Salut vous tous ! Et oui je sais, je sais, encore un retard monstrueux dont je vous prie de m'excuser ... Merci à celles qui m'ont envoyé des messages pour me bouger ;) J'ai la tête à d'autres fics en ce moment mais promis celle ci sera finie !
En parlant de ça d'ailleurs, j'ai une collection impressionnante d'OS dans mon ordi et je me demandais si ça vous intéresserait que j'en fasse un recueil ici après quelques corrections ... Bref, dites moi si ça vous tente ça me permettrait de vous faire patienter quand je prends trop de retard sur une fic !
C.H.A.P J'ai bien aimé ton ça va chier des bulles xD Mais en effet, ça risque pour certains ;) ... ElsyCiel tu dois m'en vouloir pour ce retard ... Mais bien sur que SwanQueen is real ! Plus que jamais ^^ Raphi5930 ravie de te revoir dans les commentaires ! Tkt pas, tu sauras bien vite pour Emma et je te laisse découvrir un petit aperçu de ce qu'elle fera pour se venger dans ce chapitre ;)
Attention, comme j'avais vraiment honte de mon retard, ce chapitre n'est même pas passé entre les mains de ma beta, donc à vos risques & périls ^^ Bonne lecture my dears !
Chapitre 22 :
.
..
.
Emma
.
..
.
La coccinelle n'a jamais roulé aussi vite dans les rues de Storybrook. Les pneus crissent à chaque virage qu'elle prend, ignorant les feux rouges dans la rue principale. De toute manière qui est assez fou pour être ailleurs que chez soi dans un moment pareil ? Ailleurs qu'auprès des siens dans les dernières minutes qui les séparent d'une toute autre vie ? C'est peut-être pour ça qu'elle est en train de fuir. Fuir ses parents. Fuir vers Regina.
- Maman !
Le cri la ramène brutalement à la réalité, évitant de justesse le dalmatien affolé et la Sauveuse en elle ne peut s'empêcher de penser qu'elle devrait s'arrêter. Aider. Rapporter le chien à son maître qui doit certainement se faire un sang d'encre. Mais non. Aujourd'hui elle doit être égoïste.
- Maman fait attention !
Maman ... Le nom parvient encore à la mettre mal à l'aise parfois. Mais elle obéit. Ralentit. Un peu. Juste assez pour ne pas défoncer le portail du manoir lorsqu'elle s'arrête devant en un coup de frein à main. L'imposante maison les domine de toute sa hauteur et il y a un moment de flottement où les deux passagers de la voiture s'observent en silence.
- Tu es sûre ? lui demande l'enfant.
- Non. Mais il faut que j'essaye.
- Qui ne tente rien n'a rien hein ?
Elle a un sourire. Un petit sourire triste tandis qu'il ouvre la portière et soudain le temps se remet à filer à une allure folle. La porte du numéro 108 s'ouvre sur une Regina qui a à peine pris le temps d'essuyer des larmes et elle a envie de tomber à genoux. Lui dire à quel point elle est belle. A quel point elle est forte et combien elle lui envie son adversité. A quel point elle va sûrement la détruire ... Quelque chose en elle se brise lorsqu'elle prend conscience de ce qu'elle s'apprête à faire. Mais c'est la dernière fois qu'elle doit penser en tant que Sauveuse et confier leur destin à la seule personne qui aura la force d'endosser son rôle.
Le nuage de fumée bleue s'insinue dans la maison et son cœur se brise encore un peu plus lorsque leurs mains se trouvent en faisant naître un bouclier autour d'elle.
- Regina je ...
Je suis désolée. Vous allez me détester. J'étais en train de tomber amoureuse de vous ?
Mais l'autre n'a pas envie de l'entendre. Certainement pas envie que leur dernier moment de paix soit brisé par ce qu'elle s'apprête à dire.
Alors elle le fait. C'est sa dernière pensée consciente avant que le noir n'envahisse son esprit. Elle ne maîtrise toujours pas bien sa magie, mais c'est le moment ou jamais.
Regina est leur dernière chance.
.
.
Emma se réveilla en sursaut. Le même souvenir. Trois fois déjà qu'elle avait tenté de fermer l'œil pour se réveiller en sursaut, l'estomac tordu de culpabilité. A ses côtés, le lynx qui l'avait très vite rejoint, émit un grondement agacé qui la fit sourire. Elle avait beau eu fuir, il n'avait pas mis plus de quelques heures avant de la retrouver ... La présence rassurante était le moyen de se sentir proche de la Reine sans vraiment l'être. Elle ne pouvait pas. Pas encore.
Ce n'était pas faute d'en avoir rêvé pourtant ... Quand la malédiction avait frappé, elle s'était bel et bien retrouvée prisonnière du corps d'un enfant. La présence de ses parents lui était parfois presque insupportable, aussi s'était-elle habituée à perdre conscience plongée dans ses souvenirs. C'était comme ça que ça s'était produit la première fois. Lorsqu'elle s'était retrouvée dans les chambres de la Reine. L'espace d'un instant elle avait été terrifiée. Terrifiée qu'elle ne se rappelle pas d'elle et qu'elle en profite pour lui faire du mal. Mais ce n'était pas ce qui s'était passé.
Alors elle avait pris l'habitude de concentrer toutes ses forces sur la seule présence qui l'apaisait. Et si elle ne contrôlait pas forcément ce que pouvait faire son corps, elle savourait chaque seconde où l'enfant qu'elle était alors pouvait se retrouver en présence de la sorcière.
Avec l'âge, elle avait eu de plus en plus de mal à trouver la force d'exercer un quelconque contrôle sur ses actions. Et encore moins sur sa magie. Pourtant, elle avait vécu comme une réelle trahison le jour où Regina avait enfilé ce collier autour de son cou. Elle l'avait détestée et si elle avait brièvement tenté de l'oublier, le jour où elle l'avait revue dans le château d'Aurore avait scellé son destin. Parce que ce jour-là, c'était non seulement elle qu'elle avait fascinée, mais aussi la petite fille qu'elle était à l'époque. Les années qui avaient filé son esprit s'était de plus en plus confondu avec celui de son alter ego au point qu'elle ait du mal à se souvenir si leurs consciences avaient bel et bien été séparées. Et puis Regina était re-rentrée dans sa vie. Et dès les premiers jours, elle n'avait plus eu aucun doute.
Elle l'aimait.
Savoir que le sentiment était réciproque, l'avait momentanément grisée, mais elle s'était bien vite assombrie. Qui Regina aimait-elle exactement ? Elle qui avait affirmé à plusieurs reprises lorsque la blonde l'interrogeait qu'il ne s'était jamais rien passé avec " Miss Swan "...
Elle avait cru rêver la première fois que Regina avait posé les mains sur elle, mourir de jalousie parce que ce n'était pas vraiment elle qui en avait le privilège ... Ses doutes étaient tels qu'ils étaient parvenus à faire fuir la Princesse avant la fin de la nuit. Ensuite était venue la colère ...
La colère qu'elle avait toujours éprouvée avait nourri celle de la jeune femme qu'elle était dans la forêt enchantée. Nourri ses doutes et sa soif de reconnaissance. La magie qu'elle sentait grandir en elle l'avait parfois trompée en une fausse impression de liberté, mais au moins avait-elle l'impression de pouvoir s'exprimer. Elle y était presque arrivée à plusieurs reprises, remarquant à quel point la Princesse semblait presque s'abandonner à elle lorsqu'elle était en colère, lui laisser le contrôle lorsqu'il fallait se battre, protéger, tuer.
Simple spectatrice, elle avait assisté aux efforts de la jeune femme pour découvrir la vérité, rageant de ne pouvoir l'aider. La soudaine prise de conscience qu'elle avait été forcée d'avoir en visionnant les souvenirs de la brune lui avait fait autant de plaisir que de peine. La sorcière s'était enfin sentie obligée de lui raconter la vérité mais la Princesse avait tout même eu besoin d'une autre version.
Celle de Neal ...
S'il trouvait grâce aux yeux de la jeune femme qu'elle était parce qu'il s'était laissé emporter par la noirceur que son père avait déversée en lui, les années d'expérience qui avait endurci son cœur l'avaient laissée totalement insensible aux excuses dans lesquelles il s'était confondu dès qu'elle avait pu se dégager de son emprise. Et tout comme Regina, elle avait eu envie de le tuer. Une envie si impérieuse qu'elle avait déchiré la Princesse, fragilisant le contrôle qu'elle exerçait sur sa magie.
D'instinct, elle avait su que le collier qu'elle portait était un obstacle à son retour et elle avait tout fait hier soir pour s'en débarrasser, mais elle ne se serait jamais doutée de ça ... Quelqu'un d'autre en revanche le savait ...
- Reste là, murmura-t-elle au félin qui avait cessé de dormir pour l'observer réfléchir depuis une bonne demie heure.
