Hey vous ! Quelle garce je fais hein, je vous promets du M & je poste pas d'une éternité ... Honte sur moi ! Mais J'ai galéré pour l'écrire & puis je suis partie à Paris sans mon ordi donc je pouvais pas poster mais la bonne nouvelle c'est que du coup j'ai aussi écrit le prochain chapitre donc si vous réagissez bien à celui là l'autre devrait pas tarder ;) Promis je vous fais plus jamais ça en tout cas !
Je sais, j'ai répondu à aucun commentaire, je le ferai aujourd'hui/demain très vite en tout cas !
ElysCiel ne te dévalorise pas tes compliments sont au top ;) Lily, tu en sauras plus sur Cora dans quelques chapitres mais en attendant c'est lr suspens j'en ai peur ... Mel99 merci de ton passage, ravie de voir que tu suis toujours ! Guest qui a lu les 12 chapitres d'un coup, chapeau, voilà la suite en espérant que tu te seras accrochée pour l'avoir !
Merci à RavenFeatherShadow pour sa correction au top ! :D
Chapitre 13 :
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Regina
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Il n'y avait pas pire célébration que celle de son couronnement. Elle se rappelait encore de la première fois où l'on avait posé l'objet en or sur ses cheveux et de la grimace qu'elle avait du retenir lorsqu'une griffe d'un des joyaux s'était emmêlée à une mèche de ses cheveux. C'était la raison pour laquelle elle avait empêché la stupide fête de se renouveler chaque année, éternel souvenir d'une période dont elle ne voulait pas se rappeler. Pourtant il y avait des dates, des anniversaires qu'elle ne pouvait éviter. Apparemment ses trente-cinq ans de règne en faisaient partie. Ses terres florissant malgré l'hiver notamment grâce au véritable butin que leur avait récemment apporté Maléfique suite au pari qu'elle avait perdu, elle se devait de garder l'image d'une Reine aimable qu'elle n'avait jamais eu l'intention de cultiver. Mais c'était ce qu'on pensait d'elle en ce moment. Parce qu'elle avait eu le malheur d'arroser les cultures quand elles avaient eu besoin d'eau et de remplir d'or les bourses de ceux en manque.
- C'est une belle cérémonie, la félicita Belle French à ses côtés.
- Remerciez le personnel qui s'est chargé de l'organiser, je n'y suis pour rien.
- Je sais. Vous étiez occupée au chevet de la Princesse.
Les mots la firent détacher le regard du Commandant parlant à voix basse avec deux soldats qui venaient de faire leur entrée dans la salle avec un air inquiet.
- Et ? demanda-t-elle simplement avec un sourcil arqué.
- Et c'était très généreux de votre part.
- Crachez le morceau Miss French, je ne suis pas d'humeur.
- Je ... J'ai déjà vu l'amour dans les yeux de quelqu'un capable des pires atrocités et je voulais vous dire ... Vous n'êtes pas comme lui. Vous ne devez pas lutter.
Elle ne répondit pas, dévisageant la bibliothécaire de longues secondes. Elle ne se serait jamais doutée que la jeune femme ait le culot de lui parler ainsi. D'accord, leurs rapports avaient été cordiaux dès qu'elle s'était rendu compte qu'elle avait renoncé à la malédiction, mais jamais ne s'était-elle permis de telles libertés.
- Où est votre louve ? demanda-t-elle pour changer le sujet de la conversation.
- Je crois qu'elle est montée dans les étages pour apporter une part de gâteau à Emma. Comment va-t-elle ?
- Mieux.
- Merci.
- C'est Maléfique qui a fait tout le travail, avoua-t-elle en reprenant une gorgée du verre qu'elle n'avait toujours pas fini depuis le toast qu'elle avait été obligée de porter au début de la cérémonie.
- Si vous le dites !
Elle allait rajouter quelque chose quand elles furent abordées par des délégataires d'un royaume dont elle avait très peu entendu parler, appréciant pour une fois la présence de la femme à ses côtés qui semblait plus intéressée qu'elle par la conversation, lui permettant de balayer la pièce d'un regard ennuyé. Encore une heure et elle pourrait s'échapper et monter dans ses chambres ...
- Oh ...
La douce exclamation ne fut pas ce qui la fit se retourner vers l'entrée de la salle de réception, déjà prévenue de ce qui allait se passer par le frisson qui venait de tenter de secouer ses épaules. La surprise n'était rien comparée au désir qui serra son estomac lorsque ses yeux tombèrent sur la silhouette qui avait fait son apparition dans un costume noir épousant ses formes à la perfection. Les cheveux savamment remontés en un chignon elle admira le visage maquillé pour agrandir les yeux clairs et le rouge à lèvres dont la couleur était le rappel parfait des rubis qui brillaient sur le tissu noir qu'elle portait.
- Je ne pensais pas qu'elle serait en état, lui fit remarquer Belle.
- Moi non plus, répondit-elle simplement sans chercher à éclaircir sa voix avant de parler.
Depuis l'autre bout de la salle son regard rencontra celui de la Princesse et elle sentit son estomac se tordre d'appréhension quand elle ne remarqua aucune trace de la joie honnête qui y brillait toujours lorsqu'elles étaient en présence l'une de l'autre. Quelque chose s'était passé et son esprit toujours prompt à imaginer les pire envisageait déjà tout ce qui avait pu se produire pendant les quelques heures où elle avait laissé sa protégée seule. Par réflexe son regard s'attacha immédiatement à celui de son Commandant qui la rejoignit sur un simple signe de la tête.
- Majesté ?
- Que sont venus te dire ces soldats ?
- Le fils du Ténébreux a été trouvé dans vos chambres. On ne sait pas comment il est parvenu à y pénétrer mais il ... Il dormait sur votre lit.
L'étonnement la laissa muette l'espace d'un instant avant qu'elle n'émette un grondement animal qui fit se tendre l'homme en face d'elle.
- Et la Princesse ? Où était-elle ?
- C'est elle qui a prévenu les gardes.
Elle n'eut pas le temps de continuer son interrogatoire, interrompue par un éclaircissement de gorge, se tournant pour couver du regard la jeune femme qui s'était rapprochée. Les lèvres pincées elle traqua la moindre imperfection, le moindre signe de ce qu'on aurait pu lui faire sous la couche de maquillage qui ré-haussait son teint sans parvenir à effacer son aura de tristesse.
- Majesté, m'accorderez-vous cette danse ?
- Je ne danse pas Princesse, c'est bien connu.
- Il y a une première fois à tout, c'est bien connu, répliqua immédiatement l'autre avec une gravité qui la fit avaler sa salive avec précaution, avançant sa main vers celle qui lui était tendue.
Le sourire presque froid dont elle fut gratifiée la conforta dans ses craintes, observant en silence la blonde faire signe à l'orchestre d'entamer une danse tandis que le silence se faisait autour d'elles pour observer le manège dont rares avaient pu être les témoins. La main qui se glissa dans la sienne pour une prise ferme ne lui laissa aucun doute sur le fait que la Princesse avait l'intention de mener leur couple, la regardant brièvement pour avoir son accord avant de commencer.
- Emma que se passe-t-il ? Que faisait Neal dans ma chambre ?
