A/N : Non je ne suis pas morte même si ça fait beaucoup trop de temps que je ne suis pas revenue mais j'ai vus plein de demendes d'une suite et j'ai enfin fini le chapitre 2 ! Le voilà !
Je revins dans l'auberge de jeunesse que je m'étais dégotée par le bouche à oreille, un peu désorientée. Je m'assis sur mon lit et inspira un bon coup. Il me fallait cet instant de pause pour me remettre de mes émotions.
Je venais de vivre la rencontre la plus folle de ma vie. A présent cet homme hantait mon esprit. Ma mémoire visuelle me faisait revoir ses boucles d'un brun si foncé qu'il en devenait noir, auditive son timbre de voix grave qui remuait mes entrailles, kinesthésique, son souffle chaud dans mon cou et son odeur musquée qui avait chatouillé mes narines. Il m'intriguait plus que je ne voulais bien l'admettre. Qui était-il réellement ? Tandis que ma colocataire de chambre remettait une énième fois du rouge à lèvres qui allait avec sa lingerie intime, je regardai mes messages pour savoir ce qu'il avait envoyé.
Si le frère a une échelle verte. Arrêtez le frère. SH
Ce type m'intriguait de plus en plus. Il avait déduit tout de moi en un clin d'œil et je voulais savoir comment.
J'allais dans le salon commun et je tapais sur l'ordinateur ''Sherlock Holmes''. Les railleries fusèrent immédiatement.
T'as rencontré quelqu'un, Molly chérie ? demanda Betty, amusée et curieuse.
Il a un nom bizarre ça sonne germain…, déclara Tory.
Je dirai gaélique…, rectifia la blonde.
Stop ! intimai-je. Si je le googlise c'est parce qu'il m'a proposé une collocation et je veux savoir où je me fourre avant d'accepter…
T'en a marre de nous ? s'indignèrent-elle.
Non ce n'est pas ça…
Si en plus vu les images il est à croquer…, susurra la rousse sur un ton aguicheur.
Laissez-moi !
Je me levai et sortis. Je ne rentrai que tard dans la nuit, déterminée à tester le bonhomme avant de dire oui.
Le lendemain, j'allai donc à pieds jusqu'à l'adresse indiquée par le brun et arrivai devant des bâtisses charmantes de style anglais victorien, ce qui me charma tout de suite. Enfin, le haut du bâtiment était de ce style-là. Le rez-de-chaussée, lui, était plus neuf, la façade était composée de plaque –surement du carrelage, assez excentrique je dois dire- blanc nacré, des grilles noires entouraient chaque porte noire où trônaient le nom en peinture dorée. Je me laissai guidée par les numéros jusqu'à trouver le 221b. Juste à côté de la porte, il y'avait un snack nommé ''Chez Speedy''. Un sourire se forma sur mes lèvres, pour rien au monde je n'aurais voulu oublier mon habitude de déjeuner avec un croissant et un chocolat chaud.
Et ce snack serait le meilleur moyen de continuer cette habitude. Je montais la marche du perron et claqua le loquet sur la porte. Pendant ce temps un taxi s'arrêta à ma hauteur et en descendit le dénommé Sherlock, toujours suffisant dans son Belfast et son écharpe bleue.
Il m'adressa un bonjour de politesse et je me tournai vers lui.
Mr Holmes, fis-je comme salutation.
Il me serra la main en m'intimant de l'appeler par son prénom.
C'est un beau quartier, commençai-je pour débuter une conversation polie, ça ne doit pas être donné.
Oh, Mrs Hudson, la logeuse accepte de me faire un prix, elle me doit bien ça, m'informa-t-il. Il y a quelques années, son mari a été condamné à mort en Floride et je lui ai donné un petit coup de main.
Vous voulez dire que vous avez empêché qu'il soit mis à mort ? demandai-je impressionnée.
Non, j'ai veillé à ce qu'il le soit, fit-il avec ce fameux sourire qui me faisait froid dans le dos.
J'étais abasourdie. Il n'était vraiment pas humain ! Et cette pauvre femme devait lui en vouloir ! Exécuter son mari tout de même ! La porte s'ouvrit et la logeuse était tout sauf rancunière car elle le prit dans ses bras avec un sourire. Le brun nous présenta et Mrs Hudson me somma d'entrer. Elle referma la porte et nous montâmes à l'étage.
