Marinette regardait son portable avec horreur. Ce n'était pourtant pas le 1er avril et Alya ne lui ferait jamais de blague aussi douteuse. Pourtant, elle ne pouvait pas croire la nouvelle que sa meilleure amie venait de lui envoyer. C'était un vrai cauchemar.
Alya : Je ne peux vraiment pas te cacher une information aussi importante. Adrien sera accompagné de Lila. Désolé.
5 ans, il y avait 5 ans qu'elle connaissait le modèle et plus les années passaient, plus elle en était amoureuse. Elle avait essayé de l'oublier, elle avait essayé de donner son cœur à d'autres garçons. Elle avait fait quelques sorties avec Nathaniel, avait sorti plus d'un an avec Luka, mais personne n'arrivait à la cheville d'Adrien Agreste.
Ce soir avait lieu une petite fête chez Alya et Nino, petite fête à laquelle allaient assister plusieurs de leurs anciens amis du collège. C'est Alya qui avait eu l'idée un soir où avec Marinette, Nino et Adrien, ils se remémoraient ces belles années : les défis de Kim et Alix, les probabilités de Max, les dessins de Nathaniel, les caprices de Chloé, pleins de petits détails dont ils se rappelaient avec tendresse. Leur petit cercle du temps ne se résumait maintenant qu'à eux quatre; quatre meilleurs amis. Parce qu'avec les années, le quatuor s'était indéniablement soudé. Avec le couple de métis servant de noyau, ils faisaient multiples sorties ensemble, partageaient des histoires plus farfelues les unes que les autres, entretenaient des sentiments qui allaient au-delà de la simple amitié. Mais, en ce qui concernait Adrien et Marinette, cela n'allait pas jusqu'à l'amour… au grand dam de la jeune fille.
Elle n'avait jamais osé avouer ses sentiments au modèle; il était évident que pour lui, ce n'était qu'une relation amicale. S'il avait entretenu quelques sentiments d'amour que ce soit envers elle, ne se serait-il pas déjà manifesté? D'autant plus qu'au moment où Marinette lui avait présenté Luka comme étant son petit copain, il avait été charmant, lui souhaitant beaucoup de bonheur et laissant au nouveau couple plus d'espace en se joignant moins souvent à leurs sorties. Et quand la relation s'était terminée, il avait été présent pour la réconforter sans franchir de limite.
Il y avait maintenant deux bonnes années que Marinette était célibataire et sa vie sentimentale était au point mort. Quelques inconnus rencontrés dans un bar avaient bien tenté de combler cette place vide dans la vie de la jeune fille, mais une ou deux sorties l'avaient convaincu qu'ils n'étaient pas à la hauteur de son idéal. Mais c'est que son idéal était tellement élevé. C'est ce que Chat Noir lui avait dit un soir où, une fois de plus, il lui avait avoué ses sentiments.
« Ma Lady, je ne sais pas ce que tu cherches mais je crois que jamais personne ne pourra te le donner. »
Les oreilles basses, il avait étendu son bâton et disparu dans la nuit. Le combat suivant, il avait agi comme si rien ne s'était jamais passé. Typiquement Chat Noir comme réaction, Marinette ne se laissait plus berner par ce masque qu'il portait. Elle avait beaucoup d'affection pour son coéquipier, beaucoup trop pour ne lui offrir que la moitié de son cœur. Elle devait passer par-dessus l'amertume que ce genre de réaction déclenchait chez elle.
Mais revenons à ce qui se passait présentement; Adrien allait être accompagné de Lila ce soir-là. Repartirait-il avec elle?
« Over my dead body. » dit-elle tout haut.
Tikki qui était dans la pièce d'à côté se pointa au salon. « Tu m'as parlé Marinette? »
« Non Tikki ça va. »
« Je croyais t'avoir entendu dire quelque chose en anglais. »
« Ouais… »
« Marinette? »
« C'est Adrien. Il… il va amener Lila à la fête. »
« Oh… »
« Je ne la laisserai pas l'avoir Tikki. Ce soir, ça passe ou ça casse. »
Tikki regardait sa choisie d'un air perplexe. Combien de fois avait-elle dit que cette fois était la bonne?
