Salut à tous ! Right on time vous avez vu ?! ;) Pour en revenir à la question posée à la fin du précédent chapitre ( & je vous remercie pour vos avis ) je pense choisir du Ruby/Belle, sachant que ça restera des allusions et plus parce que j'ai besoin de Graham pour autre chose que parce que je suis fana de ce ship, donc ne vous attendez à rien d'exceptionnel ^^
Lily, ravie que le " Dans ta face " te plaise, j'étais pas sûre que ça passe xD, ElsyCiel, voilà ta dose en temps & en heure, tu vas pouvoir tenir jusqu'à la semaine prochaine ? ;), MB, Waldo vous êtes servies ce sera du Ruby/Belle ^^, Morgane l'interrogatoire arrive !, Mel99 désolée mais Graham va rester dans le paysage j'essaierai de te le faire apprécier ! Carpe Diem je fais un chapitre/semaine mais je peux pas faire plus, j'espère que le rythme sera pas trop éloigné pour toi ... Elayna bienvenue à bord, j'espère que le reste te plaira, pour le collier c'est bien vu & il a un rôle dans mon histoire maiiiis #nospoiler ^^
Bon alors, petit avertissement : Vous allez me détester pour ce chapitre. Oui, oui. Plus que d'habitude, mais j'ai un scénario et je dois m'y tenir. Bonne lecture quand même :p
Chapitre 8 :
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Emma
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Les derniers jours n'avaient pas été faciles à vivre. Pas qu'elle se soit attendue à autre chose en intégrant la garde royale, mais elle qui croyait avoir vécu un entraînement à la dure avec Ruby s'était rendue compte qu'il n'en était rien. Elle avait accepté avec joie d'être réveillée en pleine nuit pour partir en forêt, y bravant les premiers trolls qu'elle n'ait jamais rencontrés avec un dégoût qui amusa les autres. Pendant une semaine elle avait enduré les rebuffades des autres, leurs taquineries qui si elles n'étaient pas méchantes ne manquaient jamais de l'étonner. Elle qui avait cru connaître la dureté de la vie dans le camp d'entraînement où elle avait vécu plusieurs mois, l'avait réellement découverte en quelques jours dans la foret noire. Le milieu hostile ne regorgeait pas de ressources comestibles et sa chasse lui avait plusieurs fois retourné l'estomac jusqu'à ce que le Faucon la prenne en pitié et lui explique ce dont elle devait se nourrir.
Cette nuit là encore elle avait vidé l'intégralité de son estomac, les yeux baignés de larmes mais Peter lui avait expliqué qu'après trois jours de jeûne, elle s'était trop empressée d'avaler une grande quantité de nourriture. C'était ce semblant d'amitié qui l'avait fait tenir les jours suivants, intégrée peu à peu à un autre groupe sous le regard pesant du Commandant qui l'observait toujours de loin comme un proie de valeur.
Et puis ils étaient rentrés et elle s'était sentie revivre à l'approche de la Reine même si elle semblait l'éviter, s'abstenant même de superviser un réel entraînement. L'aperçu qu'elle avait eu l'avait laissée sans voix et les jours suivants elle s'était appliquée à parfaire ses méthodes de combat sous le regard attentif qu'elle sentait l'observer depuis les fenêtres des quartiers royaux. Le travail avait payé ne pouvait-elle s'empêcher de penser avec un sourire. Mais ce qu'elle avait imaginé être une fête en son honneur s'était transformé en véritable cauchemar.
L'espace d'un instant elle avait cru que la Reine était devenue folle et elle s'en voulait toujours de ne pas lui avoir fait confiance comme l'avait fait le chasseur qui n'avait pas bougé d'un centimètre lorsqu'elle avait attaqué l'enfant mis à part pour l'empêcher d'intervenir. Elle frissonnait encore d'horreur lorsqu'elle se rappelait du combat dont ils avaient tous été témoins.
Subitement tout s'était terminé et la Reine avait à nouveau disparu, uniquement soutenue dans sa solitude par la sorcière qu'elle avait réclamée. Les derniers jours Maléfique allait et venait dans le château comme s'il lui appartenait et si elle n'avait pas vu l'inquiétude qui barrait son visage, elle aurait peut-être trouvé son attitude dérangeante.
- Hey !
La blonde qu'elle venait de héler dans la cour ne s'arrêta pas et elle s'empara de l'arc du Faucon pour tirer une flèche dans la direction de la femme qui s'engouffrait dans le château. Le projectile fut figé au dernier moment et la sorcière se retourna avec une lenteur exaspérante avant de lui indiquer d'approcher d'un signe de tête. Ignorant le regard intrigué de ses camarades, la Princesse couvrit la cinquantaine de mètres qui les séparait au pas de course.
- Que se passe-t-il ma petite ?
- Comment va-t-elle ?
- Oh je vois, ce n'est pas de moi qu'on vient prendre des nouvelles ...
- Vous n'êtes pas ma Reine.
- Non, bien sûr où avais-je la tête ?
- Alors ? Comment va-t-elle ? pressa-t-elle.
