Bien le bonjour!

Disclaimer : la plupart des personnages nommés appartiennent à Hidekaz Himaruya. Certains personnages mentionnés sont soit historiques, soit toujours vivants, et sont leur propre propriété.

Hey! Juin est (enfin) terminé! J'espère que vos examens et autres BAC se sont bien déroulés! Pour ma part, je suis diplômée de l'école secondaire (enfin!) J'espère que vous profiterez bien de vos vacances!

Passons aux choses sérieuses : Being a Dad a été publié pour la première fois le 1er juillet 2015... Soit il y a un an, jour pour jour! Champagne!

C'est aussi mon troisième anniversaire sur le site, pour l'occasion je publierai un nouveau spamano intitulé Young and Beautiful dans la journée. Stay tuned!

Spéciale dédicace et un énorme merci à Bey0nd qui répond toujours avec beaucoup de patience et de précision à mes interrogations sur le système scolaire français, merci ma belle ~

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Je vous remercie tous pour votre soutien sur les chapitres précédents, je suis à la bourre pour les reviews mais je devrais régler ça dans les jours qui suivent...

Bonne lecture!


Chapitre XV : Political Animals

Septembre 2009.

Antonio porte un jean foncé, des chaussures habillées couleur Cognac, une veste de costume bleue sur une chemise blanche. Il se demande encore s'il n'aurait pas mieux fait d'y ajouter une cravate. Dans sa main, son cartable de cuir, cadeau d'encouragement de Gilbert et Francis. Il marche dans les couloirs du lycée et essaie de respirer normalement.

C'est son premier jour de cours.

Enfin, il a déjà enseigné pendant ses stages, bien entendu, mais cette fois, c'est différent. C'est... Vrai. Réel. Il ne s'agit plus de distraire la classe d'un autre professeur, il s'agit de captiver des élèves qui sont les siens, en charge desquels il sera toute l'année en l'absence du professeur titulaire du cours.

Les élèves sont rentrés la semaine dernière. Pour sa part, ce sera la première heure de cours qu'il donnera. Et il commence avec des Terminales.

Il est stressé. Horriblement stressé. Il regarde ses mains. Par chance, elles ne tremblent pas. Sa voix, par contre... C'est une autre histoire. Mais il ne va pas parler tout seul dans le couloir pour vérifier comment elle sonne et la poser en cas de besoin.

Antonio inspire profondément, souffle... Et passe la porte de la classe qu'il referme avec soin derrière lui. Les élèves discutent, rient, pas encore à court d'anecdotes de vacances. Son entrée passe inaperçue, les étudiants n'ont pas encore pris place. Il traverse calmement le local en longeant le tableau, jusqu'au bureau du professeur où il dépose son sac, l'ouvre et en sort un paquet de feuilles.

Quelques élèves se retournent sur lui. Il leur sourit, avenant. La rumeur se répand : le prof est arrivé. La plupart se rue vers des places pas trop près du premier rang. Les plus lents à réagir sont bien obligés d'y siéger.

Antonio ne se départit pas de son sourire, même si, intérieurement, il n'en mène pas large.

-Bonjour tout le monde ! commence-t-il finalement. Bienvenue dans votre cours d'histoire. Monsieur Courferre étant absent, c'est moi qui le remplace et qui assurerai ses cours cette année. Je m'appelle Antonio Fernandez Carriedo. Oui, vous avez gagné le gros lot.

Quelques élèves sourient, d'autres ricanent. Certaines étudiantes murmurent déjà entre elles. C'est que le jeune professeur est un peu plus séduisant que l'enseignant proche de la pension qu'il remplace.

-Bon. Moi, je me suis présenté. Maintenant, c'est à vous.

Ils déclinent tour à tour leurs nom et prénom. Tous se fondent dans la tête d'Antonio en un mélange désordonné. Ça, ce sera dur : mémoriser les identités des étudiants.

