Bien le bonjour!

1er mai, fête du travail... Partons donc un peu en vacances!

Disclaimer : la plupart des personnages appartiennent à Hidekaz Himaruya.

Je vous remercie pour vos reviews, follows, favoris, et vos réactions sur Twitter! Vous êtes toujours là quand j'ai besoin de vous, c'est adorable! Je suis très en retard pour répondre aux reviews, mais je ne vous oublie pas !

Je vous laisse avec ce nouveau chapitre, j'espère qu'il vous plaira!


Chapitre XIII : La Lazy Company

Juillet 2005.

Le paysage défile à toute vitesse derrière la vitre. Les yeux ambrés de Lovino s'affolent pour le suivre, sans succès autre que de lui donner le tournis. C'est un décor totalement nouveau et inconnu qu'il découvre aujourd'hui, en parfait citadin qui n'est jamais sorti de Paris.

-Papa…? C'est quand qu'on arrive?

Antonio rit.

-Un peu de patience, Lovi! Ca ne fait qu'une heure que nous sommes partis.

…Et ça prendra du temps, mais ça, Antonio le tient pour lui. Aujourd'hui est le grand jour de leur départ en vacances.
Leurs premières vacances.

A la fin d'une journée de train, Lovino mettra pour la première fois le pied en sol étranger. A Madrid, cité qui a vu naître Antonio en son temps et où il a toujours voulu emmener son fils pour lui faire découvrir les rues ensoleillées de son enfance, la ville, si différente de Paris, enfin ses racines. Après tout, c'est le sang espagnol qui coule en partie dans les veines de Lovino. Il a hérité du sang chaud et du teint hâlé des Méditerranéens, et Antonio doit bien admettre qu'il ressemble de plus en plus à Lucia, en grandissant.

Il chasse cette pensée. Pourvu que plus tard, Lovino ait un peu plus de principes que sa génitrice.

Le jeune papa a toujours voulu retourner en Espagne avec son fils et, cette année, son projet se concrétise. Grâce à ses propres parents qui, après de longues années passées sur le sol français, ont décidé qu'il était temps de revoir leur pays natal et de retourner y vivre à demeure. Ils ont réintégré leur vieille maison, et Antonio se réjouit de pouvoir y emmener Lovino pour l'été sur leur invitation. Il sait, il est persuadé que le petit garçon s'y plaira.

Même si, pour être honnête, cela semble un peu compromis pour le moment.
Antonio n'a pas de voiture. Il n'a même pas le permis, c'est dire! Francis le charrie sans arrêt à ce sujet, d'ailleurs, lui qui conduit une magnifique Audi. Mais, honnêtement? A quoi cela lui servirait-il de pouvoir conduire? A Paris, le trafic est tellement infernal que les transports en commun sont bien plus rapides. Il a son vélo et le métro pour les petits déplacements, le RER quand c'est inévitable, mais la plupart de ses destinations –l'école, la librairie, les domiciles de ses amis– se trouvent à proximité de son appartement. Quel besoin a-t-il de s'encombrer d'une voiture? D'autant qu'emmener Lovino en Espagne par ce moyen aurait été long, risqué et inconfortable. Au moins, avec le train, il peut veiller sur le bambin sans problème, l'occuper et satisfaire à ses besoins dès qu'ils se manifestent. Sans oublier que le train a un côté indéniablement plus épique et aventureux.

Mais bon.

De l'émerveillement du début, Lovino est rapidement passé à l'impatience d'arriver. Il sait qu'il va "au pays de papa". Mais sur la carte, ça paraît si près! Le garçon n'a aucune idée de la distance qui le sépare de l'Espagne, ni du temps que la traversée de la France leur prendra.

Antonio se console en se disant que le jeu en vaut la chandelle.

-Ca va durer longtemps? demande Lovino, renfrogné, assis en face de lui sur la banquette près de la fenêtre.

-Un peu. avoue Antonio. On va jouer à un jeu, d'accord? Le premier qui voit l'église de la prochaine ville a gagné.

Lovino réfléchit quelques secondes, jette un œil au dehors.

