Oui-Oui, je sais, c'est une constante, je suis en retard ^^ Merci à vous tous de continuer à me suivre & pour votre éternel enthousiasme, le/a prochain(e) qui commente sera le/a 666ème ( ! ). Également un énorme merci pour vos réactions à mon premier OS, je répondrai à tous vos commentaires avant de poster le 2ème ...

Gouldo1 Snow ne sera pas épargnée, Neal j'en parlerai moins pour être honnête c'est pas un personnage que j'aime beaucoup travailler à part pour mettre la m*rde ... PinGuouine, il n'y a qu'une seule EvilQueen, ne t'en fais pas pour Emma ;) C.H.A.P ne pleure pas, il reste quelques chapitres encore & je commencerai direct une autre fic après celle là en plus des OS :) Lucy honnêtement je serais tombée dans le panneau aussi ... ElsyCiel j'ose espérer que tu vivras mieux ce chapitre là ^^

Bon ... Il est M ce chapitre hein ( et pas encore passé par ma beta ! ) & le prochain le sera aussi, j'essaierai de vous le publier pour Noël xD En attendant, bonne lecture !


Chapitre 24 :

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Emma

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Elle n'avait pas tué Neal. Elle en avait été incapable. Pourtant c'était bien ce qu'elle était partie faire lorsqu'elle avait senti sa magie l'emporter vers le château du Ténébreux. Ce n'était peut être pas de lui que venait l'idée de lancer une malédiction, mais Gold avait participé à l'anéantissement de sa vie. C'était en partie à cause de lui qu'elles avaient perdu Henry et ce soir elles venaient de perdre ce que Regina considérait certainement comme ce qu'elle avait de plus proche d'un enfant aujourd'hui. Alors c'était normal qu'elle pense à lui rendre la pareille non ? Ce genre de logique lui était-il tout récent ou aurait-elle réfléchi autrement avant ? Avant que la magie noire qu'elle sentait couler dans son sang n'affecte son jugement ?

Elle n'avait eu aucun mal à trouver le père d'Henry, vulgairement en train de manger dans les cuisines désertées depuis bien longtemps par le moindre domestique trop effrayé du propriétaire des lieux. Il n'avait pas réagi, ne s'était pas défendu lorsque les premiers coups avaient plu et pourtant ce n'était pas son manque de réaction qui l'avait empêché d'aller jusqu'au bout.

Non, c'était Belle.

La jeune femme avait débarqué dans la cuisine pour la trouver à genoux au dessus de l'homme ensanglanté que ses poings et sa magie avaient détérioré au point qu'il eut ressemblé à un corps que toute vie avait quitté depuis bien longtemps. Il y avait eu quelque chose d'étrange dans le regard de la bibliothécaire. De la peur, oui. Mais aussi une acceptation qu'elle avait eu du mal à croire. Presque comme si elle la comprenait. Le regard clair s'était teinté de pitié et elle avait comprit avec horreur qu'elle était en train de voir en elle les mêmes excuses qu'elle avait autrefois trouvées à Rumplestiltskin.

La réalisation l'avait glacée d'horreur. Non, elle avait beau avoir de la magie noire, quelque chose la différenciait encore du Ténébreux. Avec lenteur, elle s'était éloignée du corps inanimé et elle avait du parcourir plusieurs pièces avant de trouver un miroir qu'elle avait débarrassé du drap qui le protégeait des regards extérieurs. Malgré son inimitié pour elle, Sidney avait tout de suite répondu à son appel et elle avait observé en silence le corps de son ex petit ami basculer dans sa brume bleue lorsqu'elle lui avait demandé de l'envoyer quelque part où son père ne pourrait jamais le retrouver.

Et puis elle était rentrée. Rentrée à la maison. Rentrée auprès d'elle.

S'il y avait bien une seule constante dans la relation qu'elle entretenait avec Regina, c'était la façon dont elle s'était toujours systématiquement sentie vivante en sa présence. D'abord, la façon dont la brune parvenait à l'énerver au point tel qu'elle se demande si un jour quelqu'un l'avait bel et bien mise en colère avant que cette femme et ses un mètre soixante ne débarque ou bien la façon dont plus tard ses regards enveloppant lui avaient fait comprendre le sens du mot désir.

Regina lui avait appris à vivre. Et aujourd'hui encore alors qu'elle s'était sentie morte quelques heures plus tôt, les bras dans lesquels elle avait été faite prisonnière lui donnaient l'impression de pouvoir à nouveau respirer. Mais avec le soulagement étaient revenues les larmes. Si elle avait cru qu'elles s'étaient taries un peu plus tôt lorsqu'elle était allée confronter Neal et que la colère avait éclipsé son chagrin, il n'en était rien.

Elle pleurait la mort d'Henry. Elle pleurait sa propre mort et ces années à vivre à moitié. Elle pleurait la mort de cet animal, d'à nouveau faire souffrir Regina à cause d'elle. Elle pleurait ce rôle de Sauveuse auquel elle ne parvenait pas à voir le moindre avantage.

Si.

Elle avait rencontré Regina. La seule qui importait à présent. Ce n'était pas la première fois qu'elle se faisait la réflexion mais aujourd'hui elle sentait le besoin irrépressible de lui dire. De lui faire comprendre.

Sortant enfin de l'immobilité dans laquelle elle était depuis plus d'une heure, la jeune femme essuya précautionneusement ses joues trempées. La Reine n'avait pas émis le moindre commentaire lorsqu'après l'avoir invitée à la rejoindre sous ses draps elle s'était blottie contre son corps brûlant, trempant de ses larmes le creux de son cou et le tissu de la robe qu'elle portait.

Aucune parole n'avait été prononcée, le temps s'étirant tandis que les ongles courts peignaient inlassablement des mèches de ses cheveux et les mots mirent quelques secondes encore à vouloir sortir malgré sa décision.

- Regina je ... Je vous aime tellement.

Au dessus d'elle la main se figea mais la sorcière ne lui répondit pas. Elle ne s'en formalisa pas, Regina était bien trop intelligente pour ne pas avoir compris que sa déclaration allait être suivie par autre chose.

- Je ... À Storybrook déjà je savais que j'aurais pu tomber amoureuse de vous ... Mais je ne savais pas ... Je n'avais jamais pensé que ça pourrait être réciproque, que ça pourrait être possible entre nous ... J'étais prête à passer le reste de mes jours sans vous l'avouer mais tout est allé si vite ... Et j'étais là ... J'étais là dans la forêt enchantée. C'était moi qui pensais à vous la première fois que je me suis téléportée ici ... Je me souvenais de tout et tout m'était insupportable ... Sauf vous.

Maintenant qu'elle s'était mise à parler elle avait l'impression qu'il fallait qu'elle lui parle. Il fallait qu'elles aient cette conversation une bonne fois pour toutes. C'était Regina qui lui avait réclamée, maintenant il était trop tard pour faire machine arrière.

- Cette personne que j'étais avant que la malédiction ne soit brisée ... Elle vous aimait. Mais je vous aime encore plus. J'ai tout vu de vous, je vous ai haïe quand j'ai cru que vous aviez tué notre fils et pourtant j'ai découvert une autre personne derrière toutes vos apparences, j'ai surmonté ma haine je ... Aujourd'hui je sais que vous êtes la seule chose qu'il me reste, la seule chose qui importe. Je ferai tout et n'importe quoi pour protéger ce que nous avons Regina, je tuerais mes propres parents si vous en aviez besoin. Je veux que vous compreniez ... Je n'existerai plus jamais sans vous à mes côtés, c'est fini. Je ... Je n'ai même plus l'impression d'être moi même quand je suis loin de vous.

