hermione elle-même se pencha très légèrement vers lui, comme pour l'encourager. Alors Harry répondit à leurs prières en faisant quelque chose. Il s'enfuit aussi vite que ses jambes le portaient.
Ron, Luna et Neville gémirent de dépit.
- Ben toi qui voulais de l'action, t'es servi, dit Neville à Ron.
- Voilà ce qui se passe quand tu interviens, lui reprocha Luna. Messieurs, je crois que notre Harry a besoin de notre aide.
Sur ces paroles, les trois fantômes s'évaporèrent dans l'air avant de réapparaître aux côtés de Harry qui s'échappait par les escaliers de la cour d'astronomie. Celui-ci sursauta de panique et perdant le contrôle, glissa en arrière, ou plus exactement à travers Ron, qui se trouvait derrière lui. Celui-ci fit une grimace car un être vivant qui passe à travers vous n'est jamais très agréable, ni pour le vivant, ni pour le mort. En l'occurrence, demi-mort
- Bon sang, Harry ! râla Ron.
- Désolé, articula l'intéressé.
- Harry, commença Ron en s'agenouillant à son niveau, je sais qu'il faut savoir se faire désirer mais là, c'est un peu exagéré.
- C'est vrai, ça, renchérit Neville. Si tu cours trop vite, tu risques de la perdre.
- Je sais, c'est pour ça que…
- Pourquoi les hommes croient-ils toujours que pour nous faire la cour, il faut se faire « désirer » ?! s'indigna Luna. Vous croyez vraiment qu'un mec qui nous snobe va nous attirer ?
- Vous utilisez bien cette tactique contre nous, vous les filles ! répliqua Ron.
- Alors ça, c'est faux !
- Ben tiens, va dire ça à Fleur Delacour !
- Fleur Delacour a le cerveau dérangé par des joncheruines depuis qu'elle a prié du mauvais côté de l'église ! protesta violemment Luna. Son exemple n'est pas valable !
- Je vous rassure, les interrompit Harry pour mettre fin à cette conversation qui partait dans un sens vraiment étrange. Je n'essaie pas de me faire désirer, ni d'appliquer une étrange tactique, j'essaie vraiment de lui échapper. D'ailleurs, si vous voulez bien m'excuser… termina-t-il en se relevant.
- Eh, Harry ! se mirent à crier ses amis. Reviens !
- Je ne sais pas pour vous, mais moi, je vais m'en mêle un peu. Qui m'aime me suive ! déclara Luna avant de disparaître de nouveau.
Ron et Neville se regardèrent, interrogateurs.
- On la suit ? proposa Neville.
- Demande celui qui est amoureux d'elle, répondit Ron d'un ton pince-sans-rire.
A leur tour, ils s'évaporèrent donc… pour se retrouver au côté de leur amie qui s'était déplacée au bas de l'escalier.
- Tu peux me dire ce qu'on attend, au fait ? s'interrogea Ron.
- Le destin, répondit Luna avec mystère. D'ailleurs, il arrive, si mes oreilles ne me trompent point.
En effet, le destin se manifestait à bruits de pas résonnants dans tout l'escalier et au son d'une respiration essoufflée qui se rapprochait de plus en plus.
Hermione finit par apparaître en regardant de tous les côtés, dans une tentative d'essayer de deviner qu'elle route le garçon avait bien pu prendre.
- En haut de cet escalier, tout droit jusqu'au matin, indiqua Luna, citant son conte préféré.
Son intervention fit violemment sursauter Hermione, qui n'avait pourtant remarqué personne en montant les escaliers. Elle fixa les trois demi-fantôme, stupéfaite, en écarquillant les yeux avant d'essayer de reprendre ses esprits. C'était bien connu, après tout, que Poudlard abritait des fantômes dans ses murs. Néanmoins, c'était autre chose de les voir en vrai que d'en entendre parler dans des contes.
- Euh… merci, répondit-elle enfin avant de poursuivre son chemin.