Sherlock ouvrit sur ce qui devait être un salon car il était tellement chargé de paperasse et d'objet en tout genre, qu'on y distinguait à peine les meubles qui les portaient. J'entrai timidement dans l'appartement, prenant soin à prendre le moins de place possible et de ne rien bousculait pour éviter que cela tombe. Malgré tout je trouvais l'endroit charmant.
C'est cosy, très mignon, je pourrais m'y faire…
C'était aussi mon avis, m'assura-t-il, alors j'ai tout de suite emménagé.
Ce sont vos affaires ? le questionnai-je prudemment, voulant éviter qu'une bourde sorte de ma bouche.
Oui, euh… Naturellement, commença-t-il en rangeant par-ci par-là, je peux ranger un peu les choses.
Il planta son courrier dans manteau de la cheminée avec un couteau suisse et cela me glaça. Avec qui j'étais bon sang ? Il avait même un…
Crâne, c'est un crâne ?
Un ami, puis il rajouta devant ma mine effarée, enfin quand je dis un ami…
La logeuse arriva alors et me demanda ce que je pensais de l'appartement. Puis elle rajouta une phrase, qui me fit rougir de honte, et qui me donnait l'envie de m'enfuir à toutes jambes, car elle me donnait l'impression d'être arrivée chez les plus fous de la ville :
Il y a une autre chambre au premier, si vous avez besoin de deux chambres, naturellement.
Bien sûr qu'on en a besoin de deux !
Oh vous savez il y'a toutes sortes de gens ici…, puis elle ajouta sur le ton de la confidence, Mrs Turner à coté à même des PCR* !
Je rougis de son insinuation infondée, je me disais déjà que la colocation allait être vraiment dure si cette charmante dame fourrait son nez retroussé dans des affaires qui ne la regardaient aucunement. Mon futur colocataire quant à lui continuait son manège, essayant de trier ses affaires. Mrs Hudson se dirigea alors vers la cuisine et réprimanda ce dernier pour le mauvais traitement qu'il lui infligeait. En effet, sur la table trainait éprouvettes, béchers et bec benzène. Je me demandais presque où il pouvait bien manger. Et il avait un sérieux problème avec le rangement.
Je tentai timidement de m'asseoir sur un des fauteuils pour ne pas gêner les deux excentriques. Comme personne ne s'y opposa je pris mes aises. Le brun quant à lui avait abandonné son ''nettoyage'' et avait ouvert son PC. Cela me fit repenser à ce que j'avais vu la veille.
J'ai cherché votre nom sur internet hier, fis-je d'une toute petite voix tandis qu'il se tourna nonchalamment vers moi.
Et qu'avez-vous trouvé ? demanda-t-il les mains dans les poches.
V-Votre site web ''La science de la déduction''.
Je me détendis un peu, pour moi tout ce qu'il y avait d'écrit n'était que des fadaises, des tours de passe-passe. Il afficha l'esquisse d'un sourire, apparemment cela lui plaisait que j'ai pu lire son site.
Qu'est-ce que vous en pensez, fit-il amusé comme un gamin de cinq ans.
Il perdit vite sa mine réjouie quand il vit ma mine ennuyée.
Vous dites pouvoir identifier un concepteur de logiciel par sa cravate et un pilote par son pouce gauche ?
Oui, me répondit-il effrontément. Et je lis dans vos yeux un besoin de changer de lit et sur votre portable le décès de vos parents.
J'étais surprise mais ne laissais rien paraître, je poursuivis.
Comment ?
Comme seule réponse, j'eus un rictus moqueur. Je voulus dire quelque chose mais Mrs Hudson revint dans le salon avec le journal.
Et cette série de suicide, Sherlock ? Je me suis dit que c'était tout à fait dans vos cordes. Trois suicides absolument identiques…
Quatre, la coupa-t-il en s'approchant de la fenêtre. Il vient d'y en avoir un quatrième. Il y a quelque chose de différent cette fois.
Un quatrième ?
