Bonjour tout le monde!
Enfin le mois de juin! S'il est synonyme d'examens pour beaucoup -dont moi, héhéhé- j'espère que vous trouverez dans ce chapitre un peu de réconfort...
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Ce chapitre est surtout transitoire... Trois ans se sont écoulés depuis le précédent, on plante le décor dans lequel Lovino évoluera maintenant qu'il est un peu plus grand!
J'espère que vous aimerez! Bonne lecture, n'hésitez pas à laisser un commentaire!
Chapitre XIV : Superdaddy
Samedi 15 mars 2008.
-Bon, Lovi… Tu es sage avec Roderich, hum? Promis?
Lovino roule des yeux.
-Oui, Papa…
-Et ne roule pas des yeux. le réprimande Antonio avec une tape affectueuse sur le dessus du crâne.
-Ne t'en fais pas. le rassure Roderich. On a tous les deux l'habitude, tout se passera bien. Va donc étudier.
-Merci, Roderich!
-Pas de quoi, c'est un plaisir. élude le libraire. A tout à l'heure!
Antonio sourit et, avec un dernier signe de la main, se sauve. Un samedi matin, à l'heure d'ouverture de la librairie, il est habituellement de l'autre côté du comptoir et aide Roderich comme il le fait depuis près de dix ans. Mais ces derniers temps, les choses ont changé. En septembre dernier, Antonio a repris des études. Il retourne à la fac, reprend son cursus là où il l'a arrêté dix ans plus tôt avec l'arrivée de Lovino dans sa vie. Fort heureusement, ses horaires à la fac sont assez légers et il a toujours la possibilité de travailler à la librairie. Lovino ne pâtit pas non plus de ce changement : Antonio fait de son mieux pour être toujours aussi disponible pour lui, et bien que Roderich soit parfois réquisitionné pour aller le rechercher à l'école ou le conduire à son cours d'italien, ni l'un ni l'autre n'y voit d'inconvénient, au contraire : Feli et Lovi passent ainsi plus de temps ensemble, et ils s'amusent comme des fous. Aujourd'hui pourtant, Antonio ne travaillera pas à la librairie : il doit étudier, paraît-il… C'est Roderich qui est donc de garde. Lovino passera la matinée et le début de l'après-midi avec lui à la librairie, partira à la conquête de nouveaux rayonnages, à la recherche de nouveaux ouvrages, dans l'établissement qu'il aime tant et qui le voit grandir, dans une atmosphère détendue et familière. La librairie Edelstein est un peu comme un second foyer. Il y lit, il y joue, il y fait ses devoirs à l'occasion, et Roderich lui apprend à jouer du piano sur le demi queue qui s'y trouve depuis des années.
Lovino a apporté de quoi faire ses devoirs et le livre qu'il dévore pour le moment. Il ne sait pas pour combien de temps il est là, mais il suppose qu'il trouvera bien quelque chose pour s'occuper si jamais ses précautions n'étaient pas suffisantes.
-Est-ce que Feli est là? demande le garçon alors que Roderich s'installe derrière le comptoir et qu'il le suit pour y faire ses devoirs.
Le libraire a installé deux hauts tabourets de bois derrière le meuble pour que les enfants puissent s'y asseoir et y travailler ou dessiner sous bonne garde.
-Non. répond Roderich avec un petit sourire navré. Il est parti faire des courses avec Elizabeta. Il a besoin de couleurs.
Lovino acquiesce en faisant la moue, un peu déçu. Son compagnon de toujours manque à l'appel, mais pas à celui de l'art : malgré son jeune âge, il est déjà doué pour la peinture et le dessin. Il suit des cours pour enfants et peint souvent chez lui. Si Roderich est ravi d'avoir transmis la fibre artistique à son fils adoptif, il se désole que ce ne soit pas celle de la musique, mais Elizabeta est ravie de voir le petit Italien s'épanouir et s'exprimer à travers des toiles de plus en plus admirables.
Le fils d'Antonio s'installe sur son tabouret et sort ses cahiers. Il a des problèmes à résoudre pour le lundi suivant. Ca risque d'être drôle, avec Roderich qui n'a aucune patience à l'égard des mathématiques.
oOo
-Tout est prêt alors, je peux y aller? Tu es sûr, Tonio? s'enquiert Gilbert.
-Oui, oui, vas-y! Francis et moi allons finaliser le gâteau pendant ce temps là.
Antonio jette un coup d'œil à sa montre.
-Merde, il est déjà cette heure-là?
-Oui, très cher. Je pense qu'ils ne vont pas tarder à arriver. fait Francis avec nonchalance, ce qui ne rassure pas du tout Antonio.
L'Espagnol inspire profondément et sourit en une –presque vaine– tentative de se calmer.
-Bon. On applique le plan. décrète-t-il.
