Bien le bonjour !

Disclaimer : les personnages appartiennent à Hidekaz Himaruya !

Aujourd'hui, on se retrouve pour le 20ème chapitre. Vingtième. OMG.

Merci beaucoup à la Twitter Team toujours au taquet pour répondre à mes questions existentielles de p'tite Belge... (coeur)

J'espère que vous aimerez ce chapitre, techniquement c'est le dernier de 2016 ! On ne sait jamais, ceci dit...

On se voit à la fin pour quelques notes.

Bonne lecture !


Chapitre XX : Gossip Boys

Mardi 4 février 2014.

A la deuxième heure de la matinée de cours, Antonio débarque à la salle des profs, ses cours sous le bras et son cartable en main. Il sort d'un cours sur les guerres napoléoniennes durant lequel il s'est un peu emporté...

La salle des professeurs est presque déserte. Une des longues tables de bois est inoccupée, à l'exception d'une silhouette menue qui lui tourne le dos, assise devant un bouquin et une tasse de café. Antonio se rappelle de justesse qu'il doit respirer. Il se sent un peu bizarre en présence de Louise Schoenaerts -il s'agit bien d'elle. C'est étrange. Ça le renvoie... Seigneur, plus de seize ans en arrière. La dernière fois qu'il s'est senti si bête à chaque fois qu'il devait interagir avec une fille remonte à seize années qui ont paru s'évaporer. Ça ne lui est plus arrivé depuis. Le sentiment est étrange. Pas désagréable -quoique ce ne soit jamais terrible de se sentir ridicule quand on a envie d'avoir l'air classe et intelligent- mais... Il n'est plus du tout familier avec tout ça. Cette logique de parade. C'est d'autant plus perturbant que la dernière fois qu'il a ressenti ça -les papillons, la béatitude, les sueurs froides, tout ça quoi- c'était pour la mère de Lovino.

Ceci dit, avec Louise, ça n'est pas comparable. Ils sont collègues. Ce qui veut dire que leur relation est purement professionnelle. Depuis septembre, ils se sont croisés régulièrement, ils se saluent dans les couloirs, Antonio collectionne les approches débiles et les sujets de conversation ridicules, mais elle a la décence -la gentillesse?- de lui répondre par des sourires et de rentrer dans son jeu. Elle est joviale, enthousiaste, élégante et dynamique. Antonio apprécie les brefs moments qu'ils échangent. Ils ne sont pas terriblement proches, il se passe même des semaines sans qu'ils ne se parlent, et quand ils se parlent, ce n'est que trente secondes entre deux cours, ou au beau milieu de conversations de masse dans la salle des profs. Néanmoins, l'historien ne pense pas se tromper en disant qu'ils s'apprécient réciproquement. Ils sont amis... Ou du moins partagent une amitié distante.

C'est la première fois qu'ils se retrouvent seul à seule avec une heure de solitude à partager. Du moins, c'est ce qu'Antonio espère et redoute à la fois.

Il s'arme d'un sourire, son invincible sourire affable et ensoleillé, et s'installe face à elle -il a un prétexte tout trouvé, c'est elle qui détient le café, cette fois.

« Hey ! » lance-t-il.

Elle lève enfin ses yeux pétillants d'émeraude vers lui et sourit, se levant pour lui faire la bise par-dessus la table.

« Antonio, bonjour ! Tu vas bien ? »

Question piège. Comment se sent-il, là, maintenant ? C'est horriblement difficile de le dire. Au bord de l'évanouissement mais du paradis, aussi ? Une description d'un état pareil existe-t-elle seulement ?

« Très bien, et toi ? »

« Oui, merci. Café ? »

« Avec plaisir. »

Avant de le servir, elle range le livre dans son sac, si rapidement qu'Antonio n'a pas le temps d'en déchiffrer le titre ou l'auteur.

« Donc, heuuum. C'est rare de te voir ici à cette heure. Je veux dire, j'ai fourche toutes les semaines à cette heure-ci et... Je ne t'ai jamais vue. »

« Circonstances exceptionnelles. » explique-t-elle. « Mes terminales sont en excursion. Je suis désœuvrée ! » se plaint-elle. « Ma conscience professionnelle souffre. »

« Tu as trouvé d'autres occupations. »

« Ah oui ? »

« Ton livre... »

« Ah, oui. En fait... Ne te méprends pas, j'adore la littérature française, ce n'est pas un hasard si je l'ai étudiée et que j'en ai fait mon métier... Mais je pense que les Terminales qui ont entendu parler de Molière et de Baudelaire depuis le berceau en ont un peu marre. J'ai envie de leur ouvrir l'esprit à autre chose qu'à la mère patrie. C'est peut-être parce que je ne suis pas d'ici... J'ai décidé de leur préparer des séances sur des littératures internationales. Dont une sur la littérature anglaise, mais je vais essayer de sortir des sentiers battus, tu comprends ? »

« En évitant Shakespeare et Jane Austen ? »

« Voilà. » fait Louise après un court silence qui l'a vue scruter le visage d'Antonio, intriguée.

