Mais qui voilà ?! C'est moi :D
Eh non, je ne vous ai pas oubliés my dears ! Beaucoup de temps s'est écoulé, je ne sais même pas si vous suivez encore cette histoire mais pour ceux dont c'est le cas, voici la suite ... Merci d'être là, merci d'être vous & de me remonter les bretelles pour que je pense à publier !
Encore un lonnnng chapitre ( et encore j'ai fait des coupes ) mais vous commencez à être habitués ;) Bonne lecture & bon week-end prolongé à ceux qui contrairement à moi ont la chance de ne pas travailler ou pire ... D'être en congés !
( Une seule précision, pour ceux qui se poseraient la question, la magie de Regina fonctionne si bien parce que c'est celle de son Amour Véritable avec Emma qui en a permis le retour à Storybrook. Cherchez pas, ça m'arrange xD )
Ps : Non, je ne me suis pas relue.
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Regina
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Venait-elle de rêver ou Emma Swan s'était-elle bien tenue à un mètre d'elle dans la chambre ? L'esprit encore embué de sommeil et d'un désir qu'elle ne voulait pas expliquer, elle mit de longues secondes avant de reconnaître ce qui fourmillait sous sa peau.
- Non ! s'affola-t-elle.
Dans la panique, de vieux réflexes l'emportèrent en un épais nuage de fumée violette quelques mètres plus loin dans la chambre où son fils dormait paisiblement. Mais non ... Il était toujours là, paisiblement endormi comme si la ville n'était pas en train d'être recouverte d'un épais nuage violet ... Elle frissonna à l'idée que dans sa précipitation elle ait pu le réveiller avec un tel spectacle. Elle n'osait pas imaginer ce qu'il se passerait si Henry se rendait compte qu'elle avait de la magie ...
Et puis pourquoi en avait-elle ? Emma Swan venait-elle de briser la malédiction ? Les habitants de la ville étaient-ils tous en train de se réveiller avec leurs souvenirs ? Prenant une brève inspiration, la brune agita un poignet pour protéger la maison du moindre intrus avant de sortir de la chambre d'enfant à pas de loup.
Elle n'alluma pas la lumière dans le couloir où elle s'immobilisa l'oreille tendue. Pas besoin de pouvoirs pour entendre le bruit sourd en provenance de son salon. Tout à fait réveillée à présent, la sorcière s'habilla d'un mouvement de la main avant d'y faire naître une boule de feu pour s'éclairer un chemin dans les escaliers qu'elle descendit.
- Qui est là ? demanda-t-elle d'une voix dure mais basse pour éviter de réveiller l'enfant qui dormait à l'étage.
Si elle avait toujours été habituée à inspirer méfiance et respect, l'intrus ne lui accorda qu'un grondement sourd en guise de réponse.
- J'ai dit qui ...
Mais la menace mourut quelque part dans sa poitrine lorsque la flamme qu'elle avait fait naître fit luire le pelage d'un immense félin posté à côté de sa table à manger. Un lynx, reconnut-elle l'animal qui l'observait calmement avec de grands yeux d'or un peu trop intelligents.
Elle allait se résoudre à lui adresser la parole lorsqu'il déplia son impressionnante stature pour faire un pas vers elle.
- Pas un geste, ordonna-t-elle.
Les trois mots eurent le mérite d'immobiliser la bête dont le regard la couva un long moment. Les sourcils froncés, le nouvel avertissement qui allait être prononcé s'éteignit en une syllabe muette lorsque l'animal abaissa le haut de son corps, étirant ses longues pattes avant d'incliner sa tête en une soumission sans équivoque.
- Tu peux aller offrir ta dévotion à quelqu'un d'autre, retrouva-t-elle sa voix quelques secondes plus tard malgré sa curiosité.
Mais la remarque n'eut aucun effet sur lui, pas plus que la magie avec laquelle elle tenta de le congédier, observant, médusée, la fumée violette l'envelopper sans le toucher. Un instant elle envisagea de lui ordonner de la suivre là où elle avait eu l'intention d'aller mais elle n'avait pas de temps à perdre.
- Très bien ...
Un autre sort pour empêcher l'animal de monter à l'étage rejoindre son fils et la brune se résolut à quitter son manoir pour traquer la magie familière du Ténébreux. Elle dut faire l'effort de cacher sa surprise lorsque les volutes de fumée révélèrent la boutique d'antiquité mais elle était seule dans le grand hall plongé dans l'obscurité. Personne pour la voir examiner les lieux avec une certaine crainte.
