Mon Ame Est Tienne

Chapitre 11

Troisième Âge, 2941.

Enfin, Thranduil et Thorin se retrouvaient face à face.

Après près de deux cent ans, l'animosité entre les deux peuples était toujours bien présente.

Si Alana se refusait à prendre parti, Legolas, lui, s'était rangé du côté de son père.

Ainsi accueillit-il la compagnie de Thorin Écu-de-Chêne avec méfiance et arrogance.

« Je vous aiderai, si vous me rendez ce qui m'appartient. »

« Une faveur pour une faveur. »

« Je vous en donne ma parole... d'un Roi à un autre. »

Alana se détourna, sachant très bien que cet entretien se terminerait irrémédiablement d'une seule façon : l'un insulterait l'autre et aucun arrangement ne serait trouvé.

Dissimulée derrière un pilier, la Reine vit Tauriel discuter avec un des Nains.

Cet échange n'échappa pas non plus à Legolas, dont le regard bleu brillant d'animosité.

Sa mère soupira, appelant :

« Tauriel ? Accompagne-moi, veux-tu. »

« Tout de suite, ma Reine. »

Elles s'éloignèrent des cachots et Alana s'enquit :

« Que vois-tu, en ce Nain ? »

« Rien du tout, ma Reine. »

« Et j'ai vu son regard. Tout comme le tien. »

La capitaine des gardes baissa la tête, embarrassée, et la Reine sourit.

« Je ne te reproche rien. C'est normal, de ressentir ces choses-là. »

« Même... pour un Nain ? »

« On ne choisit pas l'objet de son affection. Mais je dois te prévenir, Tauriel. L'amour peut être douloureux, très douloureux. »

Oo*oO

Malgré la vigilance des gardes, les Nains avaient réussi à s'échapper.

Comment ?

Mystère.

Tauriel partie à leur poursuite, Alana vit Legolas la suivre.

Elle soupira, maudissant la loyauté de son fils, si prompte à lui attirer une multitude d'ennuis.

Une escouade de gardes fut lancée à leurs trousses et la Reine retrouva son époux, toujours installé sur son trône.

Il leva la tête et durant un instant, ils ne firent que se dévisager.

Mais elle ne tarda pas à l'interroger :

« Pourquoi ? Pourquoi Thranduil ? »

« Je n'ai donné aucun ordre. »

« Si ce n'est celui d'être informé à l'instant même où Thorin pénétrera dans Erebor ! »

« ... Peut-être. »

Elle secoua la tête, prête à partir, il révéla alors :

« L'or des Nains ne m'intéresse pas. Pas plus que l'Arkenstone. »

« Alors quoi ? »

« Tu le sais, 'Lana. Tu le sais très bien. »

Il avait quitté son trône, la rejoignant.

Elle revint alors face à lui, se raidissant face à la réalisation de ce que ça signifiait.

Alors des souvenirs, vieux d'un millénaire, refirent surface...

Oo*oO

Angmar – Troisième Âge, 1941.

L'Ombre grandissait.

Lentement, le Mal gagnait du terrain.

Ainsi, le Roi Thranduil avait quitté son palais taillé dans la montagne pour venir se battre, aux côtés de ses alliés.

Legolas avait insisté pour venir, la réponse avait été claire et nette : hors de question.

Son père avait alors tenté de convaincre Alana de rester auprès de son fils, peine perdue.

Elle l'accompagnerait, quoi qu'il se passe.

Alors, l'estomac noué par une sombre prémonition, le Roi avait accepté.

Soit, elle l'accompagnerait...

Le combat faisait rage.

Toujours, l'ennemi revenait en nombre.

Et Thranduil avait perdu Alana de vue...

« Monseigneur ! »

Il trancha la tête de l'Orc qui lui faisait face, se tournant vers le capitaine de sa garde.

Ce qu'il vit le tétanisa totalement.

Ensanglantée, la Reine reposait inconsciente dans les bras du soldat.

Thranduil vit du sang perler le long de son cou.

Il sut alors que son pire cauchemar était arrivé...

Oo*oO

Thranduil avait fermé les yeux, maudissant ce jour où il avait vu la Mort rôder autour d'Alana.

Il avait cru souffrir à la disparition de son père, il avait cru mourir en voyant son épouse si immobile.

« Thranduil ?... Thranduil ? Thranduil, reviens-moi. »

Deux mains chaudes se posèrent sur ses joues et il rouvrit les yeux, les plongeant dans un regard tilleul, éclatant de vie et non pas vide et brumeux comme il le voyait, dans ses cauchemars.

Alana colla leurs deux fronts, chuchotant :

« Je suis vivante, melindo. Je suis vivante. »

« Et j'ai bien crut te perdre, ce jour-là. »

« Je sais. Mais j'ai survécu, tu le sais. »

Sombrement, il acquiesça.

Il posa alors sa main sur la joue de son épouse.

Mais bien vite, il la glissa le long de sa mâchoire pour ensuite repousser les boucles acajou.

À la base de la gorge d'albâtre, une fine cicatrice courait le long du cou de la Reine.

Si elle était aussi peu profonde, la raison était qu'elle portait un collier, lorsqu'elle avait été attaquée.

Un collier composé de gemmes blanches, étincelantes telles des étoiles.

Un collier qui, depuis mille ans, était resté brisé, caché dans les profondeurs d'Erebor...

« J'ai cru Thror assez avisé pour me le remettre. J'aurais dut me douter qu'il refuserait. »


Bonus chapitre 12

* La bataille semblait finie, la victoire étant du côté du Bien.

Mais toute victoire est entachée par ses pertes...

** Effleurant les lèvres de Thranduil des siennes, elle chuchota :

« Mais si je vois Legolas revenir avec le collier, tu auras ma mort sur la conscience, Thranduil, fils d'Oropher. Tiens-le toi pour dit. »

*** Elle se revit à la veille de Dagorlad, ignorant alors quel serait son destin.

Aujourd'hui, l'avenir était tout aussi trouble...

* « Peu m'importe ce maudit collier ! Je ne désire qu'une chose : vous revoir, toi et Legolas, vivants. »

« Il te reviendra. »

** « Vous ne l'ouvrez pas ? »

« Le trésor d'Erebor a un bien curieux pouvoir. Même les Elfes peuvent en être victimes. »

« Alors mettez-le en lieu sûr. »

« Je le ferai. Adieu, maître Nain. »

« Adieu, gente dame.