« Viens Tikki, on va aller choisir nos armes. »
La kwami la rejoint dans cette pièce qui lui servait à la fois de séjour et de chambre, souhaitant que cette fois-ci, elle tiendrait vraiment promesse. À 19 ans, presque 20, Marinette avait décidé qu'il était temps pour elle de voler de ses propres ailes. Recrue chez les industries Agreste, merci à l'amitié qu'elle partageait avec Adrien, mais aussi son talent indéniable, elle avait maintenant les moyens de se payer un petit 2 et demi dans le cœur de Paris.
Avec sa kwami comme conseillère, elle sélectionna l'ensemble parfait pour séduire n'importe quel mâle normalement constitué. Elle n'avait jamais osé porter quoique ce soit d'aussi aguichant, mais c'était une question de vie ou de mort. C'était la première fois depuis 5 ans qu'Adrien était accompagné de quelqu'un d'autre qu'elle ou Chloé et cette dernière n'était maintenant plus une menace, le jeune blond ayant mis les choses au clair avec elle.
Quand elle arriva chez leurs amis, elle était la dernière à se présenter : un classique, Marinette était toujours en retard. À son grand désarroi, la première image qu'elle eut de cette fête fut Lila accrochée fermement au bras d'Adrien, qui avait une bière pratiquement vide à la main. Elle referma la porte derrière elle et fut aussitôt rejoint par Alya et Chloé qui regardaient la même scène avec un air de dédain. C'est la blonde qui émit un commentaire en premier.
« Elle est toujours aussi superficielle. »
Marinette la regarda avec un éclair amusé dans les yeux. Alya elle lui tapota le bras avec un commentaire rassurant.
« Tu sais Marinette, il s'intéressera probablement beaucoup moins à elle dès qu'il t'aura vu. »
La franco-chinoise en doutait mais elle vivait avec les dernières parcelles d'espoir qui lui restaient. Espoirs qui furent anéantis rapidement. Adrien semblait vouloir l'éviter. Mais pourquoi donc?
Faisons un tour dans les pensées du jeune blond.
Alors que Marinette avait franchi la porte, un seul regard avait suffi pour le mettre dans le pétrin. Il ne l'avait jamais vu ainsi, elle était… magnifique, femme… sexy… beaucoup trop sexy. Mais il ne devait pas se laisser aller à ses pulsions, pas avec Marinette. Elle méritait mieux que lui, elle méritait mieux qu'un homme qui ne savait plus à qui donner son cœur. La jeune adolescente était parfaite, mignonne, gentille, attentionnée, drôle, créative… mais il y aurait toujours sa Lady, il ne pouvait pas oublier sa Lady. Il fallait qu'il l'évite, il fallait qu'il occupe ses hormones ailleurs. Jamais il n'avait goûté au plaisir que pouvait lui offrir une femme. Mais ses hormones criaient famine et il n'en pouvait plus. Jusqu'à aujourd'hui, il s'était toujours débrouillé seul, mais les quelques bières qu'il avait déjà absorbées, la tenue de Marinette l'avait propulsé dans ses derniers retranchements. Qu'est-ce qu'un homme pouvait faire devant autant de perfection? Faute de pouvoir résister à une telle tentation, il dévia de cette route, et au tournant, tout ce qu'il trouva, c'était Lila.
La soirée était pénible, réellement pénible pour Marinette alors qu'elle voyait Adrien se rapprocher de plus en plus de Lila. À coup de verres de vin, elle tentait de calmer la douleur qu'elle ressentait. Lorsque Nino sorti la téquila, elle se dit qu'Alya devrait avoir une discussion sérieuse avec son copain parce que sa décision était loin de l'avantager. Dans un coin du salon, devant tout le monde, un Adrien ivre léchait le sel entre les seins de l'italienne avant d'ingérer une shot de téquila et de mordre dans un citron. C'était plus que pouvait en supporter la jeune fille. Au bord des larmes, elle fila à la cuisine rejoindre sa meilleure amie qui était occupée à sortir des collations pour tout le monde.