Toutefois, lorsqu'elle atteignit la troisième marche, elle se retourna, perplexe.
- Excusez-moi mais ne nous serions-nous pas déjà rencontrés ?
Cette fois, ce fut au tour du trio de faire des grands yeux paniqués. Même Luna ne savait pas quoi dire.
- Bien sûr que non, voyons, répondit Ron d'une voix nerveuse.
- On ne t'a jamais vue de notre vie, renchérit Luna.
- Ouais, je veux dire, comment d'est possible ? ajouta Neville qui, des trois, était celui qui, et de loin, n'en menait vraiment pas large. Je veux dire, on est morts alors ça fait longtemps qu'on peut plus rencontrer personne. Ça fait même sept ans.
Sur ces dernières paroles, alors qu'il réalisait immédiatement la gaffe qu'il venait de commettre, Ron et Luna le lui faisait également sentir, l'un par une tape sur la tête, l'autre par un coup de coude dans le ventre.
- Tu devrais te dépêcher de le suivre, suggéra Luna à Hermione, espérant lui faire oublier ce que Neville venait de dire.
- Oui, sinon, il va te semer, approuva Ron.
Hermione leur jeta un dernier coup d'œil curieux, se disant que la mort rendait décidément les gens bizarres et ayant l'impression d'avoir loupé quelque chose, puis obéit à leur conseil.
- Neville, t'es trop bête, dit Ron
- Désolé, gémit ce dernier.
- Attends !
En entendant sa voix, Harry comprit que le jeune fille le rattrapait dangereusement.
- Je veux juste te dire que je suis désolée ! cria enfin Hermione.
Elle n'arriverait sans doute pas à le rattraper alors autant essayer de lui dire tant qu'elle pouvait.
- Si j'avais su qui tu étais, reprit-elle, je n'aurais jamais été comme ça dans la tente. Et je ne t'aurais jamais fait monter sur scène. Je n'avais pas du tout l'intention de…
Mais ses paroles moururent sur ses lèvres alors qu'elle avait atteint le haut des escaliers.
La pièce dans laquelle elle venait d'arriver était absolument incroyable. Depuis le plafond arrondi flottait un globe planétaire géant, entouré d'anneaux de diverse taille. Du centre du sol surgissait une sphère de verre encerclée par des cerceaux. Derrière, un balcon qui donnait sur le tour d'en face mais également sur le coucher du soleil.
- C'est magnifique, souffla Hermione dans un murmure émerveillé.
- Tu trouves ?
Elle tourna la tête vers Harry qui s'était caché derrière une colonne.
- C'est aussi ma pièce préférée, dit-il timidement.
En réponse, elle sourit, pour le mettre à l'aise. Puis, elle parcourut la pièce du regard en faisant quelques pas.
- Tu habites ici ?
- Pas dans cette pièce. Il y fait trop froid l'hiver.
Hermione sembla presque ignorer cette réponse car elle poussa une exclamation admirative tout en continuant d'observer la pièce. Puis, elle courut vers le balcon avant de se percher aux barreaux et lever les bras comme si elle allait s'envoler. Elle laissa le vent souffler sur elle avant de crier en riant comme une folle :
- Je vole !
Elle se tourna son visage vers lui et lui sourit. Harry ne pût s'empêcher de sourire en retour. Elle respirait la spontanéité et le naturel, d'une manière qui charmait son entourage.
- Je parie qu'il n'y a personne dans tout le pays qui ait une vue pareille
Elle se retourna vers lui et ajouta :
- Tu as vraiment de la chance de vivre ici. Toute cette place rien que pour toi...
- Crois-moi, répondit-il en s'avançant vers le balcon, on s'en lasse au bout de dix-sept and sans en sortir.