-OK, Capitan! rétorque Gilbert avec un salut militaire. Ma géniale personne part accomplir sa mission. Je vous retrouve d'ici une heure.
Il tourne les talons, quitte la cuisine qu'il laisse aux mains de Francis et Antonio, récupère son blouson en cuir sur le dossier d'une chaise et l'enfile par-dessus son t-shirt à l'effigie de Nirvana. Parfois, Antonio et Francis se rendent compte à quel point leur ami n'a pas changé depuis leurs années lycée.
-Hé, Gil?
-Hum? fait-il en se retournant vers Francis.
-Tu te sens capable d'accomplir cette mission? Même si Roderich…?
-Frannie, Frannie, Frannie. soupire Gilbert en levant les yeux au ciel.
Il pose ses mains sur les épaules de son ami blond au regard soucieux.
-Je suis parfaitement capable d'agir normalement en présence de Roderich, d'accord? Je suis passé à autre chose.
-Ah oui? A quoi?
Gilbert soutient le regard azur un moment, avant de soupirer et de battre en retraite. Il quitte l'appartement et marche, mains dans les poches de son blouson, vers la librairie. Francis devrait lui lâcher la grappe. Il gère. Roderich est son ami. Son ami, bordel. Il l'a toujours été. Avant que Gilbert n'avoue ses sentiments, il a été son ami. Il n'y a pas de raison que ça change, d'autant que près de cinq ans se sont écoulés sans heurts depuis sa déclaration et son râteau.
Gilbert passe devant des vitrines, y contemple en passant sa silhouette. Il constate qu'il a l'air abattu. Il bombe le torse, abaisse les épaules, se redresse et grappille les quelques centimètres qu'il croit avoir mais qui lui font défaut. C'est déjà mieux. Maintenant, s'il essaie, il pourra sourire. Il pense à son filleul, à sa bouille adorable qui se débarrasse peu à peu des rondeurs de l'enfance, à sa mission du jour. Il peut le faire. Le sourire lui vient tout naturellement.
Il sifflote un air à la mode en arrivant à la librairie Edelstein. Pas son genre habituel, mais il aime bien This is the Life.
Il pousse la porte du magasin. Le tintement de la clochette l'accueille. Il se sent presque chez lui. Un peu plus loin dans la librairie, il peut admirer de profil son filleul, assis sur le siège à côté de Roderich, devant le piano. L'Autrichien lève la tête vers la porte d'entrée au bruit de cloche. Concentré, Lovino ne l'a pas entendu et continue de faire courir ses doigts avec délicatesse sur les touches noires et blanches. Gilbert est toujours autant fasciné par ce spectacle. En dehors de la musique, Lovino n'est pas ce qu'on peut appeler un enfant délicat. Il est même plutôt maladroit et a tendance à ne pas doser sa force. Le voir derrière un piano change tout : là enfin il fait preuve d'une incroyable douceur dans ses mouvements. Gilbert y reconnaît l'œuvre de Roderich, dont il a toujours admiré l'élégance et les mains délicates, précises, magiques.
Il écoute un instant les notes qui s'élèvent dans la librairie, appréciateur. Roderich lui sourit, content de son élève et de voir que l'albinos prend le temps d'écouter les exploits de son filleul. Le sourire de Gilbert s'élargit lorsqu'il croise le regard du libraire.
A la fin du morceau, le garçon lève les yeux vers son mentor en quête d'approbation ou de critique, mais ne le voit que dans la lune, les yeux apparemment perdus dans le vague, qui sourit avec chaleur. Le Méditerranéen suit le regard de Roderich et y trouve Gilbert.
-Salut, Gil!
-Bien le bonjour, Kinder. Salut, Roderich!
Le libraire se lève prestement et rejoint Gilbert, suivi de Lovino.
-Qu'est-ce que tu fais là? demande le garçon.
-Kese, t'es pas content de me voir, Lovi?
-Si, mais…
-Je viens chercher un bouquin pour Antonio. répond Gilbert en regardant Roderich avec insistance. Et je suis venu te chercher, bien sûr. Tonio en a marre d'étudier.
-C'est le livre qu'il a commandé? l'interroge le libraire.
-Je sais pas, il m'a dit que tu saurais lequel il veut.
-Je vais le chercher. déclare le brun.
Il disparaît un moment dans l'arrière-boutique où s'entassent les commandes de nombreux clients.
-Prépare tes affaires, Lovi. On y va.
Le garçon hoche la tête. Il rassemble ses cahiers encore éparpillés sur le comptoir, referme le livre qu'il a cruellement laissé ouvert, retourné sur une bibliothèque, fourre tout dans son sac à dos. Il retourne vers le piano. Ses doigts s'attardent sur le bois vernis lorsqu'il referme le clavier. Enfin, revenant vers Gilbert, il enfile un duffle-coat ; le mois de mars est encore un peu frisquet.
