Bien le bonjour !
Disclaimer : la plupart des personnages appartiennent à Hidekaz Himaruya.
Bon mois d'octobre à tous ! Je vous aurais bien fait un éloge de l'automne, mais vu qu'il commence très mal pour moi, je m'abstiens !
J'ai écrit ce chapitre un peu à la bourre, désolée... C'est promis, dans le prochain on rentre enfin dans le vif du sujet !
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Merci d'avance pour vos reviews ;) Bonne lecture !
PS : merci à Bey0nd qui, une fois de plus, m'a sauvé la mise. Coeur sur toi !
Chapitre XVIII : The Office
Novembre 2012.
Lovino dormait incognito en cours de géographie quand Matthew lui assène un coup de coude dans les côtes et lui chuchote :
« Lovi, le prof regarde par ici ! »
Il grommelle une malédiction et ouvre les yeux, pour croiser ceux de l'enseignant qui fait comme s'il n'avait rien vu. Le Méditerranéen choisit cependant d'étouffer un bâillement, pour la bienséance.
« Je disais donc » reprend le prof, « que j'allais vous donner un travail de groupes à réaliser par deux. »
Il marque une pause, cherchant soit les protestations de ses élèves soit leurs cris de joie. La première option l'emporte -les ados ne sont pas très contents à l'idée de devoir fournir du travail supplémentaire. Pour leur part, Matthew et Lovino se contentent d'échanger un bref regard du coin de l'œil. Si le professeur les autorise à constituer eux-mêmes leurs groupes, ils n'auront pas besoin de se concerter longtemps.
« Votre travail portera sur une problématique liée à l'Union Européenne, ou à la France au sein de celle-ci. Je sais que nous n'étudierons ce thème que dans quelques mois, mais je vous donne ce travail bien à l'avance pour que vous prépariez le sujet de façon optimale. J'attends de vous un sérieux exemplaire. Je vous demanderai une rédaction assez conséquente, et vous présenterez ensuite oralement les fruits de votre recherche. Ce sera bien entendu repris dans la matière à étudier pour les examens. Ah, et vous ne pourrez disposer que d'une seule source Internet, toutes les autres devront provenir de livres ou d'articles spécialisés. »
Nouveaux soupirs.
« Vous êtes libres de constituer les groupes de votre choix. »
Lovino et Matthew échangent le même sourire complice.
« Maintenant, y a plus qu'à attendre de savoir à quelle sauce on va être mangés. » fait Lovino dans l'attente de la distribution des sujets.
« On va devoir faire pas mal de recherches. » remarque Matthew.
« T'inquiète pas pour ça, Matthie ! » le rassure Lovino. « Je demanderai à Roderich s'il veut bien nous laisser travailler à la librairie. Je suis sûr qu'il dira oui... Gilbert a rédigé sa thèse là-bas. »
Bon, d'accord, il est bien plus jeune que Gilbert à l'époque où il avait obtenu cette faveur de Roderich, mais... L'Autrichien a grandement participé à l'éducation de Lovino, non ? Les longues heures de baby-sitting-mais-pas-vraiment à la librairie... Les cours de piano qui lui ont appris la délicatesse et le soin des choses. Alors, Roderich dira oui, n'est-ce pas ? Il ne peut rien refuser à Lovino, de toute façon...
Avec cette conviction machiavélique, l'adolescent décide de repasser par la librairie l'après-midi même, après les cours, pour en avoir le cœur net.
oOo
Roderich Edelstein est plongé dans Tristan et Iseut depuis un bon moment -aucun client ne trouvant opportun de se présenter à lui cet après-midi, à ce qu'il semble- lorsque la clochette de la porte tinte et qu'il relève aussitôt la tête des mots traduits de la saga norroise. Il pose alors les yeux sur un adolescent qui n'a pas encore tout à fait terminé sa croissance -ou qui restera assez petit- avec des cheveux auburn quelques peu en bataille et cet épi qui lui est resté depuis l'enfance, ses yeux ambrés et ce look qui se fait de plus en plus soigné avec les années qu'il gagne sur l'adolescence -comme s'il commençait à suivre l'exemple de Francis et non de Gilbert en matière vestimentaire. Il porte un pantalon bleu marine et une chemise sous un pull-over.
