Mon Ame Est Tienne

Chapitre 5

Six mois plus tard...

Son bureau disparaissant sous les monceaux de parchemins qui attendaient sa lecture et son approbation, Thranduil comprenait pourquoi son père avait toujours l'air aussi fatigué.

Quoi qu'il fasse, les problèmes semblaient être toujours plus nombreux.

Et même si ses conseillers prétendaient qu'il était parfaitement capable de diriger ce royaume, il en doutait, sérieusement.

Comme il soupirait, passant ses doigts sur son front pour tenter vainement de faire disparaître le mal de crâne qui vrillait ses tempes, une voix retentit dans son dos :

« Je pense, mon Roi, qu'il est temps pour vous de faire une pause. »

Un sourcil fut arqué mais il souriait quand Alana s'installa face à lui.

Elle était toujours aussi belle et ses yeux si verts étaient toujours aussi lumineux.

Comme il restait silencieux, elle pencha légèrement la tête sur le côté, le questionnant :

« À quoi pensez-vous ? »

« À l'enterrement de mon père. Vous étiez là, comme vous l'aviez promit. »

« Mais je tiens toujours mes promesses, vous devriez le savoir. »

Il esquissa un petit sourire, acquiesçant.

Il se revit alors, devant la tombe de son père, glacé jusqu'aux os par cette pluie qui n'arrêtait pas de tomber.

Et alors que le cercueil était lentement mis en terre, il avait senti une petite main se glisser dans la sienne.

Il avait alors tourné la tête, découvrant une silhouette encapuchonnée dans une longue cape noire.

Une boucle bordeaux était apparue dans la lumière grise, il avait su.

Elle était là, comme elle l'avait promis...

Oo*oO

Le Roi Thranduil était un grand monarque, assurément, régnant avec justesse et impartialité.

Il était à l'écoute de son peuple, qualité indéniable.

Mais depuis peu, les conversations allaient bon train.

Un an allait bientôt s'écouler depuis son couronnement.

Mais le Roi ne semblait pas décidé à se marier...

« Je hais cela. »

« Quoi donc ? »

« Tous ces commérages. »

« Le peuple vous aime, Thranduil. Il s'inquiète, c'est tout. »

« S'inquiéter pour quoi ? »

« Votre... bonheur. »

Il arqua un sourcil, Alana rit :

« Je ne dis que ce que j'ai entendu. »

« Alors je ne suis pas heureux. »

« Non, assurément. Car, comme tout le monde le sait, pour qu'un Roi soit heureux, il lui faut une Reine. »

« Alors il est temps. »

Elle fronça les sourcils mais il ne dit rien, se contentant d'ouvrir une petite boîte.

Elle ne contenait qu'un anneau, en or blanc, simple, pur.

« Il appartenait à ma mère. Elle l'a remis à mon père, avant de partir pour les Havres Gris. »

« Thranduil, vous ne... »

« Si, Alana. Depuis plus d'un millénaire, vous avez été à mes côtés. J'ai bien faillit vous perdre et cette pensée m'a rendu malade. Alors je ne vois qu'une solution. »

« Est-ce là votre demande en mariage !? »

Elle s'était brusquement levée, la gorge nouée et ses yeux de la couleur de l'émeraude étincelant.

Était-ce à cause de la lumière... ou de ses larmes ?

Oo*oO

Posément, le Roi se mit également debout, contournant son bureau pour rejoindre Alana qui était toujours immobile, comme pétrifiée.

Il lui prit la main, il la trouva étrangement froide.

Fronçant les sourcils, il se demanda alors si elle était en état de choc.

Mais Alana était forte et non pas du genre à s'effondrer à la moindre émotion.

Elle sentait ses doigts enserrer les siens.

Elle l'entendait parler, de cette voix si profonde qui, depuis plus de mille ans, la faisait toujours frissonner.

Mais son esprit était ailleurs, comme déconnecté de la réalité.

Aimait-elle Thranduil ?

Oui, assurément.

Mais était-elle assez forte ?

Pourrait-elle devenir Reine ?

Thranduil posa ses doigts sur sa joue, elle releva lentement la tête.

Il chuchota alors :

« Je ne voulais pas vous faire pleurer. »

« Mais je... je ne pleure pas. »

Il leva la main, dévoilant une larme.

Ses yeux si clairs s'assombrirent comme il se détournait.

« Je suis navré, Alana. J'aurais dut vous ménager. »

« Me ménager ? »

« Assurément, vous avez... »

« Quand ai-je dut être ménagée ? Depuis les années que nous nous connaissons, je n'ai... »

Elle ne put terminer sa phrase, interrompue par un des conseillers du Roi.

Il semblait désolé mais elle savait que les affaires du royaume étaient urgentes.

L'étaient-elles pour autant davantage que celles du cœur ?


Bonus chapitre 6

Mais elle ne tarda pas à se détendre, se laissant aller contre sa poitrine dure et musclée.

Il se pencha, murmurant tout contre son oreille :

« Je vous aime... 'Lana. Vous seule pouvez m'aider à rester... moi-même. »