- Gold ? appela-t-elle précautionneusement.
Aucune réponse mais dans l'arrière boutique, la brune pouvait entendre une agitation qui la fit avancer poing crispé sur ses pouvoirs récemment retrouvés.
- Gold ? répéta-t-elle quand son regard finit par se poser sur la silhouette penchée au dessus d'un amas de livres.
Mais l'intéressé ne l'avait pas entendue, trop absorbé par ce qu'il semblait étudier. Des grimoires qu'il lisait à une vitesse qui ne laissait aucun doute sur le fait qu'elle n'était pas la seule à avoir retrouvé ses pouvoirs.
- Gold !
- Non !
- Non quoi ?
- Non, la malédiction n'a pas été brisée Majesté. C'était votre question n'est-ce pas ?
La sorcière ne répondit pas tout de suite. C'était la première fois en vingt huit ans que le titre lui était adressé en toute connaissance de cause et l'entendre dans la bouche de Rumplestiltskin la dérangeait. Mais elle avait en effet obtenu la réponse qu'elle était venue chercher. Ça et ...
- Pas moi, la devança-t-il à nouveau comme s'il avait lu dans ses pensées. Vous pensez bien qu'avec cette dague, je n'avais aucun intérêt à ce que la magie soit de retour ...
- Emma Swan donc ? devina-t-elle les dents serrées.
Mais son intervention fut à nouveau ignorée, le sorcier parcourant des pages écrites en un langage qu'elle reconnaissait vaguement. La panique qu'elle avait éprouvée en se réveillant était en train de se résorber, transformée en un malaise plus profond.
- ... Saviez-vous Majesté, qu'un Ténébreux peut en créer un autre ?
- Emma Swan est un T...
- Non ! Non, fut-elle frénétiquement coupée tandis que les doigts de l'antiquaire suivaient les lignes d'un dessin complexe. Pas la Sauveuse ...
Quelques instants encore elle attendit une information complémentaire qui ne vint pas. Le sorcier s'était enfermé dans un silence tendu qu'elle lui connaissait bien. Elle n'obtiendrait rien de plus de lui, comprit-elle. Il lui faudrait obtenir des réponses de la part de la responsable de ses malheurs et personne d'autre ... Mais elle avait beau se douter qu'elle la trouverait éveillée malgré l'heure avancée, Regina n'était pas sûre d'être prête à affronter la blonde ...
La veille lorsqu'elle l'avait laissée complètement nue et encore tremblante sur son bureau, elle avait eu l'impression de gagner un bataille qui la plaçait hors d'atteinte de son adversaire mais force était de constater qu'elle avait eu tort ... Emma Swan venait de lui prouver qu'elle avait toujours eu un coup d'avance sur elle et il fallait qu'elle réfléchisse à ce qu'elle allait devoir faire pour remédier au problème ...
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Allongée dans son lit, elle n'avait pas refermé l'œil de la nuit. Mais pendant les longues heures passées immobile, le Maire de Storybrook avait retrouvé la confiance qui l'avait désertée à son réveil. La magie qui coulait dans ses veines lui assurait un avantage indéniable. C'était peut être la seule chose qu'elle avait regrettée quand elle avait du quitter la forêt enchantée mais maintenant les pouvoirs étaient de retour. Contrairement aux souvenirs de tous les autres ...
D'un claquement de doigt, elle pouvait tuer Snow White et convaincre tous les habitants de la ville que quelqu'un d'autre l'avait fait ... Emma Swan aurait fait un bouc-émissaire parfait mais ce n'était pas en prison qu'elle avait envie de voir la Sauveuse. Non, la place d'Emma Swan était à ses pieds.
Et dans son lit si possible ...
La veille, la blonde avait réussi à réveiller un désir longtemps enfoui et elle ne parlait même pas de l'orgasme qu'elle avait du étouffer tant bien que mal ... Elle avait à peine eu la force de lui rendre la pareille avant de partir s'effondrer dans une autre pièce les jambes tremblantes.
Dans la pièce à côté, la sonnerie du réveil d'Henry la fit se tendre. Elle ne se rappelait pas d'une seule fois où cela s'était déjà produit. Un instant encore elle demeura immobile, attendant que son fils se soit rendu dans sa salle de bains pour agiter sa main d'un mouvement bien huilé. La magie la transporta à l'étage inférieur déjà habillée d'une robe ajustée et d'un blazer bourbon.
Elle était encore en train de préparer distraitement un petit déjeuner lorsque Henry se précipita dans les escaliers.
