Bonne année 2016 ! ~

Allez, les cotillons, les feux d'artifice, et que la fête commence ~

Disclaimer : tous les personnages appartiennent à Hidekaz Himaruya.

Note: merci infiniment à tous pour vos reviews, vos follows, vos mises en favoris... L'amour que vous témoignez à cette petite fic me fait chaud au coeur!


Chapitre VIII : School of Thrones

Septembre 2000.

Lovino a le visage fermé. Les commissures des lèvres vers le bas. Les yeux boudeurs. Les cheveux en bataille.

On lui en a parlé pendant deux mois, de ce grand jour. Antonio l'a habillé d'un pantalon en jean, de chaussures neuves en toile, et d'une chemise bleu pâle.

Lovino boude.

Aujourd'hui, il rentre à l'école.

C'est une nouvelle étape pour Antonio. Il a trouvé une école maternelle à dix minutes de chez lui, et prendra l'habitude, le matin, de conduire Lovino avant le travail. Il a essayé de motiver son fils pour cette nouvelle aventure, mais ça n'a pas vraiment fonctionné.

L'idée de ne plus aller chez Elizabeta tous les jours, et aussi, voire même surtout, de ne plus jouer avec Feliciano tous les jours, rendent le petit garçon bougon. D'où sa tête des grands jours.
Pourtant, il est adorable dans ses vêtements de grand garçon qu'Antonio a choisi, et avec son petit cartable rouge en forme de tomate sur le dos, il est absolument craquant.

Le jeune papa se démène pour le faire sourire et prendre une photo de cet événement majeur qu'est la première rentrée des classes de Lovino. Mais rien n'y fait. Le garçon reste imperturbable, le visage triste et en colère à la fois, et ignora proprement son père, qu'il considère peut-être en ce moment même comme un traître qui l'envoie à la mort loin de ses amis et de ses repères…
Enfin… Antonio a pris la précaution d'emmener Lovino à l'école une fois, au préalable, et de lui montrer, avec son instituteur, les lieux importants de la maternelle: sa salle de classe, les toilettes, le réfectoire, le dortoir, la cour de récréation. Ce jour-là, le petit n'a pas eu l'air traumatisé, mais il a eu le temps de faire les connections entre cet endroit nouveau et ses adieux à l'appartement des Edelstein depuis.

Il y a aussi l'enthousiasme excessif de Francis pendant les vacances quant à la rentrée de Lovino. Le contraste avec le manque d'optimisme de Gilbert était saisissant…

"Et alors, Lovi, tu rentres à l'école bientôt? C'est génial, ça! Tu vas bien t'amuser, tu verras!"

Ce à quoi Gilbert réagissait par des soupirs et des:

"Tu parles!"

Normal que Lovino ne sache pas quoi penser.

Dans le couloir d'entrée de l'appartement, le garçon est résolu à ne pas bouger d'un pouce.

Bon.
Antonio doit déployer des mesures drastiques.

Il retourne à la cuisine, ouvre le frigo, et en sort la nourriture de Lovino pour la journée. Une petite brique de jus d'orange, une bouteille d'eau, un paquet de biscuits –ses préférés, des tartines et, le plus important…

Des tomates cerises.

Antonio s'est dit que ce ne serait pas une mauvaise idée de lui en mettre quelques-unes à grignoter, pour être sûr qu'il mange au moins quelque chose de sa journée.

Et puis, en plus, elles constituent son arme secrète pour motiver Lovi à aller à l'école.

Les bras chargés de ces victuailles, il retourne dans le couloir et s'assied en tailleur devant Lovino.

-Ah, Lovi! dit-il d'une voix enjouée. Regarde un peu tout ce que je t'ai préparé de bon pour manger à l'école!

Les yeux ambrés se posent sur la boîte de plastique transparent dans laquelle Antonio a mis les tomates.

-Tomates! s'écrie le nouvel écolier.

-Hé oui, des tomates!

-Z'en veux.

-Ah, mais pour ça, tu dois aller à l'école Lovi!

Le sourire disparaît, et revient la moue boudeuse.

-J'veux pas.

Antonio roule des yeux.

-Allez, Lovi. Tu sais, c'est chouette l'école. Tu vas te faire plein d'amis, comme chez Elizabeta. Et puis, y a plein de livres, dans la classe, tu te souviens? Comme chez Roderich. Comme au travail de papa. Tu te souviens que Monsieur Matthias te les a montrés?

-Hm.

-Et tu vas beaucoup jouer et apprendre plein de choses, tu verras. L'école, c'est super.

Lovino fait la moue, hésitant.

On sonne à la porte.

