Bien le bonsoir !
Disclaimer : tous les personnages nommés appartiennent à Hidekaz Himaruya.
Hé bha, déjà un mois depuis le dernier chapitre ? J'ai l'impression que c'est passé à une vitesse grand V et en même temps, il s'est passé tant de choses...
Je dédie ce chapitre à Momochan-ni, parce que je ne me souviens plus ni pourquoi, ni comment, mais elle m'a dit un jour "se lever du pied italien" et... C'est un peu à l'origine de toute cette fic, donc voilà. Coeur coeur sur toi !
Merci, comme toujours, pour vos reviews, follows, favoris ! Je suis à la bourre pour (écrire et) y répondre mais ça me remplit toujours autant de joie.
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J'espère que vous aimerez ce chapitre, on y fait de grands progrès !
Chapitre XXIII : About a Boy
Samedi 6 décembre 2014.
L'air glacé du mois de décembre ne semble pas vouloir laisser Lovino en paix. Ils n'ont pourtant pas marché longtemps, quelques minutes à peine séparaient la station de métro du terrain, mais ç'a été suffisant pour frigorifier l'Italien. Maintenant, emmitouflé dans son duffle-coat et un bonnet enfoncé sur la tête presque jusqu'aux yeux, serré entre Alfred et Lili sur les gradins, il se demande qui peut bien être maso au point de s'infliger le froid aussi souvent sur l'année que les joueurs de hockey sur glace qui commencent à arriver sur le terrain pour s'échauffer avant le match.
C'est la passion de Matthew, qu'il s'est découverte il y a quelques années de cela maintenant. Ç'a lui a bien servi : il a gagné en muscles, pour commencer, et a désormais un corps duquel Lovino est un peu jaloux, pour ne pas s'avouer qu'il l'admire complètement. Mais c'est surtout en assurance et en confiance en lui que le hockey a opéré des miracles. Le timide Matthew, en se découvrant un talent, a pu tirer du sport et de ses obstacles des leçons qui l'aident à surmonter les difficultés rencontrées hors du terrain. Et en se liant d'amitié avec les gars de son équipe, il est devenu plus sociable au lycée, bien qu'il reste discret et introverti.
La rencontre d'aujourd'hui n'est qu'un match amical. Toutefois, les adversaires de Matthew et de son équipe sont réputés d'un bon niveau : le match promet d'être haletant et le Canadien a convié ses amis non seulement pour satisfaire leur curiosité, assister à une rencontre de qualité, mais aussi pour le soutien.
Matthew émerge des vestiaires et Lovino espère que son soufflé coupé passe inaperçue. Il est juste... A tomber, voilà. Dans sa tenue aux couleurs du club, mais pas encore avec l'attirail de protection requis pour le match, le jeune Canadien commence ses tours d'échauffement sur patins, glissant avec grâce sur la glace et échangeant sourires, encouragements, politesses avec ses coéquipiers et ses adversaires. Ses cheveux relevés en courte queue de cheval et ses lunettes dédaignées au profit de lentilles révèlent un visage rayonnant, irradiant de joie d'être là et d'impatience de jouer. D'un regard violet sur les gradins, il repère ses amis : Alfred qui joue la pom pom girl, Peter qui adresse un signe d'encouragement vigoureux pendant que Lili le salue de la main avec sa grâce et sa sérénité caractéristiques. Lovino pour sa part, tout à sa contemplation, se contente de sourire bêtement et en oublie le froid pendant les brèves secondes que Matthew lui accorde depuis la patinoire. Il disparaît à nouveau pour enfiler son armure, avant de reparaître sur le terrain. Le match ne tarde pas à commencer et Lovino n'en perd pas une miette. Il ne connaît que très vaguement les règles du hockey, mais ne quitte pas Matthew des yeux et parvient à comprendre à peu près ce qu'il se passe sur le terrain grâce aux indications qu'Alfred leur fournit à intervalles réguliers.