Bon sang, ils parlaient de suicide comme de la météo. Cependant cette affaire m'avait intriguée quand je l'avais lue dans le journal. Des suicides en série ce n'était pas commun. Et s'il fallait suivre cet énergumène pour avoir le fin mot de l'histoire alors je le ferai.
J'entendis alors des pas dans l'escaliers et vit monter un homme un peu bronzé et qui grisonnait des cheveux. Le malheureux n'eut pas pu dire un mot que l'impoli questionna :
Où ?
A Brixton, Lauriston Gardens, reprit-il son souffle.
En quoi est-il différent ? Vous ne seriez pas venu me trouver autrement.
Vous savez que les victimes ne laissaient pas de mots, celle-là, si… Vous viendrez ?
Qui est le médecin légiste ?
C'est Anderson…, l'informa-ce qui devait être l'agent chargé de l'enquête-, avec une moue désolée.
Il refuse de travailler avec moi…
Il ne sera pas votre assistant…
Il me faut un assistant, exigea le brun.
Vous viendrez ou pas ? insista son interlocuteur.
Pas dans votre voiture, je vous suivrai.
Soulagé, l'inspecteur murmura un merci avant de se tournait vers moi et notre logeuse pour nous saluer et s'en aller. Ayant suivi cette échange peu commun, je lançais des regards d'incompréhension. Puis soudain, sans crier gare, Sherlock afficha un sourire et sautilla comme un gamin en s'exclamant que c'était noël avant l'heure. Il tourbillonna encore quelques instants et mis son manteau. Il somma ensuite Mrs Hudson de lui préparer quelque chose à grignoter quand il rentrerait.
Je suis votre logeuse mon garçon ! Pas votre gouvernante, rétorqua-t-elle.
Il s'adressa ensuite à moi, me demandant de prendre mes aises et un thé si le cœur m'en disait. Il lança de ne pas l'attendre avant de sortir. Mrs Hudson s'approcha du fauteuil où j'étais restée muette et avec un sourire maternel, elle me confia que son mari était pareil que Sherlock et que j'étais, l'exact opposé, calme et sereine. Elle avança qu'elle allait me faire un thé.
Mais bordel où je suis tombée ?! éructai-je sans y penser.
Je regrettai amèrement mes paroles car elle sursauta en lâchant un ''oh !'' apeuré.
J-je suis navrée mais je suis un peu sur les nerfs en ce moment et…, ma phrase mourut dans ma voix.
Elle m'offrit un sourire timide mais un peu inquiet et s'en alla dans la cuisine. Mon attention se porta alors sur le journal qu'elle avait porté il y'a quelques minutes et lu la une. Elle parlait de Beth Davenport, sous-secrétaire d'Etat aux transports. Je l'avais vu une fois ou deux à la télé. Elle avait insisté pour baisser le prix du ticket du métro de près de quarante centimes, économie non négligeable pour une habituée des transports comme moi. Je poursuivais et aperçu le lieutenant charger de l'enquête : Lt Lestrade. Son nom me disait quelque chose mais quoi ? J'en étais là de mes réflexions que la voix profonde de Sherlock arriva à mes oreilles.
Vous êtes médecin légiste ?
Euh… Oui, fis-je en me levant immédiatement.
Et vous êtes douée ?
Assez, selon mes professeurs j'étais la meilleure de la promo, indiquai-je sans prétention.
Vous avez donc vu beaucoup de blessés… De morts violentés ?
Oui, oui, acquiesçai-je en soutenant son regard.
Et vous avez vécu des expériences… traumatisantes ?
Bien sûr oui ! approuvai-je en bombant très subtilement la poitrine, pour lui montrer que je n'étais pas si faible que ça.
Vous voulez venir avec moi sur l'enquête ?
Oh que oui ! m'exclamai-je excitée comme une enfant le soir de noël.
Il tourna vivement les talons et je le suivis de près. Nous dévalâmes les escaliers à toutes vitesses pendant que je m'excusais auprès de la logeuse en lui signalant que je ne voulais plus de thé et que je sortais aussi. Surprise, elle vint dans le hall en me demandant si moi aussi je sortais. Sherlock eut l'excuse la plus étrange qui soit en prétextant que rester ici alors qu'il y avait quatre suicides improbables, ce n'était pas ce qu'il appelait ''s'éclater''. Je frissonnai –probablement dû à l'adrénaline- et Mrs Hudson le sermonna sur son indécence. Ce à quoi il répondit :
On s'en fiche de la décence ! The game is on ! Mrs Hudson !