- Je ne sais pas. Regina ne se confie pas facilement. En revanche je sais que votre présence lui serait bénéfique.
Avec amertume la jeune femme repensa à la journée que la Reine lui avait promise.
- Ce serait une bonne idée, commenta la sorcière qui venait certainement de lire dans ses pensées.
- Peut-être mais elle ne sort jamais de ses chambres, personne ne la voit à part vous ...
- Attention on pourrait croire que vous êtes jalouse.
- Qu'est-ce que ça peut faire ? Je suis surtout inquiète !
- Et bien faites quelque chose ! Ce n'est pas comme si elle allait vous bannir de ses terres pour avoir osé la déranger !
Il y avait clairement eu de l'exaspération dans les propos qui venaient d'être tenus, comme si la plus âgée en avait eu marre d'entretenir une conversation avec quelqu'un qui ne la comprenait pas. Pourtant elle n'avait aucun mal à imaginer ce qu'elle tentait de lui faire faire. Mais s'infiltrer dans la chambre de la Reine et déjouer la garde qui patrouillait les couloirs de ses quartiers n'était pas aisé.
- Je suis sûre que vous trouverez un moyen, l'entendit-elle suggérer avant de la planter seule au milieu de la cour.
- Tout va bien ?
La voix de Peter la ramena à ses esprits, tournant les talons pour le découvrir les sourcils froncés.
- J'ai besoin de voir la Reine, avoua-t-elle.
- Un problème ?
Si aucune annonce officielle avait été faite aux soldats, il était presque de notoriété publique que ce soir là Rumplestiltskin avait été là pour elle. Depuis des années tout le monde le savait enfermé dans les donjons de ses parents et seul son départ avait pu forcer Snow à se tourner vers lui. Étrangement la révélation ne lui avait pas fait peur, accordant vraisemblablement une confiance aveugle dans la protection que lui accordait Regina mais elle avait déjà remarqué à plusieurs reprises qu'autour d'elle les gardes avaient resserré leur vigilance et elle avait été touchée par l'idée qu'ils puissent vouloir la protéger eux aussi au nom de leur Reine.
- Les gardes qui patrouillent dans l'aile de la Reine.
- Qu'est-ce qu'ils ont ?
- Ils me laissent pas passer.
- Peut-être parce que la Reine ne veut pas être dérangée ?
- Je te demandais pas ton avis.
- J'ai bien compris. Tu me demandes mon aide.
- Pas du t...
- C'est bon, je vais t'aider. Mais je veux que tu m'accordes un dîner.
- Un dîner ? répéta-t-elle curieuse.
- Toi et moi. En dehors du château. Je connais une petite auberge qui sert des trucs délicieux.
- Peter ... Je suis ...
- Oui oui je sais, j'ai compris. Mais je t'aime bien. Je te sauterai pas dessus Swan. Je sais à quel point tu as de la valeur aux yeux de la Reine et je sais que tu es une Princesse avant d'être un soldat. Mais j'aurais quand même voulu que tu me fasses cet honneur. Juste un repas ...
- Fais moi entrer chez la Reine et j'y réfléchirai, accorda-t-elle.
- Ok !
La simple promesse illuminait son visage d'un réel sourire qui lui fit de la peine. Elle savait déjà qu'elle finirait par lui briser le cœur s'il osait s'attacher.
- Quand est-ce que tu veux y aller ? Ce soir ?
- Non. Plutôt à l'aube, répondit-elle avec un sourire et une idée en tête.
- Comme tu veux.
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Evidemment il s'était fait un plaisir de venir la réveiller à cinq heures tapantes, l'heure à laquelle les servants se levaient péniblement. Elle que l'anticipation avait laissée éveillée très tard dans la nuit s'était pourtant préparée avec hâte, enfilant la tenue noire aux épaulettes bordeaux qui faisait partie de la garde robe qu'on lui avait assignée.
- Et bien ... Quelle allure.
Son complice n'avait cessé de lui jeter des coups d'œil en biais depuis qu'elle était sortie de sa chambre et elle ne put s'empêcher de sourire, touchée par le compliment.
- Je suis désolé. Je suis un peu rouillé en matière de compliments, se reprit-il quelques secondes plus tard alors qu'elle n'avait pas répondu.
- Non non, c'était acceptable, se moqua-t-elle. Bien mieux que ce que certains Princes ont déjà pu me sortir.
- C'est vrai ?
- Te fais pas des idées non plus.
Il ne répondit pas, le visage soudain ombré d'un sérieux qu'elle lui avait vu adopter lors de combats et elle comprit qu'il avait repéré des gardes quand il lui fit signe de se taire. D'une poche intérieure de sa veste elle l'observa sortir une sarbacane et y souffler quelques secondes avant qu'un bruit sourd ne retentisse dans le couloir.
- Tu bouges pas, tu observes. Tu sauras quand tu pourras y aller, je m'occupe du reste.
- T'es vraiment un as.
- Tu me dois un repas, lui rappela-t-il avec un sourire charmeur avant de s'élancer dans le couloir. Hey ! Tout va bien ?
