Bien le bonjour !
Un nouveau chapitre, ah... Ca veut dire que c'est déjà le mois de septembre *gros soupir*
Disclaimer : la plupart des personnages appartiennent à Hidekaz Himaruya.
On rentre dans l'arc principal de l'histoire, avec pas mal de graines plantées pour la suite ~
Merci pour vos reviews, follows et favoris !
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Je vous souhaite à tous une bonne rentrée et une bonne année scolaire à tous !
Ah, et aussi, bonne lecture. Et n'hésitez pas à laisser une review.
Chapitre XVII : Teen Son
Mardi 3 mai 2011.
Matthew émerge de la station de métro de bon matin, à la même heure que d'habitude, son cartable sur le dos. Il manque de se faire percuter voire renverser par des adultes plongés dans leur journal, leur téléphone portable ou encore leur mauvaise humeur qui ne le remarquent pas. Enfin, il rejoint le flot d'étudiants peu enthousiastes qui pénètrent dans le collège pour suivre les premières heures de cours.
Il se sent presque noyé parmi les collégiens. S'il avait été seul de ses amis à fréquenter le collège, ç'aurait été bien pénible. Fort heureusement, il est bien accompagné. Alfred, Lili, Peter, et bien sûr Lovino -autant de personnes, d'amis d'enfance qu'il a la chance d'encore côtoyer et qui le gardent à flot. Grâce à eux, sa timidité maladive ne lui a pas posé de problème d'intégration. Il leur en est reconnaissant. Pour ça, et pour l'accepter tel qu'il est -taiseux, timide, mais adorable, pour reprendre leurs mots.
Le matin, il retrouve généralement Lovino devant le collège et ils y entrent ensemble. Comme chaque jour, le blond repère la tignasse indomptable de l'Italien, le sourire lui vient aux lèvres et il prépare une salutation enjouée, mais elle meurt dans sa gorge quand il remarque que Lovino n'est pas seul.
Il discute avec Lili. Ils sont proches l'un de l'autre, et Lovino dépose un chaste baiser sur les lèvres de la jeune fille, qui rougit et sourit. Matthew ne comprend pas ce qu'il vient de voir, mais se sent lui-même piquer un fard. Il passe donc son chemin, franchit les grilles du collège. Il ne veut pas déranger. Sa présence n'est souhaitée, n'est-ce pas ?
Il s'arrête quelques mètres après les grilles. Derrière ses lunettes, ses yeux violets s'affolent à la recherche d'un visage connu et ami. Voilà, excellente décision qu'il a prise : il se retrouve seul dans la jungle du collège. Fort heureusement, Alfred est du genre bruyant et agité. A vingt mètres de lui, dans la cour, Matthew repère le blouson d'aviateur trop grand de son ami, la tignasse blonde. Alfred raconte encore une de ses blagues douteuses qu'il illustre de grands gestes de la main. Le petit blond marche rapidement vers l'exubérant enfant et se fond dans la masse du groupe qui végète autour de lui en les saluant tous d'un sourire timide et d'un « bonjour » à peine audible. Autour de lui, Peter, Feliciano et Feliks. Grâce à Lovino, ses amis se sont rapprochés du petit Italien depuis leur prime jeunesse, en primaire, et côtoient aussi les camarades de Feliciano, dont Feliks -un jeune homme volubile, mais très gentil et plein de joie de vivre. Bavard, il parle souvent plus vite que sa pensée.
Alfred termine sa blague, la chute fait ricaner l'assemblée. Matthew rit pour faire bonne mesure, mais Alfred n'est pas dupe :
-Bro ! Bonjour ! Ça va, Matthie ? T'as l'air d'avoir vu un fantôme !
-Q-Qui ? Moi ? Non, ça va !
-Sûr ?
-Promis.
Alfred agit toujours un peu en mère poule à l'égard de Matthew. Ou comme un grand frère un peu protecteur. Il le scrute avec suspicion.
-Bon. Et Lovino n'est pas avec toi ?
-Hein ? Ah, heu... Il est... En retard ?
-Ah, ouais ! rit Alfred. Il est jamais très vif le matin.
-Parle pour toi ! intervient Peter.