La blonde déplia ses jambes encore courbaturées par la folle course que Bandit avait menée pour regagner le château de Regina. Elle n'était pas encore sortie de la chambre où sa magie l'avait amenée lorsqu'elle avait voulu fuir, mais à en juger par le silence total des lieux, la maison dans laquelle elle se trouvait devait être déserte. Un simple coup d'œil à la pièce dont les meubles étaient presque tous recouverts de d'immenses draps blancs, lui avait déjà révélé la présence d'un miroir dont elle s'approcha prudemment.
Le reflet qu'elle y vit ne lui était pas inconnu. Le visage pur dont l'avait dépourvu la prison lui avait à peine manqué. Elle ne s'était jamais inquiétée des rides à peine visibles qui étaient apparues sur son front et à l'angle de sa bouche.
- Sidney, appela-t-elle après quelques instants à s'observer.
Elle n'eut pas à se répéter avant que l'intéressé n'apparaisse dans une brume bleue. Comme elle s'y était attendue après leur dernière conversation, il avait plutôt l'air agacé d'avoir été convoqué, mais quelque chose d'autre attira son attention. Deux cicatrices de plusieurs centimètres balafrant une de ses joues.
- Vous vous êtes battu ? ne put-elle s'empêcher de demander avec un demi sourire.
- La Reine m'a fait savoir qu'elle n'était pas d'accord avec la façon dont je vous avais parlé, sembla-t-il avouer. Elle veut que je vous fasse des excuses.
- Faites-les.
- Je m'excuse, Princesse.
- Ce n'est pas à vous qu'appartient la décision de vous excuser. J'espère que ce n'est pas comme ça que vous demandez à Regina de vous pardonner ...
- Je vous présente mes excuses. En espérant qu'elles seront acceptées, se corrigea-t-il les dents serrées.
- J'y réfléchirai. Je veux parler à Cora.
- S'il vous plaît, railla-t-il tout de même avant de céder place au décor d'une chambre qui lui était inconnue.
- Cora ! interpella-t-elle la femme qu'elle pouvait voir plongée dans l'observation du paysage depuis sa fenêtre.
L'appel fit se tourner l'intéressée qui s'approcha avec une lenteur délibérée. Elle remarqua ses yeux dériver sur la pièce derrière elle.
- Vous êtes sûre que ce n'est pas ma fille que vous cherchez à joindre ?
- Certaine.
Elle qui s'était attendue à ce qu'elle s'approche encore pour accepter de lui parler, sentit tous ses muscles se tendre lorsque des volutes de fumée violette apparurent dans son champ de vision.
- Comment est-ce que vous avez fait pour savoir où j'étais ?
- Vous ne savez pas où vous êtes ?
- Non ? Où suis-je ?
- Chez moi. Ou chez mon mari, qu'importe ... Mais vous êtes dans la chambre de jeune fille de Regina. C'est poussiéreux, mais j'ai reconnu le décor.
- La chambre de Regina ? Mais c'est ma magie qui m'a amenée là ... Je ne connaissais pas cette maison.
- Quand deux personnes dotées de magie échangent un baiser d'amour véritable, elles forment un lien encore plus fort que celui qui peut unir deux personnes lambda. Ne me demandez pas pourquoi votre magie a choisi ce lieu, mais il traînait certainement dans l'inconscient de ma fille ... Et donc le vôtre.
- Un baiser d'amour véritable hein ? Vous étiez au courant n'est-ce pas ?
- Bien sûr. Je sais le reconnaître lorsque je le vois. J'ai dit à Regina que ce n'était pas normal que la malédiction ne se soit pas déjà brisée.
- Mais vous ne lui avez pas dit que c'était à cause du collier ?
- Pourquoi ne pas l'avoir fait vous même si vous le saviez, Miss Swan ?
- Ne m'appelez pas Miss Swan, gronda-t-elle par habitude.
- Oh ? Juste Emma alors ?
- Je n'aime pas le ton que vous employez.
- Je n'aime pas le ton que vous employez.
Elle ne s'était pas attendue à la rage qui la submergea. Autrefois, elle aurait peut-être réagit autrement, trouvé les mots justes pour remettre l'autre à sa place, mais aujourd'hui elle avait visiblement opté pour une approche beaucoup plus directe. Sa main droite se referma sur la gorge de la sorcière et elle eut du mal à croire que la voix grave qu'elle entendit était la sienne.
- De quel côté êtes vous ?
La plus âgée ne sembla pas se formaliser de l'accès de violence, continuant à la toiser comme si elle n'était pas digne de poser une main sur elle. Les yeux d'ébène presque indifférents lui rappelèrent tant et si bien ceux de la Reine qu'elle finit elle même par s'éloigner avec hâte, dégoûtée par ce qu'elle venait de faire.
- Je suis du côté de ma fille. L'êtes-vous ? lui répondit-elle finalement comme s'il ne s'était rien passé.
- Je ... Je ne mérite pas d'être avec elle. Je vais lui faire plus de mal que de bien.
- C'est absurde.
- Qu'est-ce qu'il se passera quand elle me côtoiera d'assez près pour être tentée par la magie noire qui est en moi, hein ? Ça va la détruire ! Je vais la détruire ! Je l'ai déjà fait ...
- Qu'est-ce que vous racontez ?
Si elle n'avait pas l'air de s'inquiéter pour sa fille, Cora semblait pourtant attentive à ce qu'elle allait dire.
- Rien, éluda-t-elle pourtant.
Hors de question qu'elle lui dise ce qu'elle avait fait. Regina devait en être la première informée. Si elle en trouvait le courage.
- Rien ? répéta la brune avec l'air de s'apprêter à proférer une menace.
- Est-ce que vous pouvez m'apprendre à retirer mon cœur ? changea-t-elle de sujet sans aucune discrétion.
- Non, c'est hors de question.
- Mais j'ai ... J'ai besoin de le voir. Je crois ... Je crois qu'il est noir.
Elle avait beau être on ne peut plus sérieuse, sa remarque provoqua un rire qui l'énerva encore outre que mesure.
- Pourquoi est-ce que vous riez ?
- Vous m'amusez. Votre cœur n'est pas noir, Sauveuse. Sans quoi, aucun baiser d'amour véritable n'aurait fonctionné ...
- D'où me vient toute cette colère alors ?
- Demandez à votre mère ...
L'évocation de Snow White provoqua une nouvelle vague de furie, sa magie volatile faisant exploser plusieurs objets entreposés sur le manteau de la cheminée malgré les poings qu'elle avait serrés. Le phénomène fut observé par la Reine des cœurs avec un demi-sourire. Presque comme si elle s'était attendue à une telle réaction. Était-ce ce que ressentait Regina lorsqu'elle ne parvenait plus à contrôler ses pouvoirs quand elle se retrouvait en présence de son ex-belle fille avec l'irrépressible envie de la tuer ?
- Comment va-t-elle ? s'entendit-elle demander.
- Comme quelqu'un qui s'apprête à tuer le fils du Ténébreux, lui répondit Cora sans besoin apparent de lui faire préciser de qui elle parlait.
- Qu... Quoi ?
- Vous croyiez qu'elle n'agirait pas en conséquence après ce que vous lui avez dit ?
- Je comptais m'en charger moi même.
- Et bien, elle a pris les devants, lui répondit la plus âgée avec un petit sourire.
La magie qu'elle sentit ronger son estomac la fit serrer les dents. Non.
Non, non, non, non et non. Elle n'était pas prête. Elle ne pouvait pas la voir maintenant. Pourtant, elle ne fut pas capable de lutter contre les volutes de fumées qui l'emportèrent.
.
.
Elle pestait encore après sa magie lorsqu'elle réapparut dans un hall qui lui était vaguement familier. Elle avait le ventre serré avant même de poser les yeux sur la scène qui s'y déroulait, mais inquiétude et désir y explosèrent littéralement lorsqu'elle posa le regard sur la silhouette habillée de cuir noir.
Certainement parce qu'elle ne pouvait pas ignorer sa présence, la brune fit volte face, lâchant la proie qu'elle avait acculée contre un mur pour la regarder. La dernière fois qu'elles s'étaient dévisagées, elle avait cru voir une fragilité toute nouvelle dans les orbes d'ébène, mais aujourd'hui toute trace en avait disparu. Elle fut surprise de l'examen auquel l'autre se livra, parcourant son corps d'un regard dur avant de se détourner.
- Non !
Elle mit un instant avant de comprendre que c'était elle qui venait de crier. Crier pour empêcher la sorcière de relever l'homme qui s'était affaissé à ses pieds lorsqu'elle l'avait délaissé.
- Non ?
Le simple mot grondé avec une colère dévastatrice la fit frémir. Pourtant la veille elle avait été étonnée du calme avec lequel la Reine avait accueilli la nouvelle de ce qui lui était arrivé. Elle avait beau lui avoir déclaré qu'elle allait le tuer, il n'y avait pas eu le même courroux dans les iris incandescentes qui la fusillaient sur place. Qu'avait pu lui dire Neal pour qu'elle se mette dans un tel état ?
