Hey ! Mais qui voilà ? C'est moiii :D Je suis sincèrement désolée de ce retard, j'ai un boulot de fou & ma vie perso était pas mal chargée aussi ces derniers temps du coup ça vous retombe dessus :(
J'ai très peu traîné sur le site ces dernières semaines donc je crois que j'ai répondu à aucune de vos review ( & posté aucune sur des fics où je suis en retard ) je m'excuse platement, mais bonne nouvelle pour vous ce soir je suis en vacances pour les seuls 5 jours que j'aurais de toute la fin 2016 ( youhou ) donc j'aurais le temps pour faire tout ça ... & écrire !
ElsyCiel, joyeux anniversaire en retard ;) Raphi5930, le M est à la fin le reste tu peux lire au boulot sans risque ^^
Breff, merci encore à tous les nouveaux venus, je vais vite au boulot & je réponds à vos reviews du chapitre précédent dès que j'ai un moment ! &&&& merci à ma beta, RavenFeatherShadow !
Bonne lecture xx
Chapitre 17 :
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Regina
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En l'espace de quelques jours, Regina avait l'impression que sa vie avait été mise sans dessus-dessous. Bien sûr, ce n'était pas aussi terrible que la malédiction qui l'avait frappée il y avait presque vingt ans, mais entendre parler de sa mère l'avait terriblement chamboulée. Apprendre qu'elle se souvenait de Storybrook aussi. Et si devant la Princesse, elle n'avait pas montré son trouble, elle n'avait quasiment plus dormi depuis qu'elle avait eu la nouvelle.
Elle avait passé sa première nuit à siroter du cidre, les yeux rivés au miroir de sa commode où elle surveillait la forme endormie d'Emma sur le fauteuil de sa chambre, parce qu'elle avait apparemment laissé son lit à cette prostituée qui lui ressemblait ... Charmante comme son père. Quand elle s'était réveillée en sursaut, elle avait eu un élan de jalousie en voyant son regard se perdre sur la silhouette de la femme endormie dans ses draps, mais bien vite son génie était venu la perturber.
Emma avait vu quelqu'un dans son miroir ... Et si jusqu'à hier encore, elle avait pensé à une hallucination, elle avait compris qu'il en était tout autrement lorsque la blonde lui avait expliqué en quelques mots ce qu'elle avait vu. Emma Swan se réveillait bel et bien.
Ses doigts se crispèrent dans la chevelure qu'elle caressait, provoquant la protestation de la Princesse qui dormait, la tête sur ses cuisses. Elle qui avait prévu de faire le voyage jusqu'au conseil à dos de cheval, avait presque été exaspérée de découvrir la petite mine de sa protégée qui avait visiblement aussi peu dormi qu'elle. Elle s'était donc résolue à faire atteler sa calèche et si les quatre chevaux noirs qui la tiraient étaient moins rapides que son fidèle Hadès ou Bandit, ils les feraient tout de même arriver dans les temps.
Il n'avait pas fallu plus d'une demi-heure à sa protégée pour réclamer une place à ses côtés avant de s'endormir, le nez tant et si bien enfoui contre le corset de son haut, qu'elle se demandait comment elle parvenait encore à respirer. La vision arracha un nouveau sourire à la sorcière dont les yeux traquèrent la moindre trace de fatigue encore présente sur les traits de la blonde.
Elle avait toujours su que le jour viendrait où la Princesse apprendrait ce qu'il s'était passé et si aujourd'hui il se rapprochait à grand pas, elle savait plus que jamais qu'elle n'était pas prête. Elle s'interdisait de l'aider dans sa découverte de la vérité, un choix pour lequel elle lui en voudrait certainement plus tard, mais ne l'empêcherait pas non plus de la rechercher. Pas tant qu'elle ne se mettait pas en danger.
L'attelage fit halte et le poing de son Commandant frappa deux coups sur la vitre par laquelle elle avait regardé le paysage durant la plupart du trajet. Elle ne répondit pas, sachant pertinemment qu'ils étaient arrivés et pencha sa tête sur le côté, grimaçant au craquement sonore de ses vertèbres endommagées par le chaos du voyage.
Sa main libre alla trouver celle qui s'était faufilée dans son dos et jusqu'à la lisière du pantalon en cuir qu'elle portait, les phalanges recroquevillées entre la matière rigide et sa peau brûlante.
- Emma ...
Les doigts s'entremêlèrent aux siens et un sourcil arqué, elle observa la jeune femme se cambrer en une vaine tentative d'étirement.
- On est arrivées ? lui demanda la voix étouffée par le sommeil et ses vêtements.
- Oui. Vous vous sentez mieux ?
- Si on veut ... J'ai rêvé de vous.
- Ah oui ? Qu'est-ce que je faisais ?
- Vous me suppliez de vous faire jouir.
La déclaration lui coupa momentanément le souffle et si elle se demanda brièvement si la blonde faisait preuve de culot parce qu'elle n'était pas encore assez bien réveillée, elle sut qu'elle était tout à fait consciente de ce qu'elle venait de lui dire quand son regard tomba sur son sourire en coin.
- C'est très présomptueux de votre part, Emma ...
- On verra ça, lui répondit l'intéressée en se redressant.
La Princesse porta sa main jusqu'à ses lèvres et elle ne retint pas le frisson qui la parcourut lorsqu'elles l'effleurèrent pour un baiser.
- Après vous ma Reine, lui déclara-t-elle en désignant la porte d'un signe de tête.
Dehors Graham et ses deux apprentis qui avaient fait le déplacement les attendaient patiemment et elle eut un sourire en remarquant les gardes du château où elle s'était rendue pour l'occasion. Chaque mois la location changeait, alternant de royaume en royaume et aujourd'hui c'était dans celui de la Reine Aurore que se tenait le conseil. Comme elle s'y était attendue son cortège avait été remarqué dans les villages où elle était passée et le bruit avait du courir qu'elle était en chemin à en croire l'abondance de sécurité qu'on avait placé à l'entrée.
Elle accepta avec plaisir le bras que lui offrit Emma pour monter les marches, la laissant parler quand elles s'approchèrent des soldats qui condamnaient l'entrée.
- Vous pensez vraiment qu'une dizaine d'entre vous ferait le poids contre la Reine ?
- Votre Altesse, nous avons ordre de ne pas laisser entrer qui que ce soit.
- Lieutenant, corrigea la blonde. J'ai abandonné mon titre. Maintenant, écartez-vous ou je m'assurerai personnellement que vos corps n'aient plus un soubresaut de vie après qu'elle se soit occupée de vous.
La sorcière dut cacher un rire derrière un rictus. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait plus agit avec autant de violence, mais sa réputation la précédait partout où elle allait et en face d'elles, les gardes avaient visiblement pâli. Décidant de mettre fin à la conversation, elle s'amusa à rentrer dans le jeu l'espace d'un instant. Renouant avec de vieilles habitudes, sa main qui n'était pas lovée contre la Princesse s'enfonça dans la poitrine de l'autre, sa voix tombant d'un octave pour toucher le registre de celle de la Méchante Reine.