« Lovino ! Ça alors ! Ça faisait longtemps que je t'avais vu. »
« Bonjour, Roderich. Oui, ça fait longtemps... Désolé. »
« Tu travailles encore le piano, au moins ? »
« Non, plus vraiment... » dit l'adolescent avec un ton d'excuse. « Mais je continue la guitare ! Ça au moins, j'en ai une à la maison. »
Roderich hoche la tête, compréhensif. Il abandonne son livre sur le comptoir et en sort, arrivant vers Lovino qui se tient au milieu du magasin. Il remarque que le libraire a vieilli depuis la dernière fois. Il est toujours aussi élégant, mais son visage est plus marqué. Il pose ses mains sur les épaules de Lovino et lui sourit.
« Alors, que puis-je pour toi ? »
« Oh, rien pour mon loisir aujourd'hui, je suis toujours aux prises avec le Trône de Fer... En fait, je suis venu pour l'école. »
« Je t'écoute. » assure Roderich en croisant les bras.
« Je vais devoir faire des recherches sur les institutions européennes, avec un ami... Pour un gros travail de géo. Je me demandais si on pouvait venir travailler ici. »
« La partie géopolitique est un peu pauvre, mais je suppose que tu devrais trouver ce dont tu as besoin. Néanmoins, tu sais que ce n'est pas une bibliothèque, ici, n'est-ce pas ? Tous les ouvrages que tu vois sont destinés à la vente... »
« Je sais ! » assure Lovino. « J'en prendrai grand soin, tu sais. Les livres... Je peux pas les abîmer, c'est contre ma nature. »
Roderich sourit, reconnaissant dans ces paroles son propre héritage.
« Bon, si nous sommes d'accord, je n'y vois pas d'objection. »
« C'est vrai ? Merci, Roderich ! »
« Je t'en prie. » rétorque le libraire avec un sourire.
oOo
Décembre 2012.
Matthew et Lovino profitent des vacances de Noël pour avancer dans leur travail commun. Matthew essaie de ne pas montrer à quel point ça le stresse déjà -une présentation orale. Dire qu'il déteste ça est l'euphémisme de l'année. Mais il ne dit rien. Toutefois, Lovino l'a déjà compris, et essaye de le mettre à l'aise sans en avoir l'air.
C'est un mercredi après-midi animé à la librairie Edelstein. Les deux adolescent se sont installés sur une table, dans le coin géopolitique et actualités, qui a rapidement été jonchée de livres divers et de quelques documents supplémentaires trouvés chez eux au sujet des institutions européennes. Lovino a emprunté l'ordinateur portable de son père pour commencer la rédaction de leur rapport. Matthew compulse, survole et analyse les textes les plus intéressants, il prend bonne note de toutes les informations.
Quelques clients arpentent silencieusement la librairie. Roderich se trouve derrière le comptoir, prêt à les accueillir lorsqu'ils régleront leurs achats. D'où il se trouve, il veille sur ses jeunes invités/squatteurs du jour qui s'affairent dans leurs recherches, avec le plus grand soin pour les livres comme Lovino lui a promis. Son téléphone vibre dans sa poche. Lizzy.
Feli et moi avons préparé le ravitaillement des héros ;) Monte !
Le libraire balaye le magasin du regard. Quelques clients réguliers sont plongés dans leurs explorations régulières et en ont pour un moment. Il peut rapidement s'absenter, s'il s'excuse auprès d'eux pour quelques minutes. C'est ce qu'il fait. Il prévient Lovino qu'il monte un instant, le jeune homme opine du chef. Il lance un avertissement général aux clients, qu'il connaît pour la plupart depuis longtemps, et quitte la librairie pour s'engouffrer dans l'immeuble d'à côté.
Il s'essouffle un peu en montant les escaliers, mais retrouve son appartement baigné par une bonne odeur de pâtisserie. Il soupçonne son épouse et son fils d'avoir commis un Sachertorte. Il sourit à cette idée, traverse l'appartement et s'engage dans la cuisine. Assis autour de l'îlot central, Feliciano et Elizabeta rigolent autour d'une tasse de lait chaud, une généreuse part de gâteau au chocolat effectivement à portée de main.
« Ça sent rudement bon, par ici ! » déclare Roderich en rejoignant sa famille.
« Mon chéri ! Ça va ? » demande Elizabeta en l'accueillant d'un grand sourire.
