C'est officiel, je n'ai plus de chapitre d'avance ! Je termine celui-ci peut-être 30 minutes avant de le publier, et j'écrirais donc plus sérieusement demain… Je ne garantis pas la tenue du rythme sur la prochaine Fanfiction qui ne tardera pas à arriver (les infos dans le dernier chapitre de celle-ci et sur Twitter : Alics E. Junn).

Donc demain, le 6 Août, je tente d'écrire les derniers chapitres, qui devraient être au nombre de 3 ou 4 normalement, peut-être 5 en fonction de la structure que je donne.

On attaquera ensuite sur la prochaine fanfiction non pas les jours impairs, mais les jours pairs. Il passera donc 2 jours avant la publication du premier chapitre ! Pensez donc à follow notre compte HogwArts RevivAl pour ne pas la manquer !

Sur ce, n'oubliez pas les commentaires (un seul seulement sur le chapitre 8 ? une honte ! :O), suivez, aimez, partagez et surtout, retrouvons nous le 7 pour la suite :3


Severus ne cessait de s'inquiéter depuis que Harry avait commencé le Quidditch. Il le regardait régulièrement, de loin. Il avait une vue directe sur le terrain, bien qu'il ne voyait en réalité que des formes évoluant dans les airs, sans vraiment savoir où était la seule qui l'intéressait.

Aujourd'hui, heureusement, le premier match aurait lieu. Il pourrait venir et regarder Harry jouer, voir enfin comme il se débrouillait. Il avait été pris pour ses talents d'attrapeurs, après un jeu avec le jeune Malefoy. Sans en dire un mot, Severus espérait que cela suffise à attiser la jalousie de ce dernier, et à faire cesser cette dangereuse amitié.

Le professeur de potions se rendit sur place assez rapidement, et s'installa dans la tour des spectateurs réservée aux professeurs et autres membres de l'équipe pédagogique, ainsi qu'au commentateur. Il s'installa au deuxième rang, comme à son habitude. Il ne voulait pas que Harry soit perturbé par sa présence.

Il vit les autres professeurs prendre place, et les élèves arrivèrent, faisant gonfler le bruit qui s'échappait des tribunes. Les équipes firent bientôt leur entrée, et Severus ne put que suivre Harry des yeux. Attrapeur de Serpentard en première année… Il était exceptionnel. Aussi bon, sans aucun doute, que James. Etait-ce un compliment ? Oui. Même si cela lui faisait mal de l'admettre.

Lily aurait été fière de lui, infiniment fière. Il marchait dans les pas de son père, avec la bienveillance de sa mère, le courage de son parrain et la tolérance de l'un des hommes qui avaient eu la chance de le voir naître : Lupin.

Encore tant de choses que Severus ne lui avait pas dites… Il le devrait un jour, mais comment lui expliquer que le plus grand ami de la famille soit à Azkaban, accusé d'avoir trahi ses parents alors qu'il ne l'a jamais fait ? Comment lui expliquer que l'un des amis de la famille soit un loup-garou capable de le tuer et de le pleurer tout à la fois ?

Albus lui avait demandé d'attendre, et Severus était bien heureux de se cacher derrière cette excuse toute prête pour ne rien révéler au garçon. Combien de temps encore, avant que tout ne s'effondre ? Combien de temps Albus lui laisserait-il goûter à ce bonheur qu'il ne méritait pas ?

Le coup de sifflet marqua le début du match et les trois balles s'envolèrent, alors que le vif d'or, papillonnant, attendait son heure. Au bout d'une quinzaine de minutes, le regard de Severus fut attiré de nouveau vers Harry, qui semblait avoir quelques difficultés à tenir sur son balai.

Il fronça un peu les sourcils, et se mit à murmurer. Il n'y réfléchissait pas, n'y pensait pas. Il devait simplement l'aider, le sauver, ne pas le laisser tomber. Qui lui lançait un maléfice ? Il s'en moquait. Qui cherchait à le tuer ? Il s'en moquait. Il ne voulait que le voir vivre.