Sous elle, Emma pouvait sentir le cœur de la femme qu'elle aimait battre la chamade et elle crut que le sien allait s'arrêter lorsqu'elle se redressa suffisamment pour apercevoir les larmes qui avaient coulé sur le visage plus hâlé que le sien.

- Reg...

Son inquiétude fut balayée par les doigts frais qui volèrent sur ses lèvres, l'empêchant de parler.

- Dors, mon amour.

Et le surnom avait beau être une des plus belles choses qu'elle n'ait jamais entendu dire la Reine, il devait aussi contenir un sortilège qui lui fit presque instantanément perdre connaissance.

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Elle aurait du y être habituée depuis le temps mais elle eut tout de même un pincement au cœur en se rendant compte que le lit qu'elle occupait au réveil était désert. Encore à moitié endormie elle roula dans les draps pour atteindre le deuxième coussin où elle enfouit son visage pour respirer l'odeur de son amante mais l'impression de bien être que le parfum avait fait naître en elle fut anéantit par le cri presque inhumain qu'elle entendit au loin. Le prénom la fit bondir, ouvrant réellement les yeux pour la première fois. Elle fut surprise de découvrir la silhouette de Regina dans l'embrasure de la porte fenêtre de son balcon.

- Qu'est-ce ... Qu'est-ce que c'est ?

- Rumplestiltskin, fut la seule réponse.

- Et il vous appelle comme ça depuis hier soir ? s'étonna-t-elle.

- Non, une petite heure. Avant c'était ma mère.

Elle ne répondit pas, frissonnant lorsque l'appel déchira à nouveau le silence relatif des lieux. Elle ne savait pas si elle aurait pu le supporter sans réagir si c'était son nom qu'il avait clamé. Sans un mot elle tira sur l'un des draps pour s'y enrouler lorsqu'elle se leva, le tissu blanc coulant derrière elle comme une traîne l'eut fait.

- Vous avez dormi ? demanda-t-elle lorsqu'elle fut arrivée assez près pour passer un bras autour de sa taille.

- Un peu.

Elle ne releva pas le mensonge, déposant un simple baiser sur la tempe de la brune qui s'était appuyée un peu plus confortablement dos à elle. L'instant lui semblait presque hors du temps. Dehors l'aube donnait un reflet rouge sang aux haies du labyrinthe taillé sous les fenêtres et quelque part dans la forêt le cerf qu'elle avait découvert des mois plus tôt devait être en train d'apprécier le calme avant l'agitation des rondes effectuées par les soldats.

- Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? s'entendit-elle demander.

La question provoqua un petit rire désabusé et la Reine se retourna dans ses bras. Ce matin là, ses yeux étaient plus clairs que d'ordinaire et peut être était-ce le manque de sommeil ou tout autre chose mais la couleur lui donnait un air encore plus jeune que d'habitude, plus innocent aussi ... Pourtant elle était loin de l'être lorsque ses doigts se mirent à courir le long de sa clavicule avant d'accrocher le tissu soyeux du drap qui la protégeait de la fraîcheur ambiante. Ce n'était pas le froid qui la fit frissonner la seconde d'après lorsque, aidé, le drap cascada le long de son corps et jusqu'à ses pieds pour la laisser uniquement en nuisette devant la brune.

- C'est vous qui m'avez mis ça ? demanda-t-elle incapable d'ignorer le regard qui la dévorait avec une lenteur appréciative.

- Je ne voulais pas d'un costume taché de sang dans mon lit ...

Les doigts avaient glissé le long de son décolleté et elle se mordit l'intérieur de la joue pour ne pas gémir lorsqu'ils évitèrent ses seins.

- Regina ...

- Je vais trop vite ?

- Pas assez, avoua-t-elle en retenant la main qui s'était apprêtée à s'éloigner.

Elle l'entendit vaguement jurer quelque chose entre ses dents avant que la brune ne fonde sur elle pour un baiser aussi puissant que tendre. Elle ne prit pas la peine d'étouffer le prochain gémissement que lui arracha la rencontre de leurs langues, serrant un peu plus étroitement le corps de son amante contre le sien.

- Emma, si tu veux arrêter c'est maintenant ou jamais.

- Est-ce que j'ai l'air de vouloir m'arrêter ma Reine ? répliqua-t-elle en la plaquant contre la porte fenêtre.

L'intéressée ne lui répondit pas mais elle nota son sourire lorsque ses lèvres désertèrent les siennes pour descendre dans son cou. Une cuisse alla enserrer ses hanches et elle en profita pour se lover un peu plus contre le corps brûlant qu'elle avait envie de sentir sous elle mais elles se figèrent toutes les deux lorsqu'un cri retentit à nouveau.

Avec un grondement agacé, Regina s'écarta brièvement pour apposer sa main sur l'un des murs qui miroita l'espace d'un instant avant qu'une chape de silence ne tombe sur la pièce. Lorsqu'elle se retourna vers elle, elle avait un air faussement hautain, comme si le tour de magie avait été censé l'impressionner.

- J'ai vu bien mieux, plaisanta-t-elle.

Elle ne laissa pas le temps à son amante de trouver le moyen de se dépasser, l'attirant à nouveau à elle pour l'embrasser. Cette fois rien ne l'interrompit quand elle la souleva pour la ramener vers l'immense lit. Les jambes croisées dans son dos refusèrent de la libérer lorsqu'elle l'allongea sur les couvertures qu'elle avait quittées un peu plus tôt, allant jusqu'à inverser leurs positions. Perchée au dessus d'elle, la brune la couva d'un regard débordant de quelque chose qui ressemblait fort à de l'amour et elle crut que son cœur allait imploser.

- Laissez-moi vous faire l'amour, implora-t-elle.

Les yeux sombres se plissèrent comme si elle ne comprenait pas la simple demande qui venait de lui être faite et elle sourit à la cascade de cheveux qui lui tomba dessus lorsque la brune se pencha sur elle.

- Tutoies-moi et je te laisserai peut-être, lui murmura-t-elle en faisant courir ses lèvres de son oreille à sa mâchoire avant de plonger dans son cou où les caresses de sa langue la firent se cambrer.

Elle permit la douce torture de longues secondes encore, acceptant les hanches qui s'étaient mises à onduler au dessus d'elle en un rythme qui la faisait déjà rêver d'un plaisir qui ne tarderait pas à venir. Mais comme toute à l'heure Regina s'était servie de son corps pour inverser leurs positions, la blonde fit de même, emprisonnant les deux poignets dans une de ses mains au dessus des longues mèches brunes éparses sur les couvertures.

- Laisse-moi te faire l'amour, répéta-t-elle contre les lèvres qui cherchaient les siennes.

- Oui, lui répondit-elle immédiatement comme si elle lui donnait toutes les permissions.

- Bordel si tu savais comme je t'aime Regina ...

Elle ne lui laissa pas le temps de répondre, s'emparant de sa bouche où leurs langues se rencontrèrent avec une passion qui la fit frémir. A genoux au dessus d'elle, elle laissa sa main libre descendre le long du corps qui tremblait, massant un sein jusqu'à ce que les hanches de la brune bondissent pour lui rappeler de s'occuper d'autre chose. Le petit rire qui lui échappa lui valut d'être mordue, la douleur immédiatement apaisée par la caresse de sa langue lorsqu'elle sa main se faufila entre ses jambes.

