Bonjour à tous ! Merci de me lire si assiduement :) Pour information, vous pouvez me suivre sur Twitter avec le pseudo Alics E. Junn, j'y mets régulièrement des updates, des petites infos secrètes, etc.

Exceptionnellement, pour ce chapitre, j'apprécierais que chacun d'entre vous mette un commentaire, ne serait-ce qu'un "vu" ou un "yep j'étais là", pour que je sache à peu près combien j'ai de "vrais" lecteurs. Il faut savoir que je suis du genre à ne pas supporter d'écrire dans le vide, alors quelques commentaires me remotive toujours !

Pour le moment j'ai toujours un chapitre d'avance (le 7 est écrit, et le 8 le sera dans la journée) et j'aurais plus de faciliter à continuer sur ce rythme si vous me soutenez. :)

Merci encore à vous qui avez la patience de me lire, de m'attendre, et de m'encourager !


Le premier cours de l'année avec les Serpentards arriva, et Rogue eut l'impression qu'il lui serait impossible d'y survivre. Il fit de son mieux pour ne pas regarder Harry quand il entra, et il fut difficile de ne pas poser les yeux sur lui, alors qu'il s'était mis au premier rang, et le fixait de ses grands yeux verts.

Il était à côté de Drago, presque trop près pour qu'ils ne soient pas déjà amis, et conservait un sourire tranquille. Il n'avait jamais assisté à l'un de ses cours, et sans doute y avait-il quelque chose de grisant à le voir dans cette situation.

Severus qui, habituellement, était sur l'avant de l'estrade, recula pour se placer derrière sa table de préparation de potions, et commença son habituel discours. Arrivé à la partie qui lui plaisait le plus, il ne put cependant s'empêcher d'approcher légèrement.

« Je pourrais vous apprendre à mettre la gloire en bouteille, commença-t-il. A distiller la grandeur, et même à enfermer la mort dans un flacon… »

Son regard croisa encore les yeux verts, et il s'arrêta là, tournant le regard vers Drago qui semblait captivé par bien autre chose… A savoir ses cheveux. Son père avait-il fait des commentaires ? Ou bien Harry sans le vouloir ?

« Un père au ministère semble ne pas vous avoir appris à garder votre attention plus longtemps qu'un chiot, Malefoy. »

Le visage blanc du garçon rosit un peu, de colère et d'humiliation, et il se redressa sur son siège, bombant son torse bien peu impressionnant en le regardant, une lueur de défis au fond de ses yeux argentés.

« Qu'est-ce que j'obtiendrais si j'ajoutais à une décoction d'Immortelles quelques gouttes de Sceau de Salomon ?

- Comment pourrais-je savoir une chose pareille ?

- Très bien. Et où iriez-vous si je vous demandais de me rapporter quelques tiges de Jusquiame ?

- Je ne sais pas ! »

Malefoy, le visage rouge, les yeux brillants et les sourcils froncés, c'était presque levé. Rogue fit un pas en avant, sans le lâcher de ses yeux noirs.

« Dans ce cas, peut-être vaudrait-il mieux montrer un peu d'attention à mon cours, au lieu de fixer de vos yeux hagards on ne sait quoi. Moins 10 points pour Serpentard. »

Sous les soupirs et les grognements des Serpentards, mais aussi sous les rires et murmures des Gryffondors, il rejoignit de nouveau son bureau, et s'y arrêta. Son regard sur Harry, il comprit qu'il l'avait déçu, comme rarement jusque-là. Il détourna les yeux, espérant que le garçon oublierait vite que celui qui l'avait adopté détestait sans grande cordialité celui qui risquait fort de devenir son meilleur ami.

Il se promit de faire des efforts, à l'avenir… En attendant, il devait simplement s'assurer que le message soit transmis à Lucius. En espérant que cet imbécile de Drago se souvienne du nom des plantes qu'il avait citées… En tout cas, il ne manquerait pas de se plaindre.

Comme tous les premiers cours, il ne se passa rien de vraiment intéressant. Severus se contenta d'expliquer comment fonctionneraient les prochaines séances, et il répondit aux quelques questions. Jusqu'à ce qu'il donne la parole à la jeune Granger. Il ne l'appréciait pas, ne la détestait pas non plus. Il était plutôt « fier » en quelques sortes de voir une jeune fille, née moldue, si appliquée.

Alors qu'elle parlait, Harry lui lançait un regard intéressé. Severus s'empêcha de soupirer de soulagement, mais il espérait que ça puisse être le début d'un semblant d'amitié.

Le cours s'acheva enfin et il observa Harry qui rangeait ses affaires, en riant tout bas avec le fils Malefoy. Il aurait aimé pouvoir intervenir, mais il avait suffisamment déçu Harry pour la journée… Leur amitié allait-elle durer ? Et si c'était le cas, Harry allait-il apprendre… Il fit de son mieux pour que ces pensées s'effacent. Il n'avait pas besoin de ça maintenant.

Il continua sa journée avec un cours dispensé aux Poufsouffles et Serdaigles de première année, puis il enchaîna avec des cours aux troisièmes années et aux septièmes années. Le repas de midi se passa sans réel événement, dans un calme relatif.