Il a l'impression d'être en intense communication télépathique avec son meilleur ami. Il le connaît tellement bien qu'il imagine son ressenti à toutes les actions de terrain. Ainsi, il ressent la même joie quand l'équipe de Matthew est sacrée gagnante de la rencontre.
oOo
« C'était fantastique, Matthew ! Comment t'as esquivé l'autre là pour le but final c'était énorme ! »
Le jeune homme reçoit les compliments d'Alfred avec joie, un sourire victorieux sur les lèvres qui ne disparaît pas et les joues encore rougies par l'effort. Lili et Peter piaillent avec enthousiasme pendant que Lovino essaye de cacher le sourire débile qu'il a sur le visage -Matthew a gagné, Matthew est heureux, il n'en faut pas plus pour que Lovino ressente une douce chaleur l'envahir comme s'il avait lui-même remporté la victoire.
« Ça t'a plu ? » lui demande finalement Matthew lorsque celui-ci est un peu fatigué d'écouter Alfred et Peter rejouer le match pour l'assaillir d'éloges.
« C'était trop bien. Très prenant à regarder, en fait, je ne m'y attendais pas... Pas trop quoi. Moi et le sport... Enfin bref. Tu m'as bluffé, Matthie ! Cette aisance... Sur de la glace, en plus ! »
Lovino est sincèrement admiratif. Il n'a jamais patiné de sa vie mais n'a pas beaucoup d'équilibre une fois qu'il s'agit de marcher avec autre chose que des chaussures normales, alors...
« Oh, ça. C'est une question d'habitude, c'est tout. »
« Quand même. Ça force l'admiration. »
« Je pourrais t'apprendre. »
« Quoi, à patiner ? »
« Oui. »
« Pff ! » pouffe Lovino de bon cœur. « Tu ne sais pas à quoi tu t'engages. »
« Si ça te fait plaisir, je peux t'emmener patiner. Voir comment tu te débrouilles sur la glace. Noël approche : tous les marchés de Noël et les patinoires vont revenir à Paris dans quelques jours. On fait ça ? »
« Oh, heu... Oui, pourquoi pas ? Mais je te préviens : tu vas le regretter. »
« Je ne crois pas. » sourit Matthew, et son sourire est si chaleureux et brillant que Lovino pense brièvement que c'est un miracle qu'il ne fasse pas fondre la glace.
oOo
Mercredi 17 décembre 2014.
La fin d'un trimestre de cours est toujours éprouvante -parce qu'on est à bout à cause de la fatigue accumulée au cours des trois derniers mois. Dans le cas de Lovino, ça se traduit par une mauvaise humeur encore plus caractéristique et ravageuse que d'habitude. Antonio le sait -il a appris à faire avec, avec le temps. Mais ce n'est pas pour autant qu'il se laisse marcher dessus.
D'ailleurs, lorsque, de grand matin, Lovino le rabroue pour la quatrième fois consécutive alors que le petit-déjeuner n'est même pas encore prêt et que Lovino comme Antonio n'en est qu'à sa deuxième tasse de café, le père de famille ne peut s'empêcher une remarque.
« Un peu de joie de vivre, jeune homme ! Tu t'es levé du pied italien ce matin, ou quoi ? »
Lovino avale une gorgée de café avant de répliquer, blasé :
« Tu sais ce qu'il te dit, mon pied italien ? »
« Ouais, bha, surveille ses manières, sinon je ne suis pas sûr de le laisser aller à la soirée de samedi. »
Lovino s'interrompt dans sa dégustation indifférente pour ouvrir de grands yeux. La « soirée de samedi » organisée par Alfred pour fêter la fin du trimestre et les vacances de Noël qui commencent, est la soirée qui le motive depuis de longues semaines et qui promet de le détendre, il va pouvoir passer un bon moment avec ses amis et s'amuser après des mois moroses au lycée.