- Quand comptiez-vous me dire que c'était le fils du Ténébreux ? répondit-elle à côté.
La question manqua lui faire faire un faux pas, retenue par la prise de la blonde qui avait gardé les yeux rivés droit devant elle sans vouloir rencontrer les siens.
- Je sais ce que c'est que d'être jugée par des a priori, je ne pensais pas nécessaire de vous influencer en vous révélant son identité, finit-elle par mentir quand d'autres couples les rejoignirent sur la piste de danse.
- Arrêtez vos conneries, je n'ai même pas besoin de vous regarder pour savoir que vous mentez.
Pour la première fois de sa vie elle eut l'impression que la blonde était déçue de sa réaction, de sa réponse. Comme si elle s'était attendue à quelque chose d'autre.La vérité ?
- Emma ...
- Non.
Si elle ne s'était pas formalisée des écarts de langage de la jeune femme, le ton qu'elle venait d'employer la fit se tendre, presque aussitôt attirée par un bras autoritaire qui la rapprocha de l'autre pour une déclaration plus troublante qu'autre chose.
- Tous ces a priori que les gens ont sur vous sont autant de raisons pour lesquelles je vous veux. Ne vous cachez pas derrière ça et prenez le temps de réfléchir à ce que vous voulez vraiment Regina.
La phrase lui fit fermer les yeux l'espace d'un instant, savourant les mots qui faisaient pourtant plus mal qu'autre chose. Ce qu'elle voulait vraiment c'était Emma. Mais céder à la tentation c'était renoncer à Henry. L'enfant qui avait tant représenté, profondément changé tout ce qu'elle était. Aujourd'hui plus de dix-huit ans après l'avoir vu pour la dernière fois les souvenirs lui faisaient toujours autant mal mais elle avait également l'impression qu'il appartenait au passé. Au même titre que Daniel.
- Je ...
- Non. Plus de temps que ça.
Cette fois elle ne tenta pas de répondre, se laissant porter par la musique et les mains qui la dirigeaient. Réfléchir lui prendrait encore des mois. Des années peut-être. L'égoïsme pour lequel elle était bien connue lui criait d'accepter ce qu'Emma lui proposait mais elle n'était plus la même femme. Elle n'avait pas besoin d'une danse pour remettre ses idées en place ... Leurs regards se croisèrent sur les dernières notes de la ballade qui s'achevaient et une fois encore elle eut le pressentiment que quelque chose n'allait définitivement pas.
- Majesté, m'acc...
- Non, la bonde coupa-t-elle l'homme qui s'était approché d'elles. C'est ma dernière soirée ici et la Reine ne dansera qu'avec moi, retournez auprès de votre femme votre Altesse.
Ma dernière soirée ici ?Les sourcils froncés elle n'accorda même pas son attention à l'homme à qui la Princesse s'était adressé avec une froideur extrême, presque aussitôt entraînée quelques pas plus loin pour une autre danse.
- Qu'est-ce que ça veut dire Emma ?
- Que je serai la seule à danser avec vous.
- Pas ça. Qu'entendiez vous par "ma dernière soirée" ?
- Je m'en vais Regina.
- Où ? grinça-t-elle en intensifiant la poigne de sa main sur celle de sa partenaire pour forcer ses yeux à rencontrer les siens.
Les perles d'un bleu presque vert la dévisagèrent quelques instants en un silence qu'elle faillit briser, uniquement ravisée lorsqu'ils tombèrent sur ses lèvres pour se voiler.
- Je ne me rappelle pas grand chose de ce qu'il s'est passé l'autre jour dans la forêt ...
- Ce n'était pas ma question.
- ... Mais je me souviens avoir eu envie de vous. Comme jamais. Est-ce que c'était dû à ma magie ? Cette attraction dont vous m'avez parlé ?
- Peut-être, concéda-t-elle. Où comptez-vous partir ?
- Je ne sais pas, finit par répondre la blonde avec un soupir qu'elle souffla dans le creux de son cou.
- Pourquoi ?
Pour avoir déjà tenté l'expérience elle savait qu'elle ne devrait jamais forcer la Princesse à rester auprès d'elle si ce n'était plus son désir. Henry avait été l'exemple suffisant pour ne plus vouloir renouveler l'occurrence. Cela ne voulait pas dire qu'elle ne tenterait pas tout pour la faire changer d'avis.
- J'ai réalisé que je ne serai jamais la personne que je veux être à vos yeux si je reste ici.
- C'est Lieutenant que vous voulez être Emma ? Je vous nommerai.
- Non. Je ne suis pas prête et ce serait une erreur. Ne commettez pas d'erreur pour moi.
- Et que dois-je faire ?
- Rien. C'est moi qui dois changer.
- Vous n'avez pas besoin de changer pour que je vous aime Emma, répondit-elle après un temps d'arrêt.
Elle aurait pu en être blessée mais sa déclaration ne fut accueillie que d'un maigre sourire triste qui lui serra l'estomac d'appréhension.
- Moi aussi je vous aime, répondit-elle pourtant finalement avec un clin d'œil redevenant l'espace d'un instant l'image de l'insouciance qu'elle était d'habitude avant de lâcher sa main pour lui tendre une coupe de champagne qu'elle venait d'arracher du plateau d'un serveur qui passait à proximité.
Seulement alors réalisa-t-elle que la musique avait cessé, immobile et hébétée tandis que la blonde s'éloignait pour rejoindre Miss Lucas et elle dut se faire violence pour ne pas la suivre.
- Qu'est-ce qu'il se passe ?
La voix basse de sa meilleure amie lui arracha un soupir de soulagement, consciente du désespoir qui brillait dans ses yeux lorsqu'elle se retourna vers elle.
- Elle part. Emma. Elle ne veut plus rester ici.
Les yeux clairs de Maléfique papillonnèrent quelques instants pour trouver du regard l'intéressée qu'elle détailla un instant avant de ciller, une magie latente encore imprégnée dans ses pupilles. Les lèvres laquées d'un rouge presque violet se déformèrent en une moue.
- Quoi ? Qu'est-ce que tu as vu ?
- Rien, mentit-elle ouvertement. Elle te le dira tôt ou tard.
- Mal ...
- Crois-moi, tu veux que ce soit elle qui te le dise. Et pour en revenir à nos moutons, je t'assure que notre petite Princesse a envie de rester, mais elle croit que partir est la seule solution.
- Pour quoi ?
- Pour être à ta hauteur.
- C'est ce qu'elle croit ? Qu'elle n'est pas à ma hauteur ?
La blonde se contenta de hausser une épaule comme si elle n'avait aucune idée de la réponse à sa question, son regard flottant à nouveau vers la Princesse et son groupe d'amis où le Commandant avait fait son apparition armé d'un sourire charmeur comme à son habitude. Dans sa main elle parvint au dernier moment à empêcher le verre qu'elle tenait d'imploser sous la pression exercée par ses doigts. Une soirée. Il lui restait une soirée pour convaincre Emma de ne pas fuir comme elle savait si bien le faire ...