- Fais ce qu'elle t'a dit, ordonna-t-elle simplement.
Elle n'eut pas besoin d'en rajouter, ne serrant même pas l'organe qui battait la chamade dans son poing avant de le relâcher, tandis que tous les gardes s'écartaient comme un seul homme pour les laisser passer, une peur évidente dans les yeux.
- C'était un peu brutal, non ? demanda-t-elle tout de même à la jeune femme qui la conduisait à l'intérieur.
- Je croyais que c'était ce que Mal et vous aviez en tête ... Les terroriser.
- Peut-être, concéda-t-elle avec un sourire malgré la jalousie qui la rongeait toujours à la simple évocation du surnom de sa meilleure amie.
Laissant sa magie les guider vers les deux battants d'une immense porte en bois, Regina fut surprise quand la blonde la délaissa, faisant un pas en arrière pour regagner sa place auprès de Graham. Sans doute parce qu'elle se doutait que son entrée serait plus fracassante si elle la faisait seule ... Un geste désinvolte du poignet fit s'ouvrir les portes à la volée devant elle, écartant plusieurs gardes qui s'y étaient tenus de l'autre côté. Comme d'habitude son apparition provoqua des cris de surprise à peine étouffés et son sourire provocateur devint brièvement sincère quand elle croisa le regard de Maléfique, négligemment adossée à son fauteuil en cuir.
- Que faites-vous là ? exigea de savoir le mari d'Aurore une fois qu'il se fut visiblement remis de l'examen qu'il avait fait de sa tenue.
- A votre avis, Philippe ?
Il y eut quelques cris autour de la table lorsqu'elle laissa sa magie grésiller en une force brute, électrifiant l'atmosphère où quelques bulles d'énergie noire avaient explosé au plafond.
- Vous aviez tous des représentants, des amis, des espions à la cérémonie qui a eue lieu avant hier. Je suis persuadée que vous savez exactement pourquoi je suis là ...
Le pas désinvolte, elle s'était avancée près d'eux pour les encercler, tournant tel un rapace autour de ses proies dont beaucoup frissonnaient à son approche. Regina s'arrêta auprès de sa meilleure amie, posant une main sur son épaule en guise de salut.
- Vous n'avez aucun droit ici, Regina.
Il y avait une colère hautaine dans la voix d'Aurore et la brune ne put s'empêcher de rire devant le signe de la vieille jalousie qui existait encore chez l'autre. Si elle avait visiblement choisi Philippe, il était évident qu'il restait encore des vestiges de la difficulté qu'elle avait eu pour faire son choix entre lui et la sorcière qui l'avait longtemps retenue prisonnière avant de lui faire la cour.
- Lieutenant, s'il vous plaît ... demanda-t-elle d'une voix basse qu'elle vit faire frissonner l'intéressée.
Elles n'avaient pas répété leurs discours, nullement planifié ce qui se passerait une fois qu'elles auraient fait irruption au milieu de la réunion, mais elle ne put s'empêcher d'être fière de sa protégée. Dans son costume noir aux épaulettes en cuir brillant, elle avait plus de charisme que la moitié de la royauté présente ici et voir son emblème brodé en évidence sur tout un pan de sa veste lui serrait l'estomac de désir.
- Il y a deux jours, j'ai été nommée Lieutenant au sein de l'armée de la Reine Regina. J'ai fait serment de la servir jusqu'à la mort et abandonné mes droits au sein de cette assemblée à son profit, déclara-t-elle d'une voix assurée qu'elle ne lui connaissait pas. Je sais que Snow White et son époux vous ont habitué à me représenter ici, mais à partir d'aujourd'hui, ils n'ont plus ce droit.
- C'est donc moi qui siégerai ici à vos côtés, mes chers, prit-elle le relais avec un sourire en coin qui fit frémir bon nombre des membres.
- J'oppose mon véto ! s'écria le Roi Georges que le temps n'avait pas épargné, creusant de longs sillons dans ses joues et son front.
Les yeux clairs de la Princesse rencontrèrent les siens en une question évidente, mais elle lui refusa le droit d'intervenir, faisant également signe à son Commandant de lâcher la pression de sa main sur la garde de son épée qu'il était apparemment prêt à dégainer.
- Et moi, je vous conseille de le retirer si vous voulez encore avoir un royaume sur lequel régner demain, répondit-elle simplement sa voix basse forçant les autres à tendre l'oreille.
L'intéressé tenta tant bien que mal de soutenir son regard un instant avant de baisser les yeux et elle fut incapable de retenir le petit rire qui lui échappa.
Un mouvement sec du poignet fit apparaître un parchemin devant chacun des hommes et des femmes attablés et elle eut un sourire en voyant Maléfique se précipiter sur sa plume pour le signer. D'autres mirent plus de temps et si le Roi Georges fut le dernier à résister, la magie noire qu'elle envoya dans sa direction, pas assez pour le faire crier mais suffisamment pour qu'il en sente l'oppression tout autour de lui, le fit capituler.
- Parfait, se félicita-t-elle, ravie du petit cri de surprise qui échappa à un Prince lorsque ses pouvoirs allongèrent sensiblement la table pour lui faire une place aux côtés de sa meilleure amie.
- Vous pouvez dire à vos soldats de disposer dans ce cas, Majesté, cracha presque Aurore.
- Non. Ils resteront ici aujourd'hui.
- Personne ne prend de garde ici. Vous n'avez pas besoin de protection.
Elle allait répondre quand la voix d'Emma la devança.
- Je crois qu'il y a erreur sur la personne, Majesté, se moqua-t-elle. C'est vous qui auriez besoin de notre protection si vous commettiez l'idiotie de fâcher ma Reine.
- Cette petite ira loin, lui souffla la blonde à ses côtés.
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Comme l'avait prévu Maléfique, elles s'amusèrent en effet comme de vraies enfants. Si toutes ces années, elle n'avait pas été autorisée à participer à la politique qui se menait entre les membres du conseil, elle s'était toujours tenue très bien informée, ravie de son effet quand tous s'en rendirent compte. Quelque part vers la fin de la réunion les portes s'étaient à nouveau ouvertes à la volée sur la silhouette affolée de Bleue, certainement dépêchée d'urgence à la place de Snow et son mari mais elle s'était fait un malin plaisir à lui faire remarquer qu'il était trop tard pour revenir sur la signature des autres membres.
Et si elle n'avait pas remarqué l'ennui d'Emma qui avait commencé à parler à voix basse à son Commandant pour se distraire, elle aurait certainement accepté de rester à la soirée qui était prévue après. Uniquement pour se délecter de l'inconfort des autres. Mais elle l'avait remarqué, s'agaçant de l'amitié qui semblait être facilement née entre les deux.
