Bonjour bonjour~

Disclaimer : la plupart des personnages apaprtiennent à Hidekaz Himaruya.

Nous voilà en mars! Déjà!

Merci à tous pour votre soutien, votre enthousiasme, vos mots doux, vos favoris et follows! Vous n'avez pas idée du bonheur que vous me donnez!

En ce qui concerne ce chapitre : la chanson My Boy d'Elvis Presley est celle qui lui correspond le plus. Elle se trouve d'ailleurs dans la playlist Being A Dad sur YouTube ( /watch?v=5FUA70mimIY&index=22&list=PLiAGOJyChRm2xrGFtWkUA2xk3obmTMwVb )

On a donc un petit Lovi qui veut des réponses à ses questions... Antonio réussira-t-il à lui en donner?

Bonne lecture! J'attends vos reviews ;)

PS : remerciez Bey0nd pour la sortie de ce chapitre si tôt dans la journée ;)


Chapitre XI : How To Get Away With a Mother

Avril 2003.

Comme à son habitude, Antonio a quitté la librairie vers 15 heures pour aller chercher Lovino à l'école. Il a la ferme intention de repasser ensuite, avec le petit garçon, pour terminer son travail, aider Roderich à fermer, et offrir à Lovino une heure ou deux dans l'endroit magique qu'il affectionne tout particulièrement. Il est comme le petit prince des lieux. Roderich lui joue du piano, lui raconte des histoires dans un style qu'Antonio n'arrive pas à égaler, et il joue à cache-cache avec Feliciano quand l'enfant s'y trouve lui aussi. Les habitués considèrent les enfants comme des mascottes. Les étudiants et les adeptes de littérature dont le chemin passe souvent par la Librairie Edelstein ne manquent jamais de demander des nouvelles des garçons, qu'il n'est pas rare de voir gambader dans l'établissement voire s'asseoir sur le comptoir, en tailleur, un livre de coloriage ou d'images entre les mains. Ils sont assez attachants, pour tout dire, au point que les clients se sont rapidement pris d'affection pour eux.

A la fin des classes, Antonio est devant la grille de l'école, mains dans les poches de sa veste en jean, attendant de voir son fils sortir de l'école avec Matthew. Madeleine arrive quelques minutes après la sonnerie, et ils commencent à papoter de leurs enfants comme ils le font de temps en temps.

Bientôt, les enfants sortent du bâtiment scolaire avec enthousiasme. Parmi la foule, ils repèrent la tignasse abondante et blonde du petit Canadien, suivi de Lovino.

Matthew s'encourt dans les jupes de Madeleine et l'enlace, ce qui la fait rire, et elle caresse la tête de son fils en lui demandant comment s'est déroulée sa journée. Il répond de sa petite voix timide et presqu'inaudible.

Derrière lui, Lovino a ralenti quand il a vu Matthew et sa maman s'étreindre. Ses yeux font l'aller-retour entre les Williams et son père, qui se tient à côté d'eux. Il déglutit. La tête baissée, il franchit à son tour la grille de l'école et rejoint Antonio.

-Hola, Lovi! lui lance l'Espagnol avec un grand sourire en s'agenouillant pour arriver à la hauteur du garçon. Tu as eu une bonne journée?

Lovino acquiesce, sans plus. Antonio fronce les sourcils.

-Qu'est-ce qu'il y a? Il s'est passé quelque chose?

Lovino hoche négativement le chef. Il prend la main de son papa et commence à marcher sur le chemin du retour.

-Lovi, ça va? Dis au revoir à Matthew, au moins!

Le petit blond en effet le regarde s'éloigner avec incrédulité. Madeleine a les mêmes sourcils froncés qu'Antonio, qui lui signifie d'un geste de la main qu'il n'en sait pas plus qu'elle et qu'il tentera d'éclaircir l'histoire avant de la lui expliquer.

Une chose est sûre, quelque chose turlupine Lovino, lui donne cet air triste, et Antonio n'aime pas ça. Il préfère évidemment voir son fils souriant, épanoui et heureux.

Ils marchent dans la rue en silence pendant quelques minutes. Antonio pressent qu'ils doivent discuter sérieusement, et décide de ne pas retourner à la librairie. Il expliquera à Roderich. Pour l'heure, il doit parler à son fils seul à seul, au calme, chez eux.

oOo

Une fois revenus à l'appartement, Antonio prend le temps de préparer un goûter à Lovino et de s'asseoir à table en face de lui avant de poser la moindre question.

Derrière son grand verre de lait et en mâchonnant une tartine à la confiture, le petit garçon le regarde avec une moue à la fois triste et boudeuse, et un regard qui semble le mettre au défi de lui arracher la moindre information.

-Qu'est-ce qui s'est passé à l'école, Lovi?