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Assise dans son trône Regina contemplait la foule des invités d'un œil distrait, deux doigts s'amusant à faire tourner un reste de liquide ambré dans une coupe en or. Comme à son habitude à ce genre de soirées elle avait très vite cessé de s'intéresser aux mondanités mais quand elle aurait du se retirer dans ses quartiers pour laisser les autres profiter de la soirée, la Reine s'était appliquée à observer sa protégée.
Comme elle savait le faire en société, la jeune femme laissait ressortir le charme naturel certainement hérité de son père pour converser avec les autres convives mais rien ne semblait pouvoir effacer l'étrange aura qui planait autour d'elle. Il s'était définitivement passé quelque chose dans l'après-midi, quelque chose de bien pire que découvrir que Neal était le fils de Rumplestiltskin et elle brûlait déjà de pouvoir poser toutes les questions qu'elle voulait à son génie. Mais par dessus tout elle avait peur.
Peur que le rejeton du Ténébreux ne lui ait avoué quel marché la liait à son père. Et la déception qu'elle pouvait parfois apercevoir sur les traits de la Princesse était encore plus terrifiante que la colère à laquelle elle s'était attendue. C'était aussi ce qui la paralysait depuis plus d'une heure, l'empêchant de jouer le rôle de celle qu'elle savait si bien personnifier. Parce qu'au final et contrairement à ce que lui avaient affirmé Emma et Maléfique, c'était plutôt elle qui avait l'impression de ne pas être à la hauteur.
Comme si elle avait senti son regard trop appuyé la jeune blonde se détourna de la conversation qu'elle était en train d'avoir avec Miss Lucas pour lui adresser un froncement de sourcil interrogateur. Leurs regards se soutinrent l'espace de quelques secondes avant qu'elle ne sente sa tête bouger sans sa permission, invitant la Princesse à la suivre lorsqu'elle se leva pour échapper au vacarme de la pièce. Pour ne pas changer, les seuls invités qui étaient dehors évacuèrent le balcon avec révérence. La nuit était tombée et elle eut frisson, appelant sa magie pour palier à la froideur que sa robe en voile d'un rouge profond ne parvenait pas à tenir éloignée.
- Tout va bien ?
La question lui arracha un rire sans joie, prenant le temps de revêtir son masque de Reine pour faire face à la blonde.
- Ce n'est pas à moi qu'il faut poser la question. Que se passe-t-il Princesse ?
- Rien, lui mentit l'autre avec une désinvolture qui lui fit grincer les dents.
- Vous m'en voulez de ne pas vous avoir dit que Neal était le fils de Rumplestiltskin ?
- Non voyons, pourquoi est-ce que ça me dérangerait ? Je suis bien tombée amoureuse d'une meurtrière qui a torturé et arraché le cœur de centaines de personnes parce qu'elle était impatiente ?
La réponse la figea l'espace d'un instant, touchée par le nouvel aveu et bouleversée par la façon dont elle venait d'être décrite. Mais c'était la vérité pensa-t-elle en se mordant l'intérieur de la joue pour ne pas s'emporter contre elle. En face d'elle Emma la dévisagea avec dureté quelques secondes, attendant visiblement une réaction et elle eut un frisson lorsqu'elle se rapprocha d'elle ayant compris qu'elle ne lui en donnerait pas.
- Non, vous savez ce qui me dérange ? gronda la blonde.
Cette fois elle dut faire l'effort de soutenir le regard de braise dont l'intensité la dévorait à la recherche de quelque chose qu'elle ne comprenait pas. Sans y avoir posé les yeux, elle voyait de là l'éclat rouge du pendentif qui brillait dans le décolleté de la jeune femme. La colère.
- Ce qui me dérange c'est que finalement vous me voyez exactement de la même façon que me voient mes parents.
L'indignation qui se peignit sur son visage fut apparemment suffisante pour que la Princesse se doute qu'elle allait prendre la parole mais elle en fut empêchée par la main qui bloqua son menton.
- Ce qui me dérange c'est même pas votre décision de sauver votre peau en me promettant au fils de Rumplestiltskin mais que vous n'ayez même pas jugé utile de m'en parler !
Le vertige qui manqua lui faire perdre l'équilibre la surprit totalement, la respiration coupée tandis que sa protégée la força à faire un pas en arrière pour s'appuyer contre la rambarde qui la soutint un peu plus efficacement que la main l'empêchant toujours de parler. Elle savait. La vermine qu'était Baelfire n'avait certainement pas pu tenir sa langue. En face d'elle la jeune femme la regarda ouvrir et fermer sa bouche à plusieurs reprises tandis qu'elle cherchait les mots justes pour répondre sans y parvenir.
- Vous ne comptez pas me répondre ?
- Ma décision ne vous dérange pas mais j'aurais du vous en parler ? reformula-t-elle finalement.
L'exaspération qu'elle vit clairement se refléter sur le visage illuminé par le feu des torches la fit pincer les lèvres.
- Non, pourquoi ça me dérangerait voyons ? La Reine a tous les droits et les soldats en aucun cas celui de contester ses décisions non ?
Cette fois le sarcasme était clair et la colère qu'elle ressentait contre elle-même ne manqua pas d'être redirigée vers la blonde.
- N'oubliez pas votre place soldat.
- Oh je ne l'oublierai plus, croyez-moi.
Elle ne répondit pas tout de suite, consciente que la situation était en train d'empirer mais son silence eut le malheur de provoquer un peu plus la Princesse.
- Vous n'avez pas idée de ce que je suis prête à faire pour vous, n'est-ce pas ? J'ai quitté une vie de Princesse pour me rouler dans la boue et me battre comme un vulgaire soldat pour être à vos côtés. J'ai tué pour vous. Je pensais ... Je pensais que vous auriez un peu plus de considération pour moi.
- De la considération Emma ? Que voulez-vous de plus ? Vous n'avez rien quitté du tout, je vous ai offert la même vie que moi ici. Une place dans ma garde parce que c'était ce que vous vouliez, une chambre dans mon aile du château que vous avez refusée parce que vous vous comportez comme une enfant ! Et vous vous étonnez que je ne vous implique pas dans ce genre de décisions ?
Rares étaient les fois où elle haussait le ton sur ses sujets mais aujourd'hui ses éclats de voix auraient pu atteindre l'intérieur de la salle si elle ne les avait pas empêché d'un peu de magie.
- Ne vous cachez pas derrière de fausses excuses Majesté, vous êtes égoïste. Tout comme mes parents. La seule différence c'est que vous ne vous en cachez pas et que jusqu'à aujourd'hui je pensais être une exception.
- Égoïste ? gronda-t-elle cette fois. J'ai bien des reproches à me faire mais jamais je n'aurais été égoïste avec vous ! J'ai mis mon royaume en danger lorsque j'ai choisi de vous accueillir, j'ai tout abandonné pour être à votre chevet cette semaine et des dizaines fois lorsqu'il a fallu vous sauver de situations dans lesquelles vous ne cessiez de vous fourrer et je suis égoïste ?! Parce que malgré tout ce que je ressens pour vous, malgré l'égoïsme qui me hurle de vous faire mienne je me fais violence pour vous donner une chance d'être heureuse avec quelqu'un que je ne supporte pas ?