La cloche retentit, marquant le début des cours. Matthew se dirige aussitôt vers la classe d'anglais, suivi de près par Alfred et Peter. Les trois garçons n'ont aucun problème avec cette langue, qu'ils parlent tous couramment à la maison. Ce qui n'est pas le cas de Lovino... Avec ses cours d'italien et ses vacances passées en Espagne chez ses grands-parents qui lui apprennent la langue, les accents germaniques le déstabilisent. Enfin, c'est ce qu'il dit quand il peste sur ces devoirs qui ne lui rapportent pas les notes espérées. Lovino accourt justement, dans des Converse, un jean et un t-shirt, son sac à dos négligemment jeté sur l'épaule, et entre dans la classe quelques secondes avant le professeur pour retrouver sa place à côté de Matthew.
-Salut. fait le blond.
-'lut. Cazzo, je t'ai attendu jusqu'à la sonnerie ! Tu étais où ? J'ai failli être en retard... râle le Méditerranéen.
Matthew tourne vers lui des yeux ronds. Parce qu'en plus c'est de sa faute... ?
-Pourquoi tu as embrassé Lili ? réplique Matthew du tac au tac, peut-être plus brusquement qu'il ne le pensait.
Lovino a un temps d'arrêt. Il semble comprendre que son meilleur ami a assisté à un moment qu'il n'était pas censé voir et qu'il s'est senti exclu... Ou pas désiré. Lovino ouvre la bouche mais ne profère pas d'excuses. Il choisit plutôt de répondre à la question.
-Parce que... On sort ensemble.
Matthew écarquille les yeux.
-Toi... Et Lili ? répète-t-il.
-Bha... Ouais.
-Ah. Tu l'aimes ?
-Non. répond Lovino. Enfin, je l'aime bien ! s'empresse-t-il d'ajouter. Mais...
-Et elle, elle t'aime ? demande encore le Canadien sans pitié.
Lovino est embarrassé.
-J'en sais rien... ! Je suppose...
-Tu sais que Peter est amoureux d'elle depuis des années.
Lovino souffle par le nez. Il regarde Matthew droit dans les yeux :
-Écoute, c'est pas sérieux, c'est... Pour voir, tu comprends ? Pour essayer. Tout le monde a une copine !
-Matthew, Lovino, le cours a commencé ! les interrompt le prof en s'approchant de leur table et en dardant sur eux un regard d'avertissement.
Lovino sort son cours d'anglais de son sac à dos et soutient le regard de l'enseignant sans ciller, et répond avec une extrême politesse :
-Nous sommes attentifs, Monsieur.
oOo
Mais c'est tout sauf honnête. L'heure d'anglais passe dans un flou indistinct pour Lovino. Le menton dans la main, il écoute distraitement le professeur expliquer pour la dixième fois au moins le Present Perfect. Pour sa part, Lovino réfléchit à ce que Matthew lui a dit -Matthew qui écoute le professeur avec attention même s'il connaît ces règles de grammaire par cœur.
Il ne sait pas trop pourquoi il s'est mis à sortir avec Lili... C'est une amie d'enfance, ils se connaissent depuis tous petits. Mais il ne l'aime pas... Pas plus que ses autres amis et amies. Ils s'entendent bien et elle est très mignonne, mais... Quand même. Malgré cela, il ne l'aime pas. Alors pourquoi ? A quoi ça rime d'avoir une petite amie dans ces conditions ? Qu'est-ce qui a poussé Lovino à sortir avec quelqu'un ? Il a peut-être voulu se prouver quelque chose... ? Mais quoi ? D'ordinaire, il chasse cette pensée. Il devient beau, il le sait. Le charme méditerranéen sa peau caramel, hâlée, ses grands yeux ambrés et ses cheveux auburn... Il est atypique. Bon, et si on fait abstraction des quelques boutons qui commencent à poindre de temps en temps et qui sont proprement répugnants, il est beau. Et il plaît, il le sait. Les bruits de couloir passent rarement inaperçue. Alors... Se prouver quoi ?
C'est plus vraisemblablement un test... Mais est-ce vraiment une bonne chose ? En fait, il utilise Lili... Ce n'est pas très gentil, ni très sincère, ni... Correct. Pas du tout. Mais c'est tout récent, de la veille... ! Alors, quoi ? Doit-il attendre et voir si les sentiments arrivent ensuite, ou couper court tout de suite ?