-Je vous ai photocopié le programme du cours de cette année. annonce-t-il en distribuant les feuilles à chaque rangée. Mon but est que vous ne veniez pas à mon cours avec des pieds de plomb. J'essaierai de le rendre aussi attractif que possible, mais je vous demande aussi d'y mettre du vôtre : participez, ça n'en sera que plus constructif pour vous, et plus agréable pour tout le monde, vous comme moi. Vous le savez certainement, cette année, nous étudierons principalement le XXème siècle, avec quelques sauts dans le passé pour pimenter un peu le tout. Je vois que vous roulez des yeux...

Il termine de distribuer les documents, puis regagne l'estrade et prend une grande inspiration, avant de se lancer :

-Vous soupirez ? Ohlala, encore un fou qui va radoter sur le passé, qui va rouvrir les placards poussiéreux qui étaient très bien fermés... Mais... Mais... Vous avez 17, 18 ans peut-être ? Vous êtes nés en 1991 ? 92 ? Vous êtes nés au XXème siècle. C'est votre siècle. Il fait partie de notre histoire. De la vôtre aussi. Ne regardez pas ça avec des yeux éteints, sans vous sentir concernés. Vous êtes, au même titre que moi, que tous vos professeurs, que vos parents, vos grands-parents... Vous êtes, nous sommes les enfants de ce siècle.

Il marque une pause. Les élèves ont écouté sa tirade sans un commentaire. Ils le regardent, attendant la suite, attentifs. Apparemment, l'objectif de piquer leur curiosité est atteint. Par leur silence, ils en réclament plus.

-Hum, donc, nous allons attaquer tout de suite le premier chapitre du thème I, sur la Seconde Guerre Mondiale. Que savez-vous de ses origines ?

Il attend une réaction de la part des élèves. Sur l'estrade, mains dans les poches de son jean, il commence à se détendre et tente de se remémorer les prénoms. Des mains se lèvent. Il fait signe à un garçon de prendre la parole.

-L'arrivée d'Hitler au pouvoir ?

-C'est une cause. concède Antonio. Mais aussi une conséquence d'autres choses. Comment se fait-il qu'Hitler ait réussi à arriver au pouvoir, alors ?

-C'était un démagogue. suggère une élève du fond de la classe.

-Très juste. Ce qui veut dire ?

-Il a séduit les foules par son discours.

-Et que disait-il ?

-Qu'il restaurerait la grandeur de l'Allemagne.

-Ah ! fait Antonio, satisfait. Nous y voilà. Est-ce que le Traité de Versailles vous dit quelque chose ? Oui, je suppose, vous avez dû étudier ça l'année dernière. Bon, le problème avec ce Traité, c'est qu'il a scellé la situation d'après-guerre, le destin de l'Allemagne... Sans la consulter. Un Traité revanchard, humiliant.

-Fallait bien qu'elle paye ! objecte un élève.

Antonio sourit. Voilà. Une intervention spontanée, une discussion qui va s'engager et un cours qui n'en deviendra que plus constructif.

-Bien sûr. répond Antonio. Mais il fallait y réfléchir à long terme. Hé bien, je vous propose une simulation grandeur nature. Alors, jeune homme... Tu seras l'Allemagne. Ton voisin, l'Autriche. Mademoiselle du premier rang, je te nomme la France, jeune homme, tu joueras le rôle du Royaume-Uni. Il me faut aussi les USA, ainsi que l'Italie et le Japon. Des volontaires ?

Des mains se lèvent, le professeur distribue les rôles.

-Et maintenant, imaginez que vous êtes dans une somptueuse salle du palais de Versailles, en juin 1919. France, Angleterre, Italie, Japon, USA, vous discutez. De l'Allemagne, de l'Autriche. Des punitions qu'elles vont recevoir. Vous vous amusez presque à calculer les dédommagements, les sanctions qui vont détruire l'économie allemande. Parce qu'il faut qu'elles payent, qu'elles retiennent la leçon. Et pendant ce temps, Allemagne, Autriche, vous n'êtes pas là. On ne vous a pas invitées pour des discussions diplomatiques, pour décider de votre avenir. Tout ce qu'on attend de vous, c'est que vous signiez le Traité. Vous n'avez pas le choix, vous n'avez pas votre mot à dire. Vous signez. Allemagne, comment tu te sens ?