- On y va ? s'étonna l'intéressée avec un espoir non dissimulé quand elle s'approcha d'elle lorsque tout le monde se fut levé de table.
- Oui. Dites au revoir si vous le devez.
Elle épia le regard de la blonde fouiller la foule avant de lui adresser un signe négatif de la tête.
- Très bien. En route, je suis au bord de l'overdose avec tous ces idiots.
Sa remarque fit rire la jeune femme et comme à son habitude, elle en ressentit une profonde fierté. Rares étaient ceux qu'elle faisait rire. Non pas parce qu'elle ne savait pas, mais plutôt parce qu'elle n'en ressentait pas la moindre envie ... Mais avec Emma, c'était différent. Tout était différent.
Dehors son carrosse l'attendait, les étalons noirs aussi droits que des statues, observés de près par des palefreniers qui devaient certainement voir de tels spécimens pour la première fois de leur vie.
- Tu t'enfuis déjà ? les alpagua la voix de Maléfique.
- Oui. Je suis sûre que tu trouveras quelqu'un d'autre pour te distraire.
- Sans aucun mal. Je viendrai te voir d'ici la fin de la semaine, tâche d'être disponible.
Elle allait répondre quand un signal d'alarme la fit froncer les sourcils. Elle avait déjà entendu l'imitation du cri de rapace et si sa magie se hérissa, prête à intervenir, ce ne fut pas elle qui empêcha la flèche enflammée de la toucher.
- Emma ? s'entendit-elle demander en un murmure affolé à celle qui venait de la prendre dans ses bras, la protégeant sans nul doute du projectile.
L'intéressée ne lui répondit pas, mais elle eut un hoquet de surprise en croisant le regard qui la transperça un instant avant de s'illuminer d'argent. Bouche bée, elle l'observa dégainer un poignard pour le lancer à l'aveugle avec une force qui n'avait rien de naturel dans un arbre en bord de route. Il y eut un cri et elle entendit distinctement le grondement de fureur qui émana de la Princesse, lorsqu'une silhouette encapuchonnée glissa le long du tronc, tentant de s'enfuir au pas de course. Dans la forêt, quelque chose le fit visiblement reculer et plissant les yeux, elle s'étonna de voir les flèches se planter dans le sol devant lui, le forçant à retourner sur ses pas.
- Laisse la, la retint Maléfique lorsqu'elle voulut empêcher Emma d'avancer vers l'inconnu.
Interdite, elle contempla sa protégée s'emparer de la cape qui avait caché l'homme et le traîner sur plusieurs mètres avant de le forcer à se relever pour le plaquer contre le tronc d'un arbre. Elle était trop loin pour deviner ce qu'elle lui demanda lorsqu'elle s'approcha de lui, mais la réponse ne dut pas la satisfaire à en croire le coup de poing qu'il reçut dans l'estomac la seconde d'après.
- C'est toi qui lui as appris ça ? demanda-t-elle à la sorcière à ses côtés.
- Non. Ça, c'est Emma Swan.
- Quoi ?
- Elle a perdu le contrôle quand il t'a attaqué. Sa magie te protège par instinct.
Elle ne répondit pas, grimaçant lorsque le Lieutenant retira la lame qui était restée plantée dans la cuisse du bandit. Cette fois, elle entendit clairement les mots dégoulinant de venin qu'elle lui adressa.
- Dis lui que la prochaine fois, c'est moi qu'on enverra trancher sa gorge.
- Vous ne méritez pas d'être une White, lui cracha l'homme.
Une magie mal contrôlée cassa une branche non loin des deux adversaires tandis qu'Emma se retournait vers lui, les traits déformés par la fureur, son bras droit s'abattit dans sa direction et elle se redressa lorsqu'une flèche noire suivit le mouvement qu'elle avait fait pour aller transpercer l'épaule de l'autre.
- Je ne suis plus une White, cria-t-elle cette fois. Va lui dire. Va le dire à tous tes petits amis dans les bois. Dis lui que si elle continue je trouverai le moyen de lui faire payer. Je trouverai le moyen de la détruire si c'est la dernière chose que je doive faire.
Les paroles la firent frémir et alors qu'elle s'apprêtait à intervenir le bras de la blonde se leva à nouveau, une deuxième flèche allant clouer l'homme à l'arbre contre lequel il avait été plaqué. Cette fois il n'y avait aucun doute. Il n'y avait pas eu la moindre trace de magie dans le phénomène et elle s'entendit gronder en réalisant. Le cri d'alerte qui avait prévenu Emma du danger était celui d'un Faucon et si elle le connaissait, c'était parce qu'il lui avait déjà servi lors de certaines batailles.
- Peter ... gronda-t-elle en un murmure tandis qu'elle sentait ses pouvoirs bouillonner en elle.
Depuis quand protégeait-il ses arrières ? Comment avait-il fait pour transgresser son interdiction ? Et bon sang que lui cachait donc encore la Princesse ?
Des volutes de fumée noire la transportèrent à proximité de l'intéressée dont le regard brillait toujours d'un reflet argenté.
- Tout va b...
- Depuis quand Peter couvre-t-il vos arrières ?
Sa question sembla désarçonner la jeune femme, dont les iris retrouvèrent leur aspect habituel.
- Qu'est-ce que je vous avais dit à propos de ce garçon ?
- De ne plus jamais vous en parler. Je ne vous en ai plus parlé.
L'insolence lui fit serrer le poing, un vieux réflexe lui criant de gifler l'impertinente, mais elle se retint.
- Depuis quand ? répéta-t-elle.
- Vous allez pas m'engueuler maintenant alors que tout le monde nous regarde hein ?
- Comme vous l'avez si bien fait remarquer Emma, vous m'avez prêté serment, j'ai tout à fait le droit de vous réprimander si votre attitude ne me convient pas.
- Comme vous voulez ...
- Emma !
- Quoi ?
L'exaspération que contenait la voix de la jeune femme lui fit voir rouge, lui ordonnant d'un signe de tête de monter dans la calèche où elle la suivit immédiatement, jetant un sort pour que leurs éclats de voix ne s'en échappent pas.
- Expliquez-vous, exigea-t-elle tandis que l'autre se faisait la réplique exacte d'un enfant en allant se coller contre la vitre la plus opposée à elle, les bras croisés et les yeux rivés sur les arbres.
- Je crois que c'est évident.
- Non ça ne l'est pas. Comment vous êtes vous retrouvés ?
- Des hommes ont essayé de voler Bandit. L'un d'eux a failli me tuer, il l'a abattu. J'ai compris que c'était lui mais il ne s'est jamais montré ... Certainement parce que vous lui avez interdit de m'approcher ou de me parler.
- Comment se fait-il que vous soyez si synchronisés dans ce cas ?
