Bien le bonjour !

Disclaimer : la plupart des personnages nommés appartiennent à Hidekaz Himaruya. Certaines œuvres mentionnées ci-après sont les propriétés de leurs auteurs respectifs.

Fiou, déjà un mois de vacances écoulé D: J'espère que vous profitez bien du soleil ;) Pour ma part j'ai l'impression que ça fait des siècles que je n'ai plus écrit et encore moins posté Being a Dad. C'était sympa de renouer avec cet univers, même si ce chapitre s'est avéré plus difficile à écrire que prévu.

Merci pour votre soutien continu~

Je vous souhaite une bonne lecture de ce chapitre, n'hésitez pas à laisser une review !

PS : un nouveau personnage en guest-star ~


Chapitre XVI : Six Feet Taller

Samedi 27 mars 2010.

Il est 8 heures du matin lorsque Lovino émerge enfin de sa chambre pour se laisser tomber sur sa chaise, autour de la table qu'Antonio a dressée pour le petit-déjeuner. Il lève les yeux de la tasse de café dans laquelle il était occupé de se noyer pour les poser sur son fils. Cheveux ébouriffés, t-shirt trop large qu'il a hérité de Gilbert, à l'effigie de Queen, sur un caleçon à lignes. Lovino n'est jamais très vif au réveil.

-'Lut. fait-il à l'adresse de son père.

-Bonjour, Lovi ! Bien dormi ?

-Hum... Ouais, pas assez.

Antonio lui tend une tasse de chocolat chaud avec un sourire compatissant. Lovino lui adresse son premier sourire du jour. Les choses vont toujours mieux avec du chocolat chaud.

-Merci.

Antonio lui sourit en retour et se met à beurrer son pain grillé.

-Qu'est-ce qui est prévu aujourd'hui ? lui demande Lovino, comme tous les matins de week-end -on ne sait jamais, Antonio a peut-être décidé d'une escapade pour échapper aux occupations habituelles et ennuyeuses du samedi.

-Des corrections, j'en ai bien peur. soupire le jeune professeur.

Lovino s'affaisse encore un peu plus sur sa chaise.

-Bon bha, je suppose que je n'ai plus qu'à faire mes devoirs...

-Dure semaine en perspective ?

-Pff. Contrôle de maths.

Antonio tique. Lovino a horreur de ça. C'est toujours difficile pour lui de se motiver à étudier pour cette matière. Puis le père se rappelle qu'il a une soirée prévue le soir-même.

-N'oublie pas de préparer quelques affaires pour ce soir !

-Hein ? Ce soir ?

-Je passe la soirée chez Francis, avec Gil. Tu vas dormir chez Roderich et Elizabeta. Tu as oublié ?

-Ouais, j'avais oublié. grogne Lovino. Mais... Je ne suis pas obligé d'aller. Je suis assez grand pour rester ici tout seul. Une soirée, je pourrai me gérer !

-Tu n'as pas envie d'aller ?

-Non, j'ai pas envie d'aller ! rétorque Lovino abruptement.

-Mais ça peut être sympa, avec Feli...

-Papa, Feli est un gamin, il est encore en primaire ! souligne l'adolescent avec mépris. Et Roderich va encore nous faire regarder Sissi en allemand sous-titrés hongrois, merci du cadeau, super soirée !

Il s'est énervé. Il parle avec plus d'agressivité. Son ton ne plaît pas du tout à Antonio. C'est probablement pour ça qu'il répond plus sèchement :

-Ça a été convenu comme ça, ça se passera comme ça. Point.

-Mais enfin ! Je suis plus un bébé, cazzo ! J'ai pas besoin d'une baby-sitter !

-Hé, ton langage ! proteste Antonio.

Lovino l'ignore délibérément et continue son envolée lyrique. Antonio commence à avoir l'habitude. Ils se prennent le bec pour tout et n'importe quoi, en ce moment. Ce doit être l'âge. Il ne lui en tient pas rigueur, mais il ne peut pas non plus lui laisser faire tout ce qu'il veut. Ce qui le choque le plus, c'est l'habitude que Lovino a prise de jurer en italien au cours de leurs conflits. Antonio se sent à chaque fois atteint en plein cœur. C'est comme s'il faisait appel à l'autorité maternelle pour contredire Antonio, comme un autre enfant irait chercher sa mère pour réparer une injustice.

