Bien le bonjour !

Disclaimer : tous les personnages nommés appartiennent à Hidekaz Himaruya.

Désolée pour mon impardonnable retard de *ahem* cinq mois ? J'étais juste tout à fait démotivée. Mais bon, il y a des grands progrès dans ce chapitre, j'espère que vous l'aimerez et penserez à me laisser une review (ne fut-ce que pour me fustiger de mon retard, mais restez indulgents u.u)

Je suis arrivée à la fin de mon scénario pour BAD, du coup je vais devoir passer par la case "scénarisation" avant d'écrire le chapitre 27. Pas sûre qu'il arrive en novembre, donc.

Mais enjoy :D


Chapitre XXVI : Hi Gay I'm Dad

Samedi 31 janvier 2015.

Quand Lovino rentre de son expédition au marché bio avec Gilbert et se retrouve seul avec son père dans leur appartement, il est bien décidé à ne plus faire traîner la chose et à vider son sac le plus vite possible. Lovino fonce à la cuisine et prépare deux tasses de café, avant de retrouver son père et de déposer la tasse de breuvage fumant sur son bureau.

« Merci, Lovi. » dit Antonio un peu distraitement.

« Papa, faut que je te parle. »

Antonio pivote sur sa chaise à roulettes pour faire face à son fils, aussitôt alarmé.

« Tout va bien ? » s'inquiète-t-il.

« Oui, oui... Mais j'ai besoin que tu m'écoutes. »

Antonio prend la tasse de café et la serre entre ses mains. Il ignore ce que Lovino va lui annoncer mais l'adolescent tire une tête très sérieuse et il envisage aussitôt, à cause de la gravité de l'expression de son fils, une mauvaise nouvelle.

« Voilà, je ne sais pas si tu t'en doutes, je ne crois pas... Dans ce cas je ne sais pas si ça va te plaire d'entendre ce que j'ai à te dire... Mais, hum... Faut quand même que je te le dise... Donc, voilà. Je vais me lancer. »

L'adolescent inspire profondément, prend une gorgée de café qui lui donne assez de temps pour refouler des larmes d'angoisse.

« Je suis gay, papa. J'aime les garçons. » lâche-t-il enfin.

Antonio reste coi un moment tant il est surpris. Pas de la nouvelle, qui ne le choque pas du tout, mais de l'expression de détresse sur les traits de son fils, qui guette sa réaction avec appréhension.

« Béh... C'est super, Lovi. » rétorque simplement son père, faute de trouver quoi dire de mieux.

« T'es pas fâché ? »

« Bien sûr que non ! Pourquoi... Enfin qu'est-ce qui t'a fait penser que je le serais ? » demande-t-il, alarmé.

Il ne pense pas avoir jamais émis le moindre commentaire désobligeant à l'égard des homosexuels, puisqu'il est justement tout à fait gay-friendly comme on dit à présent, mais aurait-il pu avoir une attitude mal interprétée par Lovino ? Si c'est le cas c'est une catastrophe.

« Rien spécialement... C'est juste que... Avec ce sujet-là, on sait jamais... »

Antonio hoche la tête, compréhensif.

« Ne t'en fais pas en ce qui me concerne. Ça ne change pas la moindre chose. »

Lovino sourit légèrement. Après une pause où il a semblé réfléchir, Antonio reprend.

« Je suis même rassuré. »

« Pourquoi ? »

« Au moins il ne t'arrivera jamais d'avoir une ex copine tombée enceinte qui ne juge pas bon de t'en informer. »

« Pff. »

Antonio se lève et regarde son fils dans les yeux.

« Je t'aime, Lovi. »

L'adolescent se sent soudainement tout bizarre. Cette affirmation sincère, sans détour et sans « quand même » lui ôte bien des doutes. Son père n'accorde aucune importance au sexe des personnes qu'il aimera dans sa vie. C'est un sentiment rassurant et à la fois terriblement touchant. Lovino renonce à ravaler ses larmes et à lutter. Il tombe dans les bras de son père et le serre fort, très fort dans ses bras, et sent qu'on lui rend son étreinte aussitôt. Ils restent ainsi enlacés, tendrement, à se soutenir mutuellement -mais surtout Antonio soutenant Lovino complètement abandonné- très longtemps, jusqu'à ce que les larmes sèchent et que les pleurs se calment. Leurs cafés sont froids quand, enfin, Lovino rompt l'étreinte de lui-même et sourit misérablement à son père.

