Bien le bonjour !

Disclaimer : les personnages appartiennent à Hidekaz Himaruya.

J'ai honte, j'ai tellement honte... Désolée de ne pas avoir répondu aux reviews laissées sur le chapitre précédent ! :O Je suis super à la bourre dans l'écriture et dans à peu près tout, je vous présente mes excuses. Sachez toutefois qu'elles m'ont rendue très heureuse et que je vous aime toujours. Promis, je réponds dès que je les reçois la prochaine fois !

Sinon, vous allez bien ?

Voici le chapitre d'avril. Feli is back ! J'espère qu'il vous plaira... Merci pour votre soutien !

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On se retrouve en fin de chapitre pour les notes ;)


Chapitre XXIV : Doctor Dad

Samedi 27 décembre 2014.

Lovino contemple l'étendue blanche qui s'étale sous ses pieds avec un mélange d'appréhension et de peur dans le regard, et une terrible envie de vomir dans la bouche. Pourquoi a-t-il accepté, déjà ? Il n'a pas d'équilibre. Il va tomber, se casser la figure, se faire bien mal et se ridiculiser. A ses pieds, les patins à glace pèsent une tonne.

Il n'est qu'à l'entrée de l'arène et croit défaillir alors que des patineurs expérimentés passent devant ses yeux ahuris à une vitesse folle alors qu'il a le cœur au bord des lèvres. Devant lui, déjà sur la patinoire mais toujours prêt du bord, Matthew lui tend la main et lui adresse un regard contrarié.

« Ça va, Lovino ? Tu es tout pâle. »

« Hein ? Oui oui, ça va. Je... J'arrive tout de suite. »

« A ton aise. Ne te presse pas. Tiens-toi au bord. »

Lovino s'exécute et, avec la démarche si atypique de quelqu'un qui marche avec des patins à glace pour la première fois, lève un pied, le pose sur la glace, et fait pareil avec le second en retenant un cri d'effroi. Plus moyen d'y couper, maintenant : il est bel et bien sur la glace, et la terre ferme lui manque déjà. Il manque de glisser vers l'arrière et se stabilise d'un brusque mouvement de bassin qui le ramène tout contre la paroi de bois qui enserre la patinoire de la Tour Eiffel.

Matthew lâche le bord et le rejoint à sa hauteur. Le cours théorique va commencer.

oOo

« Tu te débrouilles déjà mieux. »

« Matthie. C'est bien de m'encourager, mais j'ai pas encore lâché le bord une seule fois. »

« Mais tu commences à comprendre le principe. »

« Ça fait une heure, il serait temps ! »

« Patience ! Tu ne t'attendais pas à devenir patineur olympique en cinq minutes, quand même ? »

« Non. » avoue Lovino.

Il souffle par les narines.

« Mais je suis frustré. En plus tu perds ton temps avec moi alors que tu pourrais t'éclater sur la glace... »

« Bon, tu as fini de râler ? » fait Matthew avec une once d'amusement.

Il sourit et attrape la main que Lovino ne crispe pas autour de la balustrade qui délimite le bord de la patinoire. Lovino n'a pas le temps de se demander ce qu'il a en tête qu'il se sent attiré à la suite de Matthew qui, toujours tout sourire, a pris son élan et l'entraîne. Il l'oblige à lâcher le bord s'il ne veut pas finir écartelé par la brusque énergie cinétique qui émane du Canadien et l'emmène avec lui dans une folle course à travers l'étendue de glace. Lovino écarquille les yeux et laisse probablement échapper un juron ou deux, mais il ne fait plus attention à rien si ce n'est à la sensation de vertige et cette soudaine envie de vomir et de rire à la fois que lui procure la réalisation qu'il patine, file à toute allure sur la glace... Il ne tiendrait pas debout plus de deux secondes s'il essayait de patiner par lui-même, mais il a Matthew, et il n'a plus peur, car il ne réfléchit plus à rien, ni à sa destination, ni à son manque de talent, ni aux gens qui l'entourent, qu'il dépasse et qui se réduisent à des taches sombres dans sa vision périphérique.

C'est une sensation irréelle, presque magique, et qui prend aux tripes -au risque de les retourner. Matthew gère leur vitesse comme un professionnel et Lovino n'a pour ainsi dire qu'à se laisser traîner à la suite du blond, qui toutefois, décide de vérifier que son protégé est toujours en vie et les arrête au beau milieu de la patinoire. Lovino a les joues rosies par l'exaltation et le froid, mais un timide sourire étire ses lèvres avant de disparaître une fois qu'il réalise qu'il est à l'arrêt et loin du bord si rassurant.

« Alors ? »

« C'était génial ! Mais, Matthie, ramène-moi au bord... »

« Non. »

« Mais je vais me planter ! »

Matthew le considère avec une lueur d'amusement dans les yeux. Leurs mains sont toujours jointes, et Lovino s'efforce de ne pas bouger pour garder son équilibre.