« Très bien ! Je ne fais que passer, cependant. Il y a du monde en bas. »
« Regarde ce qu'on a fait, Papa ! » fait Feliciano avec enthousiasme en montrant le Sachertorte parfaitement exécuté qui trône devant eux.
« C'est magnifique. Un autre chef d'œuvre, Feli. »
Elizabeta déjà en met deux morceaux à part pour Matthew et Lovino.
« Tu en manges un morceau avec nous ? »
Roderich fait la moue. On ne devrait pas le prendre en traître comme ça... Il se promet mentalement de ne pas traîner, mais cède quand même à l'appel tentant de la pâtisserie.
oOo
Roderich est monté depuis quelques minutes à peine quand une femme entre dans la librairie en tenant un garçon d'environ 8 ans par la main. Elle a l'air un peu perdue et impressionnée par l'immensité de l'endroit -elle ne doit pas être une habituée. Elle salue la cantonade d'un « bonjour » un peu hésitant. Lovino relève la tête de son clavier et lui rend sa salutation. Il remarque aussitôt qu'elle cherche quelque chose mais ne semble pas savoir où chercher. Ni une, ni deux, il se lève et marche vers elle.
« Je peux vous aider, Madame ? » demande-t-il poliment.
Elle lui jette un regard intrigué.
« Vous travaillez ici ? » s'étonne-t-elle.
« Non, mais je connais la maison. » rétorque-t-il. « Une histoire de famille un peu compliquée. »
Elle semble toutefois ne pas s'en formaliser.
« Je cherche un cadeau de Noël décent pour mon mari. J'ai entendu parler du Pas de l'adieu d'Arpino... »
« Je vais vous le chercher. »
Il disparaît derrière le rayonnage des sorties littéraires et le parcourt du regard avant de le dénicher et de retourner le tendre à la cliente.
« Voilà. »
« Merci ! »
Lovino remarque avec un sourire que le petit garçon lève vers lui des yeux intrigués. Il ébouriffe ses cheveux et demande, joyeux :
« Et toi, bonhomme, quelque chose te ferait plaisir ? »
Matthew qui regarde la scène de loin ne peut pas s'empêcher de trouver le tableau absolument trop mignon. Il est bien placé pour savoir que derrière l'air bourru de Lovino se cache un grand cœur d'une extrême gentillesse... Mais il ne l'a jamais vu interagir avec des enfants jusque là. Et bizarrement, il sait y faire.
Roderich regagne la librairie sur ces entrefaites, alors que Lovino annonce à la femme :
« Ça fera 17 euros 20, s'il vous plaît ! »
Il est derrière le comptoir et se débrouille comme un chef. L'Autrichien, la boîte de gâteau en main, le regarde faire avec un sourire un peu nostalgique -il croit revenir quinze ans en arrière, à l'époque où Antonio a commencé à travailler pour lui. Il n'a jamais engagé qui que ce soit d'autre, même après le départ de l'Espagnol qui se consacre depuis quelques années entièrement à sa carrière d'enseignant. Ça ne lui a jamais traversé l'esprit -il a moins de travail qu'auparavant, même s'il souffre de le constater. Mais il ne rajeunit pas. D'ici quelques années, il aura probablement besoin de bras à nouveau. Et Lovino serait l'employé parfait, idéal pour la librairie Edelstein. Après tout... Il a pratiquement grandi là, lui aussi. Il connaît tous les rayonnages presque aussi bien que Roderich lui-même.
« Merci, au revoir ! » salue Lovino en souriant de toutes ses dents.
La cliente prend congé et sort du magasin. Roderich confie son chargement au Méditerranéen en le complimentant :
« Hé bien, tu ne te débrouilles pas mal, je dois dire. »
« Merci, Roddy... Qu'est-ce que c'est ? » demande Lovino en soulevant le couvercle de la boîte.
« Le dernier chef d'œuvre comestible en date de Feli et Lizzy. C'est l'heure de la pause, les garçons ! »
Ils ne se font pas prier. Ils rangent les livres dont ils n'ont plus besoin et dégagent une partie de la table où ils s'installent pour profiter d'un goûter des plus délectables. Entre deux bouchées, Matthew pointe le piano du doigt.
« C'est sur celui-là que tu as appris ? » demande-t-il à Lovino.
« Hum... Oui... ? »
« Tu joues un morceau ? »
Lovino manque de s'étrangler avec son morceau de gâteau.