Obsédé par cette idée, il ne songea pas une seule seconde à localiser la source du sortilège lancé au balai de son protégé. Il ne fit que murmurer, encore et encore, les mêmes formules pour le contrer. Cela dura encore un long moment, puis il lui sembla qu'il prenait le dessus. En réalité, il n'y était pour rien, et il s'en rendit compte rapidement.

La raison pour laquelle le maléfice était levé était simple : Minerva et Albus murmuraient doucement, les yeux rivés sur le balai. Severus en profita pour se retourner, lançant un regard à chaque professeur… Et il le vit.

La bouche entrouverte mais immobile, Quirrell regardait Harry avec un mélange de dégoût et de déception. La rage, sombre, sanglante, monta de ses entrailles, mais il ne bougea pas. Il sentait la pression exercée par Albus sur lui pour l'immobiliser, toute sa force magique qui l'écrasait et le maintenait sur le banc de bois.

Il finirait par devoir le lâcher et, à ce moment-là, il irait. Il irait, et il viendrait à bout de cet homme qui n'aurait jamais dû approcher de l'école… Jamais dû approcher de Harry…

Le match se termina, sans qu'il ne s'en aperçoive réellement. Il entendit la joie, la frénésie. Serpentard gagnait, oui, et alors ? Tant que Quirrell serait là, quel intérêt que qui que ce soit gagne ? Cet homme mettait l'école en danger. Mettait Harry en danger. Il savait pertinemment ce qu'il avait tenté de faire… Il allait le tuer.

Les tribunes se vidèrent, et évidemment le professeur de Défense contre les Forces du Mal fut le premier à partir. Severus dut jouer des coudes pour se frayer un chemin et être capable de le suivre.

Il devrait être en bas, dans les vestiaires, prendre Harry dans ses bras et savourer sa joie, le rassurer, lui dire que rien n'aurait pu lui arriver sur ce balais… Il s'en voulait déjà, mais il suivait Quirrell. Il était là. Quelques mètres devant.

Lorsqu'ils se furent suffisamment éloignés, arrivant au château bien avant les autres, Severus tira sa baguette. Personne autour mais, par prudence, il lança un assurdiato à mi-voix. Ils étaient dans le hall, et tous les sons lui semblèrent soudain plus sourd.

Quirrell s'en aperçut également, il s'arrêta.

"Qui… est… ccccce…?"

La voix s'était élevée… ou plutôt non. Elle s'était imprimée dans l'air. Vaporeuse, absente, frémissante. Une voix étrange, sans réelle consistance, qui ne venait pas de Quirrell et... pourtant si.

Severus sentait son corps lutter pour ne pas se figer, sans succès. Ses doigts serraient bien trop fort sa baguette.

"S-Severus… M-M-Maître…"

Encore une fois, il sentit tout son corps se fondre en lui-même, son esprit semblait se fermer totalement à la moindre réflexion. Il voulait s'enfuir. Il ignorait pourquoi, il ne comprenait pas, mais il voulait s'enfuir, partir loin d'ici. Prendre Harry et partir. Ne jamais revenir.

"Je… veux… le… voir…" susurra encore la voix

"C-C-C-'est im-imp-impossible m-maître. C-Ce serai-rait tr-trop dangereux…

- Montre… le… moi…!"

La voix, pourtant encore si faible et silencieuse, sembla soudain bien plus forte, autoritaire. Quirrell resta immobile un moment puis il passa ses mains dans sa nuque. Il ne s'était toujours pas retourné, tournant le dos à Severus. Lentement, il défit le bandeau.

Severus recula, lentement, un pas après l'autre. Son instinct tout entier lui hurlait de partir tant qu'il en était temps. Il savait. Il savait. Il devait fuir ou s'agenouiller. Choisir maintenant. Serait-il encore le pantin de Dumbledore, à la solde de Jedusor ? Ou bien serait-il le traitre de l'un comme de l'autre ?