-Non. se décide-t-il. Je peux avoir mon livre?

Antonio capitule. Mais pas si facilement.

-Tu n'oublies pas quelque chose?

-…S'il te plaît?

-C'est mieux.

De son sac à dos, Antonio sort le livre que Lovino a commencé quelques semaines plus tôt : Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban. Comme il l'a espéré, son fils a développé une vive passion pour la lecture. Le contraire aurait été étonnant de la part d'un enfant qui a pratiquement grandi dans le librairie Edelstein et qui a été bercé par les romans de littérature que son père lui lit depuis son plus jeune âge. Antonio n'a toutefois plus ce privilège, puisque Lovino préfère désormais lire lui-même, mais il s'extasie toujours devant la facilité avec laquelle son petit a appris à lire. A Noël de son année de CE1, Lovino pouvait lire seul. Oh, bien sûr, ce n'est pas parfait, parfois même laborieux, et il a régulièrement besoin d'éclaircissements au niveau du vocabulaire, mais Antonio est satisfait, et fier. Aimer la lecture, c'est déjà bon signe pour l'avenir. Lovino a aussitôt entamé le premier tome de la saga jeunesse à succès du moment, sur le conseil de Roderich qui, s'il le cache bien derrière son sérieux habituel, a adoré cet univers enchanteur et fantaisiste.

Lovino attrape le précieux roman que lui tend son père, et il plonge rapidement dans l'histoire magique et exaltante. Antonio le regarde faire, fierté et attendrissement mêlés dans ses yeux émeraude. Il ne lui reste plus qu'à, au choix : se perdre dans la contemplation du paysage et s'endormir très probablement, ou bien récupérer sa propre brique au fond de son sac, sous un monticule de biscuits, en-cas et cartons de jus de fruits miniatures, pour rejoindre les profondeurs de Germinal.

oOo

Antonio est accoudé au balcon de sa chambre et observe la place qui s'étend à ses pieds et qui commence à s'animer. Avec ses parents, avant leur départ pour la France, il avait toujours habité le quartier préservé des touristes et authentique de Chamberi. Il se souvient des jeux d'enfants dans les rues historiques, les rencontres de Madrilènes sur les places publiques gorgées de soleil ou dans les cafés animés. Aujourd'hui, il redécouvre avec bonheur un quartier de son enfance qui n'a heureusement pas beaucoup changé ni perdu ses traditions. Il contemple un marché qui prend forme devant l'immeuble, une tasse de café à la main, et il profite du soleil encore clément à cette heure matinale. Une légère brise ébouriffe ses cheveux, caresse son visage.

Il aime Paris et particulièrement la vie qu'il s'y est construite, mais il doit bien avouer que revenir à la maison est agréable de temps en temps.

Antonio se retourne vers l'intérieur de la maison. Sa chambre d'enfant. Maintenant, c'est Lovino qui occupe son lit, tandis que lui-même dormira sur un clic-clac pour le reste du séjour, installé pour l'occasion.

Pour l'heure, le petit garçon dort encore et récupère du long voyage en train auquel il a fini par survivre, malgré son impatience. Ils sont arrivés la veille au soir, après un voyage d'une journée, esquintant. Lovino a retrouvé ses grands-parents, qui les attendaient avec une délicieuse paëlla et de la sangria –réservée à Antonio, bien entendu, ce à quoi Lovino fit les gros yeux.

Après le dîner, le petit garçon a rapidement été mis au lit, car il piquait du nez dans son assiette, mais Antonio, pour sa part, a choisi de se balader un peu dans les environs pour se réapproprier un lieu qui lui est devenu comme étranger au cours des dernières années. Les rues sont de vagues réminiscences de l'enfance qui, toutefois, lui sont distinctement revenues en mémoire au cours de sa promenade. S'il a passé la plus grande partie de sa vie en France, c'est sans aucune doute cette rue, cette ville, qu'il reconnaîtra à jamais comme son foyer.
Lovino dort paisiblement dans le lit qu'Antonio occupait dans son jeune temps, le visage baigné par la lumière dorée du soleil qui s'invite dans la pièce. Antonio a l'intention de le laisser dormir. Après tout, leur première journée à Madrid sera une journée de repos. Pas de visites culturelles aujourd'hui, seulement des balades dans la ville et l'un ou l'autre marché local et typique. Il commencera à lui montrer les curiosités touristiques dès le lendemain.

oOo

Après une journée de promenade et de marche dans la ville, au cours de laquelle Lovino a beaucoup trotté avec des étoiles dans les yeux faces aux merveilles inconnues de Madrid, ils rentrent chez les Espagnols pour le repas du soir.

