Voici la traduction du deuxième chapitre de la très jolie et très cool fanfiction de l'auteur anglophone Roving Otter ^^ (je préfère le rappeler à chaque chapitre)
Bonne lecture!


Chapitre 2

Du sang gouttait de la queue de scorpion en fer de Sasori. Il l'essuya sur le haut d'un homme mort.

Deidara constatait le carnage autour d'eux avec un rictus. Une brise soufflait dans la forêt, froissant les vêtements et les cheveux des corps.

-Sept gars en deux minutes. Je pense qu'on a établi un nouveau record, hein, Sasori no Danna? Bien fait pour eux. Stupides bandits.

Sasori se tourna et s'éloigna du carnage, toujours caché dans Hiruko.

-Nettoie tout ça, dit-il.

Deidara mit la main dans la sacoche à sa hanche, en sortit un bloc d'argile qu'il pressa. Un instant plus tard, sept petites araignées sautèrent de sa paume et rampèrent vers les corps. Le sol vibra lorsqu'elles explosèrent dans une envolée de fleurs brillantes de fumée et de flammes. Deidara poussa un cri d'excitation. Quand tout fut fini, il fit demi-tour et suivit Sasori dans la forêt.

-Tu étais incroyable. Te regarder, c'est comme regarder de l'art en mouvement.
-Ta performance était correcte.
-Roh, tu es avare de compliments, hein?

Sasori ne répondit pas. Deidara soupira mais n'ajouta rien.

Ça faisait maintenant deux ans qu'ils étaient partenaires ; Deidara avait appris depuis longtemps que Sasori ne répondait jamais aux question dont la réponse était évidente.

Quelques minutes de marche plus tard, ils firent une pause.

-Va vérifier les environs, dit Sasori. Sois sûr qu'on ne nous a pas suivi. Il y en a peut-être d'autres.

Deidara fit quatre souris en argile qu'il envoya en exploration dans différentes directions. Elles revinrent un court moment après et se réunirent à ses pieds. Il les regarda, en écoutant quelque chose que lui seul pouvait entendre, puis hocha la tête et tendit une main. Les souris montèrent dessus, grimpèrent le long de son bras, puis descendirent le long de son flanc et retournèrent dans la sacoche où il gardait son argile.

-Personne autour de nous à des kilomètres.
-Bien.

Ils marchèrent encore plusieurs heures, puis s'arrêtèrent pour la nuit. Deidara fit le feu de camp. Sasori se glissa hors de Hiruko et examina sa marionnette à la recherche d'éraflures ou d'entailles. Il n'avait pas pris de coup important durant le combat, mais un ou deux kunai perdus avaient pu l'égratigner.

-C'est bon de revoir ta vraie forme, h'm. Pourquoi tu te caches tout le temps dans Hiruko au fait?

Sasori leva les yeux de son examen du dos de sa marionnette.

-C'est simplement pour le côté pratique. Une autre barrière de défense.

Deidara s'assit sur le sol de pierre, entourant ses genoux de ses bras, sa chevelure blonde brillant à la lumière du feu comme de l'or en fusion. Il sourit, une lueur malicieuse dans le regard.

-Mais tu es bien plus sexy comme ça.
-Je me préoccupe bien plus d'être prêt au combat, dit Sasori en reniflant dédaigneusement.
-Tu es un artiste. Tu devrais apprécier la beauté.

Sasori passa une main sur le dos de Hiruko.

-Hiruko est beau. Il n'est pas juste joli.
-Oh? C'est quoi la différence?

Sasori étudia le visage de son partenaire un moment, se demandant si ça valait la peine de se déranger à répondre. Il regarda ailleurs, laissant son regard balader sur les alentours de pierre, puis dit: "Ce qui est joli est décoratif. Plaisant aux yeux, mais finalement vide et sans signification. La véritable beauté et dans la forme et la fonction. La beauté de Hiruko – la beauté de toutes mes marionnettes– réside non pas dans leur apparence, mais dans leur talent au combat.. et à la manière dont leurs traits sont parfaitement préservés." D'une main agile et pâle, il caressa le bras de la marionnette.

-La véritable beauté endure les ravages du temps. Ce qui est joli éblouit puis s'affadit. C'est la différence entre un coup de cœur et l'amour véritable.
-Vraiment? fit Deidara en penchant la tête à la manière d'un chien curieux. Intéressante comparaison. Tu as déjà été amoureux?