- On s'est entraînés. Je me mettais dans une clairière, je lui disais à quoi correspondaient mes mouvements, quels ordres il devait y voir et ... Il tirait.
La sorcière ne répondit pas. Emma disait la vérité. Elle avait arraché le cœur de Peter le jour où elle avait compris ce qu'il s'était passé entre ces deux là et il était impossible qu'il ait désobéit aux derniers ordres qu'elle lui avait donné. Comme si elle avait pu suivre le cours de ses pensées, ce fut la blonde qui rajouta quelque chose d'une voix si basse qu'elle dut forcer pour l'entendre.
- J'aimerais que vous me redonniez son cœur.
- Hors de question, s'exclama-t-elle.
Elle ne le faisait plus autant qu'avant, mais une fois arraché un cœur lui appartenait et il était hors de question qu'elle le rende. Surtout à quelqu'un comme Peter. Qu'importe qu'il ait sauvé la vie de la Princesse. Elle avait fait une seule exception dans sa vie, mais redonner son libre arbitre à Graham était tout à fait différent. Après son retour de Storybrook, elle s'était encore sentie coupable de la mort injustifiée qu'elle lui avait fait subir et elle était loin de ressentir la moindre once de remord pour quelqu'un comme le Faucon.
- Je ne serais pas en vie s'il ne m'avait pas aidée ! Il le mérite.
- Oui et il mérite que je l'éviscère pour vous avoir traînée dans son lit à ma place. Oubliez cette idée, ça n'arrivera pas.
Une lueur argentée zébra brièvement les yeux clairs de la jeune femme dans l'obscurité de la cabine, mais elle soutint le regard qui défia le sien jusqu'à ce qu'elle soit forcée de s'écarter lorsque la blonde se redressa pour bondir en dehors de la cabine.
- Graham, prêtez moi votre cheval, vous avez gagné une place dans le carrosse.
Le culot la fit gronder, observant les dents serrées son Commandant descendre de son étalon pour en confier les rênes à la Princesse sans questionner son ordre. Le chasseur lui adressa quand même un regard incertain avant de la rejoindre quand elle l'autorisa d'un signe de tête agacé.
- Tout v...
Elle ne lui laissa même pas finir sa phrase, claquant des doigts pour qu'il sombre dans un sommeil qui la laisserait en paix jusqu'à leur arrivée.
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Elle avait beau faire preuve d'une confidence qui étonnait parfois Regina, la Princesse, comme l'avait été Emma Swan, restait au fond d'elle un enfant têtu. Et elle l'avait démontré pendant le reste du voyage, droite comme un piquet sur l'étalon qu'elle avait emprunté au Commandant malgré la pluie qui avait commencé à tomber à flots. Une fois arrivés, elle avait directement rejoint l'aile de la garde et comme elle avait l'impression de s'en faire une habitude, Regina l'avait observée, les lèvres pincées, passer sa soirée dans une taverne où elle avait pu l'épier au travers d'un miroir placé derrière un comptoir.
Le lendemain matin, elle s'était réveillée avec une nouvelle gueule de bois, avalant à la va vite une potion effacerait les effets du cidre qu'elle avait consommé la veille avant de se plonger dans les finances du royaume sans aucune ferveur. Dehors, l'orage grondait toujours et ce matin, quand elle avait entendu un serviteur suggérer qu'il reflétait certainement "l'humeur de la Reine", elle avait failli rire. Ce n'était pas elle qui décidait du temps qu'il allait faire, mais en effet, les nuages amassés autour des sommets du château représentaient assez bien son humeur.
Malgré le fracas des éclairs sur les hautes tiges métalliques de son château, elle pouvait clairement entendre son Commandant crier sur ses soldats dans la cour. Les jours de pluie étaient généralement peu appréciés de son armée qui passait son temps à s'entraîner dans des conditions plus dures que jamais, forcés à se laver plusieurs fois avant d'évacuer toute la boue qui s'était insinuée jusque dans leurs caleçons.
Exaspérée par une énième erreur de calcul faite par un comptable, la sorcière poussa un soupir résigné, la feuille de parchemin s'enflammant d'un seul regard.
- Dur d'être une Reine, n'est-ce pas ?
La voix la fit sursauter. Elle devait vraiment être perturbée pour ne pas avoir ressenti l'aura du Ténébreux dans la même pièce qu'elle.
- Qu'est-ce que tu veux ? Je te vois bien trop souvent ici en ce moment ...
L'autre jour à la réunion, il avait été l'un des grands défenseurs de la cause de Maléfique, cherchant à la convaincre de représenter elle-même la Princesse au Conseil qu'elle avait réussi à infiltrer.
- Je ne suis ici que pour accompagner mon fils ... J'ai simplement pensé qu'il était préférable de laisser les enfants entre eux ...
- Laisser les enfants entre eux ? répéta-t-elle en tentant de cacher sa jalousie.
- L'autre jour, la petite Emma a demandé à revoir mon fils. Pour se faire pardonner.
- Elle n'aimerait pas t'entendre l'appeler comme ça.
- C'est toi qui n'aime pas ...
- Tu sais n'est-ce pas qu'elle l'a embrassé ? Ce ne sont pas des âmes-sœurs ... répondit-elle après avoir balayé d'un geste irrité le sous-entendu qu'il était en train de faire.
A sa grande surprise, l'argument ne lui valut qu'un sourire en coin. Il savait ?
- Tu savais ? C'était ta manière à toi de me faire espérer ?
- Espérer quoi ? Perdre la jeune femme qui est tombée amoureuse de toi au profit d'Emma Swan ?
- Qui te dit qu'elles ne sont pas une seule et même personne ? osa-t-elle rétorquer avec plus de confiance qu'elle n'en avait réellement.
- Rien, sembla-t-il concéder. Je ne suis là que pour faire plaisir à mon fils. Il est tout ce qu'il me reste après tout ...
- Et s'il te demandait Emma ?
- Tu connais ma réponse Regina. Mais sois sans crainte, ce n'est pas le cas pour le moment.
- Pourquoi est-ce que tu tenais à ce que je la représente au Conseil ?
- Crois-le ou non, je veille sur ses intérêts ...
- Au cas où ils deviendraient également ceux de ton fils, comprit-elle soudain avec la nausée.
En face d'elle, le Ténébreux eut un rire et elle dut se retenir de ne pas lui sauter dessus.
- Je pourrais tout aussi bien faire les mauvais choix et faire couler son économie.
- Quelle image donnerais-tu de ta façon de gouverner ?
- Mon royaume est un exemple suffisant. Les gens croiraient que j'agis de la sorte exprès pour me venger de Snow White.
Les yeux reptiliens s'assombrirent d'une colère que le sorcier s'empressa de contrôler, mais cette fois elle savait qu'elle avait le dessus. Elle devait faire confiance à Emma. Après tout, elle lui avait répété des dizaines de fois qu'elle ne s'intéressait qu'à elle et elle espérait que sa volonté de revoir Neal faisait partie d'un plan qu'elle parviendrait à lui faire révéler. Elle n'avait donc pas le droit de leur interdire de se voir, mais rien ne l'empêchait d'être présente.