« Et tu comptes leur proposer... ? »

« Nord et Sud. » répond-elle simplement, comme si elle attendait qu'il complète.

« De... Gaskell. » complète effectivement Antonio après un bref voyage dans sa mémoire.

Elle le regarde, un peu abasourdie, puis rit.

« Woah, je suis impressionnée ! »

Elle reprend son sérieux, se penche vers lui comme pour une confidence, et demande :

« Avoue, tu es un littéraire sous couverture. »

« Ahah, non, je t'assure. Je suis bien historien. »

« Peut-être, mais quand même passionné de littérature. Tu sais, Nord et Sud, c'est mon roman anglais préféré. Et j'ai rencontré peu de gens qui pouvaient me citer l'auteur comme ça, sans effort. Peu connaissent déjà l'existence du livre, alors l'écrivain... »

« Je suis exceptionnel ! » déclare Antonio en essayant de décocher un sourire charmeur et en haussant les épaules, à la manière nonchalante de Gilbert -cuisant échec à croire que l'albinos était plus adroit que lui pour flirter avec les dames. « Mais tu as raison, j'aime beaucoup lire. Tout ce qui me passe sous la main. Ah, et j'ai travaillé plusieurs années dans une librairie. Plus longtemps que je n'ai enseigné, d'ailleurs. Ça aide. »

« Oh. » fait-elle, admirative. « Alors ce n'est pas étonnant que tu aies été... Intoxiqué. »

« Voilà. Après, je vais peut-être te décevoir... Je ne l'ai pas lu, mais j'ai retenu le titre. En 2004, je crois, on a eu des dizaines de personnes qui sont venues l'acheter, c'était infernal. Je ne sais pas pourquoi, soudain... Tout le monde le voulait. »

« J'ai la raison. Tu t'y connais en acteurs britanniques ? »

« Ils ne sont pas vraiment mon genre, pourquoi ? »

« Apprends que Richard Armitage a joué le héros dans une adaptation. Certaines filles auraient appris à lire pour pouvoir déguster toutes les pages dont le protagoniste porte ses traits. »

« Oh... » fait-il à son tour. « C'est donc ça. »

« Bien évidemment, pour ma part, je me penche plutôt sur le côté littéraire de l'œuvre, mais... C'est une déformation professionnelle. »

« Il est ton genre ? »

« Qui ? Armitage ? Hum... Si on le compare à mon passé amoureux, pas tellement. Mais un grand brun avec un côté énigmatique, pourquoi pas, dans le futur ? »

Elle sourit d'un air mutin. Elle est définitivement trop adorable pour son propre bien.

« Mais dis-moi un peu, comment un libraire finit-il dans un lycée à enseigner l'histoire ? »

« Hum, la question serait plutôt : comment un prof d'histoire en devenir finit-il libraire... »

« Monsieur Fernandez Carriedo, le mystère s'épaissit. »

« Je ne veux pas t'ennuyer avec mes histoires... »

« Je suis sûre que c'est fascinant. »

« J'ai fait, disons... Une pause dans mes études. J'ai travaillé à la Librairie Edelstein pendant plusieurs années, dans l'intervalle. Tu connais ? Elle est assez réputée, à Paris. »

« J'en ai entendu parler, mais je ne suis jamais allée. C'est assez loin de chez moi, a priori, et j'ai mes habitudes dans mon quartier. »

« Je pourrai t'y emmener, un jour. » lâche Antonio.

C'est sorti tout seul. Vient-il de proposer un rendez-vous ? Oh, Madre de Dios. Pourvu qu'elle ne se braque pas. Pourvu qu'elle ne se méprenne pas sur ses intentions. Pourvu que...

« Oui, on fera ça. » acquiesce-t-elle sans se départir de son sourire.

Le professeur d'histoire avale une gorgée de café pour étouffer son soupir d'aise.

« Et, hum... Je ne t'ai jamais demandé, mais, tu n'es... Pas française, pourquoi enseigner à Paris ? »

Son visage se ferme un tantinet, mais elle se reprend vite.