A table, Lovino mange avec appétit. Il a pris des couleurs pendant la journée passée à l'extérieur, et le soleil étant de la partie, sa peau prend une jolie teinte hâlée. Il a un grand sourire sur les lèvres et écoute les Espagnols converser dans leur langue natale avec attention.

Tout d'un coup, Antonio se sent… Nostalgique. Il se revoit au même âge que Lovino, assis à cette même table avec les mêmes personnes. Il se sent soudain vieilli. Oh, il est encore jeune, mais il réalise que la roue tourne et que les années passent, et qu'il devra s'y faire. Il a 25 ans, maintenant. 26, dans quelques mois.

A l'époque où il vivait dans cette maison, en Espagne, il rêvait à d'autres contrées, à explorer le monde. Il voulait être pirate ou, à l'inverse, couler des jours heureux dans un domaine ensoleillé de la campagne. Il a finalement échoué dans un pays étranger, en France, à Paris, mais… Sans concrétiser un seul de ses rêves. Il ne regrette en aucune façon d'avoir préféré Lovino à sa carrière rêvée. Mais Lovino aussi grandit.

Peut-être qu'il est temps pour Antonio de faire quelque chose pour lui-même, de penser à lui. Il a envie de reprendre ses études depuis plusieurs années. Il devra étudier la question, mais… Ca lui paraît déjà plus plausible et faisable maintenant qu'il y a deux ans. Il n'aura qu'à attendre un peu, que son fils grandisse encore.

Ce retour aux sources, à ses racines… Il peut le considérer comme un nouveau départ. Il rentrera à Paris, et préparera sa nouvelle vie d'étudiant et papa au même titre. C'est peut-être l'occasion rêvée…

oOo

Ils ont parcouru les routes espagnoles pendant plusieurs heures, Abuelo au volant. Lovino s'est ennuyé à mourir. Il n'aime pas la voiture, et il n'aime pas attendre non plus. Et puis d'abord, pourquoi faut-il partir, hein?

-Arrête de faire cette tête, Lovi! le réprimande son papa avec un petit rire. On t'emmène dans un endroit magnifique, tu vas voir.

Le grand-père a arrêté la voiture sur le bord d'une route peu fréquentée de l'arrière-pays. Alentours, le paysage est rocailleux. Entre deux falaises, un espace dégagé laisse voir une vaste étendue bleue et mouvante.

Antonio sort de la voiture et emmène Lovino. Il attrape dans le coffre un sac contenant des serviettes, des tongs et des maillots achetés exprès pour l'occasion. Suivi de ses parents, le jeune papa tient la main de son fils dans la sienne et ils attaquent la traversée d'une plage de sable qui intrigue beaucoup Lovino.
C'est la première fois qu'il voit la mer.

-Papa… C'est quoi, ça? demande le petit garçon.
–Du sable, Lovi. On est à la plage.

Le sourire du Méditerranéen s'élargit.

-Oh… Oh! Et ça, c'est la mer alors?

Avec un sourire attendri, Antonio suit du regard le doigt de son fils tendu vers l'horizon.

-Oui, Lovi, c'est la mer!

-Awesome! s'extasie le filleul de Gilbert avec un petit bond. C'est très beau… Abuela, regarde! C'est la mer.

La vielle dame sourit et lui caresse les cheveux.

-Oui, mon chéri. Je vois.

-Je venais ici avec tes grands-parents quand j'étais petit.