Il sortit comme une bourrasque de vent, son Belfast claquant ses chevilles, de notre logement. Il héla un taxi et nous montâmes dedans. Je notais qu'il n'avait aucune galanterie puisqu'il ne me tint même pas la porte. Quand je fus assise le cab démarra et mon colocataire alluma son téléphone. Il textait à une vitesse phénoménale ! Curieuse, je me penchée un peu pour voir ce qu'il faisait puisqu'il ne voulait pas engager la conversation. Il le sentit et me lança quelques regards furtifs avant de me dire :
D'accord vous avez des questions, fit-il ennuyé.
Euh... Oui ! Déjà on va où ?
Sur les lieux du crime, répondit-il tout naturellement comme si je lui avais demandé où il passerait ses vacances. Autre chose ?
Eh bien, qui êtes-vous et que faites-vous ?
A votre avis ? relança-t-il.
Hum… Je dirai que vous êtes détective privé…
Mais ?
Mais la police n'emploie pas de détectives privés, rajoutai-je.
Il sourit à ma remarque, Dieu que j'aimais ce sourire-là. Je crois que je serai prête à me damner pour lui !
Je suis un détective consultant, m'expliqua-t-il. Et le seul au monde puisque j'ai inventé la fonction.
Quelle fonction ? l'interrogeai-je les sourcils légèrement froncés.
Eh bien, quand la police est larguée –ce qui est à peu près toujours le cas- elle m'appelle.
La police ne consulte pas de novice ! me moquai-je un peu de lui.
Quand je vous ai vue pour la première fois hier, j'ai dit remplaçante ou titulaire, et je vous ai surprise.
Oui, admis-je. Comment le savez-vous ?
Je ne le savais pas, j'ai vu. Votre coupe de cheveux, queue de cheval très haute et mains toujours propres, dénote que vous travaillez dans le milieu médical. Et votre conversation en entrant dans les lieux montre clairement que vous avez été formée à Bart's. De plus, vous avez les connaissances dans l'organisation d'un laboratoire alors vous deviez avoir soit fini vos études soit être sur le point et la semaine dernière on nommait les remplaçants et titulaire des médecins légistes. Donc médecin légiste en remplacement ou fraîchement diplômée. D'où mon ''Remplaçante ou Titulaire?''.
Il avait débité son laïus à une vitesse monstrueuse, je me demandais quand est-ce qu'il allait reprendre son souffle. Il ne m'avait pas non plus regardée comme s'il voulait se rappeler de mémoire ce qu'il avait déduit. J'étais bluffé par l'exactitude de ses mots mais je ne me laisser pas démonter.
Vous avez dit que Mike était mon professeur.
Bien sûr qui l'a été ! Bien que vous le connaissiez -vous n'auriez pas accepté de suivre un inconnu jusqu'à un hôpital- vous le vouvoyiez et il vous tutoie, ce genre de choses ne s'applique qu'entre élèves/professeur. Mais vu comment vous lui parlez c'est révolu. Seulement par habitude ou par respect vous continuez avec cette forme de politesse. Concernant votre chat, il y a des poils sur vos jambes de pantalon. Et puis il y a vos parents, s'ils sont en fond d'écran et que la date de la photo date d'il y a cinq ans c'est que soit vous ne les avez pas vu depuis le temps soit qu'ils sont morts, comme vous ne vous êtes pas insurgez quand je l'ai dit j'en ai déduit qu'ils étaient morts.
Et l'accident ?
On n'oublie pas celle qui vous a roulé dessus en pleine nuit et qui a failli vous laisser mourir…
Je suis désolée mais pour une fois vous avez tort !
Il se tourna vers moi et me regarda dans les yeux et son regard me sonda comme un irm. Je me sentis rougir à ce moment-là et détournai la tête vers la fenêtre.
Comment saviez-vous pour ma recherche de logement ?