Roderich émerge de la réserve, un livre d'histoire de l'art médiéval en main, qu'il tend à Gilbert.
-C'est déjà réglé. l'informe-t-il.
-Ah? Super! Merci Roddy, t'es le meilleur.
-Venant de toi, je le prends comme un réel compliment.
Il y a un silence un peu gêné. Gilbert, embarrassé, lance soudain:
-Tu viens boire un verre chez Tonio?
-C'est très gentil, mais la librairie…
-Il a mis du Schnaps au frais. lâche l'albinos avec un clin d'œil.
Roderich ouvre la bouche pour répliquer, la referme, sourit.
-Si tu me prends pas les sentiments… Je suppose que je peux fermer pour cet après-midi. Il n'y a pas foule, de toute façon. Et le pauvre Antonio a besoin de se changer les idées.
-Ca, c'est bien vrai! M'étonnerait pas qu'il rêve de guillotine tant il en bouffe en cours.
-C'est quoi, guillotine? demande Lovino, sourcils froncés.
-Un groupe de métal indien. réplique Gilbert, peu désireux d'entrer dans les détails sordides.
-Ah. fait Lovino.
-Nous y allons? propose Roderich.
Il se munit de son trousseau de clefs et ferme la librairie, avant de suivre Gilbert et Lovino vers l'appartement d'Antonio. Si les deux adultes échangent des sourires et communiquent par regards interposés, mimes et silences suspects, Lovino n'en remarque rien.
oOo
Lovino sort de la poche de son manteau la clef de la porte de l'immeuble. Il appelle l'ascenseur pendant que Roderich et Gilbert le regardent faire, avant de le suivre dans l'habitacle. L'albinos recommence à siffloter une chanson pour meubler le silence. La montée ne dure pas longtemps. Avec une petite sonnerie, les portes de l'ascenseur s'ouvrent et les trois hommes se retrouvent sur le palier de l'appartement des Fernandez Carriedo. Lovino ne prend pas la peine de sonner et déverrouille la porte. Gilbert précède Roderich à la suite du garçon, et se met à siffler plus fort en ôtant son blouson pour le suspendre au portemanteau.
L'appartement est silencieux et plongé dans l'obscurité. Antonio ne vient pas les accueillir, ce que Lovino trouve étrange : d'ordinaire, son père s'empresse de venir vérifier que son précieux rejeton lui revient en un seul morceau. A la place, un chat roux s'aventure à pas de velours dans le petit hall d'entrée et miaule devant son jeune maître. C'est Romano, leur chat. Un vrai matou râleur et, paradoxalement, accro aux câlins que Lovino a adopté un an auparavant. Les deux êtres s'adorent, d'ailleurs. Le garçon le prend dans ses bras et caresse son doux pelage.
-Vous connaissez le chemin! dit-il simplement aux deux adultes qui le suivent.
Pour sa part, il progresse dans l'appartement.
-Papa?
Il arrive dans la salle de séjour. Enfin, dans ce qui l'est normalement et qui a été transformé, en l'espace de ses quelques heures d'absence, en océan de ballons de baudruche colorés. Lovino fronce les sourcils. Il y a… Des gens dans son salon. Son père, avec son habituel sourire chaleureux et bienheureux. Francis, qui lui sourit d'un air entendu, un bras autour des épaules d'Alice, sa compagne du moment. Et puis il y a plein d'autres gens. Elizabeta, Feli, Romeo, Matthew, Alfred, Peter, Lili, tous ses amis de l'école.
-SURPRISE! crient-ils en chœur.
Lovino écarquille les yeux. Le chat lui échappe des mains, dérangé par le bruit tonitruant. Un sourire fleurit sur son visage, une main se pose sur son épaule. Il lève les yeux et rencontre ceux de Gilbert, qui arbore un sourire goguenard et empli d'affection.
-Joyeux anniversaire, Lovino.
Le garçon ne sait pas trop quoi faire. Il continue de sourire bêtement, fait la moue, enlace Gilbert. L'animation reprend dans l'appartement qui, quelques minutes seulement avant l'arrivée de Lovino, était encore en pleine effervescence pour l'accueil des invités, les finitions du gâteau, la décoration de circonstance, et les tours de garde pour s'assurer que Gilbert mette bien aussi longtemps que prévu pour revenir avec son filleul et Roderich, qui était bien entendu dans la confidence.
Antonio s'avance vers son fils et lui ébouriffe les cheveux.
