Salut à vous my dears ! Et oui, encore un long moment sans mise à jour, je manque à mon devoir alors que vous êtes toujours autant à me soutenir mais je manque aussi cruellement de temps ... La bonne nouvelle c'est que j'ai récupéré mon ordinateur et j'ai fait un lonnnng chapitre ( le plus long jusque là ) mais vous pouvez remercier Xengabtheonlyone sans qui je n'aurais pas été motivée pour l'écrire, j'espère qu'il vous plaira plus qu'à moi qui suis pas convaincue ^^

ElsyCiel t'inquiète pas, Regina n'a pas l'intention de contrôler Emma, c'est juste plus fort qu'elle fallait qu'elle demande ;) C.H.A.P je partage ton point de vue, je supporte pas la version d'Emma Swan qu'on nous sert ces derniers temps dans la série mais ravie que "la mienne" ne convienne :D PinGuouine voilà le mariage tu me diras ce que t'en penses ^^ gouldo1 ya de l'idée dans tes théories ;) du vrai & du faux mais je te laisse découvrir :p

Ah, et comme d'hab, attention aux transports en commun ;)


Chapitre 26 :

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Emma

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L'eau brûlante dans laquelle elle trempait depuis près d'une demie heure était sur le point de la replonger dans un profond sommeil. Pourtant elle avait dormi plus que nécessaire la veille, réveillée bien après l'aube par les caresses d'une langue qui l'avait faite jouir avec une facilité déconcertante. Mais il était l'heure de se lever lui avait clairement signifié la Reine quand elle avait refusé qu'elle lui rende la pareille. Résignée, elle l'avait observée s'éloigner, déjà toute habillée pour aller semer la terreur chez les serviteurs qui n'avaient eu de cesse de travailler depuis qu'il leur avait été annoncé que la Reine allait quitter le palais quelques jours.

Mais comme à son habitude, elle n'avait pas trouvé la force de se presser, attendant dans l'immense baignoire que son amante vienne la chercher pour lui annoncer qu'il était l'heure de partir. Parce que jouer avec les nerfs de la brune était bel et bien resté son passe-temps favori constata-t-elle lorsqu'elle entendit la porte de la salle de bains claquer, suivie du martèlement de talons aiguilles.

Son amusement fut de courte durée, glapissant l'instant d'après lorsque l'eau chuta d'une trentaine de degrès, raidissant immédiatement les muscles jusque là détendus.

- Hey ! se plaignit-elle en sautant hors de la baignoire.

- Hey quoi ? releva l'autre les yeux sombres parcourant son corps malgré l'air faussement détaché qu'elle empruntait.

- J'aurais pu faire un choc thermique !

- Et tu aurais pu te préparer depuis que je suis partie. Trois fois au moins ...

Avec un soupir dramatique, la jeune femme agita un poignet pour laisser sa magie l'habiller d'un de ses habituels costumes de la garde royale.

- Ma Reine est servie, se moqua-t-elle en une fausse révérence qui ne sembla pas amuser l'intéressée.

- Est-ce que tu te sens capable de chevaucher ou dois-je demander qu'on attelle mon carrosse ?

Posée avec innocence, la question la fit tout de même rougir, l'écho de la veille où Regina s'était moquée d'elle en remarquant qu'elle avait encore du mal à croiser les jambes sans être forcée de se remémorer leurs derniers ébats.

- Bien sûr, mentit-elle. Ça faisait un moment que j'avais envie de sortir Bandit alors si nous voyageons en comité réduit, c'est avec plaisir.

Et peut-être aurait-elle du se montrer plus honnête regretta-t-elle l'après midi même quand elle mit pied à terre sur le parvis du château où elle avait passé son enfance. Elle fut surprise de le découvrir éclairé comme un jour de fête, remarquant tout de suite les nombreux carrosses garés devant les jardins.

- Tu avais prévu d'avoir un public ? devina-t-elle en se rapprochant de la brune qui sautait à terre.

- Peut-être, fut la réponse énigmatique.

Elle s'était apprêtée à à s'en contenter lorsque son mouvement pour se détourner fut arrêté d'une main impérieuse.

- Tout va bien ? ne put-elle s'empêcher de s'inquiéter.

- Emma ... Dis moi ... Avec qui veux-tu franchir ces portes ? La Méchante Reine ou moi ?

- Je suis amoureuse des deux, répondit-elle soulagée. Mais si tu as un public, je préfère encore que ce soit la Méchante Reine qui me pavane à son bras.

- Je ne te pavane pas Emma ...

- Tu sais très bien ce que j'ai voulu dire.

Le petit sourire qui lui fut offert lui confirma qu'en effet Regina avait une idée très claire de ce qu'elle lui laisserait faire. Le tissu de la tenue de cavalière de la Reine mua sous la main qu'elle avait posé sur sa hanche, coulant en une longue robe d'un noir de jais. À la lueur du soleil rasant, la matière semblait irisée d'or, assortie aux chaines qui s'enlaçaient dans le dos laissé quasiment nu. Enfin, les cheveux se relevèrent en une coiffure retenue par une couronne en or dont la brune n'avait absolument pas besoin pour faire valoir son statut.

Elle eut le droit à un dernier clin d'oeil avant que la sorcière ne revête son masque de supériorité, s'emparant de son bras pour monter les escaliers en pierre où les gardes s'écartèrent sur leur passage.

- Snow avait appelé un conseil extraordinaire peu de temps avant que ton père ne la fasse prisonnière. Bien sûr je n'étais pas invitée, mais aujourd'hui tout a changé je suppose ...

La blonde ne répondit pas, se laissant guider au travers du grand hall d'un château qui était le sien sans l'être et jusque devant la porte de la salle du trône gardée par deux hommes en blanc et bleu qu'elle chassa d'un regard. Regina s'était immobilisée et elle eut un frisson lorsque les ongles laqués de noir coururent sur son menton pour attirer son attention.

- Je t'aime, l'entendit-elle lui assurer une dernière fois.

Elle n'eut pas l'occasion de répondre, ses lèvres brièvement scellées par celles qui se figèrent en un sourire cruel l'instant d'après. Elle fronça les sourcils en sentant ses pouvoirs happés par la présence de la brune, reconnaissant comme la sienne la magie noire qui durcit les traits de son amante avant qu'elle n'ouvre les portes à la volée d'un mouvement du poignet.

- Désolée, je suis en retard.

Telle une bourrasque de vent se serait infiltrée dans une pièce par une fenêtre qu'elle venait d'ouvrir, la voix de la Reine s'était répercutée dans l'immense salle aux murs en pierres et par dessus toutes les têtes royales avec un écho menaçant. Elle fut surprise de voir le fantôme d'un sourire passer sur le visage de son père mais son attention dériva presque immédiatement sur la cage dans laquelle était enfermée Snow au pied du trône où il était assis.

- Ce n'est pas grave Regina, rien a encore été décidé.

- J'espère bien David ... Ou tout le monde ici a-t-il déjà oublié que ma voix compte pour celle de la Princesse ?

- C'est ridicule, osa s'exclamer quelqu'un qu'elle ne connaissait pas. Tout le monde connait votre aversion pour Snow White, votre vote est biaisé !

- Quelle injustice, s'affligea faussement la Reine qui lui accorda quelques secondes de son attention avant de la reporter sur la forme recroquevillée aux pieds des quelques marches de l'estrade pour continuer. Je suppose que vous l'avez faite parler ?

- Rien jusque là.

La réponse fendit pourtant le visage de la sorcière d'un sourire moqueur qui laissait clairement à penser qu'elle doutait de leurs méthodes d'interrogatoire. Elle ne fut pas la seule à retenir sa respiration lorsque Regina sortit de son immobilité, le coeur battant au rythme du claquement des talons aiguilles qui la rapprochaient de son but. Elle ne savait rien des plans de son amante qui n'avait pas jugé bon de la tenir au courant et si par habitude, elle lui faisait une confiance aveugle, l'occurence la mettait mal à l'aise.

Il y eut quelques cris dans les rangs qui reculèrent lorsqu'un mouvement désinvolte du poignet fit disparaître les barreaux de la cage où était enfermée la prisonnière. Tel un chien enragé, l'intéressée bondit, arrêtée à quelques centimètres de sa cible par les chaines qui la retenaient encore, ancrées dans le sol. Pourtant la sorcière n'avait pas bronché, comme si elle s'était attendue à une telle réaction.

- Couchée, Snow, ordonna-t-elle d'ailleurs d'une voix glaciale.

Un murmure affolé se propagea dans la pièce lorsqu'elle fut immédiatement obéie et Emma sentit les quelques notes d'un rire malveillant brûler un chemin dans son estomac. Après tout, c'était elle qui avait demandé la Méchante Reine, elle n'aurait pas du être étonnée.

- Et bien ... Quelle bonne petite Princesse tu fais là Snow. Debout maintenant.

Certains s'étaient levés en même temps que l'intéressée pour en voir le plus possible et de l'autre côté de la salle Graham rencontra son regard avec une question claire à laquelle elle répondit en faisant quelques pas vers la scène dont tous voulaient être témoins. La main cramponnée à la poignée de son arme, la jeune femme s'immobilisa à une distance raisonnable. Si Regina avait voulu qu'ils participent à la mise en scène, ils auraient été appelés mais ce n'était pas le cas, c'était à elle seule de faire le spectacle.

- Qu'est-ce qui t'arrive Swow ? Tu fais peur à tout le monde ...

Le ton était quasiment maternel, celui qu'elle l'aurait bien imaginé utiliser lorsqu'elle était encore sa belle mère et toute oreille entraînée aurait pu y entendre le profond dégout qu'elle lui inspirait.

- ... Regarde tous ces gens, ils ont peur de toi ... Tu sais pourquoi ils sont là aujourd'hui ? Dieu sait ce qu'ils auraient pu décider de faire de toi si je n'étais pas arrivée à temps ...

Combien étaient-ils à détecter le sarcasme dans la voix hypnotique de la Reine ?

- Je suis désolée.

David laissa échapper un hoquet de surprise au son de la voix de sa femme et nombreux furent ceux qui échangèrent des regards interloqués qui auraient pu la faire sourire.

- Tu as essayé de tuer ton époux, tu t'en es pris à ta propre garde et tu as envie de me tuer n'est-ce pas ? Je le vois briller là.

La Reine avait prononcé son dernier mot en pointant un doigt bagué vers les orbes complètement noires qui la fixaient pourtant sans émotion.

- Je suis désolée, répéta l'autre.

Il y eut de longues secondes de silence perturbées par la rumeur de quelques murmures dans la salle avant que les chaines ne soient brisées d'un nouveau mouvement de poignet. Une tension presque électrique était palpable entre celles que tout le monde observait et Emma se surprit à raffermir sa prise sur l'arme attachée à sa taille.

- Tu le seras, confirma la sorcière en une promesse claire. Mais ce n'est pas à moi qu'il faut le dire ma petite Snow, c'est à eux. Dis leur à quel point tu es désolée. Tu ne le referas plus n'est-ce pas ? C'est fini tout ça ?

- Oui.

- Pas à moi.