Quelques minutes durant elle l'épia, impressionnée par le talent avec lequel il jouait son rôle d'acteur, inquiet lorsqu'il fallait l'être auprès du garde qui semblait soudain avoir eu un malaise et autoritaire avec les autres quand il s'agissait de donner des ordres pour le faire évacuer et trouver une relève. L'instant d'après il n'y eut plus personne et elle sut que son moment était arrivé, bondissant de sa cachette pour fondre sur l'immense porte en bois qui n'était plus gardée.
- Evidemment ... murmura-t-elle quand les battants s'ouvrirent avec un grincement sinistre qui avait du s'entendre depuis l'autre bout de la pièce.
Pourtant son manque de discrétion ne provoqua aucune réaction alors qu'elle s'engouffrait dans la pièce où elle se rappelait encore avoir eu l'honneur de passer une nuit. La vision du lit vide la fit froncer les sourcils mais la lumière qui filtrait sous la porte d'une salle de bains la rassura. Un instant elle contempla l'idée d'y entrer avant de se ressaisir. Ce qu'elle faisait était déjà risqué, inutile d'anéantir toutes ses chances de réussite en vexant la Reine.
- On cherche quelque chose ?
La voix dénaturée la fit sursauter. C'était la première fois qu'elle croisait le regard du plus fidèle serviteur de la sorcière, suspendue dans un nuage de fumée bleue au centre d'un immense miroir.
- Sidney ? se rappela-t-elle.
- C'est mon nom. Que faites-vous dans la chambre de ma Reine ?
- Pour votre gouverne Regina est également ma Reine. Et ça ne vous regarde pas.
- J'ai peur que tout ici me regarde ... Je suis les yeux et les oreilles de la Reine quand elle n'est pas là.
- C'est vous qu'elle utilise pour m'espionner alors ?
- Parfois, concéda-t-il.
- Mais aujourd'hui vous êtes là de votre propre initiative, devina-t-elle.
- Je ne suis peut être pas en mission mais je n'ai pas besoin de la permission de la Reine pour apparaître où il me plaît Swan.
- Un bon soldat n'aurait jamais tenu de tels propos.
- Il n'y a pas meilleur soldat que moi Swan, restez à votre place !
L'agacement du génie l'aurait fait rire si elle n'avait pas soudain senti une présence dans son dos, le souffle de la sorcière venant effleurer son oreille lorsqu'elle lui parla.
- Ne l'écoutez pas, il est toujours de mauvaise humeur le matin.
Derrière elle elle la sentit agiter une main pour faire disparaître le visage de la surface glacée dans laquelle elle croisa immédiatement le regard de la Reine. Les cheveux encore mouillés noués en haut chignon, à peine maquillée. Elle avait deviné juste pour la salle de bains.
- Que faites-vous ici Princesse ?
Perdue dans la présence magnétique, elle eut besoin de quelques secondes pour reprendre ses esprits, avalant avec difficulté sa salive pour se distraire de la main qui était en train de jouer avec une épaulette de son costume.
- Je vous enlève.
- M'enlever ? répéta l'autre avec un rire.
- Oui. Changez-vous. Quelque chose où vous serez à l'aise.
Dans le miroir elle vit clairement la brune froncer les sourcils avant d'opter pour une tenue qui ressemblait à la sienne si elle avait pu se permettre de porter du cuir et un décolleté ravageur.
- Et maintenant ?
- Maintenant, direction les écuries, affirma-t-elle avec une fausse assurance.
- Très bien, sembla se moquer Regina qui ne devait avoir aucun mal à deviner son état d'esprit.
Elle eut un hoquet quand un bras fut passé autour de sa taille, se retrouvant plaquée contre le corps brûlant de la sorcière qui les fit disparaître en un nuage de fumée violette.
- Qui a préparé mon cheval ? s'étonna-t-elle clairement dans les écuries où leurs deux étalons les attendaient patiemment.
- Euh ... Moi, pourquoi ?
- Hum ... Hades n'est pas très sociable d'habitude.
Elle ne répondit pas, choisissant de ne pas dévoiler les dizaines de visites qu'elle avait rendues à l'étalon en même temps que le sien, espérant en secret apprivoiser la bête connue pour n'avoir accordé sa confiance qu'à la Reine. Quelques secondes encore elle observa la brune s'approcher de sa monture pour caresser sa robe d'un noir luisant avant qu'elle ne se tourne finalement vers elle, un éclat particulier dans ses yeux bruns.
- Est-ce que ... Avez-vous confiance en moi ? demanda-t-elle en se rendant compte qu'elle attendait visiblement ses prochaines instructions.
- Oui, répondit simplement l'autre.
- Est-ce que vous avez envie de passer cette journée avec moi ? poussa-t-elle.
Soudain elle se rendait compte de l'absurdité de sa mission.
- Parce que ... Ces derniers jours vous êtes restée dans vos quartiers et ... J'avais envie de vous voir mais maintenant je me demande si ce n'était pas vous manquer de resp...
- Où allons nous ? coupa la brune.
- Qu'est-ce que ça veut dire ?
- Ça veut dire "Où allons nous ?" simplement.