-Rien.

-Pourquoi tu es triste, alors? Dis-moi. Tu peux tout me dire, tu sais, je suis là pour t'aider.

-Je suis pas triste. dément Lovino.

-Tu riais avec Matthew en sortant de l'école, pourquoi tout d'un coup…?

-Papa, c'est quoi une maman? demande finalement timidement Lovino.

Le visage d'Antonio s'allonge.

L'épineux problème, oui. Il a toujours su que ce moment viendrait, il l'a déjà appréhendé au moment où Feliciano est arrivé chez Elizabeta et Roderich, il l'a appréhendé quand Lovino est rentré à l'école et s'est retrouvé confronté à des enfants issus de familles typiques.

A n'en pas douter, ça a travaillé Lovino auparavant. Mais aujourd'hui, il a réalisé. Les autres enfants ont un papa, oui, comme lui. Mais ils ont aussi une maman, et il ignore ce que c'est, ou en tout cas, lui n'en a pas… Pourquoi? Aujourd'hui, Lovino a vu la maman de Matthew se tenir aux côtés de son papa, contraste assez frappant qui, pour le coup, l'a frappé de plein fouet.

Antonio a réfléchi dès les premiers jours à la réponse qu'il devrait donner un jour à cette question. Il n'en a jamais trouvé de toute faite, de parfaite, il n'en a jamais trouvé une qui contienne tout ce qu'il veut dire à Lovino sur une mère. Toutefois, aujourd'hui, il ne peut plus reculer, il doit répondre à la question du petit garçon désemparé, et il doit le rassurer.

Il ne veut pas salir Lucia. Certes, elle est partie… Mais elle lui a apporté l'aventure de sa vie, et Antonio ne veut, ne peut donner une mauvaise image d'elle à son enfant. Elle n'a pas été un exemple de mère, mais quand bien même.

Alors le père s'inspire de l'image de sa propre mère. Une femme lumineuse, aimante, pleine de vie et de joie d'exister, qui lui a prodigué tout l'amour dont il avait besoin, qui continue à le faire, et qui aime Lovino de la même façon.

Il prend une grande inspiration, croise les mains sur la table et sourit à son fils.

-Une maman, Lovi… C'est la femme qui t'a donné la vie. C'est une femme qui a aimé un papa au point de lui offrir un enfant. C'est un guide dans la vie, un modèle, quelqu'un qui t'aimera toujours. Tu vois, Lovi, Abuela est ma maman à moi.

L'enfant semble assimiler les paroles de son père pendant un moment.

-Pourquoi moi j'ai pas de maman? demande-t-il encore d'une toute petite voix.

-Si, Lovi, tout le monde a une maman. Ta maman, elle s'appelle Lucia. C'est une femme brillante, mais elle a dû partir très loin pour étudier et pour travailler. Elle vit loin maintenant… Mais elle t'aime, Lovi. Et elle pense à toi. Tu sais, tu ne dois pas te sentir différent des autres simplement parce que ta maman ne vient pas te chercher à l'école. Tu n'es pas anormal, tu es simplement particulier. Tu es unique, Lovino. Et tu es une fantastique petite personne. Ne laisse rien ni personne te persuader du contraire. Ta maman serait fière de toi, tu sais?

-Elle me connaît pas. objecte-t-il.

-Non, c'est vrai. Mais moi je te connais, et je te le dis. Je suis fier de toi. Je suis fier d'être ton papa.

-Ma maman je la verrai jamais?

Antonio ne sait pas trop quoi répondre à cette question.

-Je ne sais pas. Je ne sais pas où elle est pour le moment, je ne sais pas si elle reviendra à Paris un jour. Ce n'est pas possible de la voir maintenant, en tout cas.

L'idée, c'est de ne pas faire croire à Lovino qu'elle l'a abandonné. Il n'est pas sûr qu'il y soit parvenu. Mais il se doit de rassurer son fils.

-Une chose est sûre, Lovino. Je serai toujours là pour toi. Jamais je ne te laisserai tomber, et je ferai de mon mieux pour t'apporter autant d'amour qu'un papa et une maman ensemble.

Lovino baisse la tête dans son goûter. Antonio caresse sa joue au-dessus de la table.

-Hé… Ca va, Lovi? Tu te sens mieux?

Il hoche la tête.

-Si plus tard tu as des questions sur ta maman… N'hésite pas. Je serai là pour y répondre aussi. Mais je crois que tu dois encore grandir et réfléchir à tout ça naturellement.

-D'accord.

Lovino avale la dernière bouchée de sa tartine et termine son verre de lait.

-On va chez Roderich? propose-t-il avec désinvolture, comme si rien ne s'était passé.