-Pourquoi tu ne veux pas me laisser grandir ? Hein ? J'ai douze ans ! Tu veux que je reste un gamin pour le restant de mes jours ? Y en a marre, à la fin !

Lovino s'est levé. Pendant de longues secondes, il soutient le regard d'Antonio, médusé, sans ciller. Le silence s'installe. L'adolescent a quand même le réflexe de battre en retraite avant que son père ne sorte de son état de choc et ne commence à l'engueuler. Il abandonne son petit-déjeuner, retourne dans sa chambre et claque la porte, réveillant Romano par la même occasion. La pauvre boule de poils était assoupie sur le lit de son jeune maître et prend moyennement bien la violence de ce dernier.

Il ouvre son placard, en sort une chemise et un jean. Il enlève son t-shirt, enfile les vêtements choisis ainsi qu'une paire de Converses qui traînaient près de la porte. Antonio frappe la paroi de bois, il ne se permet plus d'entrer sans s'annoncer depuis longtemps.

-Lovino. Ouvre. On n'a pas fini, jeune homme.

Lovino lui donne raison et ouvre la porte avant qu'une deuxième salve de coups ne s'abatte sur la malheureuse. Le poing d'Antonio reste un instant en l'air. Il ne s'attendait pas à ce qu'il ouvre si rapidement. Mais s'il espère pouvoir poursuivre la discussion, il se trompe. Lovino quitte sa chambre sans lui accorder un regard, tourne dans le couloir de l'entrée, récupère sa veste au portemanteaux et l'enfile.

-On peut savoir où tu vas ? demande Antonio abruptement.

Lovino ne lui répond pas, ouvre la porte et quitte l'appartement. Il descend les escaliers quatre à quatre. Inutile de se dépêcher, son père ne le suivra pas, pas en pyjama... Dans le hall de l'immeuble, il ralentit un peu et récupère son vélo dans un cagibi prévu à cet effet. Il le sort et l'enfourche, pédalant à toute vitesse pour s'éloigner de l'immeuble et de son père.

oOo

Il ne sait pas trop pourquoi ni comment, mais il est arrivé devant chez Gil. Le trajet s'est passé dans une sorte brouillard. Lovino ruminait à la fois son ressentiment contre l'attitude de son père, maudissait les automobilistes imprudemment dangereux qui ont manqué de le renverser à plusieurs reprises, laissait échapper des injures moins adressées aux conducteurs qu'à son géniteur, franchement, il n'a pas eu le loisir de se soucier de son itinéraire.

Il s'est simplement toujours senti plus proche de Gilbert que de Francis. Il les aime autant l'un que l'autre, mais il a l'impression que l'albinos le comprend mieux. Et puis, puisqu'il est célibataire, il ne dérangera pas trop s'il débarque avant 9 heures à son domicile.

Il sonne. En espérant ne pas réveiller l'albinos. Il attend. Plusieurs minutes. L'interphone finit par lui répondre.

-Oui ?

-Gil, c'est Lovino.

-Lo- Lovi ?! Qu'est-ce que tu fais là ? Tu es tout seul ?

-Ouais. Je... Je me suis engueulé avec Papa. J'peux monter ?

Gilbert hésite de l'autre côté de la ligne. Il y a un blanc, avant qu'il ne réponde :

-Oui... Oui, bien sûr ! Je t'ouvre.

Lovino pousse la porte de l'immeuble et monte les escaliers jusqu'au premier étage. Ça ne fait pas si longtemps que Gilbert a troqué son studio étriqué d'étudiant pour un appartement plus vaste, bien qu'il y vive encore seul. Au moins, dans celui-ci, il a une pièce propre qui lui sert de bureau et de bibliothèque. Il a aussi une cuisine bien plus équipée que son ancien logement, et il s'est enfin essayé à la gastronomie. Il fait des progrès, mine de rien. Il a une chambre d'ami, que Lovino a déjà occupée une fois ou deux.

Lovino arrive à la porte de l'appartement et frappe. Il attend encore un moment alors qu'il entend un remue-ménage extraordinaire à l'intérieur. Il frappe à nouveau, un peu plus fort. Des bruits de pas résonnent dans le couloir, de l'autre côté. On tourne une clef dans la serrure, et finalement, Gilbert lui ouvre la porte. Habillé à la va-vite, de toute évidence. Les cheveux en bataille -notez que cela ne sort pas beaucoup de l'ordinaire. Un sourire un peu forcé.