L'élève ainsi mis sur la sellette s'empourpre.

-Ben... Ouais, c'est dégueulasse. C'est vrai que j'aurai peut-être envie de me venger. C'est pas juste. avoue-t-il.

Antonio acquiesce, puis s'adresse à nouveau à l'entièreté de la classe.

-Les historiens s'accordent sur ce fait : les prémices de la Seconde Guerre Mondiale sont inscrites dans le Traité de Versailles. Certains, à l'époque, avaient exprimé le risque qu'il représentait. Croyez-moi, ils n'ont pas refait la même erreur en 1945. Mais chaque chose en son temps. Après la Première Guerre Mondiale, l'Allemagne traverse une grave crise économique, une sombre période de récession. C'est toujours dans ces moments-là que les discours populistes trouvent des oreilles attentives, l'Histoire est là pour nous le prouver : on désigne des boucs-émissaires, on promet à la population ce qui lui fait défaut.

La sonnerie empêche Antonio de continuer son discours, les chaises raclent le sol, les élèves rassemblent leurs affaires. L'enseignant réalise. Ça y est, sa première heure de cours est terminée. Et elle s'est merveilleusement bien déroulée. Il est sur un petit nuage d'aise, mais ajoute avant que les premiers élèves ne quittent la classe :

-J'espère que le premier cours vous a plu. On se retrouve, hum... Jeudi, je crois ? Bonne journée à tous.

Plusieurs acquiescent, d'autres le saluent d'un « au revoir, Monsieur » au sortir de la salle de classe.

« C'était cool ! » entend-il.

Son sourire s'élargit. L'élève qui vient de parler se retourne vers le professeur et lui sourit, avant d'ajouter à l'adresse de son amie :

-J'espère que ça sera comme ça toute l'année ! On se sent vraiment impliqués, pour une fois !

C'est avec un grand sourire et un indicible soulagement qu'Antonio se dirige vers une classe de Secondes. Maintenant que le plus dur est fait, les prochaines heures seront beaucoup moins angoissantes.

oOo

Antonio quitte le lycée le sourire aux lèvres à la fin de sa journée. Tout s'est très bien passé, mieux qu'il ne l'aurait cru en tout cas, même si les Premières se sont montrés un peu plus turbulents. Pour un temps, au souvenir de son excellente journée, il en oublie presque qu'il a près d'une heure de métro avant de rentrer chez lui. Heure de pointe oblige, il passera le trajet coincé entre les lycéens et les navetteurs. C'est bien le seul bémol à son emploi actuel : il bosse dans un lycée qui se trouve à l'autre bout de Paris au départ de son appartement. Ce n'est que provisoire -du moins jusqu'à nouvel ordre. Il ne s'agit que d'un remplacement. Le professeur dont il assure le cours a pris une pause carrière d'un an. Un emploi stable pour autant de temps en faveur d'Antonio. Mais bon. Il n'empêche que le métro est vraiment barbant. Pour sûr, Lovino sera rentré avant lui : son collège n'est qu'à deux stations de métro de leur appartement.

Hé oui. Lovino est rentré au collège. La semaine dernière. Encore un moment émotion pour Antonio, un tournant dans leur vie à tous les deux. Déjà en juin, quand il a quitté l'école primaire... Une nouvelle page de leur vie s'est tournée. Et Antonio n'a pas du tout versé sa petite larme, bien sûr que non. Bref.

