Bonjour bonjour!
Oh God! Novembre? Déjà!
Disclaimer : tous les personnages appartiennent à Hidekaz Himaruya. L'histoire est de moi.
Je vous remercie pour votre soutien sans faille sur cette petite fic! Le nombre de reviews actuel ne manque pas de m'étonner et de m'enchanter! Merci pour tout, vos commentaires, vos mises en favoris, vos follows... Vous me rendez plus heureuse que vous ne l'imaginez!
Si vous avez des suggestions pour la playlist je suis toujours preneuse ;)
Je vous souhaite une bonne lecture, on se retrouve en fin de chapitre~
Chapitre V : Ten Steps Hero
Mars 1999
Antonio admire un instant la lumière déclinante du jour qui inonde la vitrine de la librairie avant de retourner l'écriteau sur la porte pour qu'il indique que l'établissement est fermé.
Les jours se font de plus en plus lumineux, et les températures commencent à remonter. Bientôt, il pourra retourner au parc avec Lovino. Et peut-être même squatter les pelouses à la fac avec Gilbert, Francis et le petit bout.
Restons calme. Antonio attrape son manteau, l'enfile et noue une fine écharpe négligemment autour de son cou.
-Vous montez avec moi, M. Edelstein?
Le directeur relève la tête de sa paperasse et remonte ses lunettes sur son nez fin, avant de regarder autour de lui, hagard, à la recherche de l'origine de la voix.
-Hum? Non, non, j'ai quelques commandes à passer. Je t'en prie, prends l'avance!
Antonio ne peut réprimer un sourire. Parfois, son patron s'applique tant à une tâche qu'une fois ramené à la réalité, il semble complètement désorienté.
-Comme vous voulez. Je vous souhaite une bonne soirée!
Avec un dernier signe de la main à son employeur –qui ne le remarque pas, du reste– il quitte la librairie officiellement fermée, fait quelques pas sur le trottoir, et sonne à la porte de l'immeuble voisin.
Madame Edelstein lui ouvre la porte, et il emprunte les escaliers désormais familiers pour atteindre l'étage où vit le couple. Arrivé devant la porte de leur appartement, il frappe doucement.
Elizabeta apparaît, avec sa classe et son élégance habituelle. Antonio ne peut imaginer couple plus assorti que les Edelstein. Roderich, le rêveur, mélomane, héritier des poètes et artistes romantiques. Et Elizabeta, l'énergie à l'état brut.
La jeune femme a les cheveux relevés en chignon, et porte un pantalon crème, un chemisier blanc et son habituel sourire étincelant et chaleureux.
-Bonsoir, Antonio! Je t'en prie, entre!
Le jeune papa s'exécute, ses yeux vagabondent aussitôt dans l'appartement, se perdant sur les tableaux et peintures ornant le hall, à la recherche de son fils, qu'il finit par trouver.
Dans son ensemble marin, Lovino est debout dans son parc, accroché aux barreaux. Fermement campé sur ses pieds, il aimerait beaucoup partir à l'aventure et fouler du pied ce bien beau parquet, gambader dans l'appartement et –probablement– rendre Elizabeta folle à lui courir après partout, mais, hélas! le garçon n'est pas encore assez téméraire pour lâcher son support et pas suffisamment expérimenté dans l'art de la marche que pour accomplir ses diaboliques desseins.
Au lieu de ça, Lovino voit son père faire irruption dans son champ de vision et décide de faire fonctionner ses cordes vocales.
-Apaaaaa! s'écrie-t-il joyeusement et à pleins poumons.
-Hey, Lovi! Regardez-moi ce jeune Hobbit aventureux!
Le père le prend dans ses bras, le soulève dans les airs et le serre contre lui, couvrant ses joues de bisous et déclenchant le rire de l'enfant.
–Il a été sage? demande-t-il à la femme qui les contemple avec un sourire attendri.