- Je suis désolée ! s'écria la plus jeune en s'adressant à l'assemblée. Ça ne se reproduira plus.

Elle éprouvait presque de la pitié pour elle réalisa-t-elle tandis qu'elle faisait un pas en avant pour se rapprocher de son public et continuer sa défense. Mais Emma avait gardé les yeux en arrière, croisant le regard attentif de la femme qu'elle aimait. Son attention dériva quelques secondes le long du tissu moulé à sa peau avant de papillonner ailleurs pour fuir le sourire imbu de lui même qui s'était dessiné sur les lèvres pulpeuses.

- ... momentané qui ne mérite pas que vous puissiez songer à une exécution.

C'était des paroles en l'air devina-t-elle. Il n'existait qu'un seul remède à l'affliction dont elle était victime mais Regina était certainement intervenue parce qu'elle ne tirait aucun interêt de sa mort. Non, tout comme la blonde, elle estimait qu'une exécution était bien trop indulgente.

- Vous l'avez entendue, reprit la Reine qui alla se poster aux côtés de celle qu'elle avait libérée. Vous pouvez vous disperser, Snow White n'est plus une menace et si elle devait en être une, ce n'est qu'après moi qu'elle en aurait.

Il y eut un instant de silence durant lequel tous se regardèrent, incertains, avant qu'un éclair ne claque au centre de la pièce, la voix de la sorcière portant par dessus le roulement du tonnerre qui suivit.

- Hors du château !

La Sauveuse fut une des rares à demeurer impassible, luttant contre le sourire qui voulait tendre ses lèvres à la vue de tous ces Rois et ces Reines qui perdaient le peu de dignité qu'ils avaient sans que Regina n'ait eu besoin de lancer le moindre sort sur eux.

- Pourquoi ? demanda David quand ils furent tous sortis.

- Pourquoi quoi David ?

- Pourquoi venez-vous de sauver ma f... Snow ?

- Vous n'avez pas envie de le savoir. Emma et moi allons rester ici quelques jours.

- B...Bien, je vais faire préparer des chambres.

- Une seule. Pour le Commandant. Celle d'Emma me conviendra parfaitement.

Le rappel de leur relation gêna suffisamment le souverain pour lui soutirer un simple hochement de tête mais de son côté Snow émit un grondement qui les fit sourire toutes deux. Et comme si le bruit lui avait soudain rappelé à qui elle avait affaire, Regina eut un claquement de doigt sévère qui attira son ex belle fille en arrière, happée par les filaments noirs d'une cage qui la contint à nouveau.

- Comment os ...

- Tais-toi.

L'ordre fut immédiatement obéit par l'autre, les traits déformés par une sombre colère et elle comprit. Elle n'avait pas le choix. La dague ... Snow était contrôlée par le Ténébreux. Le Ténébreux était contrôlé par la dague. Regina contrôlait la dague. Donc ... Regina contrôlait les ténèbres qui avaient élu domicile en Snow.

Son rire attira l'attention de tous les occupants de la pièce, sentant l'aura de la Reine déteindre sur elle en une froide puissance. Pourtant elle n'aurait pas pu leur révéler les raisons de son hilarité, si son amante n'avait pas cru bon de montrer à tous les autres qu'elle détenait la dague, elle ne risquait pas de le faire à sa place.

- Fais préparer un repas, demanda-t-elle plutôt à son père. Nous avons voyagé toute la journée et je meurs de faim.

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Le festin avait été servi dans la grande salle où elle n'avait plus mangé depuis une éternité et elle avait observée, fascinée, Regina évoluer dans l'environnement qui n'était pas le sien mais qu'elle semblait dominer comme s'il lui avait toujours appartenu.

- Pourquoi êtes vous revenue Princesse ?

Mulan s'était assise à côté d'elle depuis quelques minutes et si elle n'avait pas eu particulièrement envie de lui parler, le regard agacé de son amante avait suffi à l'empêcher de lui demander de s'éloigner.

- Il n'y a aucune Princesse ici Mulan, tu peux m'appeler Emma.

- Bien ... Emma, pourquoi êtes-vous revenue ?

- Pour passer du temps avec mon père, répondit-elle puisque c'était la volonté de la Reine.

- Parce que vous comptez partir bientôt ?

- Partir où ?

- Je ne sais pas ... Vous en parlez comme si vous deviez profiter de lui avant de ... Avant ... À moins que la Reine ne prévoit de le tuer ?

La question lacée d'une suspicion colérique la fit sourire.

- Non Mulan, ce n'est pas au programme.

- Alors pourquoi ?

- Parce qu'il est seul, inventa-t-elle.

Et c'était pourtant une vérité comprit-elle lorsque son regard se posa sur l'intéressé qui était en pleine conversation avec Graham et Regina. Leur présence ici avait eu l'air de lui insuffler un souffle de vie qu'elle n'avait pas vu en lui les dernières fois où elle l'avait croisé. Peut être espérait-il qu'ils disposent d'un moyen de sauver sa femme ... Et cela avait beau être le cas Emma ne savait toujours pas si elle était prête à lui accorder le privilège.

- C'est ... Gentil de votre part.

La remarque lui arracha un sourire triste. Etait-ce gentil de la part de Regina ? Non, elle ne le faisait que pour elle, certainement pas pour David. Quant à elle ... Non, si elle avait encore été gentille, si elle avait encore été la Sauveuse, elle n'aurait pas hésité une seconde avant de révéler la vérité à son père.

- Merci, répondit-elle pourtant par automatisme.

La jeune femme vida la coupe emplie d'eau avec laquelle elle avait joué depuis plusieurs minutes avant de se lever pour fuir la conversation qu'elle ne voulait pas poursuivre. À quelques pas de là, les yeux sombres de la Reine trouvèrent immédiatement les siens et attirée comme un aimant, la blonde s'en rapprocha pour poser une main sur son épaule dénudée.

- Je serais dans ma chambre, annonça-t-elle d'une voix où elle tenta de cacher le mensonge.

Peine perdue avec son amante qui la détailla d'un regard suspicieux, des ongles courts griffant un chemin le long de sa cuisse avant d'entourer les hanches qui étaient à sa portée. Elle eut un frisson en sentant le poids d'une lame glisser dans sa ceinture et dut étouffer un petit rire. Non, elle n'avait aucun secret pour son âme soeur.

- À toute à l'heure Lieutenant ?

- Bien sûr, affirma-t-elle avec un sourire sincère cette fois.

Le poids des perles d'ébène l'accompagna jusqu'à ce qu'elle sorte de la pièce où elle chercha un balcon pour inspirer ce qui lui sembla être sa première goulée d'air frais depuis qu'elle était arrivée. L'atmosphère du château l'étouffait et elle n'était pas sûre de pouvoir y rester quelques jours encore même pour faire plaisir à Regina.

À l'extérieur, le soleil mourant avait plongé les jardins dans un bain de sang et elle eut un sourire en remarquant Bandit en train de se repaître de bosquets qu'il défigurait. À quelques mètres de lui Hadès et la monture du Commandant l'observaient avec une sorte de scepticisme qui la fit rire.

Inspirant une dernière fois, la jeune femme fit marche arrière pour descendre d'un étage et entrer dans la salle où Snow White était toujours emprisonnée dans une cage de magie noire qu'elle fit disparaître d'une pensée. La prisonnière qui s'y était appuyée tomba à quatre pattes, ses yeux noirs l'épiant à la recherche de réponses qu'elle n'était pas prête à lui donner.

En silence, la blonde la dépassa pour atteindre le trône où son père avait été assis un peu plus tôt avant de s'y laisser choir, sortant avec précaution la lame qui avait été glissée dans une des hanses de sa ceinture. En face, le démon eut un air choqué qui la fit ricaner.

- Et oui, Elle m'aime à ce point, répondit-elle à son interrogation silencieuse en faisant tournoyer la dague entre ses doigts.

L'arme l'appelait avec une force presque aussi impressionnante que les pouvoirs de Regina. Mais si elle pouvait clairement entendre la tentation qui la suppliait de se rendre auprès de Rumplestiltskin pour lui voler ses Ténèbres, elle avait beaucoup moins de mal que son âme soeur à l'ignorer.

En contrebas, Snow White s'était relevée prudemment, ses yeux de charbon rivés sur l'arme qui pouvait la commander.

- Tu ne la voleras pas.

C'était un ordre autant qu'une affirmation qui fit tressaillir l'autre en un mélange de colère et de résignation.

- Assieds-toi.

Sans surprise, elle fut immédiatement obéie, la brune se laissant tomber en tailleur avec une désinvolture qui lui rappela l'attitude d'une adolescente.

- Pourquoi es-tu là ? fut la question de l'autre, un écho de celle qu'avait posée Mulan.

- Pour décider si j'aurais la force de te sauver, répondit-elle cette fois honnêtement.

- Me sauver de quoi ?

- De toi.

- Et si je ne veux pas être sauvée ?

Elle ne répondit pas, il ne servait à rien de débattre de cette notion avec la femme en face d'elle. Bien sûr qu'elle ne voulait pas ... La sauver, c'était détruire la part d'elle qui avait pris le contrôle. Ce n'était pas à Snow White qu'elle s'adressait mais à l'ombre d'elle même. La réalisation l'agita d'un frisson et elle tremblait presque lorsqu'elle raffermit son emprise sur la dague pour donner son prochain ordre.

- Laisse-moi parler ... Laisse-moi parler avec ma mère, exigea-t-elle des Ténèbres qui flottaient dans les yeux inexpressifs.

Quelque chose comme de la surprise passa pourtant brièvement sur le visage grimaçant avant que les orbes charbonneuses ne se voilent de blanc. Tous ses muscles se tendirent lorsque les perles si semblables aux siennes se matérialisèrent. Brièvement perdues, elles ne mirent pas plus de quelques secondes à se strier d'une horreur qui serra son estomac.

- Em... Oh mon dieu, Emma !

Toujours prisonnière de l'ordre qui l'avait forcée à s'asseoir, la brune dont les mèches que le temps avait parsemées de gris se débattit quelques instants avant de trouver la force de ramper à terre.

- Stop ! exigea-t-elle en sentant sa magie s'affoler.

- Emma, Emma ma chérie, c'est moi ... Mon dieu, qu'est-ce que ... Je suis tellement désolée.

Les excuses tombaient dans les oreilles d'une sourde réalisa-t-elle impassible tandis qu'il était clair que l'autre luttait toujours pour se rapprocher d'elle.

- Désolée de quoi ? gronda-t-elle. C'est moi qui suis désolée pour toi Snow ... Tu as tout perdu. Ton âme soeur, ta dignité, ton royaume, ta fille ...

- Non Emma, je t'en supplie, aid...

- Comme tu m'as aidée ?! aboya-t-elle en se levant.

Le mouvement brusque fit se recroqueviller sur elle celle qu'elle avait autrefois considérée comme une amie et brièvement comme une mère.

- Comme tu as pensé à moi quand tu as demandé à Gold la malédiction ? Comme tu as pensé à Regina lorsque tu as effacé l'existence d'Henry ?

- Je suis dés...