« Merci, papa. »

« C'est normal, mijo. Allez viens, on va se refaire un café et le boire correctement. »

Lovino s'installe dans le canapé pendant que son père se charge de la boisson. Il essuie ses joues et passe un doigt sous ses yeux pour essayer d'effacer les rougeurs, mais en vain. Au moins, il se sent mieux. C'est fou comme les larmes ont un pouvoir libérateur, parfois. On veut toujours les refouler, et pourtant. Pleurer, c'est dégradant. Vraiment ? C'est honteux. Vraiment ? Non. Parfois il faut simplement laisser les larmes couler, évacuer. Qu'est-ce que ça peut faire ? On n'est pas faible parce qu'on pleure, on ressent le besoin de pleurer parce qu'on a passé trop de temps à être fort. Qu'est-ce que ça peut bien avoir de honteux et de risible si c'est un acte de courage et une preuve de force ? Si ça libère ? Si ça permet d'évacuer toute la tension, la rancœur, l'amertume, l'angoisse, la tristesse, la peur accumulées depuis si longtemps ? Ça ne les fait pas disparaître comme par magie, mais c'est déjà beau d'espérer qu'elles s'évaporent et se dissipent dans l'air en même temps que les larmes qui sèchent.

Antonio revient avec deux cafés chauds, cette fois, et s'installe à côté de Lovino dans le canapé. Ils boivent une gorgée chacun dans le silence, avant qu'Antonio ne le rompe.

« Tu n'es pas obligé de me répondre, mais... Il y a un garçon que tu aimes en ce moment ? »

Lovino rougit jusqu'à la pointe de ses cheveux et fournit ainsi une réponse muette à son père, qui sourit avec indulgence en se rappelant à quel point il pouvait réagir de la même manière quand il était jeune et amoureux, jadis. Et il n'y a qu'à voir l'imbécile heureux qu'il est quand on évoque Louise devant lui, actuellement.

« Ouais. » répond Lovino à mi-voix. « En fait, je sors avec un garçon. » explique-t-il. « C'est pour ça aussi que je me disais, tu sais... Qu'il était temps de t'en parler. Gil et Francis sont au courant, mais... »

« Les cachottiers ! » s'offusque Antonio de façon théâtrale. « Ne t'inquiète pas, ils ne m'auraient rien dit. Et je préfère l'avoir entendu de ta bouche. Ça préserve notre relation de confiance. Mais, bon ! Comment s'appelle-t-il, ce brave garçon ? Je le connais ? »

« ...Un peu ? »

« Qui est-ce ? »

« Matthew. »

« Matthew... Le Matthew ? Ton meilleur ami d'enfance ? Aw Lovi, c'est trop mignon ! »

« Oh ça va, hein... »

« Je le pense. Et ça fait combien de temps ? »

« Depuis fin décembre. »

« Ça fait un mois... Et tout se passe bien ? »

« A merveille. »

Antonio acquiesce en silence, ravi de l'apprendre. Puis, il sourit de façon espiègle et feint l'épuisement anticipé à l'idée de ce qu'il va formuler.