« Marinette, qu'est-ce qui se passe? C'est Adrien, c'est ça? »
Juste au moment où ce nom sortait des lèvres de la rousse, le principal concerné retonti dans la cuisine.
« Hey Alya, t'as d'autre citrons, on… »
Son regard s'arrêta sur Marinette… la belle Marinette… envoutante… qui le regardait avec ses grands yeux bleus, ses cheveux défaits, ses courbes parfaites, ses lèvres si rouges, si invitantes…
Sans qu'il s'en rende compte, il avait cessé de parler et s'approchait, hypnotisé, vers son amie. Sa progression fût stoppée par la journaliste dont le ton était loin d'être enjoué.
« Hey Agreste. Tu es saoul. »
Il sursauta à la mention de son nom et se tourna vers Alya en clignant deux ou trois fois des yeux.
« Quoi? NON. Non, je contrôle parfaitement la situation. »
« Ouais va raconter ça à quelqu'un d'autre. Pourquoi tu veux des citrons? »
Il réfléchit pendant quelques secondes, cherchant le souvenir à court terme que pourrait évoquer le citron. La poitrine de Lila… oui c'est ça. Mais pourquoi la poitrine de cette pétasse quand celle de Marinette était cent fois plus invitante? Il jeta un œil à la noiraude et l'image d'une fille beaucoup trop semblable surgit à son esprit. Ladybug… Marinette… faute d'avoir les deux, faute d'éclaircir ses sentiments envers elles, il ne leur toucherait pas.
« Je… on a un petit jeu l'autre côté… »
Alya lui fourra un bol de citrons tranchés entre les bras, assez fort pour qu'il reçoive le coup en pleine poitrine et laisse échapper une expression de surprise.
« Allez pauvre type et étouffe-toi avec du même coup. »
Mais Adrien n'avait pas entendu la dernière réplique. Il était trop occupé à fuir cette zone de tentation interdite. Marinette le regarda sortir avec le sentiment qu'on lui plantait un couteau en plein cœur. Elle cala ce qui restait de sa coupe de vin.
« Alya, je crois que je vais juste partir. »
La journaliste jeta un œil en direction du salon et ne put que constater les dégâts.
« Ouais… je… je comprends Marinette. Je peux tellement rien faire présentement. »
« Tu n'as rien à faire Alya. C'est… c'est son choix. Il y a longtemps que j'ai cessé d'espérer de toute façon. »
« Mari, tu me la feras pas à moi. Juste tes fringues disent tout le contraire. Mais, je te promets de lui faire sa peau dès qu'il est assez à jeun pour comprendre. »
« Ce sera pas nécessaire. On s'appelle d'accord? »
« Ouais, prends soin de toi. Tu es correcte pour partir seule. »
« Oui, j'ai bu que deux coupes de vin. »
Comme les filles se faisaient la bise, Nino entrait dans la cuisine.
« Tu t'en vas déjà Mari? »
C'est sa copine qui lui répondit. « Tu crois qu'elle a envie d'assister au spectacle? »
Il parut désolé de la situation. « Ouais… je m'attendais pas à ce que mon pote se tape sa première nana de cette façon. Mais il est carrément parti en orbite. Il n'y a rien à faire avec lui. »
La rousse rajouta. « Reste à espérer que personne ne prenne de photos. Son père flipperait carrément. »
Marinette savait que la plupart de leurs camarades ne feraient jamais ça à Adrien, mais il restait toujours la possibilité que Lila le fasse. Son besoin d'attention et de célébrité était tellement intense, elle en avait probablement rien à faire de la réputation du modèle. Elle devait faire quelque chose. Avant de quitter la cuisine, elle salua ses amis de la main en leur lançant : « Assurez-vous que Lila ne sorte pas son téléphone. Bonne soirée! »
Elle ne quitta pas l'appartement incognito, Adrien avait suivi sa progression dès sa sortie de la cuisine. Le feu en lui se ralluma en voyant ainsi la jeune fille, elle était radieuse, magnifique, parfaite. Pour se calmer, il se prépara une autre shot de téquila.