En parlant elle s'était libérée de l'entrave qu'avait exercée la jeune femme sur son bras, la forçant à reculer à son tour. De l'intérieur on aurait pu voir leur deux silhouettes quasiment collées l'une à l'autre, la Reine ayant retrouvé dans sa colère l'éternelle prestance qui la caractérisait.
- Qu'est-ce qui vous retient ?
- Cet homme est votre âme sœur.
- Il y a autre chose.
- Rien d'autre ou croyez-moi je vous aurais traînée dans mon lit depuis longtemps.
L'affirmation fut peut-être suffisante à distraire la Princesse ou alors choisit-elle d'ignorer le mensonge qu'elle avait proféré en osant soutenir son regard.
- Alors faites le parce qu'il n'est pas mon âme sœur. C'est impossible. Ce que je ressens pour vous dépasse largement tout ce que je pourrais jamais ressentir pour lui. Si j'ai une âme sœur, c'est vous, croyez-moi.
- Vous dites ça parce que vous ne l'avez pas embrassé.
- J'ai pas eu besoin de vous embrasser pour savoir que je vous aimais.
Elle enviait la blonde qui parvenait à avouer si facilement ses sentiments, à en parler comme une évidence tandis que les simples mots la faisait frissonner au point qu'elle manque lui ordonner de ne plus les répéter. Les entendre c'était briser un peu plus son cœur à chaque fois.
- Vous vous trompez. Vous ne pouvez pas m'aimer.
- Parce que je suis trop jeune ? Je ne sais pas à quoi ça ressemble ? Ou est-ce que vous allez me ressortir votre baratin sur le fait que la Méchante Reine n'a pas le droit à une âme sœur ? Vous savez quoi ? J'en ai rien à foutre que vous n'y ayez pas le droit et j'en ai rien à foutre de gâcher une histoire avec Neal ! C'est vous que je veux !
Comme si la passion avec laquelle les mots avaient été prononcés n'était pas suffisante, une magie argentée avait envahi les iris de la jeune femme. Certainement la preuve que ses pouvoirs grandissaient et elle se demanda brièvement si un jour le collier qu'elle avait créé ne serait plus capable de les retenir.
- Parce que si vous et moi avions échangé un baiser d'amour véritable, vous le sauriez, croyez-moi, répondit-elle simplement d'une voix un peu plus éteinte.
- Ah bon ? Il se serait passé quoi ?
La question la prit de court, restant suffisamment longtemps muette pour que les lèvres de la blonde se tordent en un nouveau rictus de déception avant de tourner les talons. Quelques secondes elle resta immobile, abandonnant avec difficulté la solitude du balcon pour réintégrer la salle bruyante. Elle était perdue.
Comme s'il avait senti sa détresse son félin se précipita à ses côtés, frottant la musculature qui brillait sous le poil luisant contre les pans de sa robe rouge sang. Le regard doré la fixa un instant avant de dériver vers un autre coin de la pièce où elle se suivit pour observer le cœur battant Emma converser avec son Commandant à voix basse. Leur conversation houleuse avait l'air de mettre mal à l'aise les deux soldats qui l'entouraient jusqu'à ce que Graham ne concède quelque chose que la Princesse accepta avec un signe de tête déterminé.
- Qu'est-ce que tu fais Emma ... murmura-t-elle pour elle même alors que l'intéressée contournait les hommes pour sortir de la salle le pas pressé.
Les yeux clairs du chasseur semblèrent balayer la foule un instant avant de trouver les siens et la Reine fronça des sourcils lorsqu'elle remarqua son air perdu. Son animal de compagnie se décida avant elle, écartant la foule sur le chemin qu'elle suivit vers son homme de main qui paraissait plus agité à chaque pas qu'elle faisait vers lui.
- Qu'est-ce qu'il y a ? cracha-t-elle presque au visage du malheureux.
- Elle a voulu savoir où nous avions transporté le fils du Ténébreux ?
- Pourquoi ?
- Elle ... Elle n'a pas précisé.
L'organe qui battait déjà la chamade dans sa poitrine s'arrêta quelques instants, une peur paralysante l'empoignant l'espace d'un instant. Et si elle avait une fois de plus poussé Emma à commettre l'irréparable ?
- Où est-il ? exigea-t-elle de savoir.
- Dans la salle d'interrogatoire dans le donjon de la tour est. On pensait que vous voudriez lui poser quelques questions ...
Elle était partie avant même qu'il ait eu fini sa phrase.
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Comme un feu qui aurait trop vite démarré et brûlé l'intégralité du bois qui le supportait, la détermination qui l'avait poussée jusqu'aux donjons au pas de course s'amenuisa à mesure qu'elle avançait dans le dédale de couloirs en pierres brutes. Tremblante, la sorcière finit par se figer à quelques mètres de la porte en bois noir. Malgré le sort qu'elle y avait lancé depuis longtemps pour ne pas que les cris des prisonniers dérangent ses gardes, sa magie pouvait clairement sentir la présence de deux personnes dans la salle où elle avait sauvagement interrogé nombres de partisans de Snow White.
Les dents serrées elle se laissa aller contre un mur, cherchant un quelconque soutien pour ne pas s'écrouler. Elle ne pouvait pas rentrer. Qu'allait-elle découvrir ? Au mieux ils seraient en train de se disputer, au pire déjà dans les bras l'un de l'autre et dans n'importe quel cas elle aurait des envies de meurtre. Et que se passerait-il si tout se passait pour le mieux ? Si elle décidait de l'embrasser et que la fameuse lumière blanche inondait la pièce à en faire trembler le sol de tout le château ? Emma retrouverait-elle ses souvenirs ? Que penserait-elle du comportement qu'elle avait adopté à son égard ? Penserait-elle qu'elle avait profité d'elle ?
La foule de question provoqua un vertige qui la fit s'agripper un peu plus fermement à la paroi sur laquelle elle était déjà appuyée. La gorge serrée elle sursauta, manquant de peu pousser un cri de surprise lorsque la porte claqua sur ses montants, le bruit raisonnant dans le couloir désert où venait de surgir la blonde.
- C'est un idiot. Voilà, vous êtes contente ? Je l'ai embrassé, on s'est embrassé ! Et c'était horrible. Que vous puissiez penser une seconde qu'il serait mon âme sœur, c'est ... C'en est presque vexant Regina ! R... Regina ?
Seulement alors se rendit-elle compte en même temps que l'autre des larmes qui avaient coulé le long de ses joues, essuyant rageusement la preuve de son émoi du revers de la main tandis que la Princesse se précipitait vers elle. Deux bras puissants l'arrachèrent à sa position pour l'étreindre et elle dut faire un effort surhumain pour ne pas éclater en sanglot malgré la vague de soulagement qui venait de l'emporter.
- Ne pleurez pas, je vous en supplie, ça m'est insupportable.
- Je ne pleure pas, répondit-elle en étouffant un nouveau sanglot.
- Et moi je ne suis pas la fille de Snow White.
Le trait d'humour réussit à lui faire esquisser un sourire dans le creux du cou où elle s'était réfugiée, respirant le parfum rassurant de la jeune femme. Des doigts glacés se faufilèrent dans la large échancrure qui dévoilait son dos pour aller enserrer sa taille, le contact sur sa peau brûlante la faisant frissonner.