« Oh la la ! Je vais devoir racheter des capotes, du coup... Ça fait des années que je n'ai plus acheté ça ! »

« Papa ! » s'offusque Lovino, rouge tomate. « On... On n'en est pas là, enfin ! »

« Ça ne me regarde pas, Lovi. » réplique-t-il avec un clin d'œil. « Tu fais ce que tu veux... »

« Cazzo, c'est vraiment un sale humour de père salace, ça ! On dirait Francis ! »

« ... Mais surtout tu te protèges. »

« Mais ouais, enfin ! En temps voulu ! »

« Faudra qu'on trouve un terrain neutre et accessible pour pouvoir en avoir facilement quand on en aura besoin, l'un comme l'autre. »

« ... Cazzo papa, j'ai cours avec elle, si tu voulais bien éviter de me mettre ce genre d'images dans la tête... »

oOo

Quand Lovino a suffisamment l'esprit à ça, il retourne dans sa chambre et travaille à une dissertation qu'il a en cours. Pendant ce temps-là, Antonio prend son téléphone et une veste pour sortir sur le balcon et appeler Gilbert.

« Allô, Tonio ! Ça va ? »

« Ça va, Gil. Et toi ? »

« Oh, bah, tu sais, la routine. Tu appelles pour un truc en particulier ? »

« Lovino m'a fait son coming out. »

« Ah ! Tant mieux, je suis content qu'il l'ait fait. »

« Moi aussi. » sourit Antonio. « Gil... Je sais très bien que je n'ai pas à te demander ça et que tu le feras spontanément... Enfin je sais déjà que je peux compter sur toi, mais... Si jamais il avait des questions, ou des problèmes qu'il se sentirait plus à l'aise d'aborder avec toi qu'avec moi... Tu seras là pour lui, n'est-ce pas ? »

« ... Bien sûr, Tonio. Quoi qu'il arrive. »

Le père de famille se détend un peu.

« Merci, Gil. Au moins je sais qu'il y a du renfort si je suis trop incompétent. »

« T'inquiète, Tonio. Tu t'en sors très bien. »

« Merci, Gil. » répète-t-il.

oOo

Samedi 14 février 2015.

Lovino n'est pas franchement un supporter de la Saint-Valentin. Mais puisque les parents de Matthew ont décidé de s'envoler à Milan pour le week-end, que l'appartement est libre et que Matthew l'a par conséquent invité à dormir pour l'occasion, il ne va pas se plaindre. Même si les pancakes promis par Matthew n'ont pas été aussi concluants que prévu. Mais bon, il ne va pas lui en vouloir : ça arrive, avec le stress et le manque de pratique, de rater des pancakes. C'est même un peu drôle, quand on y pense. Ce week-end qu'ils passent ensemble leur fait prendre conscience que la vie de couple est bien différente de la vie qu'ils mènent et partagent au lycée. Ils sont confrontés à des situations tellement différentes en fonction du cas.

A l'école, ils se rejoignent le matin, se disent bonjour d'un tendre baiser, tous deux radieux de se retrouver après une soirée voire un week-end passé séparés. Ils vont en cours ensemble, et lorsque leurs horaires diffèrent, ils se retrouvent après, mangent ensemble, mais pas seuls car ils ne délaissent jamais leurs amis, et puis, quand l'école est finie, ils sortent de l'enceinte du lycée, passent quelques minutes enlacés, à s'embrasser plus intensément parce que c'est un au revoir et qu'il faut faire des provisions de tendresse pour les instants qui les verront séparés jusqu'au lendemain ou, pire, jusqu'au lundi suivant.

Tandis que passer toute une journée ensemble, se dit Lovino à la fin du samedi, c'est complètement différent. C'est changer des activités ordinaires. Cuisiner ensemble, manger ensemble, dormir ensemble d'ici peu. Parfois c'est être à court de sujet de conversation, stresser un peu ou beaucoup en fonction du caractère, et puis réaliser que ce n'est pas grave parce que malgré le silence, ça n'est pas pesant : la présence simple de l'autre à ses côtés comble tous les vides car il sait l'apprécier.

Lovino sort de la salle de bain, en pyjama -caleçon et t-shirt trop large. Il s'est brossé les dents consciencieusement et se sent tout frais, prêt pour la nuit, bien que très nerveux à l'idée de dormir avec Matthew. Ils n'ont pas encore vraiment discuté de ce qu'ils attendent de cette nuit passée ensemble et Lovino craint qu'ils ne s'accordent pas sur le sujet. C'est fou comme aimer fait douter de tout et n'importe quoi... Lovino a pourtant confiance en lui, généralement, ou du moins il apparaît comme tel. Mais dès que Matthew entre dans l'équation, il se met à douter de tout : il se trouve disgracieux, insupportable, et finit par se demander ce que son petit ami peut bien lui trouver...