Elle mit quelques secondes supplémentaires à répondre, observant en silence la brune monter sur son étalon et attendre un signe de sa part. Visiblement elle n'avait pas envie de parler des quelques jours qui venaient de s'écouler et comptait ignorer totalement le sujet.
- Bien, décida-t-elle à haute voix.
Si c'était là la volonté de sa Reine, qui était-elle pour la contrarier ? Imitant Regina la jeune femme se saisit des rênes de son cheval pour y monter, lui faisant signe de la suivre sans regarder si elle obéissait tandis qu'elle sortait des écuries. Elle eut un sourire en entendant le bruit des sabots derrière elle, choisissant de ne plus prononcer le moindre mot avant d'être arrivée à destination.
Elle avait découvert la clairière lors de ses désormais habituelles promenades matinales avec Ruby, impressionnée par le spectacle qui s'y déroulait et ne manquait jamais de l'émerveiller. Aujourd'hui elle espérait pouvoir partager l'expérience avec la sorcière qui portait pour l'instant un air troublé sur le visage. L'obscurité de la nuit semblait s'accrocher à elle en un manteau de tristesse qu'elle s'était fait une mission d'anéantir. La Princesse se redressa, serrant les dents pour s'empêcher de penser une seconde de plus à ce qui devait ronger la brune et préféra arrêter son cheval.
- Il va falloir descendre Majesté, ils ne sont pas très fans des autres bêtes.
- Qui ça ils ?
La Reine qui la dominait depuis toute la hauteur de l'étalon sur lequel elle était toujours assise avait l'air encore plus majestueux que d'habitude et elle dut avaler à plusieurs reprises sa salive avant de pouvoir formuler une réponse.
- Vous me faites confiance ? re-demanda-t-elle avec un sourire en s'approchant d'elle pour lui offrir son aide pour descendre de l'animal.
Elle n'en avait certainement pas besoin mais la blonde fut ravie qu'elle accepte avec un signe de tête, tenant un instant de plus que nécessaire la taille soulignée par une ceinture en cuir avant de s'emparer de sa main pour l'entraîner à sa suite.
- Emma, je...
- Chut, ne les effrayez pas.
La main de la brune serra brièvement la sienne en guise d'avertissement et elle était prête à parier qu'elle allait recevoir une remontrance quand le premier rayon de soleil traversa l'écran des hautes branches des arbres qui bordaient la clairière. Elle eut un sourire quand elle la sentit se figer à ses côtés, le souffle coupé par le spectacle. Elle qui avait toujours préféré les couchers de soleil avait découvert ici la beauté de l'aurore, à l'heure où le monde semblait lui appartenir, la nature se réveillant quand tous les autres dormaient encore sans savoir ce qu'ils rataient.
Mais pour une fois ce n'était pas le paysage qui la fascinait et elle avait gardé les yeux rivés sur le profil parfait de la Reine qui semblait absorbée par ce qu'elle découvrait. La lumière naissante illuminait son visage, chassant la noirceur qui avait terni l'éclat particulier de son teint, le soleil rasant creusant un peu plus l'ombre de la cicatrice qui barrait sa lèvre et elle dut se mordre la joue pour ne pas la complimenter une nouvelle fois.
- Oh ...
L'exclamation qui échappa à la sorcière la fit se détourner d'elle pour observer ce qu'elle venait d'apercevoir. C'était Ruby qui avait découvert le cerf la première mais c'était elle qui avait osé s'en approcher. L'animal n'avait rien à voir avec ceux qu'elle avait vus accrochés aux murs de la salle de repos dans le château de ses parents. Ses bois étaient aussi imposants que son immense corps beige et s'il n'avait jamais manifesté la moindre agressivité envers elle, elle ne doutait pas une seconde de ses capacités à tuer un être humain. Non loin de lui une biche surveillait de près un faon pas plus grand qu'un mètre dont les pattes élancées ne semblaient toujours pas sûres d'elles.
Un instant encore elle permit à la Reine de contempler le spectacle avec vénération avant de s'emparer à nouveau de sa main, la forçant au silence d'un doigt contre ses lèvres qu'elle ne retira que lorsqu'elle eut obtenu un signe de la tête. Quelque chose de nouveau qu'elle identifia comme de l'appréhension émanait de la sorcière à ses côtés et elle raffermit sa prise sur sa main ne s'immobilisant qu'arrivée à moins de deux mètres de la bête qui les regardait avec intérêt.
Il y eut quelques secondes de flottement avant qu'elle ne se sente attirée vers le bas, réalisant avec stupeur que la brune à ses côtés était en train de s'incliner. La Princesse l'imita, peu rassurée à l'idée d'exposer sa nuque à la créature qui aurait pu l'empaler d'un geste brusque mais cette fois c'était la sorcière qui lui donnait la confiance nécessaire pour le faire. Elle se releva en même temps qu'elle au bout de ce qui lui sembla être une éternité, avançant pour caresser un museau humide.
- Allez-y, encouragea-t-elle sa compagne à voix basse.
- Emma ...