Lovino est rentré au collège, et pour le moment, ça se passe bien. Ça ne fait qu'une semaine, mais l'adaptation n'est pas trop difficile : la plupart de ses amis de primaire l'ont accompagné en Sixième, dans le même collège. Il est d'ailleurs dans la même classe que Matthew, Alfred, Lili et Peter. Ça rend les choses plus faciles.

Toutefois, Antonio se rappelle avec un pincement au cœur que son garçon grandit et qu'il n'en a plus l'exclusivité. En un clin d'œil, il sera en âge de sortir, et il ne le verra plus -ou presque. Pour le moment, il est encore sage. Quoique : ce soir, Gilbert l'emmène à son premier concert. En pleine semaine, c'est inadmissible, Antonio le sait, mais Gilbert a employé des arguments convaincants.

« Allez, Tonio, tu sais aussi bien que moi que si tôt après la rentrée, on travaille pas beaucoup ! En plus, le lendemain, c'est un mercredi, c'est pas grave ! Et puis, pense que si tu dis non et que Lovino l'apprend, il va t'en vouloir toute sa vie ! » Et pour cause : par on ne sait quel tour de magie, Gilbert a obtenu des places pour un concert intimiste de Muse. Le groupe préféré de Lovino, qu'il a justement découvert grâce à Gilbert. Antonio n'a pas pu dire non. Une occasion pareille ne se présenterait probablement pas deux fois.

Ce soir donc, Antonio se retrouvera seul chez lui pendant que Lovino va s'amuser avec son parrain. Tant pis.

Il partagera sa joie un autre jour...

oOo

Quand Antonio arrive sur le palier de leur appartement et en déverrouille la porte, il entend la voix éraillée de Gilbert qui exhorte Lovino à se dépêcher. Difficile de dire lequel des deux est le plus impatient.

Il entre dans l'appartement, enlève sa veste et ses chaussures, traverse le hall. Gilbert est debout au milieu du salon, veste de cuir sur le dos, mains dans les poches, cheveux en bataille. Lovino est apparemment dans sa chambre, occupé à troquer une tenue banale de collégien contre des vêtements plus adaptés à un concert de rock.

-Hey, Tonio ! Comment ça va ? demande l'albinos en le voyant arriver. C'était bien, la journée ?

-Salut, Gil. Oui, super, je ne pensais pas que ça se passerait aussi bien, en fait, ils...

Lovino sort de sa chambre. Il a endossé un t-shirt de la tournée précédente du groupe, cadeau de Gilbert probablement, sur un jean et une paire de Converse.

-Il te faut un pull. décrète aussitôt Antonio.

Lovino roule des yeux.

-Il ne fait pas froid... tente-t-il.

-Mais ce soir quand vous reviendrez, si ! contre-argumente Antonio

Il retourne deux secondes dans le couloir, décroche un pull à capuche du porte-manteaux, et le tend à Lovino, qui l'attrape avec un soupir.

-Tu as fait tes devoirs ? demande ensuite le père et jeune enseignant.

-Tu es drôle. réplique Lovino avec lassitude. On y va ? fait-il à l'adresse de Gilbert.

-Quand tu veux, Schatz.

Lovino et Antonio échangent un regard. Le garçon finit par sourire et rejoint son père, qui l'attrape par les épaules et l'embrasse sur la joue.

-Amusez-vous bien. dit-il. Et prudence, les enfants ! ajoute-t-il avec un clin d'œil.

-Oui, Papa ! réplique Gilbert avant que Lovino n'ait pu répondre quoi que ce soit.

Antonio sourit, avant d'asséner une petite claque sur l'épaule de Lovino.

-Allez, filez.

Les deux autres ne se le font pas dire deux fois. Ils quittent l'appartement comme un seul homme. Lovino est surexcité, ça se voit qu'il se retient de sauter partout. Après tout, c'est son premier concert...