Les épaules de Sasori se tendirent.

-Assez avec les questions. Ça commence à me taper sur les nerfs.
-J'en ai marre que tu n'arrêtes pas de me repousser, h'm, dit Deidara en fronçant les sourcils.
-Alors arrête de me provoquer.
-Ça s'appelle une conversation. Le silence devient ennuyeux au bout d'un moment, tu ne trouves pas?
-Dans le silence, on peut réfléchir aux mystères de la vie. Seuls ceux qui ont le crâne vide ont besoin de remplir le silence avec des bavardages.

Deidara plaqua sa main contre son cœur comme s'il avait été transpercé par une flèche invisible.

-Danna, tu es tellement cruel! Je bois chacune de tes paroles, et tu me traites comme un chien qui aboie. Je t'ennuies donc à ce point?

Malgré son ton théâtral, il y avait une note de véritable douleur dans sa voix.

Sasori le regarda du coin de l'œil.

-Pas toujours, dit-il avant de détourner le regard. Tu devrais dormir un peu pour qu'on puisse repartir tôt demain. Je monterai la garde.
-Ça doit être bien pratique. De ne pas avoir besoin de dormir.

Sasori grogna en guise de réponse. Il retourna à l'intérieur de Hiruko. L'armure fit un bruit sec en se refermant sur lui.

-Ne rentre pas tout de suite. Allez! J'aime bien pouvoir te voir.
-Mon corps, ce n'est pas plus "moi" que ne l'est Hiruko. C'est juste une autre enveloppe.
-Hein, tu veux dire qu'il y a un troisième gars plus petit dans ce corps?
-Non. Je veux dire que ce corps est simplement un contenant de ma conscience. Un véhicule.
-Et ben, c'est un drôle de truc bien monté.

Sasori ne répondit pas. Il avait bien compris ce qui ce passait. Depuis quelques mois, Deidara flirtait avec lui – d'abord indirectement, avec de léger sous-entendus timides, puis ouvertement et sans complexe, une fois qu'il avait compris que son partenaire ne le tuerait pas pour ça. Et à vrai dire, ça ne dérangeait pas plus que ça Sasori. Ça ne l'ennuyait pas plus que les autres flots de paroles de Deidara.

Peut-être – s'il était vraiment honnête avec lui-même – qu'il aimait un peu ça. Même s'il avait perdu la capacité à ressentir du plaisir sexuel et les sentiments qui allaient avec lorsqu'il est devenu une marionnette, il n'avait pas perdu sa vanité en tant qu'artiste. Son corps était une œuvre d'art. Il aimait qu'on l'admire.

La tête de Hiruko claqua en se refermant aussi, cachant le vrai visage de Sasori.

Deidara lâcha un soupir mélancolique. Puis il sourit.

-Et bien. Il me reste mon imagination.

Sasori brandit la longue queue de fer de Hiruko. Deidara s'éloigna de l'extrémité empoisonnée.

-Je peux t'assurer que quelque soit le fantasme que tu as à propos de moi, il est non seulement impraticable, mais anatomiquement impossible. J'ai abandonné tous ces éléments humains inutiles quand j'ai fait ce corps.
-Sérieusement? fit Deidara en clignant les yeux. Donc tu n'as pas de..
-Je n'en n'ai pas besoin, je n'en ai pas l'utilité.
-Quel gâchis. La jeunesse et la beauté éternelle sans les avantages.
-Tout le monde n'est pas aussi obsédé par ça que toi, gamin.
-Hé, je suis un mec de seize ans. Tu t'attendais à quoi?
-Hmpf, fit-il en se détournant. Dors.

Deidara se glissa dans son sac de couchage. Sasori resta non loin de leur campement, scrutant la zone. Ils étaient à des kilomètres de leur destination. Il n'y avait sûrement personne autour d'eux pour les voir. Néanmoins, il valait mieux être prudent.

Il entendit des gémissements étouffés en provenance du sac de couchage de Deidara et grogna d'agacement. Ce gamin n'avait aucune gêne. Il se fichait que Sasori puisse l'entendre?

-J'ai dit dors, lança-t-il sèchement.

Deidara releva la tête, haletant et rouge. Il sourit.

-Si je ne fais pas ça, je ne pourrai jamais dormir. Donne-moi juste trois minutes de plus. Bien sûr, si tu veux m'aider..
-Tu es insupportable, répondit-il en se détournant. Bien, fais ce que tu veux, mais fais-le en silence.