Aussitôt dehors, Marinette se mit à couvert et Tikki sortit de sa bourse.
« Tu es partie tôt Marinette. »
« Tu voulais que je fasse quoi, que je fasse une scène devant tout le monde. Cette chipie, elle ne fait que profiter de lui. »
« Désolé d'être aussi directe Marinette, mais il avait l'air d'en profiter aussi. »
« Ça cadre pas Tikki, quelque chose ne tourne pas rond. Pourquoi est-ce qu'il voudrait avoir sa première fois avec elle? Je savais même pas qu'il était encore puceau. Et si jamais elle prend des photos…»
« Il a 20 ans Marinette, il est assez grand pour faire ses choix, même s'ils ne te plaisent pas. Et tu as averti Alya et Nino pour les photos. Fais leur confiance. »
« Cette fille c'est un poison, elle peut juste lui faire du tort. »
« Tu peux rien faire de toute façon. »
« Moi non mais Ladybug oui. »
« C'est hors de questions, Marinette, tu peux pas… »
« Tikki, transforme-moi! »
Lorsqu'elle arriva à la fenêtre de la cuisine d'Alya, elle fût contente de voir que la journaliste était seule.
« Ladybug! »
« Salut Alya. »
« Je m'attendais pas à ce que tu acceptes mon invitation. »
« Hey, pas nécessaire de se voir que sur les champs de bataille. »
« Tu as raison, viens je vais te présenter. Hey tout le monde, regardez qui est là! »
Inutile de dire qu'une personne dans la pièce n'était définitivement pas ravie de la présence de l'héroïne, mais cette dernière le lui rendait bien. Lila était bien enfouie dans les bras du modèle, il était évident que la coccinelle avait interrompu une séance d'embrassade torride. Adrien lui, était sous le choc fasse à cette nouvelle apparition.
« Ladybug, qu'est-ce que tu fais ici? »
« Je l'ai invitée lors de notre dernière entrevue. Comme tout le monde ici a été sauvée par elle au moins une fois, je pensais que ce serait cool qu'elle passe faire son tour. »
« Je… je reste pas longtemps, juste le temps de vous dire bonjour. » Elle jeta un regard circulaire à la pièce. « Tout le monde a l'air de bien s'amuser. » Elle maintint son attention sur le jeune modèle qui rougit et baissa la tête. En état d'ébriété avancée, il ne faisait plus la différence entre ses deux identités. Pour lui, il lui semblait que sa coéquipière grondait Chat Noir. Tout dans sa posture prouvait qu'il avait un peu trop bu. Il était moins droit, moins fier, les cheveux en batailles, les yeux vitreux.
« Il semble que certain ont peut-être un peu trop de plaisir. Adrien, ça va? »
Surpris et honteux, il détourna le regard. Lila, quant à elle lui jeta un regard noir. Cette maudite coccinelle était une fois de plus en train de saboter ses plans avec le modèle. Elle émit un soupir sonore qui ne passa pas inaperçu pour le jeune homme qui sembla alors remarquer sa présence dans ses bras; présence qui n'était définitivement pas désirée lorsque Ladybug était dans les parages. Il se défit d'elle et se leva pour aller regarder par la fenêtre alors que les conversations reprenaient de plus belle dans le salon. Il devait reprendre contenance et revoir ses priorités. Lila le suivit et posa une main sur son épaule.