- Je m'en fous ! comprit-elle à voix haute. Désolée ?! Tu es désolée ?! C'est tout ce que tu trouves ?

En contrebas les grands yeux effrayés s'obscurcirent brièvement de noir. Il ne restait quasiment rien de la femme qui avait autrefois tenu tête à la Méchante Reine. La moitié d'une femme, un fantôme pas assez fort pour lutter contre les Ténèbres qui l'avaient colonisée.

- Em ...

- Il existe un moyen de te sauver Snow, tu le sais ?

- S'il te p...

- Mais non justement, il ne me plait pas Snow, je n'ai pas envie de te sauver.

La magie noire de la dague couplée à la sienne électrifiait l'air autour d'elle en des milliers de particules noires. Elle devait ressembler à Regina dans ses pires jours réalisa-t-elle, insensible aux larmes qui creusaient des sillons salés sur les joues de sa mère.

- Tu te rends compte ? continua-t-elle. Je n'ai pas envie de te sauver.

- Mais je ne savais pas ! tenta de se justifier l'autre.

- Menteuse ! Qu'est-ce que tu ne savais pas exactement ? Pour les Ténèbres ? Pour le fait que tu allais élever une enfant qui te haïrait ?! Passe encore, même si tu as eu l'idiotie d'oublier qui te donnait cette malédiction ... Mais tu savais pour Henry, tu savais que tu détruisais toutes les chances de sauver Regina de sa noirceur, tu savais que tu allais détruire tout ce que j'étais ... Et quoi ? Parce que tu ne m'avais pas élevée, je ne méritais pas d'être la personne que j'étais devenue ? Tu sais ce que ça fait de toi ? La femme la plus égoïste que j'ai jamais rencontrée !

- Non, c'est f...

Le geste colérique qui agita son bras fit voler Snow White quelques mètres en arrière, une jambe allant se fracasser contre un des nombreux sièges laissés par les invités qui avaient été là quelques heures plus tôt. Le cri de douleur vrilla ses entrailles d'un plaisir malsain et elle l'aurait peut-être tuée si la brune n'avait pas été secouée d'un rire. Ses yeux s'étaient à nouveau transformés en deux bassins parfaitement noirs quand elle releva la tête vers elle.

- Satisfaite ?

Non, elle ne l'était pas. Encore moins que quand elle était entrée dans la salle du trône pour tenter de se décider du sort qu'elle réserverait à sa mère. Elle n'avait eu aucune idée qu'il était possible de dissocier les Ténèbres de sa personnalité originelle, aucune idée qu'il était possible de faire face à son horreur et ses suppliques. Et elles avaient beau ne pas l'avoir affectée, elles étaient bien là. Snow était bien là et David aurait été fou de joie de l'apprendre. C'était le rappel que l'âme soeur de son père n'avait pas totalement été anéantie. Même si elle n'était pas assez forte pour se battre contre la noirceur qui l'habitait pour moitié.

- Disparais, ordonna-t-elle au démon qu'elle envoya aux cachots d'un mouvement du poignet dans des volutes de fumée noire.

Ça n'avait servi à rien, cette confrontation ne l'avait pas avancée à quoi que ce soit. Elle était incapable de tolérer cette version de sa mère mais qu'en serait-il si Cora réussissait à ramener à Storybrook une version d'elle qui existait avant qu'elle ait eu l'idée de lancer la malédiction ? Mais non, ça non plus, ne changeait rien, elle restait et resterait une femme égoïste au potentiel dévastateur.

Le grondement de frustration pure qu'elle poussa couvrit presque le grincement des portes qui s'ouvrirent à l'autre bout de la pièce pour révéler la silhouette de son amante. Et une quinzaine de mètres avait beau les séparer, elle fut incapable de manquer la lueur quasiment sauvage qui s'alluma au fond des yeux d'ébène quand ils prirent connaissance de la scène.

- Où est-elle ? lui demanda-t-elle pourtant avec un signe de tête pour désigner l'espace où Snow avait été emprisonnée un peu plus tôt.

- Dans les cachots.

Sa réponse lui valut un petit "hum" désintéressé et elle resserra son emprise sur la dague dans son poing pour tenter de contrôler la magie toujours instable qui s'agitait autour d'elle. Parce qu'elle se doutait certainement de ce qui était en train de passer, la sorcière continua sa progression dans la pièce à petits pas sans pour autant s'empêcher de la dévorer d'un regard affamé.

Le genre de regard qu'Emma lançait d'habitude à la Reine et pas l'inverse. Mais se le voir réservé aujourd'hui la faisait frissonner.

- Je ne sais pas si je vais pouvoir rester ici bien longtemps, déclara-t-elle pour tenter de se distraire alors que l'autre avait atteint les quelques marches qui l'élevaient au dessus de la pièce.

- Pourquoi ?

- Je me sens plus chez m... Oh mon dieu Regina !

L'exclamation qui lui avait échappée quand la Reine était tombée à genoux à ses pieds lui valut un haussement de sourcil taquin.

- Je suis presque sûre que mes professeurs d'étiquette feraient une crise cardiaque s'ils te voyaient.

- Je suis certaine qu'ils en feraient une s'ils savaient exactement ce que j'ai envie de te faire quand je te vois comme ça.

La voix basse chargée de promesses lui arracha aussi bien un frisson qu'un rire, incapable de lutter lorsque Regina écarta ses jambes pour s'y faire une place et s'emparer de ses lèvres en un baiser d'une douceur qui l'étonna. Il eut le mérite de la distraire suffisamment pour qu'elle sente ses mains se détendre, préférant lâcher la dague pour aller s'enfoncer à la naissance des cheveux remontés en un chignon soigné.

- Dis-moi, supplia-t-elle presque lorsque les lèvres pulpeuses se détachèrent des siennes.

Sa demande lui valut un petit ricanement et les perles d'ébène avaient beau être chargées du même désir quasi animal lorsqu'elle les vit briller au couvert des longs cils maquillés, la Reine se montra pourtant raisonnable lorsqu'elle fit courir ses dents le long de sa mâchoire.

- J'ai rêvé de cette scène Emma, un peu comme j'avais rêvé de te faire hurler mon nom dans le lit de Mary-Margarett à Storybrook ...

Les simples mots la firent gronder, des ongles remontant lentement le long de ses cuisses et vers ses fesses en une promesse fascinante.

- J'ai rêvé de ton corps cambré sur ce trône, de ton sexe trempé et de te faire jouir avec mes doigts et ma langue jusqu'à ce que tout le château sache qui t'avait volée à ton royaume, à qui tu appartiens.

Les phalanges qui avaient atteint le haut de son pantalon s'y recourbèrent pour la précipiter brusquement contre le corps brûlant entre ses cuisses lorsqu'elle prononça ses derniers mots. La magie qui explosa au simple contact la déchira en un bref orgasme qui n'avait rien de naturel et où elle cria en effet le nom de la femme à qui elle appartenait, son obéissance récompensée par la caresse d'une langue sur le lobe de son oreille.

- Je t'aime, chuchota-t-elle la tête renversée sur l'épaule dénudée de la Reine où elle déposa un baiser, plus frustrée que rassasiée par la forme de magie que Regina aimait exercer sur elle autant en guise de punition que de faveur.

- Moi aussi. Plus que tout Emma. Plus que je le pensais possible, plus que ma propre vie.

Le serment libéra une larme dont les lèvres de son amante s'emparèrent promptement avant de retourner sur les siennes. Le baiser était lent, contrôlé par celle dont les mains étaient remontées enserrer son visage, la langue qui caressait la sienne lascivement lui donnant envie de la sentir entre ses jambes avec un désir presque douloureux.

- Mais si l'occasion se présentait ... Je t'interdis de te sacrifier pour moi, tu entends ? exigea-t-elle tout de même lorsqu'elle fut libérée. Jamais.

- L'occasion ne se présentera jamais mon amour ... Personne s'y risquerait face à nous ... Ensemble, nous sommes invincibles et je t'assure que je n'ai pas la moindre intention que l'une de nous deux se retrouve seule. Jamais. En fait ... J'ai bien l'intention de partager le restant de mes jours avec toi, je t'offrirai une éternité si tu le désires ... Et des stupides tournois, des fêtes même quand je suis d'une humeur exécrable, voler tout ce que tu voudras dans mon dressing, prendre toute la place dans mon lit et même me pavaner, moi, devant qui tu voudras.

- Regina, qu'est-ce que ... tenta-t-elle de demander le coeur battant la chamade.

- Je veux que tu te sentes chez toi partout où je serai, je veux être à toi.

Elle tremblait réalisa-t-elle lorsque les mots moururent dans le silence relatif de la pièce. Et s'il y avait toujours cette lueur indomptable dans les yeux sombres qui la fixaient, ils s'étaient également nuancés d'une fragilité qui brisa quelque chose en elle. Elle se sentit hocher la tête avant même que la sorcière n'ait murmuré la question contre ses lèvres.

- Epouse-moi ?

Et cette fois, la demande n'avait pas été faite sur un coup de tête alors qu'elles étaient en train de se disputer et Regina n'avait aucune intention de la retirer à en croire la façon dont ses doigts s'accrochaient à la courbe du visage qu'elle tenait si près du sien, les yeux fermés. La gorge nouée, elle fut incapable de répondre à haute voix, comblant simplement l'espace qui restait entre elle pour l'embrasser à nouveau. Cette fois le baiser dégénéra vite en quelque chose de beaucoup plus exigent où la sorcière pourtant à genoux devant elle n'eut aucun mal à lui imposer son sens des choses.

- Quand ? demanda-t-elle simplement lorsqu'elle elle dut s'en détacher pour respirer.

- Quand tu veux mon amour.

- Maintenant ?

- Maintenant ? répéta la brune avec un sanglot dans la voix qu'elle avait semblé retenir jusqu'au dernier moment.

- Non ? crut-elle comprendre en essuyant d'un pouce une larme qui avait coulé.

C'était peut-être uniquement parce qu'elle savait qu'elles étaient un témoignage de bonheur qu'elle pouvait supporter la vision d'habitude déchirante.

- Si. Si, bien sûr si tu ne veux rien de ... De spécial.

- Toi et moi c'est pas suffisamment spécial ?

- Il nous faudra tout de même deux témoins et quelqu'un pour le célébrer Emma ...

- Dans ce cas, qu'est-ce que tu dirais d'aller réveiller mon père ?

Il y avait quelque chose de nouveau qui brillait dans les perles d'ébène qui la surveillèrent l'espace d'un instant avant qu'elle ne soit forcée à se mettre debout, enveloppée dans des volutes de fumée violette.

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David avait l'air de quelqu'un qui s'était préparé à aller au lit lorsqu'il leur ouvrit la porte, son regard clair filant de l'une à l'autre avec confusion.

- Habillez-vous David, vous êtes invité à un mariage, lui annonça sans préambule Regina.

- Qu... Déjà ?! Vous m'avez demandé ma permission il y a même pas une heure !

- J'avais des délais à respecter ? sembla se moquer la brune tandis qu'Emma avait du mal à imaginer qu'elle ait pu demander une quelconque autorisation à son père.