« Tu ferais pas ça... »
« Oh si, j'en ai parfaitement le droit, d'ailleurs ! Tu n'es pas encore majeur. Et je suppose qu'il y aura toutes sortes de boissons illicites, alors... »
« Mais tu sais bien que tu peux me faire confiance... ! »
« Ça dépend. Tu as fini de râler, ou bien... ? »
Lovino soupire, vaincu.
« Oui, okay. Désolée, papa. »
Antonio retire une poêle du feu.
« N'en parlons plus, mange. »
Lovino s'assied et se sert une part d'œufs au miroir, fait de même avec l'assiette de son père.
« Mais, plus sérieusement, tu feras bien attention, Lovi, hein ? »
Lovino roule des yeux et enfourne la première bouchée. Parfois, c'est à se demander qui est le plus chiant des deux.
oOo
Samedi 20 décembre 2014.
Il n'y a rien de pire dans une soirée que de la mauvaise musique ou, plutôt, que de la musique qui ne soit pas à votre goût. Parce qu'alors, vous n'avez aucune envie de danser, qu'il s'agisse de se trémousser timidement dans un coin ou d'enflammer le dance-floor. Par conséquent, vous vous ennuyez. Vos amis, eux, s'amusent comme des fous sur la piste de danse, vous vous retrouvez livré à vous-même, et alors, vous buvez car c'est bien la dernière chose à faire puisque, vu le volume de la musique -si tant est qu'on puisse la qualifier de telle- qui rend toute conversation proprement impossible.
Lovino, pour sa part, s'ennuie comme la pierre. C'est pas contre Alfred, mais cette soirée manque de jazz. Et de rock, tiens. Allez, tant qu'à passer de l'électro, autant passer le bon son bien électronique des années 80, non... ? Mais non. L'hôte, qui peut montrer des goûts musicaux proches de ceux de l'Italien en comité restreint, a choisi de satisfaire le plus grand nombre d'invités avec des morceaux qui les feront danser jusqu'au bout de la nuit... Enfin, sauf Lovino, quoi.
Du coup, l'Italien esseulé dans un canapé abandonné dans un coin sombre du salon, le plus loin possible des baffles qui crachent les paroles dénuées de sens de morceaux récents, a multiplié les expériences gustatives. Alfred a eu la mauvaise idée d'acheter non seulement des bières spéciales mais aussi des alcools forts que Lovino privilégie. Il se sent un peu moins ronchon, il ne fait plus attention à la musique qui lui gâche la fête. Sa tête est lourde et fonctionne au ralenti, il le sent. Il sait qu'il a un peu abusé et ressent les premiers effets de l'ivresse. Tout ça parce qu'il n'a pas l'habitude de boire et que, une fois qu'il a un verre en main, il en avale le contenu comme de l'eau...
Une silhouette filiforme se laisse tomber à côté de lui dans le fauteuil. Il tourne la tête légèrement pour identifier Matthew, l'air un peu perdu. Il porte une chemise blanche dont il a retroussé les manches sur un jean foncé et un rien serrant... Très au goût de Lovino, s'il s'écoutait.
« Salut. »
« Lovi, c'est horrible. »
« Quoi ? » fait l'Italien, aussitôt inquiet.
« Je crois qu'on essaie de me rendre bourré.
« Comment ça ? » réplique Lovino en fronçant les sourcils.
