Bonjour bonjour !

Un chapitre plutôt long par rapport au reste, ça compense un peu le fait que je ne puisse pas poster demain.

J'espère qu'il vous plaira !

Disclaimer : Tout est à Oda, sauf Truc

Bêta : Neechu


XV : Retour au pays

Ace poussa leurs chevaux jusque dans leurs derniers retranchements, le temps de traverser le royaume des Newgate et de suivre la frontière de Baterilla pour arriver au royaume de Goa. Il n'accorda pas de pause pour manger et si Marco et Thatch n'avaient pas insisté, arguant que cela ne servirait à rien d'arriver plus tôt s'ils étaient épuisés, il n'aurait pas fait non plus d'arrêt la nuit pour dormir.

Quand ils passèrent la frontière, les deux frères crurent qu'Ace pleurerait. À l'horizon, tous les champs n'étaient plus que cendres et il régnait une odeur de mort et de fumée dérangeante.

- Qu'est-ce qui s'est passé ici… murmura Thatch.

Marco rapprocha son cheval, un hongre bai du nom de Flocon, de celui d'Ace, avant de poser sa main sur l'épaule du brun, en soutien silencieux. Ace posa sa main sur la sienne et la serra, les yeux dans le vague.

Son pays ressemblait à un champ de bataille et cela le chagrinait plus qu'il ne l'aurait pensé. Truc, sur la tête de Spade, se leva et se mit à voleter dans les alentours, essayant de trouver une trace de vie.

- On repart, ordonna Ace. Il y a un petit village avant la forêt que nous devons traverser pour rejoindre le bourg de Castelneau et donc mon frère. Il vaut mieux y être avant la nuit.

Il lança Spade au galop, ignorant les élancements de son cœur dans sa poitrine. Quelqu'un avait ravagé les terres se trouvant au niveau de la frontière avec Baterilla. Il n'y avait pas besoin d'être un génie pour comprendre qui avait semé toute cette destruction.

Akainu.

Si son petit frère, si fier de sa force et de ses capacités, lui avait demandé de l'aide, Ace craignait pour sa vie et celle du reste de sa famille. Mais aussi pour le peuple, si joyeux et vivant. Pour le moment, il n'avait pas croisé âme qui vive et cela l'inquiétait. Normalement, il y avait quelques villages aux abords de la frontière.

Ses mains se serrèrent de rage sur les rênes. Il ne laisserait pas cet usurpateur plonger un autre royaume dans la peur et la douleur. Trop de monde avait déjà souffert de ses actes et Ace refusait que son pays d'adoption soit le prochain sur la liste. Sa magie gronda dans ses veines, au rythme de sa colère grandissante, et des flammes apparurent sous les sabots de Spade.

Thatch remonta à son niveau et se pencha pour agripper les rênes de Spade et le freiner. L'étalon s'arrêta brusquement, en sueur, et Ace se tourna vers Thatch, les traits déformés par la colère.

- Je peux savoir ce que tu fais ? On a pas le temps !

- Calme-toi, ordonna le prince d'une voix froide. Tu es en train de perdre ton sang-froid, au point que même ta magie t'échappe. Reprends-toi, bordel ! Dans cet état-là, tout ce que tu réussiras à faire, c'est te tuer et potentiellement nous avec !

Ace sembla alors sur le point de pleurer et Thatch regretta presque son ton autoritaire. Truc, le teint verdâtre, en profita pour prendre une grande respiration.

- Chiii ! Chii chi, chi ! babilla-t-elle ensuite, les poings sur les hanches et l'air sévère.

Elle semblait presque le disputer pour son inconscience et Ace acquiesça, la tête basse, sachant que les deux avaient raison.

- Nous devrions nous remettre en route, yoi, les interrompit Marco, qui venait d'arriver à leur hauteur. Nous sommes encore loin et il vaut mieux arrêter cette abomination au plus vite, yoi.

Thatch faillit lui faire les gros yeux devant tant de nonchalance face à la détresse d'Ace. Mais, en voyant les yeux du petit brun briller à nouveau d'une lueur déterminée, il se demanda si Marco n'avait pas trouvé au contraire le moyen de calmer Ace.

Spade reprit plus lentement sa course, Ace décidant enfin d'écouter leurs conseils et de ménager leurs forces. Ils arrivèrent à un village désolé par les flammes et désert en fin d'après-midi et Thatch crut que cette fois, Ace s'énerverait pour de bon.