- 'Jour.
- Bonjour Henry.
Elle eut l'impression que les yeux clairs s'attardaient un peu plus que d'habitude sur elle mais l'instant d'après l'enfant avait repéré ce qui cuisait encore sur les plaques à induction.
- Des pan-cakes au chocolat ?
- Je me suis réveillée un peu plus tôt, expliqua-t-elle vaguement son désir de faire plaisir à son fils.
- Cool.
Les lèvres pincées, elle s'empêcha de commenter le vocabulaire qu'elle n'approuvait pas. Elle ne toucha pas à ce qu'elle avait préparé, se contentant d'observer ce qu'elle avait préparé être englouti avec enthousiasme. Dans un coin du salon, tapis près du canapé où il avait apparemment élu domicile, l'immense Lynx noir semblait en faire de même.
- Tu ne manges pas ? remarqua tout de même son fils au bout de quelques minutes.
- Je m'arrêterai prendre un café chez Granny's.
- Est-ce que je pourrais prendre une part de tarte ?
- Tu auras encore faim ?
- Pour la récréation.
Elle ne releva pas le mensonge, persuadée qu'il se jetterait dessus dès qu'elle l'aurait lâché devant l'école comme chaque matin. Elle aurait voulu pouvoir lui parler au lieu de rester bras croisés à observer celui qui avait décidé de faire d'elle la Méchante de son histoire mais comment aurait-elle pu lui dire la vérité ? Un instant, elle contempla l'idée d'utiliser la magie pour lui faire entendre raison ... Après tout, si elle le forçait à voir ce qu'elle éprouvait réellement, le forçait à voir sa propre version des faits, peut-être comprendrait-il ?
Non.
Cora avait utilisé de la magie contre elle en son temps et elle s'était juré de ne jamais reproduire les mêmes erreurs.
Lorsqu'elle avait relevé les yeux, Henry était déjà remonté à l'étage, laissant derrière lui une assiette sale qu'elle lava sans commentaire. Les gestes machinaux l'occupèrent jusqu'à son retour, cartable en main.
Elle avait du mal à croire ce qu'il s'était passé la veille au soir lorsqu'autour d'eux et sur le chemin qu'ils firent jusqu'au petit restaurant, rien ne semblait différent de d'habitude. La sorcière se surprit même à serrer le poing pour s'assurer d'y sentir la pression de sa magie et à chaque fois l'impression la laissait grisée, contenant un sourire.
Mais la confiance qui avait raidi sa colonne vertébrale et tiré ses épaules vers l'arrière s'évapora à l'instant même où elle entra dans l'établissement. Les sens envahis par elle ne savait quoi, la brune s'immobilisa sur le seuil. Quelque chose avait pollué l'air au point d'en comprimer ses poumons. Pourtant, elle semblait la seule à pouvoir le sentir ...
De la magie, réalisa-t-elle donc en balayant les lieux d'un regard dur. Une magie plus puissante encore que celle qu'elle avait sentie dans la boutique de Gold la veille au soir. Le tourbillon de sensations qui avait élu domicile dans son ventre migra entre ses jambes lorsque son regard finit par atterrir sur la blonde qui était en pleine conversation avec Henry. De là, elle pouvait voir les chuchotements de son fils mais l'autre n'avait pas l'air encline à partager quoi que ce soit avec lui.
Elle ne savait pas quoi penser de leur relation. Elle n'avait pas eu l'air de lui mentir lorsqu'elle lui avait juré n'avoir aucune intention de lui enlever son fils mais toute confiance qu'elle avait pu placer dans ces mots s'évapora lorsque les perles claires se posèrent sur elle. Le temps s'arrêta et elle eut du mal à croire que personne d'autre qu'elle puisse sentir l'énergie électrique qui habitait la grande salle.
C'était elle.
Emma Swan n'était pas seulement en possession de la dague du Ténébreux. Emma Swan était aussi une sorcière. Sacrément puissante à en croire l'aura dans laquelle baignaient les lieux. Et la révélation changeait tout, comprit-elle en se forçant à sortir de son immobilité pour rejoindre à petits pas le comptoir auquel elle s'accrocha pour ne pas tomber. Ses jambes avaient du mal à la porter.
- La même chose que d'habitude, demanda-t-elle à la serveuse qui était venue vers elle avec un sourire forcé.
- À emporter ?
