Bien le bonjour !

Disclaimer : les personnages appartiennent à Hidekaz Himaruya.

Et nous voilà -finalement- réunis en ce 1er avril pour la fin de Being A Dad ! Ah, quelle aventure ! Trois ans, à trois mois près. Je ne le soupçonnais pas du tout en commençant cette fic, merci d'avoir survécu avec moi et d'avoir été un soutien incroyable au cours des hauts et des bas que Lovi et cette fic ont connu. Je vous aime.

J'espère très sincèrement que ce dernier chapitre/épilogue vous plaira et répondra à vos attentes. J'attends vos commentaires avec encore plus d'impatience que d'habitude.

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Bonne lecture !


Chapitre XXX : Being a Dad

Vendredi 7 juin 2024.

Lovino quitte le campus et respire l'air frais du soir qui tombe. Il vient de passer toute une journée en bibliothèque à travailler sur sa thèse et il commence enfin à en voir le bout. Quel soulagement ! Bien qu'il adore la recherche et soit passionné par son sujet, c'est une masse de stress qui lui pèse sur les épaules depuis plusieurs années. Pas que l'avenir sera moins angoissant, mais ce sera déjà un soulagement quand il aura son titre de docteur dans la poche.

Sans attendre, il prend le chemin de l'appartement occupé par son père et Louise, où il est invité à dîner. C'est une belle soirée de juin, le soleil s'attarde sur la capitale française.

Il s'arrête en chemin pour acheter une bouteille de vin à offrir à son hôte. Il n'y aura qu'Antonio et lui, ce soir. Comme jadis. Un sourire à cette pensée. Il choisit une bouteille de vin rouge du Pays de l'Hérault qu'il connaît bien et qu'il apprécie beaucoup, un hommage à Francis à qui il doit toutes ses connaissances en vins français. Si Gilbert a été son mentor en matières de bière et à peu près tous les autres alcools, le palais raffiné de son deuxième parrain a été un maître œnologique.

Malgré la douceur du soir et les rayons de soleil chauds sur sa peau découverte par les manches retroussées de sa chemise, Lovino frissonne en repensant à l'objet de sa visite à son père. Son estomac se contracte d'une légère appréhension. Leur dîner en tête à tête a été organisé sur une idée de Lovino, mais Antonio est loin de deviner pourquoi il y tenait tant. Cela s'est bien goupillé, pourtant : Louise est à une soirée entre amis et Henri est en city-trip bibitif à Knokke-Heist. Il est loin le temps où le pauvre petit pleurnichait sur ses exercices de maths pendant que Lovino essayait gauchement de l'aider -mais s'arrachait tout autant les cheveux que lui.

C'est mieux comme ça, Lovino préfère être seul avec Antonio. Les autres sauront en temps voulu.

Lorsque Lovino arrive devant l'immeuble, il gravit quelques marches et se retrouve dans un hall d'entrée où l'attend le panneau de noms correspondant aux occupants accompagnés de leurs sonnettes et d'un parlophone. Il appuie sur le bouton à coté de l'étiquette qui porte l'inscription « Schoenaerts & Fernandez Carriedo ». Dans l'appartement, on décroche.

« Oui ? »

« C'est moi ! » lance-t-il à son père d'une voix enjouée à travers l'interphone.

« Je t'ouvre. »

En effet, le père de famille s'exécute et Lovino ne tarde pas à percevoir le bruit si caractéristique d'une porte qu'on ouvre à distance. Il gravit rapidement les trois étages de sa démarche svelte et se présente devant la porte bien connue, sur laquelle il assène cinq coups bref selon le pattern qu'ils emploient, tous autant qu'ils sont -Antonio, Lovino, Gilbert, Francis. Le jeune homme n'en a jamais connu l'origine mais il est presque sûr que c'était un signe de reconnaissance entre les trois filous quand ils étaient jeunes, c'est à dire il y a quinze milliards d'années.

Antonio vient lui ouvrir avec sa bonne humeur habituelle et lui lance un accueil chaleureux dans la langue tout aussi chaleureuse de leurs origines méditerranéennes communes. Il porte un pantalon trois-quarts ocre, des espadrilles, et une chemise en toile, décontracté comme s'il était en vacances et non en train de crouler sous les piles de corrections et de tasses de café vides comme à son habitude. Toutefois, il a passé par-dessus tout cela un tablier maculé de taches, mais jadis blanc, ce qui rassure un peu Lovino : il n'a pas oublié de mettre un terme à ses passionnantes occupations d'enseignant pour lui préparer à manger. Ses cheveux sont ébouriffés comme à l'ordinaire et ses yeux, avec les années et les sourires, s'entourent de ridules qui témoignent de sa propension au rire et à la joie qui ne tarit pas, jamais.

Il sert son fils dans ses bras et le doctorant lui rend son étreinte, très heureux d'être venu. Toute tension disparaît de son organisme, il se laisse admirer par un père qui ne le voit plus jamais assez souvent à son goût, puis guider dans l'appartement de son père et de Louise. Il proteste quand il lui offre la bouteille de vin, pour la forme, mais l'accepte et la déguste anticipativement. Il lui demande de patienter quelques instants, il arrive avec l'apéritif qui demande quelques dernières touches finales, et disparaît dans la cuisine en sifflotant Porque te vas. Lovino laisse un sourire flotter sur ses lèvres alors qu'il fait quelques pas dans le salon.