Il chasse ses traîtresses pensées et pousse la porte de la chambre pour y trouver Matthew étalé sur son lit à lire du Racine –ce qui arrache un frisson d'effroi à Lovino, mais soit- et il le rejoint en s'asseyant sur le bord opposé du lit. C'est un lit d'une personne, ils seront donc forcés à la proximité : pas que ça en dérange l'un d'eux, mais Lovino se connaît comme un mauvais coucheur qui bouge beaucoup. Il prierait bien de ne pas envoyer Matthew valser de l'autre côté de la chambre au cours de la nuit.

Matthew dépose son livre sur la table de nuit et lève les yeux vers lui en lui offrant un sourire magnifique. Il tend le bras pour l'accueillir à ses côtés, et Lovino se rapproche de lui sans se faire prier. Son cœur bat à du 200 à l'heure. Matthew l'embrasse et il répond volontiers au baiser alors que leurs corps se rapprochent de plus en plus et comme jamais. Les mains s'égarent, les souffles se coupent, les sourires se rejoignent. Néanmoins, Matthew rompt le baiser après un long moment, pour respirer peut-être, mais aussi pour présenter un visage sérieux et inquiet à son petit ami.

« Quelque chose ne va pas ? » demande-t-il à Lovino.

« Tout est parfait. »

« Tu as l'air contrarié. Parle-moi. »

Lovino se fige pendant une longue seconde, avant de se recroqueviller sur lui-même.

« Je sais que c'est bête... On a l'âge et on a l'occasion rêvée mais... Je... Je préférerais qu'on y aille doucement, tu comprends ? »

« Chaque chose en son temps. » répond Matthew en souriant. « Oui. Je vois. »

« Je t'aime. » murmure Lovino, très près des lèvres de son ami. « C'est pour ça que je veux prendre le temps de vivre toutes les étapes. »

« D'accord. »

Matthew le rapproche de son cœur en l'enserrant dans ses bras.

« Je peux quand même continuer à t'embrasser ? » demande-t-il.

« Autant que tu veux. » répond Lovino avec un sourire, avant que son petit ami ne scelle ses lèvres d'un baiser.

Il se sent plus léger maintenant qu'il a clairement énoncé ses attentes. Comme quoi, la communication est vraiment essentielle dans tous les domaines de la vie. Et il est heureux que Matthie ne soit pas déçu, mais l'ait accepté. Le Canadien se blottit dans ses bras et ils s'allongent complètement, passant la nuit à s'étreindre et s'embrasser sans aller plus loin avant de dormir enlacés.

oOo

Dimanche 15 février 2015.

Antonio est allé bruncher avec Roderich, Elizabeta et Feliciano, comme ils ont pris l'habitude de le faire à intervalles plus ou moins réguliers -généralement une fois tous les deux mois. Lovino, qui Antonio l'espère passe un excellent week-end de Saint-Valentin avec son cher et tendre, n'a évidemment pas pu se joindre à eux cette fois, mais ce n'est que partie remise.

Il est donc environ treize heures quand Antonio, après moult aux revoirs et signes de main, quitte l'immeuble des Edelstein et rejoint le trottoir parisien, pour ensuite rejoindre un boulevard plus fréquenté et reprendre le chemin de son appartement.

Sauf qu'il n'a pas marché deux minutes qu'il fait une rencontre inattendue.

Il la repère comme s'il était doté d'un radar biométrique programmé sur sa silhouette svelte, mince et élancée. Il reconnaît instantanément le manteau de daim rouge qu'il l'a déjà vue porter plusieurs fois, il croit entendre son pas sur le trottoir, il connaît sa démarche par cœur, et puis il devine le jean taille haute délicieusement ajusté, le pull-over large et confortable, ses bottines qui lui montent jusqu'à mi-mollet. Les cheveux relevés en chignon, Louise arrive sur le trottoir d'en face, se dirigeant dans le sens opposé, et Antonio, dans un élan de stupidité chevaleresque et surtout attiré comme un aimant, traverse au beau milieu de tout sans regarder ni à gauche ni à droite.