Le sourire lui revient, à Antonio aussi. Il sait que ça sera tout sauf facile pour Lovino de grandir avec des questions et des incertitudes qu'il n'osera peut-être pas prononcer, mais il espère qu'il pourra soulager la peine de son fils le moment venu.

Il vérifie sa montre avant de répondre. A peine seize heures. Il a encore le temps de retourner à la librairie et arrivera au bon moment pour aider à la fermeture.

Et, il pourra peut-être parler à Elizabeta. Lui demander conseil par rapport à l'affaire qui l'occupe.

-Bonne idée. Je nous ferai une pizza ce soir, d'accord?

-Oui! approuve Lovino d'une voix plus enjouée.

oOo

Ils arrivent à la librairie juste à temps pour la fermeture. Roderich s'occupe de l'achat d'une dernière cliente, une octogénaire dynamique qui habite le quartier et qu'ils ont l'habitude de voir dans le magasin. En sortant, elle salue la cantonade et tapote le crâne de Lovino, pour qui elle a développé un certain attachement, de même que pour Feliciano.

S'ensuit la routine de la fin de journée: l'écriteau retourné, la préparation des commandes pour le lendemain, la remise en ordre.

-Vous montez? propose Roderich une fois tout cela réglé.

D'ordinaire, Antonio refuse ou tout au moins oppose une certaine résistance. Il n'a pas envie de s'imposer. Mais aujourd'hui, il accepte sans condition.

Il aimerait parler avec Elizabeta.

Dans les escaliers, Lovino les précède en gravissant les marches d'une démarche rapide et sautillante. Il aime toujours autant revoir sa gardienne, et la perspective de voir Feliciano et de jouer avec lui le ravit très certainement. Il frappe à la porte de l'appartement familier, et Elizabeta lui ouvre avec un grand sourire. Elle l'emmène directement dans la chambre de Feli, et les deux enfants commencent à jouer ensemble avec enthousiasme.

Madame Edelstein se montre plus inquiète lorsqu'elle voit Antonio, qui a l'air assez préoccupé. Elle l'accueille chaleureusement, embrasse son mari au passage, puis les installe au salon avant de disparaître à la cuisine pour préparer un apéritif. Elle les rejoint enfin avec une bouteille de vin, trois verres et un petit plat de chips.

-Antonio… Je vois que tu as quelque chose sur le cœur. dit-elle. Comment peut-on t'aider?

L'Espagnol soupire.

-C'est Lovi… Il m'a finalement demandé ce que c'est, une maman. Et pourquoi lui n'en a pas.

Le visage d'Elizabeta s'assombrit. Elle compatit, elle comprend. Roderich et elle savent pertinemment qu'un jour viendra où il leur faudra expliquer à Feliciano qu'ils ne sont pas ses parents biologiques, et cela sera une autre paire de manches.

-Que lui as-tu répondu? l'interroge-t-elle encore.
Antonio résume ses explications.

-C'est déjà bien. le rassure Elizabeta. Il ne faut pas la noircir à ses yeux, car s'il développe l'idée qu'elle l'a abandonné, il pourrait avoir des problèmes d'estime de soi et de confiance en lui. Mais c'est bien aussi de ne pas l'idéaliser et de ne rien lui promettre en ce qui concerne sa maman, pour éviter les déceptions. Je crois que tu as réagi comme il le fallait, Antonio, que personne n'aurait pu réagir mieux. Tu ne dois pas t'en vouloir, pour quoi que ce soit. Tu as bien fait les choses.

Le jeune homme sent un poids s'envoler de sa poitrine, et il a l'impression instantanée d'être plus léger. Ca lui fait du bien… Avoir ces encouragements de la part d'une mère, qui plus est qualifiée en matière d'éducation… Il ne s'est pas trop mal débrouillé, finalement.

-Mais il va certainement ressentir son absence comme un manque, maintenant qu'il en a pris conscience. objecte Elizabeta. Il faut trouver un moyen de combler ce manque, de le rattacher d'une quelconque manière à sa mère. Tu as son adresse? Tu peux peut-être lui envoyer des photos, ou reprendre contact…

-Non, je ne sais pas où elle est. Je ne l'ai jamais su. Elle ne voulait plus avoir quoi que ce soit en lien avec son enfant ou moi, alors…

-Je suppose qu'on ne peut rien attendre d'elle, effectivement. conclue Elizabeta avec une moue dédaigneuse. Mais on doit trouver un moyen pour que Lovino sente un quelconque lien entre lui et l'idée de sa mère, pour qu'il ne se sente pas complètement abandonné.

-Sa mère est italienne, n'est-ce pas? intervient Roderich.

Il est assis dans le sofa à côté d'Antonio, et fait tournoyer le vin dans son verre avec une nonchalance et une distinction toutes aristocratiques qui lui sont propres.