-Hey, Lovi ! lance-t-il en le faisant entrer précipitamment et en l'asseyant presque de force dans le canapé pour qu'il tourne le dos au reste de l'appartement. Comment ça va ?

-Bof... commence Lovino.

L'adolescent fronce les sourcils. Gilbert n'a pas l'air à son aise, quelque chose l'embarrasse. Il jette des regards inquiets tout autour de lui, principalement derrière Lovino, qui finit par se retourner...

Pour voir un homme sortir de la salle de bain, habillé avec un peu plus de soin que Gilbert d'une chemise et d'une veste de costume. Un grand homme, large d'épaules, au visage doux et pourtant impressionnant. Il sourit à Lovino, un peu crispé.

-Bonjour ! le salue-t-il avec un fort accent étranger. Gilbert... A la prochaine, je suppose ?

-C'est ça ! réplique l'albinos, embarrassé. A la prochaine.

Il le raccompagne jusqu'à la porte. Lovino suit à distance respectable. Il n'a jamais vu son parrain aussi mal à l'aise et il ne peut s'empêcher de trouver ça drôle, même si ce n'est probablement pas charitable. Quand, enfin, la porte claque derrière l'inconnu et que Gilbert se retourne vers son filleul, cramoisi et gêné, Lovino demande :

-C'était qui ?

Gilbert balbutie un moment avant d'inspirer un grand coup et de reprendre ses esprits :

-Ivan. déclare-t-il finalement. Un vieil ami.

-Je ne l'ai jamais vu. souligne Lovino, qui se retient de rire.

-C'est normal, il habite loin... Il est russe. Il travaille parfois en France, mais il vit à Saint-Pétersbourg. Avec sa femme.

Lovino hoche la tête, pensivement. Il est obligé de prendre les explications de son parrain comme seule et unique réalité, au lieu de se perdre en conjectures sur le pourquoi du comment de la présence du Russe chez Gilbert. C'est son problème, après tout. Mais l'embarras -décidément très drôle- de l'albinos laisse penser qu'il y a autre chose...

-Si je dérangeais, tu pouvais me laisser dehors.

-Ne dis pas de bêtise, petit, tu veux ? Petit-déjeuner ? demande Gilbert en tournant le dos à l'adolescent pour recomposer un visage neutre.

C'est vraiment gênant. Il a menti à Lovino, par omission du moins. Et il sait que le garçon s'en est rendu compte. Mais quoi ? Doit-il être sincère et expliquer à Lovino que Monsieur le Diplomate russe est plus qu'un ami ? Il l'a déjà compris, Gilbert en est certain. Et il est reconnaissant à l'adolescent de ne pas poser plus de question. Il sait qu'Antonio lui a déjà fait un discours sur l'homosexualité quelques années plus tôt, mais il ne sait pas ce qu'en pense Lovino. Et il se voit mal lui dire qu'Ivan est un plan cul régulier, qu'ils ne s'aiment pas mais y trouvent tous deux leur compte, de temps en temps, quand le diplomate est en France et peut s'évader du mensonge qu'est sa vie en Russie pendant quelques jours. Quelle vision romantique de l'amour il transmettrait à l'adolescent. Et puis, il doit avouer qu'il est terrorisé à l'idée que Lovino puisse changer d'avis à son égard en apprenant que Gil est gay, mal le prendre, s'éloigner de lui, se sentir mal à l'aise en sa présence ou tous les autres scénarios catastrophes qu'il a déjà pu imaginer.

-Oui. répond Lovino en suivant son parrain jusqu'à la cuisine.

Il ouvre le frigo et prend du lait et de la confiture, pendant que Gilbert ouvre une des nombreuses armoires et sort des tasses, des bols et des assiettes, et attrape un paquet de céréales. Ils s'installent à table avant que Gilbert ne lui demande finalement :

-Qu'est-ce qui t'amène ?

-Je ne sais pas trop. répond Lovino, qui baisse les yeux et se perd dans la contemplation de sa tasse de lait.

Gilbert hausse un sourcil.

-Que s'est-il passé ?

-Je me suis disputé avec Papa.

-Ça, j'avais compris. A quel sujet ?

-Votre soirée de ce soir. Il s'est arrangé avec Roderich pour que j'aille dormir chez eux, mais... Je m'estime suffisamment grand et responsable pour rester une soirée tout seul chez moi !