Le regard de Ruby s'était posé sur son fils et sa mère biologique et elle ne fit pas confiance à sa voix pour répondre positivement. Un instant encore, elle hésita à faire les quelques pas qui la séparaient des deux autres mais sa curiosité prit le dessus, la poussant à se détacher du comptoir. C'était comme s'approcher d'une flamme en sachant qu'on allait se brûler mais tant pis ... Elle avait le souffle court, le ventre serré et avait du enfouir ses mains tremblantes dans les poches de sa veste lorsqu'elle arriva à leur hauteur.
- Madame le Maire ...
La voix coula sur elle comme un sortilège. Personne ne lui avait jamais fait cet effet. Les yeux sombres glissèrent sur la silhouette de la Sauveuse, réprimant un frisson lorsqu'ils remarquèrent les traces violacées dans son cou.
- Henry, viens, je ne voudrais pas que tu sois en retard à l'école, tenta-t-elle de se raccrocher à la présence de son fils pour distraire l'envie qui lacérait ses entrailles.
- On a le temps, Madame Blanchard est encore là.
Le doigt tendu avait désigné l'intéressée et Regina choisit de ne pas le réprimander, concentrant son agacement sur sa pire ennemie dont le gobelet de chocolat chaud explosa. Elle dut se mordre l'intérieur de la joue lorsque la petite brune couina de douleur, détournant son regard pour ne pas sourire. Henry s'était vivement tourné vers elle comme s'il avait pu deviner ce qu'elle venait de faire mais son froncement de sourcil fut interrompu par la blonde.
- Tu devrais écouter ta mère Henry.
- Mais on avait dit ... Tu devais faire quelque chose ...
- Et je l'ai fait.
Les quelques mots avaient été accompagnés d'un haussement de sourcils et elle crut que ses jambes allaient se dérober sous son poids quand les yeux clairs s'illuminèrent d'une lueur spectrale. Un tourbillon argenté qu'Henry remarqua en même temps qu'elle avec un hoquet de surprise. L'enfant se tourna à nouveau vers elle comme pour guetter une quelconque réaction mais elle devait être la seule à avoir senti l'atmosphère s'alourdir de la tension des pouvoirs de la Sauveuse. De la magie blanche mais aussi de la magie noire. Terriblement noire. Au point d'appeler la sienne à se hérisser.
- Si vous touchez à un cheveux de mon fils, Miss Swan ...
Mais sa menace tomba à l'eau. Les mots n'avaient fait qu'assombrir les yeux de la blonde et le désir ricocha sur elle en une lame qui lui coupa le souffle.
- Je vous l'ai dit, ce n'est pas pour lui que je suis ici ...
Pour elle. Elle avait dit être ici pour Elle. Mais pour quoi exactement ? Parce qu'elle souhaitait accomplir sa destinée et la vaincre ? Ou parce qu'elle n'était pas la seule à ressentir cette étrange fascination pour l'autre ?
- C'est pour toi qu'elle est là ! La Sauveuse est destinée à tuer la Méchante Reine, déclara d'ailleurs son fils comme s'il avait pu deviner ses pensées.
Si la phrase lui avait fait serrer les dents pour s'empêcher de répliquer, elle fit ouvertement rire l'autre et malgré la colère, Regina s'en voulut de laisser les quelques notes s'enrouler autour de son estomac.
- Tu as de l'imagination gamin, mais je suis pas ce genre de Sauveuse ...
- Quel genre alors ?
- Celui qui préfère tuer Snow White que la Méchante Reine.
Elle ne s'était pas attendue à la réponse. Pas plus que son fils que les mots firent reculer avec horreur. Les yeux écarquillés tombèrent sur elle avec un air accusateur qui ne lui plut pas.
- Qu'est-ce que tu lui as fait ? lui demanda-t-il d'ailleurs.
- Rien. Ta mère m'a fait bien moins de mal que ta précieuse Snow White, répondit l'autre avant elle.
- Mais Snow White est ta mère !
L'affirmation fit gronder la blonde au point qu'elle parvienne à sortir de sa transe, s'interposant entre les deux.
- Ça suffit, ordonna-t-elle sous le regard curieux de la serveuse qui venait de déposer une part de tarte à coté d'Henry. Miss Swan, suivez-moi.
Trop choqué pour intervenir, Henry ne s'opposa pas à ce qu'elle s'empare du bras de sa mère biologique pour la traîner jusque dans les toilettes où elles se figèrent toutes les deux en découvrant Mary-Margarett en train de tenter d'éponger le haut qu'elle avait porté.
- Madame Blanchard, soyez brave, amenez mon fils à l'école, je n'aurais pas le temps ce matin.