« Hey, qu'est-ce que tu fais? »
Il tourna la tête et se força à lui sourire. « Je… j'ai juste besoin de respirer un peu. Tu vois, un peu trop d'alcool. » Sur ce il prit le chemin de la porte qui menait au balcon et sortit. Il posa les coudes sur la barrière et se mit la tête dans les mains. Il était en train de tout foutre en l'air. Marinette et Ladybug avait assisté à ses exploits. Ce qui lui semblait un bon plan au départ devenait un vrai cauchemar.
Pendant les 15 minutes qui suivirent, Ladybug fit la conversation à chacun, mais son cœur était sur le balcon avec le modèle. Dès qu'elle put le faire, elle s'esquiva dans cette direction.
« Hey! »
La voix fit sursauter le modèle. « Hey! »
« Qu'est-ce que tu fais seul dehors? »
« Je.. eh bien… je sais plus. »
Ladybug éclata de rire, ce son cristallin fit sourire le jeune homme.
« Allez, je te ramène. »
« Quoi? »
« Avant que tu fasses une bêtise. »
« Ouais »
« Tu as ta voiture? »
« Ouais. »
« Les clés » Elle tendit la main et le modèle fouilla dans ses poches et lui remit les clés.
Elle le prit tendrement par la taille, il était toujours étonné de la force de la coccinelle. D'un coup de yo-yo, elle les descendit tous les deux, faisant signe de la main à Alya qui les regardait par la fenêtre.
À ce moment, la journaliste était plus que satisfaite de la tournure de la situation. Elle texta rapidement à son amie.
Alya : Ne t'en fais plus pour Adrien, il a été sauvé par Ladybug. On s'en reparle demain. Bonne nuit! Xxx
En voiture vers l'appartement d'Adrien, Ladybug ne put s'empêcher de lui poser des questions.
« Lila? Vraiment? Tu en pinces pour elle? »
« Non… »
« Alors… tu pouvais pas trouver mieux. »
Il secoua la tête. « C'est compliqué. »
« Explique. »
Il était saoul, il était perdu. Il pensait à Marinette, puis à sa coéquipière. Les sentiments semblaient le submerger.
« Je… elle… Je sais pas. »
Elle tenta d'amener le sujet sous un autre angle.
« Et où était Marinette ce soir, je croyais que c'était la meilleure amie d'Alya? »
Il se tourna vers elle avec une expression de surprise.
« Quoi, qu'est-ce que j'ai dit? »
« Non… rien. »
« Tu as un problème avec Marinette. »
« NON… enfin… oui… peut-être. »
Le cœur de l'héroïne lui pinça violemment. Ainsi, Adrien avait un problème avec elle. Avant même qu'elle ait le temps de l'interroger, le jeune homme définitivement affecté par l'alcool se mit à débouler toute son histoire.
« Tu aurais dû la voir ce soir, elle était, trop… femme, belle. J'aurais voulu la prendre à part et l'avoir que pour moi et lui… lui… Mais je peux pas, je peux pas faire ça à Marinette, elle est trop douce, gentille, drôle, généreuse, parfaite. Je peux pas lui donner la moitié de mon cœur. Je peux pas. Jamais, je n'ai pas le droit. »
Elle était perdue, est-ce que c'était bon ou mauvais ce qu'il racontait. « Je ne saisis pas. Pourquoi? »
Vous vous rappelez lorsque je disais qu'il était trop saoul pour faire la différence entre ses deux identités.
« Tu me demandes pourquoi ma Lady? Au nombre de fois où tu m'as rejeté, tu n'as pas encore compris que je peux pas t'oublier. »
Pour Ladybug, tout basculait d'un coup. Elle ne se sentait même plus la capacité de conduire prudemment. Elle se gara dans le parking le plus près. Les yeux rivés devant elle, elle souffla.
« Chat! »
Et d'un coup, tout faisait du sens. Elle comprenait maintenant pourquoi Adrien n'avait jamais démontré d'intérêt envers aucune fille, sauf, apparemment, elle-même, peu importe son identité. Elle comprenait pourquoi, souvent, elle avait l'impression qu'il la fuyait. Elle comprenait pourquoi elle-même partageait ses sentiments envers les deux côtés d'un même personnage.