Elle ne portait rien sous la petite robe en satin noir qui protégeait à peine sa modestie. Ses doigts glissèrent dans les plis du sexe déjà humide, s'arrêtant sur la petite boule de nerf qui fit gémir la Reine. Elle renonça à l'immobiliser, lâchant ses poignets pour libérer son autre main et agripper le sein dont elle suça la pointe. Sous elle le corps de la brune se cambra, les jambes toujours attachées à ses hanches resserrant leur étreinte pour l'inciter à aller plus vite mais elle s'y refusa.

- Je croyais que ça n'allait pas assez vite à ton goût Emma ?

- Essaye encore, murmura-t-elle contre la peau brûlante qu'elle avait léchée.

Elle eut du mal à retenir un petit cri de surprise lorsqu'une main s'abattit sur ses cheveux, tirant sur les mèches d'or pour les rapprocher.

- J'ai besoin de te sentir en moi, murmura-t-elle pourtant avec douceur contre ses lèvres.

Et elle fut incapable de résister à la demande, s'exécutant d'un geste sûr en la pénétrant de deux doigts qui firent crier son amante. Un instant elle demeura immobile, savourant ce qu'elle avait l'impression de vivre pour la première fois. Si elle avait montré des signes d'impatience quelques secondes plus tôt la brune ne sembla plus lui en tenir en rigueur à en croire le soupir de soulagement qu'elle poussa dans son cou où les lèvres pulpeuses s'arrimèrent immédiatement.

Sous elle le corps qui ondulait au même rythme que les va-et-vient qu'elle avait entamés la fit frissonner. Aujourd'hui le désir qu'elle éprouvait toujours en présence de la Reine s'était transformé en une autre forme de besoin. Pour une fois son nom gémit dans le creux de son oreille la rassurait plus qu'il ne l'excitait. Regina était à elle, elles étaient bien vivantes toutes les deux et ensemble.

Elle n'était pas la seule à ressentir l'envie d'être au plus près de l'autre à en croire la façon dont un bras fut passé autour de sa nuque pour l'attirer encore un peu plus à elle. Leurs bouches se retrouvèrent presque aussitôt et ce fut elle qui gémit lorsqu'une main glissa de la mâchoire où elle était restée accrochée à un sein qu'elle massa. Les doigts experts taquinèrent un téton déjà sensible au travers de la nuisette qu'elle portait encore avant de filer plus bas en semant sur leur chemin une traînée de magie brûlante.

Elle crut qu'elle allait s'évanouir lorsqu'ils finirent leur trajet entre ses jambes. Elle ne parvenait même plus à se rappeler de la dernière fois où Regina l'avait touchée mais l'intéressée se contenta de l'effleurer et elle sentit clairement les lèvres qu'elle embrassait s'étirer en un sourire.

- Ne joue pas, prévint-elle en ajoutant un doigt à ceux qu'elle avait déjà enfouis entre les jambes de la brune.

L'action arracha un cri à la sorcière dont les jambes se replièrent autour d'elle. Un moment elle observa, fascinée, la façon dont les hanches abandonnées au plaisir allaient à la rencontre de ses phalanges tendues et elle dut se faire violence pour tout arrêter. La brune eut un hoquet de surprise indignée mais le petit rire qu'il provoqua mourut en un gémissement lorsque deux doigts glissèrent en elle. Une lame de plaisir la terrassa et elle dut libérer une main pour empêcher sa chute sur son amante.

- Emma je t'aime plus que tout mais si tu refais ça je te jure que tu attendras des semaines avant que je te fasse jouir, la menaça la voix grave près de son oreille tandis qu'elle se retirait déjà en un avertissement clair.

- On sait toutes les deux que tu tiendrais pas autant, se moqua-t-elle réellement amusée.

- On sait toutes les deux que tu n'as pas envie de le découvrir, rétorqua l'autre en faisant courir ses dents dans son cou.

L'échange leur arracha un petit rire mutuel et elle s'extasia à nouveau sur la beauté de la femme qu'elle tenait dans ses bras.

- Moi aussi je t'aime, répondit-elle simplement cette fois.

La déclaration lui paraissait de plus en plus évidente et elle se demanda brièvement combien de fois encore elle devrait la faire avant de ne plus éprouver la joie presque enfantine qui l'envahissait à chaque fois qu'elle la voyait provoquer un large sourire sur le visage de la brune.

Elle l'effaça pourtant en se penchant d'avantage au dessus d'elle la seconde d'après, se délectant des gémissements que lui arrachaient les va-et-vient qui avaient repris. Et cette fois elle n'osa pas s'interrompre, la magie grondant en elle comme un lion en cage lorsque l'orgasme frappa son amante. Un bras referma sa prise autour de son cou pour attirer leurs fronts l'un contre l'autre mais elle refusa de calmer le jeu. Elle avait besoin de bien plus que cela pour commencer à dompter le désir qui faisait rage en elle.

Ses doigts se recourbèrent, arrachant de différents cris à la sorcière lorsqu'elle les fit pivoter en elle. Des ongles courts griffèrent un chemin jusque sur ses hanches pour la forcer à ajuster sa position et elles gémirent toutes les deux lorsque Emma put enfin chevaucher une cuisse brûlante, atténuant un tant soit peu le supplice lancinant qu'elle endurait entre ses jambes.

- Tu es trempée Emma ...

- Oui et bien essaie de te rappeler à quand remonte la dernière fois où tu m'as touchée hein ?

- Cinq jours, répondit-elle immédiatement comme si elle en avait été tout aussi consciente qu'elle.

- Une éternité, renchérit-elle.

- Et c'est inadmissible.

La voix déjà rauque de la brune était tombée d'une octave pour taper dans le registre qu'elle utilisait pour faire trembler sa cour mais elle ne tira qu'un gémissement de plus de la part d'Emma. La magie qui l'atteignit l'instant d'après la fit glapir de surprise, retournée par une force invisible qui inversa leurs positions. Au dessus d'elle les yeux sombres brillaient d'un éclat presque dangereux mais le plaisir qu'elle pouvait y voir en atténuait la menace.

- Et qu'est-ce que la Reine compte faire pour y remédier ?

L'intéressée ne prit pas la peine de tenir compte de sa question mais le sourire carnassier qu'elle lui adressa valait toutes les réponses. Les trois doigts qui la pénétrèrent la firent carrément crier et malgré le rythme lent, elle savait déjà qu'elle ne tiendrait pas longtemps. Elle sentit le poids des longues mèches brunes tomber sur elle avant que l'autre ne vienne caresser sa mâchoire et son cou du bout de ses lèvres et de son nez.

- Je t'ai manqué ?

- Tu le sais.

- Mais je veux l'entendre, lui ordonna-t-elle en donnant plus de force à ses va-et-vient.

- Oui. Oui tu m'as manqué. Ces derniers jours j'ai imaginé je sais pas combien de fois te sauter dessus. Tu sais ce qui est inadmissible aussi ? Tes robes. Il n'y a pas une seule de tes tenues qui me donne pas envie de te jeter dans un lit.