Antonio ouvre, pour découvrir Francis et Gilbert, levés de bon matin pour accompagner leur filleul à l'école.

Enfin, Lovino se déride et saute dans les bras de Francis.

-Tonton!

-Hé, bonhomme! Alors, c'est le grand jour? répond le blond.

-T'es prêt pour l'école, Lovi? demande Gilbert en lui ébouriffant les cheveux.

-Mh. J'veux pas.

Gilbert rit. Son filleul lui ressemble tellement, parfois!

-Pourtant, tu n'as pas le choix, mon chou. annonce Francis.

Il repose le petit garçon au sol et Antonio leur demande de poser tous les trois, histoire qu'il ait quand même un cliché de cette journée, à défaut d'immortaliser un Lovi souriant.

Mais Gilbert lui offre cette possibilité en chatouillant Lovino, dont les lèvres s'ourlent finalement d'un grand sourire. Normalement, la photo donnera bien. On verra au développement.

Antonio satisfait, le petit groupe quitte l'appartement pour accompagner Lovino à l'école.

Le soleil est de la partie, et les températures ne sont ni trop basses ni trop hautes pour la période de l'année.

Pendant le trajet à pieds, Francis se charge de faire rire l'écolier et de le rassurer sur les bienfaits de l'école et sur les dizaines de jeux qu'il pourra tester, en lui racontant deux ou trois anecdotes de ses propres années d'école.
Enfin, lorsqu'ils arrivent devant la grille de l'établissement scolaire, Lovino remarque plusieurs enfants qui s'amusent déjà dans la cour de récréation, et il n'écoute plus Francis.

Un homme un peu plus âgé que les trois amis arrivent à leur rencontre. Il porte une chemise et une cravate, mais ses cheveux apportent un peu de fantaisie à la tenue sévère: ils sont en bataille et défient les lois de la gravité.

-Monsieur Fernandez Carriedo! Bonjour! le salue-t-il.

-Bonjour Monsieur Kohler…

L'instituteur s'est agenouillé devant Lovino, et lui dit avec chaleur:

-Bonjour, Lovino! Bienvenue à l'école! Tu te souviens de moi?

Timidement, le garçon hoche la tête. Il n'ose pas lever les yeux vers l'adulte.

-Ah, parfait! dit-il avec un petit rire. Tu vas bien t'amuser, tu vas voir.

Il se relève et échange quelques mots avec Antonio, sur la fin de l'école principalement. Antonio viendra rechercher le garçon vers 16 heures, avant de repasser à la librairie terminer son service et permettre à Lovino de retrouver un endroit familier.

Antonio s'agenouille à son tour et dépose un baiser sur le front de Lovino.

-Bon… Je vais aller travailler. A tout à l'heure, Lovi. Bonne journée. Je t'aime.

Antonio regarde son fils avec un sourire. Il n'a vraiment pas l'air décidé à suivre Matthias dans la cour.

Au contraire. Il se jette dans les bras de son père. Il ne pleure pas, non, mais il enserre la chemise d'Antonio de ses petits poings, comme désespéré de le voir partir.

L'Espagnol referme ses bras autour de lui et lui caresse les cheveux en un geste qui se veut rassurant.

-Tout va bien se passer, je te le promets.

Ils se séparent. Antonio l'embrasse à nouveau sur la joue, imité par Francis et Gilbert.

Lovino, avec plus ou moins d'assurance, lève les yeux vers Matthias, qui lui offre un grand sourire chaleureux et tend la main vers lui. Les doigts tremblants, le petit garçon s'en saisit.

Antonio sent les larmes lui monter aux yeux lorsqu'il voit son fils s'éloigner ainsi vers la cour de récréation. Ca y est. Il a grandi au point d'aller à l'école.
En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, il sera en primaire, puis au collège, au lycée, puis majeur et puis… Et puis il sera adulte et quittera le nid, probablement.

Il est ramené à la réalité par une grande claque amicale de Gilbert, qui lui tapote le dos avec compassion.

-Regardez-moi le conquistador qui a la larme à l'œil! lance l'albinos.

-Oh, ça va, Gil! s'indigne Antonio qui s'empresse de se frotter les yeux. C'est même pas vrai, d'abord!

-Je n'ai rien vu, honhonhon…

Lovino se retourne, peut-être alerté par le rire du blond. Antonio lui fait signe avec un pincement au cœur, mais le garçon lui offre un sourire. Un tout petit sourire, mais un sourire tout de même.
Alors, tout va bien.

oOo

-Antonio?

Le jeune homme sursaute et sort de sa rêverie.

-Hum? Oui, Roderich? Qu'y a-t-il?