Il écouta la respiration de Deidara s'accélérer, devenir plus forte et plus décousue avant de finir par un doux grognement. Puis elle ralentit à nouveau, et quelques minutes plus tard il ronflait.

Le gamin se touchait comme ça presque toutes les nuits. Aucun contrôle sur lui-même. Pathétique.

Sasori se surpris à penser au passé, à essayer de se remémorer la sensation de se masturber.. Mais il ne l'avait pas fait tant que ça, même en étant humain, et maintenant, seules de vagues sensations demeuraient dans son esprit. Tout comme le sommeil, la nourriture et la chaleur, il avait laissé tomber ça au profit de l'immortalité.


Le matin arriva, et ils se remirent en route dans la forêt. Les arbres devenaient épars, laissant place à un sol rocheux.

Après une heure ou deux, Sasori remarqua un son de craquement dans son armure. Il s'arrêta.

-Tout va bien? demanda Deidara.
-Un moment.

Sasori bougea son bras droit, puis son bras gauche. Rien. Il bougea sa jambe droite. Crac.

-Je pense que l'une de mes articulations est endommagé.

Il envoya une commande mentale et l'armure s'ouvrit. Il en sortit comme un serpent quitte sa mue. Il laissa précautionneusement Hiruko sur le côté et s'assit au sol. Toute cette marche avait probablement desserré une vis de la jointure de son genou. Bien, c'était facile à réparer.

Sasori releva sa robe de l'Akatsuki, révélant sa jambe mince et pâle.

Deidara émit un petit son de surprise.

-D-danna?
-Je ne fais pas d'idées. J'ai juste besoin d'ajuster quelque chose.

Il examina sa jambe, fouilla dans sa sacoche de réserve, en sortit un tournevis et resserra une vis sur son genou. Il leva les yeux et vit Deidara le fixer intensément.

-Quoi? demanda Sasori.
-Je n'ai jamais vu autant de parcelle de ton corps avant. Je peux voir le reste?
-Tu penses vraiment que je vais me déshabiller pour toi, gamin?

Deidara haussa les épaules, un sourire taquin naissant au coin de ses lèvres.

-Tu ne peux pas reprocher à un gars d'essayer. J'ai fantasmé sur ce à quoi tu ressembles sous cette robe depuis la première vois où j'ai vu ta vraie forme.

Sasori se stoppa. Il ne devrait pas encourager Deidara là-dedans, pensait-il. Mais après tout, quel mal y aurait-il? Ce n'est pas comme s'ils pouvaient avoir une relation sexuelle. C'était physiquement impossible. Peut-être qu'une fois que Deidara aurait vu à quel point il était différent, à quel point Sasori était loin de la forme humaine, il abandonnerait cette idée.

-Et bien, si tu es curieux à ce point..

Il se leva et remonta sa robe.

Les yeux de Deidara s'agrandirent. Pendant un long moment, il le fixa, l'expression indéchiffrable.

-Probablement pas ce que tu visualisais dans tes fantasmes, dit Sasori.

Il passa la main sur les jointures de son cou jusqu'à son torse, et de son torse jusqu'à son épaule. Il fit courir ses doigts sur la cavité de son estomac, qui abritait un long câble en métal rétractable.

-Chaque partie de moi est une arme.

Le câble serpenta hors de son ventre en exposant son extrémité empoisonnée, et se balança dans les airs. Il se tourna, laissant Deidara voir l'arrière de son corps. Les lames rétractacles sur ses hanches se déployèrent d'un coup comme des éventails métalliques.

-J'ai abandonné mon moi mortel pour devenir ceci. Ce n'est pas joli, hein? Mais bon, l'art n'est pas toujours joli. Parfois c'est perturbant. Parfois c'est même laid.
-Je ne pense pas que tu es moche. Je veux dire.. c'est différent. Mais différent dans le sens intéressant. En fait, je pense qu'avoir des armes sur chaque partie de ton corps est assez sexy.

Sasori lui fit face, et pencha légèrement la tête, les sourcils froncés.