La colère qu'elle s'était évertuée à distiller dans ses mots mourut à l'instant même où elle entendit le grondement dans le creux de son oreille. Non, à la réflexion ça ressemblait même à un ronronnement d'autosatisfaction qu'elle transforma en gémissement en lui rappelant qu'elle avait toujours deux doigts en elle.

- J'espère bien, ce n'est pas pour rien que je les porte Emma ...

Ce fut à son tour de gronder, les doigts en elle l'attaquant sous un autre angle qui fit bondir ses hanches. Pourtant la main qui les avait maintenues remonta le long de ses flancs en une traînée de feu avant de s'installer dans sa nuque. Son corps entier tendu de plaisir vibrait sous le regard sombre qui la dévorait et elle dut faire un effort incommensurable pour résister à l'orgasme qui la suppliait de lâcher prise.

- Regina ...

- Oui mon amour ? entendit-elle murmuré contre ses lèvres derrière les paupières qu'elle avait fermement plissées. Qu'est-ce que tu veux ?

- Toi, supplia-t-elle seulement.

Les lèvres pulpeuses se refermèrent sur les siennes et apparemment la Reine l'avait comprise puisqu'elle la sentit ajuster leur position l'instant d'après. Et parce qu'elle n'était pas loin de tomber dans le précipice, la blonde ne prit pas la peine de se montrer délicate. Ses doigts reprirent un rythme soutenu, les phalanges se recourbant à chaque fois qu'elle manquait se retirer complètement avant de replonger en elle avec force.

- Emma !

Le regard sombre chercha le sien avec quelque chose qui ressemblait presque à de la surprise et elle lui accorda un sourire avant de faire l'effort de se redresser pour enlacer le corps de la sorcière. Sa langue lécha un chemin le long d'une clavicule saillante, ses dents remontant ensuite taquiner son menton.

- Je veux t'entendre, la prévint-elle.

L'intéressée ne lui répondit pas mais entre ses jambes le rythme qui était resté raisonnable égala le sien. Les dents qu'elle planta dans le cou de la Reine ne retardèrent qu'à peine l'orgasme qui était sur le point d'éclater. En revanche le pouce qu'elle parvint à faire glisser sur le clitoris de son amante fut tout ce dont il suffit pour qu'elle sente les parois agripper ses doigts et la brune se tendre.

- Oh mon dieu Em-ma oui.

La magie qu'elle avait senti bourdonner en elle éclata lorsqu'elle laissa le plaisir s'emparer d'elle. Et ce n'était pas qu'une impression à en croire la façon dont Regina s'agrippa à elle un peu plus fort lorsqu'elle cria son orgasme. Les paillettes d'argent qu'elle avait brièvement vues frémir à la surface de sa peau l'accueillirent dans le regard d'habitude si sombre de la brune.

- Qu... Qu'est-ce que j'ai fait cette fois ? demanda-t-elle en retombant sur le matelas, entraînant à sa suite celle qu'elle tenait toujours fermement dans ses bras.

La sorcière eut un petit rire qui parvint à faire tressaillir les muscles de son ventre malgré ce qu'il venait à peine de se passer et elle la laissa un long moment faire courir ses lèvres dans son cou avant d'insister à nouveau.

- Hey, qu'est-ce qu...

- Tu as projeté ce que tu ressentais en moi, la coupa l'autre.

- Ah ... Oh ! Je peux faire ça ?! s'extasia-t-elle.

- Apparemment.

- Et c'était bien ?

Des ongles s'enfoncèrent brièvement dans son flanc droit mais elle n'en tint pas compte, riant à son tour.

- Rira bien qui rira la dernière Emma.

- Ça fait deux fois que tu dis ça ma Reine et la dernière fois tu venais juste de t'évan...

Cette fois la griffure des ongles fut un peu plus brutale, la forçant au silence mais rien ne put calmer le rire qui lui échappa.

- Je t'ai dit que tu allais en entendre parler jusqu'à la fin de tes jours.

- Hum ...

En silence elle patienta de longues minutes encore avant que sa respiration se fasse moins chaotique, souriant lorsque Regina finit par s'installer sur elle avec l'intention apparente d'y dormir.

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Cette fois ce fut elle qui refusa de s'endormir, en profitant pour admirer le visage de son amante dont elle jouait avec les longues boucles brunes. Les cheveux courts lui manquaient un peu réalisa-t-elle. A Storybrook ils donnaient un air beaucoup plus sophistiqué à Madame le Maire mais ici la Méchante Reine le compensait certainement avec sa garde robe ...

Emma contempla encore de longues minutes la peau hâlée qui se soulevait au rythme lent de la respiration qu'elle avait adoptée dans son sommeil, notant une fois de plus à quel point elle était belle même lorsque ses yeux si expressifs étaient fermés. Le désir qui recommençait à enfler dans son ventre la fit se lever, préférant laisser la sorcière dormir après la nuit blanche qu'elle avait du passer à écouter Rumplestiltskin clamer le nom de sa mère.

Curieuse, elle se faufila dans l'immense pièce attenante qui servait de dressing à la Reine. Elle ne prêta qu'une brève attention aux robes qui se succédaient en un enchaînement de couleurs qu'elle avait l'habitude de la voir porter. Elle remarqua tout de même avec un sourire deux exemplaires beige et un ensemble aux détails d'un jaune vif dans lequel elle l'imagina avec un sourire.

Son regard finit sa course sur une tenue de cavalier dont elle enfila avec difficulté le pantalon en cuir noir. La veste, elle, était d'un rouge profond qu'elle assortit aux chaussures et si elle dut réajuster la taille du tout à l'aide d'un peu de magie, le résultat qu'elle admira dans l'un des immenses miroirs lui arracha un sourire tandis qu'elle remontait ses cheveux en un rapide chignon. Elle avait hâte de voir la réaction de Regina.

L'intéressée dormait toujours à poings fermés dans son lit lorsqu'elle re rentra dans la chambre. Elle s'était apprêtée à ranger le drap qui traînait encore à terre lorsque son regard tomba sur la silhouette d'un cheval au loin. Il n'appartenait pas à la garde royale mais fut quand même autorisé à passer les portes du château lorsqu'il se présenta devant les gardes et la blonde mit encore quelques secondes à reconnaître la femme qui le juchait.

Belle.

Et soudain les souvenirs de la veille l'envahirent, terrassant le calme que la Reine avait su faire renaître en elle.

Tout était de la faute de Cora. Sans consulter l'avis de personne, elle avait manigancé dans le dos de Rumplestiltskin, l'avait enfermé dans une cage dont il s'échapperait bientôt pour répandre son courroux sur tout le monde ... C'était de sa faute si le Lynx était mort, de sa faute si elles allaient devoir encore se battre, de sa faute si hier soir elle avait failli tuer le père d'Henry ... Et pourquoi avait-elle envoyé Belle en mission chez le Ténébreux ? Que préparait-elle encore ?

Elle s'était mise en marche avant même de s'en rendre compte, pressant le pas dans les couloirs où elle vit Sidney l'observer d'un œil terne jusqu'à atteindre la bibliothèque où elle sentait la présence de celle qui l'intéressait.

- Cora ! appela-t-elle tandis que les portes s'ouvraient toutes seules devant elle.

L'intéressée était en pleine conversation avec la bibliothécaire mais elle eut le temps de les voir s'échanger quelque chose avant que la plus âgée ne fasse disparaître l'objet en un petit nuage de fumée.