-Hum, c'est vrai. approuve l'albinos. Mais tu crois vraiment que l'attitude que tu as eue à ce sujet, c'est à dire t'énerver au point de me rendre une petite visite matinale, ce qui est une fugue, en fait... Bref, tu crois que cette attitude de tête brûlée va convaincre Antonio que tu es suffisamment responsable ? Tu crois que cette attitude va lui prouver que tu es digne de confiance ?

Lovino ouvre la bouche, la referme avec un claquement de dents, choqué. Il se sent soudainement stupide et contradictoire. Mais Gilbert continue :

-Je sais qu'à ton âge on veut être libre, c'est compréhensible. Mais sois indulgent avec Antonio... Il a toujours pris soin de toi pratiquement seul. Il s'est lié à toi pour deux. C'est normal qu'il éprouve des difficultés à te laisser seul, il veut te protéger un maximum... Il fait de son mieux et prend les décisions qu'il estime les meilleures pour ton bien.

-Je sais, mais... Pourquoi il ne veut pas voir que je grandis ?

Gilbert s'autorise un petit rire.

-Oh, il le voit. C'est bien pour ça qu'il veut te garder près de lui... Tant qu'il le peut encore. Il va avoir du mal à te laisser partir, parce que... Tu es sa vie. C'est dur de laisser partir ceux qu'on aime... C'est dur de les voir s'éloigner quand on aimerait les garder près de soi pour toujours, et rien que pour soi.

Lovino fait la moue, dépité. Gilbert lui relève la tête et reprend un ton enjoué :

-Hey, je veux bien intercéder en ta faveur auprès de ton père pour la soirée de ce soir, je m'arrangerai avec Roderich, il ne peut rien me refuser. Mais tu vas devoir t'excuser auprès d'Antonio, d'accord ?

Lovino soupire.

-Ok.

-Bon. Termine ton petit-déjeuner et ensuite, je te ramène chez toi.

oOo

Sur le chemin, ils sont passés dans une supérette acheter de quoi composer une dîner décent pour l'adolescent. Gilbert a marché à côté du cycliste sur le trottoir tout au long du chemin du retour, discutant de tout et de rien pour apaiser son filleul, le faire rire, et changer ses propres idées. Il a déjà eu son lot d'émotions aussi, ce matin.

Ils rentrent dans l'immeuble des Fernandez Carriedo. Ils n'ont eu aucune nouvelle d'Antonio depuis le départ de Lovino, même si Gilbert lui a discrètement envoyé un message pour le rassurer et lui dire de ne plus s'inquiéter pour son rejeton. Ils le trouvent à son bureau, corrigeant nerveusement des tests médiocres d'une classe de Seconde. Il a près de lui plusieurs tasses de café vides, il a dû passer ses nerfs via la boisson au cours de la matinée. Il se retourne à peine quand la porte claque derrière les nouveaux venus.

-Ola, Tonio ! lance joyeusement Gilbert. Je te ramène ton petiot.

Alors Antonio quitte son bureau, un grand sourire décoché à l'adresse de Gilbert, qu'il n'a pas vu depuis un petit moment. Ils commencent à discuter de leur soirée du soir, ignorant superbement Lovino qui est resté dans l'ombre du couloir pendant que Gilbert s'est avancé dans le salon.

Puis le jeune garçon se lasse d'attendre qu'on lui prête attention, et s'éclaircit la gorge. Antonio arrête de parler se tourne vers lui, le visage neutre.

-Calmé ? demande-t-il.

Et Lovino se sent intimidé par le regard sévère que son père lui lance. Un peu comme s'il était un mauvais élève turbulent mis à la porte pendant dix minutes puis réintégré à la classe.

-Oui. répond-il. Et, hum... Je suis désolé. Pour ce que j'ai dit, et d'être parti. C'était stupide. Pardon, Papa.

Antonio le considère un instant, la tête légèrement inclinée sur le côté. Puis son expression se fend d'un sourire, et le père se superpose à l'image du prof en colère.

-Allez, c'est oublié. Mais la prochaine fois que tu pars comme ça, ça ira mal, jeune homme.

Il ébouriffe les cheveux de son fils, qui apprécie moyennement mais la ferme pour éviter d'aggraver la situation.

-Tu n'avais pas un test de maths à préparer ? lui rappelle Antonio. Et va prendre une douche, pour l'amour du ciel !

Il prend une voix autoritaire, mais ses yeux ont retrouvé leur étincelle vive habituelle. Lovino ne demande pas son reste et s'exile dans sa chambre, sort ses cahiers de mathématiques et se met à bûcher sans grande conviction.