Bien que vous essayiez de ne pas paraître négligée, vous sentez le déodorant bon marché, vos cheveux sont gras et vous avez des cernes sous les yeux. Vous habitez soit chez des amies soit dans une auberge de jeunesse -malgré le déodorant j'ai noté l'essence d'arbre peu commun qui ne s'utilise que dans quelques auberges dans Londres. Et vous n'avez plus d'amis, parce qu'une ne vous répond plus et l'autre s'est disputé avec vous et ne tend pas la main pour que vous vous réconciliez. Quoiqu'il en soit vous n'avez pas le loisir de vous douchez comme vous le voulez ni dormir quand vous le voulez. Vos ''colocataires'' vous dérange car elles sont très intrusives c'est pour cela que vous en recherchiez un et que vos yeux ont pétillé quand j'ai parlé d'emménager avec moi.
Comment, comment vous savez pour mes amies ?
Dans vos textos, dont la liste n'est pas très grande, figurent deux conversations qui ont attirés mon attention. L'une, celle adressée à un certain ''Lolo'', était faite en majuscule, -vraiment ça vous sert à quoi ?- et d'après ce que je peux comprendre sur les forums, mettre des majuscules accentue votre message, ce qui est stupide selon mon avis, bref, je n'ai pas lu mais je vois que cela à du vous énervez grandement alors vous ne lui avait pas répondu. Cela fait une semaine et bien qu'il a été votre ami vous n'avez pas non plus tenté de vous réconciliez, peut-être parce que vous jugez que vous l'avez trop fait. Quant à l'autre c'est elle qui ne vous répond pas et cela vous frustre d'où l'utilisation du ''c'est encore moi'', chose totalement inutile d'après moi puisque bien que votre nom apparait, ''moi'' ne signifie personne ou au contraire tout le monde. Voilà vous aviez raison…
J'avais raison ? demandai-je éberluée. Raison à propos de quoi ?
La police ne consulte pas de novice, répondit-il simplement.
C'est… stupéfiant, avouai-je.
Vous trouvez ? me questionna-t-il sincèrement, sourcils froncés.
Oui ! bien sûr ! C'est extraordinaire ! Tout à fait extraordinaire ! m'écriai-je, ravie.
Ce n'est pas ce que l'on me dit en général, admit-il en baissant les yeux, sûrement un peu blessé par ce qu'on lui disait.
Qu'est-ce qu'on vous dit en général ?
Va te faire f*utre ! fit-il avec un sourire qui faisait mine d'être joyeux.
Nous arrivâmes alors sur la scène de crime, où se tenaient des patrouilles et des rubans ''Police Do Not Cross''. Il me demanda alors s'il avait raison et je reconnus que oui. Que j'avais bien un chat, que mes parents étaient morts il y a quatre ans, que la conductrice lors de l'accident était bien moi, qu'effectivement j'habitais bien une auberge de jeunesse et que je n'aimais pas celles qui partageaient ma chambre qu'effectivement ''Lolo'' et moi étions en froid et que Stessie ne me répondais plus.
En plein dans le mille, je ne croyais pas avoir raison sur toute la ligne, décréta-t-il avec prétention.
Lolo est le surnom de Louise.
Lolo est votre amiE…, semble-t-il, déçu, en s'arrêtant.
Dites-moi je suis censée faire quoi ici ?
Votre amiE ! fit-il en serrant les dents me rejoignant.
Non mais sans blague ! Qu'est-ce que je fais ici ? demandai-je, irritée qu'il ne me réponde pas.
Toujours quelque chose, marmonna-t-il.
Je ne sus pas de quoi il s'agissait car il s'avança vers les rubans de sécurité et commença à parler avec une métisse qui m'analyser avec dégout de la tête aux pieds comme si j'étais un cadavre en décomposition.
Salut le taré !
Je grinçais des dents, Sherlock avait beau être quelqu'un d'incroyablement étrange, il était tout sauf taré. Cette femme était injuste.
Je suis venu voir le lieutenant Lestrade, fit-il pour la saluer sans détour.
Bam ! Dans les dents ! Tu n'avais pas qu'à t'en prendre à lui !
Pourquoi ?
Parce qu'il nous l'a demandé pauvre idiote !
Il m'a invité à venir…
Pourquoi ? insista-t-elle.