« Quoi ? Nan, ça fait super longtemps que j'ai pas travaillé... »
« S'il te plaît... ? »
Arf, Matthew est trop mignon pour dire non... Et Roderich intervient :
« Raison de plus, Lovino. Il faut t'y remettre tant que tu en as l'occasion si tu ne veux pas perdre définitivement ton adresse. »
Lovino fait la moue. Ses yeux ambrés font l'aller-retour entre Matthew -plein d'espoir- et Roderich -qui a revêtu son expression intraitable de professeur de musique. Il roule des yeux, soupire, se lève et se laisse tomber derrière le piano.
Le libraire lui lance un paquet de mouchoirs :
« Pas de doigts sales sur mon piano. »
« Ah oui, j'oubliais cette vieille règle. »
Il s'essuie les mains et fait craquer ses jointures avant de poser ses doigts en suspension dans l'air au-dessus du clavier. Il cherche l'inspiration. Le dernier morceau qu'il a travaillé avec Roderich était la Valse des Fleurs... Il espère s'en tirer correctement. Le libraire se place dans son dos pour observer ses mouvements de mains. Matthew est à côté du piano et est transporté dès les premières notes. Lui n'est pas musicien et ne se rend pas compte du niveau de difficulté de la chose, il ignore si c'est aisé ou difficile : pour lui, tout morceau est complexe car c'est un langage qu'il ne connaît pas.
Lovino, pour sa part, sent qu'il est rouillé après deux ou trois mois sans s'être exercé. Mais malgré les hésitations, il n'a pas l'impression d'avoir trop perdu la main. Il se débrouille encore correctement. Assez bien. Roderich est satisfait lui aussi ce n'est pas sa meilleure prestation, mais il s'attendait à bien pire.
Le morceau se termine, Lovino a les joues roses de s'être concentré pendant de longues minutes, et à la fois d'appréhension pour les commentaires qu'il recevra.
« C'était magnifique, Lovi. » dit la voix douce et basse de Matthew.
« Je dois dire que je suis impressionné. » avoue Roderich avec un sourire. « Si longtemps sans pratiquer, on eut pu croire que tu aurais tout perdu ! Bravo, Lovi. »
Il rosit désormais de plaisir, mais garde une expression humble. Matthew est subjugué.
oOo
En fin d'après-midi, lorsque les adolescents sont satisfaits de leur avancement du jour, Madeleine vient rechercher Matthew en voiture et le ramène chez eux. Roderich se propose pour raccompagner Lovino chez lui, à pieds. L'adolescent accepte et rassemble ses affaires, aide le libraire à fermer l'établissement et enfile son manteau. Les premiers mètres de leur trajet sont un peu gênants et s'effectuent dans un silence inconfortable. Lorsque leurs regards se croisent, l'adulte sourit, Lovino est embarrassé. Il ne sait pas quoi dire et se passionne pour l'architecture du quartier. Mais rapidement, Roderich s'éclaircit la gorge et commence à parler :
« Je voulais te remercier pour tout à l'heure. »
« Tu plaisantes ? Me remercier pour quoi ? C'est moi qui te remercie ! C'est super sympa de nous laisser utiliser la librairie... ! »
« Non, je voulais te remercier de t'être occupé de cette cliente et de son fils. Si elle avait dû m'attendre, je suppose qu'elle serait partie... Heureusement que tu étais là ! »
« Ah, mais c'était rien... Y a pas de quoi. »
« En fait, je me disais que ça te va plutôt bien, comme travail. Derrière le comptoir d'une librairie... »
« Comme mon père ? »
« Non, pas spécialement. Antonio aimait son job à la librairie, mais c'était plus une nécessité qu'une véritable passion. »
« Il aime lire. » objecte Lovino.
« Je ne remets pas ça en question. Seulement... Tu es en Troisième, n'est-ce pas ? »
« ...Ouais... ? »
« Tu vas donc bientôt faire un stage professionnel, non ? »
Lovino fronce les sourcils. Il commence à comprendre le cheminement de la pensée de Roderich.
« Oui... Attends... Tu me proposes de le faire à la librairie ? »
« Si tu veux... Si ça te fait plaisir. »
« Ce serait trop bien ! »
Roderich sourit. C'est bien ce qu'il pensait.
oOo
Lovino déverrouille la porte de l'appartement et invite Roderich à y entrer. Des rumeurs de rires et de conversations leur parviennent dans le hall. Ils trouvent Antonio et Gilbert au salon, une bouteille de mousseux débouchée et une coupe à la main.