Il soupire. Le cours se termine. Il se cogne le front contre son classeur, désespéré et en proie au doute. Que c'est dur d'être un ado.
oOo
A la pause, Matthew n'est pas beaucoup moins soucieux que Lovino. Une phrase de son ami en particulier lui reste en tête. « Tout le monde a une copine ! » C'est vrai, si on fait exception de Lovino jusqu'à la veille, de Peter qui est désespérément amoureux, d'Alfred qui a pourtant l'embarras du choix... Et de Matthew. Aucune fille n'a jamais ouvertement témoigné d'intérêt pour lui, et lui-même... Le leur rend bien. Il regarde autour de lui et n'en voit aucune avec qui il aimerait sortir. Peut-être qu'il n'est pas encore prêt. Hormonalement ou psychologiquement... Pas encore mature. Il ne ressent aucune attirance envers les filles. Est-ce qu'il a un problème, ou alors... C'est normal et les autres ne sont pas honnêtes avec eux-mêmes, comme Lovino, lorsqu'ils se mettent à sortir avec des filles sans avoir de sentiments pour elles ?
Fort heureusement, Alfred se charge de leur changer les idées en racontant son entraînement d'athlétisme de la veille. L'Américain est un athlète prodige, promis à un avenir dans la compétition d'heptathlon. Il s'entraîne plusieurs fois par semaine, et pourtant, déborde encore d'énergie -et mange énormément. Il a une silhouette élancée, il est déjà grand quand ses camarades n'ont pas encore commencé leur croissance, et il est musclé. Pas étonnant qu'il fasse craquer la plupart des filles.
Peut-être que Matthew devrait se mettre au sport. Il aurait plus confiance en lui, et ainsi, trouverait peut-être le courage et l'assurance qui lui manquent pour parler à l'une ou l'autre fille. Voilà, en septembre, il commencera un sport. Ça lui laisse trois mois pour décider lequel.
oOo
En rentrant chez lui le soir, Lovino n'est pas beaucoup plus avancé dans sa réflexion. Il claque la porte du hall et envoie son sac à dos valser contre la penderie avant de s'attaquer aux lacets de ses chaussures qu'il abandonne au milieu du couloir. Cette histoire l'énerve, il a désespérément besoin d'un goûter digne de ce nom. Il traverse l'appartement désert et atterrit devant le frigo. Avec un gros soupir, il passe en revue ce qui pourrait constituer un remontant. Ah. Un reste de gâteau au chocolat de dimanche dernier. Avec un grand verre de jus, c'est parfait. Il sort l'assiette et la brique du frigo et s'installe à table seul avec ses idées noires. Il est perdu dans la contemplation de son jus d'orange quand la porte claque à nouveau -Antonio est de retour à la maison.
-Bonjour Lovi- ARGH !
Lovino hausse un sourcil. Quelle frasque son père a-t-il encore commise ? Il a dû trébucher dans sa bonne humeur.
-Lovi ! Combien de fois je vais devoir te dire de ranger tes chaussures, bordel !
Ah, en fait, pas tout à fait.
-Hé, ton langage... proteste Lovino sans grande conviction.
Antonio émerge du couloir, son sac de cours dans une main et la paire de Converse criminelle dans l'autre. Il n'a pas l'air de rire. Avec un soupir et en levant les yeux au ciel, Lovino abandonne son goûter pour arracher les chaussures de la poigne de son père et aller les ranger dans l'armoire à chaussures du hall comme demandé.
-Merci ! fait l'Espagnol avec emphase.
Puis, il suit le même itinéraire que son fils et explore le frigo.
-Pff, va falloir faire des courses. grommelle-t-il avant de sortir un yaourt aux fraises et de s'installer en face de Lovino.
-Donc, où en étions-nous ? demande Antonio. Ah, oui... Bonjour, Lovi ! Bonne journée ? reprend-il avec son ton enjoué.
-Salut, Papa. réplique Lovino. Oh, tu sais ce que c'est. L'école. C'est jamais exaltant. Et toi ?
-Oh là, mauvaise journée, dis donc. Pire que d'habitude ?
-Pff. Ouais.
-Quel cours ?
-Non, c'est pas un cours, c'est... Arf, c'est rien. Et toi ? Comment ça s'est passé ?
-Mes Secondes étaient assez remontés. Ça doit être la chaleur...
Lovino l'écoute raconter ses déboires de professeur avec une indulgence amusée tout en avalant les dernières miettes de gâteau au chocolat. Il vide ensuite son verre de jus de fruit et s'excuse :
-Bon, hum... J'ai un test de SVT demain. Faut que j'étudie.
-Courage ! répond Antonio en ébouriffant les cheveux de son garçon lorsqu'il passe à portée de main. Ce soir, pasta !
-Pff. Arrête, on dirait Feli.
Et Lovino retourne dans le hall, attrape son sac et s'enferme dans sa chambre en vue d'une passionnante session d'étude de géologie.