- Vous allez déchirer ma robe ...
- Si vous me donnez la permission je peux tout simplement l'enlever.
Cette fois elle rit franchement rejointe par la jeune femme qui se moquait certainement de sa propre réplique et elles se détachèrent l'une de l'autre juste assez pour qu'Emma puisse la détailler d'un regard brillant.
- Je préfère vous voir rire. Ça n'arrive pas souvent mais je crois que je suis une des seules personnes qui arrivent à provoquer ça.
- Oui, acquiesça-t-elle simplement.
Comme si elle l'avait pris pour une autorisation plus qu'une confirmation, la blonde n'attendit même pas un instant de plus avant de resserrer son étreinte autour de sa taille, anéantissant les derniers centimètres qui restaient entre elles pour l'embrasser. Le soulagement qui anima d'abord le baiser se mua très vite en une urgence certainement dictée par les doutes que la situation n'avait pas effacés. Alors qu'elle s'en était détachée, elle fut à nouveau précipitée contre le mur en pierres, incapable de retenir le gémissement qui lui échappa lorsque les hanches de la Princesse vinrent s'écraser contre les siennes.
Son moment de faiblesse fut suffisant pour que l'autre glisse sa langue dans sa bouche, la forçant à une soumission qu'elle accepta quelques secondes avant de reprendre le dessus sur la danse, ses ongles griffant le cuir chevelu sous les mèches d'or où ils s'étaient enfouis. Pourtant ce fut elle qui gémit à nouveau lorsqu'un genou alla se caler entre ses jambes, la poussant à s'agripper un peu plus à la veste de costume noir qu'elle avait envie de retirer.
- Emma je dois ... Je dois retourner à la fête.
- Tout le monde sait que vous restez rarement plus d'une heure à ces événements ... Vous n'avez plus à vous faire violence Regina.
- Me faire violence ? répéta-t-elle sans pour autant lui laisser le temps de répondre en l'attaquant d'un nouveau baiser.
Par réflexe plus qu'autre chose ses mains glissèrent dans le cou de la blonde, défaisant du bout des doigts les deux premiers boutons du chemisier qu'elle portait. Sa bouche quitta presque à regret celle de sa compagne pour aller explorer le territoire qu'elle venait de dégager et elle eut un sourire quand elle lui soutira un gémissement dont la détresse fit courir un frisson le long de sa colonne vertébrale avant de s'arrêter entre ses reins en un désir qui la figea assez longtemps pour que l'autre reprenne.
- Toute à l'heure, vous m'avez dit que vous vous faisiez violence pour me laisser une chance d'être heureuse avec mon âme sœur. Neal n'est pas mon âme sœur et personne ne me rendra jamais plus heureuse que vous. Alors arrêtez de vous faire violence et laissez-moi vous faire l'amour.
Si simples soient-il les mots parvinrent à toucher une corde sensible et elle se sentit céder avant même de l'avoir décidé, faisant courir ses dents sur la peau brûlante. D'un geste qui surprit la blonde, la sorcière força leur position à s'inverser, ignorant la protestation qui mourut l'instant d'après quand une de ses mains descendit dans le creux de son dos avant de le contourner et attirer le corps svelte contre le sien par la hanse d'une ceinture en cuir noir. Emma se cambra et attirées comme par un aimant ses lèvres vinrent se poser sur le pendentif qui brillait dans l'obscurité ambiante.
- Regina ...
La supplique qui liquéfia ses entrailles la fit lever la tête pour croiser le regard aux pupilles dilatées colorées de la preuve de la magie de la blonde. Le visuel lui rappelait presque celui dont elle avait été témoin dans la clairière plusieurs jours plus tôt. Pourtant le collier était toujours en place et l'aura malfaisante qu'elle avait ressentie ce jour là n'était pas au rendez-vous mais leurs deux magies s'appelaient avec une force telle qu'elle en eut presque un vertige. Comme si son organisme n'avait pas pu supporter leur échange de regards plus longtemps, quelque chose explosa en elle, libérant dans l'atmosphère une pluie d'étincelles qu'elle s'empressa de masquer en les transportant en un nuage de fumée violette dans ses chambres.
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Autour d'elles les volutes se dissipèrent pour laisser place au décor feutré de la pièce qu'elle n'avait pas quitté les derniers jours. Un seul regard à son lit lui arracha une moue, faisant sursauter la Princesse quand le matelas prit feu. Le regard surpris de la jeune femme glissa des flammes jusqu'à elle où il se figea et elle eut un sourire en remarquant sa respiration s'arrêter lorsqu'elle porta une main au nœud en soie qui tenait sa robe. Avec une lenteur délibérée la sorcière défit l'entrelacement de tissus qui se déroba sur toute sa longueur pour aller mourir à ses pieds en un amas rouge sang. En face d'elle les perles claires quasiment éclipsées par le désir qui avait dilaté leurs pupilles détaillèrent ses sous vêtements, haut et bas unis par des lanières de soie en une guêpière qui affinait encore plus sa silhouette que les talons aiguilles qu'elle portait.
- Et vous comptez mettre le feu à tous les meubles ? lui demanda la voix rauque en un effort de paraître détachée.
- Seulement ceux que le fils du Ténébreux a touché. Une suggestion ?
- Euh ... L... La commode là bas. Il s'y est appuyé et la chaise devant.
Elle n'accorda même pas un regard aux meubles qui s'embrasèrent, baignant la pièce dans un halo rougeoyant. Habituée à séduire en toutes circonstances, elle était dans son élément, appréciant de voir pour une fois la blonde perdre de sa superbe, le souffle coupé par le spectacle qu'elle offrait. Le pas déterminé elle reprit sa position auprès de la Princesse, effleurant du bout des doigts les boutons en nacre du chemisier qu'elle portait.
- Et maintenant la question à un million, reprit-elle avec un sourire carnassier. Que faisait ce jeune homme dans ma chambre ?
- Il venait prendre de mes nouvelles.
- Et a atterrit dans mon lit ?
- Euh je ... Je sais pas comment c'est arrivé, sembla-t-elle avouer. Je me suis réveillée dans le lit et il était à côté de moi. Sidney l'a vu, il pourra confirmer.
Consciente que s'il s'était passé la moindre chose, elle n'aurait pas eu besoin d'aller traquer Neal jusque dans sa salle d'interrogatoire elle ne répondit que d'un haussement de sourcil, savourant l'inconfort soudain d'Emma. Son regard quitta celui qui soutenait tant bien que mal le sien pour accompagner le martèlement impatient de ses doigts sur le tissu où ils étaient posés.
- Oh et puis merde hein, l'entendit-elle souffler.
Son ricanement fut coupé par les lèvres qui s'emparèrent des siennes, soulevée dans les airs par deux bras puissants qui la forcèrent à enrouler ses jambes autour du costume noir taillé sur mesure. Comme pour mieux assurer sa prise les mains tombèrent de ses cuisses à ses fesses, le mouvement brisant d'un commun gémissement leur baiser. Ses doigts glissèrent une nouvelle fois dans ses cheveux, libérant une bonne fois pour toutes les mèches d'or du chignon dans lequel elles avaient été prisonnières pour les empoigner en une prise qui lui permit de reprendre le dessus sur leur échange.