Oh mon poing me démange…
Il souhaite que je voie quelque chose.
Vous savez ce que je pense de tout ça…
Quoi donc ?
Toujours Sally. Je sais même que vous n'êtes pas rentrée chez vous hier.
Ouh la coquine !
Je m'approchai avec un sourire moqueur du ruban que Sherlock avait franchi mais Sally m'en empêcha en me demandant assez méchamment qui j'étais. Sherlock pris ma ''défense'' d'une manière assez dure envers elle. Après tout elle le mérite !
Une collègue. Le Dr Hooper. Dr Hooper, Sergent Sally Donovan. Une vieille amie.
Si c'est réellement ton amie je ferai un effort sinon qu'elle aille se faire cuire un œuf !
Une collègue ? Vous avez une collègue vous ? fit-elle moqueuse, puis elle rajouta en se tournant vers moi. Oh il vous a suivi jusqu'à chez vous ?
Je ferai peut-être bien d'aller attendre…, m'excusai-je, gênée.
Non, me coupa Sherlock en levant la bannière.
Donovan prévint ses collègues qu'elle amenait le ''Taré'' dans son talkie-walkie. Décidément, je commençais à détester cette femme. Elle me hérissait le poil et sa façon d'être condescendante avec mon colocataire n'arrangeait pas les choses. Elle avait l'air plus idiote qu'une éprouvette, et encore cette dernière avait l'avantage d'être utile !
Sherlock commença à analyser ce qui l'entourait voyant sûrement des choses invisibles pour moi puis il s'exclama. Il venait de voir arriver un homme dans une combinaison bleu. Les cheveux gras, le nez long et droit, un rictus mauvais sur les lèvres, il ressemblait à un rat d'égouts. Si les regards pouvaient tuer, Sherlock serait déjà mort vu celui que lui lançait…
Anderson ! Comme on se retrouve !
Sa question dégoulinait d'hypocrisie et de condescendance, je commençais à me dire que Sherlock n'avait pas beaucoup d'amis dans la police.
C'est une scène de crime, je ne veux pas qu'elle soit contaminée, est-ce que c'est clair, Holmes ? somma le dénommé Anderson au brun.
Tout à fait clair, abrégea le concerné, puis il rajouta après une brève réflexion. Et votre femme elle est absente pour longtemps ?
Oh ! Là ça devenait vraiment intéressant ! Ce pourrait-il qu'Anderson et Donovan soit amants ? Oh je suis comme une petite folle !
Ne faites pas semblant de l'avoir devinez ! cracha l'homme en bleu. Quelqu'un a dû vous le dire !
Sherlock : 1. Anderson : 0
C'est votre déodorant qui me l'a dit, avoua le détective.
Mon déodorant ? fit Anderson, incrédule.
Il est pour hommes, se moqua Holmes.
Bien sûr qu'il est pour hommes ! s'insurgea Face de Rat. Puisque je l'utilise.
Le sergent Donovan aussi, fanfaronna Sherlock.
J'avais raison ! Ouh, la, la ! Petits coquins !
Sherlock huma l'air tandis qu'Anderson se retourna vers son amante, pris en flagrant délit par le brun alors qu'ils ne les avaient pas vus faire ! Il rajouta qu'elle avait même dû s'en vaporiser, selon lui alors, ça avait été intense ? Intéressant ! Il demanda ensuite poliment s'il pouvait entrer.
Je ne sais pas ce que vous essayez de sous-entendre…
Que tu trompes ta femme petit gremlins ! Ne me jugez pas ! Il est parfait ce surnom-là !
Moi ? Absolument rien, le coupa le bouclé. Je suis sûr que Sally est juste venue bavarder et qu'elle est restée la nuit. Et je suppose qu'elle a dû frotter le carrelage vu l'état de ses genoux, rajouta-t-il avec un sourire moqueur.
No comment !
J'explosai de rire ce qui me valut un regard noir des deux amants, je suivis rapidement Sherlock à l'intérieur pour éviter leurs foudres. Je comptais rester entière avant la fin de la soirée. Déjà que je ne regrettai pas d'être venue ! Je m'amusai beaucoup ! J'espérai que le reste se passe aussi bien !