« Un ami d'Alfred, de l'athlétisme... J'ai l'air à son goût, et il est sympa... Je viens de me rendre compte qu'il insiste depuis le début de la soirée pour que je n'ai jamais de verre vide en main. »
« Tu te sens comment ? »
« Je sens que ça commence à agir. »
« Bon. Bha reste près de moi. S'il se pointe, je lui en colle une. »
« Pff. »
« Quoi ? »
« Rien. Mais t'inquiète pas, il a trouvé moins récalcitrant que moi... La dernière fois que je l'ai vu, il dansait avec Mei... »
« C'est Alfred qui va être content... »
« Tu trouves pas qu'il fait chaud, ici ? »
« C'est parce que tu t'es démené sur la piste de danse. »
« On sort ? »
« Okay. »
Il y a un balcon face à eux, dans le salon, qui donne sur une large avenue. Pas très reposant ni très agréable à regarder, mais dans ce genre de cas où, effectivement, la température devient bien trop suffocante dans un appartement rempli à craquer d'adolescents soit en chaleur soit en transe, ça peut sauver des vies. Ou leur faire attraper la mort, mais seulement pour plus tard.
Lovino reçoit l'air frais de plein fouet, comme une gifle salvatrice. Il sait qu'il regrettera cette escapade en t-shirt en temps voulu -quand les maux de gorge et le nez bouché reviendront à la charge. Matthew frissonne.
« Ça va, Matthie ? »
« J'ai juste l'impression d'être sur un bateau en pleine tempête. »
« Ah bha, bravo... Ça ne te vaut rien d'avoir du succès. »
Mais Lovino sent sa propre bouche pâteuse et sa vitesse de réflexion ralentie. Il est mal placé pour parler, et pour couronner le tout, il s'est enivré tout seul, pour ainsi dire.
« Il fait quand même vachement froid, en fait... » grelotte le Canadien.
Lovino ne réfléchit pas plus que ça et passe un bras autour de ses épaules pour le réchauffer et l'attirer à lui. Matthew ne lui oppose aucune résistance et se laisse aller contre son torse. Un ange passe et les laisse comme ça. Le blond peut entendre et sentir le cœur de Lovino qui tambourine dans sa poitrine, plus vite qu'il n'est normal. Lovino sent le corps musclé et mince se serrer contre lui, de doux cheveux d'or effleurent son menton et le chatouillent dans le cou. Il sourit malgré lui à cette proximité inédite. Soudain Matthew relève la tête vers lui et ils échangent un regard intense, avant que Lovino sourie béatement comme l'éméché qu'il est et se penche un peu plus en avant, un peu plus vers les lèvres de Matthew, qui raccourcit de son propre chef la distance entre leurs deux bouches, qui se cherchent, se trouvent, s'explorent.
Ça a des relents d'alcool et c'est mouillé, mais ce n'est pas désagréable, oh que non. Lovino sent son sourire s'élargir entre deux échanges alors qu'une douce sensation de bien-être l'envahit.
Et puis ils s'arrêtent, Matthew lui tombe dans les bras, et ils restent immobiles dans le froid et dans la nuit, mais partagent la même chaleur.
oOo
Dimanche 21 décembre 2014.
Lovino a un mal de tête horrible le lendemain matin, la faute à une nuit blanche -Alfred a fini par sortir les vieilles chansons et il s'est déchaîné- et à une consommation peut-être un tantinet excessive d'alcool. Il noie sa douleur dans le café quand Antonio sort de la salle de bains et le rejoint à table.
« Alors, ça s'est bien passé hier ? »
« Ouais. »
« Laconique. On a du mal à croire que tu sois tellement bavard par écrit. »
Lovino n'a pas la patience pour ça ce matin.
« Nan mais, c'était super, voilà. »
« Qu'est-ce qui a rendu cette soirée si géniale ? »
Lovino repasse le film de la soirée dans sa tête. Bon, c'est sûr, au début, c'était à mourir d'ennui. Puis il a bu. Puis il a embrassé Matthew. Ah, voilà d'où vient le petit nuage rose d'euphorie sur lequel il flotte depuis une heure ou deux du matin.
Mais...
« Dio santo. » laisse-t-il échapper en un murmure.
« Ça va ? »
« O-ouais, mais faut que... Que j'aille chez Gil, voilà. »
Antonio fronce les sourcils, commence à poser des questions que Lovino n'entend pas. Il se lève, attrape une veste et enfile des chaussures avant de partir dans un état second chez son parrain.