C'est un bel appartement, assez vaste, décoré avec tout le goût et la modernité qui caractérisent Louise, mais non sans confort. Une double porte vitrée donne sur un balcon, peu utilisé car le boulevard est fort fréquenté, mais au moins, le logement est très lumineux et le salon est un endroit très agréable pour bouquiner. Un mur complet est tapissé d'une énorme bibliothèque que Lovino envie secrètement à Louise. En face, un dressoir contient DVD et vinyles, et le dessus du meuble est une véritable galerie de souvenirs.

Lovino s'en approche comme par réflexe. Leurs vies, leurs passés sont étalés et mélangés à travers des clichés de toutes dates et de tous genres. Dans leur ancien appartement, ni Antonio ni Lovino n'avait jamais vraiment pensé à s'afficher, mais quand Antonio a emménagé officiellement chez Louise, elle a tenu à faire de son foyer le leur, et l'appropriation de l'espace est passée par des fouilles dans les vieux albums photos pour rejoindre les clichés d'Henri bébé et de Louise avec des amis d'université belges.

A présent, ce meuble est un véritable voyage dans le temps. Antonio, Gilbert, Francis et Lovino, vers 9 ans, au Jardin du Luxembourg, leur endroit de pique-nique de prédilection. Lovino, Feliciano et Roderich, à la librairie, en 2005. Une photo de mariage des grands-parents de Lovino, en noir et blanc, un couple dont le bonheur est douloureux à voir aujourd'hui qu'Abuelo les a quittés depuis plusieurs années déjà. Louise et Antonio lors de leurs premières vacances ensemble, à Vérone. Henri bébé, entre Louise et Willem. Louise et Lovino en flagrant délit d'addiction littéraire dans un même rayon de la librairie Edelstein, le nez plongé dans un ouvrage du XIXe. Antonio et Lovino dans sa toge, lors de la proclamation qui suivit l'obtention de son master. Un selfie d'Henri et Lovino qui immortalise leur attente mémorable à un concert d'Indochine. Henri sans quenottes de devant, vers 8 ans. Louise, Matthew et Lovino, à la fin de leur terminale -elle a offert à tous ses élèves, en remerciement des deux années littéraires passées en leur compagnie, un ouvrage de l'auteur qu'elle rapprochait le plus de leurs sensibilités respectives. Lovino et Matthew avant leur départ au bal de promo, avec Francis fier comme un paon à leurs côtés. Gilbert, Antonio et Louise dans leurs plus beaux atours pour repeindre l'ancien appartement, avant que Matthew n'y emménage pour de bon. Le quart de siècle de Lovino, et le resto que cela a prétexté.

Et le plus vieux cliché en place d'honneur, au centre de tout le reste, de toutes les années, de toutes les circonstances, de toutes les aventures de leurs vies. Lovino à six mois, peut-être, dans les bras d'Antonio qui semble comblé quoique fatigué par les premiers mois de cohabitation inattendue.

Le sourire lui revient, de même qu'Antonio qui sort de la cuisine avec un plateau de tapas et une bouteille de Champagne accompagnée de deux flûtes. Lovino rejoint son père dans le canapé, qui s'échine déjà à débarrasser la bouteille de son muselet. Une fois que le bouchon saute et que les verres se remplissent, il en tend un à Lovino et, avant de trinquer, lui demande :

« Alors, qu'est-ce qu'on fête ? »

« Tu es bien assis ? »

« Pourquoi, tu as fini ta thèse ? »

« Non. »

« Bon. Dis-moi. »

Lovino déglutit, la gorge nouée d'émotion, et se met à parler avec un sourire qui annonce la beauté de ce qui va suivre, des mots et des années à venir.

« Hé bien... Je voulais vraiment attendre qu'on soit sûrs avant de te mettre au courant, donc ça va peut-être te paraître soudain, mais ça fait un moment que c'est en cours... Les démarches sont terminées, je pars avec Matthew dans un mois pour l'Espagne... Et... Et je vais être papa. »


F I N


Ah, cette dernière phrase je l'ai en tête depuis... Deux ans ? C'est d'autant plus dingue de se dire que, ça y est, elle est écrite et tout est fini. Que de nostalgie et de soulagement à la fois...

Notes

Mes connaissances œnologiques sont rudimentaires mais je m'instruis :)

Knokke-Heist est une commune néerlandophone huppée de Flandre, sur la côte belge. S'il y a bien un endroit où Henri est susceptible de passer des séjours à la mer, ça ne peut être que là.

Avez-vous repéré les allusions au tout premier chapitre ? ;)

Porque te vas est une chanson de Jeanette à la base mais je préfère la version de Globus. Et... Je m'en suis déjà servie dans Young and Beautiful je parie.

Merci pour votre lecture !

On se retrouve bientôt pour de nouveaux projets, et sur Patria pour du Spamano !

A bientôt,

Niniel.