Les prochains pas qu'elle fit pour s'approcher des deux combattants furent prudents, le souffle coupé par ses pouvoirs qu'elle sentait irrémédiablement attirés par ceux de sa souveraine.
- Non, répéta-t-elle simplement quand elle ne fut plus qu'à un mètre d'elle parce que c'était le seul mot qu'elle parvenait à articuler.
De son côté, le fils du Ténébreux était parvenu à se relever et le sourire triomphant qu'il adressa en direction de Regina la fit voir rouge. Elle sentit la douleur dans son poing avant même de réaliser qu'elle venait de l'écraser sur la mâchoire de l'homme qui l'avait autrefois envoyée derrière des barreaux. Et comme si la simple pensée lui avait permis de se rappeler à quel point elle lui en voulait, un autre coup suivit le premier.
- Ça, c'était pour la prison.
Un autre.
- Ça, pour nous avoir caché ce que ton père manigançait à Storybrook.
Le suivant fit carrément éclater la peau dans un craquement sonore qui laissait à penser que même l'os avait été atteint.
- Et ça, espèce de fumier, c'est pour ce que t'as essayé de faire hier.
Le bras qu'elle avait à nouveau armé fut stoppé par une main dont le contact mit feu à tout son corps.
- Emma ...
- Quoi ?! gronda-t-elle en se dégageant pour faire face à la brune. Vous avez quelque chose à redire Majesté ?
- C'est un visuel qui me ravit, mais êtes-vous sûre que c'est ce que vous voulez ?
Pourtant simples, les quelques mots parvinrent à la calmer avec autant de force qu'un seau d'eau glacée. Quelques heures plus tôt, elle avait fui ces murs sans en vouloir à Neal. Elle s'en voulait à elle-même, se rappela-t-elle la sensation désagréable. S'en voulait de ne pas être parvenue à s'échapper plus tôt, de ne pas avoir vu que les nouveaux pouvoirs du jeune homme l'avaient totalement contrôlé. Elle avait beau ne pas être d'accord avec cette vision des choses, elle savait également que ce qu'elle était en train de faire ne lui ressemblait pas. Surtout pas quand le père d'Henry refusait de se battre et avait encaissé les coups sans tenter une seule fois de riposter.
Henry ...
Elle dut se mordre violemment la lèvre pour contrer les larmes qui avaient envahi ses yeux. En face d'elle, la brune y porta par réflexe un regard qui s'attarda une seconde de trop, mais suffisante à réveiller le désir qu'elle avait instantanément éprouvé en sa présence. Elle avait les hormones d'une femme enceinte, se fustigea-t-elle alors que l'idée même l'envahissait d'une nouvelle vague de tristesse. La jeune femme se força à s'éloigner, laissant Regina apparemment clouée sur place.
- Où est ton père ? demanda-t-elle à son ex-petit ami qui était en train de se soigner avec une grimace de douleur.
- Pourquoi ?
- Ne me fais pas me répéter, prévint-elle en faisant craquer les phalanges de sa main encore ensanglantée.
- Certainement sur les traces de Cora.
L'aveu la fit étouffer un rire. Elle lui souhaitait bien du courage s'il voulait re-rentrer dans ses grâces.
- Débrouille-toi pour qu'il m'apporte la solution pour briser la malédiction. Je te donne jusqu'à ce soir Cassidy.
- Il n'y en a pas ! s'écria-t-il immédiatement comme si il avait peur qu'elle parte après avoir prononcé son ultimatum.
- Mauvaise réponse, gronda-t-elle.
Le hurlement de douleur qu'il poussa quand les os de son bras se cassèrent net en déchirant la peau, la fit frémir de satisfaction. Un tour qu'elle se souvenait avoir vu lors de l'interrogatoire que Peter avait enduré avec Regina. L'intéressée n'avait pas bronché, pas une seule fois son regard sombre ne l'avait lâchée, presque comme si elles étaient seules dans la pièce.
- Emma tu peux me torturer autant que tu veux, mais la réponse sera toujours la même. Il n'existe aucun moyen de briser la malédiction.
- Ne me tente pas. Tu n'as pas idée de ce dont je suis capable ...
- Oh si ... Tu comprenais hier. La magie qui coule dans nos veines. Elle nous pousserait à faire des atrocités.
- Hier ! Hier j'étais bête ! Jeune et bête ! Je ne savais pas ce que je sais sur toi. Si la magie a autant d'influence sur toi c'est que tu étais déjà pourri de l'intérieur quand elle est entrée en toi ! Tu critiques ton père mais tu es le même que lui ! Un lâche ! Prêt à jeter l'amour de sa vie en prison pour s'éviter le même sort ...
- Je comprends que tu sois en colère, mais c'est faux !
- C'EST VRAI ! rugit-elle cette fois, la force de son cri se précipitant sur le jeune homme dont le bras à peine réparé émit un nouveau craquement sinistre. Je veux une réponse de ton père. Je veux la vérité. De sa bouche. Ce soir. Dis lui que si je ne suis pas satisfaite, je me ferai un plaisir de retourner tous les royaumes pour trouver ta dague et mettre fin à la misérable éternité qu'il t'a offerte. Dis lui qu'au lieu d'un fils aimant il aura créé une femme qui fera un enfer de sa vie où qu'il aille se cacher.
- Écoute-toi ... Tu ne te ressembles plus. Où est passée la Sauveuse ?
- Elle est morte ! Elle est morte le jour où on l'a forcée à renaître ici ! A grandir dans une famille qu'elle haïssait au plus profond d'elle. Elle est morte Neal et elle ne te regardera jamais plus avec autre chose que du mépris.
- Tu mens. Je te conn...
L'autre n'eut pas le temps de finir sa phrase, sa tête basculant vers l'avant tandis que tout le corps qu'il avait été en train de relever s'affaissait sur le sol. Et si elle crut brièvement qu'il était mort, un seul regard posé sur l'expression hautement ennuyée de la Reine lui suffit pour comprendre qu'elle l'avait simplement endormi.
- Qu'est-ce qu'il vous a dit ? Pour vous mettre autant en colère ?
En face d'elle, la brune eut l'air de peser le pour et le contre avant de se prononcer.
- Qu'Emma Swan et lui allaient tout recommencer à zéro avant que la malédiction ne frappe. Qu'ils comptaient refaire leur vie. Avec Henry. Sans moi.
- C'est faux, démentit-elle immédiatement.
Il n'y eut pourtant aucun soulagement sur le visage parfaitement maquillé et elle fut saisie par la peur que la Reine ne lui fasse plus confiance. Mais quelque chose d'autre avait attiré son attention.
- Emma Swan ? reprit-elle les mots qui lui avaient été adressés comme si Regina n'avait pas été en train de parler d'elle.
- Elle est morte, n'est-ce pas ce que vous venez de dire ?
Que croyait-elle exactement ? La discussion qu'elles devaient avoir s'annonçait épique, mais elle n'y était toujours pas prête. A peine parvenait-elle à rester en sa présence et contrôler la bataille que ses sentiments étaient en train de se livrer en elle ... Alors provoquer une telle discussion n'était vraiment pas une bonne idée.
- C'est ce que j'ai dit oui. Mais on sait toutes les deux que la colère nous pousse parfois à dire des bêtises, hein ?
- Donc ? poussa l'autre en faisant un pas vers elle.
Si elle avait du mal à respirer, elle en aurait encore plus à mentir. Mais il lui fallait du temps.
- C'est pas vous qui disiez qu'Emma Swan préférait toujours fuir ? Et bien ...
- Oh non, fut-elle coupée en une interdiction claire lorsqu'elle s'apprêtait à faire appel à sa magie pour s'échapper de la présence qui dévorait ses sens.
- Regina ne me faites pas ça ...
Ses genoux étaient sur le point de lâcher sous le poids de son corps et peut-être l'auraient-ils fait, si Regina n'était pas intervenue pour la plaquer contre le mur où elle avait acculé le fils du Ténébreux quelques minutes plus tôt.
- Ne me faites pas quoi ? répéta-t-elle d'une voix dangereusement basse qui la fit frissonner. Ne me laissez pas mourir d'inquiétude ? Ne me laissez pas croire que mon ex-petit ami m'a rappelée auprès de lui ? Ne me fuyez pas avoir échangé un baiser d'amour véritable avec moi ? Ne me faites pas quoi exactement Em-ma ?
Les mots qui la touchaient avec la précision de poignards étaient en train de détruire la moindre résistance qu'elle s'était évertuée à construire. Elle avait l'estomac noué par la peur de lui avouer ses fautes et le désir de céder à ce que ses sens réclamaient.