De nouveau, elle tourna la tête vers lui et un silence s'installa tandis qu'elle prenait la mesure de ses paroles. Il n'était jamais sorti d'ici…? Pendant un instant, elle le regarda avec compassion. Et dire qu'aujourd'hui avait été sa première sortie… C'était vraiment affreux…
Harry sentit qu'elle le regardait avec tristesse. Pour détendre l'atmosphère, il reprit :
- Mais je ne suis pas seul ! Il y a les fantômes, les tableaux vivants, les oiseaux, il y a Hagrid… Et il y a Dumbledore.
Il prononça le nom de ce dernier avec un sourire en coin, attendant que ses mots fassent son effet. Comme prévu, le visage d'Hermione s'éclaira d'admiration :
- Tu connais Dumbledore ?!
- Bien sûr. C'est lui qui tient la cathédrale, je te rappelle.
- Comment est-il ? Tu lui parles souvent ? Est-ce que c'est vrai que c'est la seule personne dont Voldemort ait peur ?
Un silence la suivit, le temps qu'Harry ingère la tonne de questions qu'elle lui posait.
- Je ne le vois pas beaucoup, finit-il par répondre. Il est souvent dehors, mais je ne sais pas ce qu'il y fait. Mais il est très gentil. Même s'il est un peu bizarre. Il m'offre souvent des cadeaux, comme la cape d'invisibilité que je portais tout à l'heure. Et il m'indique des livres intéressants à la bibliothèque.
De nouveau, le visage d'Hermione s'illumine.
- La bibliothèque ? Est-ce qu'elle est aussi grande qu'on le raconte ?
Une idée effleure alors l'esprit de Harry.
- Tu veux la voir ? propose-t-il
- Je peux ?
Sur cette question, Harry prend sa main sans hésiter et l'entraîne à sa suite. Ils dévalèrent les escaliers, dont certains se déplaçaient étrangement selon les désirs de Harry.
- Avec toi, ils n'en font pas qu'à leur tête, observa Hermione.
- C'est parce qu'ils m'aiment bien. Ils font pareil avec Dumbledore. Et avec mon maître, mais lui, c'est parce qu'ils ont trop peur. Ou qu'il leur a jeté un sort.
- Ton maître ?
Mais Harry ne l'entendit pas. Ils venaient d'arriver en bas de l'escalier et il s'était soudainement plaqué contre le mur, juste à côté d'une entrée, mettant son bras devant Hermione pour l'obliger à faire de même. Hermione pût entendre des bruits de pas. Pourtant, lorsqu'elle pencha légèrement la tête, elle ne vit pas un homme mais juste un chat brun. Celui-ci s'arrêta et tourna la tête vers eux. Instinctivement, Hermione replaqua son corps contre le mur mais il était trop tard : le chat s'était rendu compte de leur présence. Il poussa un feulement, comme pour prévenir quelqu'un.
- Qu'est-ce que tu as repéré, ma Miss Teigne ? dit une voix rugueuse.
La chatte dite Miss Teigne poussa un nouveau miaulement en réponse. Elle s'avança vers Harry et Hermione. Harry ferma les yeux, attendant l'inévitable. Un autre feulement résonna dans ses oreilles, mais celui-ci était beaucoup plus proche. Harry rouvrit les yeux pour voir Pattenrond (que Hermione avait pris dans ses bras) s'agiter avant de finalement réussir à s'échapper. Il saute sur le sol et court vers Miss Teigne pour lui asséner un grand coup de griffe.
- T'approche pas de ma maîtresse ! feûle-t-il.
- Sauvage ! répond hargneusement Miss Teigne avant de lui donner un coup de patte… et de s'enfuir.
- Lâche ! Reviens te battre si t'es un chat ! rugit Pattenrond avant de prendre en chasse son adversaire.
- Miss Teigne ! cria à son tour Rusard. Reviens ! ordonna-t-il avant de leur courir après.
Hermione et Harry ne purent retenir un rire une fois Rusard parti.
- Heureusement que ton chat est de notre côté, pouffa Harry
Puis, vérifiant que la voie était libre pour de bon, il lui fait signe de le suivre.
- Qui était-ce ? demanda Hermione. Pourquoi fallait-il les éviter, lui et son chat ?