-Je dois avouer que ce n'est pas la réaction à laquelle je m'attendais.
-Tu t'attendais à quoi?
-Je ne sais pas. De la stupeur. De l'horreur. Peut-être à un peu plus de surprise, au moins.
-Et bien, tu devrais avoir remarqué que je ne suis pas exactement normal moi-même. Je veux dire, j'ai ces trucs, dit-il en levant les mains, la paume ouverte, les bouches tirant la langue et bavant. La plupart des gens les trouveraient bien perturbantes, ajouta-il avec un rictus. Mais elles ne t'ennuient pas.
-Elles m'ennuient quand tu les utilises pour te toucher. Devoir entendre ça chaque nuit est terriblement agaçant.
-Tu vois ce que je veux dire, dit-il après un gloussement. Je veux dire que tu ne les trouves pas laides ou perturbantes, ou quoi que ce soit. Si?

Sasori marqua un arrêt.

-Non. J'ai vu des choses bien plus bizarres.
-Tu vois? La normalité est une question de perspective. Dis, c'est quoi ça?
-Mmh?
-Ce truc dans son torse.

Sasori baissa les yeux et toucha le cercle en métal incrusté dans sa peau – le cercle avec son nom peint en rouge dessus. Pendant un moment, il se demanda s'il devait répondre. Mais Deidara était son partenaire à présent, après tout. Il devrait s'en douter tôt ou tard.

-C'est mon cœur, dit-il.
-Ton cœur?

Sasori hocha la tête.

-J'ai gardé une petite partie de mon corps humain en vie pour générer du chakra. J'ai également transféré ma conscience là dedans, pour que, si nécessaire, il puisse être retiré et placé dans un nouveau corps. Je garde quelques corps de réserve dans la cachette.
-Ha, je les ai vus dans ton atelier. Je me suis toujours demandé à quoi servaient ces corps en plus.
-Bien sûr, je doute qu'un transfert soit un jour nécessaire. J'ai beaucoup de défenses. Et j'en développe des nouvelles constamment, dit-il en remettant sa robe avant de retourner dans Hiruko.
-Combien de temps ton cœur peut survivre hors d'un corps?

Sasori réfléchit.

-Je ne suis pas sûr. Mais je dirais environ huit heures.


Le terrain plat et rocheux s'étirait autour d'eux sur des kilomètres, quelque soit la direction. Le ciel était d'un blanc morne, oppressif. Il n'y avait rien alentour. Ils marchaient, leurs ombres les suivant. Il leur semblait marcher depuis des jours.

-Du coup, danna, qu'est-ce qu'on fait ici, au fait?
-Tu ne te rappelles vraiment pas de notre mission?
-Je n'étais pas vraiment attentif quand tu as expliqué, h'm, fit Deidara en haussant les épaule, se grattant la nuque.

Sasori soupira. Parfois, il se savait pas si Deidara le faisait exprès. Il était certain qu'il n'aurait pas survécu aussi longtemps s'il n'étais pas aussi écervelé qu'il semblait l'être.

-Nous allons vérifier les rumeurs à propos d'un Jinchuuriki à Iwagakure. J'ai besoin de voir un de mes espions.
-Oh. D'accord. Et pourquoi on ne pourrait pas voler jusque là-bas? Il me reste encore de l'argile..
-Pourquoi? Tu es bien né à Iwagakure, pas vrai? Ça va raviver tes beaux souvenirs.
-Crois-moi, je n'ai aucun attachement émotionnel à cet endroit. C'est ennuyeux et bourré de culs serrés, de connards intolérants qui ne savent pas apprécier l'art. Quoique, maintenant que j'y pense, ça pourrait être bien de revenir là-bas juste pour causer un scandale..
-Nous n'allons pas causer un scandale. Nous allons juste collecter des informations. Pein a été clair là-dessus.
-Rah. Pas d'explosions?
-Non.
-Même pas une seule?
-Non! Et si tu fais rater la mission, je te promets que je te le ferai regretter. Pein attend de moi que je te garde sous contrôle. Si tu fiches tout en l'air pour nous, c'est moi qui vais prendre. Compris?
-Tu n'as pas besoin de crier. Vraiment, qu'est-ce que tu es grincheux..

Sasori soupira, plaqua Deidara au sol et brandit sa queue segmentée, l'abaissant jusqu'à ce que l'extrémité acérée et empoisonnée danse non loin des yeux de Deidara.

-Je commence à perdre patience avec toi, gamin. Continue de geindre et je t'ajouterai à ma collection.