-Tu ne m'as pas l'air à ce que tu fais, aujourd'hui…

-Oh, je suis désolé! C'est juste que c'est le premier jour d'école de Lovino, et je me demande…

-Ne t'inquiète pas, je comprends. Ce n'est pas un reproche. Mais je vois que tu es anxieux. Je voulais te dire que si tu veux y aller maintenant, tu peux. Ainsi, tu seras là à la sortie des classes et Lovino ne s'inquiétera pas.

Antonio sourit. Roderich est un bon père pour Feliciano, et il est tout aussi attentif au fils de son employé, qui fait plus ou moins partie de la famille désormais.

-Merci, Roderich!

oOo

Antonio patiente, les mains dans les poches de son jean, et danse d'un pied sur l'autre. Il n'est pas le seul à squatter le trottoir devant l'école. Plusieurs mamans papotent tranquillement et rient à quelques mètres de lui. Certaines lui lancent même des regards mi-surpris, mi-admiratifs. Sans doute pensent-elles qu'il vient rechercher un petit frère. Ou alors elles s'étonnent que ce soit un père qui vienne rechercher l'enfant plutôt que de son âge. Après tout, il est le seul homme dans le troupeau de parents. Et puis, disons ce qui est, elles le regardent parce que la vue n'est pas désagréable.

Antonio soupire.

Il n'a pas le temps pour ce genre de choses en ce moment. Pas qu'il ne veut pas, mais ça ne l'intéresse pas. Ce n'est pas son but actuel. Pour le moment, il ne voit que Lovino, son bien-être, son éducation. C'est tout ce qui lui importe.

La cloche sonne, les portes s'ouvrent.

Une flopée d'enfants sort de l'établissement. Antonio cherche, mais ne voit pas Lovino parmi les petits, cependant un peu plus âgés que son fils.

Finalement, dans les derniers, accompagnés de l'instituteur, il repère la tignasse auburn de son petit garçon.

Il rit avec les trois autres enfants qui l'entourent.

Ca a l'air d'aller. songe Antonio, soulagé.

Les mères autour de lui ont disparu une fois leur enfant réceptionné. Lovino a la vue dégagée pour apercevoir son papa, et court dans ses bras.

-PAPAAA!

-Lovi! Alors, bonhomme, comment c'était?

Pour toute réponse, le bambin enfouit son visage dans le cou de son père et le serre fort contre lui.

Matthias Kohler les regarde avec un grand sourire.

-Ca s'est bien passé? demande Antonio.

-Absolument, Monsieur! Lovino a été très sage, et il s'est rapidement lié aux autres. Par contre il n'a pas voulu dormir cet après-midi, il doit être très fatigué maintenant…

-D'accord, au lit tôt ce soir. Merci, Monsieur Kohler.

-Je vous en prie! A demain?

-Oui! Lovi, dis au revoir.

-Au r'voir… répète le petit avec un bâillement.

Antonio le pose au sol, attrape sa main, le débarrasse de son cartable de l'autre, et ainsi, ils marchent jusqu'à la maison.

Il préviendra Roderich qu'il ne repassera pas. Il est même prêt à parier que l'Autrichien lui aurait interdit l'entrée de la librairie et l'aurait forcé à rentrer chez lui avec le petit.

Sur le chemin du retour, Lovino babille sur les activités qu'il a découvertes de la journée.
Une fois rentrés, alors qu'Antonio range ses affaires, le petit s'endort sur le canapé.

L'école, c'est fatiguant.


Vous en conviendrez je crois, n'est-ce pas? ;)

Merci de votre lecture ! J'espère que les festivités du Nouvel An se sont bien déroulées :3

Notes

Je ne sais pas pourquoi j'ai fait de Matthias/Danemark un instituteur de la maternelle, mais... Il m'est venu en tête et je ne voyais personne d'autre.

Hé oui, à ce temps-là les appareils photos étaient à films et 'fallait attendre le développement pour voir si les photos étaient réussies ou ratées... Ca avait son charme~

J'ai fait quelques recherches sur l'école maternelle, et encore une fois j'ai été sidérée de constater les différences entre France et Belgique! Chez nous, c'est quasiment obligatoire de deux ans et demi à 5 ans, avant le primaire. Apparemment, en France, c'est rare d'y trouver des enfants de moins de trois ans... Enfin bref x)

School of Throne : dérivé de Games of Throne, parce que... J'avais pas d'inspiration. C'est le 1er janvier, je vous demande votre indulgence...

Merci encore pour votre fidélité, et encore une excellente année 2016~

N'hésitez pas à laisser une review...

Et si vous avez des séries à suggérer, ne vous gênez pas!

A la prochaine!