Hey ! Merci pour les reviews que vous m'avez tous envoyées ! Voici la suite, elle m'est venue très vite, je me suis jetée sur mon ordi pour vite l'écrire ! J'espère que ça vous plaira.
Chapitre 9 :
J'ai besoin de toi
Des voix, de très nombreuses voix, qui naissaient peut-être de son imagination, ou provenaient de l'ombre inhospitalière de la forêt. Kadaj n'aurait pu le dire. Elles étaient sa seule compagnie depuis qu'il s'était retrouvé seul, au plus profond de la forêt sur l'Île des Tabhaisavers.
Kadaj, l'esprit de Jenova ! Il a recommencé, Kadaj, l'incarné de Sephiroth !
Son amie est morte, sa petite-sœur, soyons aimables, soyons gentils !
Où sommes-nous ?
Dans l'obscurité, dans l'éternelle obscurité…
Non, frémit Kadaj, cherchant à réfréner les voix qui l'attaquaient. Je vais me souvenir, je vais me souvenir de moi, de qui je suis réellement, je n'oublierai pas mes frères, Loz, Yazoo, ni mes amis, Yakino, Senki, Frongeon, Nathalie, Telian… Telian…
Il tomba à genoux contre la terre humide, pleurant d'une rage vide et sans force, les faibles battements de son cœur devenant l'unique poussière de vie d'un univers de boue noire. L'obscurité était une matière étouffante qui pesait sur ses épaules et l'empêchait de respirer.
Pourquoi a-t-elle fait ça ? Pourquoi ne s'est-elle pas sauvée, quand je lui ai dit de fuir ? pensa le garçon, revoyant la scène, cette maudite image où Telian restait obstinément debout près du mausolée, devant lui, qui reprenait Masamune en main pour l'embrocher.
Elle est morte par ta faute, stupide garçon, parce qu'elle voulait rester avec toi. Si elle avait fui, tu l'aurais suivie. La magie de Weiss a été la plus forte. Elle aurait quand même été tuée. C'est pour ça qu'elle est morte.
Kadaj fut horrifié par le bruit de ses pleurs, par le son irrégulier qui résonnait entre les arbres. Il se força à pleurer plus fort encore, tirant jusqu'à la dernière larme de son corps. Une vague de désespoir lui enserra la gorge, à nouveau. Il était désespérément seul, irrémédiablement perdu. Il ne reverrait jamais tous ceux qu'il aimait.
Kadaj, le clone de Sephiroth, Kadaj, le Cauchemar-Junior… Ses sœurs sont toutes mortes, regardez-le se rapprocher de la Rivière de la vie…
« SILENCE ! » gronda-t-il de toute la force de sa poitrine, et fut surpris d'entendre ce mot retentir en écho dans la forêt.
Immobile, épuisé, Kadaj ne savait plus que faire. Repartir, ou errer de nouveau à travers ces couloirs formés par les arbres noirs ?
Il se prit la tête dans les mains. Il s'était toujours cru puissant. Le Jenova dans son corps, la Mako injectée dans son sang, les expériences de Hojo… tout cela n'avait pas suffi pour faire de lui un surhomme ? Qu'était-il, en fin de compte ? Tout était si flou, autour de lui et en lui…
Il se laissa tomber au sol une fois de plus, et ferma les yeux. Après tout, il faisait si noir dehors, alors que dire de ce qu'il y avait en lui ? Il en avait assez. Cette fois, c'était décidé : il allait mourir !
« Kadaj. »
Le brouillard était si épais qu'il ne pouvait pas voir. Une épaisse grisaille l'entourait, maintenant. Qui l'appelait ? Les esprits de son monde de ténèbres ne pouvaient pas voir qu'il avait besoin de dormir ? S'il patientait, la voix partirait. Tout le monde s'en allait si l'on attendait suffisamment.
« Kadaj. » La voix insistait.
Il ne voulait plus de voix. Il ne voulait rien d'autre que de se rendormir, s'abandonner à un sommeil sans rêves et sans fin…
« Kadaj. Regarde-moi. »
Quelque chose bougeait dans la grisaille. Il s'en moquait. Pourquoi la voix ne voulait-elle pas le laisser en paix ? « Allez-vous-en. »
« Regarde-moi, Kadaj. Regarde-moi. Il faut que tu viennes vers moi. »
Il s'efforça d'oublier cette présence troublante, mais quelque chose en lui avait été réveillé par la voix. Il regarda dans le vide.
« Peux-tu me voir ? »
« Non. Je veux dormir. »
« Pas encore, Kadaj. Il y a des choses que tu dois faire. Tu te reposeras un jour – mais pas aujourd'hui. S'il te plaît, Kadaj, regarde ! »
La chose mouvante prit une forme plus définie. Un visage, doux et magnifique, flotta devant lui. C'était une belle jeune fille, vêtue d'une veste et d'une robe roses. Ses cheveux bruns étaient noués en natte par un ruban rose, lui aussi. Un doux sourire aux lèvres, elle le regardait ses magnifiques yeux verts.