-Bien sûr! assure-t-elle. Il n'a pas voulu dormir tout de suite, mais finalement, puisqu'il s'est retrouvé tout seul à jouer, il a daigné aller se coucher. Autrement, il a été adorable, comme d'habitude!
-C'est bien, bonhomme! le félicite le jeune papa en ébouriffant ses petits cheveux. Mais tu dois être gentil avec Elizabeta, hum?
Le garçon ne lui offre en réponse qu'un regard désintéressé.
-Je te prépare un thé, Antonio? demande la maîtresse de maison.
–Je ne voudrais pas m'imposer…
-Ne dis pas de bêtises, veux-tu? rit-elle. Enfin, je ne veux pas te retenir, mais je ne te cache pas que ça me fait toujours très plaisir de discuter avec les parents.
-On ne peut pas vous résister, vous savez? déclare Antonio en riant.
Elle disparaît dans la cuisine tandis qu'il s'installe dans le canapé, Lovino sur les genoux.
Ils l'entendent chantonner tout en préparant le thé, quelques notes d'un chanson traditionnelle hongroise, probablement. Antonio n'en comprend pas un mot, mais il trouve la musique apaisante. Parfois, il regrette de ne pas savoir jouer d'un instrument. Il se dit souvent que ça l'aurait à coup sûr aidé à calmer les colères de son fils.
Bientôt, Elizabeta revient avec un plateau, et lui tend une tasse brûlante de tisane odorante et emplie de saveurs.
Le jeune garçon en profite pour glisser des genoux de son père et atterrit par terre, sur les fesses. Il fait un tour de la table basse à quatre pattes, avant de s'éloigner un peu des adultes et de retourner sur son tapis de jeu.
-Si je peux me permettre, vous me paraissez épanouie, Madame.
-Oh, Antonio! rougit-elle. Je m'étonne que tu sois célibataire!
Son visage change et elle se reprend:
-Excuse-moi. C'est déplacé, je suis désolée. Je suppose que tu n'aimes pas en parler.
-Ne vous inquiétez pas, ce n'est rien. assure Antonio.
Il s'est plutôt bien adapté à sa vie de père célibataire. Certes, il lui arrive encore d'avoir quelques frayeurs et crises de panique, mais il doute que Lucia aurait pu y remédier.
-En fait, Roderich et moi sommes comblés. dit Elizabeta pour changer de sujet. J'aurais aimé qu'il soit là pour te l'annoncer, mais ce cher Roddy s'est probablement encore égaré sans montre dans le monde fascinant de la littérature… Alors… Voilà, nous avons entamé les démarches pour l'adoption.
-Vraiment? Oh, c'est fantastique! Je suis absolument ravi pour vous!
-Merci, Antonio. Ah, je suis tellement heureuse! Et Roderich est surexcité lui aussi, même s'il a l'air aussi posé que d'habitude. Il se pose mille questions, il est assez drôle! dit Elizabeta avec un éclat de rire.
-Il ne m'en a pas parlé…
-C'est tout lui, ça!
-Je suppose qu'il y a des délais…
-Bien sûr. confirme la jeune femme. Avec les procédures et les retards éventuels que notre dossier est susceptible de subir… Nous pensons qu'il faudra un peu moins d'un an avant que nous n'accueillons notre enfant. Nous sommes en contact avec une association italienne qui nous prendra en charge une fois les premières démarches terminées.
Le sourire de la belle Hongroise fait plaisir à voir. Antonio est sincèrement content pour le couple. Il sait qu'ils ont essayé plusieurs fois d'avoir un enfant, sans succès. Il termine son thé avec un sourire que fait écho à celui d'Elizabeta.
La discussion dérive. Antonio garde un œil sur Lovino, qui revient vers les adultes. Il agrippe la jambe de son père et se hisse sur ses pieds, se tenant à présent debout, à peine retenu par un morceau de jean qui le stabilise.
Et puis il se lâche, sous le regard ahuri de son papa, et avance un pied.
Puis l'autre.
Il fait deux pas avant de vaciller et de perdre l'équilibre.