Mais Adrien n'avait rien compris. Il était beaucoup trop ivre pour se soucier de ce qui était en train de se passer. Seule avec la coccinelle, il avait la sensation d'être en costume.
« Oui ma Lady. »
Elle le regarda d'un air effrayé. Pourquoi agissait-il de façon si décontractée alors qu'il venait de vendre son identité?
« Adrien. »
« Oui. »
Il attendait toujours qu'elle lui dise ce qui la tracassait. Mais elle n'avait rien à lui dire. Elle attendait qu'il réalise la portée de ses paroles. Avec l'air qu'il avait, elle ne pourrait rien tirer de bon de lui ce soir-là.
« Je… je te ramène ok. »
« Oui. »
Elle les ramena à bon port et sortit pour s'assurer qu'il se rendrait bien dans le confort de son appartement. Il s'assit sur le sofa et lui fit signe de le rejoindre en tapotant à son côté. Elle obéit et ils restèrent en silence ainsi pendant un bout.
« Reste avec moi Ladybug. »
Il coucha sa tête sur ses cuisses et machinalement, réalisant qu'il s'agissait aussi de son coéquipier, elle commença à lui caresser les cheveux.
« Tu aurais été jusqu'au bout avec Lila? »
« On ne parle pas de ça tu veux. »
« J'ai besoin de savoir? »
« Pourquoi. »
« Parce que je comprends pas, si tu es si amoureux de moi ou de Marinette, pourquoi aller coucher avec elle? »
Il haussa les épaules. Elle n'insista pas. Elle se rendit compte rapidement qu'il s'était endormi.
« Détransformation »
Tikki la regardait d'un air sévère.
« Je sais Tikki, ne dit rien. » Elle continua de jouer dans les cheveux du modèle, cette fois-ci de ses mains nues. « Regarde comme il a l'air bien. »
« Il t'a vendu son identité Marinette. »
« Je sais. »
« Et qu'est-ce que tu comptes faire? »
« Tu veux dire? »
«Tu vas lui dire qui tu es? »
« Je n'y ai pas pensé. »
« Je préfèrerais que non. »
« Pourquoi? »
« C'est trop dangereux Marinette. »
« Elle a raison tu sais. » le petit kwami noir faisait son apparition.
« Tu vois, même Plagg est d'accord. »
Elle se rendit au côté de son compagnon pour lui faire un câlin. Peu importe la situation, rencontrer Plagg la rendait toujours aussi heureuse.
« Mais il a l'air si malheureux en pensant qu'il aime deux filles différentes. Il a presque couché avec Lila, bon sang. »
« Gamine, s'il y en a un qui connaît les états d'âme d'Adrien, c'est bien moi mais votre sécurité passe en premier. »
« Mais c'est inhumain. »
« Justement, nous ne sommes pas des humains. Je vais me chercher du camembert. »
Marinette continue de caresser Adrien.
« Tikki, je l'aime tellement. Je ne peux pas faire comme si je ne savais rien. »
« Tu n'as pas le choix Marinette. »
« Marinette? » Adrien ouvrit les yeux et la première chose qu'il vit fût… « un kwami? »
Tikki s'envola vite vers sa choisie. « Vite transforme-toi. » Mais elle ne fût pas assez rapide. Adrien s'était relevé et avait suivi la progression la coccinelle jusqu'à… « Marinette? »
La jeune fille rougit devant le regard un peu perdu et abasourdi du jeune homme. « C'est toi Ladybug? » Elle hocha timidement la tête.
Toujours sous l'emprise de l'alcool, Adrien n'avait pas la capacité d'assimiler les conséquences de cette révélation. Tout ce qu'il avait compris c'est qu'il avait le droit de donner libre cours à ses pulsions et c'est aussi tout ce dont il avait envie présentement. Il se plaça bien en face de Marinette et l'attira doucement par les épaules.