« Me vois-tu ? »
« Oui. Qui êtes-vous ? »
« C'est bien. Je suis Aéris, et je suis contente que tu me voies. Je t'ai senti venir. Mais j'aimerais que tu fasses demi-tour, je ne veux pas que tu meures. »
« Je ne comprends pas. » Parler était trop difficile. Il voulait juste s'abandonner, flotter vers l'oubli, vers le sommeil…
« Il faut que tu comprennes, Kadaj. Il le faut. Mais… non, Zack avait raison, tu es trop fatigué, j'ai eu tort de venir te déranger. Pardonne-moi. »
La jeune fille s'éloigna. Kadaj ne voulait pas qu'elle s'en aille. Il se sentait si seul. Soudain, il fut avec elle.
« Tu vois, dit-elle en souriant de plus belle. Ah ! Kadaj, j'ai tellement désiré te rencontrer, toi qui as si bien connu ma Tabhaisaver, Telian ! »
« Je suis fatigué. Je ne veux voir personne. » L'aspiration au sommeil et à l'oubli était revenue. Elle se saisit de lui comme un courant puissant. Sa visiteuse ne lui avait apporté que confusion et peur. Revenir en arrière ? Vers ce monde de douleur ? Pourquoi devrait-il s'en donner la peine ? Dormir était plus simple, s'abandonner à une totale absence de souci. Il pouvait renoncer, et tout serait si facile…
« Kadaj ! » Il y avait de la peur dans la voix de la jeune fille, maintenant. « Non ! Il ne faut pas céder ! »
Lentement, les traits doux et gracieux de la jeune fille revinrent dans son champ de vision. Il vit alors qu'elle était debout devant lui dans un grand champ de fleurs.
« Pourquoi je ne peux pas me reposer ? »
« Tu as fait beaucoup d'efforts, je comprends ta fatigue. Mais je ne peux pas te laisser faire ça. Je veux t'aider, à tous prix ! »
« Mais pourquoi faites-vous ça ? »
« Parce que je t'aime. »
Elle parlait avec une douce simplicité qui ne laissait deviner aucune obligation ni reproche.
« Tu as protégé Telian – ou tu as essayé. Et il y a d'autres personnes que j'aime et qui ont besoin de toi. Il n'y a qu'une chance infime de sauver la planète – mais c'est la seule chance qui reste. »
Sauver la planète ? Lui ? Sauver le monde, après tous les crimes qu'il avait commis ? Kadaj sentit la confusion et l'épuisement s'abattre une nouvelle fois sur lui. Il n'était plus capable de réfléchir.
La présence d'Aéris s'évanouit. Il était seul au milieu des fleurs, maintenant.
XxXxXxXxXxX
Telian se mit en rang avec les autres élèves. Pour une raison inconnue, quelques minutes avant la fin du cours de quinze heures, l'alarme anti-incendie avait résonné.
La jeune fille avait appliqué la procédure d'évacuation avec les autres, ils étaient dehors devant le bâtiment maintenant, et ils attendaient.
Mais bientôt, Telian s'aperçut que sa montre indiquait seize heures : elle avait fini les cours, elle pouvait rentrer !
Soulagée, elle fendit la foule et prit le chemin de sa maison. Mais, alors qu'elle traversait le parc pour enfants, elle vit quelque chose d'anormal : la végétation était dense, trop dense. Pile au début du printemps, ce n'était pas normal ! Au pire, seuls quelques bourgeons apparaissaient à ce moment, mais pas une telle jungle !
Soudain, un immense mur de lierre se dressa devant elle.
« Ne bouge plus », dit une voix familière.
Telian se retourna, abasourdie. Là, debout devant elle…
« Soluènn ! Tabun ! Koldor… »
Et le dernier, elle ne le connaissait pas. Il était caché sous une cape noire.
« On est venue te chercher, gamine », dit Koldor.
Je rêve ! C'est sûr, je rêve ! Ou je suis en plein cauchemar.
Elle ne fit rien. Mais quand Soluènn s'approcha, elle recula.
« Qu'allez-vous faire de moi ? Et comment êtes-vous arrivés ici, d'abord ? Vous êtes morts, vous aussi ? »
« Non, nous avons utilisé la magie du Manith de Nosféa pour venir », dit Tabun.
« Manith… de Nosféa ? »
« Oui. Le bassin aux trois profondeurs. Je suis venu pour les surveiller. Ne crains rien, nous ne te ferons pas de mal. » C'était le mystérieux homme qui avait parlé.