Ce fut le désir qui l'emporta finalement lorsqu'elle agrippa le col de la veste en cuir que portait la sorcière pour l'attirer à elle. Et il y eut beau ne pas y avoir d'onde de choc lorsque leurs lèvres se rencontrèrent, elle en sentit tout de même une terrasser la moindre de ses résolutions.
Elle avait l'impression de revivre. Malgré l'air qui se faisait plus rare, l'impression d'enfin pouvoir respirer. Leur baiser ne ressemblait pas à celui de deux femmes qui se découvrent et pourtant même s'il était avide, Emma aurait pu jurer que tout avait changé. Parce que derrière chaque coup de langue, chaque effleurement, chaque gémissement à peine étouffé, elle avait l'impression de découvrir pour la première fois ce qu'elle avait pourtant eu tant de fois. Et l'impression faisait naître un besoin encore plus impérieux que toute autre violence.
Ses doigts se crispèrent suffisamment sur le cuir noir pour obliger la Reine à lâcher prise et l'autoriser à inverser leur position. Elle fut presque étonnée de la façon dont la brune se laissa faire un long moment, acceptant d'être dominée, fondant presque sous les assauts qu'elle donnait. Pourtant elle n'eut pas besoin de grand chose pour chambouler leur échange. Des doigts beaucoup plus délicats que le baiser qu'elles échangeaient vinrent se poser sur sa mâchoire et le gémissement déçu qui lui échappa, lorsqu'elle fut forcée à s'écarter de quelques centimètres provoqua un sourire dont l'éclat réchauffa son ventre.
- Emma, j'ai bien conscience que quoi que l'avenir nous réserve, nous aurons toujours du mal à lutter contre cette ... Attraction. Mais j'ai besoin qu'on parle.
- Je ne peux pas.
- Pourquoi ?
- Vous allez me détester.
- Je vous aime, sembla-t-elle la corriger sans effort.
La déclaration fit naître de nouvelles larmes sous les paupières qu'elle s'empressa de fermer, baissant malencontreusement le regard sur le décolleté de la Reine. L'action lui arracha un petit rire.
- Qu'est-ce qui vous fait rire ?
- Moi. Ce que je ressens.
- Pour moi ?
- Non. Non pas vraiment.
En face d'elle, l'autre avait les sourcils froncés et bien qu'elle sache qu'elle aurait du la rassurer, elle se savait incapable de trouver les mots justes pour décrire ce qui était en train de se passer.
- Laissez-moi encore un peu de temps. S'il vous plaît ?
- Combien de temps Emma ? Vous savez que je ne suis pas très douée pour attendre ce que je désire ...
- Je ne sais pas. J'ai besoin de temps pour réfléchir.
- À propos de quoi ? De nous ?
- Non ! Enfin ... Oui aussi. Entre autres.
Les simples mots eurent l'effet d'une claque sur la Reine qui se raidit immédiatement, échappant aux mains toujours crispées sur le col de sa veste. Elle avait revêtu un masque beaucoup plus dur lorsque leurs regards se recroisèrent.
- Bien. Je comprends. Contactez-moi quand vous vous en sentirez capable. Sachez tout de même que j'aimerais être tenue au courant de ce que vous apprendra Rumplestiltskin. Passez par l'intermédiaire de Sidney si vous le voulez.
- Ne le prenez pas comme ça ...
- Je ne vois pas de quoi vous parlez, Miss Swan.
- Et ne m'appelez pas Miss Swan !
- Pourquoi ? N'est-ce pas vous ? Parce que mon Emma n'aurait jamais eu aucun doute sur notre histoire ...
- Votre Emma, c'est moi ! se défendit-elle.
L'autre ne lui répondit pas, se contentant de l'observer en silence d'un œil sceptique.
- J'éprouve autant si ce n'est plus de sentiments pour vous qu'hier, Regina. Ils sont juste ... beaucoup plus durs à accepter lorsque je sais que vous êtes vouée à bientôt me détester.
- Pourquoi vous détesterais-je ?
- Je ... J'ai fait quelque chose. Quelque chose de très égoïste qui vous a beaucoup fait souffrir.
Les sourcils parfaitement tracés se froncèrent d'incompréhension, les yeux maquillés de noir papillonnant quelques secondes et si elle semblait sur le point de demander des réponses, les lèvres pulpeuses se pincèrent en une moue agacée quand dans son coin, le fils du Ténébreux émit le grognement de quelqu'un qui se réveille.
- Vous savez où me trouver lorsque vous aurez fait le point avec vous-même.
Elle n'aimait pas le sarcasme dont était empreint la phrase, ni le regard impénétrable dont elle fut gratifiée jusqu'au dernier moment où le corps qu'elle aurait aimé tenir dans ses bras s'évanouit dans un nuage de fumée violette.
Plus frustrée encore que ce qu'elle avait été quelques minutes plus tôt, la jeune femme finit par sortir de son immobilité pour se diriger vers son ex-petit ami. Renfrognée, elle tira un coup de pieds décidé dans les côtes de Neal qui se réveilla immédiatement avec un glapissement de douleur pathétique.
- Ce soir Neal, lui rappela-t-elle avant de s'évaporer à son tour dans des volutes noires.
.
.
Elle ne savait pas exactement comment elle maîtrisait aussi bien la magie qui coulait dans ses veines. A Storybrook, elle avait à peine été capable de faire léviter un ou deux objets et dans la forêt enchantée les seuls cours qu'elle avait suivi étaient ceux que lui avait dispensé Bohort et Maléfique. Pas de quoi faire ce qu'elle se sentait capable de faire ... L'explication la plus évidente lui paraissait en lien avec Regina. Si le baiser d'amour véritable qu'elles avaient échangé avait bel et bien créé une connexion encore plus forte entre elles, comme l'avait suggéré Cora, il lui avait certainement fait partager des dons que possédait son amante.
Perchée depuis une longue demi-heure sur le dos de son étalon, la jeune femme observait d'un œil critique le château du Ténébreux. Elle l'avait vu passer plusieurs fois derrière les immenses baies vitrées de son salon. Peut être avait-il également senti sa présence, mais pour l'instant il ne s'était pas manifesté.
A ses pieds le Lynx de Regina n'avait pas bougé non plus depuis qu'elle avait ordonné à Bandit de s'immobiliser et sa force tranquille, qui lui faisait immanquablement penser à celle de sa maîtresse, était un dur rappel de la femme qui lui manquait un peu plus chaque seconde qui passait.
- Bon allez, ça suffit. Bandit, en avant.
L'intéressé s'exécuta, immédiatement suivi par le félin qui se remit en marche, collant brièvement son corps sombre à ses jambes quand elle eut mit pied à terre. Les portes s'ouvrirent devant elle lorsqu'elle s'approcha de l'entrée et elle ne fut pas plus surprise que ça d'y découvrir le Ténébreux confortablement assis dans un fauteuil en cuir. Les mains calleuses posées sur ses genoux croisés eurent un tressaillement qui trahit son excitation lorsqu'elle vint à sa rencontre.
- Miss Swan, c'est un plaisir de vous revoir parmi nous.
- Aucun doute. Crachez le morceau Gold, j'ai besoin de réponses et quelque chose me dit que votre fils est plus une proie facile que ce qu'il en a l'air.
- Mon fils ne vous a pas menti.
- Toute malédiction peut-être brisée.
- J'ai conçu celle-là de sorte à ce que seule votre mère le puisse. Mais aujourd'hui c'est impossible, expliqua-t-il sans cacher sa fierté.
- Pourquoi ?
- Parce qu'elle n'est plus pure. Et qu'importent les tours de magie que pourrait inventer Cora. Il n'existe aucune façon d'effacer le passage des Ténèbres en elle.
- Vous mentez ...
- Très souvent. Mais ce n'est pas le cas aujourd'hui. Le seul moyen de revoir Henry serait de le concevoir avec mon fils.
L'idée la révulsa immédiatement, tremblante d'une rage qu'elle ne s'était pas attendue à éprouver pour si peu.
- C'est hors de question.
- Vraiment Miss Swan ? Ne cherchez-vous pas un moyen de vous repentir ?
Le crocodile avait prononcé son dernier mot en le chantant presque, accompagnés d'une pirouette de la main. Il s'amusait. Et de toute évidence, il savait ce qu'elle avait fait.
- Offrir son fils à Regina ... Ce serait peut être le moyen idéal de lui faire oublier toutes ces années qu'elle a passé à le regretter par votre faute, n'est-ce pas ?
- Taisez-vous ! hurla-t-elle.
Elle ne fut presque pas surprise par la magie dont elle perdit le contrôle et qui alla s'écraser sur les bibelots exposés dans la pièce. Pourtant leur fracas fut couvert par le rire haut perché du Ténébreux que le spectacle ne semblait pas impressionner.
- Et ma magie ? D'où me vient cette magie noire ? Cora m'a dit que je devrais demander à ma mère ?
