C'est le mois d'octobre! Vous savez ce que ça veut dire? La pluie, les feuilles mortes, le vent, les... Oh, allez! Un peu de motivation que diable! C'est le mois des tisanes, des trenchcoats à la Castiel, des Pumpkin Spice Latte au Starbucks et des magnifiques couleurs du paysage!
Et surtout, c'est le mois du Chapitre quatre!
Disclaimer : la plupart des personnages appartiennent à Hidekaz Himaruya.
Je vous remercie de votre enthousiasme sur le chapitre 3! Toutes vos marques d'affection me remplissent de joie *w*
Réponses aux reviews anonymes!
Guest (02.09.15) : Merci pour ta review! Je suis contente que tu aies apprécié, j'espère que tu aimeras les chapitres suivants ~
Guest (03.09.15) : Merci aussi pour ta review! Désolée du délai... Mais c'est le seul rythme que je peux à peu près affirmer tenir sur le long terme ;) C'est pour éviter de poster tous les trois mois xD Ton enthousiasme fait plaisir à voir !
Concernant ce chapitre : désormais, ils seront datés, et ce, pour une meilleure compréhension par rapport à l'âge de Lovino que vous pourrez estimer au fur et à mesure. Il est né le 17 mars 1998 (j'avais même pas trois mois OMG), you do the maths ;D
Ce quatrième chapitre se présente un peu comme une "pause" dans la croissance de Lovino, dans le sens où je n'aborde pas une grande étape de son développement... Mais il plante le décor d'un lieu-clé de la suite.
J'aurai probablement besoin d'un peu d'aide par rapport au système scolaire français...
Bonne lecture, n'hésitez pas à laisser une review !
Chapitre IV : Once Upon a Time
Décembre 1998.
Antonio enroule Lovino dans une serviette après son bain du matin et dépose un baiser sur son front.
Il est encore plus mignon avec ses petits cheveux ébouriffés et en bataille.
Dans ses bras, le petit sursaute lorsque la sonnerie stridente du téléphone retentit. Intrigué, Antonio emmène son fils, serré contre lui pour le préserver des courants d'air, et décroche.
-Allô?
-Antonio? demande la voix à l'autre bout du fil.
-Monsieur Edelstein! Rassurez-moi, je n'ai pas oublié de venir, n'est-ce pas?
-Non, non, ne t'inquiète pas… Ca m'embête de te demander ça, je sais bien que tu es en congé ce matin, mais… Serait-ce possible pour toi de venir à la librairie plus tôt? Noël approche, les clients affluent, et je suis un peu dépassé. Je te compterai ces heures supplémentaires, bien sûr.
-Ah, Monsieur, j'aimerais vraiment venir vous aider… Mais il n'y a personne pour garder Lovino ce matin, et…
-Tu peux l'amener, si tu veux.
-Monsieur! Voyons, vous n'êtes pas sérieux? rit Antonio. Il a de bonnes cordes vocales…
-Mon épouse dit toujours que les nouveaux environnements intriguent les bébés plus qu'ils ne les font pleurer.
-Je vais téléphoner à un ami, il viendra le chercher. J'arrive d'ici une demi-heure, Monsieur!
-Antonio, tu me sauves la vie.
C'est ainsi qu'Antonio, en plein mois de décembre, a habillé Lovino en quatrième vitesse –chemisette, chemise, pantalon, pull-over et anorak, le tout accompagné de chaussures doublées et d'un indispensable bonnet. Il a rapidement téléphoné à Gilbert –censé garder l'enfant dans l'après-midi– et l'a vraisemblablement réveillé, mais l'albinos lui a assuré qu'il passerait chercher son adorable presque-neveu d'ici une heure ou deux.
Il parcourt la distance qui sépare son appartement de la librairie Edelstein prudemment, Lovino dans ses bras, en prenant bien garde de ne pas marcher sur une plaque de verglas recouverte par la neige. Le petit observe de ses grands yeux les flocons qui tombent tout autour de lui, et dans les cheveux de son père.
Enfin, ils retrouvent l'atmosphère chaleureuse et animée de la librairie. Effectivement, il y a du monde.
A côté de l'entrée, la jeune Madame Edelstein cueille l'employé.
-Antonio! Bonjour.
-Bonjour, Elizabeta.
-Roderich t'attend. Si tu veux, j'emmène Lovino à côté. J'ignorais que tu avais déjà un fils, sinon je te l'aurais proposé bien plus tôt, mais tu sais, je peux le garder durant la semaine!