Mais comme à son habitude Emma refusait de se montrer raisonnable et elle ne parvint pas à retenir le cri de surprise qui lui échappa lorsqu'elle fut jetée sans ménagement sur le lit toujours en feu. Un instant la jeune femme eut l'air de la contempler avant de la rejoindre avec prudence, effleurant les flammes pour tester la douleur qu'elles auraient pu provoquer.
- Vous ne risquez rien Emma ...
L'intéressée ne lui répondit pas, se contentant de la rejoindre sur le matelas qui retrouva son aspect habituel. Cette fois les lèvres se posèrent sur sa peau avec une révérence qu'elle n'avait jamais connue, frissonnant quand elles atteignirent la pointe d'un téton visible au travers du tissu qu'elle portait encore sur elle. L'instant d'après la sensation des dents qui s'y ajouta la fit perdre tout contrôle, roulant sur le côté pour emprisonner la blonde entre ses cuisses. Elle avait bien trop attendu pour se montrer patiente avec la jeune femme. Elles auraient tout le temps pour se découvrir plus tard décida-t-elle.
Les boutons en nacre cédèrent sous la pression exercée sur le tissu soyeux qui manqua se déchirer lorsqu'elle le dégagea de la ceinture en cuir qu'elle ouvrit d'une main experte. Sous elle le corps musclé par les entraînements se cambra lorsque sa langue traça la bordure du soutien gorge mais ce fut elle qui gémit lorsqu'une cuisse glissa entre les siennes. Aucun homme, aucune femme n'avait jamais pu la mettre dans un état pareil. Il lui semblait qu'une seule caresse aurait pu la faire basculer mais elle n'avait aucune intention de céder la première.
Deux mains plus exigeantes que ce à quoi elle se serait attendue se saisirent de ses hanches pour leur imprimer un rythme qui lui fit gémir le nom de la blonde. L'espace d'un instant leurs regards se croisèrent et la fierté impertinente qu'elle vit briller dans les yeux emplis d'une magie argentée la fit radicalement changer d'avis. Regina se dégagea de l'emprise de la Princesse, s'emparant de ses poignets pour les bloquer au dessus de sa tête tandis que l'intégralité de ses habits se désintégrait en un nuage de fumée.
- Vous voulez toujours me faire un cadeau pour cet anniversaire Emma ?
L'intéressée ne lui répondit que d'un hochement de tête hâtif et elle prit le temps de détailler la moindre parcelle de peau qu'elle avait découverte avant de remonter accrocher ses pupilles éclatées de désir. Elle n'était pas vraiment habituée à se soucier de ce que ressentaient ceux qui partageaient son lit, plus habituée à y accueillir qui que ce soit d'ailleurs et ce soir elle était partagée entre l'importance du moment et l'intensité de ce qui était en train de la submerger. Comme si elle avait senti ses doutes sa compagne releva son torse pour atteindre ses lèvres.
- Qu'attendez-vous de moi ? demanda-t-elle contre sa bouche.
Qu'avait-elle le droit de demander ? Sa main libre repoussa la jeune femme sur le matelas où elle s'affaissa le souffle court et elle ne quitta pas son regard quand ses doigts descendirent entre ses seins avant d'en prendre un dans le creux de sa paume, incapable de résister bien longtemps au téton qu'elle sentait pointer contre sa peau brûlante. Sous elle la jeune femme se cambra presque à l'en désarçonner lorsqu'elle fit rouler la pointe entre deux doigts.
- Regina ...
Son nom gémit la fit se mordre la lèvre au point d'en avoir mal, devant s'y reprendre à plusieurs fois avant de parvenir à répondre d'une voix qu'elle avait rarement connue plus rauque.
- Oui ?
- Qu... Qu'attendez-vous de moi ?
Ah oui ... La question à laquelle elle n'avait aucune réponse. Elle attendait tellement et si peu d'elle à la fois ... La sorcière laissa planer un silence uniquement perturbé par le bruit de leurs respirations et le battement de son cœur qui avait envahi ses tympans. Sa main caressa une dernière fois le sein qu'elle tenait dans sa paume avant de descendre le long de son abdomen, striant la peau claire sous le passage de ses ongles. Elle tremblait encore dans un effort de se contrôler lorsque sa main atteignit l'entrejambes de la Princesse, le bout de ses doigts effleurant une humidité bien trop accueillante.
- Emma ... articula-t-elle avec difficulté. Est-ce que ... Est-ce que v...
L'intéressée se redressa un tant soit peu, juste assez pour effleurer ses lèvres de ses prochains mots tandis qu'elle s'efforçait de demeurer immobile.
- Arrêtez de fuir Regina ... Je vous aime, j'ai ... J'ai envie de vous. Depuis la première fois où vous m'avez embrassé et bien avant je ... J'ai eu envie de vous appartenir dès que j'ai su qui vous étiez. J'aurais du vous attendre ... Peter était une er...
La phrase mourut en un gémissement lorsqu'elle enfonça sans autre forme de procès deux doigts en elle, refusant d'entendre la fin de phrase. Malgré la colère elle dut se concentrer pour parvenir à éclipser la fierté qu'elle ressentait soudain à sentir les muscles de la jeune femme frémir autour d'elle.
- Ne prononcez jamais plus ce nom, gronda-t-elle contre la gorge qui lui était offerte en entamant un lent va-et-vient.
- Oh mon dieu ...
- Non, ce n'est pas ce que je veux entendre Emma. Est-ce que vous avez compris ce que je vous ai dit ?
Le sourire aux lèvres cette fois elle l'observa lutter pour conserver les idées claires, les mains bloquées au dessus d'elle fermement agrippées au coussin qu'elles avaient pu atteindre. Malgré la satisfaction qu'elle tirait du fait de pouvoir si facilement mettre la blonde dans tous ses états, la sorcière choisit de stopper tout mouvement. Son action lui valut un regard indigné auquel elle répondit par un haussement de sourcil, luttant pour garder son sérieux.
- Est-ce que c'est compris Em-ma ? répéta-t-elle à voix basse en se penchant sur l'autre pour que ses lèvres atteignent une oreille dont elle suça le lobe.
- Oui ma Reine.
Le titre la fit gronder, ses cuisses se resserrant d'elles mêmes sur celle où elle était juchée dans l'espoir vain d'atténuer le désir qui brûlait entre ses reins. Ses doigts reprirent leur mouvement, poussant doucement mais sûrement son amante dans ses derniers retranchements malgré la lenteur de ses gestes. Sous elle les hanches à la peau claire vinrent à la rencontre de ses doigts et c'en fut assez pour lui faire oublier sa retenue.
Il y avait du plaisir et de la douleur dans le prochain cri qu'elle lui arracha, les dents plantées dans son cou où le sang battait à fleur de peau.
- Regina s'il vous plaît...
Elle ne lui répondit pas, consciente de ce que tout son corps lui réclamait, cambré contre le sien. Sa langue apaisa un instant le bleu qu'elle venait de provoquer avant de remonter envahir la bouche de la blonde à la respiration saccadée par les vas-et-vient qui s'étaient accélérés. Elle eut un sourire en la sentant trembler, luttant pour se dégager de l'emprise qu'elle avait sur elle.