Elle l'aperçoit alors qu'il saute sur le trottoir et sourit aussitôt.

« Antonio ! Tu as mis quelques conducteurs en colère, je crois ! »

« Les Parisiens sont toujours en colère. Bonjour ! »

Elle rit doucement et lui rend son salut, hésitant à l'embrasser, mais se contente finalement de lui prendre la main.

« Qu'est-ce qui t'amène par ici ? » demande-t-elle. « Une balade dominicale ? »

« Ah ! Hé bien je reviens de chez un ami. Mon ancien patron, en fait. Le libraire. Je t'en avais parlé, je pense. »

« Je m'en souviens très bien. » assure Louise. « Je me rappelle aussi très distinctement que tu m'avais promis de m'y emmener, un jour. » ajoute-t-elle avec un sourire narquois.

« Madre de Dios, c'est vrai. Je te prie de m'excuser pour ce manquement. »

« Pas de problème. On a la vie devant nous. »

Il prend la même direction qu'elle, et il en est très heureux, à la fois instinctivement et parce qu'elle n'a pas lâché sa main, mais a enlacé ses doigts glacés par le froid de février aux siens. Il savoure l'instant alors qu'ils marchent en silence pendant quelques secondes, puis il demande :

« Au fait, que fais-tu dans le coin ? Je croyais que c'était fort loin de chez toi. »

« Willem, mon ex-mari. Il a déménagé récemment. Je vais rechercher Henri chez lui, c'était sa semaine. »

« Comment va-t-il, ce petit bonhomme ? »

« Oh, il est très frustré d'avoir oublié Le Hobbit chez moi pour aller chez Will. Il me l'a dit au téléphone. Maman, j'ai abandonné Bilbon et c'est mal. Quand un garçon de neuf ans te dit ça, tu te rends compte qu'il a hérité de tes addictions littéraires. »

« Je racontais l'histoire du Hobbit à Lovino quand il était petit. » se souvient l'historien avec un sourire nostalgique. « Puis il l'a lu et m'a dit que je le racontais très mal. »

« Les enfants sont si charmants. Lovino va bien ? Il m'a l'air un peu stressé ces derniers temps. Enfin, distrait. »

« Il va bien. Il a eu quelques tracas en effet, mais c'est réglé. On en a parlé, et il se sent mieux. Ce week-end, il fête la Saint-Valentin. »

« Je savais que ça devait être un romantique ! » fait Louise, presque attendrie. « Moi, j'avais complètement oublié que c'était ce week-end... Je n'avais pas Henri, on aurait pu organiser un rendez-vous. Désolée. »

« Ne t'excuse pas. Je n'ai rien proposé non plus... En fait, je ne suis pas vraiment le genre à fêter ça non plus. Je veux dire, ça fait longtemps que j'en ai eu l'occasion de toute façon, mais même à l'époque... Je ne te cache pas que j'ai pensé à t'inviter quelque part, mais après je me suis dit... Que tu penserais que, le jour de la Saint-Valentin, c'était peut-être trop officiel, et que tu te sentirais bousculée et... Et franchement, je n'avais pas envie de ça. Je ne voulais pas te brusquer avec ces conventions et ces sens insinués du 14 février qui n'a finalement rien de plus que les autres jours de l'année. »

Louise s'arrête et le regarde.

« Antonio... Est-ce que tu as peur de rendre ça officiel ? Nous, je veux dire ? »

Il se mord la lèvre, il comprend qu'elle est un peu blessée. Après tout, ces doutes qu'il a eus, ils trahissent ses propres angoisses.