- Allons voir ce que font les enfants, Rumple, suggéra-t-elle d'une voix faussement enjouée.
Fermant brièvement les yeux, elle laissa sa magie traquer celle de la blonde, des volutes de fumée violette la transportant dans les cuisines où Emma était négligemment assise sur le plateau d'une table. Son arrivée bouscula le personnel présent, les forçant à s'incliner et elle eut brièvement le temps d'apercevoir la hâte avec laquelle la Princesse s'empara de quelque chose que Baelfire lui tendait.
- Ne devriez-vous pas être en entraînement, Lieutenant ? demanda-t-elle en guise de salut.
- Le Commandant a pensé que vous n'apprécierez pas que je me roule dans la boue avec les autres.
- Et bien il avait tort, mentit-elle effrontément.
A en juger par le haussement de sourcil qu'elle reçut de sa part, l'intéressée avait facilement repéré le mensonge, mais elle préféra détourner son attention sur le fils du Ténébreux qui avait toujours l'air anxieux en sa présence.
- Neal ... Quelle agréable surprise, le salua-t-elle sans chercher à être convaincante.
- Majesté, c'est toujours un plaisir. Vous êtes splendide.
Le compliment la fit sourire. Pas parce qu'il lui faisait plaisir, mais parce que le regard du jeune homme qui s'était un peu trop attardé sur la robe qu'elle portait lui avait valu un froncement de sourcils de la part d'Emma.
- Je peux vous emprunter mon Lieutenant ?
- Bien sûr, elle est à vous.
Exactement pensa-t-elle en se contentant de lui adresser un nouveau sourire avant de s'emparer du bras de la blonde pour l'amener quelques pas plus loin.
- Je peux les renvoyer dans le trou dont ils sont sortis ou vous n'en avez pas encore fini avec lui ? demanda-t-elle à voix basse.
- Qu... Quoi ?
- J'ai vu qu'il vous a donné quelque chose. Il est donc là parce que vous aviez besoin de lui, accepta-t-elle de s'expliquer. Avez-vous obtenu ce que vous vouliez ou avez-vous besoin d'un peu plus de temps ?
La jeune femme la dévisagea avec l'air de ne pas croire ce qu'elle venait d'entendre.
- Vous me faites confiance ? demanda-t-elle au bout d'un moment, hébétée.
- Absolument pas. Vous êtes encore trop écervelée et inconsciente pour réaliser à quoi vous jouez. Mais je suis là pour vous.
Quelque chose qui ressemblait à de la colère passa brièvement sur les traits de la jeune femme avant qu'elle lui réponse en un murmure déterminé.
- J'ai besoin de plus de temps.
- Si vous insistez ... répondit-elle d'une voix plus forte pour que les autres l'entendent. Rumple, toi et ton fils resterez à manger ce midi.
L'annonce provoqua quelques hoquets de surprise parmi le personnel présent en cuisine, certainement effrayé par la masse de travail qu'elle venait de leur rajouter en un claquement de doigts.
- Nous ne voudrions pas nous imposer, tenta le Ténébreux.
- Oh voyons, depuis quand cela te pose-t-il problème ? Et puis c'est un plaisir.
Le clin d'œil qu'elle lui adressa en sortant de la pièce fut suffisant pour le déstabiliser et elle dut cacher son rire. Elle avait du mal à croire que son arrivée ait presque pu faire passer sa mauvaise humeur.
Parce qu'elle n'était pas connue pour être la Méchante Reine pour rien, Regina se fit également un plaisir d'inviter à leur table Belle et Ruby ainsi que le Commandant et l'ensemble des Lieutenants. La libraire qui avait d'abord semblé gênée avait fini par rire, poussée par la louve qui tentait de lui faire perdre son air contrit sous le regard noir de Rumplestiltskin. Elle avait observé par dessus le liseré en or de sa coupe de vin le sorcier se décomposer au fur et à mesure du repas, s'éclipsant de la salle avant de perdre ses moyens. S'il n'avait toujours pas compris qu'elle était perdue à jamais, il était assez sage pour savoir que son âme sœur ne lui pardonnerait jamais de s'emporter contre qui que ce soit en sa présence. Et le spectacle l'avait réjouie. Faire du mal à son ancien mentor la mettait toujours de bonne humeur.
Presque assez pour supporter les messes basses qu'entretenaient à l'autre bout de la table Neal et Emma.
- Dois-je intervenir ? lui demanda Graham qui avait apparemment surveillé leur manège.
- Non merci Commandant.
Si quelqu'un devait intervenir, ce serait elle. Mais pour l'instant, elle se devait de faire confiance à la Princesse.
Comme si elle avait senti sa patience sur le point de s'évaporer, la jeune femme quitta la table avec son acolyte, le poussant plus qu'autre chose vers la sortie. Elle ne se formalisa pas de son oubli de la saluer, émettant un grondement quand il sembla se rappeler de son existence au dernier moment et tourner sur lui-même en une révérence malhabile.
- Mon dieu ... entendit-elle son Commandant se consterner.
- N'est-ce pas ?
Le chasseur eut un petit rire qui mourut lorsqu'Emma fit demi-tour pour les approcher d'un pas hésitant. Il n'eut pas besoin qu'on le lui ordonne pour quitter sa place, les laissant seules à plus d'un mètre des premiers autres soldats qui mangeaient encore.
- Alors ? poussa-t-elle lorsque la jeune femme se fut assise en se contentant de l'observer.
- Alors quoi ?
- Avez-vous réussi ?
- A quoi ?
- Emma ...
- Je ne sais pas. L'avenir le dira. Je dois encore tester quelque chose.
Il était évident qu'elle ne comptait pas lui révéler d'avantage et un instant leurs regards s'affrontèrent. Elle aurait pu la forcer. Envahir ses pensées ou faire en sorte qu'elle ne puisse pas lui cacher la moindre vérité d'un seul claquement de doigt, mais l'idée d'un tel viol la mettait mal à l'aise. Oui, l'amour était vraiment une faiblesse ... Sa mère en aurait ri. La pensée la fit pincer les lèvres en une moue agacée.
- Vous pouvez disposer Lieutenant, finit-elle par la congédier d'une voix basse.
- C'est tout ? Vous n'allez pas me cuisiner pour savoir ce que je prépare ?
- A quoi bon ? Nous savons toutes les deux que mes méthodes d'interrogations sont loin d'être agréables et je n'ai aucune envie de vous blesser irrémédiablement.
- Mais ça vous amuse de me traiter comme une enfant.
- Au contraire. Ça m'attriste de devoir encore parfois le faire, mais malheureusement vous me prouvez chaque jour que vous n'êtes pas prête.