Mais avant qu'elle ait pu finir son objection, l'intéressée avait levé leur main jointe pour la poser entre les deux yeux d'or. Elle pouvait sentir de là la magie s'affoler autour d'elle mais résista lorsque la brune voulut se dégager et jusqu'à ce qu'elle ait manifestement assez confiance pour rester de son propre chef quand elle se retira, reculant de quelques pas pour observer la scène un sourire aux lèvres. C'était encore plus beau que tous les matins précédents. Regina avait le don d'embellir tout ce qu'elle touchait, sa présence rendait la moindre situation plus vivante, vibrante de quelque chose qui la rendait presque sacrée et elle dut essuyer une larme, pestant en silence contre son sentimentalisme.
Heureusement la sorcière ne se retourna pas d'un long moment, caressant avec révérence le pelage qui s'il n'était pas doux brillait comme trempé d'or. Elle qui n'avait pas osé s'approcher des deux autres membres de la famille, parut interloquée quand le faon vint renifler les pans de sa jaquette en velours rouge, un sourire aux lèvres lorsqu'il manqua tomber en sautillant autour de son père qui le regardait placidement.
L'aube était déjà levée depuis de longues minutes quand elle finit par se tourner vers elle, abandonnant les cervidés pour la rejoindre à petits pas.
- Merci, l'entendit-elle à peine souffler lorsqu'elle arriva à sa hauteur, si près qu'elle pouvait distinguer le souci qui avait creusé son front les derniers jours.
- Tout pour vous ma Reine, répondit-elle simplement.
Les deux perles d'ébènes qui avaient fixé ses yeux descendirent l'espace d'un instant sur ses lèvres et son coeur eut une ratée quand elle la vit mordre les siennes avant de se détourner.
- Ce sont des êtres rares. Je ne pensais même pas que mon royaume en abritait un, l'informa-t-elle. Ils n'ont qu'une compagne et qu'un seul descendant qu'ils chérissent comme la prunelle de leurs yeux. Comment avez-vous fait pour l'approcher ?
- En lui parlant.
- Un don que vous avez sans douté hérité de votre mère dans ce cas ...
- Ça aurait pu être pire, j'aurais pu chanter, tenta-t-elle de plaisanter.
- Je suppose ...
Son regard balaya la clairière, caressant le sol recouvert d'une mousse qui avait envahi les troncs des arbres. Une rivière coulait non loin d'elles mais elle doutait de pouvoir convaincre la Reine de prendre un bain avec elle. En revanche, elle pouvait lui offrir quelque chose qu'elle avait déjà avouer aimer.
- Il parait que votre cheval est le plus rapide de la cavalerie, lança-t-elle sur un ton faussement innocent.
- C'est votre programme ? lui répondit l'autre qui semblait avoir deviné son plan.
- Pourquoi ? Vous vous attendiez encore à ce que je passe ma journée à tenter de vous arracher un baiser ?
La réponse arracha un rire à la brune dont elle profita pour partir en courant vers son cheval.
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Evidemment la Reine ne l'avait pas imitée et quelques minutes elle avait même cru qu'elle ne l'avait pas suivie avant d'entendre le fracas des sabots qui la talonnèrent bientôt. Pas une seule fois parvint-elle à semer le destrier noir qui sautait au dessus des troncs comme s'il s'était agit de brindilles. Quelque part dans la forêt les arbres s'étaient éloignés les uns des autres et alors qu'elles avaient atteint un endroit où elle ne s'était jamais aventurée, elle avait entendu la sorcière lui ordonner de faire confiance à son cheval avant de la voir donner un nouveau coup de talons à sa monture qui avait accéléré le rythme en un galop qui l'avait laissée une vingtaine de mètres derrière elle.
Elle n'avait pas retenu le hoquet de stupeur lorsqu'elle l'avait vu sauter au dessus du précipice bien trop large pour être franchi d'un simple saut mais elle l'avait atteint d'un bond aussi gracieux que si elle avait sauté un obstacle de moins d'un mètre. À distance ses yeux accrochèrent ceux la Reine qui avait arrêté son cheval pour l'observer et elle l'imita, tapant du talon le flan de son équidé.
- Déconne pas Bandit, t'as intérêt à gérer ...
Elle ne retint pas son cri d'admiration lorsqu'elle se sentit décoller, accusant le coup un peu maladroitement lorsqu'ils atterrirent de l'autre côté. Regina avait les yeux brillants de quelque chose qui lui donnait un air encore plus jeune. La Liberté se rappela-t-elle. À cet instant elle n'était plus la dirigeante d'un royaume ou une femme qui se devait d'être crainte par ses semblables, elle était juste quelqu'un qui appréciait faire du cheval. Et juste comme ça elle eut l'impression d'avoir accompli sa mission. Un miracle.
Pourtant elle qui avait espéré l'émerveiller se retrouvait prise à son propre jeu, subjuguée par la brune qui s'était montrée hautaine mais charmante lors du repas qu'elle avait consenti à prendre dans un près où elle avait fait apparaître tout ce dont elles avaient eu besoin d'un geste de la main. Mais la fatigue de la nuit l'avait aussitôt rattrapée et sur l'épaisse couverture en laine grise elle avait sombré dans un sommeil sans rêve avant même de s'en rendre compte.