« Je reviens ! »
Antonio se retrouve seul et hébété dans l'appartement, se demandant quelle mouche a bien pu piquer son fils.
oOo
Gilbert revient d'un petit jogging dominical pour trouver Lovino assis sur les marches de son immeuble. Et rien qu'à la tête du petit gars, il peut deviner que quelque chose ne va pas.
« Hey, Lovi ! Quelle tête ! »
« Merci, ça fait plaisir. »
« Il s'est passé un truc ? »
« J'ai besoin de tes conseils. »
L'albinos extirpe ses clefs de la poche arrière de son short de sport très sexy et déverrouille la porte.
« Je suppose que ça ira déjà mieux avec un tasse de café, hein ? »
Il emmène Lovino dans les escaliers puis dans son appartement, où il ôte ses chaussures de sport crottées et se précipite tout de suite à la cuisine pour préparer du café. Lovino le suit.
« C'est à quel sujet ? »
« ... Personnel... ? »
« Ah. Y a une fille dans l'histoire. »
« Pas... Pas vraiment, non... Mais heu... Ouais, c'est une histoire de cœur, alors... »
« Tu ne peux pas en parler à Antonio ? »
« Je préférerais pas. Pas tout de suite. »
« Tu veux que j'appelle Francis à la rescousse ? »
« Heu... Oui, pourquoi pas ? Y a plus dans trois têtes que dans une. »
« Bon, bha va t'asseoir, détends-toi, je l'appelle et j'amène le café. »
Lovino s'exécute.
oOo
Un quart d'heure plus tard, Gilbert a fait un détour par la salle de bain et s'est changé, tandis que Francis est arrivé. C'est Lovino qui lui a ouvert, et il n'a pas eu besoin de ses talents d'avocat chercheur de vérité pour déceler le tourment de Lovino.
Ils sont à présent tous trois assis dans le salon de Gilbert, une tasse de café dans les mains, les adultes prêts à boire les paroles de l'adolescent aussitôt qu'il se décidera à parler.
« Bon, hier, y avait une soirée chez Alfred... »
« Ah. Et tu as... Attends, c'est quoi le mot ? Pécho ? » fait Francis avec un clin d'œil.
« Ouais, mais... Rha, c'est compliqué. Voilà. Avant que je parle, vous devez me promettre que ça changera rien. Je veux dire... Que vous m'aimerez toujours même si ça vous plaît pas, d'accord ? S'il vous plaît. »
« Je ne vois pas ce qui pourrait changer l'opinion qu'on a de toi... » fait Gilbert dans un murmure.
« Bha j'ai embrassé un garçon. Un garçon dont je suis amoureux. » avoue-t-il dans un souffle.
Francis ouvre des yeux ronds, Gilbert sourit un peu tristement. Lovino a peur de se confier... Bien qu'il n'y ait pas lieu d'être effrayé. Mais l'albinos est bien placé pour savoir que, peu importe à quel point les gens nous aiment et à quel point on est persuadé de cet amour, on a toujours et d'autant plus peur de les décevoir, de les perdre parce qu'on les a déçus. C'est peut-être bien d'ailleurs la raison pour laquelle Gilbert n'a jamais dit à son filleul qu'il aimait les hommes. Peut-être que le moment est venu. En tout cas, il se doit de le mettre à l'aise.
« Lovi... Lovi, ne t'inquiète pas. Ça ne change rien. » le rassure Francis avec un sourire, en changeant de canapé pour venir s'asseoir à côté de lui et passer un bras autour de ses épaules. « Je suis content que tu nous fasses confiance pour nous le dire, Lovi. Et tu peux nous faire confiance pour t'aimer tel que tu es. Ne doute jamais de ça. »
« Merci, Frannie. Je me doutais bien que vous... Ça passerait... Mais... »
« Tu as peur de décevoir ton père ? » termine Gilbert à sa place.