Etait-ce pour cela qu'elle avait accepté de venir avec elle dans le royaume de ses parents ? Avait-elle prévu de demander sa main depuis si longtemps ?

- N... Non, bien sûr, quelques minutes, j'arrive ! finit par déclarer le Roi avec un véritable sourire qu'elle ne se souvenait plus d'avoir vu sur lui depuis une éternité.

- Non, ne bougez pas pour l'instant, Emma va rester avec vous. Je vais chercher mon Commandant, rejoignez-nous dans la salle du trône ?

Le coeur battant la chamade, la blonde avait du mal à croire ce qui était en train de se passer et comme si elle avait pu la sentir dériver, la sorcière qui n'avait pas lâché sa main depuis qu'elle l'avait attrapée pour les transporter fit pression sur ses doigts pour la forcer à croiser son regard. Si un instant plus tôt elle avait semblé tout maîtriser dans des lieux qui ne lui appartenaient pourtant pas, elle sut lire les doutes sur le visage de son âme soeur.

- Emma ?

- Oui. Je suis là. On va se marier, tenta-t-elle de la rassurer.

Un "Je t'aime" fut murmuré une énième fois contre ses lèvres immédiatement scellées par un baiser dont la brune s'éloigna dès qu'elle tenta de l'approfondir.

- Ne faites pas trop attendre votre Reine, Lieutenant, lui murmura-t-elle avant de la laisser muette en un tourbillon de fumée violette.

En face d'elle le Roi avait l'air aussi stupéfait qu'elle, lui ouvrant en silence la porte de sa chambre pour qu'elle puisse y entrer toujours en état de choc.

- Je euh ... Je vais m'habiller.

Elle ne répondit que d'un vague signe de tête, se rendant à peine compte qu'il était vêtu d'une simple chemise et d'un caleçon en toile qui la fit sourire. Elle n'était pas rentrée dans cette pièce depuis plus d'une dizaine d'années réalisa-t-elle en parcourant d'un oeil sceptique les tentures claires exposées aux murs. Elle avait vite appris à fuir les cauchemars autrement qu'en allant se réfugier auprès de ses parents ...

Son regard glissa jusqu'à un large miroir à moitié couvert par un drap blanc et elle eut un sourire en réalisant qu'il s'agissait d'une tentative pour éviter l'espionnage de Regina. Un instant elle faillit invoquer Sidney et lui annoncer la nouvelle pour le plaisir de le voir dépité mais s'en empêcha. Ses doigts glissèrent de la surface lisse du miroir jusqu'au velours noir de son costume.

Regina porterait du noir. Elle en était sûre. Mais que voulait-elle la voir porter, elle ?

- Chérie ? Tout va bien ?

Le regard clair de son père était chargé d'une inquiétude qui la toucha plus que de raison.

- Comment est-ce que je dois m'habiller papa ?

La question lui parut encore plus fragile lorsqu'elle la posa à voix haute mais les larmes qui noyèrent les yeux du Roi la firent sourire. Elle ne tenta pas de se dérober à son contact lorsqu'il approcha pour poser une main sur son épaule. Le geste n'était pas aussi paternel que les embrasses dans lesquelles il l'avait parfois emprisonnée mais les sillons d'eau saline qui coulaient librement sur ses yeux étaient un témoignage suffisant de ce qu'il ressentait.

- Je ... J'avais imaginé ... Tellement de choses pour toi Emma. Mais la vie en a voulu autrement ...

Snow White en avait voulu autrement, faillit-elle le corriger. Mais peut-être faisait-il allusion à un autre type de mariage, au bras d'un Prince et pas d'une Méchante Reine.

- ... Et je ne pensais jamais avoir à te dire ça ma fille, mais je crois que tu devrais mettre un costume.

Le petit rire larmoyant de son père la contamina presque immédiatement, puisant dans l'émotion nécessaire pour faire appel à la magie qui mua ses vêtements en un tout autre ensemble. La coupe n'avait rien de plus extravagant que la tenue de la garde royale, si ce n'était que le veston en soie qu'elle sentait comprimer sa poitrine n'était pas fait pour être porté sur une chemise et laissait place à un décolleté qui n'avait rien à envier à certaines robes de son âme soeur. Mais c'était la seule extravagance de l'uniforme d'un blanc immaculé brodé de fils ors et argents assortis aux épaulettes qui marquaient sa carrure.

Les lèvres plissées, elle imposa à ses boucles blondes un tressage noué en chignon à l'arrière de son crâne, la coiffure presque stricte adoucie par quelques mèches rebelles.

- Tu es superbe, la complimenta doucement son père tandis que ses yeux se paraient de noir et d'or.

Elle ne répondit pas, son regard glissant sur le miroir pour apercevoir le reflet du Roi à une vingtaine de centimètres derrière elle. Il avait opté pour le costume bleu et blanc qu'elle l'avait souvent vu porter lorsqu'elle était encore forcée à assister aux mêmes bals que ses parents, une ceinture rouge sécurisant son éternelle épée à hauteur de sa taille.

- Prête ?

Un hochement de tête en guise de confirmation, la jeune femme qui ne faisait pas confiance à sa voix tourna les talons pour sortir de la chambre et dans les couloirs déserts où le bruit de ses bottines était suivi de près par celles de son père.

Elle allait se marier. C'était presque un concept difficile à réaliser. Elle avait du mal à se rappeler si la Princesse qu'elle avait été dans la forêt enchantée avait rêvé d'un mariage, peut-être l'avait elle envisagé sans jamais trop espérer mais il était certain qu'Emma Swan, la chasseuse de primes sans attache, en avait eu horreur. Le mariage était une notion trop abstraite, une obligation dont la seule mention l'aurait forcée à plier bagage et quitter l'imprudent qui l'aurait évoqué.

- Tout va bien ?

La voix de David la fit sortir de sa rêverie, réalisant qu'elle s'était immobilisée à côté des portes entrouvertes de la salle du trône. Si elle tendait l'oreille elle pouvait entendre le murmure de plusieurs voix et un instant elle se demanda si Regina avait invité plus de personnes qu'elles en avaient brièvement parlé.

- Emma ?

- Oui, répondit-elle distraitement.

- Tu n'as pas l'air ... Tu es sûre que tu v...

- Oui, bien sûr que oui, l'interrompit-elle cette fois avec conviction. Regina est la seule chose dont je suis sûre. C'est juste ... Difficile à croire.

- Est-ce qu'il faut ... Est ce que tu veux que je t'accompagne jusqu'à elle ?

Un instant la brève vision d'une salle emplie de convives s'imposa à elle, un château décoré pour une véritable fête et l'image d'un Roi qui la conduirait à l'hôtel. Mais Regina avait beau lui avoir demandé sa permission, avait-il réellement le droit de le faire ?

- Non, réalisa-t-elle avec un frisson.

Personne ne l'offrirait à la Reine, c'était elle qui avait décidé depuis bien longtemps à qui elle appartenait.

- D'accord, lui répondit l'autre en cachant maladroitement sa déception.

Elle ne prit pas la peine de le rassurer, attrapant son coude pour les transporter de quelques mètres au centre de la pièce où Regina et Graham discutaient à voix basse sous le regard attentif de Rumplestiltskin. La présence tranquille perchée sur un accoudoir du trône arracha un hoquet de surprise à son père auquel elle accorda un bref sourire.

Quant à la sorcière ... Elle avait bel et bien opté pour du noir constata-t-elle incapable de ne pas admirer le tissu brillant qui épousait les formes de sa future femme à la limite de la décence. Classique. Le décolleté ravageur était voilé d'une dentelle sombre mais quasiment luisante dont les entrelacs mouraient autour de la taille qu'ils affinaient. A moitié tournée, elle eut un petit sourire en remarquant le dos nu, le tissus s'épaississant en dessous du creux de ses reins où il était progressivement remplacé par une traîne rehaussée de plumes qui donnaient l'impression que Regina aurait pu déployer d'immenses ailes de corbeau à tout moment.

Les yeux d'ébène l'accueillirent avec désir lorsqu'elle eut fini son examen, dents blanches plantées dans des lèvres peintes d'un rouge profond pour contenir un sourire taquin.

- Je suis là, murmura-t-elle finalement.

- Alors commençons mesdames, furent-elles priées par le Ténébreux qui avait l'air de s'impatienter.

La remarque lui valut un regard noir de la part de la brune qui obéit tout de même en se rapprochant des marches où le sorcier se tenait à présent debout. La réaction déploya un sourire reptilien qu'elle eut envie d'effacer d'un coup de poing mais la jeune femme se retint, calmée par les doigts qui effleurèrent le revers de sa main.

Elle ne l'écouta pas leur rappeler pourquoi Regina l'avait invoqué, réalisant soudain qu'elle n'avait rien préparé, aucun discours, aucun serment. Et vraiment, que pouvait-elle rajouter à ceux qu'elle avait déjà fait le jour où la Reine l'avait nommée Lieutenant ? Elle eut sa réponse lorsqu'à ses côtés Regina s'empara de sa main, laçant brièvement leurs doigts avant d'inspirer, les yeux rivés aux siens.

- Emma ...

Oh mon dieu. Le coeur battant, la jeune femme sentit pourtant son sang se figer, soulagée pour une fois lorsque la main de son père vint se caler dans son dos pour la soutenir. Elle ne se serait pas évanouie, mais elle avait presque l'impression de vivre une expérience extra-corporelle.

- Je te l'ai déjà dit ... Je t'ai voulue dès l'instant où je t'ai vue, j'étais une femme brisée qui ne croyait même plus être digne d'être aimée et ... Et j'ai vu tellement de choses en toi ... Je t'ai vue te battre, ici je t'ai vue grandir, te construire et me reconstruire. Je fais le serment de passer le reste de mes jours et de mes nuits à tes côtés, de ne jamais oublier l'honneur que tu me fais en ayant accepté d'être ma femme, de te soutenir, de te supporter, de te porter toujours plus haut, là où tu voudras que nous allions, quoi que tu veuilles que nous fassions ... Je fais le serment de dédier jusqu'à mon dernier souffle à nous bâtir la plus belle histoire d'amour que la forêt enchantée ait connue.

Elle n'avait pas cherché à retenir les larmes que la brune essuya du bout de ses doigts. Qu'était-elle censée répondre à ça ? Sa confusion lui valut un petit sourire qui fit éclater une bulle de bonheur quelque part dans sa poitrine, manquant rire lorsque la sorcière brisa l'échange d'un claquement de doigt qui attira Graham à ses côtés. Elle avait totalement oublié la présence des autres et que Regina ait pu dire ce genre de choses devant des témoins tels que son père ou le Ténébreux la stupéfiait autant que cela la terrifiait. Qu'allait-elle pouvoir lui dire pour égaler une telle déclaration ?

Bouche bée, elle observa la bague être enfilée à son annulaire. Deux bandes incrustées de diamants blancs, pour l'une, noirs pour l'autre, s'enlaçaient pour soutenir en leur centre une pierre qui ressemblait à s'y méprendre à celle qu'elle avait déjà vue au doigt de la Reine une éternité plus tôt et autour de son cou avant qu'elle ne la brise.