« Peur de... Non ! Non non non ! J'ai très envie de continuer avec toi, personne n'y changera rien. Sauf toi si tu ne veux pas. Mais... Ah, oui, je flippe quand même pour quelque chose. Ça fait des années que je n'ai plus eu de relations et j'ai l'impression d'être aussi à l'aise qu'un ado de quinze ans... Je suis nul pour trouver quoi dire, faire des compliments, être charmant, trouver les mots... Ça me rend super nerveux parce que je sais très bien que je pourrais tout faire foirer, et s'il y a bien quelque chose dont je n'ai pas envie, c'est de te perdre par un manque de délicatesse, ou par négligence, ou... Je suis amoureux de toi, Louise, depuis le jour où je t'ai vue rentrer dans la salle des profs. Je ne crois pas ma chance de pouvoir espérer, et pas en vain, que tu ressens aussi quelque chose pour moi... J'ai l'impression d'être constamment sous Felix Felicis, mais je sais que ma maladresse risque de faire des ravages et j'ai peur que... »

Louise sourit et presse ses doigts entre les siens.

« Hé, tout va bien. » dit-elle. « Au moins je suis au courant de tes peurs, et c'est une bonne base pour une relation. Je ne suis pas en sucre, Antonio. Si on embarque dans le même bateau, il est hors de question que tu sois le seul à ramer. On ramera ensemble. »

Il soupire de soulagement et elle lui sourit, avant de se hisser sur la pointe des pieds pour déposer un bref baiser sur ses lèvres. Tout surpris et choqué, Antonio ouvre des grands yeux, elle rit, et tout ce qu'il trouve à dire à cette passionnée de littérature, c'est :

« Give me my sin again. »

Elle rit encore joyeusement, c'est lui qui initie le baiser cette fois. Elle pose ses mains glacées dans sa nuque, ce qui lui arrache un petit cri de surprise, pour l'attirer plus près et approfondir le baiser. Ils manquent tous deux d'éclater de rire mais la situation devient on ne peut plus sérieuse quand leurs lèvres se touchent, se goûtent, s'ouvrent et se caressent, alors que leurs langues se rencontrent pour une valse douce et enivrante. Il l'attrape par la taille et veut ne plus jamais la laisser partir.

Toutefois ils finissent par se séparer, et à bout de souffle et émerveillé, Antonio lui dit :

« C'était merveilleux. »

« Je confirme. »

Ils se sourient bêtement pendant quelques secondes. Puis Louise reçoit un sms qui se manifeste par une sonnerie imitant une boîte à musique.

« Willem doit s'inquiéter... Je ne peux pas être en retard... Il prend un avion pour Pékin dans quelques heures. Je suis désolée, Antonio, on va devoir écourter. »

« Je comprends. Ce n'est que partie remise. » promet-il.

« A demain. »

« Demain ? »

« A l'école. »

« Ah oui. »

Ils échangent un dernier baiser, plus bref, puis ils reprennent leurs chemins respectifs. Antonio en se promettant de travailler son expression pour que Lovino, à son retour, ne comprenne pas qu'il sort enfin officiellement avec Madame Schoenaerts, et Louise avec une démarche encore plus légère et guillerette que d'ordinaire.


Traductions

Hi Gay I'm Dad : Salut Gay je suis Papa (anglais - dad joke) ce n'est pas un titre de série mais plutôt un meme qui a inspiré le titre de ce chapitre.

Mijo : mon fils (terme affectueux pour les enfants en espagnol)

Give me my sin again : rends-moi mon péché (anglais) Une réplique de Romeo & Juliet de Shakespeare, prononcée après leur premier baiser.

Notes

Le Hobbit est un conte pour enfants écrit par JRR Tolkien (aka l'être suprême de mon existence) qui raconte les aventures de Bilbon, hobbit embarqué malgré lui dans la quête des Nains pour retrouver leur royaume volé par un dragon. Je l'ai recommencé et la magie imprègne les pages et m'émerveille comme il y a dix ans. Voilà. C'est trop adorable comme récit.

J'espère que vous avez apprécié, on se retrouve bientôt pour le 28, promis !

Portez-vous bien !