Il ôta sa capuche. Telian put voir que c'était un homme d'une soixantaine d'années. Ses cheveux avaient une étrange couleur gris-violet. Et ses yeux, bleus comme ceux de Nathalie.
« Vous êtes le père de Nathalie ? »
L'homme sourit.
« Oui. Et je te remercie d'avoir admis ma fille dans ton école. Merci de l'avoir intégrée à ton groupe. »
« Bon ! On y va, oui ou non ? » dit Soluènn, qui tapait du pied.
« Où ? » demanda Telian.
« Voir Kadaj, cette question ! Je veux finir mon duel avec lui », dit Koldor.
Kadaj… Telian sentit son estomac se nouer. Elle secoua la tête.
« Mais enfin, ma grand-mère dit que je ne peux pas y retourner ! Je n'ai pas de Manith me permettant d'y retourner ! Je n'ai pas… »
« Telian, ce n'est pas ça, la vraie raison », dit Nosféa. Sa voix était douce et solennelle. « Tu as peur d'avoir perdu Kadaj, n'est-ce pas ? Mais il souffre, lui aussi. Tu ne veux pas le revoir ? »
La jeune fille allait peut-être répondre, quand elle sentit soudain une violente douleur au ventre. Elle leva les yeux et vit Soluènn, qui la regardait avec froideur et mépris, comme d'habitude. Son poing venait de s'enfoncer dans l'abdomen de l'adolescente, qui perdit connaissance.
« Pourquoi l'as-tu assommée ? » dit Nosféa, choqué.
« On n'a pas de temps à perdre, et elle m'agace avec ses questions stupides ! »
Koldor prit l'adolescente dans ses bras puissants, puis disparut dans un nuage d'étoiles avec les autres.
Cachée derrière un arbre, Gillian n'avait pas perdu une miette de la scène.
XxXxXxXxXxX
Telian était inconsciente. Mais les mots des Tabhaisavers résonnaient en écho, ils obsédaient son esprit jusque dans le néant.
La jeune fille ressentit soudain quelque chose. Comme une présence familière, qui partageait sa douleur et sa frustration. À présent, son bracelet brillait fort à son poignet. Telian sentit son cœur battre la chamade.
Était-ce possible… ? Après tout ce temps… Elle ferma les yeux, plus concentrée.
« Kadaj ? »
Assis au milieu d'un grand champ de fleurs, là où Aéris l'avait laissé, le jeune homme sursauta. Cette voix…
« Kadaj, tu m'entends ? »
« Telian… ? Ça va ? Ta blessure… ? »
« Ce n'est rien. Mais toi, pourquoi es-tu dans cet état ? Je te sens mal. Tu ne te bats pas au côté des autres ? »
« Je… J'ai choisi d'arrêter. »
Il entendit un rire méprisant.
« Tu as pris peur et tu t'es enfui, c'est ça ? »
Kadaj leva furieusement la tête vers le ciel blanc lumineux, comme si la jeune fille lui parlait depuis cet endroit.
« C'est faux ! J'ai… je… »
Il baissa les yeux. Il revoyait encore le visage froid de Rufus, la cruauté dans ses mots, alors qu'il lui ordonnait de partir.
« Qu'est-ce qu'il y a ? »
« Non… Ce n'est rien. J'ai peut-être pris la fuite. »
« Peuh ! Que tu es bête quand tu t'y mets ! » dit Telian.
« Comment ça, bête ? » s'énerva le jeune homme.
Il se leva et regarda autour de lui. Où était-elle ? C'était énervant de parler dans le vide. Il se retourna et vit une mince silhouette se dessiner devant lui. Ces longs cheveux bruns, ce visage…
« Telian ? »
La jeune fille ouvrit les yeux et sourit.
« Tu vois, tu es juste là ! Alors, pourquoi te fais-tu autant de soucis ? »
Kadaj baissa la tête.
« Je… j'ai perdu tout espoir. Et je t'ai blessée. J'ai pensé que je ne méritais pas de vivre, que je ne pourrais jamais rien faire de bien. »
Telian secoua la tête, l'air agacé.
« Tu as fini de dire des bêtises, oui ? »
Elle fit quelques pas vers lui. Kadaj courut près d'elle et l'arrêta.
« Telian, ne bouge plus ! Ta blessure… »
Il ne finit pas sa phrase. Telian l'attrapa par le col de sa veste et le tira vers elle pour le serrer dans ses bras. Le jeune homme en eut le souffle coupé. Elle semblait si réelle ! Il pouvait la sentir contre lui. Elle le serrait aussi fort qu'elle le pouvait.
« J'ai besoin de toi. Tu n'as pas encore compris ça ? ! » dit Telian dans un murmure.