- Qu'est-ce que vous foutez encore ? gronda-t-elle. Qu'est-ce que vous manigancez sale sorcière ?! Ce qui s'est passé hier soir ne vous a pas suffi ? Qu'est-ce qu'il vous faut encore ?!

- Belle, je crois qu'il voudrait mieux que vous laissiez le Lieutenant et moi s'entretenir en privé.

L'intéressée ne tergiversa pas, les laissant immédiatement seules et Emma lui fit à peine attention tandis qu'elle la dépassait pour sortir de la pièce.

- Vous êtes contente ? Vous vous êtes amusée à humilier le plus grand sorcier de tous les temps ? Et pour quoi ? Qu'est-ce qu'il va se passer maintenant ? Est-ce que vous donnerez votre vie pour apaiser sa soif de vengeance lorsqu'il s'en prendra à nous ? Et qu'est-ce que vous lui avez volé ? Qu'est-ce que Belle faisait là bas hier soir ?

- Ces vêtements appartiennent à Regina, je me trompe ? Faites attention elle a toujours été très possessive avec sa garde robe.

Et elle aurait pu tolérer le changement de sujet mais la sorcière avait tout bonnement l'air de ne pas la prendre au sérieux, faisant culminer sa colère à de nouveaux pics.

- Vous foutez pas de ma gueule Cora, n'oubliez pas que si vous êtes là c'est grâce à moi.

- Grâce à ma fille en fait, la corrigea aisément la brune avec un air décontracté.

La réplique la fit gronder, sentant sa magie vibrer tout autour d'elle.

- Vous devriez vous calmer ma chère.

- Ne m'appelez pas comme ça.

- Bien, Miss Swan. Calmez-vous immédiatement avant de détruire un peu plus qu'il ne l'est le château de ma fille.

- Vous n'êtes pas la Reine à qui j'ai juré obéissance, cracha-t-elle emportée par la colère qui était en train de la ronger. Dites-moi ce que vous préparez !

- Calmez-vous.

- Non !

- J'ai dit calmez-vous ! répéta la sorcière avec force cette fois.

Elle s'était rapprochée, les perles d'ébènes se teintant d'un rouge profond qui ressemblait à du sang et elle sentit ses genoux fléchir sous l'aura destructrice qui se dégagea d'elle un moment.

- N'oubliez pas à qui vous parlez Sauveuse, vous ne me devez peut-être pas le même respect qu'à ma fille, mais ma magie pourra toujours vous rappeler votre place.

- Je me rappelle très bien de qui vous êtes Cora, gronda-t-elle dans l'effort qu'elle fit pour se relever. Justement.

À nouveau debout, elle constata que la distraction avait été suffisante pour réduire l'intensité de la magie qu'elle avait sentie crépiter autour d'elle, au bord de la perte de contrôle. En face d'elle la mère de Regina le devina aussi, reculant d'un pas.

- Vous ne me faites toujours pas confiance, constata-t-elle.

- Non, c'est un privilège que je réserverai uniquement à Regina désormais.

- Et tant mieux. Mais c'est aussi la raison pour laquelle je ne peux rien vous dévoiler.

- Donc vous lui cachez quelque chose !

- Si je cache quelque chose à ma fille c'est pour son propre bien.

- C'est ce que vous vous êtes dit en manigançant dans son dos pour qu'elle épouse Léopold ?

- Ça n'a rien à voir Emma.

C'était peut être la première fois que la sorcière prononçait son prénom et elle arrivait presque à le faire sonner comme une insulte.

- Qu'est-ce qu'il se passe ici ?

En face d'elle la brune ne répondit pas à la question que sa fille venait de poser en faisant irruption dans la pièce et elle prit quelques secondes encore le temps de sonder les orbes sombres qui la défiaient.

- Ta mère nous cache quelque chose, choisit-elle d'être honnête.

Son amante ne parut pas surprise par l'information, se contentant d'approcher d'une commode où elle caressa du bout d'un doigt la statue d'un cheval. Elle qui l'avait laissée encore nue sous les draps admira un instant le corps qu'elle connaissait par cœur moulé dans une longue robe noire dépourvue de décolleté mais dont tout le dos en dentelle laissait deviner la peau hâlée. La sorcière dut sentir son regard, le sien s'y accrochant une seconde avec un sourire en coin avant qu'elle ne se tourne tout à fait vers sa mère.

- Est-ce que nous parlons de la même chose que ce que Maléfique a essayé de lire dans votre esprit hier ?

- Oui.

- Alors je suis au courant, déclara Regina avec un sourire à son intention.

- Non, c'était clair dans la façon dont elle en parlait que tu ne savais rien de tout ça Regina, crois moi.

- Je sais que je ne suis pas au courant, sembla-t-elle se corriger. Maléfique l'est. S'il y avait quelque chose à me dire, elle l'aurait fait.

La réponse n'était pas celle qu'elle avait attendue, fronçant les sourcils d'incompréhension.

- Mère, laissez-nous.

- Très bien ... Je serai ...

- Je sais où vous serez, coupa la plus jeune avec l'air d'être pressée.

Pourtant elle ne lui adressa pas la parole lorsqu'elles furent à nouveau seules, continuant à s'éloigner de quelques pas pour aller jouer avec les pampilles d'un rideau.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? finit-elle par demander.

- Rien de plus qu'hier Emma. Je t'ai dit que ma mère a décidé de se venger ...

- Mais ce qu'elle fait nous met en danger. Qu'est-ce qu'il arrivera quand les effets de la magie rouge se seront estompés et que Gold pourra se libérer ?

- Il me trouvera. Henry n'est plus là Emma, nous n'avons plus à nous soucier des dommages collatéraux. Ensembles nous sommes largement capables de mettre en échec le Ténébreux et je ne parle pas du cas où ma mère se joindrait à nous ...

- Et mon père ?

- Je le protégerai si c'est ce que tu veux.

- Et mes amis ? Tous ceux auxquels je tiens ? On ne peut pas protéger tout le monde Regina !

Il y avait quelque chose de dangereux qui brillait dans le regard que lui adressa la Reine lorsqu'elle se retourna pour lui faire face. Elle avait commis une erreur, réalisa-t-elle.

- Non pas qu'ils soient plus importants que toi, tenta-t-elle de se corriger. Rien ne l'est. Mais ... Mais ...

- Mais tu restes la Sauveuse, tu ne peux pas t'empêcher de te soucier des autres ? Non, comment est-ce que tu pourrais comprendre ... Après tout ce qu'il nous a fait, ce qu'il a osé te faire ...

- Tu m'en veux ? Tu m'en veux d'avoir un cœur ? Sans lui je ne t'aimerais pas !

- Et qu'est-ce que ça fait de moi ? gronda la brune. Moi qui ne suis capable de n'aimer que toi ? Je tuerais ma mère pour toi !

- Tu veux jouer à ce petit jeu ? Je donnerais ma vie si la tienne en dépendait !

La réalisation brilla quelques secondes dans le regard qui s'était empli de furie mais la Reine se détournait déjà d'elle. Le dos d'habitude si droit se voûta lorsqu'elle chercha appui sur l'une des étagères de la bibliothèque et l'inquiétude fit fondre ses dernières réticences.