« Raisons familiales. Mon ex-mari avait été muté au siège parisien de son entreprise, j'ai suivi, et... On a fait notre vie ici. Je me voyais mal rentrer à Bruxelles après le divorce, et comme il travaille toujours en France, je ne voulais pas... Compliquer trop les choses pour la garde alternée, tu comprends ? »

« Oh... Oh, oui, je comprends ! Désolé, je... Je ne pensais pas que c'était aussi personnel... Et tragique... »

« C'est la tragédie de tant de familles... Je m'en tire encore bien, et je suis heureuse comme ça. » le contredit Louise.

« Et donc, tu... Tu es maman ? »

Son sourire lui revint enfin, le même sourire qu'auparavant sincère, chaleureux, heureux.

« Oui, d'un petit garçon. Henri. Il a huit ans. Et toi père ? »

« Affirmatif. Mais mon petit à moi, il... Il va sur seize ans. » réalise Antonio, à moitié choqué.

Dans un peu plus d'un mois... Bon sang, les années passent décidément à une vitesse folle.

« Ah, d'accord ! » rit la jeune femme. « Plus si petit que ça. »

« Non... Parfois j'ai tendance à l'oublier, ahah ! »

oOo

Sa conversation du matin autour d'une bonne tasse de café et au calme l'a laissé dans un état de béatitude peu commune que ses Premières n'ont pas manqué de remarquer -de son petit nuage, il n'a pas saisi leurs sous-entendus, mais soit- et qui n'a, bien évidemment, aucun rapport avec l'identité de son interlocutrice... Bien sûr que non.

Mais, ah... Il est heureux, c'est tout. Leur discussion a continué sur des sujets plus personnels, et Louise lui a posé pas mal de questions sur lui, sur son passé, ses goûts littéraires -entre autres. En parlant de choses et d'autres, ils en ont mine de rien appris pas mal l'un sur l'autre. Et ça le laisse avec une douce chaleur dans le ventre. Elle s'intéresse à lui, en tout cas. Bon, certes ! Il ne faut pas se monter le bourrichon pour si peu. Mais c'est déjà un bon début. Mais quand même. Ne nous énervons pas. Laissons le temps aux choses de se mettre en place. Tout vient à point à qui sait attendre, pas vrai ?

Il rentre chez lui en fin d'après-midi pour y trouver son fils, qui l'a précédé. L'adolescent est assis à la table de la salle à manger, avec un bol de lait, un biscuit et son téléphone à portée de main. Il grandit harmonieusement, Antonio s'en rend compte. Il n'est toujours pas très grand, mais il évolue. Voilà un terme plus approprié. Son visage juvénile devient plus fin, plus mature. Il mûrit et affirme ses goûts. Style vestimentaire élégant peu répandu parmi les jeunes de son âge -une chemise pourpre, un pantalon noir et un gilet classique gris par-dessus. Bon, il faut certes faire abstraction des chaussettes fantaisistes ornées de tomates... Qu'il a piquées à Antonio, d'ailleurs.

Une douce musique jazzy emplit l'appartement, la voix de Nat King Cole accompagne Lovino dans son goûter. Bien. Ça veut dire que l'adolescent a eu une bonne journée et, surtout, est de bonne humeur. Si Antonio n'a jamais prêté beaucoup d'attention à la musique qu'il écoute, ça n'a pas empêché Lovino de développer des goûts tranchés. Et assez opposés, en plus d'être atypiques pour un jeune de quinze ans -okay, même presque seize. Du jazz et du rock. La douce musique d'antan quand il a le cœur léger -ou des chansons tristes d'au moins 50 ans d'âge à vous fendre le cœur quand il a le cœur brisé, justement, mais c'est une autre histoire- et du bon vieux et dur rock and roll quand il a besoin de passer ses nerfs. Son père voit là les influences contraires mais complémentaires de Roderich et de Gilbert... Si la situation n'était pas aussi désespérée pour l'albinos, l'Espagnol trouverait ça drôle qu'ils aient créé un parfait fils spirituel à mi-chemin entre eux deux en la personne de Lovino.

« Bonjour, Lovi ! »

« 'lut, Papa ! » rétorque l'adolescent.

Il termine d'écrire un message alors que son père vient vers lui et lui colle un bisou sonore sur la joue, provoquant une flopée chatoyante de protestations de la part de son fils.