Un instant la petite brune demeura immobile, le regard interloqué et elle eut un frisson lorsque, à ses côtés, Emma Swan fit un pas en avant, posture clairement menaçante.
- Dehors.
L'ordre eut le mérite de faire bondir l'institutrice à l'extérieur de la pièce, dépassant celle qui ne masquait pas son dégoût. La porte se referma derrière elle avec un écho morbide et quelques secondes encore elles restèrent immobiles avant que la force magnétique ne finisse par avoir raison de ses résolutions. Elle aurait du exiger des explications, déverser le venin de ses menaces, mais au lieu de ça Regina ne parvint qu'à combler la distance qui les avait séparées pour aller plaquer la blonde contre la porte.
La magie qui tourbillonnait au fond des perles claires lui était inconnue pourtant elle semblait communier avec la sienne comme si elles avaient été faites pour s'entendre.
- Qu'est-ce que c'est ? s'entendit-elle demander d'une voix qui trahissait son état.
- De la magie, lui répondit l'autre avec un sourire en coin.
Il avait beau se vouloir taquin, le plissement des lèvres la dérangea. Il y avait quelque chose de nouveau sur la Sauveuse. Quelque chose qui ne coïncidait pas avec ce qu'elle était censée être.
- Un enfant né d'un amour véritable ... Où est passée votre magie blanche, je la sens à peine ...?
- Enterrée dans une autre vie.
La réponse qui n'en était pourtant pas une la fit frissonner. Le désir quasi animal avec lequel la blonde l'observait jouait avec ses nerfs. Son regard tomba plus bas, effleurant d'un doigt les marques violacées qu'arborait toujours sa victime de la veille. Malgré sa magie, l'autre avait visiblement fait le choix de les garder sur elle et la décision la fit se mordre la joue.
- Pourquoi avoir ramené la magie ? tenta-t-elle de se concentrer sur les questions pressantes.
- Pourquoi pas ?
Les mots avaient quelque chose d'indécent et elle ne la lâcha pas du regard lorsque sa main glissa de quelques centimètres pour aller recouvrir sa propre empreinte. Cette fois, elle n'appuya pas, souriant au pouls qu'elle sentait battre contre ses doigts.
- J'ai besoin de savoir si je dois vous tuer ou non Miss Swan, avoua-t-elle à voix basse.
- Vous ne pourriez pas.
La phrase avait été prononcée avant tant d'assurance qu'elle aurait pu en être contrariée mais une autre vérité avait fait surface. Quelque chose qu'elle réalisait à peine. Depuis son arrivée, la Sauveuse l'avait couvée d'un regard qui avait fait la différence. Un mélange de désir et de quelque chose d'autre. Une adoration qui dépassait le stade de la simple admiration et qui l'avait déroutée un temps.
- Où est votre coeur ? demanda-t-elle avec plus de hargne qu'elle ne l'aurait voulu.
Sa main libre s'était enfoncée dans sa cage thoracique, obtenant la confirmation de ses doutes mais bien sûr aucune réponse de la part de l'intéressée qui continua à l'observer avec un détachement qui la fit grimacer.
- Est-ce que vous avez d'autres questions à me poser ou on peut directement passer au moment où je vous fais crier mon nom ?
Crier son nom ? Un coup d'oeil à la pièce exiguë la fit hausser un sourcil mais la perspective avait déjà vrillé les muscles de son ventre. Pour autant, son masque était fermement en place lorsque la blonde se rapprocha encore, enfonçant un peu plus en elle la main qu'elle avait avancée pour agripper un cœur qui n'était pas là.
- Vos pouvoirs, montrez-les moi, répondit-elle finalement parce que si elle devait de se l'avouer, c'était la seule chose à laquelle elle avait pensé depuis qu'elle était entrée dans le restaurant.
Elle n'avait pas été prête réalisa-t-elle au moment où elle fut obéie, l'atmosphère s'alourdissant à vue d'oeil. En face d'elle, les pupilles dilatées de désir s'allumèrent d'un tourbillon argenté dont l'éclat donnait une sévérité nouvelle au visage de la blonde. Le souffle court, elle sentit ses entrailles se tordre en aspirant l'air chargé de magie, la sensation lui donnant le tournis au point de devoir s'accrocher au corps contre lequel elle était déjà plaquée.
- Qui êtes-vous ? s'entendit-elle demander à nouveau.
- Quelqu'un qui a vraiment envie de vous. Est-ce qu'on a assez parlé ?