« Ma Lady »
Elle le regardait stupéfaite. Il empestait l'alcool, mais il était toujours aussi séduisant. Lorsqu'il s'approcha pour l'embrasser elle recula.
« Marinette… ma Lady… j'ai tellement attendu. »
« Adrien, tu es saoul. »
« Pas tant que ça. »
Elle leva un sourcil.
« Pas assez pour ne pas comprendre ce qui se passe. »
Elle le regarda encore longuement, il avait ses yeux de petit chat, elle ne pouvait pas résister à ses yeux de petit chat. Lorsqu'il se rapprocha une deuxième fois, elle se laissa faire. Il plongea sur ses lèvres comme un lion affamé sur sa proie. Enfin, enfin, il les avait tout à lui, Marinette et Ladybug, dans ses bras, dans sa peau.
Il relâcha ses épaules pour promener ses mains partout sur ses flancs, elle remonta les siennes dans son cou et alla tirer sur ses mèches blondes. Enfin, elle l'avait pour elle seule et elle récoltait Chat Noir en bonus. Toute une gamme de fantasmes non avoués refirent surface dans l'esprit de la demoiselle. Elle n'en était pas à sa première fois. Elle ne lui laisserait pas regretter la sienne.
« Jusqu'à quel point alors? »
Il haussa les épaules « Pourquoi? »
« Parce que je ne veux pas que tu oublies ça. »
Elle le surplomba, le forçant à s'étendre sur le divan. Tikki et Plagg en avaient déjà trop vu. Ils se firent un regard entendu avant de s'éclipser le plus loin possible. Les yeux d'Adrien brillaient au moment où elle fondit sur lui pour l'embrasser de plus belle. Elle joua doucement avec le bas du chandail d'Adrien. Il se releva rapidement pour l'enlever et elle le contraint à se recoucher, promenant ses mains sur le torse du jeune homme. Elle s'assit à califourchon sur lui et retira sa camisole.
En réaction à cette nouvelle vision, il donna un coup de hanche d'impatience. Elle lui fit un sourire de satisfaction.
« Bon chaton! » Elle recommença les caresses.
Il ferma les yeux en soupirant, il tentait de calmer son excitation. Elle entreprit de lui embrasser chaque parcelle de peau qu'elle voyait. Il avait placé les mains sur ses fesses et ne pouvait s'empêcher de donner des coups de reins, par réflexe. Ses hormones étaient bien réveillées et il vivait une douce torture. Il passa ses mains dans son dos pour aller dégrafer le soutien-gorge et faillit lamentablement. Avec un petit rire coquin, elle se releva pour lui donner un coup de main. Sein nu, elle le regardait de haut en se mordant la lèvre inférieure.
Il ferma les yeux en souriant. « Tentatrice. C'est le diable qui t'envoie à moi. »
« Tu crois? Je pensais pourtant t'amener au paradis. »
« Présentement, tu me fais vivre l'enfer ma Lady. »
Elle ne répondit pas. À la place, elle recula, détacha les jeans de son amant et les baissa doucement, entraînant ses boxers par le fait même pour libérer son membre qui demandait à être soulagé. Il avait rouvert les yeux et redresser la tête, il voulait voir ce qu'elle faisait. En le regardant dans les yeux, elle l'empoigna fermement. Elle le caressait doucement, trop doucement.
« Mari… » Il avait refermé les yeux et recouché la tête. Il se léchait les lèvres et donnait des coups de hanches pour signifier qu'il en voulait plus. Elle voulait le satisfaire jusqu'au bout, elle voulait qu'il vive l'extase. Elle se pencha et prit son sexe dans sa bouche, elle en prit le plus qu'elle en était capable avant de refermer ses lèvres et d'entreprendre de le lécher en le libérant doucement. Il hoqueta de surprise suite à cette toute nouvelle gamme de sensations.