-Vous… Etes gardienne d'enfants?
-Bien sûr!
-Je ne savais pas…
-Et Roderich a oublié de te le dire, évidemment… Quel distrait il fait!
-Bon, je vous le confie, alors?
Elizabeta acquiesce et attrape Lovino dans ses bras. Il proteste un peu, mais il n'y aucun doute: la jeune femme est une experte et trouve tout de suite les mots pour le calmer et le distraire.
Antonio passe derrière le comptoir et se débarrasse de son manteau, qu'il accroche à côté du trench-coat et du chapeau rétro de son patron.
Curieux établissement que la Librairie Edelstein. Elle existe depuis une cinquantaine d'années et ne semble pas avoir changé depuis sa création. Sur deux étages, un amas de présentoirs, d'étagères, de bibliothèques surchargés de livres en tous genres et sens, un véritable labyrinthe de connaissance et de fiction dont la renommée n'est plus à faire.
Antonio adore cet endroit. Il s'y perd encore de temps en temps et commence à peine à se repérer dans le classement des ouvrages, mais travailler là n'est en aucun cas une corvée. Au contraire. Un défi quotidien, certes, une chasse au trésor, bien sûr.
Singulier personnage que le propriétaire. Fils du fondateur, Roderich Edelstein a passé la trentaine, s'habille avec cette classe des années 20, et, somme toute, semble tout droit sorti d'un roman du début du siècle. Musicien, on lui doit le monumental piano à queue installé près du comptoir, et où il s'installe lorsqu'il n'y a que peu voire pas de clients dans le magasin.
Il connaît chaque ouvrage, chaque planche, chaque pile de livres qui s'est jamais trouvé dans la librairie. Antonio trouve cela un peu effrayant, mais non moins fascinant.
Et puis, sous le visage de prime abord froid, se cache une personne ouverte et chaleureuse, cultivée et parfois désemparée face aux événements, un patron indulgent mais exigeant. Antonio peut dire qu'en quelques mois de collaboration dans la librairie, ils ont développé une certaine amitié.
M. Edelstein a cette particularité d'accepter les gens tels qu'ils sont, c'est un esprit ouvert quoiqu'un peu maladroit lorsqu'il s'agit d'exprimer ses sentiments.
Aussi, il connaît la situation d'Antonio, mais a eu la prévenance de ne pas poser de question. L'Espagnol lui en est reconnaissant. Il n'aime pas expliquer le pourquoi du comment il se retrouve seul avec un enfant.
De même, compréhensif, le libraire chasse presque Antonio de son lieu de travail quand vient l'heure d'aller rechercher Lovino chez ses grands-parents.
Vous imaginez donc que devoir appeler son bras droit plus tôt, l'arrachant à de précieux instants avec son fils, le chagrine beaucoup, aussi Roderich s'est-il excusé une bonne dizaine de fois sur le temps qu'Antonio a servi trois clients.
Le jeune employé n'a pas le temps de s'inquiéter pour Lovino, de toute façon confié à l'experte répondant au nom de Mme Elizabeta Edelstein, qui l'a emmené au domicile du couple, qui occupe en effet un confortable et spacieux appartement de l'immeuble voisin.
Intérieurement, Antonio se réjouit de la proposition de l'épouse de son employeur. Si elle pouvait garder Lovino la semaine, pendant ses heures de travail… Ce serait tout simplement merveilleux! Et très pratique, avec ça. Bien sûr, cela aurait un coût, mais le jeune papa pourrait délester ses parents du poids de la garde –il est bien placé pour savoir que s'occuper toute une journée d'un enfant est éreintant, il n'ose imaginer ce que ça donne avec trente ans de plus– et tellement plus commode: il n'aurait qu'à déposer Lovino chez Mme Edelstein avant de prendre son service, sans devoir faire un détour par la maison de ses parents. Ainsi, matin et soir, il gagnerait un temps précieux qu'il pourrait partager avec son fils, en toute quiétude.
Cette perspective le remplit de joie et il sourit encore plus largement aux clients.
oOo
Gilbert s'est levé aussitôt après le coup de fil de Tonio. Il se sent l'âme héroïque, investi d'un important devoir vis-à-vis de son presque-neveu. Il se prendrait presque pour le chevalier défendant la veuve et l'orphelin alors qu'il accourt à la rescousse de sa deuxième famille. Bon, Antonio n'est pas exactement veuf et Lovino n'est pas exactement orphelin, mais soit.