Et sa magie devait contenir une sorte de drogue. C'était impossible autrement. Parce que l'instant d'après Regina avait hoché la tête et accepté les lèvres qui avaient fondu sur les siennes pour lui voler le peu de souffle qui lui restait. Elles gémirent toutes les deux quand la blonde prit l'initiative de s'emparer de ses cuisses et inverser leurs positions pour la plaquer contre le mur aux carreaux froids. La Sauveuse agissait comme si le temps lui avait été compté, pressée au point d'en être presque maladroite lorsqu'elle dut s'y reprendre à plusieurs fois pour remonter la robe qu'elle avait choisie ce matin là.
Mais le tissu ajusté ne résista pas bien longtemps, écarté pour révéler un sous vêtement que la blonde se contenta de faire disparaître d'un tour de magie. La jeune femme s'en aidait visiblement encore l'instant d'après lorsqu'elle la maintint d'un seul bras contre le mur alors que son autre main plongeait entre elle là où elle ne s'embarrassa d'aucun préliminaire avant de la pénétrer de deux doigts.
Comme la veille le plaisir la fendit presque en deux, incapable de se soucier des clients du restaurant lorsqu'un premier gémissement lui échappa mais la blonde n'était pas d'accord crut-elle comprendre à son grondement désapprobateur. Pourtant c'était elle qui avait dit vouloir l'entendre toute à l'heure et elle ne faisait rien pour apaiser le jeu à en croire la force de ses va-et-vient où les doigts s'étaient déjà fait plus nombreux.
- Je vous préviens, commença la voix menaçante dans son oreille, si on vous entend et qu'on vient nous interrompre, je tue quiconque entre dans cette pièce.
Elle aurait certainement du avoir honte de la façon dont les mots incendièrent son désir mais la brune se contenta d'aller frapper un poing contre le mur pour insonoriser les lieux. Le petit ricanement auquel elle eut le droit atteignit suffisamment son amour propre pour parvenir à lui faire étouffer les prochains cris qui menacèrent de s'échapper mais la force brute dont la blonde faisait preuve avait quelque chose d'excitant.
Quelque chose d'animal qu'elle n'avait pas ressenti la veille lorsqu'elle avait encore son cœur et Regina se laissa aller un peu plus contre le mur, impuissante face au plaisir qui était en train de la ronger de l'intérieur. Les doigts qui venaient frapper avec précision là où elle avait besoin d'eux étaient déjà sur le point de la faire jouir.
- Maintenant ?
- Oui, répondit-elle sans trop savoir ce qui lui avait été demandé.
Qu'importe. Elle aurait tout accepté pour prolonger le supplice qui allait finir par la déchirer en deux. La sorcière ne se reconnaissait plus. Personne ne l'avait jamais réduite à un tel état et la Reine qu'elle avait été se serait sans doute offusquée lorsqu'elle étouffa son premier cri dans l'épaule où elle mordit une chair brûlante.
Les trois doigts qui avaient été en elle avaient disparu l'espace d'un instant pour revenir accompagnés d'un quatrième et c'était sûrement ça qu'elle avait accepté comprit-elle avant que l'orgasme ne la foudroie.
Le plaisir fit voler ses hanches à la rencontre des doigts qui continuaient leurs assauts, attisant le feu qui dévorait ses entrailles. Les flammes léchaient son ventre, sa poitrine, montaient dans son cou où elle avait envie de sentir des dents.
- Ne vous arrêtez pas, s'entendit-elle ordonner d'une voix méconnaissable tandis que sa tête se renversait contre le mur clair.
L'instruction fut suivie à la lettre avec un grondement et ses cris montèrent de quelques notes lorsque les doigts se recourbèrent à chaque poussée pour atteindre son point g. La pièce entière s'était chargée d'une atmosphère électrique au point d'en faire crépiter l'air et l'ampoule qui finit par éclater en même temps que son second orgasme.
Cette fois elle ne parvint pas à étouffer le cri de délivrance. Les hanches qui donnaient plus de force aux va-et-vient lui faisaient mal mais la douleur était la bienvenue. Plus crédible que ce plaisir dont elle doutait presque. Violent et impardonnable, les derniers spasmes la crispant en un cri silencieux. Quelque chose s'était brisé en elle, comme un bois trop brûlé qui finit par se fendre en deux.
C'était l'impression qu'elle avait lorsque la blonde la reposa à terre avec une certaine dévotion. Elle n'était même pas sûre de pouvoir marcher et elle allait profiter de ses jambes qui ne la portaient pas pour se laisser tomber à terre lorsqu'elle fut retenue par une main ferme.
- Non.