Lovino ne répond pas mais son visage est empli de ravissement. Il prend l'avance et court dans le sable, court sur la plage. Antonio le rattrape, il s'est arrêté à quelques mètres des vagues qui viennent lécher le rivage, il admire le va et vient de l'eau, les reflets du soleil sur la mer, l'infinitude à perte de vue.

Il n'a jamais rien vu de tel auparavant, lui qui a grandi dans une ville dense, avec pour seul horizon les buildings et hauts bâtiments de standing caractéristiques de la capitale française, son décor quotidien. Un comble pour un enfant né de parents méditerranéens.

Il se sent libre, il ne s'est jamais trouvé dans un endroit plus dégagé et aéré. Il a l'impression de respirer mieux. L'air marin et l'odeur saline lui chatouillent les narines. Il gonfle son ventre et inspire profondément, en levant les bras au-dessus de sa tête. Il a l'impression qu'il pourrait avaler le ciel.

Son père arrive à ses côtés et lui prend la main. Doucement, ils s'avancent vers les vagues. L'adulte enlève ses chaussures, invite le garçon à faire de même. Tous deux portent un bermuda en jean qui ne risque pas d'être mouillé par les premières vagues qu'ils rencontreront.
Intrigué, Lovino tend un pied vers l'avant pour toucher l'eau si bleue de la Méditerranée. Elle est fraîche. Avec un petit cri de surprise, il ramène son pied dans le sable mouillé, qui s'enfonce à peine sous lui.

Il ne sait pas encore nager, aussi Antonio a-t-il prévu de le cantonner aux premiers mètres de la mer, où il aura pied et où l'eau ne dépassera pas son torse. Mais ils n'en sont pas encore là, il faut d'abord qu'il se familiarise avec ce nouvel élément et qu'il réalise qu'il est inoffensif et agréable.

-N'aie pas peur, Lovi.

Antonio fait un pas en avant et plonge ses pieds dans l'eau.

-Regarde. C'est sans risque. Tu peux avoir confiance.

Lovino lève vers lui des yeux hésitants. D'un regard, son père l'encourage. Il avance à son tour. L'eau lui arrive aux mollets. Surpris qu'il ne soit pas englouti par ce fluide inconnu ni quoi que ce soit, il ouvre des yeux ahuris et rit aux éclats. Il se penche, effleure du bout des doigts la surface de l'eau et dessine des cercles dedans, avant d'envoyer une giclée dans les jambes de son père.

Les grands-parents sont restés sur la plage et ont installé une couverture pour le pique-nique. Ils ont apporté avec eux des tapas, qu'ils dégusteront à l'ombre des arbres qui poussent sur la plage sauvage et fort éloignée de stations balnéaires courues des touristes. Ils emmenaient Antonio à ce même endroit quand il était enfant. C'est sur cette plage qu'il a découvert la mer, qu'il a forgé ses rêves d'aventures et de voyages. Maintenant, c'est au tour de son fils.

-Regarde-moi ça. fait Abuela de sa voix chantante en désignant les deux garçons qui s'éclaboussent dans l'eau en riant aux éclats.

-Deux vrais gamins. acquiesce son mari en riant.


Un chapitre assez transitoire... Vous avez aimé? N'hésitez pas à laisser une review dans les deux cas :)

Traductions

Abuelo/Abuela : Grand-père, grand-mère (espagnol)

La Lazy Company : la compagnie fainéante, issue de la série du même nom. Je trouvais que ça correspondait bien à un chapitre dorage de pilule...

Notes

Merci à tous pour votre aide quant aux années scolaires françaises! Je ne sais pas si le résultat est plausible mais je l'espère...

Je n'ai pas pu résister à faire lire les Harry Potter à Lovino sachant que c'est la première série que j'ai lue dès que j'ai été capable de lire xD

Germinal est un roman d'Emile Zola qui traite de la vie dans les charbonnages du Nord de la France.

Chamberi est le quartier de Madrid qui est réputé le plus authentique et le moins pris d'assaut par les touristes. Néanmoins je n'y suis jamais allée donc j'espère qu'Internet ne se trompe pas.

Merci pour votre lecture, à dans un mois! Passez un bon mois de mai~