Elle allait oser lui demander une précision lorsque Graham lui présenta un deuxième exemplaire du bijou qu'elle était en train d'observer à son doigt, forcée de s'en emparer la gorge nouée. Son hésitation lui valut un haussement de sourcil moqueur de la part de la sorcière dont elle avait à son tour pris la main.

- Regina je ... Je pense pas être aussi douée que toi pour ce genre de déclarations, s'excusa-t-elle avec un petit rire qui fut partagé. Mais sache que ... Sache que ma vie, le monde entier, a changé depuis que je te connais ... J'étais pas du genre à croire aux grandes histoires d'amour mais depuis ... Depuis quelques années j'ai l'impression qu'il n'y a toujours eu que toi. Même quand on nous prouvait le contraire, j'ai toujours su que tu étais mon âme soeur, je vivais uniquement pour les moments où j'allais te voir, être avec toi et je vois aucune raison, aucune réalité où il pourrait en être autrement ... Alors je fais ... Je fais tout simplement le serment que rien ne pourra jamais changer ce que j'éprouve pour toi. Je te condamne à vivre avec moi et rappelle toi ... Si un jour tu avais envie de fuir, dans la famille on est plutôt du genre à retrouver ceux qu'on aime et je peux t'assurer que je retr...

- Finis cette phrase et je demande le divorce, la prévint l'autre.

Des lèvres pulpeuses scellèrent les siennes, muant le rire qui allait naître en un gloussement dont elle aurait pu avoir honte. Elle eut juste le temps de passer un bras autour de la taille de sa toute nouvelle épouse avant d'être repoussée avec douceur, assez pour qu'elle ait l'occasion d'enfiler l'alliance à la main qui lui était tendue. La bague à peine posée là où serait désormais sa place, la pièce entière fut parcourue du séisme d'une puissante vague de magie qui lui rappela celui qui s'était produit lors du baiser qui lui avait rendu la mémoire.

- De la magie blanche, lui expliqua Regina d'une voix basse qui la fit frissonner. Le même principe que celle qui unissait ton pendentif à ma bague mais bien plus puissante à présent qu'elle est liée à notre ... À notre amour véritable.

Cette fois elle ne retint pas le sourire béat qui lui fut immédiatement rendu, retrouvant l'impression qu'elle avait affaire à un véritable ange tombé du ciel lorsque l'expression illumina le visage de la brune. Si tenté que de telles créatures existent, elle était certaine que sa femme en était une.

Perché sur ses escaliers, Rumplestiltskin émit un petit son ennuyé pour leur rappeler sa présence et il y avait presque une once de défi dans son regard lorsqu'il leur tendit un registre. Et elle avait beau avoir été forcée à assister à de nombreux mariages, elle ignorait tout de ce qu'il pouvait bien attendre d'elles. Mais Regina l'éclaira sans un mot, portant son pouce à sa bouche où elle la vit enfoncer ses dents jusqu'à percer la peau et déposer l'empreinte ensanglantée sur le vieux parchemin où le sceau royal de la sorcière apparut immédiatement comme s'il avait pu reconnaître son identité à quelques goutes de sang.

C'est ce qu'il fit pourtant aussi lorsqu'elle l'imita sans poser de question, surprise de reconnaître l'insigne de la maison des White lorsqu'il prit forme par dessus le halo rouge qu'elle y avait laissé.

- C'est la dernière fois que tu le vois, l'informa la brune en un murmure. Maintenant tu es à moi.

Elles échangèrent un bref sourire avant que les traits parfaits ne se durcissent à nouveau quand elle s'adressa au Ténébreux.

- Ce sera tout pour aujourd'hui Rumple, tu peux disposer et retourner à ce que tu étais sagement en train de faire.

C'était certainement un rappel des derniers ordres qu'elle lui avait donné et cette fois Emma remarqua le froncement de sourcils de son père lorsque l'intéressé obéit avec un sourire pincé juste après avoir exigé une signature de la part des deux témoins. Il ne pouvait pas toujours être aussi stupide qu'il le paraissait supposa-t-elle avec un sourire. Et malgré tout, le Roi avait cessé de prétendre qu'il n'était pas ému, les mêmes larmes qui avaient coulé toute à l'heure dans sa chambre, luisant encore sur son visage à peine ridé lorsqu'elle l'approcha, se laissant prendre dans les bras qui l'emprisonnèrent avec plus de force que ce à quoi elle était habituée de la part de la seule personne qu'elle laissait la toucher de cette façon.

- P...

- Je suis tellement heureux pour toi ma fille. Ta mère ... Ta mère l'aurait été aussi, j'aurais aimé ... Qu'elle soit là.

Elle ne répondit pas, son regard se perdant quelques mètres plus loin où Regina s'était rapprochée de son Commandant dont les yeux larmoyants restaient obstinément fixés sur un des vitraux de la salle du trône, certainement pour ne pas succomber au même syndrome que David. Et si elle eu l'air de le sermonner dans un premier temps, ses traits s'étaient faits plus doux lorsqu'elle porta deux mains à son visage pour le forcer à affronter son regard. La blonde fut surprise de ne pas sentir l'habituelle jalousie enflammer ses entrailles, mais peut être était-ce parce que le soldat avait l'air gêné, rougissant à vue d'oeil quand sa supérieure lui adressa quelques mots avant de s'éloigner pour les rejoindre.

- David, puis-je disposer de ma femme ?

Sa femme. Elle allait mettre du temps à s'habituer à l'entendre l'appeler comme ça ...

- Bien sûr, ma fille est à vous désormais Regina.

Il y avait un avertissement paternel dans les mots qu'il avait prononcés mais la brune l'accueillit avec un petit rire suffisant qui laissait clairement sous entendre qu'elle l'avait considérée à elle depuis bien plus longtemps déjà.

- À demain David, fut la seule réponse qu'elle lui donna à voix haute avant qu'un bras ne se glisse autour de sa taille pour l'emporter dans des volutes de fumée violette.

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Elles s'embrassaient déjà avant même qu'elle ne sente la matière se solidifier sous ses bottines, plaquée contre ce qui lui sembla être la porte de sa chambre par le corps brûlant de la sorcière dont elle gémit le nom dès qu'elle fut relâchée. La lueur sauvage qu'elle avait vue dans les yeux de la brune quelques temps plus tôt était de retour, l'aura de leurs magies combinées amplifiant l'atmosphère étouffante de la pièce.

- Gina, Regina, mon amour, l'arrêta-t-elle pourtant quand des dents descendirent dans son cou et sous son oreille, là où elle avait remarqué que son amante préférait la marquer.

- Hum ?

- Attends, deux secondes.

- Emma, j'ai envie de toi depuis que je t'ai vue sur le trône de ton père toute à l'heure, tu as de la chance que j'ai pu me retenir ...

- Je sais ... Et moi aussi j'ai envie de toi. Je te promets de passer la nuit entière à te vénérer s'il le faut mais avant ...

- Avant ? fut-elle poussée comme elle cherchait ses mots.

- Tu te rappelles cet après-midi, tu m'as demandé si je voulais entrer dans ce château avec toi ou avec la Méchante Reine ? C'est toi que je veux là.

Sa déclaration figea la brune qui se détacha un tant soit peu d'elle pour plonger un regard brillant de désir en elle.

- Et plus vite tu sors de ta cachette, plus vite je pourrais te prendre, rajouta-t-elle.

Cette fois les pupilles déjà dilatées explosèrent littéralement, des dents attrapant sa lèvre inférieure pour l'inciter à un dernier baiser où la langue de la Reine prit possession de sa bouche sans lui demander la moindre autorisation. Des ongles courts se recourbèrent dans les cheveux où ils s'étaient faufilés, la forçant quelque secondes encore à abandonner tout contrôle avant de glisser dans son cou, sur sa gorge et plus bas dans le décolleté dégagé par son costume. Un instant les doigts effleurèrent la peau au dessus de son coeur, comme tentés d'y plonger mais au lieu de ça ils finirent par y prendre appui pour reculer.

Elles étaient à bout de souffle, leurs poitrines secouées par une respiration saccadée, seule musique dans la pièce où Regina fit quelques pas en arrière avant de lui adresser un sourire presque timide. La blonde crut qu'elle allait s'évanouir quand la sorcière leva une main, une myriade de paillettes d'or cascadant le long de son corps où elles effacèrent le noir de sa tenue pour la laisser en une robe de mariée immaculée. Les cheveux relevés en un chignon n'avaient pas changé d'aspect mais le maquillage s'était adouci, le rouge à lèvres muant en une teinte presque naturelle.

C'était Regina et c'était la Reine. La femme qu'elle ne se permettait pas d'être aux yeux de tous et Emma dut s'accrocher au bois sculpté de la porte pour ne pas laisser ses genoux flancher.

- Tu ... Tu es splendide. J'ai épousé la plus belle femme de tous les royaumes réunis.

Pour une fois, le compliment parvint à faire rougir l'intéressée qui l'éluda pourtant en recourbant un doigt pour lui signifier d'approcher.

- Tu m'as promis quelque chose je crois Em-ma ?

- Oui, répondit-elle simplement.

Elle eut tout de même du mal à s'éloigner du panneau en bois vernis qui la soutenait, faisant quelques pas pour rejoindre la brune qui accepta un long baiser beaucoup plus tendre que leur précédent avant qu'Emma ne la soulève dans ses bras.

- Tu ne pouvais pas t'en empêcher hein ? remarqua la brune avant qu'elle ne la dépose quelques mètres plus loin sur le lit où elle la dévora de longues secondes d'un regard brûlant.

- Non, finit-elle par répondre en toute honnêteté.

Si elle avait pu, elle aurait même ramenée sa femme dans leur château pour lui en faire franchir le seuil dans cette position, qu'importe ce qu'auraient pu penser les gardes ou les serviteurs. Ses autres pensées, en revanche, étaient beaucoup moins chastes. Elle avait beau avoir voulu que la façade de la Méchante Reine soit effacée, le désir de la faire sienne était loin d'être tendre. Et si elle avait voulu un combat, peut être aurait-elle préféré qu'elle garde son masque, mais ce soir elle voulait d'une Regina qui lui abandonnait tous les droits.

- Debout, ordonna-t-elle.

Les yeux sombres qui la surveillaient depuis la position où la brune était restée sur le lit, brillèrent d'un défi qui la fit sourire mais elle fut obéie, deux bras allant immédiatement se replier derrière sa nuque pour un baiser où les langues se trouvèrent immédiatement. Le contact était doux et profond et pourtant elle ne pouvait s'empêcher d'y voir toute une guerre à laquelle la brune renonça finalement en un gémissement lorsque ses mains trouvèrent la peau nue de son dos. Quelques secondes, elle s'amusa à faire rouler les muscles sous ses doigts, récoltant d'autres témoignages de son appréciation, le corps brûlant s'arquant contre le sien.

- Emmaa ...

- Je sais.