- Je suis désolée, s'excusa-t-elle en se rapprochant précautionneusement d'elle. Je ... Je ne peux pas m'empêcher d'avoir peur. J'ai tellement peur de te perdre ... Si Gold s'en prenait à toi ... J'étais prête à tuer son fils pour ce qu'il avait fait à un animal de compagnie, tu ... tu n'imagines même pas ...

- Mais tu ne l'as pas fait.

A sa plus grande surprise, elles n'avaient pas abordé le sujet plus tôt. Comme s'il importait guère à la Reine qu'elle ait commis un meurtre ou non mais à la réflexion elle avait eu tout faux. Et à croire la façon dont les yeux sombres la détaillaient dans l'expectative, sa réponse importait bel et bien.

- Non, répondit-elle simplement.

La brune laissa échapper un soupir de soulagement qui aurait pu la faire sourire et elle se laissa examiner par le regard appréciatif qui glissa le long de son corps.

- Ce sont mes vêtements, constata-t-elle au bout de quelques secondes.

- C'est pas toi qui disais que bientôt tout ce qui est à toi serait à moi ?

En face d'elle Regina passa sa langue sur la pointe de ses dents avec un air songeur qui eut le mérite de serrer ses entrailles et elle allait s'avancer vers elle pour satisfaire le besoin qu'elle avait de la sentir dans ses bras lorsqu'une porte s'ouvrit derrière elles.

- Majesté ?

- Oui je sais, j'arrive Graham.

- Où ? voulut-elle savoir. Qu'est-ce qu'il se passe ?

- Emma je dois m'occuper de ... Du corps de ...

- Oh. Est-ce que ... Est-ce que je peux venir ?

Elle eut le droit à un regard quasi exaspéré et elle ne se fit pas prier pour suivre la sorcière lorsqu'elle la dépassa pour marcher à la suite du Commandant.

.

.

L'atmosphère s'était alourdie à mesure qu'ils s'étaient enfoncés dans les couloirs où Sidney les avait suivies de loin et en silence et elle avait été surprise de trouver Maléfique devant la porte de la salle gardée par deux hommes en uniforme.

- Je suis désolée ma chérie, l'entendit-elle d'ailleurs lui souffler en tentant d'ignorer la jalousie qui colonisait son ventre tandis que la blonde prenait son amante dans ses bras.

Fuyant la scène, la jeune femme ordonna aux deux soldats de la laisser entrer, pénétrant avec respect dans la pièce où le corps de l'animal reposait à quelques mètres d'elle sur un autel en marbre. Allait-il avoir le droit à un véritablement enterrement ? Ou serait-il brûlé comme l'étaient beaucoup par pure tradition afin que ses cendres rejoignent la terre qu'il avait autrefois foulée ?

L'idée de voir sa dépouille dans les flammes la fit grincer des dents mais elle réfuta toutes les autres possibilités que son esprit lui fournissait. L'empailler ? Hors de question.

Elle qui avait toujours fui la mort et n'était jamais parvenue à rester bien longtemps à sa proximité sentit avec étonnement ses jambes faire de petits pas incertains vers le centre de la pièce. Chaque foulée raisonnait pour aller s'écraser sur les hauts murs du château en un écho qui lui rappela celui qu'elle avait déjà entendu lors des rares occasions où elle était entrée dans une église.

Son pelage était toujours soyeux nota-t-elle les larmes aux yeux lorsque ses doigts s'y glissèrent, se crispant la seconde d'après lorsqu'elle remarqua le poignard qui avait été posé à ses côtés. Son poignard. Celui qu'elle avait bêtement lancé sur le Ténébreux avant qu'il ne lui soit retourné. Sans son intervention le Lynx serait toujours en vie.

La jalousie avait à nouveau fait place à la colère dans le creux de son estomac lorsqu'elle s'empara de la lame, serrant la garde à s'en faire mal.

- Je suis désolée mon grand, murmura-t-elle pour que personne d'autre ne puisse l'entendre. Tu as été un ami formidable, tu ne méritais pas de finir comme ça.

Les émotions qui faisaient rage en elle étaient en train de réveiller sa magie réalisa-t-elle. Elle n'avait pas besoin de se voir dans un miroir pour savoir que ses yeux devaient encore avoir pris leur teinte astrale. Sa main tremblait lorsqu'elle la reposa sur le corps sans vie du fidèle animal de compagnie. Sa peau claire paraissait encore plus livide à côté du pelage d'un noir profond, le sang dans ses veines assez foncé pour contraster avec la chair presque blanche.

Elle mit quelques secondes encore à réaliser que non, ce n'était pas normal. La brûlure qui apparut dans son bras droit la fit reculer, retenue par une force extérieure qui la ramena aussitôt là où elle avait été. Les sourcils froncés, elle observa les filaments d'une magie noire s'envelopper autour de son poignet avant de plonger sous la barrière de la peau où ils disparaissaient progressivement.

Si elle y avait fait attention, elle aurait presque pu sentir ses pouvoirs crépiter tout autour d'elle, chargeant l'atmosphère d'un air quasiment irrespirable avant que la tension ne soit libérée en un éclair qui zébra l'obscurité de la pièce pour aller s'écraser sur l'autel. Cette fois le mouvement de recul lui fut permis mais elle eut un cri de surprise en constatant la disparition de la dépouille qu'elle touchait quelques secondes plus tôt.

Son regard perdu chercha immédiatement celui de la Reine, surprise de la trouver à quelques mètres derrière elle, encore retenue par Maléfique qui l'avait apparemment empêchée d'intervenir dans ce qui s'était passé.

- Qu'est-ce qu...

Son interrogation fut interrompue par la sensation étrangère qui lui picota le bras et la réalisation lui fit lâcher le poignard qu'elle tenait toujours en main. Ses doigts volèrent aux boutons de son chemisier dont elle se délesta avec empressement. Le cœur battant elle examina son bras à la recherche du moindre changement, s'agenouillant avec lenteur pour récupérer l'arme qu'elle avait laissée tomber.

Elle en tremblait presque lorsque sa poigne se referma sur le manche. Elle avait déjà observé le phénomène, observé le dessin se matérialiser sur sa peau, se répandre comme de l'encre qui serait entrée en contact avec un buvard clair mais elle dut retenir un sanglot lorsque sous ses yeux le dessin prit vie.

La silhouette du lynx enroulé autour de son avant bras s'étira lascivement comme le félin en avait l'habitude, sa queue battant un rythme qui laissait présager qu'il était excité.

- Qu'est-ce que c'est ? réussit-elle à demander à haute voix.

- De la magie très noire, lui répondit étonnement Maléfique, laissant derrière elle une Regina bouche-bée.

- Qu'est-ce que j'ai fait ? s'affola-t-elle.

- Ce n'est pas parce qu'elle est noire qu'elle est forcément mauvaise, sembla-t-elle vouloir la rassurer.

- Dites moi ce que j'ai fait.

- Vous avez emprisonné son âme en vous, lui répondit-elle en s'emparant de son bras, faisant courir un doigt sur l'animal qui montrait ses crocs.

- Mais ... Comm... Qu'est-ce qu'elle faisait encore là ?

- Peut être qu'il n'était pas encore prêt à partir Emma ...

- Mais qu'est-ce qu'il va devenir en moi ? Je ne peux pas lui faire ça !

- Et pourtant si ... C'est bien vous qui avez lancé ce sort.

- Sans faire exprès ! se défendit-elle.

- Vraiment ?