-C'est exact. confirme Antonio.

-Parle-lui en italien, ou trouve-lui un cours. Il rentre bientôt en primaire, c'est l'occasion. Au moins il partagera quelque chose avec sa mère, il tiendra quelque chose d'elle; la langue.

Antonio réfléchit quelques instants.

-Ce n'est pas une mauvaise idée. Je vais me renseigner. Merci à tous les deux. Comment va Feli?

oOo

De retour chez lui, pour de bon cette fois, il s'affaire dans la cuisine pour préparer la pizza promise à son fils. Lovino lui donne d'ailleurs un coup de main pour garnir la pâte –Antonio l'avoue, à sa grande honte: il ne l'a pas préparée lui-même– de sauce tomate, de fromage et de jambon.

Ils la dégustent ensuite en tête à tête dans le même genre d'ambiance que d'habitude, mais Antonio se surprend à être un peu ailleurs –il cherche un moyen subtil de ramener le sujet maternel sur le tapis pour pouvoir suggérer l'italien.

La réponse lui vient lorsque Lovino s'exclame:

-Elle est bonne notre pizza, papa!

-C'est vrai, Lovi, tu as fait ça comme un chef!

Le repas terminé, il range les assiettes sales dans le lave-vaisselle pendant que Lovino retrouve ses playmobils. Une fois que tout est en ordre, il cherche dans une bibliothèque un atlas et l'ouvre sur le bureau à la page d'une carte du monde. Il appelle l'enfant, qui le rejoint et escalade ses jambes pour venir s'asseoir sur ses genoux.

-Tu sais ce que c'est ça, Lovi? demande-t-il avec sérieux.

Le petit garçon hoche la tête, négatif.

-C'est le monde. La terre, avec tous les pays. Tu sais où on est, nous?

-Non.

Antonio prend la petite main de Lovino dans la sienne, et met son doigt sur la France, à hauteur de Paris.

-Ici. A Paris, en France. explique-t-il. Et tu sais dans quel pays on mange le plus de pizzas? En Italie.

En répondant à sa propre question, il place le doigt sur la Botte.

-Retiens bien ceci: le pays en forme de chaussure, c'est le pays des pizzas. Et des pâtes. Et c'est le pays de ta maman.

Lovino écarquille les yeux.

-Elle est dans la chaussure?

-Non, plus maintenant. Mais elle est née dans la Botte, ça oui. Et là-bas, on ne parle pas français comme en France, ou espagnol comme en Espagne, on parle l'italien, en Italie. Ta maman parle italien. Ca te plairait de parler la langue de ta maman?

-Je pourrai lui parler comme ça? demande Lovino en fronçant les sourcils.

-Si elle revient un jour, oui, tu pourras lui parler en italien. Tu veux apprendre?

-Oui!

-Bon, d'accord. Parfait. Je vais te chercher un cours, ok? Comme ça, en septembre, tu pourras commencer!

-Merci, papa.

Antonio sourit. Il décide de changer un peu le sujet.

-Oh, dis-moi, tu sais où on parle la langue de papa? Où on parle l'espagnol?

-Non. répond Lovino, peiné.

Son père fait glisser son doigt sur la péninsule ibérique.

-Ici. C'est le pays d'où moi je viens, où je suis né. Un jour, je t'y emmènerai, d'accord?

-D'accord!

Il referme l'atlas, repose Lovino par terre.

-Bien. Au bain et puis au lit, jeune homme!

Dans un éclat de rire, comme tous les soirs, Lovino et son père font la course jusqu'à la salle de bains.


C'en est fini pour Mars!

Bouh, j'aime pas écrire petit Lovi triste, ça me brise le coeur T-T

Traductions

Abuela : Grand-mère (espagnol)

How To Get Away With A Mother : comment s'en tirer avec une mère. Inspiré de la série How to get away with murder qui est vraiment pas mal (oui, je l'ai vue! Applaudissements! Fin... Que la première saison, et encore. Mais Connor est trop beau.)

Notes

Lovino va bientôt rentrer en primaire... Help! x)

Je sais qu'en Belgique, les écoles essaient d'intégrer l'apprentissage d'une deuxième langue dès les primaires, même si c'est léger (les couleurs, les chiffres,...) Je ne sais pas comment ça se passe en France mais je me suis dit que ça devait être faisable pour un garçon de 6 ans de suivre des cours d'italien en dehors de l'école. Des cours adaptés, bien entendu.

Devinez qui va lui donner cours... ;)

On se retrouve le 1er avril (promis, c'est pas une blague), sauf si je ne suis pas revenue de Rome... :3

Merci pour votre lecture, n'hésitez pas à laisser une review~

A bientôt!