« Wow ! Sérieusement ? C'est dégueulasse, cazzo ! T'es obligé de baver comme ça ? »

Antonio rit -ça a toujours déclenché cette réaction chez Lovino- et lui ébouriffe les cheveux. Au sourire de bienheureux qui ne quitte pas les lèvres de son géniteur, Lovino soupire :

« Toi, t'as eu une excellente journée. »

« Hum, oui ! »

« Y avait de l'ecstasy dans ton déjeuner ? »

« ...Non ? »

« Ah c'est vrai c'est ton état normal. »

« Et toi, ça va ? J'étais pourtant sûr que ta journée s'était bien passée... Tu as mis Nat King Cole, alors... »

« Ouais, ça me fout juste en rogne quand tu débarques en pétant des arcs-en-ciel. C'est écœurant, tu comprends ? »

« C'est méchant, jeune homme. »

Lovino soupire encore.

« Bon, alors, c'était quoi ? »

« Comment ça ? »

« Tu souris comme un imbécile depuis que t'es rentré. Qu'est-ce qui se passe ? »

« Oh, rien. »

« Ne me dis pas que c'est le métro qui t'a mis dans cet état. Je risque de ne pas te croire. »

« Et tu aurais raison. Non, vraiment, j'ai juste eu une bonne journée. Et puis il y a du soleil, alors... »

« Mouais. » fait Lovino, pas convaincu.

Il sent que ça cache quelque chose. Il a sa petite idée, mais il ne sait pas encore exactement quoi... Voilà qui nécessite des mesures drastiques.

oOo

Samedi 8 février 2014.

Il a tout arrangé. Le rendez-vous est prévu chez Francis de bonne heure le samedi matin. L'élégant appartement de l'avocat sera pour une fois le théâtre d'un conseil de guerre. Francis, Gilbert, et Lovino, réunis à l'insu du patriarche Fernandez Carriedo. C'est que, ils ont bien des choses à aborder qui le concernent.

« Lovi, thé ou chocolat chaud ? » demande Francis.

« Café, s'il te plaît. »

« Seigneur ! Cet enfant finira comme son père. »

« Comme nous tous. » rectifie Gilbert.

Trois tasses fumantes atterrissent bientôt sur la table basse.

« Alors, Lovi ? Qu'as-tu de si important à nous dire ? »

« Rien. Je suis là pour vous extorquer des informations. »

« On reconnaît bien là l'auteur de thriller en herbe... » commente Gilbert, amusé.

« La ferme, Gil, laisse le petit chou s'exprimer. »

« Frannie... ? On peut arrêter, avec le petit chou ? J'ai plus cinq ans. »

« Bien sûr, mon chou, je sais. »

Peine perdue.

« Bon, voilà je trouve que Papa est bizarre ces derniers temps. Genre, euphorique. Vous savez quelque chose ? »

« Tonio a toujours été d'un naturel bienheureux... » tente Francis.

« Je suis bien placé pour le savoir ! Mais là, il... Il bat tous ses records, quoi ! Il agit vraiment bizarrement. Il est rêveur, et... Cazzo, je crois qu'il est amoureux. »

Gilbert faillit cracher sa gorgée de café.

« Répète ? »

« Amoureux. »

« C'est possible. » lâche Francis après mûre réflexion. « Admettons que ce soit le cas, tu... Le prendrais comment ? »

« Bien ! » répond Lovino précipitamment, comme si c'était l'évidence même. « Ce serait normal, non ? Qui reste seize ans célibataire, s'il vous plaît ? »

Francis jette un coup d'œil furtif vers Gilbert. Celui-ci lui fait signe de ne pas se formaliser de la remarque Lovino ne pense pas à mal quand il pose la question. Par ailleurs, le Méditerranéen ne remarque pas du tout l'échange.

« Bha ! S'il n'a pas rencontré la bonne personne jusqu'à maintenant, ça peut s'expliquer, non ? » relève Gilbert.

« Je sais. Mais je veux dire, ça m'ennuie pas du tout. Qu'il sorte ! Qu'il s'éclate ! Qu'il baise s'il en a envie ! Je commençais à désespérer pour lui... »

« Lovi... » le réprimande Francis, faussement outré. « Tu soupçonnes quelqu'un ? »

« Je comptais sur vous pour ça, en fait. Il ne vous a rien dit ? »

« Non, je le crains. » se navre Francis.

« Gil ? »

« Heu... Non. »

Lovino hausse un sourcil.

« T'es sûr ? »

« Il ne m'a rien dit, ça j'en suis certain. Après, j'ai des soupçons, mais... »

« Quelqu'un de l'école ?! » s'exclame Lovino, incrédule. « Ben oui, je suis con, il ne sort que pour y aller. Vraiment désespérant... Vas-y, Tonton, c'est qui ? »

« Je ne sais rien de certain... »

« Tu soupçonnes qui ? »

Francis est au moins aussi curieux que son filleul.