Mais le plus jeune resta néanmoins calme, cherchant la présence d'êtres vivants dans les parages, un main sur son bâton. Un craquement retentit et Ace se tendit, plissant les yeux pour trouver le responsable du bruit.

- Dispersons-nous, ordonna Ace. Et trouvons qui est là.

Marco fut le premier à mettre la main dessus. Il s'agissait d'une gamine d'une dizaine d'années portant un tablier et avec des cheveux blonds à moitié recouverts par un bandana, que le blond avait attrapé par le col de sa chemise en toile. L'enfant tenta de le mordre pour lui faire lâcher prise alors qu'il le ramenait au centre du village. Le blond siffla pour alerter ses compagnons, qui arrivèrent vite.

La gamine écarquilla les yeux en voyant Ace et laissa échapper un hoquet de soulagement.

- Vous êtes le prince Ace ! Vous êtes venus pour sauver le village ?

- Marco, relâche-la, ordonna Ace.

Il mit pied à terre, puis s'accroupit pour être à la hauteur de l'enfant. Truc sur son épaule babilla et l'enfant eut les yeux plein d'étoiles en la voyant.

- C'est une fée, monsieur le prince ?

- Oui, c'est une fée. Et si tu mens, elle le saura. Alors, tu veux bien me raconter ce qu'il s'est passé, petite... ?

- J'm'appelle Moda. Prince Ace.

Le brun acquiesça avec un doux sourire pour ne pas l'effrayer. L'enfant raconta qu'il y avait une semaine, une troupe de soldats avait débarqué, détruisant tout sur son passage. Les habitants avaient trouvé refuge dans la forêt alors que le village brûlait. L'armée était ensuite partie et s'était installée plus bas dans la plaine, vers la lisière de la forêt, en direction de la capitale, Dawn. Les habitants étaient par ailleurs trop terrifiés pour envoyer un message d'alerte au roi.

- Très bien, merci de ton aide, petite Moda. Va te remettre à l'abri dans la forêt et dis aux habitants de ne pas sortir, d'accord ? Je vais régler le problème. Peux-tu juste me dire si tu as vu quel symbole portait les méchants soldats ?

- Je… Je crois qu'il s'agissait d'un chien, monsieur le prince.

Ace la rassura d'un doux sourire, puis lui ordonna d'aller retrouver ses parents. Son visage se fit plus sombre uniquement quand elle ne fut plus dans les parages.

- Nous ne pourrons pas battre toute une armée à trois. Que veux-tu que nous fassions ? demanda Thatch.

Ace s'apprêtait à répondre qu'il n'en savait rien, quand un faucon messager se posa sur la selle du brun sans que personne ne l'ait entendu arriver.

- Ce n'est pas Sunny, remarqua Marco.

Ace eut un sourire démoniaque en s'avançant vers l'oiseau. Il prit le message et le lut. Bien, ses hommes avaient répondu à son appel. Il était temps de faire choir Akainu de sa place.

La guerre commençait maintenant.

- Thatch, j'aimerai que tu traverses la forêt pour porter un message à mon petit frère Luffy, commença Ace en farfouillant dans sa sacoche pour trouver un papier et un crayon.

- Il faudrait une diversion qui occuperait l'ennemi. Ils auront sans doute posté des sentinelles dans la forêt, répliqua immédiatement le prince.

- Je serai cette diversion, répondit tout simplement Ace en sortant ce qu'il cherchait.

- Mais il est hors de question que tu y ailles tout seul, yoi ! s'emporta Marco. Tu te feras tuer !

Le blond ne comprit pas pourquoi il était aussi inquiet à l'idée qu'Ace soit la diversion dont avait besoin Thatch.

- Je viens avec toi, yoi, décida-t-il finalement.

Thatch faillit protester, mais craignant qu'au final Ace et Marco se retrouvent séparés de plus d'un kilomètre, abandonna. Le brun lui tendit la lettre, puis son chapeau et son luth.

- Cela te servira de garantie pour que Luffy te croie. Tu devrais te dépêcher d'entrer dans la forêt avant que la nuit ne tombe totalement. Truc, va avec lui.