Antonio, la surprise passée, prend le garçon dans ses bras et rit aux éclats, tandis qu'Elizabeta l'applaudit. L'Espagnol lui offre un câlin pour le récompenser de ses exploits et efforts.
oOo
Les Fernandez ont pris congé d'Elizabeta. Lorsqu'ils sont sortis de l'appartement, ils ont croisé Roderich, qui remontait de la librairie, et Antonio en a profité pour le féliciter. L'Autrichien a eu l'air ravi, bien qu'il n'a probablement pas compris tout de suite ce qui lui arrivait.
Les voilà maintenant rentrés chez eux. Antonio a donné le bain au petit garçon, puis l'a laissé dans son parc pour préparer son repas du soir.
Il se sent fier. Lovino commence à marcher! C'est fou ce qu'il grandit. Le voilà qui marchera bientôt, maintenant! Encore une étape importante. Un moment fort. Il aura un an dans une quinzaine de jours. C'est fou. C'est merveilleux. C'est intense.
C'est la vie.
Elever Lovino apporte à Antonio son lot d'émotions, clairement. Qu'il s'agisse de la surprise de sa paternité, de la joie quotidienne d'être père et d'accompagner son fils dans ses découvertes du monde… Rien ne le laisse de marbre. Il a déclenché le rire d'Antonio plus d'une fois, à Noël par exemple: la bouille du garçon devant les papiers colorés et les paquets bariolés est mémorable. Antonio a eu, et aura encore, quelques périodes de découragement et des crises de larmes, c'est certain, mais ce n'est pas ça qui compte.
Ce qui compte, c'est le lien qui les unit. Depuis ce jour, quelques huit mois auparavant, où leur attachement s'est créé d'un regard… Il a su qu'il lui serait à jamais impossible de quitter ces yeux, cette petite personne si extraordinaire. Il a su qu'il ne serait jamais capable de l'abandonner, et qu'il resterait à jamais à ses côtés.
Cette fois, c'est de la fierté qu'il ressent. C'est un sentiment indescriptible que de regarder un enfant jouer avec insouciance et de se sentir réchauffé de l'intérieur.
La purée est prête, de même que la viande hachée. Antonio dépose l'assiette du garçon sur la table, puis va chercher Lovino dans son parc.
Au lieu de le porter jusqu'à sa nourriture, il le pose au sol et prend ses petites mains dans les siennes.
–Allez, Lovi. Un pied devant l'autre, et on recommence.
Le petit ne se fait pas prier, et marche soutenu par son père. Puis il accélère et trottine, parfois avec incertitude et peu d'équilibre, seul, dans l'appartement.
Antonio l'applaudit, le félicite, l'embrasse. Leurs sourires se ressemblent comme deux gouttes d'eau.
oOo
Lovino couché, l'Espagnol va prendre sa douche. Avant d'aller dormir à son tour, il jette un œil dans la chambre de l'enfant. Le garçon endormi paraît si calme…
Antonio a un petit rire.
Mouais. Calme? Inoffensif?
Non, du tout. Au contraire. Antonio prévoit quelques moments fortement animés à courir après son fils qui découvre la liberté de la marche.
Ca promet d'être drôle. Très drôle…
J'espère que vous avez aimé ce chapitre! N'hésitez pas à laisser une review, mais je vous fais confiance ;)
Notes
Le lien d'attachement se crée généralement peu après la naissance, mais c'est un lien fort qui se forme par le regard entre un enfant et sa maman, ici, son papa.
Ten Steps Hero est inspiré, cette fois, d'un film : Ten Inch Hero avec Jensen Ackles (Dean Winchester) et c'est franchement bien... Le titre du chapitre signifie Le héros des dix pas!
Vous l'aurez deviné, Feliciano est en chemin! Lovino aura bientôt un compagnon de jeu...
Jeune Hobbit... Encore et toujours une référence au Hobbit que je lirai définitivement à mes enfants en guise de conte de fées...
Voilà voilà! A dans un mois~