- Rusard, répond Harry. Le concierge. Oiseau de mauvais augure. Et Miss Teigne, son chat, ce sont ses yeux et ses oreilles.
- Mais c'est chez toi, ici, non ? Pourquoi on s'est cachés ?
- Je ne suis pas censé me balader dans les couloirs à cette heure-ci. Mon maître me l'interdit.
Encore ce maître. Qui qu'il soit, Hermione pouvait voir qu'Harry en avait peur.
- On y est !
Ils venaient d'arriver devant deux grandes portes. Harry se tourna vers elle, visiblement excité. Il espère vraiment que ça va lui plaire.
- Ferme les yeux, lui dit-il.
Sans poser de question, Hermione obéit. Harry secoue la main devant ses yeux pour être sûr qu'elle ne voit rien. Puis, il s'avance et pousse les deux grandes portes avec effort.
Il se place derrière Hermione puis pose timidement ses mains sur les épaules de la jeune fille. Il ne peut s'empêcher de rougir et sent une sorte de bête dans son ventre ronronner de contentement. C'est pourtant un contact des plus innocents. Mais les contacts humains sont quelque chose de rare pour Harry. Pour ne pas dire, encore au stade de la naissance. Il réussit finalement à calmer son cœur battant et à la pousser délicatement en avant.
Hermione se laisse faire et, ses yeux toujours fermés, n'entend que le son de ses pas résonner sur le sol puis celui des portes se fermer. De nouveau, elle sent les mains de Harry sur ses épaules et son souffle sur sa joue quand il lui murmure, l'excitation audible dans sa voix :
- Ouvre les yeux.
Elle s'exécute. Et est incapable de toute réaction pendant quelques instants. Des livres. Des étagères entières de livres. Des bibliothèques d'une taille qu'elle n'avait jamais vu, jamais même imaginées. Et pourtant, elle en a rêvé tout au fond d'elle. Elle garde la bouche ouverte, sans pouvoir articuler un seul mot, faire un seul geste. C'était comme si son cœur s'était arrêté. Elle ne reprend ses esprits que quand elle sent une larme couler sur sa joue, qu'elle essuie, suivie d'une autre puis encore une autre. Hermione avait beau les essuyer, les larmes continuaient de couler.
- Ça ne va pas ? lui demande Harry.
Elle voit immédiatement son inquiétude. Il pensait qu'elle serait contente, pas que ça la ferait pleurer.
- Ce n'est rien, répond Hermione avec un sourire, toujours en train d'essuyer ses yeux. Je suis trop bête. C'est juste que…
Elle se tut, le temps d'essayer de se calmer.
- Je n'avais jamais vu autant de livres de ma vie, reprend-elle. Je pensais que ça n'existait que dans La Belle et la Bête.
Elle se tourne vers Harry et lui sourit avec tout son cœur.
- Merci, dit-elle. Ça me fait vraiment plaisir.
Le cœur d'Harry bat de nouveau très fort dans sa poitrine. En plus, il sent quelque chose dans son ventre, comme si des papillons y volaient de tout côté. Il ne s'en rend pas compte mais il rougit aussi. Tout heureux, il sourit. Il court dans un couloir, suivi d'Hermione qui avance lentement pour prendre le temps d'observer les titres. Il monte sur une échelle, s'arrête à la cinquième étagère et après avoir parcouru la rangée de livres des yeux, il en retire un et le brandit vers Hermione comme un trophée.
- Personnellement, celui que j'utilise le plus pour mes cours, c'est Les Animaux fantastiques, dit-il.
Sur ces paroles, il saute de l'étagère et tend le livre à Hermione qui le prend avec une fascination non contenue.
- Je t'envie tellement, pense-t-elle tout haut. Cet endroit rien que pour toi…
- Il est à toi aussi, maintenant, répond Harry. Tu as le droit d'asile. Tu peux vivre ici aussi longtemps que tu le veux.
En prononçant ces paroles, une idée effleure Harry. Et si elle restait ici…? songe-t-il, une pointe d'espoir naissant dans son esprit.