- Je pourrais presque croire que vous essayez de m'éloigner à nouveau.
- Vous serez adulte le jour où vous vous serez rendue compte que vous garderez toujours une part d'enfant, Emma. C'est certainement ce qui fait votre charme ...
- Mais ce n'est pas ce qui vous attire en moi ?
- Pas particulièrement à l'instant, non ...
- Mais parfois si ? sembla-t-elle vouloir comprendre.
- Je ne suis pas d'humeur à vous expliquer ce genre de choses, Emma ...
- Quand l'êtes-vous ?!
La question formulée sous forme de reproche la fit serrer les dents, surprise lorsque la blonde se leva soudain pour s'éloigner, repoussant le fauteuil sur lequel elle avait été assise sur l'un de ses escarpins. Par réflexe plus qu'autre chose, sa magie réagit à la douleur soudaine et elle dut dévier au dernier moment le sort qui allait frapper la jeune femme. L'énergie qui avait fusé s'écrasa sur un autre fauteuil donc un des pieds se brisa net, faisant tomber celui qui avait été assis dessus.
La Reine ne prêta aucune attention aux cris de surprise et aux rires moqueurs, seulement focalisée sur celle qui s'était immobilisée dans sa fuite. La Princesse lui adressa un froncement de sourcils, mais elle ne répondit pas à son interrogation, se levant à son tour, talonnée par le Lynx qui la suivit quand elle sortit de la pièce.
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Parce qu'elle ne pouvait plus ignorer la question qui la taraudait le plus ces derniers jours, elle avait passé son après-midi dans la bibliothèque en compagnie de Belle. La jeune femme qui avait en son temps fait de nombreuses recherches sur les malédictions en général, lui avait été d'une grande aide et ensemble, elles avaient épluché une grande partie des livres où se trouvait peut-être la réponse qu'elle cherchait.
Sa mère pouvait-elle être restée celle qu'elle prétendait être ?
Parce qu'il n'y avait aucun doute pour Regina que si elle parvenait à prouver ses dires, elle mettrait tout en œuvre pour la faire venir ici. Avoir à ses côtés quelqu'un de sa famille. Quelqu'un qui se souvenait.
- Majesté, il est tard, vous ne voulez pas aller manger ?
- Non, répondit-elle simplement à la brune qui l'avait approchée précautionneusement.
- Bon, je ...
- Oui, oui, allez-y.
- Vous voulez que je demande à quelqu'un de vous apporter quelque chose ?
- Non, vous savez à quel point je déteste qu'on apporte de la nourriture ici. Je me débrouillerai. Merci.
Le remerciement sembla momentanément hébéter la jeune femme qu'elle chassa du bout des doigts.
- Sidney, appela-t-elle quelques minutes plus tard.
Le génie qui avait refusé de répondre à son invocation quelques heures plus tôt, apparut dans un nuage de fumée bleue sur la surface lisse d'un encrier en acier qui traînait sur le bureau où elle s'était installée.
- Et bien ... Où étais-tu passé ? ne put-elle s'empêcher de demander en remarquant son air éreinté.
- Je m'excuse Majesté, vous m'avez appelé et je ne vous ai pas répondu ?
- Oui. Cet après-midi. J'ose espérer que ça ne se reproduira plus ?
- Je l'espère pour moi aussi, ma Reine.
Sa réponse la fit brièvement froncer les sourcils avant de passer aux questions pressantes qu'elle avait voulu lui poser plus tôt dans la journée.
- Qu'as tu trouvé pour cette ... Eva ?
- L'entretien du labyrinthe principal, ça fait un moment que le jardinier se plaint aux réunions.
- Hum, accorda-t-elle simplement.
Si elle s'était écoutée, la jeune femme s'occuperait du ménage des donjons, là où personne ne mettait jamais les pieds, mais elle ne fit aucune remarque à haute voix.
- Autre chose ma Reine ?
- Le Faucon. Est-ce que tu t'es renseigné à son sujet comme je te l'ai demandé ?
- Bien sûr. Il est dans un petit campement dans la forêt.
- Seul ?
- Oui.
- Est-ce que tu lui as parlé ?
- Non, vous ne me l'av...
- Oui, je sais, coupa-t-elle, fatiguée par la longue journée qu'elle avait menée. Demain je veux le voir. Convoque-le au château, je l'interrogerai personnellement.
- Bien.
- Non Sidney. Rien n'est bien ... lui répondit-elle en un murmure avant de le chasser d'un mouvement de la main.
Plaçant une immense plume noire entre deux pages, elle referma le livre qu'elle avait été en train de consulter. Elle finirait demain.
Ce ne fut qu'une fois sortie de la bibliothèque qu'elle réalisa enfin le silence dans lequel était plongé le château et l'heure tardive qu'il devait être. Ses talons raisonnant dans chacun des couloirs qu'elle traversa, la Reine atteignit ses chambres en étouffant un bâillement. Les portes en bois massif s'ouvrirent toutes seules devant elle, mais à peine franchit le seuil de la pièce, la brune se figea. La présence qu'elle avait ressenti ne l'inquiéta que très brièvement, repérant presque immédiatement la silhouette de son Lieutenant dans un fauteuil près du balcon.
- Vous en avez mis du temps ...
La voix avait quelque chose de posé et sûr de soit qui faillit lui faire lâcher un " Miss Swan ? ", mais ses yeux tombèrent sur la carafe de cidre qu'elle avait laissé sur une table basse la veille au soir. Le niveau de l'alcool avait significativement baissé et la jeune femme qui venait de s'adresser à elle en avait encore un verre plein à la main.
- Vous êtes saoule, conclut-elle à haute voix.
- Et inconsciente. Et écervelée, lui renvoya-t-elle les mots qu'elle avait utilisé pour la décrire un peu plus tôt.
- Mais vous vous souvenez encore de qui vous êtes ... Félicitations.
L'autre ne lui répondit pas et elle l'observa avaler une nouvelle gorgée d'alcool, son estomac se serrant brièvement quand elle redescendit sa main, révélant des lèvres luisantes dans la clarté de la lune. Décidant de ne pas se laisser distraire, Regina se rapprocha de sa commode pour ôter les divers bijoux qu'elle portait.
- Pourquoi êtes-vous là ? finit-elle par demander quand elle eut enlevé sa dernière bague.
- Pour vous.
- C'est peu surprenant, je dois l'avouer, répondit-elle en allant ouvrir les portes fenêtres du balcon.
La pluie s'était arrêtée de tomber, laissant la nature dégager une odeur qu'elle avait toujours adorée. Demain, elle irait peut-être elle-même en forêt à cheval pour interroger Peter. Frissonnant, elle fut tirée de ses pensées par la main qui dégagea ses cheveux de son dos nu pour les laisser retomber sur une de ses épaules.
- Em...