Le sourcil levé était taquin mais Maléfique se rembrunit l'instant d'après lorsque Regina lui ordonna de la lâcher. L'intéressée s'exécuta théâtralement, levant les yeux au ciel.

- Tu as mal ? s'enquit son amante lorsqu'elle arriva à sa hauteur.

- Non, pas vraiment. Tu m'en veux ?

- Pourquoi est-ce que je t'en voudrais ?

- Je ne sais pas ... Tu ne voulais pas lui offrir un ... Un enterrement ou quelque chose de spécial ?

- Et tu ne trouves pas que ça, c'est déjà suffisamment spécial ?

Cette fois les doigts qui avaient caressé la peau maculée d'encre noire la firent frissonner et sa réaction lui valut un petit sourire. Les yeux toujours plongés dans les siens, la brune fit glisser la pointe de ses ongles jusque dans la main dont elle retira délicatement le poignard. Ensemble elles regardèrent la silhouette animale s'estomper avant de disparaître complètement pour laisser place à la peau immaculée.

- Il est très bien là où il est Emma, je n'aurais pas pu rêver mieux que de lui offrir le droit de veiller sur toi jusqu'à la fin de tes jours.

- Merci, trouva-t-elle à répondre en tentant de contenir les larmes qui se bousculaient sous ses paupières.

- Maintenant rhabille-toi, Graham ne sait plus où regarder.

L'ordre eut le mérite de lui arracher un rire, constatant qu'en effet le Commandant gardait fixement les yeux rivés au sol en marbre mais que toute sa posture criait l'embarras.

.

.

Maintenant qu'elle avait retrouvé ses souvenirs, elle avait découvert qu'elle éprouvait beaucoup moins d'enthousiasme à s'entraîner avec les autres soldats. Les faux combats ne la faisaient plus vibrer comme avant. À peine s'amusait-elle de l'entrain de Ruby qui s'amusait visiblement à voir la garde royale peiner à la battre avec sa nature de loup-garou.

Regina l'avait laissée moins d'une heure plus tôt pour parler avec Maléfique et elle avait tenté d'ignorer la jalousie pour les laisser seules. Assise au centre du labyrinthe, la jeune femme contemplait comme lorsqu'elle s'était réveillée le matin même, le soleil couchant saigner sur les hautes haies. Elle avait du mal à croire que tant de choses se soient passées depuis le soir où elle se rappelait encore avoir été ici avec la mère adoptive de son fils. Elle venait de tuer un homme et après avoir parlé, la brune avait voulu fuir. Et quelques minutes plus tard elle l'avait embrassée pour la première fois.

Ce jour là son existence avait pris un tournant radical. Elle avait su qu'elle était amoureuse, su que jamais plus elle ne pourrait éprouver ces sentiments pour quelqu'un d'autre, su qu'il ne se passerait plus un seul jour sans qu'elle puisse s'empêcher de vouloir être à ses côtés ... La jeune fille qu'elle était à l'époque l'avait déjà pensé et elle ... Elle avait su qu'elle se battrait jusqu'au bout pour briser sa malédiction, pour offrir à Regina une version d'elle à sa hauteur ...

Le poignard qu'elle faisait tourner entre ses doigts depuis toute à l'heure glissa quelques centimètres plus loin et elle frémit à la brûlure de l'acier qui coupa la peau de son pouce. Fascinée, elle observa le sang bousculer la chair pour se frayer un chemin à l'air libre et couler le long de son poignet. Le liquide atteignit la manche de la veste qu'elle avait empruntée à son amante et seulement alors s'empressa-t-elle de s'en débarrasser, préférant observer son chemisier clair s'imbiber lentement. La plaie finit par se tarir et la blonde lassée du spectacle se leva pour aller plonger son bras dans l'eau de la fontaine qui trônait au centre du labyrinthe.

L'eau glacée la fit frissonner mais la seconde d'après elle avait oublié la sensation, distraite par l'encre qu'elle voyait disparaître sous le tissu trempé. Remontant un peu plus sa manche, la jeune femme reprit son arme en main, observant le sourire aux lèvres la silhouette féline réapparaître sur sa peau claire. Le lynx s'étira, sa queue enroulée autour de son poignet. Elle pouvait presque imaginer son pelage sous ses doigts lorsqu'elle caressa la courbe de son dos. Elle fut incapable d'étouffer un sanglot lorsque le félin roula sur son dos, tendant les pattes comme s'il avait voulu jouer avec elle.

- Si tu savais ce que je donnerais pour que ce soit possible mon grand ...

Comme s'il avait réagi à sa voix, l'animal se redressa, les yeux d'or clignant plusieurs fois et elle eut un sursaut lorsque les filaments de magie noire qu'elle avait vus plus tôt dans la journée jaillirent de son bras. Elle observa la peau claire en vomir une quantité non négligeable qui coula jusqu'à ses pieds où l'ombre stagna et elle faillit tomber à la renverse lorsque la masse sombre fondit sur elle, la traversant comme un fantôme.

- Pu-tain, murmura-t-elle incapable de croire ses yeux lorsqu'ils se posèrent sur la forme qui s'était matérialisée à quelques mètres d'elle.

L'animal n'avait plus l'aspect qu'elle lui connaissait et si elle pouvait encore imaginer la douceur de son pelage, elle n'avait pas besoin de tenter de le toucher pour deviner que sa main serait passée au travers de l'ombre. Pourtant il avait l'air bien réel lorsqu'il rugit, montrant des crocs qu'elle savait capables d'arracher la jambe d'un ennemi. Elle crut que c'était ce qu'il allait faire lorsqu'il bondit dans sa direction, se tendant lorsqu'il s'arrêta l'espace d'un instant à ses côtés. La caresse de sa tête contre son tibia la fit trembler. Feu et glace. Terrifiante, fascinante, presque rassurante. Exactement ce qu'elle avait déjà éprouvé au contact de la magie noire qui l'avait tentée bien des fois.

Mais elle n'eut pas le temps d'y réfléchir, l'ombre s'échappait déjà.

- Hey ! Où tu vas ?!

Si elle n'avait pas aussi bien connu le labyrinthe, l'animal l'aurait certainement perdue dans le dédale de tournants qu'il prit avant de débouler sur le parvis où elle dut lui courir après, essoufflée par l'allure à laquelle il la forçait. Elle qui s'était attendue à ce que le félin monte les étages pour trouver le chemin de sa maîtresse, fut étonnée de devoir le suivre dans des escaliers en colimaçon qu'elle savait descendre dans les cachots.

La blonde finit par le perdre dans les couloirs où il se confondait avec l'ombre à peine éclairée de quelques flambeaux. Elle dépassa plusieurs cellules vides, souriant à la légende qui narrait les nombreux prisonniers de la Méchante Reine. Non, Regina ne faisait pas de prisonniers. Ses ennemis trouvaient la mort avant d'avoir du être hébergés dans ses murs. Pourtant elle ne rêvait pas les voix qu'elle entendait au loin. Et ce ne fut qu'en se rapprochant qu'elle comprit. La magie qu'elle sentait l'assaillir ne ressemblait à nulle autre.

- ... brûleras en enfer pour le restant de tes jours.

- Dis m'en plus, se moqua la voix de Cora.

- Je vais sortir Cora, je te ferai regretter d'avoir remis ce cœur à sa place.

- Tu me ferais presque peur ...