Et franchement, avoir la tête ailleurs n'aide pas. Ses pensées reviennent sans cesse sur sa situation... Amoureuse, si on peut dire ? Et à sa conversation avec Matthew. Ils ont à peine échangé un mot de la journée, après leur altercation. Certes, Matthie ne parle pas beaucoup, mais... Lovino arrive toujours à discuter avec lui, le Canadien se sent plus à l'aise avec lui qu'avec quiconque -hormis peut-être Alfred. Ils ont de ces fous rires, d'habitude... ! Il n'aime décidément pas cet état des choses entre son meilleur ami et lui. Ce qui ne fait rien pour l'aider avec ses doutes.
Le temps semble accélérer. Il est vingt heures quand il termine finalement d'étudier son chapitre de SVT, sans conviction de réussir le test. Tant pis, que les sciences aillent se faire foutre, de toute façon.
Il émerge de sa chambre tel un zombie. Antonio a fini ses corrections du jour et est collé devant ARTE. Il tourne la tête vers son fils.
-Fini ?
-Fini.
-Je commençais à désespérer... J'ai faim ! se plaint le professeur.
-Moi je suis toujours désespéré. réplique Lovino, amer.
-A ce point-là ? C'est juste un contrôle, Lovi, t'en fais p-
-C'est pas à cause de la SVT. le coupe-t-il le plus sérieusement du monde.
Antonio éteint aussitôt la télévision.
-Ok. On en discute à table.
Lovino opine du chef mais ne dit rien. Il reste tête baissée. Il sent la gêne de sa vie approcher: avouer à son père qu'il est en couple. Pour autant que ce soit « être en couple ».
Il dresse la table pendant que son père apporte la casserole de pâtes bolognese. Ils s'installent et commencent à manger. Lovino ne sait plus s'il a bien fait de solliciter une discussion avec son père, il ne sait plus s'il a vraiment envie de lui confier ses déboires.
-Donc. Que se passe-t-il ? demande Antonio au bout de quelques minutes de silence.
Lovino lève les yeux de ses spaghettis. Il sent ses joues brûler de gêne. Il prend une grande inspiration et lâche le morceau :
-J'ai une copine.
Antonio s'étrangle avec la bouchée de bolognese qu'il avalait. Le garçon, face à lui, a l'air si mélodramatique dans cet aveu, alors que... Il n'y a vraiment pas de quoi en faire une tragédie ! Si... ?
-...Et ? demande Antonio en se retenant de rire.
-Et je me suis rendu compte que je ne l'aime pas.
-Ah. Délicat. Et qui est l'heureuse élue ?
-...Lili.
Antonio hausse un sourcil.
-Lili... La petite Lili ? Celle qui a joué avec toi et Matthew et Peter et Alfred aux Playmobils et... ?
-Oui, oui... Lili, quoi !
-Lili Zwingli ?
-Mais oui ! Alors tu vois, c'est super délicat ! C'est mon amie depuis des années ! Et je ne veux pas la blesser, ni perdre son amitié, mais... Mais je l'aime pas.
-Pourquoi tu sors avec elle, dans ce cas ? Ça dure depuis combien de temps, d'ailleurs ?
Toujours cette question du « pourquoi »... A laquelle il ne peut même pas répondre lui-même.
-Deux jours...
-Deux jours... ! Merci de m'en avoir parlé ! ricane Antonio.
-Je suis sérieux. Je ne sais vraiment pas quoi faire.
Antonio boit une gorgée d'eau pour faire passer le fou rire qui reste bloqué dans sa gorge.
-Je ne suis peut-être pas la bonne personne à qui demander des conseils en matière amoureuse. Tu devrais en parler à Francis... Mais, d'après moi, heu... Tu es sûr que tu ne l'aimes pas ?
-Pas de façon amoureuse... Mais c'est une amie. Et je ne veux pas la perdre.
-Hé bha, Lovi... Pour une première fois, on peut pas dire que tu aies choisi la facilité. remarque son père.
-Je sais, merci ! Tu prévois de m'aider, ou tu vas continuer à te foutre de moi ?
Lovino semble vraiment énervé, maintenant. Son père n'a pas réagi d'une façon qui lui plaît. Il aurait préféré recueillir une solution toute prête à son problème.
Antonio compose un visage neutre.