Soudain la paume de sa main remonta toute la longueur d'une colonne vertébrale cambrée jusqu'à une épaule qu'elle dénuda pour y attacher ses lèvres. Sa bouche courut sur une clavicule prononcée, sa langue taquinant brièvement le petit renfoncement creusé à la base de la gorge qui lui était offerte avant de continuer son chemin de l'autre côté où elle fit également tomber le tissu soyeux. Trop près de son corps pour tomber, elle dut se résoudre à tirer sur le haut de la robe pour dégager la poitrine de son amante, sa brève impatience lui valant un petit rire.

Il n'était plus question de rire l'instant d'après lorsque ses lèvres se refermèrent sur la pointe d'un sein, une main volant immédiatement dans ses cheveux pour la maintenir là où elle était. Pas qu'elle aurait voulu s'en dégager de toute manière, s'avoua-t-elle en passant un bras autour de la taille de la brune pour s'assurer qu'elle ne tomberait pas lorsqu'elle planta ses dents dans la chair brûlante. Le soudain mouvement provoqua un gémissement plus aigu que les autres, sa main disponible allant emprisonner son autre sein.

- Bon sang Emma ...

La supplique claire la fit gronder, abandonnant son poste pour semer des baisers et des coups de langue sur chaque centimètre de peau qu'elle dégageait du tissu qui y était comme moulé. Une dernière pression le fit pourtant passer la barrière de ses hanches et elle eut un soupir soulagé lorsque l'ensemble finit par cascader à terre où elle se laissa momentanément tomber pour enfouir son nez et ses lèvres tremblantes contre le seul morceau de tissu qui habillait encore Regina.

Elle l'autorisa quelques instants encore à l'immobiliser là, sa langue traçant des dessins brûlants sur le satin trempé et si elle mourrait d'envie d'écarter le sous vêtement pour la goûter, la jeune femme refusa la cuisse qui s'était levée, prête à atterrir sur son épaule pour lui donner plus d'espace.

- Sur le lit, ordonna-t-elle cette fois.

- Il faut savoir ce que tu veux mon amour ...

Le sarcasme la fit gronder, n'attendant pas d'être obéie pour la pousser sur le matelas où elle tomba presque. Elle savait qu'elle avait l'air menaçant lorsqu'elle se rapprocha mais son amante n'en fit pas cas, se redressant d'un geste sûr, son regard soutenant le sien lorsqu'elle leva deux mains pour s'emparer du fourreau fermement attaché à sa taille.

L'arme alla s'écraser à terre quelques mètres plus loin là où elle l'envoya à l'aveugle lorsque sa femme la lui confia, s'attaquant à la ceinture dorée qui avait soutenu l'ensemble. Et elle savait comprit-elle lorsque les iris d'ébènes brillèrent de défi quand elle lui confia le lasso en cuir. À quoi s'attendait-elle, elle n'était pas sûre de pouvoir le deviner mais l'idée que Regina lui fasse assez confiance pour lui laisser libre cours avec la ceinture la fit se mordre la lèvre jusqu'au sang.

Son trouble ne passa pas inaperçu, attirée par une main exigeante qui la força à se courber, la plaie qu'elle venait d'ouvrir caressée d'une langue lascive.

- Fais-le, lui ordonna la brune.

Pourtant elle n'était pas en position de lui ordonner quoi que ce soit. Pas en position d'utiliser ce ton avec elle mais elle l'avait fait. Peut-être parce qu'elle savait qu'Emma avait besoin d'une dernière autorisation ou tout simplement pour le plaisir de le faire une dernière fois avant que la blonde ne la soumette ...

La Sauveuse ne prit pas le temps de réfléchir, se jetant sur le corps qui lui était offert, deux jambes galbées immédiatement refermées autour des hanches qu'elle écrasa sur la sorcière qui gémit à nouveau. Ses dents trouvèrent le côté de sa gorge, refusant de la laisser étouffer son plaisir dans leur baiser tandis que ses mains parcourraient à l'aveugle le corps quasiment nu. Sous elle, son amante se cambra un peu plus lorsqu'elles atteignirent les seins qu'elles massèrent brièvement avant de remonter le long de ses bras.

Elle eut le droit à un tout autre genre de gémissement, quasiment désespéré, lorsque la Reine comprit réellement ses intentions, la laissant faire lorsqu'elle lassa plusieurs fois la ceinture aussi de ses poignets avant de la sécuriser à l'aide d'une boucle en argent.

- Je t'aime, lui rappela-t-elle une dernière fois avant de l'abandonner.

Un instant son regard caressa la fine silhouette de la brune à sa merci, bras levés au dessus d'elle, ongles fermement plantés dans sa propre chair comme si elle luttait déjà pour ne pas se dégager. La vision étalée dans le lit qu'elle avait occupée toute une partie de son enfance, dans le lit où elle avait eu ses premiers orgasmes en pensant à elle, était tout simplement à s'en damner.

Elles n'aurait pas su dire laquelle des deux prit le plus de plaisir au premier contact de sa langue avec le sexe trempé dont elle s'empressa d'avaler toute trace du désir qu'elle l'avait fait trop longtemps endurer avant de plonger en elle. Au dessus d'elle, Regina cria pour la première fois son prénom de la soirée, ses hanches sautant violemment sous les assauts sans pitié qu'elle menait, forcée de les bloquer d'un bras intransigeant.

Elle ne céda pas lorsque la brune la supplia d'utiliser ses doigts, déterminée à n'user que de sa langue pour l'amener au bord du premier précipice dans lequel elle la fit tomber sans trop de mal, ses lèvres se refermant sur la petite boule de nerf qu'elles sucèrent avec force pour lui arracher des cris qui passaient très certainement la barrière de leur chambre.

- Emma, stop, s'il te plaît, je t'en supplie ...

Elle obéit mais principalement parce qu'elle en avait envie, désertant son poste pour aller marquer l'aine de son amante, sa langue glissant le long d'un ventre plat avant de retrouver les seins qu'elle vénéra littéralement jusqu'à ce que la brune en tremble.

- Mon dieu Emma, qu'est-ce que tu cherches à faire ? Tu veux me faire jouir comme ça ?

- Non, gronda-t-elle bien que l'idée ne lui aurait pas déplut. Je veux que tu crèves d'envie de moi. Que tu saches un peu ce que ça fait d'être moi, d'avoir l'impression de devenir folle si la femme que tu aimes ne te touche pas.

- C'est l'effet que je te fais ?

- Oui. Tout le temps. Dès que je pense à toi comme ça.

Elle se demanda brièvement comment immobilisée de la sorte, la femme sur laquelle elle était agenouillée parvenait encore à lui adresser un sourire aussi supérieur. Les yeux rivés aux siens, elle observa avec orgueil le plaisir adoucir ses traits quand ses doigts retrouvèrent le chemin d'un téton, ses gémissements se tintant de désespoir quand elle accentua sa caresse à la limite de la douleur. Un traitement que Regina adorait lui faire endurer. C'était elle d'habitude qui la menait au bord de l'orgasme au point qu'elle ait l'impression de risquer l'implosion si elle n'était pas touchée avec plus d'application.

- Em-maah ...

- Qu'est-ce que tu veux ?

- Plus. Toi, répondit-elle avec l'air de ne plus savoir ce qu'elle demandait.

Elle s'écarta pourtant, ravie du presque sanglot que le mouvement lui valut, se concentrant juste assez pour faire appel à sa magie et aux souvenirs qu'elle avait du monde où elle avait évolué avant la Malédiction pour faire apparaître ce qu'elle voulait dans ses mains.

- Oh mon dieu, Emma ...

- Ah oui ? crut-elle comprendre en notant la façon dont les yeux plus noirs que jamais dévoraient le jouet qu'elle avait créé à partir d'un vieux souvenir.

- Oui !

Le regard brûlant continua à la dévorer tandis qu'elle attachait presque tremblante le harnais autour de ses hanches et pour la première fois elle crut que Regina allait se libérer des liens dans lesquels elle l'avait emprisonnée plus tôt, un grondement animal lui signalant qu'elle n'allait clairement pas assez vite à son goût. Mais la réaction ne fit que lui arracher un rire, surprise lorsque la brune réussit à la faire tomber sur elle juste à la force de ses jambes. Sa réprimande fut avalée par les lèvres qui attaquèrent les siennes avec une autorité qu'une femme dans sa position n'aurait pas du détenir et ce fut son tour de gémir en sentant une magie qui ne lui appartenait pas s'insinuer en elle.

- Qu'est-ce que tu as fait ? voulut-elle savoir quand elle fut forcée de s'écarter pour rependre son souffle.

- Tiens ta promesse et tu verras bien.

Les yeux clairs se plissèrent en un avertissement mais elle n'obtint qu'un sourire moqueur et elle dut faire un effort remarquable pour ne pas céder au fantasme qui la suppliait d'écarter violemment ses cuisses et d'entrer en elle sans préambule. Au lieu de ça, la blonde se força à une lenteur exagérée qui fit s'agiter la sorcière contre les liens qui la retenaient quand elle mit de longues secondes à attirer une cuisse au dessus de ses hanches. Elle eut le droit à un grondement impatient mais elles gémirent toutes les deux lorsque la pointe du jouet effleura les lèvres tremblantes de la brune.

- Qu ... Tu as ...

Elle n'avait pas rêvé la sensation qu'elle avait ressentie aussi bien que si elle avait été à la place de Regina et sous elle son amante accueillit son manque de mots avec un petit sourire hautain qu'elle se serait fait un plaisir d'effacer en temps normal.

- Tu crois que c'est comme ça que tu vas avoir ce que tu veux Gina ? gronda-t-elle.

L'intéressée ne lui répondit pas, des dents blanches parfaitement alignées se refermant sur son menton en signe d'exaspération et elles gémirent toutes les deux lorsqu'Emma ne parvint pas tout à fait à contrer l'instinct qui avait voulu qu'elle s'enfonce en elle en guise de punition. La sensation manqua faire céder les bras dont elle se servait d'appui et elle fut plus prudente lorsqu'elle renouvela l'expérience, la mâchoire serrée par la concentration. Elle ne s'était pas attendue à subir le même traitement que Regina, la sensation presque étrangère depuis le temps où elle n'avait pas autorisé un homme à la toucher.

Et la sorcière avait bien calculé son coup devait-elle admettre ... Les quelques centimètres à peine avec lesquels elle s'était autorisée à la pénétrer était une torture aussi bien pour la brune que pour elle. Elle tint bon pourtant, ses vas-et-vient inchangés malgré les suppliques de son amante qu'elle fit bientôt taire d'un baiser. Et si elle savait déjà qu'elle serait punie pour son culot, elle n'avait aucun doute que l'autre n'aurait pas eu besoin d'elle pour se débarrasser du lien qui attachait ses poignets et arrêter le jeu qu'elle avait entamé.

Ses lèvres quittèrent celles de son âme soeur pour dériver vers la gorge qu'elle marqua sans hésitation, échappant de justesse aux hanches que Regina avait tenté de rapprocher d'elle en entourant les siennes de deux jambes tremblantes. Son impatience avait quelque chose d'irrésistible et les gémissements qui se transformèrent en de quasi sanglots lorsque sa bouche se referma sur un téton dur comme de la pierre finirent par avoir raison d'elle.