Il a enfilé un épais pull à capuche, un pantalon, d'épaisses chaussettes, ses bottines militaires, un blouson en cuir, et il a même vissé un bonnet sur ses oreilles. Prêt à affronter le froid et la neige, il a pris le métro, et en quelques minutes de marche, le voilà face à la librairie Edelstein.
Il n'y est encore jamais allé, mais son ami semble amoureux de l'endroit.
Depuis le trottoir, on voit la file de clients qui patientent devant le comptoir. Il y a un peu moins de monde qu'une heure auparavant, mais ils ne sont pas trop de deux pour contenter tous les clients.
Lorsque Gilbert entre, une clochette à l'ancienne tinte, et Antonio lui adresse un "Bonjour!" enjoué et poli, avant de se rendre compte qu'il s'agit de Gilbert.
-Le génial tonton vient te sauver la vie! lance ce dernier avec un signe de la main.
Antonio ne lui répond que d'un grand sourire avant de disparaître parmi les bibliothèques. Mains dans les poches de son blouson, Gilbert attend, et observe l'endroit. Son ami a raison, c'est un lieu assez hors du commun dans une capitale qui tend à se moderniser. La librairie semble tout droit sortie d'un conte ou de l'âge d'or de la littérature.
Tout à sa contemplation, l'albinos ne remarque pas l'homme brun qui arrive vers lui, vêtu de ce gilet de costume atypique sur une chemise blanche et un pantalon foncé.
-Vous êtes venu pour Lovino? demande-t-il.
Gilbert pose alors le regard sur Roderich. Son cœur bondit dans sa poitrine. L'homme est clairement plus âgé que lui, ça se voit à cette lueur de maturité et de sagesse dans ses yeux améthyste –magnifiques spécimens soit dit en passant– et cette expression responsable sur le visage. Du reste, ce dernier est incroyablement beau. Il a perdu toute trace de juvénilité, toute rondeur adolescente que les jeunes de l'âge de Gilbert conservent parfois. Les pommettes sont un peu saillantes, juste ce qu'il faut. Les traits sont fins, bien dessinés, délicats, un peu sévères, mais adoucis par le sourire que le brun adresse au visiteur. Ce sourire, rayonnant, doux, réchauffe l'étudiant de l'intérieur.
-Heu… Oui? Oui, c'est ça. Je suis le meilleur ami d'Antonio. Je viens vous épargner les frasques d'une petite tornade nommée Lovino.
-Lovino est adorable. rétorque le libraire avec comme un reproche dans la voix.
-Bien sûr! Je suis le premier à le dire, mais, hem… Je voulais ironiser. Ca a foiré, oubliez ça. Monsieur… Edelstein, je présume?
-Lui-même. Mais Roderich conviendra parfaitement.
Gil tend la main et déclare:
-Gilbert Beilschmidt. C'est un plaisir, Roderich.
L'adulte lui serre la main. L'albinos se retient de parodier ses paroles à l'aide d'un "Sa Majesté suffira amplement". Mais Roderich est un homme respectable, et on ne plaisante pas avec eux, encore moins lorsque l'un d'eux est le patron d'un ami.
-Suivez-moi.
Gilbert s'exécute, et sort à la suite du libraire, intrigué. Ils entrent dans le bâtiment voisin, et montent en ascenseur jusqu'au troisième étage.
Une sonnette à côté d'une porte renseigne l'albinos. Il s'agit de l'appartement de "Monsieur et Madame Edelstein" comme l'indique l'étiquette. Gilbert ne peut s'empêcher d'être déçu.
A l'intérieur, la première pièce semble réservée aux enfants. A l'évidence, il y en a régulièrement plusieurs dans le logement, mais aujourd'hui, seul Lovino, assis sur un tapis de jeux, profite des livres et jouets sous l'œil attentif d'une belle femme brune et souriante. Le petit garçon manipule un cube en plastique avec des formes découpées sur la surface, et semble très intrigué par celle qui ressemble à un éléphant.
La porte se referme derrière eux, ils font quelques pas sur le parquet, qui craque et alerte l'enfant. Il jouait calmement, mais s'agite lorsque le familier visage de Gilbert apparaît dans son champ de vision.
-IIII-LLL! babille-t-il, vaine tentative dans le but de prononcer le prénom du jeune homme. IIIIL!
-Bonjour. salue-t-il la femme. Salut, Lovi! ajoute-t-il avec un signe de la main.
Le bébé fonce à quatre pattes dans les pieds de son "oncle".
-Merci d'avoir gardé Lovino. dit-il en serrant la main de la bienveillante gardienne.