-Je te suggère de... Bien réfléchir. Attends peut-être un peu de voir si tu y prends goût... Si les choses changent. Et si tu n'as toujours pas de sentiments, trouve une façon de lui dire sans lui faire de peine. Conduis-toi en gentleman. Vraiment, va voir Francis.
-Pour qu'il me donne un cours d'éducation sexuelle au lieu de me conseiller ? Non merci.
oOo
Lundi 9 mai 2011.
Lovino n'a donc pas obtenu de solution. Et il a continué à fréquenter Lili comme si de rien n'était. Oh, une amourette chaste, rien de sérieux. Mais c'est quand même embarrassant. Ils discutent par messages, le soir, exactement comme avant, comme avec Matthew ou Alfred.
C'est finalement Lili qui a apporté une solution à son problème, le lundi d'après. Après les cours, alors qu'ils vont se saluer, elle l'arrête et dit, toute rouge :
-Ecoute, Lovino, hum... En fait... Je préférais quand on était amis. Ne le prends pas mal ! Je t'aime beaucoup et je tiens à toi, mais... Je pense qu'on devrait en rester là et redevenir de simples amis.
Il l'aurait bien serrée dans ses bras. Mais au vu de ses paroles, qui somme toute constituent une rupture, il s'abstient. Il ne sait pas comment réagir. Il sourit, embarrassé, puis répond :
-Oui, hum... Je pense aussi. Il vaut mieux qu'on oublie cette semaine et que tout recommence comme avant. C'est... Ah, c'est moins gênant.
Elle sourit à son tour.
-Je suis contente que tu le prennes comme ça.
-Enfin... ! Une semaine de flirt n'allait pas remettre en question des années d'amitié...
-Je l'espérais bien. A demain, Lovi !
Elle dépose un baiser sur sa joue et s'en va avec un petit rire vers sa station de métro. Lovino, pour sa part, expire un grand coup avant de commencer son chemin du retour. Il se sent bien plus léger que depuis une semaine. Matthew avait raison, après tout. Comme toujours...
oOo
Vendredi 13 mai 2011.
Francis et Gilbert viennent toujours passer la soirée chez les Fernandez Carriedo au moins une fois par mois. Lorsqu'ils déboulent dans le salon, où Lovino est présentement occupé de lire le dernier tome en date de A comme Association les fesses posées dans le canapé, et qu'il lève le nez de son bouquin pour voir ses deux parrains arborer des sourires entendus et un rien moqueurs, il comprend tout de suite qu'il va en prendre plein la face. Finalement, parler à son père de son amourette n'était probablement pas la partie la plus gênante de la chose. Si Antonio a cafté, ça va chauffer pour lui, Lovino le promet silencieusement.
-Salut ! les accueille l'adolescent.
-Bonsoiiir Lovi ! le salue Francis avec emphase. Quelles nouvelles ?
Lovino hausse un sourcil.
-Oh, rien de trépidant. Je suis collégien, je te rappelle.
Gilbert envoie sa veste en cuir valser sur un fauteuil et s'assied sans ménagement à côté de Lovino. Avec plus d'élégance, Francis s'installe de l'autre côté de l'adolescent.
-Alors, Lovi ? Tu n'as vraiment rien de nouveau à nous annoncer ?
L'adolescent soupire, excédé, ferme son livre et le pose délicatement sur la table basse, devant le canapé.
-Non.
-C'est pas bien de mentir, tu sais ! le réprimande Gilbert, goguenard. Notre petit doigt nous a dit que tu fréquentes ?
-Laisse-moi deviner ! raille Lovino. Votre petit doigt porte un tablier ridicule, va foirer le dessert et s'appelle Antonio.
-Bingo ! le félicite Francis.
-Il va m'entendre...
-Tu croyais tout de même pas que tu allais t'en tirer sans qu'on soit au courant. remarque Gilbert. Comment va Lili ?
-Bien... ! Mais je vous arrête tout de suite, on n'est plus ensemble !
Il fulmine. Un ange passe au-dessus du canapé, ses parrains ont un temps d'arrêt.
-Quoi, déjà ? Hé, mais ça, Tonio ne nous l'a pas dit !
-Il ne sait pas. élude Lovino. 'Fin voilà, arrêtez de me faire chier avec ça, maintenant. C'est sans importance. Dérisoire.
-Mais... Ça va ? s'enquiert Francis, sincèrement préoccupé, en posant une main sur l'épaule de son filleul.
-Mais oui !
-Tu souffres ? Tu veux en parler ? demande Gilbert.