« Ah Mari… »
Elle recommença, une deuxième puis une troisième fois. Mais elle le sentait déjà au bord du gouffre. Elle le lâcha un instant et se releva. Il vint pour protester mais il la vit le défaire totalement de ses pantalons, pour ensuite, oh seigneur, enlever sa petite culotte. Il était cuit. Elle revint s'asseoir sur lui, vêtu que de sa jupe. Il savait maintenant pertinemment qu'il n'y avait rien en dessous. Alors qu'elle empoignait son membre et descendait doucement, il anticipait ce qui allait arriver. Ça y'est, il allait pouvoir goûter à ce bonheur lui aussi et contre toute attente, ce serait avec la femme de sa vie. Lorsqu'il sentit son gland commencer à la pénétrer, il émit un gémissement de bonheur qui excita d'avantage sa compagne. Ce qu'elle pouvait être humide, chaude, serrée. C'était le paradis sur terre. Il donna un coup de hanche pour se loger bien au fond d'elle.
« Ah… Adrien. »
Ce mot à lui seul lui donnait des frissons et le propulsait plus près de l'orgasme.
« Mari… ma Lady. »
Doucement, elle remonta et tout aussi doucement elle se rabattit une fois de plus sur son membre. Elle recommença encore et encore, dans un rythme lent, beaucoup trop lent pour le jeune homme qui n'en pouvait plus. Après quelques minutes de cette torture, il se rassit. Sans sortir d'elle, il la souleva et la plaqua sur le mur le plus près et là, il se déchaina. Il donnait coup après coup, il laissait s'échapper la frustration et l'attente qu'il avait vécu ces dernières années. Mais ce n'était pas encore assez. Toujours bien logé en elle, il la transporta dans sa chambre. Là, il se défit un instant, le temps de lui enlever le dernier morceau de vêtement qui lui empêchait d'admirer l'ensemble du chef d'œuvre qu'elle constituait.
La voir ainsi nue, vulnérable, à sa merci sur son lit, l'excita davantage qu'il n'aurait jamais cru possible. Il se rua littéralement sur elle, s'assurant de ne pas trop brusquer ses gestes. Mais elle était tellement parfaite et il l'avait désiré si longtemps. Il donnait des coups de reins énergiques, sentant que sa fin était proche.
« Marinette… je t'aime… je… t'aime… telle… ment. »
Au moment où il lui disait ses paroles, il réussit à lui faire atteindre l'orgasme et c'est en pleine félicité qu'elle cria. « Ah… Adrien… moi… moi… aussi. » Il n'aurait jamais cru possible de la satisfaire la toute première fois, il ne pensait pas être capable de tenir, pas capable de trouver la technique, mais la boule d'émotion qu'elle était devenue lui confirma qu'il y était parvenu.
De joie, il alla l'embrasser alors qu'il se laissait aller à son propre plaisir. Il eut l'impression d'exploser au moment où il se libéra, la sensation de plaisir n'avait jamais été aussi vive. Il sorti un cri sauvage contre les lèvres de sa maitresse. Puis plus rien. Il retomba sur elle, épuisé, satisfait, pour reprendre son souffle alors qu'elle lui flattait amoureusement le dos.
Remis de ses émotions, il roula à ses côtés et d'un bras l'attira bien contre lui. Quand elle fût certaine qu'il se soit bien endormi, elle se défit doucement et sortit de la chambre. Elle remarqua les deux kwamis endormis sur un coussin dans la cuisine. Elle trouva sa bourse dans le salon et saisit son téléphone. Là, elle vit le message d'Alya et sourit en lui répondant.
Marinette : Elle nous a tous ramener à bon port. On s'en reparle demain. Bonne nuit. Xxx
Elle devrait trouver une histoire qui se tienne à raconter à sa meilleure amie, mais ça pouvait attendre demain. Pour l'instant, elle était épuisée et impatiente d'aller retrouver son copain dans son lit. Elle reprit la place qu'elle avait laissé quelques minutes plus tôt et tomba dans un sommeil sans rêve. La réalité était beaucoup plus satisfaisante de toute façon.