- EMMA !

Elle n'avait jamais autant aimé son nom que lorsqu'elle parvenait à le faire crier à la Reine. Dans ces moments là il devenait un véritable sortilège qui ne manquait jamais de faire exploser une fierté bienheureuse en elle. La sensation combinée à celle du membre en silicone qui s'était écrasé au fond d'elle aurait pu la faire jouir sur le coup. Un peu comme Regina dont l'orgasme libéra une vague de magie qui courut le long de son corps cambré avant d'atteindre la ceinture qui retenait ses mains, le tissu se dispersant comme du sable chassé par le vent.

Les mains libres volèrent à sa rencontre, les boucles blondes tirées sans ménagement pour rapprocher leurs bouches en un baiser où la Reine exprima toute sa frustration et la jeune femme renonça à tout semblant de contrôle. Chaque poussée lui donnait l'impression de la déchirer de l'intérieur, le plaisir accentué par celui qu'elle savait donner à son amante. Cette fois elle ne fit rien contre les jambes qui s'étaient refermées autour d'elles pour aller s'empaler avec un peu plus de force contre ses hanches. Ses bras cédèrent, tombant sur ses coudes, le front appuyé contre celui de la brune.

- Bordel Gina, c'est ...

Elle ne trouva pas les mots pour qualifier ce qu'elle ressentait, incapable de dire si elle devait plaindre ou envier les hommes pour leur capacité naturelle à partager le plaisir de leurs partenaires.

- Trop pour toi ? sembla se moquer l'autre.

La blonde ne répondit que d'un grondement, sa fierté lui donnant assez de force pour se redresser. Appuyée sur ses genoux, la jeune femme abandonna le soutien d'une main pour s'emparer d'une cuisse qu'elle arracha de son ancrage autour de ses hanches pour la ramener vers son épaule. Le nouvel angle les fit gémir de concert, Emma étouffant le cri qui voulait sortir dans le creux du genou de son amante lorsqu'elle fit l'effort d'accélérer ses va-et-vient.

Le sang battant dans les tympans, il n'y avait plus que Regina qu'elle pouvait entendre, insensible au reste de la pièce, au reste du monde lorsqu'elle sentit les muscles de son ventre se tendre presque douloureusement à chaque fois que la sensation d'être parfaitement emplie venait frapper un point tout au fond d'elle.

- Vas-y Emma, maintenant.

L'ordre fut suffisant à contraindre son corps, parvenant à peine à ne pas blesser la Reine lorsqu'elle resserra son étreinte sur la jambe qu'elle avait levée et contre laquelle elle étouffa les cris de son orgasme tandis que sous elle le corps de son amante se tendait silencieusement. Une vague de plaisir, comme un écho la désarçonna pourtant de sa position, retombant à nouveau en appui sur un poing qui serra draps et mèches de soie noires confondus.

- Déjà épuisée ? se moqua clairement son âme soeur lorsqu'elle prit quelques secondes les yeux fermés pour tenter de reprendre son souffle.

- Oui, avoua-t-elle. Dieu merci je ne suis pas un homme.

- Un homme ? Tu ne ressentais pas le plaisir d'un homme mon ange ...

- Je sais. Je ressentais le tiens. Mais crois moi c'est déjà assez dur de ne pas jouir quand je te touche, si en plus je ressens ce que je fais ...

Son aveu provoqua un rire qu'elle étouffa d'un profond baiser, les deux gémissant lorsqu'elle s'écarta précautionneusement de la brune pour se débarrasser du jouet qu'elle fit disparaître d'un mouvement du poignet.

- Qu'est-ce qui te faire rire ? demanda-t-elle pourtant.

- Tout ce que je vais pouvoir te faire avec un peu de magie, sembla-t-elle répondre honnêtement.

- Ce soir ?

- Ce soir ? Je croyais que c'était toi qui devait vénérer mon corps ce soir Emma ...

- Certes, mais tu me dois déjà deux orgasmes, plaisanta-t-elle.

La réplique lui valut un soupir hautain qu'elle ne releva pas. Bien sûr que Regina ne lui devait rien même si elles savaient toutes les deux que la nuit ne se finirait pas sans qu'elles aient remis plusieurs fois le compteur à zéro. L'intéressée n'attendit d'ailleurs pas une seconde de plus avant d'inverser leurs positions, la dominant depuis là où elle s'était perchée sur elle lorsqu'elle s'employa à défaire les tresses blondes de son chignon avec une lenteur calculée. Et dire qu'elle avait commencé la nuit avec l'envie de la soumettre, était-ce même possible ?

- Prête ? lui demanda-t-elle finalement quand elle eut terminé, les longues mèches encore ondulées enroulées autour d'une main qu'elle releva pour la forcer à se redresser.

- Bien sûr. Je suis à vous Majesté.

.

.

Elles n'avaient pas dormi. Et malgré toutes les fois où elles s'étaient retrouvées dans le même lit, c'était la première fois que l'occurence se produisait. Non, elles n'avaient pas passé la nuit à enchainer les orgasmes, parce que pour être honnête elle n'était même pas sûre que son corps l'aurait supporté, mais dès qu'elles en avaient trouvé la force, les deux n'avaient pas hésité et Emma avait cessé de compter le nombre de fois où tout le château avait du les entendre crier le nom de l'autre.

Elles avaient beaucoup parlé aussi. De la malédiction. De Cora. De la dague. De Snow White et de cette part d'elle qu'elle avait brièvement réussi à ressusciter ... Quelque part pendant la nuit, la pluie était tombée à torrents et elles s'étaient levées pour observer les éclairs frapper la forêt à l'horizon avant que la blonde ne s'en lasse et préfère admirer la silhouette de son amante lorsqu'elle l'avait faite jouir, cambrée contre la petite balustrade qui empêchait quiconque de tomber dans le vide.

L'orage s'était arrêté et, postée à cette même fenêtre, la Sauveuse admirait l'aurore quand elle remarqua en contrebas son père déjà habillé ouvrir la porte d'un chenil pour laisser sortir une meute de chiens de chasse. Elle se rappelait encore d'une époque où elle avait guetté ses pas le matin dans les couloirs pour partager ce moment. David avait toujours mis un point d'honneur à s'occuper personnellement des animaux qu'il amenait parfois même sur un champ de bataille avec lui.

Un corps plus chaud que le sien vint se blottir contre elle et l'arracha à sa contemplation avec un frisson.

- Ça va ? lui demanda simplement la sorcière qui avait encerclé sa taille et posé sa tête quelque part sur son omoplate.

Leur différence de taille lorsque la Reine ne portait pas ses talons vertigineux la faisait toujours sourire et fidèle à elle même, la jeune femme ne fit rien pour stopper ses lèvres qui s'étendirent.

- Je ne sais pas, répondit-elle pourtant.

Elle savait que la réponse aurait pu faire peur mais Regina était assez intelligente pour comprendre qu'elle ne faisait pas allusion à elles.

- Tu devrais aller lui parler, lui conseilla-t-elle d'ailleurs en une confirmation qu'elle savait exactement à quoi elle avait fait allusion. C'est pour lui que nous sommes ici, pas pour Snow.

- Je sais mais je ...

- Ce n'était pas un reproche. J'aurais certainement fait la même chose ... Je vais certainement faire la même chose mais je veux que tu parles à ton père avant de prendre ta décision.

- Tu vas certainement faire la même chose ? retint-elle seulement en tournant sur elle même pour plonger son regard dans les orbes d'ébène où elle pouvait détecter une rare trace de fatigue.

- Aller lui parler. Tu l'as envoyée aux cachots non ?

- Oui.

- Alors voilà ce que je te propose ... Tu vas parler à ton père et moi je vais parler à Snow.

- Maintenant ?

- Quand tu veux mon amour, lui répondit-elle avec un sourire sincère. Tu as envie d'aller voir les chiens c'est ça ?

- Non pas du tout, répondit-elle trop vite en rougissant déjà.

Sa réaction lui valut un des rires qui manquaient toujours de la faire imploser de bonheur. Un rire qu'elle avait la fierté de lui savoir réservé.

- Vas-y. Mais coiffe toi et mets quelque chose qui couvrira ça, rajouta-t-elle en désignant une des marques qui ornaient son cou.

- Pourquoi ? C'est pas justement le but que tout le monde sache ?

- Chérie après cette nuit tout le château doit déjà être au courant.

Cette fois ce fut elle que le clin d'oeil fit éclater de rire. Dans ces moments là elle avait souvent l'impression de pouvoir ressentir leurs âmes unies par quelque chose de presque tangible.

- Regina ?

- Oui ?

Et la brune devait avoir senti son trouble, ses sourcils se fronçant par automatisme en un masque sérieux, presque celui de la Reine. Mais elle ne lui en voulut pas. La Reine était celle dont elle était tombée amoureuse au premier regard, capable de faire face à n'importe quel péril. C'était aussi celle qui prenait les décisions les plus importantes ...

- Est-ce que ... Si ta mère n'arrive pas à trouver le moyen de lancer la malédiction, si nous devons rester ici pour le restant de nos vies est-ce que ...

- Est-ce que quoi mon amour ? la poussa-t-elle, les lèvres pulpeuses caressant les siennes en guise d'encouragement.

- Est-ce que ... Est-ce que tu voudrais bien qu'on ... Qu'on fonde une famille nous deux ? Enfin qu'on ... Qu'on essaie d'avoir un ... Un bébé ? Parce que je sais que c'est encore tôt, c'est peut-être trop te demander et peut-être que tu veux tout simplement pas ou que c'est pas possible je sais pas mais je sais à quel point un enfant peut te rendre heureuse et j'ai envie de ça pour toi, pour nous mais je comp...

- Oui, fut-elle coupée dans sa diarrhée verbale. Mais oui, c'est encore un peu tôt.

- Ok, répondit-elle en un murmure soulagé.

La jeune femme dut cacher le sourire béat qui menaçait de s'échapper en un baiser même si pour cela elle devait renoncer à garder les yeux rivés dans les orbes brillantes d'amour qui la surveillaient. Le visuel aurait pu la faire pleurer mais au lieu de ça, la blonde resserra son étreinte sur sa toute nouvelle femme. Une langue qui la connaissait par coeur caressa ses lèvres en une permission qu'elle accorda immédiatement, gémissant l'instant d'après quand le baiser se fit plus profond, lascif comme si elles avaient tout le temps du monde. Ses mains descendirent jusqu'aux rebord d'un déshabillé que Regina avait enfilé, effleurant la peau entièrement nue en un chemin qu'elle traça jusqu'aux seins qu'elle recueillit tous les deux dans le creux de ses paumes.

- Emma ...

Son simple prénom coula en une vague de désir le long de sa colonne vertébrale avant de s'écraser entre ses reins malgré toutes les fois où elle avait déjà été satisfaite ces dernières heures. Ses pouces allèrent caresser deux tétons déjà sensibles et le mouvement s'il lui valut un nouveau gémissement, les arracha également à leur baiser.

- N... Non Emma, prévint la brune le corps pourtant arqué contre le sien.