Antonio referme la porte derrière eux, un léger pincement au cœur. Il se retourne vers l'intérieur de l'appartement, soudainement si vide. Il soupire. A défaut de raconter sa journée à des oreilles attentives, de la vaisselle l'attend... Mais d'abord, il va se poser avec un chocolat chaud. Faut pas trop lui en demander, non plus.

oOo

Lovino et Gilbert ont encore pas mal de temps devant eux avant le début du concert. Ils ont pris le métro jusqu'au Théâtre de Châtelet. A leur arrivée déjà, il y a du monde.

-On aura jamais de place. On verra rien. grommelle Lovino.

-Mais si ! dément Gilbert. Le tout, c'est d'établir une stratégie.

-Quelle stratégie ?

-Tu n'auras qu'à me suivre.

-Ok...

-Tu n'as pas l'air convaincu.

Lovino hausse les épaules.

-Je te fais confiance.

-En même temps, j'ai plus d'expérience que toi en matière de concerts.

-Ouais. Francis dit que c'est pour ça que t'es le plus atteint de vous trois.

-... Ah, Francis, s'il savait à quel point je l'aime.

Lovino ricane.
L'attente commence.

oOo

La salle est noire de monde. On s'entasse, on se piétine, on se pousse. Lovino trouverait ça effrayant s'il pouvait voir l'entièreté de la salle. Mais Gilbert a joué des coudes et de son charme, si bien qu'ils ont atteint une place respectable au milieu du cinquième rang, juste en face de la scène.

La tension monte. C'est stupide, mais Lovino sent une boule de stress dans son ventre. Une mélange d'excitation, d'impatience, de curiosité, d'appréhension. Il a chaud. Il ne sait pas trop comment un concert se passe. Et puis il y a tellement de gens autour de lui ! Il n'ose pas se retourner. Quand il tourne la tête vers la gauche, le sourire éclatant et rassurant de Gilbert le fait aussi sourire. Il a hâte.

Enfin, le concert commence. Des notes entraînantes, explosives. Lovino est soudainement pris dans le tourbillon de la musique, des mains qui se lèvent et applaudissent, des paroles qu'il ne comprend pas, mais qu'il scande dans un anglais approximatif, en chœur avec toute la salle.

Les chansons s'enchaînent à une vitesse folle. Des anciennes, bien connues. Des nouvelles, que le public entend pour la première fois parfois. Le concert a quelque chose de magique, un mélange de retour aux sources et aux petites salles ainsi qu'un vent de renouveau, avec des morceaux différents, plus symphoniques.

Soudain les musiciens disparaissent de scène. Affolé, Lovino se tourne vers Gilbert.

-C'est fini ? demande-t-il en criant au-dessus du bruit ambiant.

Gilbert rit devant la face scandalisée de son filleul.

-Non, Lovi. Lors des concerts, y a ce qu'on appelle des rappels.

-C'est quoi ?

-C'est ça.

Le groupe remonte sur scène. Le chanteur et guitariste fait languir le public grâce à une courte improvisation, avant d'entamer les accords vibrants de Plug in Baby. Lovino n'en croit pas ses oreilles. Un des morceaux qu'il espérait le plus entendre ce soir. Il a fait des pronostics, avec Gilbert. Ce dernier, qui a déjà vu le groupe une fois ou deux, savait à quoi s'en tenir. Il n'a pas voulu gâcher la surprise de Lovino en lui révélant que certains titres, comme celui-là, sont indissociables des setlists du groupe britannique.

Lovino se sent agrippé par la taille, puis carrément quitter le sol. Médusé, il regarde autour de lui. Gilbert l'assied sur ses épaules. Il a une vue imprenable, dégagée de toute tête inconnue qui obstruait sa vue. Il va pouvoir admirer son morceau fétiche dans toute sa perfection et ses moindres détails. La voix changeante de Matthew Bellamy résonne à ses oreilles, l'emporte ailleurs. Les étoiles naissent dans ses yeux. Un moment irréel, indescriptible.