- Mais ce n'est pas chez moi ici, le détrompe-t-elle tristement. Et je me sens incapable de vivre bien confortablement protégée ici, en laissant tous mes amis dehors dans la misère.
Pendant un instant, Harry ne dit rien. Hermione se demande s'il ne la prend pas en pitié de penser comme ça alors qu'elle est maintenant prisonnière de cet endroit, avec le Seigneur des Ténèbres prêt à l'enfermer dès qu'elle aura posé un pied dehors.
- C'est normal, admet-il finalement. Ils te manqueraient.
Cette fois-ci, c'est au tour d'Hermione de le fixer curieusement.
- Harry, commence-t-elle, avant cet après-midi, tu n'es jamais sorti d'ici.
Surpris, il la regarde avant de confirmer :
- Non. Aujourd'hui, c'était la première fois. Mais j'aurais mieux fait de m'abstenir…
- Comment ça se fait ?
Il s'asseoit sur une table et remonte ses genoux vers lui avant de les encercler de ses bras, visiblement mal à l'aise.
- Mon maître me l'interdit, explique-t-il. Et il avait bien raison…
- Ton maître ?
- Le seigneur Voldemort.
Voldemort. En entendant ce nom, Hermione a presque un mouvement de recul, comme si c'était lui qui était à la place de Harry maintenant.
- C'est lui, ton maître ? répète-elle, sans pouvoir cacher le dégoût dans sa voix.
Harry hocha la tête.
- Mais comment… Comment ça, ton maître ? Tu travailles pour lui ?
- Non. C'est lui qui m'a élevé.
Encore une fois, Hermione reste sans voix.
- Il t'a élevé ?
- Oui.
Incrédule, Hermione le regarde de haut en bas, comme si elle le voyait sous un jour nouveau.
- Comment est-ce possible que quelqu'un d'aussi cruel ait élevé quelqu'un d'aussi gentil que toi ?
- Il n'est pas cruel, proteste Harry sans conviction. Enfin… Pas vraiment. Il m'a accueilli alors que j'étais tout bébé et que mes parents m'avaient abandonné. Pourtant, il aurait pu laisser mourir. Je suis un sang-mêlé, après tout.
Il préfère ne pas mentionner que sa mère a essayé de le tuer. S'il ne le dit pas à voix haute, ça lui paraît un peu moins vrai. Et donc un peu moins cruel. Et ça lui permet d'imaginer que sa mère l'aimait. Qu'elle l'aurait protégé s'il avait été en danger.
Hermione le regarde avec compassion
- Tu estimes que ta vie ne vaut pas d'être sauvée parce que tu es sang-mêlé ? dit-elle doucement.
- C'est mon maître qui l'a dit, affirme fermement Harry. Et s'il le dit, c'est que c'est vrai.
- Donc moi, je suis inférieure parce que je suis une Sang-de-Bourbe ?
- Non ! Toi, tu es gentille, jolie, et douce et intelligente…
Il s'interrompt, voyant où Hermione voulait en venir. Et surtout, il en a trop dit.
- Moi, ce n'est pas pareil, ajoute-t-il d'une voix faiblarde.
Hermione lui sourit gentiment.
- Harry, donne-moi ta main.
- Quoi ?
- Vas-y.
Sans trop comprendre, il s'exécute.
- Combien de doigts tu as ? l'interroge-t-elle.
- Cinq. Mais pourquoi tu…
- Et moi, combien j'en ai ?
- Cinq aussi. Mais tu peux m'expliquer…
- Et combien de mains on a chacun ?
- Deux, répondit-il, résigné à ne pas comprendre.
- Je vais te montrer quelque chose.
Elle prit son poignet, l'obligea à garder sa main en l'air et approcha doucement la sienne, comme si elle avait peur de le brusquer. Lentement, elle plaqua sa paume contre celle de Harry, qui sentait son cœur battre de plus en plus vite.