-Désolé de t'avoir écarté toute la journée, mais j'avais quelques préparatifs à faire. Bon anniversaire, Lovi~
Lovino est touché par la fête surprise. Et choqué. C'est la première fois qu'ils invitent ses amis de l'école pour un goûter d'anniversaire. Jusque là, Lovino n'en avait jamais ressenti l'envie. Mais il est tellement heureux de les voir tous là, réunis pour lui, en son honneur, et lui sourire! Il est vraiment content qu'Antonio ait organisé cette surprise. Et… Il est un peu ému, probablement. Alors il endosse sa carapace boudeuse.
-Mon anniversaire, c'est dans deux jours… objecte-t-il timidement, la tête baissée pour cacher ses joues roses de plaisir.
Antonio lui donne une petite claque sur le crâne.
-Ah, ne chicane pas, tu veux? dit-il en riant.
Lovino le serre dans ses bras.
-Merci, Papa. murmure-t-il.
Antonio lui rend son étreinte. Après quelques instants, Lovino s'écarte, tout sourire, et fait le tour des invités pour dire bonjour, les remercier d'être venus et échanger quelques mots.
Pendant ce temps là, le papa les invite à passer à table. Avec Francis, ils ont fait de leur mieux pour composer le gâteau. Ganache, mousse au chocolat, mousse de framboise… Fort heureusement, le Français est un véritable cordon bleu qui a pu orchestrer la réalisation. Lovino souffle ses dix bougies avant de se régaler.
Il n'en peut plus d'ouvrir des cadeaux. Feli, Roderich et Elizabeta sont venus avec un livre de partitions pour piano et guitare, ainsi que les deux prochains tomes de la série que Lovino est occupé de lire, clin d'œil à la librairie et à des passions transmises. Alfred est tout fier de lui offrir un t-shirt orné du sigle de Captain America. Lili lui offre un pyjama, Peter, un album photo. Enfin, Matthew lui tend timidement un nouveau livre, d'un auteur que Lovino a adoré. Aux anges, il les remercie tous d'un bisou. Le reste de l'après-midi se passent dans la joie et la bonne humeur, autour de jus de fruits, de parts de gâteau et de parties de jeux de société.
oOo
Le soir tombe quand les derniers invités s'en vont. Lovino reste seul avec son père, mais aussi avec Gilbert et Francis. A quatre, comme dans les premières années, avant que tout ce petit monde ne vienne se greffer autour d'eux et élargir la famille.
-Ca t'a fait plaisir, Lovi? demande Francis.
-Oui! assure le garçon. Merci beaucoup!
-Tu t'es bien amusé? s'enquiert Gilbert.
-C'était génial!
-Tu veux recevoir ton cadeau? l'interroge Antonio avec un sourire en coin.
-J'ai un cadeau? Je veux dire, un autre cadeau? Après la fête?
-Bien sûr! rétorque Antonio. Un cadeau de Gil, Frannie, et moi!
En laissant planer le mystère, l'Espagnol disparaît dans sa chambre et en revient avec un grand paquet imposant. Il le tend à Lovino, qui remercie déjà les généreux donateurs. Intrigué, il s'attaque au papier coloré et écarquille les yeux comme des soucoupes volantes quand il constate qu'il s'agit… D'une guitare.
Il apprend avec Roderich, ça aussi. Avec la guitare de Roderich, qui l'utilise moins que le piano mais qui n'en est pas pour autant un mauvais guitariste, au contraire.
-C'est… C'est pour moi?! s'étonne Lovino d'une voix étranglée.
Antonio rit.
-Mais évidemment, Lovi! s'esclaffe-t-il.
Il reste muet. Il ne sait pas quoi dire. Ses doits effleurent le bois laqué, les cordes. Il dépose délicatement l'instrument sur le canapé et court vers son père, qu'il étreint étroitement. Gilbert et Francis les rejoignent. Ca se termine en câlin collectif.
Lovino a passé une merveilleuse journée, riche en surprises et en affection. Il a passé du temps avec les personnes qui lui sont le plus chères. Pour ses dix ans, il n'en demandait pas plus.
Voilà pour juin!
Traductions
Superdaddy est un piètre dérivé de Supernatural (celle-là je l'ai vue!)
Capitan : Capitaine (espagnol)
Kinder : enfant (allemand)
Notes
Ce chapitre a tourné au PruAus un peu plus que prévu, oups~
This is the Life est une chanson d'Amy MacDonald. J'adorais quand c'est sorti, en 2008. Cette fic me replonge dans les univers que j'ai traversés pendant mon enfance, c'est trop cool ~
Guillotine est, effectivement, soit un groupe de métal indien, soit la création de Joseph Guillotin servant à la décapitation et qui fut fréquemment utilisée à la suite de la Révolution française.
C'est tout pour ce mois-ci, bonne shit à tous pour vos examens, Bacs, etc! On se retrouve en juillet, et on fêtera le premier anniversaire de Being a Dad!
A bientôt, n'oubliez pas une petite review ;)