« Qu'est-ce qu'on fête ? » demande l'adolescent, sourcils froncés.
« La retraite ! » braille Gilbert.
« Hein ? »
Antonio se ressaisit et invite Roderich à s'asseoir après l'avoir remercié pour les recherches de Lovino. L'Autrichien se pose comme une fleur dans le canapé, à côté de Gilbert, qui se recule pour lui faire de la place.
« Qui prend sa retraite ? » l'interroge Roderich.
« Un collègue. Un prof d'histoire âgé. »
« Et pourquoi vous fêtez ça ? Le pauvre ! » grogne Lovino depuis la cuisine où il se sert un jus de fruits, avant de revenir au salon avec un Romano affamé dans les pattes.
« Tu es un rabat-joie, Lovi. » fait Gilbert.
« Merci, Tonton. »
« Non, en fait, j'ai été engagé par le lycée de Gilbert pour la rentrée prochaine. En remplacement de ce prof qui part à la retraite, justement. » déclare Antonio, tout sourire.
« Félicitations ! » s'exclame Roderich.
Lovino ouvre des yeux ronds. Ça fait quelques années qu'Antonio, à chaque rentrée, change de lycée, ne faisant que des remplacements provisoires depuis qu'il a son diplôme. Tandis que s'il est engagé à la place d'un professeur définitivement absent, ça veut potentiellement dire une stabilité d'emploi pour les prochaines années.
« Bon bha... Je suppose que mon lycée pour l'année prochaine ne fait pas un pli ? »
oOo
Avril 2013.
Lovino est sur son petit nuage. Il vient de terminer son stage à la librairie, tout s'est très bien passé et il a adoré. Même si ce n'est pas censé être rémunéré, Roderich lui a donné un peu d'argent de poche en contrepartie de son aide -ils ont réagencé certaines parties du magasin, travaux physiques que Roderich commence à avoir du mal à effectuer seul. Et il l'a prié d'acheter ce qui lui ferait plaisir avec son petit « salaire ».
Lovino n'a pas eu besoin de réfléchir beaucoup. Sur le chemin du retour, tout guilleret, il s'arrête devant la vitrine d'une papeterie et sourit à tous ces carnets sur lesquels il lorgne depuis pas mal de temps. Cette fois, enfin, il rentre, et demande son préféré, celui avec une épaisse couverture pourpre finement reliée et qui rappelle les livres anciens, ouvragés, travaillés et œuvres d'art à part entière. Il rentre chez lui avec le plus grand format sous le bras et file directement dans sa chambre, déloge le chat qui dormait sur son bureau -et le foudroie par conséquent du regard quand il s'y installe- attrape un crayon et se met à écrire.
Les premiers mots d'une histoire qui le hantent depuis longtemps. Des premiers mots maladroits, certes, mais qu'il pourra modifier à l'infini. Ça y est. Il s'est mis à écrire. Il ne savait pas trop comment on devient un écrivain, jusque là. Mais il a un peu l'impression d'en devenir un, en toute modestie.
Et, franchement : il est grisé, indescriptiblement heureux.
Et ouais, le p'tit Lovi écriiiiit~ *projectioooon ahem*
Traduction
The Office : le bureau (série télévisée du même nom, parce que ce chapitre tourne autour du boulot...)
Notes
Tristan et Iseut : je pense que vous connaissez tous la légende, rattachée à la matière arthurienne. Il en existe aussi une version en norrois, une saga nordique. Bha j'ai lu et les textes en vieux français, et la sage norroise, récemment. Du coup, Roderich lit ça aussi. *re-projection*
Le Trône de Fer est une série de romans écrits par Georges R. R. Martin. Que j'ai pas lu, mais parait que c'est bien.
Le Sachertorte est une pâtisserie, spécialité de Vienne en Autriche. Un gâteau au chocolat. Et après on se demande pourquoi je veux aller à Vienne...
Le Pas de l'adieu est un roman d'Arpino qui est sorti en décembre 2012, d'où mon choix.
La Valse des Fleurs est un morceau musical tiré de Casse-Noisettes de Tchaïkovski.
Voilà pour octobre !
A bientôt ;)