L'énonciation du prénom fit scintiller les yeux d'une lueur maline qui ne lui plut pas.
- Il y a plus de chance que Cora veuille faire de vous son sac à main que son amant, prévint-elle le sorcier qui s'apprêtait sans nul doute à rebondir sur le sujet.
- Nous verrons, répondit-il simplement sans se départir de son sourire.
- Et pour ma magie ?
- Et bien si la grande Cora le suggère ... Pourquoi ne pas aller voir votre mère ? proposa-t-il avec dédain.
Elle ne s'était pas attendue à la main qu'il agita avec nonchalance ni à la désagréable impression de la magie qui l'enveloppa.
- Emma ?!
La voix qu'elle n'avait pas entendue depuis des mois la fit sursauter.
- M...Mulan ?
Toujours désorientée par le sort qui venait de lui être jeté, la blonde tourna sur elle même pour découvrir le décor familier du grand hall du château dans lequel elle avait grandi. Elle était chez ses parents, réalisa-t-elle avec horreur. S'il y avait bien quelqu'un sur terre qu'elle était encore moins prête à voir que Regina, c'était bien Snow White ...
- Princesse que se passe-t-il ? Tout va bien ? C'est la Reine qui vous a envoyée ici ?
- Non c'est ... C'est le Ténébreux.
Le nom fit automatiquement se mettre sur ses gardes le soldat qu'elle avait toujours appréciée. Pourtant, si elle avait l'air d'être prête à défendre son royaume, c'était bel et bien la Princesse dont elle était en train de faire l'examen avec un regard dur. Sans doute à cause de la magie noire qu'elle sentait crépiter dans le creux des poings qu'elle tenait toujours fermés, réalisa-t-elle. Un vieux réflexe la fit porter quelques doigts vers le carré de peau où jusqu'à la veille elle aurait pu trouver le pendentif qu'elle avait toujours porté, mais aujourd'hui l'emplacement vide raisonnait comme un signe inquiétant. Le signe qu'elle était seule ...
- Oh mon Dieu, Emma ?!
La voix la fit se tendre d'avantage et quelque chose explosa en elle lorsqu'elle se sentit happée de force dans une embrasse qui la révulsa.
- Écarte-toi ! commanda-t-elle en dégageant sa mère dont les bras l'avaient entourée.
- C... Comment ?
Il y avait quelque chose au fond du regard de la Reine qui la fit frémir. Une tristesse qu'elle ne put se résoudre à éprouver. Elle aurait presque pu jurer voir la femme qu'elle avait connu à Storybrook, une inquiétude réelle peinte sur le visage où elle n'avait vu que mépris et froideur ces derniers temps.
- J'ai dit, écarte-toi, répéta-t-elle en tentant de contrôler la magie qui réclamait qu'elle déchiquette la femme qui se tenait à ses côtés.
Comme si elle prenait enfin conscience de son sérieux, l'intéressée s'exécuta, reculant de quelques pas sans se départir de son air perdu.
- Emma je sais que ces derniers temps je me suis montrée distante et ... injuste.
- Distante ... Et injuste ? répéta-t-elle presque moqueuse.
- Emma, je ne veux que ton bien. Regina n'est pas la femme qu...
- Regina est mon âme sœur ! l'interrompit-elle hors d'elle. Et tu sais comment je le sais ?! Parce que nous nous sommes embrassées et que j'ai retrouvé mes souvenirs ! Elle a brisé ma malédiction ! Celle que tu avais jetée !
Incrédulité. Peur. Les émotions que ressentait la plus âgée n'avait jamais été plus visibles sur le visage qui commençait à être marqué par l'âge. La tempête finit cependant par se calmer, remplacée par quelque chose qui ressemblait à de la timidité et à une bienveillance qu'elle eut du mal à croire sincère.
- Mulan, tu peux disposer. Emma et moi allons prendre un thé dans la bibliothèque du rez-de chaussée.
Intriguée, la blonde se laissa entraîner à sa suite dans la pièce qui lui avait souvent été interdite par peur qu'elle n'en découvre un peu trop au sujet de la magie. Une table y était déjà dressée, s'étonna-t-elle. Pour deux. Et un service à thé diffusait son fumet en une odeur agréable dans la pièce. Interdite, elle observa sa mère prendre place dans une des chaises avant de l'inviter à en faire de même.
- Je préfère être debout.
- Pressée de repartir ?
- On ne peut pas dire que j'ai été bien accueillie les dernières fois que j'étais ici ...
- Mais tu étais venue avec Regina ... Cette femme ...
- Cette femme est mon âme sœur, répéta-t-elle préférant couper l'insulte qui était sans doute sur le point d'être proférée.
- Pourquoi es-tu ici ma chérie ?
La blonde ne répondit pas tout de suite, ignorant le surnom pour aller se percher devant une des immenses fenêtres. Dehors, les jardins étaient entretenus à la perfection, mais ils n'avaient pas le charme mystérieux du labyrinthe taillé après la cour du château de Regina.
- C'est Gold qui m'a envoyée ici.
- Gold ... Cela faisait une éternité que je n'avais pas entendu ce nom.
- Dix-neuf ans et des poussières, précisa-t-elle en faisant allusion à la période à laquelle la malédiction avait été lancée.
- Je suis désolée, sembla-t-elle s'excuser.
- Ne gaspille pas ta salive. Tes excuses ne seront jamais acceptées.
Elle n'était pas face à elle pour voir l'expression sur son visage, mais le bruit de la tasse qui explosa entre ses mains suffit à lui faire comprendre que la répartie ne lui avait pas plu. Elle ne bougea pas pour autant d'un centimètre lorsque sa mère déplia un napperon pour essuyer le sang qui coulait d'une entaille qu'elle venait de provoquer.
- Pourquoi es-tu ici ? répéta-t-elle finalement sa question.
- Pourquoi est-ce que j'ai de la magie noire en moi ?
- Enfin je ... Je ne sais pas ! Demande à Regina ! C'est certainement elle qui a corrompu ta magie avec ce collier !
- Non, trancha-t-elle sans appel.
- Tu es aveug...
- Non ! insista-t-elle en faisant éclater la théière dont le liquide brûlant atterrit sur la robe de Snow White qui se leva précipitamment. Tu es une menteuse ...
- Non ! Non je t'assure que je ne te mens pas ! Qu'est-ce que tu veux savoir ? Je te dirai tout !
- Je veux savoir comment retourner à Storybrook ! Je veux retrouver Henry !
Sa dernière phrase avait failli mourir en un sanglot qu'elle étouffa tant bien que mal. En face d'elle, le regard dur de sa mère se mua en quelque chose de plus doux. Une empathie dont elle s'était toujours étonnée et émerveillée chez la jeune institutrice qu'elle avait connu à Storybrook.
- Oh Emma, ma chérie ... C'est impossible. Je suis désolée ... Rumplestiltskin avait bien précisé qu'il n'existerait aucun moyen de faire marche arrière ... Mais si tu veux retrouver Henry, Neal peut t'aider ...
- M'aider ? répéta-t-elle en un grondement rageur.
- C'est son père, Emma ... Là-bas ou dans n'importe quelle réalité ...
- Snow ... Regina est mon âme sœur. Je n'aime plus Neal depuis des années et je ne l'aimerais plus jamais.
- Qui parle d'amour ? Je te parle de concevoir un enfant ... Si tu veux vivre avec Regina, soit ! Tu l'élèveras avec elle et pas avec lui ... J'essaie de t'aider Emma !
Le désespoir presque palpable qui raisonnait dans la voix de sa mère avait quelque chose de faux. Et depuis quand Snow White pouvait-elle envisager de concevoir un enfant sans amour ? Les yeux larmoyants qui l'observaient la firent frissonner, sortant d'une torpeur étrange lorsque la porte de la bibliothèque s'ouvrit à la volée.
- Emma, écarte-toi d'elle !
Son père qui venait d'entrer dans la pièce, épée en main provoqua un cri d'indignation de la part de son épouse.
- Charmant ! Comment ose...
- Recule ! ordonna-t-il d'une voix qu'Emma ne lui avait jamais entendu prendre alors qu'il venait de s'interposer entre elles deux. Je sais qui tu es. Je sais ce que tu es, ne t'approche pas de ma fille !
- P...Papa ?
- Emma, éloigne-toi. Cette femme n'est pas ta mère. Ce n'est plus ta mère.
Elle ne chercha pas à le contredire, curieuse de ce qui allait se dérouler sous ses yeux lorsque le Roi menaça son épouse de la pointe de son arme.
- Tu crois que je ne te reconnais pas ? Tu crois que je ne te connais pas ? continuait-il à son adresse. Ça fait bien longtemps que tu n'as plus ce regard. Que plus personne ne t'inspire la moindre sympathie !
La blonde eut un hoquet de surprise cette fois, lorsque les pupilles noires de sa mère absorbèrent l'intégralité de ses globes oculaires, donnant un aspect démoniaque à la femme à qui ils appartenaient.