Elle pouvait entendre le vent souffler dans les arbres proches lorsqu'elle se réveilla et le bruit que faisaient leurs chevaux attachés non loin de là mais une autre sensation éclipsa tout le reste. Elle n'avait aucun souvenir de la façon dont elle s'était endormie, mais il n'y avait aucun doute quand à l'endroit où elle était au réveil. La tête posée sur des cuisses recouvertes de cuir, elle dut retenir un gémissement en se rendant compte de la main posée sur son chemisier blanc, inondant son estomac d'une chaleur qui chassait l'hiver autour d'elles et les doigts qui caressaient son cuir chevelu en un rythme immuable. Elle était au paradis.
Pourtant elle pouvait à nouveau sentir quelque chose qui ressemblait à une profonde tristesse émaner en vagues de la femme qui la tenait contre elle et elle se reprit à nouveau à s'interroger sur la nature de ce qui était en train de la ronger. Elle qui aurait tout donné pour l'apaiser n'avait aucune idée sur la façon dont elle devait s'y prendre. Prudemment elle rouvrit les yeux, découvrant le visage de la Reine sous un angle inédit, ses traits parfaits lui rappelant les statues de marbre forgée à l'épreuve de l'âge.
- Posez vos questions, entendit-elle la sorcière ordonner.
La Princesse se hâta de refermer les yeux par réflexe plus qu'autre chose, comme une enfant qu'on aurait surprit à regarder quelque chose qu'elle n'avait pas été autorisée à admirer mais la brune ne semblait pas contrariée. Rien n'avait changé dans sa posture ou dans le geste qu'elle continuait à faire, réduisant ses entrailles en une masse brûlante de désir et de bien être. Mais c'était l'occasion ou jamais de tenter d'obtenir les réponses qu'elle seule pouvait lui apporter.
- Qui est Henry ? demanda-t-elle sans y réfléchir.
Dans ses cheveux les doigts se figèrent brièvement avant de reprendre leur course, la Reine ne daignant même pas baisser les yeux vers elle avant de répondre.
- Mon fils.
Les deux mots eurent l'effet d'une bombe et ce fut elle qui se raidit. Elle avait eu un fils ? Avec qui ? Personne ne lui avait jamais parlé d'un enfant et si elle en avait eu un avec son grand père il y en aurait forcément eu une trace quelque part.
- Av... Avec qui ?
- Personne. Je l'ai adopté.
- Et qu'est-ce qu'il est devenu ?
- Il est mort.
Elle eut le souffle coupé par la déclaration. Elle ne s'était pas attendu à autant d'honnêteté de la part de la femme qui semblait presque distante, insensible à ce qu'elle révélait. Un soupçon terrible lui tordit l'estomac. Son fils était la raison pour laquelle Regina détestait Snow. Qu'avait-elle pu faire de pire que lui arracher son âme soeur si ce n'était lui arracher son fils ? Mais la question ne franchit pas la barrière de ses lèvres. Elle n'était pas prête à entendre la réponse.
- Je ... Je suis désolée. Vraiment. Et ... Qui est Bealfare ?
- Baelfire, corrigea-t-elle. Le fils de Rumplestiltskin.
- Et qu'est-ce qu'il a avoir avec vous ? Quel marché vous propose Rumplestiltskin ?
- Je ne sais pas, je ne me suis pas encore penchée dessus.
Une fois de plus elle se surprit à la croire et si elle savait qu'il était connu qu'il ne fallait jamais se risquer à conclure un marché avec lui, elle n'osa pas le conseiller à la Reine à haute voix.
- Et qui est ... Qui est Miss Swan ? demanda-t-elle enfin la voix nouée d'appréhension.
Elle n'avait pas pu s'empêcher de noter le nom. Celui que la brune lui avait attribuée quand elle était rentrée dans l'armée et celui que le sorcier avait semble-t-il utilisé pour la désigner lui aussi. Dans leur conversation leurs deux existences s'emmêlaient en un chaos qu'elle n'avait toujours pas compris.
- Quelqu'un ... Quelqu'un que j'ai connu.
- Qui me ressemblait ? hasarda-t-elle.
- Beaucoup.
- Est-ce que ... Est-ce que c'était quelqu'un que vous avez aimé ? Est-ce que c'est pour ça que vous me protégez ? Parce que je vous rappelle cette femme ?
Cette fois le regard sombre descendit vers elle pour croiser le sien sans cacher sa surprise.
- Est-ce que c'est elle que vous voyiez en moi quand vous avez envie de m'embrasser ?
Quelque chose comme de la panique stria un instant les orbes brunes avant qu'un masque d'impassibilité ne reprenne place.
- Non, fut la seule réponse qu'elle obtint.
Pourtant la Reine ne la regardait plus et elle ne put s'empêcher de croire qu'elle mentait, quittant à regret le confort des cuisses de sa souveraine pour s'agenouiller un peu plus loin, aussitôt assaillie par un froid qu'elle tenta d'ignorer.