La protestation qu'elle avait préparée ne daigna pas passer la barrière de ses lèvres, son corps la trahissant en un grondement sourd lorsque les lèvres de la blonde se posèrent sur sa nuque avant qu'elle ne lèche un chemin jusqu'à son omoplate où elle planta ses dents.
- J'ai tellement envie de vous.
- Vous êtes saoule, répéta-t-elle comme si cela pouvait tout expliquer.
- J'ai tout le temps envie de vous.
- C'est pour ça que vous êtes là ce soir ?
- Non, je voulais vous annoncer quelque chose mais vous n'étiez pas là, alors j'ai attendu.
- M'annoncer quoi ? tenta-t-elle de se raccrocher à la conversation tandis qu'Emma avait plongé son nez dans le creux de son cou, inhalant son parfum avec un soupir appréciatif.
- Rien, ça attendra.
- Non, parlez-moi.
- Je préférerais vous parler de la façon dont j'ai envie de vous arracher vos vêtements. Vous ne m'avez pas laissé vous toucher la dernière fois, vous savez au moins à quel point ça me travaille ?
Bien que les mots ne manquent pas de la faire frissonner, la sorcière ne retint pas le petit rire qu'ils provoquèrent. Elle n'était pas sûre que sans l'alcool, la Princesse se soit montrée si loquace.
- Pas autant que moi, finit-elle par choisir de répondre.
Parce que rien, ni personne n'avait jamais autant peuplé son esprit. Tous celles et ceux qui étaient passés dans ses draps, n'y avait séjourné que pour satisfaire un besoin charnel et l'idée de sortir de l'une de ces entrevues sans avoir obtenu ce qu'elle voulait ne lui serait jamais venue. Mais comme d'habitude, tout avait été différent avec Emma et si aujourd'hui, elle regrettait parfois de ne pas avoir profité de l'occasion, elle n'aurait jamais fait passer son plaisir avant celui de la blonde.
Des lèvres brûlantes se refermèrent sur le lobe de son oreille, les dents tirant légèrement avant de continuer leur chemin plus bas. Elles gémirent toutes les deux lorsque sa langue se mêla à ses baisers, incapable de penser à autre chose que la sensation qu'elle rêvait de voir reproduite entre ses jambes.
- Même le goût de votre peau est parfait.
Elle eut un sourire, toujours subjuguée par l'idée qu'Emma puisse la trouver parfaite.
- Vous savez ce que j'aimerais goûter aussi ?
Cette fois, le sourire se transforma en rire. Non, Emma n'aurait jamais osé lui dire ça, si elle n'avait pas bu la moitié d'une carafe de cidre. Un instant encore, elle laissa les mains brûlantes caresser son dos, les doigts glissant sous la bordure du tissu de sa robe, mais si la tentation de profiter de la situation était grande, celle de pouvoir se moquer de la jeune femme le lendemain l'était encore plus. Aussi quand elle sentit les premières attaches dans son dos être défaites, la sorcière pivota sur elle-même, forçant la blonde à faire quelques pas en arrière pour aller la plaquer contre le mur le plus proche.
- Je le sais oui, répondit-elle avec un sourire carnassier.
- Mais vous êtes déjà en train de chercher une excuse pour que ça ne se passe pas, n'est-ce pas ?
- Elle est déjà toute trouvée, Em-ma ...
- Parce que je suis saoule ? Comme si ça changeait quelque chose à ce qu'il y a entre nous ... Vous n'avez plus envie de moi ?
- Oh que si, concéda-t-elle d'une voix grave parce qu'elle avait vu une brève insécurité dans les yeux clairs.
- Alors qu'est-ce qui vous empêche de me dire oui ?
- Vous comprendrez demain matin. Mettons nous d'accord, quand vous serez en état de marcher droit, vous pourrez venir me voir, interrompre quoique je serai en train de faire et nous reprendrons les choses exactement là où elles en sont ce soir.
- Et quoi ? Nous disputer encore ?
- J'ignorais que nous nous disputions ...
L'intéressée ne lui répondit pas, le regard un instant perdu sur les traits de son visage avant qu'il ne semble se focaliser sur ses lèvres. Elle n'eut pas le temps de réagir, surprise par la force du baiser pour lequel elle fut happée par une main qui s'agrippa à sa nuque. Et même si elle avait envisagé de la repousser, son corps céda avant elle, entrouvrant la bouche pour y accueillir la langue qui en avait quémandé l'entrée. Leurs gémissements ne semblaient même plus proportionnels à un tel échange, mais après tout ce qu'elles se refusaient, Regina supposait que le moindre contact en devenait libérateur.
Un bras entoura ses épaules pour la précipiter contre la blonde et elle perdit momentanément toute volonté quand une cuisse alla se caler autour de sa taille pour fusionner leurs corps. Elle eut tout de même la présence d'esprit d'arrêter la main qui se faufilait déjà dans son corset, pour aller l'emprisonner dans la sienne contre le mur derrière elle. Un instant, la blonde sembla s'en révolter, ses dents se refermant sur sa lèvre inférieure, mais l'action ne fit que la faire sourire. Elle n'était pas prête de perdre à ce jeu là.
Resserrant l'étreinte qu'elle avait exercée sur la Princesse, Regina laissa libre court à son désir. Elle n'eut même pas à l'y forcer plus que de raison avant que son corps ne se cambre contre le sien, lui offrant un cou qu'elle n'hésita pas avant de marquer. Après tout, la jeune femme lui appartenait ... Ça lui ferait un souvenir supplémentaire lorsqu'elle se regarderait dans un miroir le lendemain, pensa-t-elle avec un sourire qu'elle portait encore quand elle s'écarta soudain.
- Demain, lâcha-t-elle avec autant de condescendance qu'elle put.
Derrière elle, la blonde émit un grondement qui aurait pu la faire rire, mais elle fut surprise de l'entendre se débarrasser avec hargne de la veste de son costume qu'elle jeta sur le fauteuil où elle avait passé le début de sa soirée.
- Qu'est-ce que vous faîtes ?
- Je refuse d'attendre.
Un instant, ses yeux traquèrent ses mouvements, la façon qu'elle eut de déboutonner son chemisier pour en laisser les pans libres, exposant la chair pâle et des sous vêtements blanc en satin avant d'attaquer le pantalon qu'elle portait.
- Je ne vous toucherai pas, prévint-elle alors que la blonde délaçait les liens qui retenaient son bas.
- C'est pas grave, je le ferai moi.
Elle mit quelques secondes à comprendre ce qu'elle avait entendu par là. Regina sentit clairement son souffle se bloquer quelque part dans sa gorge lorsque la main de la Princesse disparut dans le dessous qu'elle portait.
- Emma ... prévint-elle d'une voix dont elle ne put contrôler le tremblement.