- Sors de là !
Sors de là ... L'ordre que son père venait de donner lui rappela une autre scène qui l'avait bouleversée. Le retour de Rumplestiltskin. La première fois où il s'était permis d'interrompre la fête que Regina avait organisée pour elle. Cette fois horrible où il s'était déguisé sous les traits d'Henry pour forcer la Reine à l'attaquer, à se voir torturer le corps du fils qu'elle avait aimé plus que tout.
Les larmes aux yeux, elle demeura immobile, pétrifiée tandis que Snow se jetait sur son mari, dévoilant des canines dignes d'un vampire qu'elle tenta en vain d'enfoncer dans le bras de son adversaire. Elle vivait l'instant comme spectatrice d'un film dont elle ne pouvait même plus entendre les effets spéciaux par dessus le battement de son cœur dans ses tympans. Que faisait-elle là ? Elle aurait du être aux côtés de Regina. Regina qui pouvait la protéger. L'aider. L'aimer.
Un bruit sourd et métallique la fit sortir de sa transe, constatant toujours paralysée que Mulan venait d'abattre un bouclier sur la tête de sa souveraine dont le corps s'affaissa. Ko. Le visuel lui arracha un petit rire incrédule qui attira l'attention des deux autres occupants de la pièce.
- Emma ? Tout va bien ? Elle ne t'a pas touchée ?
- Qu'est-ce qu'elle aurait pu me faire de plus que détruire mon existence ? répondit-elle d'une voix lasse.
- Em... Emma ? répéta son père.
Cette fois, il y avait quelque chose de fragile dans la façon dont il avait prononcé son prénom. Quelque chose qui brillait au fond des yeux emplis de larmes qui la fixaient avec appréhension.
- Oui, répondit-elle simplement.
- C... ça a marché ? Regina et toi ? Ça a marché ?
Elle fut surprise du sourire sincère qu'elle trouva sur ses lèvres entourées d'une barbe de quelques jours, qu'il n'avait visiblement pas pris la peine de raser.
- Oui, répondit-elle à nouveau.
L'embrasse dans laquelle elle fut attirée ne la repoussa pas autant que celle dans laquelle sa mère l'avait emprisonnée, mais plus que tout, alors qu'elle s'était attendue à des excuses, les sanglots qui secouèrent la haute stature du Roi la décidèrent à passer un bras timide autour du torse protégé par une armure légère. Mais le contact n'était que le rappel amer qu'elle avait besoin de Regina.
- C'était quoi ça ? demanda-t-elle avec un signe de la main vers le corps inconscient toujours au sol.
- Pour lancer la malédiction, ta mère a accepté qu'une goutte de Ténèbres de la dague de Gold coule dans son sang. Mais elle a colonisé tout son corps et aujourd'hui il peut faire d'elle son pantin. C'était sûrement lui qui était en train de la manipuler ... Tu ... Tu pourras demander à Regina, je pense qu'elle saura t'expliquer tout ça bien mieux que moi.
- De ténèbres ? répéta-t-elle. C'est elle qui me les a données ...
- Quoi ? Regina ?
- Non. Non, ma ... Snow. Snow, c'est à cause de ça que ma magie a été corrompue. Que j'ai de la magie noire ! Les ténèbres ont du entrer en moi aussi quand elle était enceinte !
En face d'elle, son père l'observait avec un air perdu. Il avait raison, Regina serait la seule à pouvoir l'aider sur ce sujet. Elle et peut être Cora. Mais pour l'instant, c'était surtout Regina qu'elle avait envie de voir ...
- Je ... Je dois y aller.
- Emma ... Il va falloir qu'on ...
- Qu'on parle. Oui, je sais. Mais j'ai quelqu'un d'autre à qui parler avant. Enfermez-la quelque part où elle ne pourra pas s'échapper, conseilla-t-elle avec un dernier regard pour celle qui l'avait mise au monde.
Elle n'attendit pas de voir si la consigne allait être respectée, concentrant toute la magie qu'elle sentait à fleur de peau sur la femme dont elle avait définitivement besoin.
.
.
Le hall où elle atterrit était en pleine effervescence et elle dut éviter plusieurs couples qui étaient sur le point de la bousculer sans ménagement. Regina avait organisé une fête en son absence ?! La colère qu'elle éprouva fit se retourner plusieurs personnes sur le chemin qu'elle traça jusqu'aux escaliers qui la menaient à l'aile de la Reine. L'accès en était gardé par deux hommes qu'elle fut étonnée de voir s'incliner brièvement avant qu'elle ne s'engouffre dans ses chambres et directement vers l'immense penderie dont elle sortit un ensemble.
Dans sa hâte, elle faillit tomber sur le pantalon qu'elle enlevait au profit d'un congénère beaucoup plus près du corps. Elle préféra un body ajouré de dentelle noire à ses éternels chemisiers et une veste en cuir de la même couleur pour compléter le tableau. Face au miroir, elle observa sa magie faire des miracles tandis qu'elle remontait la pagaille de ses cheveux en un chignon et couvrait d'un fard mordoré les yeux qui avaient été maquillés d'eye-liner. Elle avait presque l'air d'avoir vieilli d'une dizaine d'années, constata-t-elle satisfaite avant de ressortir de la pièce en un claquement de porte.
Sur le retour, elle eut droit à un regard impressionné des deux hommes qu'elle avait croisés quelques minutes plus tôt, mais ne se formalisa pas de leurs regards insistants, dévalant les escaliers qui la menèrent dans le hall malgré les talons hauts qu'elle portait. Elle avait consenti à se changer pour ne pas faire honte à la Reine, mais elle avait terriblement besoin de sa présence. Pourtant, l'ambiance festive qui régnait dans la grande salle décorée ne lui convenait absolument pas. La boule au ventre, elle ignora l'attention que lui portèrent des étrangers qu'elle dépassait. Son identité n'était pas inconnue de tous ces gens et la voir ici dans une telle tenue ne pouvait qu'apporter de l'eau au moulin des rumeurs de la liaison qu'elle entretenait avec la sorcière. Ce soir, elle avait carrément l'air de s'être servie dans sa garde-robe.
- Princesse ?
La voix la fit se retourner vers le Commandant dont la présence faillit faire jaillir quelques larmes. Elle avait assisté à son enterrement à Storybrook et si depuis, elle avait eu le temps de se faire à son retour, le revoir maintenant était différent.
- Où est-elle ? demanda-t-elle néanmoins.
- Euh ... Cherchez vers l'estrade.
- Graham ? Qu'est-ce que c'est que cette fête ?
- Une idée de Cora.
Elle ne répondit pas, lui adressant un simple signe de tête, reconnaissante de la phrase qui l'avait délivrée d'un poids. Au moins, Regina ne profitait pas de son absence pour organiser une fête tandis qu'elle se morfondait de son côté. Sans son collier, elle n'avait plus le même moyen de repérer son amante, mais il ne lui fallut pas plus de quelques secondes pour tracer l'aura qui embaumait la pièce. Aux côtés de sa mère, la ressemblance des deux femmes était frappante. Dans la pose, la prestance et l'autorité qui n'avait pas besoin d'être exercée pour s'imposer.
La jeune femme dut réprimer un frisson lorsque son regard glissa le long de la silhouette de la mère adoptive de son fils, moulée dans une robe près du corps. Telle une toge, un pan recouvrait à peine une des épaules dénudées en une cascade de plumes noires et diamants qui brillaient sous le feu des chandeliers suspendus un peu partout dans les airs. Les talons aiguilles qu'elle portait sans nul doute étaient dissimulés sous une petite traîne qui gardait à distance les deux hommes à ses côtés. Des inconnus qu'elle ne put s'empêcher de fusiller du regard. Et comme si l'attention avait un quelconque effet, à l'autre bout de la pièce, Regina se tendit, les perles d'ébènes parcourant rapidement l'assemblée des convives avant de se fixer sur elle.
Malgré la distance, elle vit clairement les iris sombres détailler la tenue qu'elle portait et un sourcil interrogateur s'élever à son encontre. La blonde ne lui répondit que d'un signe de la tête, l'invitant à la suivre lorsqu'elle se fraya un chemin vers une porte dont elle ignorait les aboutissants. Elle fut surprise d'atterrir dans un petit salon de jeux où deux groupes s'affrontaient autour d'une table où des cartes et des jetons avaient été jetés en un tournoi dont elle ignorait les règles.
- Dehors, s'entendit-elle ordonner d'une voix basse mais autoritaire qui les fit tous lever la tête.
Insensible au silence qu'elle venait de jeter, la Princesse se contenta de patienter, levant deux doigts pour ouvrir un peu plus la porte par laquelle elle venait d'entrer pour signifier aux autres que son ordre ne devait pas être pris à la légère. Ils mirent tout de même de longues secondes à s'exécuter et elle ne contrôla la magie agacée qui fit claquer le battant en bois massif quand le dernier invité l'eut passé.