Lovino lève vers lui des yeux pleins de larmes.
« Oui, je crois... »
« Dans ce cas, ne t'inquiète pas trop. Il sera probablement surpris, mais il ne te rejettera pas pour autant. Je le sais parce que... Hum, moi aussi, je... Préfère les hommes. »
Lovino ouvre des yeux ronds.
« Ah... Ah oui ? »
« Yep. Et tu sais quoi ? Antonio et Francis l'ont toujours respecté. Pourtant, quand on était jeunes, ça craignait pas mal... Les préjugés étaient beaucoup plus durs à l'époque. Et ils m'ont toujours soutenus, infailliblement. Ils sont awesome à ce point-là. Je sais que ça ne va pas te paraître moins effrayant de le dire à Tonio, mais rappelle-toi de ça... »
Lovino essuie ses yeux embrumés puis réfléchit.
« Ton pote russe, du coup... C'était pas seulement un pote russe, pas vrai ? »
« Plutôt un plan cul irrégulier, ouais. »
« Mais comment ça se fait que je t'aie jamais connu de compagnon ? »
« Y a des choses, dans la vie... Qui t'amènent à faire une croix sur les sentiments. Mais n'en parlons pas trop, tu veux ? Une autre fois... Dis-nous tout. »
« Bha voilà. On avait bu tous les deux, et puis c'est à une soirée, tout le monde embrasse tout le monde et généralement ça ne veut rien dire... »
« Alors ça, c'est bien la pire connerie du monde. » grommelle Francis. « Tu m'étonnes que ce soit compliqué après... »
« Donc je ne sais pas s'il met autant, ou la même signification, que moi derrière ce baiser... On... N'a pas réitéré l'expérience après dans la soirée, on s'est quittés comme d'habitude au petit matin, mais je ne sais pas... »
« Commençons par le début. Il te plaît vraiment ? » demande Gilbert.
« Évidemment... »
« Il est gay ? »
« Oui. Il le sait depuis plus longtemps que moi, d'ailleurs... »
« Et tu lui plaît ? »
« Ça, j'en sais rien... Mais c'est mon meilleur ami, donc je sais au moins qu'il m'apprécie... »
« C'est qui ? » fait Gilbert.
« Matthew... »
« Matthew mon neveu ? » relève Francis.
Lovino écarquille les yeux et porte la main à ses lèvres, scandalisé.
« Oh, Francis, je suis désolé, j'y avais pas pensé du tout... »
« Hé, non, non, non, calme-toi. Je m'en fiche. Vous faites ce que vous voulez avec qui vous voulez, moi ça ne me regarde pas. Je suis juste surpris. Bande de cachottiers. »
« Bon, et je fais quoi, moi, maintenant ? »
« Vous étiez éméchés tous les deux, tu dis ? »
« Ouais... Un peu, quoi. La tête qui tourne. Matthie a bu plus que moi, je crois. »
« Alors la vraie question c'est... Il se souvient que vous vous êtes embrassés ? »
Lovino pousse un soupir à fendre l'âme.
« Aucune idée. »
Aaaaw
Traductions
About a Boy : à propos d'un garçon (anglais - cette fois, ce n'est pas une série mais bien un film tiré d'un livre)
Dio Santo : juron italien (authentique, j'ai une source assez proche maintenant ôô)
Notes
Je n'ai mais alors aucune idée du déroulement d'un match de hockey sur glace. C'est juste qu'il y a deux ans, quand j'ai commencé à envisager un Canmano pour Being A Dad, je suis allée à la patinoire avec l'école, et un type avait fait du hockey et était d'une aisance incroyable comparé à d'autres (dont moi, je l'avoue).
J'aime le subtext PruAus. Vous l'avez repéré ?
J'espère que ce chapitre vous a plu, n'hésitez pas à laisser un commentaire ;)
A bientôt !