C'était au dessus de tout ce qu'elle l'avait cru capable de faire même alcoolisée. Et si une petite part d'elle-même se disait qu'elle allait la laisser faire pour voir sa réaction demain, la tentation de profiter simplement du spectacle était plus grande encore. Attirée comme un aimant, elle sentit son corps regagner la place qu'il avait occupé quelques minutes plus tôt, plaçant ses deux bras devant elle, mains contre le mur pour ne pas céder à la tentation d'intervenir.
De son côté, la jeune femme n'avait pas l'air dérangé par le fait d'être emprisonnée dans cette position, son regard aux pupilles éclatées de désir cherchant le sien avec une assurance dont elle s'étonnait toujours.
- J'ai fait ça pratiquement tous les soirs pendant des mois, sembla-t-elle lui avouer.
- Vraiment ?
- Et le matin aussi parfois quand j'avais trop rêvé de vous mais ...
Tremblante presque, elle essayait tant bien que mal de résister à la tentation de remplacer la main de la blonde par la sienne et elle dut se mordre la lèvre pour ne pas gémir en même temps que l'autre quand elle renversa la tête contre le mur.
- Mais ? demanda-t-elle les lèvres effleurant son oreille comme la suite ne venait pas.
- Mais en ce moment, je ne peux pas parce que je partage ma fichue chambre avec Eva.
- La faute à qui ? répondit-elle immédiatement sans pouvoir cacher toute la jalousie de sa voix.
Peu désireuse de voir la conversation s'orienter vers le sujet sensible, elle n'attendit pas une quelconque réponse pour étouffer ses prochains gémissements d'un baiser, dont l'urgence ne parvenait même pas à tarir le besoin qu'elle avait de posséder la Princesse. Incapable de résister à l'envie, une main quitta la surface du mur pour aller agripper la hanche de la blonde là où la peau brûlante était à nue.
- Regina, s'il vous plaît ...
Le regard qu'elle croisa était pailleté d'une magie argentée semblable à celle qui brillait dans le décolleté de la jeune femme et un instant, elle se permit d'admirer le corps baigné dans le clair-obscur qu'il provoquait.
- S'il me plaît quoi ? répondit-elle finalement après une éternité à observer son bassin onduler sous la pression de ses doigts.
- Faites-moi jouir.
Quelque chose éclata dans son ventre, un désir si indomptable qu'elle aurait pu croire à de la magie dont elle perdait le contrôle. Mais depuis toute à l'heure, elle avait fait très attention à tenir en laisse ses pouvoirs qui avaient toujours tendance à la pousser au crime dans de tels moments.
- J'ai besoin que ce soit vous, ajouta Emma.
Les simples mots auraient suffi à la faire céder, mais la supplication clairement peinte sur les traits de la jeune femme lui fit tout oublier. Sa main libre tomba le long du corps de la blonde, courant le long de son bras pour finir par glisser dans le sous-vêtement pour étreindre son poignet.
- Regardez-moi, ordonna-t-elle pour que les yeux brillants de désir se focalisent à nouveau sur les siens.
Elle fut immédiatement obéie, souriant lorsqu'Emma s'immobilisa dans l'attente de ce qu'elle allait faire. Quelques secondes encore, elle fit durer le silence perturbé par le souffle chaotique de son amante avant de mêler leurs doigts. Le bref contact fut suffisant pour qu'elle se rende compte que la Princesse était littéralement trempée et si la tentation était forte, elle s'en tiendrait à ce qu'elle lui avait dit.
- Je ne vous toucherai pas, lui rappela-t-elle.
Pour autant, ce fut elle qui l'incita d'un geste à se pénétrer de deux doigts qu'elle guida pour lui imprimer le rythme d'un va-et-vient. Un instant fascinée par la magie qui brûlait dans les iris de la blonde, la sorcière finit par sortir de sa propre transe.
- Demain quand vous vous réveillerez, je veux être la première chose à laquelle vous penserez. Je veux que vous vous souveniez de quelle façon vous vous êtes déshabillée, de quelle façon vous vous êtes touchée et ... Comment vous m'avez suppliée de le faire.
Quelque chose qui ressemblait à une protestation passa sur le visage de l'intéressée et elle savait pourquoi. À aucun moment elle n'avait supplié. Mais elle ne lui laisserait pas le temps de répliquer.
- C'est compris ? demanda-t-elle en forçant la main de la Princesse à un rythme plus soutenu.
- Putain ...
Sous elle, le corps d'Emma se cambra, lui offrant un cou où elle avait désespérément envie de poser ses lèvres.
- Non, ce n'est pas la réponse attendue, se contenta-t-elle de dire avec un sourire.
Elle n'avait pas besoin d'être à l'intérieur d'elle pour savoir qu'elle était au bord de l'orgasme, le regard flou, ses hanches allant à la rencontre de ses doigts. Mais il était hors de question que cela se produise sans son autorisation. Pour la première fois ses ongles s'enfoncèrent sans ménagement dans l'avant bras de sa protégée, la douleur focalisant brièvement les yeux d'habitude si clairs sur elle.
- Est-ce que c'est compris ? répéta-t-elle en un grondement.
- Oui ma Reine.
La fausse docilité avec laquelle les mots avaient été prononcés aurait pu la mettre en rogne, mais chez Emma cette défiance lui plaisait. Elle fut surprise lorsqu'un bras se faufila derrière sa nuque pour l'attirer à elle.
- Et maintenant, est-ce que j'ai le droit de jouir ?
Instinctivement, ses hanches allèrent plaquer la blonde contre le mur en un mouvement qui la fit gémir.
- Oui, répondit-elle simplement.
Sa main qui l'avait tenue relativement immobile quitta le carré de peau brûlante où elle avait été posée, pour aller déchirer sans aucun scrupule la toile du pantalon que portait l'autre. Refusant de revenir sur ses paroles, la brune raffermit sa grippe sur le poignet de son amante, ravie du cri que l'accélération provoqua. Elle ne réalisa qu'une fois qu'il fut gémit dans son oreille telle une prière à quel point il lui avait manqué d'entendre son nom prononcé de cette manière par la Princesse.
Elles tremblaient toutes les deux lorsqu'elle la força à retirer ses doigts de là où elle les avait elle-même enfouis quelques minutes plus tôt. Le regard grave, elle l'observa les porter à la bouche, les yeux rivés aux siens.
- Je vous vois demain alors ? sembla-t-elle se ravir.
La fausse innocence la fit franchement rire, la réaction ouvertement admirée par la jeune femme qui ne semblait pourtant pas avoir l'intention de prendre congé, à en croire la façon dont elle s'était négligemment appuyée au mur contre lequel elle était encore plaquée quelques secondes plus tôt.
- Demain si vous avez le courage de venir, oui, confirma-t-elle avec un sourire avant de la renvoyer dans ses chambres dans des volutes de fumée violette.
Bon ça va, c'était soft quand même ? ^^ Au prochain ça le sera moins par contre hein, je préviens ;)