- Qui était-elle ? Regardez-moi ! insista-t-elle lorsqu'elle fut ignorée.
- Un autre ton Swan !
L'ordre claqua et elle sentit quelque chose se briser en elle, portant par réflexe une main au pendentif qui reposait dans son décolleté, glaçant un peu plus son corps.
- Non ... Non ne m'appelez pas comme ça.
- Pardon ?
- Swan. C'est son nom, pas le mien.
- Swan est votre nom de soldat Princesse. Je l'utiliserai quand je voudrai. C'est vous qui avez tenu à...
- Non, coupa-t-elle à nouveau en se levant, luttant contre le poids qui l'attirait indéniablement par terre où elle voulait se rouler en boule et pleurer. Je pensais ... Je pensais que j'avais quelque chose de spécial. Moi. Pas parce que je ressemblais à quelqu'un ...
- Ce n'est pas le cas, trancha la voix intransigeante. N'allez pas imaginer des choses !
- Pourquoi me protégez-vous alors ? Pourquoi moi ?
Les traits parfaits de la Reine s'étaient soudain crispés, les sourcils froncés en un avertissement qui en aurait fait pâlir plus d'un mais à l'instant elle avait l'impression de ne plus rien avoir à perdre. De ne plus rien avoir. Parce que tout ce qui la retenait ces derniers temps venait de s'effondrer en quelques secondes. Et la brune semblait incapable de lui répondre.
Sous elle ses jambes tremblaient remarqua-t-elle étrangement lorsqu'elle tourna les talons, laissant les larmes couler quand elle arracha les rênes de son cheval à l'arbre où il avait été attaché. Elle ignora l'appel qui retentit derrière elle, reconnaissante malgré elle à la sorcière qui n'utilisa pas sa magie pour la forcer à rester à ses côtés.
- Au château Bandit, ordonna-t-elle avec un sanglot dans la voix. Vite.
Elle ne vit pas le trajet passer, les yeux brouillés par les larmes, raidie par le froid qui semblait pénétrer sous la fine épaisseur de son costume noir et sentant déjà des courbatures crisper les muscles de ses cuisses malmenées par le fracas du galop de son destrier qui déboula dans la cour du château moins d'une heure plus tard, écartant sur son chemin plusieurs soldats à l'entrainement.
- Hey ! Swan !
Elle ignora le nom qui venait d'être crié après elle, refusant désormais de l'assimiler à elle et sauta à terre sans prêter garde au cheval qui continuait son chemin au pas vers les écuries qu'elles avaient quitté plus tôt.
- Swan ? insista quelqu'un derrière elle.
- NON ! rugit-elle en dégainant l'épée qu'elle portait à la hanche. Je ne m'appelle pas Swan !
La lame avait été bloquée avec une dextérité propre aux soldats de la garde et la compassion qu'elle lut dans le regard clair qui la détaillait avec inquiétude fit jaillir un nouveau flots de larme.
- Merde. D'accord, d'accord. Emma. Princesse. Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Peter.
- Je ... J'ai besoin ... Je ne sais plus si ma place est ici.
Elle ne voulait pas être le substitut de quelqu'un d'autre. Elle méritait mieux. Mieux que d'être choyée à cause de quelqu'un qu'elle n'était pas et pas parce qu'elle avait une quelconque valeur en tant qu'être humain à part entière.
- Ta place ? répéta-t-il interloqué. Euh ... Doucement ok S... Emma ? Rentre. Tu vas prendre un bain et puis on en parlera ce soir autour de ce repas que tu m'as promis, d'accord ?
Les yeux bleus la regardaient avec une attention emplie d'espoir et elle se sentit hocher la tête avant d'y avoir réfléchi, essuyant ses larmes d'un revers de manche, tant pis si elle n'avait plus l'air d'une Princesse.
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Il faisait nuit lorsqu'elle se réveilla, plus courbaturée que quand elle était rentrée de sa folle course sur le dos de son étalon et si l'espace d'une seconde elle sentit son corps se relaxer dans l'embrasse brûlante dans lequel il était lové, elle eut un hoquet de surprise en se relevant à moitié, horrifiée par la vision qui s'offrait à elle. Emma porta une main tremblante devant sa bouche pour étouffer la panique qui était en train de ronger ses entrailles plus vivement qu'un poison mortel.
- Hey, ça va ?
La voix douce la fit balbutier quelques syllabes sans arriver à former des mots, se dégageant déjà de l'emprise qu'on avait sur elle pour s'emparer de son pantalon et d'un chemisier qu'elle enfila aussi vite qu'elle put.
- Emma, tout va bien ?
- Je... Je suis désolée, arriva-t-elle finalement à murmurer avant de s'enfuir en courant.
Au moins étaient-ils rentrés au château réalisa-t-elle lorsqu'elle passa devant la grande salle où les soldats se réunissaient d'habitude pour manger. À cette heure de la nuit elle était déserte et elle faillit y rentrer pour trouver refuge mais ses pas la conduisaient déjà ailleurs, trébuchant dans les jardins où elle fut pliée en deux par un spasme qui la força à rendre l'intégralité de son repas. Un instant elle resta à terre à écouter le bruit de ses dents qui claquaient plus fort que les drapeaux dans le vent au dessus d'elle.