Qu'est-ce qui lui prenait ? Que cherchait-elle au juste ? Rumplestiltskin n'était-il pas déjà assez remonté après elles ? Avançant à pas de loup, elle finit par arriver à l'angle d'un mur d'où elle put observer la scène. Et si les autres pouvaient sentir sa présence comme elle sentait la leur, ils ne le montrèrent pas.

Le Ténébreux était toujours écartelé au centre de sa cage, les os saillant à de nombreux endroits où ses membres s'étaient cassés sous la pression du métal qui avait traversé son corps de part en part. Les cheveux sales tombaient en mèches maculées de sang devant son visage mais de là où elle était, elle pouvait tout de même voir son rictus.

Le crocodile souriait à la sorcière qui se tenait debout à moins d'un mètre des barreaux de sa prison. Et à quelques pas de là, tapis dans un angle de la pièce, comme prêt à bondir, l'ombre du lynx montrait ses crocs acérés au plus grand mage de tous les temps.

- Tu n'as pas peur de moi hein ? Qu'est-ce que tu manigances ?

- Quelque chose dont tu aurais été fier autrefois. Quelque chose qui te feras regretter de m'avoir tout appris chéri.

Elle eut une grimace en comprenant le sous entendu. Si Gold était intéressé par la mère de Regina c'était qu'ils avaient bien été ensemble autrefois ...

- Quoi ?

- Oh je peux voir les rouages tourner, se moqua la Reine des cœurs avec un petit rire. Je sens ta peur Rumple, ton petit cœur tout noir qui bat plus vite, je l'entends. Tu te bats n'est-ce pas ? Tu crois que tu es en train de gagner du temps ? Tu penses me distraire suffisamment pour arriver à bout de ma magie rouge ? Encore un petit effort mon amour, tu y es presque.

- À quoi est-ce que tu joues ?! sembla-t-il s'exaspérer en s'agitant contre ses entraves.

Les mouvements firent bouger les longues lames d'acier qui le retenaient à sa place, déplaçant les os cassés avec un bruit qui lui fit serrer les dents. Elle avait envie de vomir, de crier, d'intervenir mais elle se retint. Elle avait l'impression qu'elle allait apprendre quelque chose que Cora ne lui aurait jamais dit en personne.

- À quoi est-ce que je joue ? répéta la mère de Regina.

Quelques pas et son corps traversa sans problème les barrières érigées autour de son prisonnier et Emma eut une nouvelle moue en la voyant faire courir plusieurs de ses doigts sur le torse où elle s'amusa visiblement à taquiner les côtes qui avaient percé la peau. Le geste provoqua de nouveaux hurlements de douleur et elle ne put s'empêcher d'admirer la cruauté dont elle faisait preuve.

- Je ne m'amuse pas Rumple, reprit-elle en s'emparant de son menton pour le forcer à affronter son regard. Je reprends le pouvoir. Je vais te forcer à me regarder gagner et quand tu te rendras compte de ce qu'il se passe il sera trop tard pour y changer quoi que ce soit. Ta petite Belle m'a aidée tu sais, c'est une perle, dommage qu'elle ne t'appartienne plus.

- Si tu la touches je t ...

- Tu crois qu'elle m'intéresse ? le coupa-t-elle avec un véritable rire. Oh s'il te plaît. Elle m'a juste servie à te voler un ingrédient.

- Un ingrédient ? répéta-t-il incertain. Un ingrédient ?

- Fais tourner les rouages chéri, continua-t-elle à se moquer en le lâchant pour faire le tour de son corps abîmé par l'acier qu'elle traversait comme un hologramme.

- Tu as créé une nouvelle malédiction, l'entendit-elle murmurer dans le cachot où ses mots raisonnaient. Tu vas jeter une nouvelle malédiction sur la forêt enchantée. Qui est-ce que tu vas sacrifier ?

- Qui te dit que c'est moi qui vais la lancer ? Tu sais j'ai même pensé que je pourrais te forcer à le faire. Oh comme j'aurais aimé te forcer à tuer ton propre fils pour lancer une malédiction dont tu ne voudrais pas ... J'en ai rêvé longtemps mais Miss Swan ... La Sauveuse s'est chargée de ton fils.

- Tu mens ! rugit-il cette fois en recommençant à se débattre.

- Je mens ? Si peu souvent Rumple ...

- TU MENS !

Et sa colère provoqua l'hilarité de la Reine des cœurs dont le rire la fit à nouveau frissonner. Oui, c'était bien elle la cruelle sorcière qui avait tué le premier amour de sa fille pour assouvir son désir de pouvoir. Tout comme la Méchante Reine vivait encore sous les façades de Regina, sa mère cachait en elle une part d'ombre tout autant dangereuse.

Emma le vit avant elle, l'éclat dangereux qui brilla dans les yeux inhumains du Ténébreux lorsque dans un hurlement il parvint à arracher son bras à son entrave, la pointe de ses ongles noirs griffant la gorge de la sorcière.

Elle s'était apprêtée à intervenir, mais l'animal qui était resté tapi dans l'angle de la pièce fut plus rapide qu'elle. Le bond qu'il fit le précipita au travers de la cage en métal, son ombre traversant le corps de Cora pour atteindre celui de Gold. Et à en croire ses vociférations, l'intéressé, lui, sentit très bien les crocs qui s'étaient enfoncés dans son épaule.

- Cora ! appela-t-elle en sortant à son tour de sa cachette.

Et il y avait de la surprise sur les traits de la plus âgée. C'était donc que trop absorbée par sa conversation avec son ancien amant, elle avait totalement raté sa présence dans les lieux. La brune réapparut à ses côtés en un nuage de fumée d'un violet profond et il y avait une inquiétude sincère sur ses traits lorsqu'elle lui parla.

- Partez Miss Swan ! En me griffant il a récupéré assez de sang pour contrecarrer ma magie rouge.

- Je ne bouge pas, refusa-t-elle en raffermissant sa prise sur la lame qu'elle tenait dans sa main droite.

Elle pouvait déjà sentir sa magie se réveiller, prête au combat. Celui qu'elle n'avait pas livré contre Neal, elle se savait brûlante de le mener contre son père. Les yeux emplis d'une magie ardente, elle observa le Ténébreux se débattre encore quelques secondes avant de tomber à terre où, à genoux, il souffrit en silence le temps que ses os se remettent en place. Seulement alors releva-t-il la tête.

Et les yeux reptiliens brillaient d'une furie qui la fit sourire. Son enthousiasme ne tarit même pas lorsqu'une vague de magie d'une puissance phénoménale alla s'écraser contre la cage qui se disloqua. A ses côtés Cora eut la présence d'esprit de les protéger des projectiles et en silence elles l'observèrent se relever, tremblant d'une rage palpable. Elle fut surprise par le rire maniaque qui le secoua, cachant son frisson lorsqu'il se redressa, les poings serrés sur des éclairs noirs.

L'ombre du lynx vint s'enrouler à ses pieds et dans sa main elle sentit le poignard s'alourdir, la lame s'allongeant pour se transformer en une épée. Elle allait faire un pas en avant lorsqu'un bras passé autour de sa taille l'arrêta. Plaquée contre un corps brûlant, elle frissonna pour une toute autre raison lorsque les lèvres effleurèrent son oreille.

- Laisse-moi ce plaisir, mon amour. C'est mon combat.


Je vous l'annonce déjà, la Méchante Reine est de sortie dans le prochain chapitre & elle va s'amuser ^^