Bonjour bonjour !

Le dernier chapitre de la semaine, parce que je ne peux vraiment pas assurer les chapitres ce week-end, j'ai eu une petite baisse de rythme.

Bonne lecture et merci à toutes pour vos reviews !

Disclaimer : Tout est à Oda !

Bêta : Neechu


XVII : Le campement ennemi

Ou comment déclarer une guerre en bonne et due forme

Le ciel commençait à se teinter de rouge quand Ace se réveilla. Marco le sentit alors que les doigts du brun bougeaient, puisqu'ils les avaient gardés entrelacés. Il ne put s'empêcher de faire remarquer, amer :

- Tiens, la Belle au Bois Dormant est réveillée, yoi ? Sa crise de narcolepsie était bienvenue et elle s'inquiète pas trop de notre situation, yoi ?

- Oh, ça va, je ne l'ai pas fait exprès… Puis, je t'ai dis de me faire confiance. Jusqu'ici, je n'ai jamais échoué, non ?

- La dernière fois que tu as suivi un de tes plans, Thatch et moi t'avons retrouvé à terre et dans une telle mare de sang qu'on a cru que tu étais mort, yoi. Alors excuse-moi de douter, surtout que…

- Silence, vous deux ! Ou on vous bâillonne !

Marco s'apprêtait à répliquer, acerbe quand Ace serra ses doigts. L'aîné tourna son visage vers le brun et celui-ci secoua la tête, signifiant que cela ne servait à rien. Le blond se mordit la lèvre et se remit droit, inquiet. Ace avait beau dire, il avait peur. Surtout qu'il voyait des flammes dorées parcourir sa peau, indiquant que l'heure de sa transformation arriverait bientôt. Il ferma les yeux, essayant de contrôler sa respiration pour se calmer. En vain.

Ace se tourna comme il put vers son compagnon de route en entendant sa respiration s'accélérer. Il hésita à parler, songeant à la menace du soldat. Mais il considéra qu'ayant amené Marco dans ce guêpier, il se devait de prendre soin de lui comme il le pouvait.

- Calme-toi. Tout va bien se passer, murmura-t-il. Tout était prévu.

- Même que je me transforme en phénix en plein milieu du camp, yoi ?

Ace sentit la panique dans la voix de Marco et il s'en voulut un peu de l'avoir laissé venir avec lui. Seulement, il avait une mauvaise appréciation des distances et il n'était pas certain que Castelneau soit à moins d'un kilomètre de ce campement. Il n'avait pas voulu risquer la vie de Marco avec ce foutu sort.

Le jeune prince se risqua à donner un peu de sa magie au blond pour l'apaiser, tout en faisant de son mieux pour le rassurer. Il passa sous silence le fait qu'il avait oublié cette maudite transformation, la trouvant trop belle pour penser que la métamorphose puisse être terrifiante.

Marco resserra sa prise sur ses doigts en retour et Ace eut des remords. Il n'aurait pas dû embarquer Marco là-dedans, il aurait dû chercher un autre plan… Mais il n'avait pas eu le temps, pas s'il voulait stopper les hommes d'Akainu avant qu'ils ne fassent plus de dégâts.

Lui-même avait des doutes, par ailleurs. Thatch pouvait très bien mettre plus de temps que prévu, ou ses hommes avoir des ennuis sur le trajet. Néanmoins, il ne pouvait pas se permettre de les exprimer. Pas alors que Marco se mourrait d'anxiété dans son dos.

Soudain, un grondement retentit, attirant sur eux l'attention de la plupart des soldats. Ace se maudit. Fichu ventre sans fond qui trouvait malin de se manifester maintenant ! Marco se tendit et le brun serra ses doigts, les yeux fixés sur les soldats qui riaient de sa faim.

Si Sanji, le cuisinier en second du château, ou Zeff, le chef cuisinier, avaient vu cela, ils leur auraient fichu la raclée du siècle. Les deux cuisiniers ne supportaient pas que l'on plaisante avec la faim.