Ses genoux fléchirent. Il devait s'agenouiller. Honorer Jedusor. Louer son retour. Protéger Harry… Il devait protéger Harry… Son corps ne savait plus comment agir, ne savait plus que suivre. Son coeur qui hurlait d'aller sauver Harry, son esprit qui répétait qu'il devait garder sa place auprès des deux plus grands mages que le monde ait porté.

Une bouche. C'est la première chose qu'il vit, une bouche. Ou, plutôt, une fente étrange, qui se tordait sans qu'aucun son ne sorte d'abord. Comme si il y avait une latence… les mots étaient prononcés puis se prélassaient dans l'espace jusqu'à atteindre Severus.

"L'air… Il y avait… longtemps… que je ne l'avais… ssssentit… ssssur mes lèvres…"

Severus se crispa. C'était lui. C'était tellement lui. Il tomba à genoux, car il n'avait déjà plus le choix. son regard était fixé au sol, sur les dalles qui lui semblaient soudain si accueillante. Il repéra la tâche qu'il y avait faite avec une potion, alors qu'il avait quatorze ans. Une fiole qu'il transportait, James lui était rentré dedans, elle s'était brisé. Malgré les sortilèges et les autres potions, il avait été impossible de la faire disparaître.

Et puis il vit les marques de griffes sur une autre dalle, un peu plus près des escaliers. Le jour où il avait vu Lupin se transformer, où il avait sauté les escaliers, griffant le sol à l'atterrissage avant de s'enfuir. Personne n'avait jamais rien su, pas même Lupin.

Là, ces tâches noirâtres, des bombes lancées par les Weasley. Et là, au pied de la rampe, cette poudre dorée ! Et cette usure sur la pierre, et se trou sur cette autre pierre, et cette porte qui grinçait, et ces escaliers qui glissaient chaque fois qu'il pleuvait, et cette fenêtre qui laissait passer la neige, et ce tableau qui ne cessait de rire quand un élève tombait, et cet autre qui le réprimandait, cet autre qui levait les yeux au ciel ! Il refusait d'abandonner.

Un genoux à terre, il replia son autre jambe. Gardant sa baguette en main, il mit son bras sur sa cuisse, tête baissée, humble. Il aiderait Dumbledore, sauverait Harry, sauverait les Moldus, sauverait Poudlard. Sauverait ces enfants de Mangemorts qui n'avaient jamais eu le choix, ces enfants de Moldus qui devraient vivre l'horreur plutôt que les milles merveilles du monde magique.

"Emmène… moi… à la… pierre… Sssseverusssss….

- Il est trop tôt, Maître. Nous devons attendre la fin de l'année, lorsque la méfiance retombera.

- Je n'ai… pas… cccccce temps… Sssseverussss…

- Vous l'avez, Maître. La forêt interdite compte encore quelques licornes…

- Une vie… à la merciiiii… d'êtres ssssi… répugnants…

- Pas une vie, Maître. Quelques mois seulement."

Il y eut un bruit à l'extérieur. Quirrell remis à la hâte le tissu sur la bouche de Jedusor. Il n'avait jamais libéré ses yeux… Heureusement. Même si Severus avait toujours su cacher ses pensées, il n'aurait pu cacher son dégoût si longtemps. Réduit à partager un corps. Réduit à se nourrir du sang d'un être pur. Réduit à une demi-vie. Lui qui avait été si puissant était devenu un être… pathétique.

Severus voulut se redresser, mais ses jambes ne réagissaient pas. Il était figé sur place, toute l'adrénaline qu'il avait emmagasiné s'échappait par chaque pore de sa peau. Les pas approchaient… Il devait se lever, mais il en était incapable ! Si Harry le voyait…

Une main puissante attrapa son bras et le força à se relever. Le temps qu'il comprenne ce qui se passait, il était assit devant le bureau de Dumbledore qui le fixait… Sans dissimuler une seule seconde son inquiétude.