Antonio, pendant ce temps, invite Gilbert à boire quelque chose avant de repartir. Le Germanique accepte bien volontiers et s'assied dans le canapé pendant que le maître des lieux prépare deux tasses de café. Quand Antonio le rejoint au salon, Gil le remercie pour le café, laisse planer le silence sur eux pendant quelques instants, puis lâche dans un soupir :

-Ah, il a bien grandi, notre Lovi.

-Oui... J'ai tendance à l'oublier, parfois. Ma réaction était excessive.

-Non, la sienne était excessive. Mais c'est vrai qu'il a douze ans, maintenant... Il est capable de se surveiller tout seul.

-Tu crois qu'il ne doit pas aller chez Roderich ?

-Nan, mets-toi à sa place : Lizzy le gardait quand il était bébé. Le renvoyer là-bas, ça lui donne l'impression qu'il n'a toujours pas grandi, pour toi. C'est comme le confiner dans son enfance, alors qu'il est justement en train d'en sortir.

-Hum, tu as raison.

-Toujours. Tu oublies que tu parles à Tonton l'Awesome.

Antonio laisse échapper un petit rire. Gilbert reprend :

-J'expliquerai ce qui s'est passé à Roderich. Il comprendra. Ou il va vraiment paniquer, parce que Feli va bientôt arriver à cet âge aussi... Même si je doute que Feli devienne aussi caractériel que Lovino.

-J'en doute aussi.

Gilbert vide sa tasse, se lève, et conclue :

-Bon ! C'est pas tout ça, mais j'ai un cours sur l'empire austro-hongrois à préparer. Merci pour le café, Tonio.

-Merci à toi pour Lovino.

-Je t'en prie, c'est naturel. A ce soir !

-Oui, à tout à l'heure. Bonne journée.

Il raccompagne son ami jusqu'à la porte, puis regagne son bureau à son tour.

oOo

Lovino a obtenu gain de cause. Son père est parti chez Francis. Il est resté seul dans leur appartement. Il a réchauffé la lasagne qu'il a achetée avec Gilbert le matin même, l'a mangée devant un épisode de The Mentalist et, après avoir rangé assiettes et couverts dans le lave-vaisselle, s'est mis en pyjama. Il est maintenant dans son lit et avance dans la lecture de Percy Jackson, il est proche de la fin du premier tome, aux Enfers, et...

Et il flippe.

L'appartement est plongé dans la pénombre, à l'exception de la lampe de chevet de l'adolescent qui n'éclaire pas plus loin que le pied de son lit. L'atmosphère du roman est présentement sombre et tendue. Et Lovino remarque pour la première fois tous les bruits insolites qui hantent un appartement vide et silencieux. Le bois qui craque, le chat qui saute sur un meuble et provoque la chute de l'un ou l'autre bibelot, les voisins qui claquent les portes, des passants qui crient sur la rue. Autant de sons qui le font sursauter et le mettent mal à l'aise. Mais il n'a pas peur, bien sûr que non ! Il essaye de ne pas prêter attention à cette stupide tension dans son estomac... Stupide. Vraiment stupide. Il n'y a que lui et Romano dans l'appartement. La porte est fermée à clef -il a vérifié. Deux fois. Il ne peut rien lui arriver !

Il dépose son livre, éteint sa lampe et se terre sous les draps.

Jamais, au grand jamais, il n'avouera qu'il est un peu rassuré quand il entend son père rentrer après sa soirée, vers une heure du matin, et aller se coucher.

Courageux, mais pas téméraire...


Traductions

Six Feet Taller : plus grand de six pieds (anglais - dérivé de la série Six Feet Under, le quotidien d'une famille de pompes-funèbres. J'ai vu deux trois épisodes. C'était sympa. Et aussi, Nathaniel est canon.)

Cazzo : putain (italien) J'ai vraiment l'impression de le traduire dans toutes mes fics en ce moment, huhuhu ._.

Notes

Percy Jackson est une série de livres (+ un film) de Rick Riordan que je lisais à l'âge de Lovi. Je m'inspire trop de ma vie pour cette fic D: En gros, c'est la mythologie grecque revisitée à la sauce moderne.

The Mentalist est une série policière américaine. Avec Simon Bakeeeer ~ Bref.

Voilà pour août, nous nous retrouverons le 1er septembre !

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