Elle mit quelques secondes à comprendre le refus, hésitant entre une surprise agacée et un réel amusement.
- Quoi ? se décida-t-elle. Vous croyiez peut être que j'allais me mettre à genoux devant vous ?
- Osez dire que vous ne le feriez pas …
- Nous ne le saurons jamais puisque vous ne voulez apparemment pas que je vous touche …
Elle n'avait pas pu effacer toute trace de son amertume et s'efforça de garder un masque hautain lorsque les yeux clairs la dévisagèrent.
- J'appartiens à quelqu'un d'autre, fut finalement la réponse qui la fit serrer les dents.
De la jalousie, reconnut-elle avec effroi.
- À qui ? voulut-elle d'ailleurs savoir.
- Une sorcière. Une Reine.
- Et pourtant … Pourtant vous portez encore mes marques, argua-t-elle en désignant les bleus que l'autre n'avait visiblement pas pris la peine d'effacer malgré sa magie.
- Elle les effacera en temps voulus.
Le plaisir qu'elle avait éprouvé quelques minutes plus tôt n'était déjà qu'un lointain souvenir. Fantôme, chassé par l'émotion toute nouvelle qui était en train de ronger son ventre.
- Elle est ici ?
- Pas encore.
La perspective la paralysa un instant. Elle avait presque envie de se battre pour la blonde. Mais aussitôt l'idée était-elle apparue, qu'elle la chassa d'un mouvement de tête dédaigneux. On se battait pour elle mais hors de question qu'elle se batte pour qui que ce soit.
- Et bien courrez donc la rejoindre Miss Swan, je ne vous retiens pas.
En face l'intéressée eut un sourire vide de sens qu'elle observa étirer les lèvres fines.
- N'oubliez pas votre café en sortant, fut la seule réponse à laquelle elle eut droit avant de devoir retenir sa respiration pour ne pas inhaler la fumée noire qui transporta l'autre elle ne savait où.
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Elle avait récupéré son café. Elle avait même fait l'effort de se rendre à la Mairie comme toutes les années qui avaient précédées mais quelque chose refusait de la laisser tranquille. D'abord, elle avait appelé l'école pour s'assurer qu'Henry était arrivé à bon port mais même cette confirmation n'avait pu la calmer, incapable de travailler.
Il n'était même pas dix heures lorsqu'elle capitula, se levant pour aller se poster en face d'un de ses miroirs fétiches. Sans son génie, elle devait utiliser un peu plus de magie pour espionner les autres mais le sort était tout de même largement à sa portée.
- Emma Swan, murmura-t-elle à la surface glacée.
Le miroir se ternit, le décors de son bureau s'effaçant pour laisser place à des teintes plus sombres. L'arrière boutique de Gold reconnut-elle à peine la pièce plongée dans le noir où la blonde faisait les cent pas à la lumière de quelques bougies.
Un mouvement de la main et le son de ses va-et-vient sur le vieux plancher lui parvint comme au travers d'un poste radio.
- Je ne comprends pas. Je ne devrais pas …
Il y eut un long silence durant lequel le manège continua jusqu'à ce que la Sauveuse aille taper de ses deux poings un comptoir derrière lequel elle fut surprise de reconnaître le Ténébreux. Quelques étincelles d'une magie volatile l'avait brièvement éclairé et Regina eut une moue en remarquant son sourire en coin.
Elle ne fut pas la seule à en croire la main qui fusa l'instant d'après pour agripper la gorge du sorcier.
- Arrête de sourire et parle moi ! Explique-moi pourquoi … J'ai tout fait ! J'ai enlevé mon cœur bon sang !
- Mais vous avez déjà la réponse Maîtresse.
- Et arrête avec ce surnom ridicule.
- Très bien ma Reine …
Cette fois ce n'était pas un surnom mais un titre qui suffit à ranimer la jalousie qu'elle avait éprouvée plus tôt. Non contente d'appartenir à une autre, la Sauveuse était mariée à une Reine ? Dans quel royaume ? Pourquoi n'en entendait-elle parler que maintenant ?!
- Comment est-ce que tu sais ? la blonde finit-elle par réagir.
- Vous n'arrêtez pas de toucher votre annulaire.
La brune ne l'avait pas remarqué mais comme pour confirmer ce qu'il venait de dire, l'autre eut un sursaut, enfonçant ses mains dans ses poches pour cesser le mouvement qu'elle avait en effet était en train de faire.
- Tu t'éloignes du sujet. Dis moi pourquoi. C'est un ordre.