« Mais non. » assure le Canadien.

Il se glisse plus près de Lovino alors que le rouge lui monte aux joues.

« Je te tiens. » lui rappelle-t-il.

Et ce faisant, il se rapproche encore, pose sa main libre dans le bas du dos de son ami, l'attire à lui. Commence alors le second baiser qu'ils échangent, mais Lovino, bien que très accaparé et concentré sur les lèvres de Matthew unies aux siennes, ne peut s'empêcher de se demander si le blond se souvient qu'il ne s'agit pas de leur premier baiser. Il l'espère de tout cœur.

Le Canadien rompt l'étreinte de lui-même, amusé :

« Tu vois, comme ça tu tiens debout. »

Cette phrase, prononcée avec assurance, contraste avec le visage cramoisi du jeune homme, peu habitué à flirter de la sorte, et encore moins de sa propre initiative.

Matthew s'écarte car Lovino ne dit rien, mais celui-ci le retient -non seulement pour le garder près de lui, mais aussi parce que sans son support il s'étalera lamentablement la face la première contre la glace.

« Je dois tenir debout jusqu'à la sortie. J'aurai besoin d'un peu plus d'encouragement. » dit-il avec un sourire au moins aussi bête que Matthew a rougi.

Cette fois, c'est Lovino qui initie le baiser.

oOo

Ils n'ont plus traîné sur la glace après ça. Les patins rangés, la terre ferme retrouvée, ils s'éloignent de la patinoire un peu gênés. Lovino hésite mais prend finalement la direction des opérations et attrape la main de son meilleur ami dans la sienne, enserrant des doigts glacés dans les siens. Du coin de l'œil, il voit Matthew sourire et rosir de plaisir.

Lovino n'y tient plus et lâche, d'une façon qu'il espère désinvolte mais qui trahit une réelle inquiétude :

« Tu sais... En fait, c'était pas notre premier baiser. »

Matthew le contemple pendant de longues secondes, un sourire entendu sur le visage, avant de répliquer.

« Même si j'avais été bourré, je n'aurais pas oublié notre premier baiser, Lovino. »

L'Italien est ravi et sourit comme un bienheureux tout le reste de l'après-midi.

oOo

Samedi 3 janvier 2015.

Le problème, c'est les vacances de Noël. Le problème, ce sont toutes ces fêtes de famille et ces réunions sociales qui s'accumulent pendant deux semaines. Entre ceux qu'on ne peut pas caser au réveillon ni le jour de Noël et qu'on est forcé de visiter à une autre date, la tournée des foyers à réaliser le premier de l'an, et ses grands-parents revenus d'Espagne pour les fêtes de fin d'année, Lovino et Matthew n'ont eu ni le temps ni l'occasion de se revoir et de mettre un terme choisi sur la nature de leur relation. Ils sont dans cette phase étrange où les sentiments n'ont pas encore été mis en mots et confessés, où ça semble encore irréel et où on s'attend presque à recevoir un appel qui avouerait une mauvaise blague et, immanquablement, une rupture et une humiliation.

Ils échangent des messages et des appels qui comportent parfois des silences un peu gênants. Mais quand on se connaît depuis si longtemps, ç'a n'est pas nouveau de s'envoyer des messages à intervalles aussi réguliers. Lovino a un peu l'impression que rien n'a changé depuis qu'ils se sont embrassés à la patinoire. En l'absence physique de celui qu'il aimerait clamer haut et fort comme son petit-ami, l'Italien est un peu perdu et surtout, déprimé.

C'est pourquoi il profite d'une journée exempte de corvées familiales pour passer du temps à la Librairie Edelstein. Son terrain de jeu d'enfant s'est, avec les années, mué en havre de paix qui, immanquablement, lui change les idées. Qu'il s'agisse de discuter avec Roderich ou de simplement lire en compagnie du libraire, voire jouer du piano ou potiner avec Feliciano, quand le jeune homme daigne quitter ses pinceaux pour passer du temps avec Lovino, celui-ci ne s'y ennuie jamais.

Il est assis au siège du pianiste pendant que Feliciano babille gaiement -une habitude qu'il n'a pas perdue depuis l'enfance- en arpentant les rayons « art » environnants. Ses mèches de cheveux auburn se parent par endroits de nuances bleues, jaunes ou violettes, stigmates d'un tableau en cours. Quant à ses ongles, il s'évertue distraitement à en enlever les taches de peinture, mais sans grand succès.