« Je ne dirai rien. »

« Oh, sois pas avare ! »

« Non, Lovi... C'est pas que je ne veux pas te le dire, c'est que je ne peux pas te le dire. D'un, ce n'est pas sûr, et de deux, si ça concerne un membre du corps enseignant, je ne veux pas prendre le risque de diffuser une rumeur... Je connais les lycéens. »

« Mais... ! »

« Désolé. »

« Mais c'est mon père ! »

« Il t'en parlera en temps voulu. S'il le veut. Moi, tant que rien n'est officiel, je serai muet comme une tombe. »

Lovino fait la moue, le bond compatit à sa déception. Son regard azur lance un avertissement à Gilbert il aura des choses à lui dire quand le petit aura le dos tourné.

« Bon. Mais s'il vous plaît, s'il vous parle de quoi que ce soit... Encouragez-le. Il a besoin de s'amuser un peu. Il me désespère. »

Pour la première fois, Gilbert envisage que Lovino peut se sentir coupable. Même si Antonio est très heureux des choix qu'il a faits et de la vie qu'il a menée et mène... Lovino sait très bien qu'il a renoncé à pas mal de choses à cause de lui, pour s'occuper de lui et lui offrir une vie décente. Ça a compris... Arrêter ses études pendant plus de dix ans et retarder son diplôme, ainsi que son rêve d'enseigner, ça a voulu dire travailler d'arrache-pied pour gagner sa vie décemment quand tous ses amis se la coulaient douce à la fac en comparaison, et, par-dessus tout, ça l'a fait grandir. Tellement vite. Il s'est replié sur lui-même et sa cellule familiale émergente, au point, en effet, de ne pas avoir la moindre aventure en seize ans. Parce que... Lovino l'a accaparé pendant ce temps-là. Et maintenant qu'il comprend et qu'il réalise les sacrifices que son père a faits, il s'en veut, même inconsciemment, c'est indéniable. Il faudra que Gilbert lui en touche un mot, un de ces jours. Lui mettre dans le creux de l'oreille que rien de tout ça n'a été sa faute.

« C'est pas que je sois pressé d'avoir une belle-mère... Mais il ne peut pas vivre en ermite toute sa vie. » marmonne l'adolescent.

« T'inquiète pas. Avant qu'il t'impose une belle-mère, elle devra nous convenir. On ne va pas laisser notre filleul préféré sous la garde de n'importe qui. »

« Personne ne me 'garde'... J'ai plus cinq ans, bon sang. »

« Tu l'as déjà dit, Trésor ! » relève Francis. « Et ne fais pas comme si tu n'aimais pas qu'on prenne soin de toi... On aime tous ça. »

Lovino roule des yeux. Francis a peut-être raison, mais il ne l'avouera jamais.

« Bon, soit, on est d'accord, hein ? »

« Mais oui, on va le caser ton Papa ! » approuve Gilbert.

« Au final ce sera quand même à lui de se jeter à l'eau. » leur rappelle Francis.

« Certes. » fait Lovino. « Mais bon, on peut quand même le pousser... Un tout petit peu ? »

« Gilbert, on a fait de ce gosse un véritable démon. »


Traductions

Madre de Dios : mère de dieu (juron espagnol)

Gossip Boys : je ne sais pas comment le traduire... Mais bon. "Les garçons qui commèrent" peut-être. Bref, vous l'aurez compris, c'est Frannie, Gil et Lovi. Inspiré de la série Gossip Girl (j'ai jamais vu, mais je devrais peut-être. Y a Sebastian Stan et Aaron Tveit dedans, askip)

Notes

North and South est donc un roman d'Elizabeth Gaskell qui a effectivement fait l'objet d'une adaptation télévisée de la BBC en 2004, avec Richard Armitage (le beau, le grand, le ténébreux Richard) dans le rôle titre. Je vous renvoie au chapitre 7 Spécial Noël 2015, qui portait justement ce titre-là.

Henri et Will sont de retour ! J'ai hâte de pouvoir travailler avec eux de nouveau, même si ce sera très différent de SOU ^o^

La tenue de Lovi est inspirée d'un post de captainsfashion sur Tumblr (In the Woods).

Nat King Cole était un chanteur et pianiste de jazz et rythm and blues. Je vous renvoie pour ça à Before We Go... ;)

Et puis bha, ça s'annonce bien pour Tonio, non ? Le résumé du premier chapitre est enfin valable xD

Merci de votre lecture, n'hésitez pas à me laisser votre avis :)