-Ça y est, vous allez vous mettre aux petits soins, maintenant ? grommelle Lovino. Non, je souffre pas... Ça a duré une semaine, pas de quoi en faire tout un plat !
-Ça reste une rupture. le détrompe Francis sentencieusement.
-Mais vous ne souffrez plus pour vos ruptures de jeunesse, quand même !
-Frannie, je crois qu'il vient subtilement de nous traiter de vieux.
-Exactement mon avis, Gil. Ce sale gosse. Bon, sérieusement : c'est allé loin, entre Lili et toi ?
-Non... Pas loin.
-Tu l'as embrassée ? demande Gilbert en battant des cils.
-Oui...
-Avec la langue ? complète Francis, qui s'amuse de la gêne de Lovino et de la violente rougeur qui lui monte aux joues.
-U-Une fois ! P-Pour essayer, c'est tout !
-Hé, y a pas de quoi avoir honte. Tu l'as embrassée, et ?
-Et c'est tout. Rien. On ressent quoi, normalement ?
Francis s'éclaircit la gorge et se redresse. Gilbert lui fait plus confiance qu'à lui-même pour inculquer un peu de romantisme à ce gamin.
-Hé bien... A moins que tu embrasses comme une truite, ce qui, j'en suis sûr, n'est pas le cas, tu dois normalement ressentir une douce sensation de chaleur qui envahit tout ton être... Tu es dépassé par le bien-être, le temps semble ralentir, s'arrêter même, tu deviens incapable de réfléchir parce que ton esprit est embrumé par le plaisir que tu retires de cet échange... Tu ne fais plus qu'un avec ton partenaire et si c'est la bonne personne, alors rien n'est plus doux que ça. Enfin, rien qui soit de ton âge.
-Ah.
-Et qu'est-ce que tu as ressenti ? demande Gilbert.
-Rien. Je n'ai pas vu la beauté de l'échange et toute cette symbolique niaise. Je me suis juste senti ridicule. C'était un geste ridicule, c'est tout ce que j'y ai vu. Ça, et l'humidité dégoûtante de la chose.
Gilbert pouffe de rire, puis laisse échapper son rire caractéristique.
-Kesesese, Frannie, tu verrais ta tête !
Francis est médusé, en effet.
-Mon pauvre garçon. Tu as vraiment hérité du sens du romantisme de Gilbert. Soit... Je suppose que ce n'était décidément pas la bonne personne.
Antonio surgit de la cuisine, un tablier vert orné de tomates rouges noué à la taille, l'air paniqué :
-Désolé, j'ai essayé de préparer un soufflé, mais il est déjà retombé... Le dessert est mort.
-Qu'est-ce que je vous avais dit ? assène Lovino.
Il se lève et rejoint son père dans la cuisine pour préparer l'apéritif. Francis l'aide à dresser la table pendant que Gilbert note mentalement que toute cette histoire est étrange... Il se rappelle de son adolescence. A l'âge de Lovino, quand tous les garçons de son âge étaient dans leur période de découvertes et fantasmaient sur les filles à grosses poitrines ou aux formes généreuses... Lui ne se sentait pas du tout attiré par ce genre de choses. Alors que parmi toutes les filles qui lui tournent autour, Lovino ait choisi Lili... Il trouve cela un peu troublant comme similitude. Lili est jolie et mignonne, mais sa silhouette n'est pas très féminine. Bha, ils doivent encore grandir, de toute façon.
Ça ne veut pas dire que Lovino suivra le même chemin que Gilbert. Ou peut-être que si. L'avenir le dira...
A votre avis ?
Traductions
Bro(ther) : frère (anglais), frangin Y a des NABrothers-fans dans l'assistance ? J'ai essayé de rendre un peu leur relation fraternelle dans leur amitié...
Cazzo : l'indémodable "putain" (italien)
Teen Son : fils adolescent (anglais) Parce que Lovino rentre dans les tourments *ahem* de la vie adolescente... Il est pas près d'en sortir, le pauvre 8) Inspirée du titre de la série Teen Wolf, dont je connais l'existence mais rien de plus.
Notes
J'aime bien le Sealand/Liechtenstein. Depuis Behind the Beast...
A comme Association est une série de romans fantasy pour ados écrite par Erik Lhomme et Pierre Bottero (avant le décès de celui-ci) que je lisais quand j'étais "jeune". Cey cool. Humour décapant, références pop culture et fantasy. Surtout chez Jaspeeer mon héros ténébreux~
Bref...
On se retrouve donc en octobre (omg)
A bientôt ;)