-Oh, c'est un plaisir! assure-t-elle. Vous avez un filleul adorable!
Gil le prend dans ses bras et le lève avec un bruit de fusée qui amuse le garçon agité. Il lui enfile ensuite son manteau et lui remet son bonnet, tout en discutant de Lovino et Antonio avec les Edelstein. L'Italien s'impatiente bien vite, refuse de faire un bisou à Elizabeta –c'est ainsi qu'elle s'est présentée au cours de la conversation– et ne se calme qu'une fois calé dans les bras musclés de Gilbert, en route vers l'extérieur.
-Alors, heu… Vous avez des enfants? demande l'étudiant à son guide qui le ramène à la librairie.
-Non, pas encore. répond Roderich. Nous prévoyons d'adopter d'ici quelques années. Mais ce n'en est qu'à l'état de projet pour le moment.
De retour dans le bruit ambiant de la librairie, Roderich remplace Antonio derrière le comptoir, et le jeune papa retrouve son ami. Il dépose un baiser sur la joue rebondie de son fils.
-Merci beaucoup, Gil, je suis désolé, mais…
-T'inquiète pas, mon frère! le coupe l'albinos. Y a pas de problème. J'ai tout mon temps avant les examens.
-Bon…
Antonio lui tend un sac en bandoulière.
-Je t'ai mis des langes de rechange, son repas de midi, sa compote de quatre heures, son dîner, son doudou Smaug le dragon, son doudou de secours Gaston l'Ourson, et puis un pantalon en plus au cas où, un pyjama pour sa sieste, son biberon préféré, et…
-Tonio, on se calme! Je l'ai déjà gardé, tu sais? Et puis, relax! Dans même pas sept heures, vous vous revoyez! Tout va bien se passer, je gère! Je suis un tonton exemplaire et génial. Arrête un peu de stresser.
-Oui, mais…
-Il ne me manque qu'une seule chose…
-Ah oui? s'inquiète Antonio.
Gilbert se tourne alors vers Roderich, présentement débarrassé de tout client.
-Qu'est-ce que vous me conseilleriez comme livre pour enfants?
Le brun réfléchit un moment, disparaît, et revient avec un livre à la main, qu'il tend au baby-sitter.
-Charlie et la Chocolaterie. lit Gilbert à voix haute. Hum… Je m'attendais plus à un conte, ou un truc du genre.
-J'aurais pu vous proposer Candide, dans ce cas. Ca fera l'affaire! Il n'est jamais trop tôt pour commencer l'éducation littéraire des enfants, n'est-ce pas, Antonio?
-Exact…
oOo
Lovino a été sage, dans l'ensemble. Il n'a pas trop hurlé. Il n'a pas beaucoup mangé, comme d'habitude quand Tonio n'est pas là. Il a gambadé à quatre pattes dans tout l'appartement de Gilbert, et maintenant, il repose dans son grand lit, perdu dans l'immensité des draps, sous l'œil attentif de l'étudiant qui lit et le sent s'assoupir un peu plus à chaque phrase.
Bientôt, le petit garçon s'endort pour de bon. Gilbert, alors, se perd dans la contemplation de ce petit être si adorable, innocent. Et puis l'albinos se surprend à repenser au libraire.
"Il était une fois, les emmerdes sentimentales de Gilbert Beilschmidt!" raille-t-il intérieurement.
La librairie a sur lui l'effet que la chocolaterie a sur Charlie. Elle l'intrigue. Il a envie d'y retourner. De la revoir. Au moins autant que cet énigmatique libraire.
Sans le savoir, Lovino a joué ce jour-là un rôle décisif dans la vie de Gilbert.
Nous en avons fini pour octobre! J'espère que vous aurez apprécié...
Notes
Once Upon a Time : Il était une fois (anglais) titre de la série éponyme... Que, pour une fois, j'ai vue! Enfin, les trois premiers épisodes, quoi. J'ai choisi ce titre à la fois parce que Gilbert demande une histoire à Roderich pour Lovino, et aussi parce que ce chapitre marque le début d'une part secondaire de l'histoire!
Roderich a ce style qu'on certains hommes de nos jours, rétro, vintage... Celui qui me fait craquer, quoi. Super classe. Se référer à quelques postes de captainfashion sur Tumblr...
Candide est un conte philosophique de Voltaire. Très agréable à lire d'ailleurs ;) Voltaire qui en outre entretenait une correspondance avec Frédéric II de Prusse. Ah!
Charlie et la Chocolaterie est un roman pour enfants de Roald Dahl.
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