Ils restèrent ainsi quelques secondes, leurs yeux fixés l'un sur l'autre.
- Tu vois ? murmura Hermione en regardant leurs mains collées l'une à l'autre. On est pareils. Peu importe nos origines. On est tous les deux humains.
Elle retira sa main pour prendre celle de Harry.
- Et Voldemort a tort de te faire croire le contraire. Si vraiment il se souciait de toi, il te traiterait autrement.
- Qu'est-ce qu'elle a dit ? demande Luna à Nick Quasi-Sans-Tête, cachée avec ce dernier, Ron et Neville derrière une étagère un peu plus loin.
- Voldemort est mort de peur face aux gros vers et si maintenant, il broyait du noir, il braierait ouvertement, interprêta Nick Quasi-Sans-Tête.
- Ha ! jubila Rob, ravi d'avoir gagné son pari pour savoir si Voldemort avait peur de quelque chose. Je le savais, par ici la monnaie !
- Et zut, se lamenta Neville, lui donnant néanmoins une mornille.
- On aurait dû choisir quelqu'un d'autre pour traduire, soupira Luna, douteuse quant à la version offerte par Nick.
Loin de se douter de la violation de la vie privée que faisaient ses amis (et de leurs transactions plus que douteuses), Harry regardait Hermione, attristé à l'idée d'avoir songé égoïstement à la garder pour lui ici. Même ici, elle n'est pas en sécurité, pensa-t-il. A tout moment, mon maître peut la croiser et Dieu sait ce qu'il lui fera subir.
Le souvenir de l'araignée s'imposa à lui. Une autre image lui vint alors à l'esprit. Celle d'Hermione allongée sur le sol. Le teint cadavérique. Les yeux vides. Morte.
Non. Tout mais pas ça !
Sa décision est prise.
- Tu veux vraiment rentrer chez toi ? demande-t-il à Hermione, connaissant déjà la réponse.
Elle lève les yeux vers lui en fronçant les sourcils, perplexe.
- Bien sûr. Mais c'est impossible de sortir d'ici sans me faire arrêter..
Harry s'approche d'elle, déterminé.
- Je peux t'aider.
- Quoi…
Mais elle n'a pas le temps d'ajouter quoi que ce soit, car Harry lui prend la main et ils sortent en courant de la bibliothèque.
- Attends, s'écria-t-elle. Tu vas avoir des ennuis avec Voldemort si tu m'aides à m'enfuir…
- Rien que je ne puisse gérer. De toute façon, il est déjà en colère parce que je suis sorti.
- Oui, mais… Attends !
Elle s'arrêta brusquement quand elle vit Pattenrond faisant le guet dans un coin, attendant sa chère ennemie Miss Teigne. Hermione s'approcha de lui et le prit dans ses bras tandis que son chat protestait par miaulements.
- On s'en va, Pattenrond, lui annonce-t-elle. On rentre chez nous.
- Mais j'ai pas encore fait sa fête à la Miss Teigne ! miaula Pattenrond.
Hermione l'ignora et elle et Harry reprirent leur course jusqu'à ce qu'ils arrivent dans la chambre de Harry. Celui-ci se jeta par terre pour passer son bras sous son lit. Après un petit moment à chercher quelque chose, il en ressortit un balai. Hermione écarquilla les yeux. Même elle connaissait ce modèle.
- Un Éclair de Feu ?!
- Petit cadeau de Dumbledore pour mon treizième anniversaire, informa-t-il avant de s'installer dessus. Tu viens ?
- … Tu es sérieux ?
- J'ai l'air de plaisanter ? répondit-il distraitement en ouvrant la fenêtre d'un coup de baguette.
- Hors de question que je monte là-dessus !
- Tu es bien monté sur le balai de George Weasley au Festival.
- Oui mais j'étais seulement à un mètre du sol !
- Hermione, soit tu montes sur ce balai, soit tu restes ici jusqu'à la fin de tes jours, prenant le risque de croiser souvent mon maître.