- Regardez-moi, ordonna-t-elle d'une voix cassée.
Un instant elle crut qu'elle n'obéirait pas et les lèvres pincées par l'agacement la sorcière enfonça un peu plus profondément ses doigts en elle, la paume de sa main allant immanquablement frapper son clitoris.
- Em-ma, gronda-t-elle en sentant les muscles de la jeune femme se resserrer autour de ses doigts.
La Princesse finit par rouvrir les yeux, dévoilant des pupilles emplies d'une magie qui appelait la sienne avec une force inégalée. Elle avait envie de lui faire perdre tout contrôle qui lui restait et d'office ses doigts se recourbèrent. Le cri qu'elle entendit monter du plus profond de la Princesse la fit sourire, son nom hurlé dans les coussins qui atténuèrent les suppliques qui lui échappaient alors que son corps s'arquait sous elle, agité par les spasmes d'un orgasme qu'elle prolongea tant qu'elle le put. Malgré son souffle haletant, la blonde réclama sa bouche dès qu'elle put et elle consentit enfin à relâcher la prise qu'elle avait conservée sur ses poignets pour savourer le baiser qui semblait lui être offert en guise de remerciement.
- Waw.
Le mot soufflé près de ses lèvres la fit sourire. Les yeux clairs l'observaient avec une adoration qui aurait pu la faire rougir plus jeune et elle ne retint pas le petit rire qui lui échappa lorsque la blonde gémit quand elle retira ses doigts de là où ils étaient encore profondément enfouis. Le regard encore brillant de plaisir ne la quitta pas alors qu'elle se redressait et portait ses doigts à la bouche.
- Oh mon dieu, l'entendit-elle à nouveau s'extasier.
Ce fut elle qui gémit l'instant d'après en goûtant la preuve du plaisir qu'elle venait de donner et elle repoussa d'un geste autoritaire les bras qui cherchaient à inverser leurs positions pour descendre le long du corps de la jeune femme en traçant son chemin de baisers qui faisaient soupirer la Princesse à mi chemin entre la frustration et le plaisir.
- Regina, qu'est-ce q...
La question mourut en un cri étranglé lorsque sa langue traça une première fois toute la longueur du sexe de la blonde dont elle dut bloquer les hanches d'un bras ferme. Comme la première fois, elle avait prévu de prendre son temps, de la torturer lentement jusqu'à se faire supplier mais la main urgente qui atterrit dans ses cheveux pour la maintenir où elle était suffit à anéantir ses résolutions. L'étau de deux cuisses musclées se referma lorsqu'elle plongea en elle, provoquant des cris qui devaient certainement passer la barrière de ses chambres et la faire gronder d'auto satisfaction.
Loin de vouloir la faire taire Regina effleura du bout des dents le clitoris de la jeune femme avant de l'enserrer de ses lèvres pour le caresser du bout de la langue. Et quand deux doigts s'enfoncèrent là où elle s'était absentée quelques secondes plus tôt une urgence nouvelle teinta les gémissements de plaisir qu'elle lui avait jusque là entendu pousser.
- Oh mon dieu ! Regina, non ... Regina !
Avec un grondement agacé l'intéressée se plia à la demande de la blonde, abandonnant à regret son poste pour s'emparer de la bouche de la Princesse. Les jambes qui s'étaient enroulées autour d'elle s'ajustèrent à leur nouvelle position pour attirer ses hanches à la rencontre de siennes et ce fut toute la permission dont elle eut besoin. Regina donna plus de force aux vas et viens qui finirent par avoir raison de son amante qu'elle sentit se tendre à nouveau quand son pouce alla tracer de brefs mouvements circulaires sur son clitoris. La main qu'elle avait laissé vagabonder sur un sein alla bloquer le bassin qui tentait de se soulever et cette fois leur baiser étouffa le cri qu'Emma poussa en atteignant l'orgasme.
Le silence mit quelques minutes à revenir pendant lesquelles la Reine s'efforça de demeurer immobile, son front posé sur celui de la jeune femme qui reprenait ses esprits.
- Je ... C'était ... Je savais même pas que ça pouvait être comme ça.
L'aveu la fit rire avec une autosatisfaction si évidente que la Princesse osa lui donner un coup de coude pour la faire arrêter. La blonde profita de son indignation momentanée pour la faire rouler sous elle et son regard tomba sur le collier qui pendait entre elles, éclairé d'une lumière blanche qui en dehors de sa prison aurait pu être aveuglante. La lueur qui palissait encore un peu plus la peau de la jeune femme donnait un aspect presque spectral aux immenses yeux clairs l'observant avec une adoration qui la fit sourire.
- Je vous aime.
- Alors ne partez pas, répondit-elle en arrêtant la main qui caressait avec révérence la courbe d'un de ses seins.
Elle fut presque choquée de la vitesse à laquelle une dureté nouvelle s'installa sur le visage jusque là baigné d'une douceur qu'elle avait toujours adoré y voir.
- Non, répondit-elle simplement.
Il lui fallut toute sa détermination pour ne pas se raidir et montrer à quel point le refus la touchait. Regina se contenta de hausser un sourcil interrogateur. Il lui fallait plus qu'un simple non.
- J'ai toujours su que ma place serait à vos côtés mais j'ai fait l'erreur de croire que j'étais prête. Je pensais que je pourrais apprendre à devenir comme vos gardes, mais ce n'est pas ce que vous voulez, n'est-ce pas ?
- C'est ce que vous voulez ? s'étonna-t-elle.
Ses soldats avaient beaucoup de qualité en tant que guerrier mais rares étaient ceux qui étaient des hommes biens. Qu'Emma puisse vouloir leur ressembler la dépassait.
- Non. Mais je leur envie leur force, leur indépendance, la façon qu'ils ont de savoir qui ils sont et de l'assumer totalement. Le respect qu'ils imposent partout où ils passent ... Ce sont des adultes. Et moi je suis encore une enfant.
Cette fois la réflexion lui arracha un frisson, détournant le regard pour résister à l'envie qu'elle avait de la repousser soudain. Ses mains se crispèrent dans les draps qu'elles avaient souillé et elle ne réussit qu'à moitié à cacher la grimace de dégoût qu'elle s'inspirait avant de se dégager de l'emprise que la Princesse avait sur elle avec autant de délicatesse qu'elle put invoquer.
- Non, non, c'est pas ce que je voulais dire, s'empressa de se reprendre l'autre comme si elle avait compris le cours de ses pensées.
Une main timide se posa sur le dos nu qu'elle lui tournait à moitié assise sur son lit mais elle ne fit aucune tentative de lui répondre.
- Je ... J'ai juste besoin de prendre mon envol, rajouta-t-elle. Je veux que vous puissiez me regarder et voir la même femme accomplie que je vois en vous. Je veux être digne de partager tous vos secrets, vos complots, vos inquiétudes … Je … Je veux avoir le droit d'être avec vous et vous mériter. Pas parce que je suis une Princesse ou parce que je ressemble à quelqu'un que vous avez connu mais parce que je suis une femme qui inspire le même genre de choses que vous.
- Je ne suis pas quelqu'un qu'on devrait prendre en modèle, répondit-elle finalement.