La fée protesta, mais Ace ne lui laissa pas le choix et il la déposa sur l'épaule de Thatch. Ce dernier hocha la tête avant de lancer Prune au trot. Les deux hommes regardèrent leur compagnon s'éloigner, Truc sur son épaule qui les fixait avec tristesse. Puis, Marco demanda à Ace quel était son plan pour faire diversion.

- Je vais leur faire croire que je viens parlementer, répondit-il en sortant un tissu blanc de sa sacoche.

Marco s'aperçut qu'il s'agissait d'une robe, mais préféra ne rien dire alors qu'Ace découpait un carré dedans, qu'il attacha à son bâton. Puis, il découpa un autre bout et s'égratigna sur la lame de son épée pour verser du sang dessus.

- Mais qu'est-ce que tu fous, yoi ?! Tu sais pas qu'un bon sorcier peut te tracer avec ton sang ?

- Si, je le sais, répliqua Ace avant de donner le tissu tâché au faucon, qui repartit dans un cri. C'est bien d'ailleurs pour cela que je le fais.

Marco préféra ne pas poser plus de questions, ayant presque peur de la réponse. Ace remonta à cheval et les deux hommes talonnèrent leurs montures pour les faire galoper, quittant le village.

Bientôt, le campement de soldats ennemis apparut à l'horizon et Marco se tendit sur Flocon, alors qu'Ace avait l'air calme. Trop calme. Mortellement calme.

Ace se redressa sur Spade alors qu'ils arrivaient à l'entrée du camp et mû par l'instinct, Marco se rangea derrière lui, indiquant qu'il était de rang moindre.

Les gardes brandirent leurs armes en les voyant, mais eurent un instant d'arrêt quand Ace brandit son drapeau blanc.

- Je suis le prince Monkey D Ace et je viens parlementer avec votre commandant. Menez-moi à lui immédiatement !

L'un d'eux alla prévenir son supérieur, alors qu'Ace et Marco mettaient pied à terre. Les soldats de garde les menèrent jusqu'à la plus grande tente du campement, d'où sortit un homme de grande taille, au visage rendu sombre et effrayant par ses yeux plissés. Ses cheveux châtain très longs, couvert d'un casque de guerre, lui arrivaient jusqu'au torse. Ace renifla, dédaigneux. Les cheveux courts étaient quand même plus pratiques.

- Je suis le commandant Onigumo. Que voulez-vous, Prince ?

- Je viens parlementer pour trouver une solution qui ne soit pas la guerre et l'anéantissement totale de vos troupes, déclara froidement Ace, malgré ses yeux brûlant de haine.

L'homme le détailla de haut en bas, avant de ricaner. Ce n'était qu'un gosse.

- Saisissez-vous d'eux et attachez-les.

Marco voulut répliquer alors que les soldats menaçaient de les attraper. Ace posa une main sur son bras et secoua brièvement la tête. Visiblement, cela faisait partie de son plan, alors Marco laissa à regret les soldats les désarmer et leur attacher les mains dans le dos. Ensuite, ils les forcèrent à s'asseoir et les ligotèrent dos à dos à un pilier, au milieu du camp.

Ace serra les poings alors que quelques moqueries retentissaient. Il savait à quoi il s'exposait avec ce plan, mais c'était celui qui mettait le moins de vies en danger. Il repensa à la petite Moda et à tous les villageois qui avaient perdu leur maison. Il ferma les yeux et soupira. Il ne devait pas laisser son caractère impulsif prendre le dessus, au moins le temps que les renforts arrivent.

Quand Saber et les autres seraient là, il pourrait faire brûler les liens qui les retenaient, Marco et lui. Pas avant. Quoi qu'il se passe et ce qu'il entende.

- Putain, Ace, dans quel merdier tu nous as plongé, yoi ?

Le jeune prince serra les dents. Il ne pouvait pas murmurer son plan à Marco alors qu'ils étaient au cœur du campement ennemi et il se désolait de le laisser dans l'ignorance et dans l'angoisse. Ace se tortilla un peu sur lui même pour agripper du bout des doigts la main de Marco et la serrer. Le blond tourna la tête, interrogateur.

- Fais-moi confiance, souffla doucement Ace. Tout va bien se passer.

Marco hésita un instant, avant de lier ses doigts à ceux d'Ace pour se donner du courage. Lui, il ne voyait absolument pas comment ils pouvaient s'en sortir.


... Oui, j'assume, c'est mignon.

A Jeudi donc pour la suite, et une 'tite review au passage ?