L'attention des soldats finirent par se détourner d'eux pour se concentrer sur le repas et Ace dut se retenir de baver en sentant les effluves du ragoût. Il entendit Marco soupirer derrière lui, presque d'amusement, et le brun grogna. Oui, bon, il avait un appétit solide et un bon coup de fourchette, il n'y pouvait pas grand-chose !

Un petit attroupement de soldats un peu à l'écart attira soudain l'œil d'Ace. Ils discutaient avec animation, puis un soldat se sépara du groupe, quelque chose dans les mains, avant de se rapprocher du poteau où Marco et lui étaient attachés.

Le soldat en question jetait des coups d'œil nerveux en direction des tentes des officiers. Ace nota ses cheveux roses et la cicatrice en forme de croix au-dessus de son œil droit. Puis, le soldat ennemi s'accroupit devant lui, l'air gêné et désolé.

- Le commandant Onigumo nous a dit qu'on ne devait pas vous donner à manger, mais certains d'entre nous sont pas d'accord. Vous avez essayé une solution pacifique et nous vous en sommes reconnaissants. On a pas choisi d'être ici et de servir de sacrifice. Alors...

Le soldat vérifia qu'aucun officier n'était dans les parages avant de couper un morceau du pain qu'il avait prit avec lui et de lui tendre. Ace comprit l'intention et ouvrit la bouche avant de saisir le pain. Il le mâcha lentement, avant de l'avaler.

- Merci, souffla le jeune prince.

Même si cela ne remplirait pas son ventre vide, l'intention était belle et louable. Il s'apprêtait à lui demander d'en donner aussi un morceau à Marco quand l'un des officiers les aperçut.

- Hé, toi, qu'est-ce que tu fais avec les prisonniers ?

Le jeune soldat blêmit et cacha rapidement le pain dans sa veste. Ace comprit très vite qu'il aurait de gros ennuis.

- Frappe-moi, ordonna le jeune prince. Et dis après que je discutais avec mon compagnon. Fais-le ! ajouta-t-il en voyant que le soldat hésitait.

Le jeune homme ferma les yeux, hésitant, puis frappa. Le poing rencontra violemment le visage d'Ace, même s'il s'était préparé au choc. Le soldat se reculant en s'excusant misérablement et à voix basse, avant de se tourner vers son supérieur.

- Il soliloquait, Lieutenant Fullbody ! Je lui ai ordonné de s'arrêter, mais il n'a pas voulu m'écouter.

L'officier leva un sourcil, suspicieux, mais se détourna quand Ace cracha un mollard sanglant, preuve que le soldat l'avait belle et bien frappé et n'avait pas fait semblant. Le soldat eut un geste pour se rapprocher à nouveau des prisonniers, mais Ace le fixa un instant, avant de secouer discrètement la tête. Ils avaient frôlé la catastrophe une fois, mieux valait ne pas tenter le diable en recommençant.

Le soldat lui lança un regard désolé, avant de retourner vers ses collègues. Ace gémit, l'œil douloureux à cause du coup, et Marco lui demanda en chuchotant pourquoi il n'avait pas laissé le soldat se faire punir.

- Il a désobéi aux ordres pour nous aider, tu ne pensais tout de même pas que je resterais là, à le regarder se faire punir pour son insubordination ! cracha Ace à voix basse.

- Je m'en doutais, yoi, répondit doucement Marco. Tu es une personne admirable et honorable, yoi.

Ace rougit jusqu'aux oreilles. Il était censé réagir comment à ce genre de compliment, hein ?

Il serra simplement les doigts de son compagnon de route, sur lesquels il sentit des plumes douces sous son toucher. Inquiet, il releva la tête vers le ciel et vit que le soleil avait pratiquement disparu à l'horizon. Il soupira, avant d'activer sa magie et de commencer à brûler leurs liens. Marco sursauta sous la soudaine chaleur. Ace, qui venait de libérer pleinement leurs mains, serra fortement celles du blond, liant à nouveau leurs doigts ensemble.

- Tout va bien se passer, même si tu te transformes. Je te le promets.