Deidara déglutit, son visage perdant ses couleurs. Il se tortilla et essaya de l'éloigner, mais Sasori le saisit à la gorge, enfonçant sa tête là où elle était. La pointe de la queue se baissa encore de quelques centimètres, remuant de façon menaçante près de l'un des grands yeux bleus.

-Sommes-nous clairs?
-O-oui, danna.
-Bien, fit Sasori en le relâchant.

Deidara, secoué de spasmes, se redressa à l'assise et frotta sa gorge.

-Ouf, souria-t-il, malgré son visage toujours blême. Pendant un instant, j'ai cru que tu allais vraiment me tuer.

Sasori se détourna. Il réalisa qu'il agitait sa queue en fer, comme un chat agité, et s'immobilisa.

La manière dont Deidara arrivait le mettre en colère aussi rapidement était quelque chose qu'il n'avait pas prévu. Il avait traversé quelques dizaines d'années en ne ressentant rien, que ce fut physiquement ou émotionnellement. Sans les glandes et les hormones qui entraînaient les passions chez les créatures faites de chair, il vivait comme une conscience qui flottait librement, observant calmement le monde depuis l'abri qu'était sa marionnette, seulement concerné par son art et l'accomplissement de ses missions.

Et pourtant, ce jeune blond arrogant et grande gueule avait passé la barrière de sa peau.

-Tu sais, dit Sasori, il faut vraiment que tu apprennes à te restreindre, ou bien ton attitude va te causer de sérieux ennuis, un de ces jours. Les membres de l'Akastuki doivent être calmes et sérieux.
-Oui, danna. Je m'en souviendrai, répondit Deidara en se levant et en s'époussetant.
-Hmph.

Sasori reprit sa marche. Deidara le suivit.

-Hé, tu es toujours contrarié?

Sasori regarda droit devant lui et ne répondit pas.

-Je prends ça pour un oui. Qu'est-ce que je peux faire pour y remédier? Je te paierai un verre une fois qu'on sera au village.. non attends, tu ne bois pas et ne manges pas, c'est ça? H'm.. Et bien, qu'est-ce que tu dis d'un massage du dos? Ou bien je peux polir ta marionnette.. h'm, ça sonne pervers dit comme ça, non?
-La ferme.

Deidara devint silencieux.

Finalement.

Ils marchèrent un moment, et Sasori se surprit à observer son partenaire du coin de l'œil. Deidara regardait par terre, comme un chien battu. Pour une fois, semblait-il, il prenait les ordres de Sasori au sérieux. Pourtant.. il ne s'était pas attendu à ce qu'il arrête de parler complètement. Sasori envisagea de dire quelque chose – un Deidara silencieux était assez surnaturel –, mais se retint. Plutôt mourir que de s'excuser.

Devant eux, la chaîne de montagnes entourant Iwagakure les surplombait, un grand mur gris, des pics découpant des silhouettes acérées sur le ciel pâle.

-Donc, comment est-ce qu'on va rentrer? finit par demander Deidara. C'est un village ninja, ils ne vont pas nous laisser tranquillement passer les portes.
-Nous allons creuser un tunnel sous les montagnes. Ton jutsu va être utile pour ça.

Il s'approcha au pied des montagnes, puis s'arrêta. Une vague sensation de malaise le parcourut.

-Quelque chose ne va pas, h'm?
-Recule.

Il se traîna encore sur quelques pas, à quatre pattes, comme il le faisait souvent lorsqu'il était caché dans Hiruko.

Il n'avait aucune raison de croire que des pièges seraient posés ici. Personne ne les avait vus venir – il en était presque sûr. Mais pourtant, les ninja de Iwagakura étaient réputés pour être malins et prudents. Deidara faisant exception, bien entendu.

-Hé, danna! Pourquoi tu ne me laisses pas y aller en premier, tu es inquiet?
-Je ne suis pas inquiet. Je prends juste mes précautions.

Il étudia le sol à la recherche d'une trace révélatrice de fil de détente ou de terre fraîchement retournée d'un trou caché. Il ne vit rien, n'entendit rien qui sortait de l'ordinaire.

Sasori scruta alentour un moment. Il sonda la terre avec sa queue – rien. Il avança doucement. Trop tard, il entendit le sifflement d'un détonateur dans le sol, sous ses pieds?

Un flash de lumière l'aveugla, et un vrombissement assourdissant lui hurla dans les oreilles. Tout devint blanc.

Puis, tout devint noir.