Il redescend sur terre au sens propre quand Gilbert le repose, mais la magie continue pour un temps, le moment d'un autre titre. Et puis, les trois musiciens quittent la scène, n'y remontent plus. Ils laissent Lovino avec un sentiment incroyable d'être en apesanteur et, dans le même temps, de la tristesse : les bons moments sont toujours ceux qui passent le plus vite.

oOo

Le lendemain du concert, Antonio met un point d'honneur à réveiller Lovino à la même heure que d'habitude. Peu importe s'il est rentré tard la veille, le devoir l'appelle. Il prépare le petit-déjeuner tant que son fils émerge Il s'attend à un Lovino grincheux en ce mercredi matin difficile.

Le garçon sort de sa chambre en se frottant les cheveux, les yeux encore à moitié fermés. Il se laisse tomber sur sa chaise, devant le bol de céréales qui l'attend déjà.

-Comment c'était, hier soir ? demande Antonio en s'asseyant face à lui, une tasse de café à la main.

-C'était... Génial.

Lovino se lance alors dans un monologue sur les moments forts du concert. Les étoiles renaissent dans ses yeux au cours de ce discours enflammé. Antonio ne suit pas grand-chose, n'étant pas un inconditionnel du groupe britannique. Mais bon, il est content que son fils en garde un bon souvenir. Pour sa part, il a passé la soirée à faire la vaisselle, zapper des émissions plus stupides les unes que les autres, attendre. Fin moyenne pour une bonne journée.

-Et toi ? fait soudain Lovino. Les cours, c'était bien ?

Antonio sourit. Comme quoi, derrière le (presque) adolescent râleur qu'il est, et en dépit de sa soirée extraordinaire, Lovino se souvient quand même de l'importance que la veille revêtait pour son père.

Un cœur d'or sous son caractère bourru.


Voilà pour juillet!

Encore merci Bey0nd ! Sans toi, ce chapitre aurait été impossible ;)

Traductions

Political Animals : animaux politiques (anglais), titre d'une mini-série vraiment cool (avec Sebastian Staaan) et que j'ai vue! Applaudissements s'vous plait!

J'ai choisi ce titre à la fois parce que je n'avais pas d'inspiration, parce que Tonio donne un cours au sujet de la politique, et parce que la chanson qui ouvre le concert est Uprising, un titre très engagé.

Schatz : trésor (allemand - petit nom affectueux)

Plug in Baby : intraduisible. Mais c'est une chanson de Muse de 2001, sur l'album Origin of Symmetry. Un morceau qui déchaîne toujours le public en concert, croyez-moi :3

Notes

J'espère que vous ne détestez pas trop Muse. Parce que moi c'est mon groupe préféré et vu que les dates correspondent entre ce chapitre et la sortie de leur album The Resistance (et par la même occasion la tournée qui l'a précédée) je n'ai pas cherché d'autre groupe x) Faut dire aussi que c'était plus facile pour moi de parler d'un concert d'un groupe que je connais et ai déjà vu plutôt qu'un groupe que je ne connais pas ou moins bien. Le concert mentionné est donc celui du mardi 8 septembre 2009 au Théâtre de Châtelet à Paris. Il y a des vidéos sur YouTube et toutes les infos (dont la setlist) sont disponibles dans les archives du site muse . mu (ouais, j'ai fait mes recherches sérieusement!)

Le discours d'Antonio sur le XXème siècle est inspiré de celui que nous a tenu ma prof d'histoire en début d'année. Ah, cette prof! Je l'adore. Elle va vraiment me manquer, voilà un petit hommage!

En ce qui concerne M. Courferre... J'avais pas d'inspiration et ce nom de pairing ne voulait pas quitter mon esprit! Les Misérables continuent de me tourmenter, et pas qu'un peu.

J'arrête là mon bla-bla, j'espère que vous avez apprécié, n'hésitez pas à laisser une review! Je vous donne rendez-vous dans quelques minutes sur Young and Beautiful, et au 1er août pour le chapitre 16!

A bientôt~