Elle se dégoutait réalisa-t-elle en tentant tant bien que mal de se relever pour rejoindre à un rythme plus lent l'aile principale du château où elle mit une éternité à monter les escaliers en colimaçon qui la menaient au troisième étage pour enfoncer la porte de la chambre qui lui avait été promise. Le bruit du coton qu'elle déchira en enlevant sauvagement ses vêtements avait quelque chose de réconfortant, comme si elle avait pu arracher sa propre chair et la laisser par terre dans l'immense pièce dont elle partit à grand pas pour s'enfermer dans la salle de bains.
Elle avait déjà eu l'occasion de s'émerveiller sur les installations du château de la Reine mais aucun système d'eau courante n'égalait ce qu'elle avait pu voir ici, s'enfermant derrière une vitre transparente où l'eau brûlante jaillissait du plafond comme une cascade naturelle pour se mêler aux larmes qui n'avaient pas cesser de couler.
Il ne l'avait pas forcée. Elle se rappelait très bien de la soirée plus qu'agréable qu'il lui avait faite passer, des conseils qu'il lui avait donné et la façon dont il avait presque élaboré avec elle un plan pour lui permettre de perdre ce surnom qu'elle détestait à présent. Et puis elle s'était laissée embrasser et guider dans la chambre. Elle se rappelait de sa douceur, de son sourire et s'en dégoutait encore plus, frottant sa peau rougie par l'eau chaude comme pour chasser le souvenir de caresses incrustées dans son corps avant de se laisser glisser à terre sur les carreaux en marbre noir.
- Putain mais quelle conne ! lança-t-elle à personne en un sanglot.
Mais qu'importe les insultes qu'elle put adresser au vague reflet qu'elle pouvait distinguer dans la paroi emplie de buée, rien ne semblait calmer les larmes et les tremblements. Par réflexe comme elle avait souvent fait dans ses heures les plus sombres, la blonde se raccrocha au pendentif qui brillait autour de son cou, le contact étrangement froid contrastant avec la chaleur ambiante de l'espace confiné. À l'instant elle aurait voulu l'arracher, se laisser emplir de la magie dévorante qui ne manquerait pas de la tuer. Peut-être se sentirait-elle bien alors.
Comme s'il avait suivi le cours de ses pensées, le bijou s'échauffa soudain tant qu'elle dut le lâcher pour ne pas être brûlée, surprise quand elle ne remarqua aucune douleur lorsqu'il ré-atterrit à sa place entre les cheveux trempés qui collait à sa peau. Ok, le suicide n'était pas une bonne idée.
Avec une lenteur désespérée la jeune femme se releva, adossée au mur de la douche dont elle coupa la cascade d'eau, soudain frappée par le silence de la pièce uniquement perturbé par la chute de quelques dernières gouttes sur la dalle où elle était encore immobilisée. Elle mit une petite éternité à sortir de l'espace confiné pour attraper un peignoir en soie bleue semblable à celui qu'elle avait porté le jour où elle était descendue du château pour confronter son père. Ses mains toujours tremblantes finirent de lacer la ceinture soyeuse et montèrent essuyer la surface glacée d'un miroir où elle eut un choc en découvrant son reflet. Ses yeux n'étaient pas la seule chose qui avait été rougie, son corps entier encore marqué par l'eau brûlante et les griffures qu'elle s'était infligées en de vaines tentative de nettoyer ses pêchers.
Sans son accord les larmes recommencèrent à couler, brûlant un nouveau chemin le long de ses joues et ce ne fut que quand le premier sanglot déchira le silence qu'elle sentit ses jambes se remettre en marche pour traverser la chambre dans laquelle elle était rentrée, claquant la porte derrière elle avant de se précipiter sur la suivante et l'ouvrir à la volée, rassurée dans son malheur de voir un feu brûler dans l'immense pièce.
- Swan qui vous a permis de ...
- Pas Swan, s'il vous plaît, réussit-elle à implorer d'une voix tremblante avant de se précipiter vers la cheminée et le canapé où elle s'effondra aux pieds de la Reine. Juste ... Juste Emma. S'il vous plaît.
Les yeux bruns qui brillaient du reflet fauve des flammes de la cheminée parcoururent son corps, remarquant certainement les dégâts et se brouillèrent d'une panique dévorante. Un moment elle eut peur que la sorcière ne soit pas aussi forte qu'elle l'avait crue, mais l'instant d'après elle était déjà engloutie par le parfum de la Reine, enveloppée dans une embrasse qui semblait plus naturelle, plus juste que tout ce qu'elle avait pu ressentir aujourd'hui.
- Oh Emma, qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? souffla la voix rauque d'émotions quelque part près de son oreille.
Voilà, voilà, je vous avais prévenus ... Bon ça va, soyez reconnaissants, je vous ai épargné le plus terrible quand même hein ?! Mais promis, ça sera jamais pire que ça ^^