Il n'ajouta pas "à moins qu'il ne te tue avant".
N'ayant aucun argument à opposer face à cette observation, Hermione ne put retenir un gémissement. Néanmoins, elle prit Pattenrond dans ses bras, mit un bandeau sur ses yeux (non parce que s'il se rendait compte de la hauteur, ça allait compliquer les choses), l'enroula dans un grand linge qu'elle passa autour de son cou, permettant à Pattenrond d'être fermement accroché à son dos, et monta prudemment sur l'engin en question. Elle s'accrocha aussi fort qu'elle pouvait à Harry (ce qui réveilla de nouveau la créature présente dans son ventre).
- Tu as déjà conduit cette chose ? demanda-t-elle avec méfiance.
- Bien sûr. Je vole très souvent dans la cour.
- Et en dehors de la cour ? insista-t-elle, l'inquiétude perceptible dans sa voix.
- Prête à décoller ? éluda Harry.
- Euh, tout bien réfléchi… essaya de protester Hermione.
Mais elle ne put continuer alors que le balai s'élevait justement dans les airs, lui arrachant un cri de surprise et de frayeur, la poussant à renforcer son étreinte.
- C'est partiiiiiiiiiiiiii ! annonça Harry avec excitation tandis qu'ils s'envolaient dans les airs.
Sa déclaration fut suivie d'un long hurlement de Hermione. Celle-ci s'accrocha autant qu'elle put à lui en fermant les yeux avec acharnement.
Tout ce qu'elle put sentir durant un moment, c'était le vent qui soufflait violemment sur elle et ses cheveux qui lui collaient au visage.
- T'es sûre de vouloir garder les yeux fermés ? entendit-elle de Harry.
- Sûre et certaine, cria-t-elle.
- Tant pis pour toi, répondit-il, le sourire aux lèvres. Parce que tu sais pas ce que tu rates !
Sa déclaration fut ponctuée d'un hurlement heureux. Pendant quelques instants encore, elle garda ses yeux fermés. Mue par un instinct, elle ouvrit lentement lentement les yeux avec crainte et leva son regard. Ce qu'elle vit dépassait son imagination.
Ils virevoltaient entre les tours de Poudlard. Elle aurait presque pu toucher les toitures, si elle l'avait voulu. Les moindres tours, les moindres passerelles, fenêtres, recoins, elle pouvait tout voir d'où elle était. C'était absolument époustouflant. Ils passèrent à la hauteur des deux tours principales, au sommet des toits. Maintenant, c'était une étendue d'eau qui se trouvait en dessous d'eux. Harry s'approcha aussi près de l'eau et Hermione ne put résister à la tentation. Un bras toujours enroulé autour de la taille de Harry, elle se pencha légèrement et tendit la main vers le lac. Elle sentit l'eau courir sur sa peau, laissant derrière de douces vaguelettes.
Elle se releva et prise d'une douce impulsion, elle leva lentement les bras en arrière. Avant qu'elle put s'en rendre compte, elle riait et hurlait de bonheur à la fois, bientôt rejointe par Harry.
Oui, elle n'avait vraiment aucune idée de ce qu'elle avait manqué.
Harry se posa délicatement au sol, et Hermione descendit doucement. Par prudence, ils avaient décidé de s'arrêter dans une petite ruelle où personne ne pouvait les voir, ce qui était facilité par la nuit qui venait de tomber.
- Ça a pas été trop dur ? demanda Harry avec un sourire.
- Tu plaisantes ? Je n'avais jamais rien vécu d'aussi fantastique de ma vie !
Pattenrond miaula de protestation. Lui, il n'avait jamais eu aussi peur de sa vie !
- Qui t'a appris à voler comme ça ?
- J'ai appris tout seul.
- Tu es sérieux ?
- Oui. Avec un balai que j'avais volé en douce dans les anciens vestiaires. Quand mon maître s'en est rendu compte, il m'a interdit de jamais voler à nouveau. Mais Dumbledore n'était pas d'accord alors il m'a offert ce balai. En secret, bien sûr.