Dans son dos la main se crispa et elle sentit les ongles courts labourer sa peau juste avant que la frustration ne laisse place à quelque chose de plus doux lorsqu'un bras l'entoura par derrière, la plaquant contre la blonde.
- Je vous aime Regina. A mes yeux il n'y a pas meilleur modèle que vous.
Elle aurait voulu lui répondre qu'elle était une idiote, que l'amour rendait aveugle et qu'elle se rendrait compte tôt ou tard de l'erreur qu'elle était en train de commettre. Mais peut être que le meilleur moyen de lui prouver qu'elle avait tort était justement de lui laisser le découvrir par elle même. Avec un soupir la sorcière se laissa aller à la renverse, leurs deux corps tombant sur le matelas de l'immense lit et elle eut un sourire quand une main vint se poser sur son ventre toujours protégé par sa guêpière, les doigts fins jouant avec la soie du ruban qui en ornait la fermeture.
- Non, souffla-t-elle en entrelaçant leurs doigts pour stopper leur progression.
- Mais et ... Et moi ?
- Demain Emma.
La Princesse poussa un soupir où elle ne parvint pas à cacher sa déception et elle sentit ses entrailles se serrer. Il n'y aurait pas de demain se rappela-t-elle. Elle n'avait même pas l'intention d'attendre quelques jours ... Mais tant pis. Ce soir elle ne pouvait plus.
- Dormez, finit-elle par rajouter en déposant un baiser sur les mèches encore moites de transpiration collées à sa tempe.
La blonde ne lui répondit pas, se contentant d'enfouir son visage dans le creux de son cou. Comment était-elle censée apprendre à se passer d'elle ? La perdre une première fois lorsqu'elle avait cessé de venir dans son château étant enfant l'avait abattue des semaines durant et maintenant ... Maintenant elle ne savait pas si elle s'en sentait capable. A ses côtés le souffle s'apaisa pour se muer en la respiration d'un être endormi mais elle ne parvint pas à fermer les yeux, le regard fixé sur le plafond ouvragé.
En silence elle s'imprégna encore quelques instant de la présence tranquille de la jeune femme avant de se dégager avec précaution pour s'éloigner du lit à peine recouverte d'un peignoir en velours qu'elle enfila en vitesse. En passant près d'une commode son regard accrocha la brume bleue du génie qui venait d'apparaître dans un miroir mais elle le chassa d'un revers de la main, rendant opaque l'intégralité de ses comparses. Elle n'avait aucune envie de parler. Si elle s'était écoutée, si elle avait écouté la magie qui brûlait en elle elle serait descendue dans les donjons pour torturer Baelfire mais toute envie l'avait quittée et elle se contenta de se poster derrière une de ses immenses fenêtres en ignorant le froid qui l'envahissait.
Dehors les derniers vestiges des festivités étaient en train de disparaître, emportés par le vent et les quelques servants qui s'efforçaient de tout nettoyer avant l'aube. Bien longtemps après, toutes les torches qui avaient troué le noir de la nuit s'étaient éteintes quand elle entendit un bruit derrière elle. Figée par une peur qu'elle n'osait pas s'avouer elle observa la jeune femme enfiler le chemisier qu'elle avait fait disparaître quelques heures plus tôt dans son pantalon d'apparat avant de s'emparer de la veste qu'elle prit sur le bras.
- Pour quelqu'un qui était si pressée de finir dans mes draps vous vous empressez de les fuir, ne put-elle s'empêcher de remarquer à voix haute en brisant le silence de la pièce.
Dans le reflet de la vitre où elle s'était postée elle remarqua avec un rictus la jeune femme se figer et se tourner avec lenteur dans sa direction sans parvenir à déterminer son expression.
- Non, l'arrêta-t-elle lorsqu'elle avança d'un pas vers elle. Partez avant que je ne change d'avis.
- Regina ... Je ... Je croyais que vous étiez partie. Je … j'allais ...
Les explications s'éteignirent en un murmure qu'elle ne chercha pas à comprendre et il s'écoula encore quelques instants avant qu'elle reprenne :
- Je ... Je pensais ce que je vous ai dit toute à l'heure. Vraiment.
- Tant mieux.
- Ecoutez j...
- Partez Emma. Prenez votre envol, cracha-t-elle presque sans oser pourtant la regarder. Je suis sûre que nos chemins se recroiseront.
- Je vous attendrai. Vous comprendrez.
Le rire amer qui lui échappa troubla la surfasse glacée d'un brume de buée. "Je vous attendrai" ? Ne serait-ce pas elle qui allait l'attendre dans son château ? Attendre qu'elle se sente prête ? Prête à quoi d'ailleurs ? Comprendre quoi ? Les dents serrées elle attendit que la buée se soit effacée pour observer quelques secondes le visage confus de la blonde dont les sourcils s'étaient froncés, incapable de trouver les mots.
- Partez, répéta-t-elle finalement.
Un instant encore la Princesse resta immobile et elle dut lutter contre l'envie qu'elle avait de se retourner et la ramener dans son lit pour tenter de lui faire oublier ses intentions. Si cette femme ressemblait un tant soit peu à l'Emma Swan qu'elle avait connue, ce n'était pas comme ça qu'elle y parviendrait. Derrière elle la silhouette de sa protégée s'affaissa soudain sous le poids de la résignation et les ongles enfoncés dans ses paumes elle parvint à rester immobile lorsqu'elle tourna les talons, écoutant ses pas s'éloigner avant de se transformer en une course comme si elle cherchait à présent à fuir quelque chose.
Son front bascula contre la vitre, pas plus surprise que ça lorsqu'elle sentit les larmes couler le long de ses joues. Qui était-elle devenue pour pleurer si souvent ? Ce serait sa mère qui aurait ri si elle l'avait vue. La pensée la fit écraser un poing rageur contre le mur qui se fissura sous la force que la magie lui avait insufflé mais elle n'y prêta aucune attention, les yeux rivés sur le cheval lancé au galop qui venait de quitter son château. Bandit. Elle aurait reconnu n'importe où la robe de l'étalon qui n'avait nul pareil. A ses pieds un pelage de velours vint se frotter à la peau nue de ses mollets et l'animal émit un grondement plaintif comme s'il était en train de partager sa douleur. Ses yeux remplis de larmes tombèrent sur le lynx dont les iris dorés la fixaient avec l'attention d'un soldat prêt à recevoir un ordre et les mots jaillirent tous seuls.
- Rejoins la. Protège la comme si elle était moi.
L'espace d'un instant l'or se teinta du violet profond de ses pouvoirs, imprégnant sa volonté dans l'animal qui n'attendit pas une seconde de plus pour bondir en direction des portes de sa chambre et elle ne quitta pas la fenêtre avant que sa silhouette noire ait rejoint l'orée de la forêt où la Princesse avait disparu.
Bon alors ce M ? =s & sinon le mot d'ordre c'est : faites moi confiance, vous serez gagnants au bout du compte ;)
Pour ceux qui se le demandent, ce n'est pas un oubli si Emma n'a pas parlé à Regina de sa mère, elle le fera plus tard et vous verrez pourquoi dans le prochain chapitre !