Ce fut le cas aussi des jours suivants, jusqu'à ce que, de nouveau, Severus aille rejoindre Albus dans son bureau. Il n'était pas prêt à entendre un nouveau sermon… Et n'y eut pas le droit.

Lorsqu'il entra, une pierre rougeâtre aux contours brisés était posée sur le bureau. Albus lui tournait le dos, mains croisées dans celui-ci, contemplant le paysage qui s'offrait à sa vue par la grande fenêtre donnant sur le parc de Poudlard.

La tour, haute, lui permettait de voir au-delà du sortilège empêchant les moldus de voir le château comme il était.

« Est-ce que c'est elle ?

- En effet, répondit le directeur. C'est la pierre philosophale. La seule, l'unique…

- A la vue de tous.

- A notre vue. »

Albus décroisa les mains et se retourna pour le regarder une seconde. Le regard de Severus était encore sur la pierre, mais il ne la désirait pas. En réalité, elle l'effrayait plus que tout autre chose. La vie éternelle ? Qui aurait voulu d'un tel fardeau, à part le fou qui l'avait créée, et le Lord qui voulait mettre le monde à genoux ?

Dumbledore, peut-être ? Severus leva les yeux vers lui, et croisa immédiatement le regard bleu du directeur, caché derrière ses lunettes en demie-lune mais toujours aussi perçant.

« Où allez-vous la cacher ? demanda Severus, pour faire cesser le silence.

- Au troisième étage, sans doute… Hagrid a ramené une créature impressionnante, qui grandira vite… Elle suffira pour les éloigner. »

Severus se contenta de hocher un peu la tête, faisant de son mieux pour ne pas poser les yeux sur la pierre rougeâtre. Elle était magnifique et, en même temps, lui inspirait une peur indescriptible. Comment pouvait-on manipuler un objet pareil sans rien risquer ? Il y avait forcément quelque chose, un effet néfaste, secondaire, qui prenait de plus en plus de place…

Mais Nicolas Flamel et sa femme étaient en vie, et heureux. Et Dumbledore, qui avait dépassé ses cent ans, en prenait-il également ? Ce ne serait pas réellement étonnant, avec son passé auprès de Grindelwald… Le désir de puissance et de reconnaissance d'Albus n'était pas un secret, malgré sa grande sagesse.

« Je voudrais que tu gardes un œil sur le professeur Quirrell. »

Il tourna de nouveau ses yeux noirs vers lui, et le fixa quelques secondes. Il avait trouvé Quirinus étrange dès son arrivée ici… Il se comportait bizarrement dans le Poudlard Express, également. Cependant, Severus n'avait pas réussi à cerner où était le problème. Peut-être était-il simplement bizarre ?

« Pourquoi cela ?

- Il se comporte de manière étrange depuis quelque temps… Et semble chercher assez souvent à être seul. De plus, je l'ai trouvé ici même, il y a une dizaine de minutes à peine.

- Dans votre bureau ?

- A l'endroit même où tu te trouves. »

Le professeur de potions hocha un peu la tête, son regard froid de nouveau fixé sur la pierre. Quirrell voudrait s'en emparer ? Pour quelle raison ? Il semblait être fragile. Une pierre, même donnant la vie éternelle, n'irait pas à l'encontre de cela.

« Je garderai un œil sur lui.

- Lorsqu'il ne sera pas trop occupé à être sur Harry, j'imagine ? »

Pendant l'espace d'une seconde, Severus ne comprit pas réellement. Quirrell, captivé par Harry ? Il ne fit le lien avec son œil qu'après de longues secondes d'hésitation, et finit par conclure :

« Je tâcherai de mener à bien cette mission, qu'importe la présence de Harry. Il était déjà là avant, et j'ai malgré tout su accomplir chacune des tâches que vous m'aviez confiées.

- En effet, en effet… Pardonnez-moi, Severus, j'ai douté une seconde de votre implication. »

Il dut faire un effort incroyable pour ne pas lever les yeux au ciel. Il aurait eu l'air idiot et immature, mais Albus semblait avoir développé un certain don pour l'agacer, depuis la fin de l'année passée. Sans doute la venue de Harry y était-elle pour quelque chose, mais ça, ce n'était pas son problème.

"Que suis-je censé faire, donc ? Le surveiller étroitement, ou simplement le garder à l'oeil ?

- Je pense que notre ami commun devrait avoir conscience d'être sous bonne garde…"

Un simple sourire de Dumbledore, et Severus hocha la tête et tourna les talons. La présence de la pierre philosophale qui brûlait sur le bureau était devenue insupportable. Il voulait s'enfuir au plus vite, oublier jusqu'à son existence.

Une vie éternelle… Qui donc voudrait souffrir si longtemps, et perdre ceux qui comptent les uns après les autres ? Lui évidemment avait déjà perdu Lily… mais l'idée de perdre Albus et Harry… Ou simplement l'idée de vivre éternellement avec pour souvenir une biche argentée et un enfant… C'était insupportable.