Kadaj soupira, puis lui rendit son étreinte. Lentement, la vision de Telian disparut. Mais le jeune homme se sentait mieux.
« Merci… petite-sœur. »
« Alors allons-y, Kadaj ! »
Le jeune homme sourit.
« Oui ! »
Les champs de fleurs disparurent. Kadaj se réveilla seul dans la forêt. Mais il n'avait plus peur. Il entendit un bruit. Un soldat de Deep Ground apparut devant lui.
Kadaj haussa des épaules et sortit son Souba. Ça y est, il se sentait prêt à repartir !
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« T'en fais pas », dit Denzel.
Loz sursauta. Perdu dans ses pensées, il n'avait pas entendu l'enfant s'approcher de lui.
Le jeune homme s'était cru seul dans la salle du QG du WRO où Vincent, enfermé dans un tube rempli d'eau, sommeillait.
« Il va s'en sortir », dit l'enfant.
Son interlocuteur lui répondit par un hochement de tête. Il ne tenait pas à Vincent, il ne le connaissait pratiquement pas, mais c'était quelqu'un qui l'avait sauvé de Rosso. Et le savoir enfermé dans un tube le mettait mal à l'aise. Même si c'était purement pour soigner, Loz avait trop de souvenirs douloureux où on l'enfermait dans tube pour lui infliger des expériences. Il ne souhaitait pas ce sort, ni rien d'approchant à quelqu'un d'autre… sauf à Hojo !
Mais Vincent, non. C'est pourquoi il attendait que ce dernier se réveille, pour qu'on le sorte vite de là.
« Pourquoi t'es là ? Tu devrais dormir avec Marlène. »
« Billy est avec elle, ils dorment. Et moi j'y arrivais pas. »
Billy, l'enfant que Vincent avait sauvé à Edge, après avoir vu ses parents mourir, tués par les soldats de Deep Ground… Loz soupira. Et lui, sa vraie famille, avait-elle subi le même sort, autrefois ? Il ne se rappelait de rien, et il n'avait pas envie de se souvenir. Il avait le sentiment que ce serait comme se rappeler de quelque chose qu'il avait perdue.
Déjà que ses frères lui manquaient, sans parler de ses amis !
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Assise sur une crête rocheuse surplombant la ville, Nathalie contemplait Cosmo Canyon. Ainsi, c'était la ville natale de Senki, là où il avait vécu toute son enfance, avant que la Shinra l'enlève pour faire des expériences sur lui. Elle était impressionnante. Une sensation de paix et d'ancienneté y régnait, comme sur l'Île des Tabhaisavers.
Le soleil se couchait, le ciel avait une belle couleur orange, mais les nuages noirs s'agglutinaient vers l'est, en direction d'Edge. La jeune fille préférait regarder en direction du nord, vers l'Île des Tabhaisavers. Elle se demandait ce qui se passait, là-bas.
« Tu devrais rentrer dormir, tu vas prendre froid. »
Nathalie sursauta. Elle vit Senki, debout derrière elle.
« Je… je n'arrive pas à dormir. Je me fais du souci pour les autres. Je voudrais que nous soyons tous réunis comme avant, Senki ! Mais on dirait que tout le monde disparaît. D'abord Telian, maintenant Kadaj, Loz, Yazoo, Frongeon, Yakino… Déjà que me séparer de mon père avait été dur, au tout début ! »
Senki s'assit près d'elle et l'entoura de ses bras.
« Je suis là, moi, ne t'en fais pas. Et nous les reverrons. Ce n'est pas la première fois qu'on se retrouve dans le pétrin, non ? »
Nathalie se blottit plus près de lui. Oui, évidemment, ils s'en étaient toujours sortis, mais jamais les ennuis n'avaient pris une telle envergure ! Senki la sentit trembler. Le jeune homme caressa ses longs cheveux dorés, cherchant les mots qui pourraient la rassurer.
Lui aussi avait peur, lui aussi voulait revoir les autres. Il voulait revivre une journée à l'école, une journée pleine de cours barbantes, avec les professeurs, draguer les autres filles de sa classe sous l'œil flamboyant de jalousie de Nathalie, se disputer avec Kadaj encore une fois, rien que pour s'amuser, comme autrefois !
Rufus lui avait raconté ce qui s'était passé entre Telian et Kadaj. Ainsi, la jeune fille était morte… non, il ne pouvait pas y croire ! Il n'y croirait que lorsqu'il reverrait Kadaj et qu'il lui dirait ce qui s'était réellement passé. Ce n'était pas un Shinra qui allait le faire douter d'un de ses amis.
En bas, Cloud, Barret, Tifa, Tseng, Reno, Rude et un groupe d'habitants préparaient des camions spéciaux, pour prendre Edge d'assaut.
Bientôt, la première grande bataille contre Deep Ground aurait lieu.