Lovino apprécie de plus en plus la présence de Feli. Maintenant qu'il a grandi et est un peu plus mature, il est plus facile de papoter avec lui sans s'en lasser. Il est aussi d'une grande culture, ce que Lovino admire toujours chez lui : sous des dehors encore puérils et enfantins, le jeune Edelstein en sait plus long que lui à bien des égards, et surtout en art, mais aussi en musique -Roderich lui a tout appris. Et puis, il faut bien l'avouer : les deux garçons ont partagé bien des jeux, bien des joies, bien des peines dans leur enfance et tout au long de leurs courtes vies : malgré des désaccords et des chemins divergents, ils sont un peu comme des frères, au final.

« Mais donc tu vois, le problème avec Feliks c'est qu'il ne sait pas ce qu'il veut, genre il crève d'amour pour Toris mais... »

« Feli... Tu parles comme Feliks. » le reprit Lovino avec agacement.

« Pardon. »

« C'est qui, Toris ? »

« Un Terminale. Le grand frère de Ravis. »

Lovino creuse dans sa mémoire pour identifier l'ami chétif et peureux des Feli au carré, inséparables depuis le collège. D'un signe de tête, il autorise son ami à poursuivre son récit.

« Mais justement parce que c'est un Terminale, il ne veut pas faire le premier pas ni rien parce qu'il se trouve trop jeune. Et inexpérimenté, si tu veux mon avis. »

« Hum hum. » fait Lovino sans grand intérêt.

« Et toi, Lovi ? Comment ça va les amours ? »

Le soupir de Lovino est à fendre l'âme.

« C'est compliqué. »

« Ohlalalala oui, il y a l'air. Raconte ! »

Lovino lance un regard du côté du comptoir, où Roderich, comme s'il n'avait pas pris seize ans, lisait en attendant un client. Au moment où l'adolescent s'apprête à confesser toute l'histoire à son ami d'enfance, la clochette de l'entrée tinte et il regarde avec stupeur Matthew entrer dans la librairie.

Lovino se fige et commence à sourire à la fois. Dans la lumière irréelle des réverbères qui filtre dans la vitrine en cette fin d'après-midi d'hiver, les cheveux blonds de Matthew semblent dorés. Il porte un anorak rouge sombre sur un jean et des Converses. Ses joues rougies par le froid palissent quand il voit Lovino entrer dans son champ de vision -en pleine ligne de mire, à vingt mètres de lui, au fond du magasin.

« Shit. » laisse échapper Matthew.

Lovino fronce les sourcils et pense avoir mal entendu. Mais le Canadien se ressaisit et court littéralement à lui pour déposer un chaste baiser sur les lèvres -sous le regard ébahi de Feliciano et la totale indifférence de Roderich qui, s'il a salué le client au tintement de clochette, préfère n'importuner personne qui entre dans son magasin si on ne l'appelle pas au secours -ainsi, il est toujours plongé dans Lorenzaccio, et qu'il y reste seulement.

« Matthie ? »

« Lovi ! »

« Qu'est-ce que tu fais là ? »

Le Canadien fait la moue, dépité.

« C'est gênant... Je ne savais pas que tu serais là. Je voulais te choisir un cadeau de Noël. »

Ah. Voilà qui explique la drôle d'expression de Matthew. Lovino est soulagé.

« Tu sais pourtant que cette librairie est mon fief. » s'amuse Lovino.

« Justement. Je voulais conspirer avec Roderich pour te trouver le cadeau idéal. »

« C'est du joli. »

« C'est un cas de force majeure ! »

« C'est gentil, Matthew. »

« Attends de l'avoir reçu, tu veux ? » sourit le Canadien. « Surtout reste là, je vais m'arranger avec Roderich. Feli, surveille-le, je compte sur toi. »

« A tes ordres ! »

Alors que Matthew s'éloigne pour aller saluer Roderich, les deux Méditerranéens reprennent leur occupation précédente. Ou plutôt, Feli commence à cuisiner Lovino sur la scène à laquelle il vient d'assister.

« Tu disais que c'était compliqué ? »

« Oui... »

« Ça m'a l'air parfaitement clair. Vous sortez ensemble. »

« C'est à dire... »

« Attends voir ! Tu m'avais jamais dit que t'étais gay ! »

Lovino lui intime de parler moins fort et roule des yeux.

« Y a trois personnes au monde qui sont au courant. Matthie, Gilbert et Francis. Et toi, maintenant. Je n'ai fait mon coming out officiel qu'à Gil et Frannie. »

« Mais tu sors avec Matthew. »

« C'est implicite. Pour être franc on ne s'est pas revu depuis notre premier baiser sobre avant aujourd'hui. Et par message ça fait un peu bête de demander « au fait pour que tout soit clair on sort ensemble hein ? » du coup, je... Enfin j'étais pas sûr... »

« Tu l'aimes ? »

Lovino regarde Feliciano, qui darde sur lui un intense regard scrutateur. Devant tant de sérieux, Lovino ne peut que bredouiller :

« Oui... »

« Bon. Et il t'aime ? »

« Je suppose. »

« Moi je viens de vous voir. Je suis sûr que oui. Si tu veux que tout soit clair, il n'y a pas trente-six solutions. »

« Je dois me confesser... ? »

« Tout juste. »

« C'est tellement cliché... »

« Tu te sentiras mieux après. »

« Sauf si je me prends un râteau. »

« Ohlala, ce que tu es pessimiste ! » glousse Feliciano.