Les bras noués derrière son cou, la sorcière refusa de rencontrer à nouveau ses lèvres lorsqu'elle tenta de l'embrasser, atterrissant dans son cou où sa langue joua à la place avec une marque qu'elle y avait laissé durant la nuit.

- Non Emma ... Si tu ne me lâches pas on va encore finir dans le lit.

- Et alors ?

- Et alors, je ne sais pas si j'en ai encore la force, je n'ai pas envie d'utiliser ma magie et ton père ne va pas sortir les chiens pendant une heure.

- Je peux te faire jouir en beaucoup moins de temps que ça.

- Je sais. Je sais ça mon ange, ce n'est pas la question.

- Tu n'as plus envie de moi ?! feignit-elle de s'indigner.

Les yeux sombres roulèrent dans leurs orbites en un mouvement qui la fit immanquablement sourire, toute trace d'amusement pourtant éteinte à l'instant même où une main s'empara de son poignet pour le rediriger plus bas. Entre ses jambes. Là où elle trouva la preuve évidente que la Reine était loin de ne pas avoir envie d'elle. Réduite au silence, elle observa la sorcière guider les doigts brillants de désir à sa bouche pour les nettoyer l'un après l'autre.

- Va voir ton père, lui ordonna-t-elle pourtant d'une voix terne mais rauque quand elle eut fini.

- Sérieux ? Maint...

La silhouette de Regina disparut dans des volutes de fumée violette, emportant avec elles le rire qu'elle aimait tant jusque dans une pièce attenante, la salle de bains, où elle était sûre que son amante se serait enfermée.

- Sérieux ?! répéta-t-elle un peu plus fort pour être sûre qu'elle l'entende. Tu riras moins quand je te ferai la même avec ta mère !

Mais la menace était vide de sens, le rire redoublant d'ailleurs tandis qu'elle se postait rapidement devant un miroir en pied pour s'assurer des miracles que feraient sa magie. Sa peau s'habilla d'un simple pantalon noir et d'un chemisier beige, attachant rapidement ses boucles rebelles en une queue de cheval avant de se transporter en une tornade noire quelques étages plus bas.

- Bon sang Emma ! s'écria presque son père. Tu m'as fait peur ...

- Désolée, répondit-elle rapidement sans l'être. J'ai vu les chiens ... Ça faisait un moment ...

- Oh ... Tu te souviens ?

- Bien sûr. Quand j'arrivais à me réveiller tôt je te suivais en cachette dans les couloirs jusqu'à ce tu les aies sortis. Après t'avais plus l'air d'avoir la force de me renvoyer dans mes chambres.

- Je t'entendais.

- Quoi ?

- Tu n'étais pas très subtile quand tu me suivais ... Je t'entendais presque tout le temps. Et quand je t'entendais pas j'envoyais toujours quelqu'un vérifier que tu dormais bien et qu'il ne t'était pas arrivé quelque chose en chemin.

- Oh ...

L'amour qu'elle voyait hanter les yeux clairs de son père lui fit mal au ventre. David n'avait jamais été affecté par les Ténèbres comme Snow l'avait été. Il s'était montré digne d'être un bon père mais dans sa haine obstinée, Emma n'avait jamais vraiment pris la peine de différencier ses parents. La Princesse peut-être, oui, la Princesse avait aimé son père plus que sa mère ... Mais Emma Swan ? Emma Swan avait haï les deux avec une force égale.

- Tu ... Tu veux voir mon animal de compagnie ? demanda-t-elle pour changer de sujet après un sourire larmoyant dont elle ne fut pas fière.

- Tu as un animal de compagnie ?

- Ouais. Enfin c'était pas vraiment le mien mais maintenant oui ...

Remontant son chemisier, la jeune femme s'empara d'une dague que son père avait porté à la ceinture pour faire apparaître le tatouage où le lynx déplia paresseusement sa silhouette.

- Viens jouer, ordonna-t-elle.

Elle essaya de ne pas avoir l'air trop effrayée du liquide noir qui s'échappa de son bras, vomit à terre en une marre que les chiens vinrent renifler avant de s'en écarter soudainement lorsqu'elle prit forme féline.

- Oh ! Oh mon dieu Emma c'est le lynx de Regina ! Qu'est-ce qu'il lui est arrivé ?!

- Gold l'a tué. J'ai emprisonné son âme sans faire exprès dans un tatouage que j'avais de lui et maintenant il est là ...

- Ce n'est pas ... Ce n'est pas cruel ? Pour lui ?

- J'aime à croire que c'est ce qu'il aurait voulu ... Etre là pour nous d'une manière ou d'une autre.

- Je comprends.

Il y eut de longues secondes de silence durant lesquelles ils observèrent tous les deux le félin que les chiens avaient rapidement adopté après avoir compris qu'il n'était pas intéressé par les morceaux de viande que David leur lançait sporadiquement.

- Est-ce que tu voudrais la même chose pour Snow ?

- Qu... Quoi ? La tuer et enfermer son âm...

- Non, coupa-t-elle avant que l'autre ne se fasse des idées. S'il existait un moyen de la faire revenir, qu'elle soit là, d'une manière ou d'une autre, pour toi, est-ce que tu voudrais ça ?

- Bien sûr. Enfin qu'est-ce que c'est que cette question Emma ? Snow était ... Snow est mon âme soeur, cette femme qui est là ... Ne l'est pas. Mais s'il existait un moyen de retrouver ma femme, je donnerais ma vie s'il le fallait.

- Ton coeur ?

- Oui. Tout.

Elle n'était pas étonnée, après tout elle aurait fait de même et peut être pire pour sauver Regina. Pour sauver Regina elle serait allée jusqu'à sacrifier la vie de centaines d'innocents s'il l'avait fallu ... Son regard se posa brièvement sur l'alliance qu'elle portait depuis si peu, fronçant les sourcils lorsqu'elle remarqua la façon dont la pierre en son centre brillait d'une façon presque dangereuse.

- Est-ce que tu es en train de me dire qu'il existe un moyen ? voulut savoir le Roi.

- Je ne sais pas, mentit-elle. Mais s'il en existait un il faut que tu saches ... Qu'à mes yeux cela ne changerait rien. Pour être honnête, j'ai plus de pitié pour la personne qu'elle est devenue que pour la personne qu'elle était.

À ses côtés son aveu lui valut un hoquet de surprise auquel elle ne fit pas attention. Son annulaire la démangeait et elle se demanda brièvement ce qui était en train de se passer.

- En fait, rajouta-t-elle. Il faut que tu saches que si jamais ... Si jamais un jour elle revenait. Tu devrais choisir entre elle et moi. Elle et nous. Si Regina et moi fondons une famille, elle n'aura jamais le droit de s'en approcher.

- Et moi ? Emma tu ne peux pas m'en vouloir d'aimer quelqu'un ! Toi plus que quiconque devrais comprendre ça !

Au milieu de la meute de chiens, le lynx émit un grondement sourd, témoin de la colère que les mots avaient provoqués en elle.

- La prochaine fois que tu compares ma femme à Snow, je le laisse t'arracher une jambe, prévint-elle avec un signe de tête vers l'animal qui s'était rapproché.

- Je ne les compare pas ! Je compare l'amour que nous leur portons Emma ! Un amour qui nous ferait fermer les yeux sur n'importe quelle atrocité.

Pardonnerait-elle à Regina si la sorcière avait elle même décidé de lancer la malédiction ? Mais non, elle n'aurait jamais décidé d'effacer l'existence d'Henry ... Pourtant Emma devait avouer qu'elle s'imaginait bien prendre sa défense si leurs rôles avaient été inversés.

- Regina a commis des centaines de meurtres, elle a abattu et torturé des innocents parfois juste parce que leurs voisins avaient hébergé ta mère pour une nuit ...

- Snow White, corrigea-t-elle. Pas ma mère.

- Ta mère ! La femme qui t'a voulu, t'a portée dans son ventre et a été condamnée à ne pas te voir grandir pour que tu aies une chance de vivre ! Parce que Regina, pas la femme que tu aimes, la Méchante Reine qu'elle était, t'aurait tuée sans le moindre remord !

- Assez !

Son cri fit aboyer quelques chiens qui s'étaient pourtant éloignés avant que le silence ne s'empare à nouveau des jardins. Et si son père lui obéit, se taisant immédiatement, ses yeux valaient toutes les paroles. Il y avait une flamme qu'elle ne pourrait jamais éteindre. Celle d'un amour inconditionnel contre lequel rien ni personne ne pourrait jamais rien et elle devait avouer que c'était bien la première fois depuis une éternité qu'elle voyait David aussi investi dans quoi que ce soit. Parce qu'elle était sa raison de vivre devina-t-elle. Comme Regina était la sienne. Snow avait été le centre de son monde avant même qu'ils n'aient un enfant et rien ne pourrait le changer. Il ne serait jamais plus le même sans elle.

Emma eut un soupir, ses yeux accrochants les iris d'or du lynx qui l'observait à l'affut du moindre ordre, la queue battant un rythme tranquille qu'elle savait trompeur. Et elle allait parler lorsque des volutes de fumée noire apparurent dans son champ de vision pour dévoiler la silhouette de sa Reine. Le visuel la fit bondir en même temps que l'animal de compagnie qui se précipita aux pieds de sa maîtresse en une masse sombre qui épousait parfaitement sa tenue.

Elle ne parvenait même pas à se rappeler de la dernière fois où sa magie avait pris des teintes aussi ténébreuses. C'était elle qui s'était habituée à la fumée noire qui l'accompagnait partout où elle se transportait mais celle de Regina avait une couleur d'un riche violet qui ressemblait à s'y méprendre à celle qu'utilisait Cora. Qu'est-ce qui avait bien pu provoquer un tel revirement ?

- Qu'est-ce qu'elle t'a fait ? gronda-t-elle en arrivant à sa hauteur pour découvrir les yeux d'ébène où dansaient une magie dangereuse.

La Reine ne lui répondit pas tout de suite, ses ongles courts s'enfonçant brièvement dans la peau de son avant bras comme si elle cherchait un quelconque soutien avant que la prise ne s'adoucisse pour aller encercler son poignet et finalement atteindre les doigts qu'elle enlaça avec les siens.

- On part Emma. Maintenant.

Ce n'était pas un ordre. Presque une supplique qui lui déchira le coeur et si elle devait lutter contre un désir de vengeance cruel, elle se savait incapable de ne pas accéder à la moindre requête de sa Reine.

- Emma ?! Emma qu'est-ce qu'il se passe ?!

Elle ne fit pas attention à la voix de son père, concentrant juste assez de magie pour les faire disparaître dans ses propres volutes de fumée noire et loin de là où la femme qu'elle aimait ne supportait apparemment plus de rester une seconde de plus.


Bon alors, ce mariage ? Parce que je vous avoue que j'ai beau avoir beaucoup, beaucoup, beaucoup écris de SwanQueen en tout genre, moi qui suis pas du tout mariage, c'est le tout premier que j'ai écris, j'ai essayé de faire quelque chose de différent mais j'ai posté ça sans beta & sans savoir ce que ça rend ...?