L'installation terminée, John et Mai étaient retournés à la base où Akihito, Ritsu dans ses bras était assis à la table et se faisait interroger par Naru. Cet interrogatoire n'ajouta rien de plus mise à part une chose, que c'était la première fois qu'il s'attaquait frontalement à quelqu'un. Naru devint pensif.
- Votre femme... Des ecchymoses et cette attaque. Se pourrait-il que cet esprit soit intéressé par elle ? Qu'elle soit la victime de sa rancune pour une raison ou une autre ?
Akihito pâlit, pas elle... pas l'amour de sa vie... Il avait dû mal comprendre !
- Quoi
- C'est une possibilité, il faudrait d'abord connaître la raison de cette attaque, pourquoi il est là et pourquoi il s'attaque à elle ?
- Comment pouvez-vous le savoir ?
- Lin s'occupe de faire des recherches sur l'histoire de cette maison et ses habitants.
- Et si vous ne trouvez rien ?
John prit la parole.
- Cela signifie que c'est votre famille qui est hantée et il faut donc savoir pourquoi cet esprit ne se manifeste que maintenant.
Akihito soupira en courbant le dos, son désespoir était parfaitement visible.
Lin fronça des sourcils et regarda Naru.
- Naru je ne remonte qu'aux précédents habitants, je ne trouve rien avant.
- C'est normal, répondit Akihito
- Comment ça ?
- Les archives de Kamakura viennent juste de passer au numérique, ils sont en retard sur l'informatique. Il faut donc aller directement à la source.
Akihito prit un papier ainsi qu'un stylo et nota l'adresse des archives de la ville et le passa à Lin
- C'est là-bas
Lin regarda le papier et le remercia.
- Vous avez encore besoin de moi?, demanda Akihito
- Pas pour l'instant, vous pouvez y aller, répondit Naru
Akihito partit les laissant travailler et Lin se leva.
- Je vais aux archives mais avant voici ce que j'ai trouvé sur la famille précédente habitant dans cette maison, je pense qu'ils étaient eux aussi hantés
- Montre moi ça
Lin lui montra le document et expliqua sa trouvaille au reste de l'équipe.
- Les enfants et la femme ont été retrouvés recouverts d'ecchymoses et morts dans le salon, le père,lui, avait perdu l'esprit et avait été envoyé en hôpital psychiatrique. Les cadavres avaient, d'après les témoins une pure expression d'horreur sur le visage et le père n'arrêtait pas de parler d'un esprit qui le harcelait et qui lui disait qu'il devait tuer sa famille en lui insufflant certaines idées.
La tension s'installa et Mai osa poser une question
- Comment sont-ils mort ?
Naru regarda le document et répondit à la place de Lin.
- Le père les a attachés dans le salon et les a poignardés un par un.
Mai fut horrifiée ainsi que John et Bou-san alors que Lin et Naru restaient impassible mais tous s'inquiétèrent pour Hayashi Akihito et ce qu'il pourrait faire à cause de cet esprit.
Lin prit les clés de la camionnette.
- J'y vais
Il sortit de la maison, monta dans le véhicule et démarra en direction des archives situées dans la bibliothèque de la ville. Au même moment, Bou-san eut une pensée désagréable.
- Naru, ça serait possible que les ecchymoses soit l'œuvre du père ? Il les a poignardés donc ça serait logique que...
Le sous-entendu était très clair, Akihito referait-il déjà la même chose que son prédécesseur ?
- Il faudrait d'abord savoir si les ecchymoses sont l'œuvre directe de l'esprit ou s'il se sert d'une tierce personne pour les perpétrer.
Akihito préparait le repas du midi tout en surveillant d'un œil son fils se trouvant dans son parc, dans le salon. Le menu se constituait d'une soupe miso, bol de riz, yakisoba ainsi que du Agedashi dofu. Il eut un frisson provoqué par le froid, et fronça des sourcils ayant un mauvais pressentiment. Il se retourna vers la gazinière allumér. Rien d'anormal mais pourquoi avait-il eu froid ? Puis il entendit une légère voix rauque, masculine lui murmurer à l'oreille.
- Brûle...
Akihito se pétrifia de peur. Cette voix... C'était la première fois qu'il entendait ça !
- Quoi ?! Qui parle ?!
- Brûle le bâtard... l'enfant... Tue le !
Le cri de l'esprit résonna dans son crâne et il se prit la tête entre ses mains alors que le feu de la gazinière augmentait de volume jusqu'à devenir d'immenses flammes.
- Balance le bâtard dans les flammes !
Il finit par crier un non retentissant faisant réagir l'équipe restante du SPR. Tous accoururent et Bou-san récita son mantra. Comme la dernière fois l'esprit s'enfuit faisant se remettre à la normale l'intensité des flammes. John fit assoir le père encore sous le choc mais il n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit que Mai se précipita aux toilettes pour aller vomir. L'odeur de nourriture brûlée lui avait soulevé le cœur et elle avait l'impression que l'odeur était bien plus forte que d'habitude. Elle tomba à genoux devant la cuvette, chose qu'elle commençait à avoir sérieusement marre de faire, et vomit. Elle sentit quelqu'un entrer et s'agenouiller à côté d'elle, une main lui tenant les cheveux et l'autre lui caressant le dos. Après un dernier spasme, elle regarda Naru qui était visiblement inquiet et lui fit un sourire tordu.
- Désolée...
Naru soupira , se releva puis il l'aida à faire de même
- Tu n'as pas à l'être, maintenant tu m'expliques ce qui vient de se passer ? C'est à cause de l'esprit ?
Elle sourit, sans qu'il le sache Naru lui avait donné son excuse puis elle hocha positivement la tê ne devait pas lui dire, pas encore. Il y avait bien plus important à faire pour l'instant, aider les Hayashi.
Lin arriva très vite à destination, il se gara sur le parking de la bibliothèque puis sortit du véhicule et entra se dirigeant vers l'accueil avec une démarche rapide. Il était pressé d'en finir avec cette tâche. Il regarda la bibliothécaire et lui demanda en donnant l'adresse des Hayashi où il pourrait avoir toutes informations liées à cette maison et ses anciens habitants. La femme regarda sur son ordinateur en écoutant avec attention la demande de Lin.
- C'est aux sous-sol, vous ne pouvez rien y sortir et vous serez sous surveillance
- Bien mademoiselle.
- Votre nom et prénom.
Elle lui passa un livret où il s'inscrivit puis elle appela l'archiviste qui arriva peu de temps après. C'était une femme aux cheveux grisonnants et de forte corpulence. Elle le mena au sous sol et Lin soupira en voyant le bazar qu'étaient les archives de Kamakura. Des étagères lourdes et chargées à craquer et, en regardant de plus près il vit qu'il n'y avait aucune logique de rangement, ça allait être long...
Lin envoya un message à Naru et se mit au travail.