Hermione accueillit ses paroles par un silence étonné.
- Tu es vraiment surprenant, Harry, déclara-t-elle. Tu apprends aussi la magie tout seul ?
- Un peu tout seul et un peu avec mon maître.
Puis son visage changea de couleur alors que des Mangemorts passaient devant. Il plaqua Hermione contre le mur et attendit qu'ils furent partis avant de se décoller d'elle.
- Tu devrais y aller, chuchota-t-il. C'est dangereux pour toi de rester ici.
Il n'avait pas envie qu'elle s'en aille mais ses souhaits importaient peu. Tout ce qui comptait, c'était qu'elle soit en sécurité.
Je ne la reverrais sans doute jamais, réalisa tristement Harry. A cette idée, il posa sa main sur la joue d'Hermione avec douceur.
- Je ne t'oublierais jamais, Hermione.
A ces paroles, Hermione rougit légèrement. Un voile de tristesse s'abattit sur son regard. Puis son visage s'éclaira soudainement.
- Tu n'as pas à le faire, s'exlama-t-elle avec un grand sourire. Viens avec moi !
- Quoi ? articula Harry, trop surpris pour formuler une meilleure réponse.
- Viens avec moi. Vivre avec les hors-la-loi à la Salle Sur Demande. Tu verras, tout le monde t'acceptera là-bas.
Même si la proposition lui paraît tentante, son visage se ferme immédiatement.
- Je ne préfère pas, avoue-t-il. Après ce qu'il s'est passé cet après-midi, je me rends compte que mon maître avait raison. Je pense que je devrais éviter de sortir de ma tour. S'il te plait, n'insiste pas, ordonne-t-il en voyant Hermione sur le point de protester
Hermione n'a pas envie de finir sur une dispute alors elle obéit. Et puis, elle ne renonce pas. Si ce n'est pas aujourd'hui, elle pourra toujours le convaincre un jour ou l'autre.
- Alors, c'est moi qui viendrais te voir, décide-t-elle.
- Quoi ?!
- Parfaitement.
- Mais c'est bien trop dangereux ! Il y a des gardes, et mon maître, et avec ta fuite, tout le monde va te rechercher.
- Harry, je suis une Sang-de-Bourbe. Les Mangemorts passent leur temps à me rechercher. Crois-moi, venir te voir ne rendra pas les choses beaucoup plus dangereuses qu'elles ne le sont déjà.
- Quand bien même…
Mais il ne peut pas continuer car Hermione vient de lui poser un baiser sur la joue. Il la regarde, tente vainement d'articuler quelque chose puis abandonne, la tête entre les mains.
- Tu n'échoues jamais, hein ?
- Jamais, répond-elle joyeusement. Je reviendrais te voir dans une semaine. J'aurais voulu plus tôt, mais comme tu le dis si bien, il faut attendre que les choses se calment un peu.
Puis, elle passe les bras autour de son cou pour en retirer quelque chose qu'elle met dans la main de Harry.
- Harry, dit-elle très sérieusement, si jamais tu as besoin d'aide, toi aussi, n'hésite pas à venir me voir. Ce médaillon t'aidera à me retrouver.
Harry ouvre sa main pour découvrir l'objet. Il s'agissait d'un simple gallion accroché à une chaîne en or.
- Comment c'est censé m'aider à te retrouver ? s'interrogea-t-il, perplexe.
- Il te mènera à la Salle-sur-Demande, lui expliqua Hermione. Tu comprendras comment, j'en suis sûre. Maintenant, il faut que je parte. Prends soin de toi.
Elle dépose un nouveau baiser sur l'autre joue de Harry (ce qui lui fit perdre définitivement sa tranquillité cardiaque) et s'éloigne en trottinant, avec un dernier sourire pour lui.
Okay, j'ai réécrit ce chapitre dès le lendemain de sa publication parce que je me suis rendue compte que j'avais oublié quelque chose de très important dedans. Désolée.