Une longue minute s'écoula encore durant laquelle son regard parcourut la pièce à la recherche de quelque chose qui pourrait la distraire de l'angoisse qui serrait son estomac. Pourquoi Regina mettait-elle tant de temps à la rejoindre ? Avait-elle été interpellée par quelqu'un au passage ? Elle avait du mal à l'imaginer incapable de se débarrasser de quiconque si elle avait vraiment envie d'être ici ... L'idée qu'elle ne le voulait peut-être pas la traversa tel un poignard. Oui, peut-être avait-elle été arrêtée par un de ces hommes qui lui tournaient sans cesse autour. Qu'allait-elle devoir faire pour leur faire comprendre une bonne fois pour toute qu'elle était la seule à avoir le droit de la convoiter ?
L'angoisse s'était muée en une colère sourde et le ventre noué, elle s'était déjà dirigée vers la porte, prête à braver la foule pour enlever son amante. Poignée dans la main, elle ne fit même pas attention à la porte qui s'ouvrait un peu plus vite que si elle avait été la seule à l'ouvrir, manquant percuter la brune sur le seuil. Le choc de leurs deux corps fut ridicule, comparé à celui de leurs magies qu'elle sentit tendre tous ses muscles.
- Emma ?
Son nom avait été prononcé prudemment. Certainement parce que Regina ne savait plus du tout à quoi s'attendre de sa part et elle réalisa qu'elle non plus ne savait plus ce qu'elle devait se permettre de faire ou non. Perdue, elle laissa ses émotions dicter ses prochains gestes, attirant la sorcière à elle pour fermer la porte contre laquelle elle la plaqua immédiatement. L'intéressée n'émit aucune protestation, la scrutant toujours en quête d'une réponse qu'elle n'aurait su donner.
En face d'elle, les lèvres laquées d'un rouge profond s'ouvrirent à nouveau pour l'interpeller mais elle ne leur en laissa pas l'occasion, fondant pour les enserrer des siennes. Le soulagement qu'elle éprouva au seul contact fut réciproque à en croire la façon dont la Reine fut secouée d'un frisson, une main volant sur sa mâchoire pour la maintenir contre elle lorsque leurs langues s'effleurèrent. Mais le soulagement céda bien vite place au même besoin impérieux qu'elle avait ressenti un peu plus tôt dans la journée.
Ses hanches plaquèrent un peu plus la brune contre la porte en bois et si un étranger aurait pu croire qu'elle avait le contrôle de la situation, il n'en était rien. Prisonnière des bras qui s'étaient accrochés autour de sa nuque pour l'empêcher de s'écarter d'un seul centimètre, elle était tout autant victime des assauts de son amante. Ses mains semblaient avoir leur propre volonté, parcourant le corps qu'elle se sentait le besoin de redécouvrir et elle eut un sourire lorsque l'une d'elle arracha un gémissement rauque à la sorcière lorsqu'elle se posa sur un de ses seins.
Sa bouche migra vers le cou qu'elle avait envie de marquer, ses mains remontant vers les épaules dénudées. Le contact peau sur peau lui fit perdre le peu de retenue qu'elle avait conservé, frissonnant quand elle parvint à arracher son prénom en une supplique évidente lorsqu'elle glissa un genou entre les cuisses fuselées de son amante. Mais le tissu brillant l'empêchait d'atteindre tout à fait son but. Cette robe devait disparaître. Les doigts qui étaient passés sous la matière soyeuse furent pourtant stoppés par les ongles qui s'enfoncèrent dans ses phalanges.
- At... Attends. Attendez, Emma.
Ses dents se plantèrent brièvement dans la peau tendre du cou en guise de protestation mais l'intéressée s'exécuta tout de même, faisant remonter sa langue jusqu'au lobe de l'oreille qu'elle mordilla avec beaucoup plus de douceur. Elle n'avait pas besoin qu'elle lui pose de question, elle savait pertinemment quelle vérité Regina avait besoin d'entendre.
- C'est moi, se força-t-elle à avouer. S'il vous plaît j'ai besoin de vous ... Je vous jure ... Je vous jure que nous ne sommes qu'une seule personne, vous aviez raison. J'étais là, j'étais là depuis le début.
Et je vous aime, ne rajouta-t-elle pas parce qu'elle n'était pas sûre que le sentiment soit réciproque. La sorcière lui avait trop souvent répété que Miss Swan n'avait rien été de plus qu'une amie ... Pourtant la main qui avait stoppé sa progression sous le tissu qui retenait l'ensemble de la robe finit par lâcher la sienne, migrant une nouvelle fois dans sa nuque où elle fit pression pour rapprocher leurs bouches.
C'était toute la permission dont elle avait besoin, le signe que sa réponse suffirait. Pour le moment du moins. La robe cascada le long du corps de la sorcière dont elle s'était à peine détachée, admirant le mouvement fluide qui se termina en une marre de tissu soyeux aux pieds des talons aiguilles d'un noir aussi pailleté d'argent qu'une nuit étoilée. Un instant, elle s'abîma les yeux à contempler le corps qu'elle désirait à en avoir mal.
Elle allait parler lorsqu'elle fut happée par un baiser exigeant qui ne lui laissa pas le temps de formuler le compliment qui avait apparemment été facilement lu sur son visage. Et elle avait beau être plaquée contre une porte, presque nue tandis qu'Emma n'avait pas enlevé un seul de ses vêtements, Regina contrôlait toujours la situation. Même lorsque la blonde la fit se cambrer, gémissant son prénom quand deux doigts la pénétrèrent sans avertissement.
Et si elle avait pu avoir le moindre doute sur son comportement, la jambe qui s'enroula autour d'elle pour l'inciter à accentuer ses mouvements les fit s'envoler. Il y avait un décalage étrange entre la douceur des lèvres qui glissaient dans le cou de la brune et du rythme qu'elle imposait entre ses jambes, mais aucune des deux ne semblaient y trouver à redire. Les ongles manucurés parvinrent à abîmer le cuir de son blouson lorsqu'ils se crispèrent sur ses avants bras et elle s'émerveilla brièvement sur la chance qu'elle avait de pouvoir provoquer de telles réactions.
Mais la seconde d'après une deuxième jambe vint s'enrouler autour d'elle et elle oublia tout le reste, haussant de quelques centimètres encore le corps de la sorcière qu'elle devait certainement maintenir à l'aide de magie sans vraiment s'en rendre compte. Quiconque serait passé derrière la porte où elle la plaquait aurait sans doute rougi en remarquant le battant trembler sous ses assauts. Ici, la musique de la fête était couverte par les gémissements sans retenue de la Reine et elle n'était pas sûre que de l'autre côté, elle soit suffisante à les cacher entièrement.
Le visage enfoui dans le décolleté de la sorcière, elle avait l'étrange impression de contrôler pour la première fois son corps tout en vivant l'expérience comme prisonnière d'une transe dont elle ne sortirait que si elle pouvait entendre son amante crier son nom. Au dessus d'elle, l'intéressée dont les ongles labouraient le haut de son dos avait le nez dans ses cheveux, une main tentant de défaire le chignon que sa magie avait attaché.
- Emma ...
Son prénom grondé par la voix rauque la fit frémir, mais elle ne cacha pas son petit rire lorsqu'elle fit l'effort d'immobiliser la Reine contre la porte pour dégager une main, dont elle se servit pour libérer la masse de cheveux clairs qui fut immédiatement empoignée par la brune. Immobiles, leurs regards s'affrontèrent un instant en silence jusqu'à ce qu'elle recourbe les doigts qu'elle avait enfouis dans son amante. Leur position ne lui permettait guère de faire autre chose mais le geste fut suffisant pour arracher un autre gémissement à la brune dont les yeux incandescents la fixèrent avec une nouvelle flamme.
- Vous comptez finir ce que vous avez commencé ou est-ce que je dois vous l'ordonner ?
Le sourcil arqué était taquin, le ton complice et un instant, elle s'émerveilla de la relation qu'elle entretenait avec Regina. Quelque chose dont elle n'aurait jamais osé rêver à Storybrook. Non, elle n'avait pas besoin qu'elle lui donne le moindre ordre pour savoir ce qu'elle voulait. Les iris quasiment noirs d'un désir animal était un indicateur suffisant ... Ses propres yeux la brûlèrent de larmes qu'elle s'empressa de cacher dans le cou où elle enfonça ses dents. Le geste lui valut un grondement agacé qui se transforma en un gémissement lorsqu'elle utilisa sa magie pour la plaquer un peu plus étroitement contre le bois et se donner une nouvelle marge de manœuvre.