« Stressé. » rectifie Lovino avec agacement.

oOo

Matthew retourne vers les deux adolescents une fois son emplette accomplie, un paquet cadeau sous le salue Feliciano et dit au revoir à Lovino avec un sourire plus éclatant, avant de presser tendrement et brièvement ses lèvres sur les siennes, de tourner les talons et de quitter la librairie pour regagner les rues de Paris et la pluie battante qui rend le début de l'année morose.

« Y a un truc que je n'ai jamais compris chez toi, Lovi, depuis toutes les années qu'on se connaît. »

« Quoi ? »

« Pourquoi tu ne m'écoutes jamais ? »

Lovino, qui était très occupé à regarder s'éloigner le garçon qu'il aime, gratifie Feliciano d'un regard interloqué et absent. Son cœur va plus vite que sa raison et son angoisse et ordonne à son corps des mouvements dont il n'a pas conscience.

Il claque la porte de la librairie et en sort en courant avant même qu'il s'en rende compte. C'est le froid qui le réveille et le ramène à la réalité. Insouciant, il a oublié la pluie, la période de l'année et les températures très basses. Or, il vient d'un lieu chauffé et où la température est agréable quand on ne porte qu'une chemise, ce qui est son cas. Il se retrouve trempé en moins de deux, mais au moins ça lui rafraîchit les idées.

Il repère bien vite la silhouette de Matthew à une trentaine de mètres devant lui.

« Matthew ! » s'écrie-t-il.

Le Canadien se retourne, surpris, pour trouver un Lovino trempé et pas franchement élégant sous son nez.

« Lovi ? Tu es trempé... »

L'Italien plaque ses lèvres sur celles du blond pour faire taire les remarques. C'est un baiser qui a presque le goût du désespoir.

« Je t'aime, Matthew. Peut-être qu'il est trop tôt pour le dire et que ça va te faire flipper, mais je voulais que tu le saches. »

Matthew sourit, attendri, peut-être soulagé.

« Trop tôt ? Tu trouves ? Lovino... Ça fait deux ans que j'espérais t'entendre me dire ça un jour. »

Lovino le serre dans ses bras. Feliciano avait raison, finalement : il se sent beaucoup mieux.

oOo

« Non sérieusement, Lovi, ce n'est pas possible. Tu en rajoutes. C'est ton côté écrivain romantique qui ne peut pas s'empêcher de rajouter des détails clichés, hein ? » s'esclaffe Gilbert une énième fois.

Lovino grommelle une réponse outrée avant de jouer de la trompette dans un mouchoir pour la énième fois en dix minutes.

« Tu lui as vraiment couru après ? Sous la pluie ? » chuchote Gilbert. « Quel romantisme ! Quel sens de la romance ! »

« Stai zitto, zio. »

« Pfffffrrrr ! » ne peut s'empêcher de rire Gilbert. « Hé bien, tu es dramatique, Lovi. Mais une chose est sûre, le rhume que tu as ramassé est loin de valoir cet élan chevaleresque... »

« J'avoue que je me serais bien passé des effets secondaires. »

Antonio revient de la pharmacie à ce moment-là et dépose sur la table du salon, devant Lovino et son garde-malade hilare, une pile de boîtes de médicaments.

« Celui-là c'est deux fois par jour, matin et soir, ceux-là c'est à tous les repas, et les granules c'est tout les quart d'heure pendant douze heures. Maintenant, tu vas m'expliquer comment tu as attrapé ce rhume carabiné ? » le supplie Antonio avec ses yeux de chiens battus.

Il n'obtient pas de réponse, et Lovino remercie silencieusement Gilbert de changer de sujet.


Traductions

Doctor Dad : Docteur Papa (c'est nul, avouez, mais c'est repris du titre de Doctor Who)

Shit : merde (anglais)

Stai zitto, zio : la ferme, tonton (italien)

Notes

J'ai assisté à la scène du baiser sur glace. Y a deux ans déjà. Vous voyez ça fait longtemps que tout ça est en chantier...

Feli au carré : je m'explique : Feli(ciano) et Feli(ks) = Feli². Je ne sais pas pourquoi mais j'aime bien en faire des BFF en l'absence de Luddy.

Lorenzaccio est un drame romantique d'Alfred de Musset et c'est trop bien.

C'est tout pour avril !

A bientôt ;)