- Je te crois, yoi, souffla Marco, alors que la malédiction envahissait son corps.

Les cordes qui les retenaient tombèrent au sol tandis que Marco s'embrasait, alertant les soldats qui prirent leurs armes. Ace se releva alors que dans le ciel s'élevait un phénix d'or et d'azur.

- Mais c'est quoi ce monstre ? s'écria un soldat, effrayé.

Ace en fut désolé pour son compagnon de route, qui sembla prendre ombrage du terme employé. Marco fonça rapidement dans le tas de soldats apeurés et Ace aperçut un faucon bien connu survoler le campement, à la lueur des feux.

Bien, il était temps de lancer le signal, non ?

- Qu'est-ce qui se passe ici ? Comment les prisonniers ont-ils pu se libérer ?

Ah, Ace reconnut la douce et mélodieuse voix du commandant Onigumo. Il se tourna dans la direction d'où venait la voix avec un sourire démoniaque.

- Cher Onigumo, ne vous avais-je pas expliqué qu'il valait mieux que nous trouvions un compromis ?

Il leva sa main en l'air et fit jaillir sa magie. Des flammes vinrent dessiner une énorme flèche juste au-dessus du campement et le commandant blêmit, comprenant qu'il s'agissait d'un signal d'attaque.

Il dégaina son épée et s'élança sur Ace. Celui prit le parti d'esquiver, n'ayant pas d'armes, et d'attaquer avec sa magie s'il trouvait une ouverture.

Bientôt un bruit grondant retentit, grossissant de plus en plus, jusqu'à ce que des cavaliers surgissent dans le campement surpris. Ils n'étaient qu'une quinzaine, mais face à des rangs désorganisés et effrayés par Marco, cela suffisait amplement.

- Ne tuez les soldats que s'ils montrent une résistance ! cria Ace.

Il se souvenait de ce que lui avait dit le soldat aux cheveux roses. "On a pas choisi d'être ici". Sans doute avaient-ils été enrôlés de force et ne partageaient pas les convictions de leur roi.

Les soldats ennemis tombèrent un à un ou lâchaient leurs armes en signe de reddition. Le commandant Onigumo écuma de rage face à l'évolution de la situation, alors qu'Ace ne cessait d'esquiver sans jamais répliquer, ou presque.

- Si tu étais un homme, un vrai gamin, tu cesserais de fuir et tu te battrais vraiment ! gronda le commandant.

- Ace, crétin, attrape !

Le brun sursauta en reconnaissant la voix de Saber et se retourna à demi pour voir une épée dans son fourreau voler vers lui. Il la récupéra au vol et retint une grimace en la sentant plus lourde que son arme habituelle. Néanmoins, cela devrait faire l'affaire.

Ace dut esquiver une attaque alors qu'il dégainait l'épée et une large estafilade apparut sur son flanc gauche, rougissant sa chemise. Il tiqua face à la douleur avant de s'élancer à l'assaut.

Au bout de quelques minutes acharnées, Ace parvint à faire chuter le commandant et il apposa la pointe de sa lame sur la gorge de son adversaire.

- T'as pas les couilles, gamin, fit narquoisement le commandant, persuadé que le jeune homme n'oserait pas.

- Je les ai jamais eues, répliqua vicieusement Ace.

Onigumo fronça les sourcils, ne comprenant pas la phrase, puis Ace plongea son épée dans la chair, y mettant toute sa force. Les os craquèrent sous la lame et le sang jaillit, l'éclaboussant, puis la lueur de vie dans les yeux de son ennemi s'éteignit.

Les bruits de bataille dans le campement s'éteignaient peu à peu alors qu'Ace retirait la lame du corps sans vie.

Maintenant, il ne pouvait plus faire marche arrière.

La guerre entre Akainu et lui ne faisait que commencer.


J'espère que cela vous a plu ! Coby n'était vraiment pas prévu au départ, puis il s'est tapé l'incruste...

Bon week-end à tous !

Une 'tite review au passage ?