Le visage enfoui contre la peau qu'elle était en train de marquer, Emma se perdit dans le besoin qu'elle avait ressenti depuis qu'elle avait revu la Reine un peu plus tôt dans la journée. Ses mouvements s'accélérèrent, le bout de ses doigts allant systématiquement frapper un point qui rendait toujours folle la brune. L'intéressée finit par se tendre, l'arrachant de là où elle était pour écraser ses lèvres contre les siennes en un baiser dont la violence égalait celle qu'elle était en train de lui faire subir.
Des dents mordirent sa lèvre inférieure, mais Regina sembla renoncer à étouffer ses cris lorsqu'elle finit par ajouter son pouce à l'équation, s'en servant pour effleurer la petite boule de nerf qui précipita finalement son amante vers l'orgasme.
- Emma !
Oui, c'était elle, se réjouit-elle en entendant le prénom gémit à quelques centimètres de ses lèvres. C'était elle qui faisait se tendre ce corps si parfait, elle seule qui avait le droit de la voir ainsi. Quelque chose se réveilla en elle, une magie qu'elle sentit enflammer son sang avant de se précipiter sur la sorcière qu'elle tenait dans ses bras. Fascinée, elle observa le halo argenté coloniser les iris d'ébène avant que quelques battements de cils ne le dissipe.
La bouche sèche, elle se força à ralentir le rythme de ses va-et-vient jusqu'à s'immobiliser, les doigts encore profondément enfouis entre les parois qui s'étaient resserrées sur eux. Sa tête retomba contre l'épaule de la brune où elle inspira une longue bouffée d'air emplie du parfum qu'elle avait associé depuis longtemps avec la femme de ses rêves.
Elle eut un petit sourire lorsque des lèvres se posèrent sur sa tempe en une série de baisers beaucoup plus doux que leurs précédents échanges et laissa les mains baguées peigner les cheveux qu'elles avaient mis en désordre quelques minutes plus tôt. A l'extérieur, la musique leur parvenait toujours, mêlée au brouhaha et à leurs respirations encore saccadées et elle mit un moment encore avant de s'écarter à regret de l'embrasse rassurante dans laquelle elle était lovée.
- Emma ? T... Vous pleurez ?
- Vous ne voulez plus me tutoyer ? demanda-t-elle à côté, laissant la brune retomber sur ses pieds.
Elle ne se cacha pas. En face d'elle, les yeux brillaient d'un éclat dangereux sous le couvert des longs cils maquillés de noir, mais le visage de son amante s'était figé en un masque d'inquiétude qui la fit faire un pas de plus en arrière.
- Emma.
Il y avait une interdiction claire dans le prénom qu'elle avait prononcé comme un ordre. Celui de ne pas fuir.
- Je suis là.
- Je le sais bien. Pourquoi pleuriez-vous ?
- Pour tout un tas de raisons ...
- Parce que je vais vous détester ? sembla-t-elle deviner en répétant les mots qu'elle avait eus plus tôt dans la journée.
- Ça en fait partie oui.
La peur qu'elle éprouvait devait avoir été assez claire pour que Regina ait l'air de s'assombrir, fronçant les sourcils comme si pour la première fois, elle croyait qu'il puisse exister une telle raison.
- Qu'avez-vous fait ?
L'autorité agacée la fit presque sourire, mais le soldat en elle se sentit obligé de s'expliquer.
- Je ... Quand je suis venue vous voir à Storybrook, av... Avec Henry.
Si elle avait eut du mal à prononcer le prénom, son interlocutrice ne cacha pas la profonde douleur qui assombrit encore un peu plus son regard lorsqu'elle l'entendit dans sa bouche.
- Oui ? demanda-t-elle pourtant.
- Je venais de me disputer avec mes parents et Snow ... Snow m'avait dit ce qu'il se passerait. Et je ... Je ne savais pas quoi faire.
- Et ?
- Et je n'avais pas le temps de penser à un autre plan, j'ai agit par instinct et quand je lui en ai parlé, il a été d'accord avec moi ...
- Il qui ? Quel plan ?
La sorcière commençait à s'agiter, mais les prochains mots la firent se figer.
- Henry. Au manoir, juste avant que la brume recouvre tout ... J'ai utilisé toute ma magie pour faire de vous notre Sauveuse.
Elle ne savait pas si ses mots étaient suffisants pour qu'elle comprenne l'ampleur de ce qu'elle avait fait, mais maintenant qu'elle l'avait dit, maintenant que Regina semblait plongée dans un silence accusateur, il fallait qu'elle aille jusqu'au bout.
- Je ne savais même pas si ça marcherait ... Je contrôlais à peine ma magie à l'époque, mais c'est la seule solution à laquelle j'ai pensé ... Je savais que s'il existait une seule personne assez puissante pour réussir, ce serait vous. Mais vous ne pourriez pas nous sauver si vous n'aviez aucun souvenir de ce qu'il s'était passé là-bas ... Henry vous a fait changé, il fallait que vous ... Que vous vous souveniez de lui. Alors j'ai ... Avant que la malédiction ne nous atteigne, j'ai concentré toute ma magie et j'ai souhaité que vous vous rappeliez de tout.
Elle ne savait pas très bien à quel moment elle s'était remise à pleurer, mais le regard noir de la sorcière finit par quitter le sien, glissant imperceptiblement le long de sa joue pour suivre la course d'une larme qu'elle sentit brûler un chemin jusque dans son décolleté où elle s'écrasa avec brutalité dans le silence qui venait d'embaumer la pièce. Elle n'entendait même plus la musique de la fête à côté ...
- Je ne savais pas ... Je ne savais pas qu'il n'existerait aucun moyen ... J'étais égoïste ... Je n'ai pas pensé à toute la souffrance à laquelle je vous condamnais. Je l'ai vu ... Dans vos yeux. Quand Gold l'a utilisé pour vous faire du mal, quand vous avez du m'en parler ... J'ai tué quelque chose en vous. Cette malédiction que ma mère a lancée ? Vous ne l'auriez même pas sentie passer si je n'étais pas intervenue ... C'est moi qui ait tué Henry, sans mon intervention, il n'aurait jamais existé pour vous ... Vous n'auriez jamais eu à en faire le deuil.
La silhouette de la brune fut brièvement noyée dans des volutes de fumée d'un violet profond et si elle crut qu'elle allait s'enfuir, elle fut soulagée de noter qu'elle s'était simplement rhabillée d'une robe noire bien plus simple que celle dont elle l'avait débarrassée quelques minutes plus tôt. Mon dieu ... Quelques minutes plus tôt, elle était encore en train de la prendre contre une porte et maintenant le regard lourd de sens qu'elles échangeaient avait des airs de finalité.
Emma inspira profondément, se forçant à garder son calme, les yeux rivés sur la femme qui la détaillait en un silence déchirant. Elle ne cachait rien, espérant que la brune pourrait lire en elle tout ce qu'elle ne parvenait pas à lui dire.
- Emma ...
La voix rauque était presque cassée. Et peut-être était-ce le plaisir qu'elle lui avait donné juste avant ou peut être était-ce les larmes qu'elle retenait, mais Regina dut s'éclaircir la gorge avant de continuer.
- J'ai besoin d'être seule.
L'ordre implicite lui fit étouffer un sanglot. D'accord, c'était mieux que la colère froide à laquelle elle s'était attendue, mieux que la rage ou l'indifférence totale dans lesquelles la Reine excellait si bien, mais elle ne put retenir le désespoir d'étreindre son estomac.
- C...Combien de temps ? demanda-t-elle avant de se reprendre. Non, pardon, c'était une question stupide.
Une bulle d'énergie explosa quelque part dans la salle et une table de jeu se fendit littéralement en deux sous une pluie de cartes. Seulement alors se rendit-elle compte que la brune était en train de retenir avec peine sa magie qui menaçait de dévaster toute la pièce.
- Reg...
- Maintenant Emma, gronda-t-elle le visage pourtant toujours faussement calme.
- Ok. Je ... Je vais certainement rester avec la garde. Si vous me cherchez.
Parce qu'il était hors de question qu'elle parte. Hors de question qu'elle la quitte à nouveau. Jamais.
Bien entendu, elle n'obtint aucune réponse de la part de son amante et quand quelques secondes de silence inconfortable se furent écoulées, la blonde se résigna à tourner les talons, vacillant jusqu'à la porte qu'elle eut le temps de refermer derrière elle avant de s'effondrer à même le sol sous le regard étonné des invités.
Bon dites-moi, qu'est-ce que vous pensez du personnage d'Emma ? Parce que si vous saviez comme j'ai galéré ! J'avais pensé supprimer complètement la Princesse qui existait avant mais certaines d'entre vous m'ont fait comprendre qu'elles l'aimaient trop pour que ça arrive du coup j'ai adapté tout ça mais je suis pas convaincue du résultat & comme j'ai même pas demandé l'avis de ma beta avant de poster pour vous éviter d'avoir à attendre encore un peu plus ...? J'attends vos critiques ^^