- Vous l'avez dit vous même ma Reine. Vous partagez non seulement un Amour Véritable mais êtes aussi Âmes sœurs … Le cœur, vous vous en êtes chargée, mais l'âme ? Impossible de s'en défaire.
Amour Véritable ? Âmes sœurs ? La jalousie s'enflamma d'une colère qui la fit gronder, sa magie éclatant un peu partout autour d'elle au point d'en briser le miroir dans lequel elle avait espionné son ennemie.
Comment cette femme pouvait-elle avoir de tels liens avec une autre et débarquer dans sa ville avec l'air de vouloir la dévorer ? Comment pouvait-elle la toucher comme elle l'avait touchée et appartenir à une autre ? Et quelle autre ? Elle ne parviendrait pas à travailler dut-elle s'avouer en retournant vers son bureau pour s'emparer de son manteau. Un instant son pas hésita, les doigts courant sur l'étendue de bois laqué. Le souvenir de ce qu'il s'y était passé la fit frissonner.
Non, hors de question qu'elle ait un coup de retard.
- Je prends ma journée Clara, reportez mes rendez-vous, lança-t-elle par dessus son épaule à la secrétaire qui l'avait regardée la dépasser.
Plus habituée à utiliser sa magie, elle traversa la ville à bord de la vieille Mercedes avant de s'arrêter devant la bibliothèque. À l'autre bout de la rue, elle pouvait apercevoir la boutique du Ténébreux et un instant ses yeux s'y perdirent. Emma Swan y était-elle encore ?
Quoiqu'il en soit, personne ne vint l'arrêter lorsqu'elle pénétra dans la bibliothèque qu'elle ferma à double tour derrière elle. Dans le silence des lieux, elle ne fut presque pas surprise du frisson qui agita sa colonne vertébrale quand le vieux monte charge amorça sa descente vers le sous-sol.
La caverne était telle qu'elle s'en souvenait. Froide et humide. Un véritable cauchemar pour un dragon.
- Mal, appela-t-elle prudemment.
De longs instants, elle demeura immobile, l'oreille tendue à l'affût du moindre bruit avant de lever une main pour propulser une boule de feu dans les airs. La lumière scintilla faiblement mais eut le mérite de lui permettre d'apercevoir l'éclat d'un œil d'or. Juste à temps pour se mettre à l'abris d'un rocher lorsque le dragon ouvrit sa gueule pour produire sa propre gerbe de flammes.
L'illumination beaucoup plus efficace fit battre son cœur la chamade, la chaleur du brasier allant même jusqu'à coller le satin du revers de sa veste à sa peau soudain moite.
- MAL ! cria-t-elle cette fois depuis son abris.
Le rugissement qui lui répondit fit trembler les murs et elle dut se barder d'un puissant sort de protection pour sortir de sa cachette et faire face à l'entité écailleuse.
- Arrête de faire l'enfant ! Je vais lever le sort, ne me c…
Son avertissement fut ignoré et elle dut serrer les dents pour s'empêcher de glapir lorsque le jet de flammes heurta le bouclier invisible qui la protégeait. La sorcière attendit que l'attaque se soit terminée pour agiter une main et libérer sa meilleure amie du sort dont elle était prisonnière.
La fumée violette qui tourbillonna autour de l'immense forme animale disparut en une bourrasque pour laisser place à la silhouette de la blonde appuyée sur son éternel sceptre. Elle n'avait pas l'air en forme nota-t-elle à la façon dont la sorcière était presque recroquevillée sur le bâton de bois sculpté.
- Mal ? Tout va bien ?
- Juste les … Les souvenirs.
- Quels souvenirs ?
En tant que dragon, Maléfique n'était pas censée avoir été victime de la malédiction qu'elle avait lancée. C'était pour ça qu'elle s'était uniquement efforcée de la retenir prisonnière de sa forme animale. Et elle qui s'était attendue à une quelconque forme de rancune fut surprise de ne voir que de la confusion sur les traits qui n'avaient pas pris une ride.
- Je vois … furent finalement les seuls mots qui tombèrent de ses lèvres plissées en une moue désabusée.
- Qu'est-ce que tu vois ?
- Comment se fait-il qu'il y ait de la magie ?
- Il y a … Il y a une femme en ville … Elle …
- Blonde ? La vingtaine, joli minois, yeux clairs ?
- Emma Swan, confirma-t-elle.
Quelque chose qui ne lui plut pas brilla dans les yeux de son amie à l'évocation du nom qu'elle regretta d'avoir prononcé.
- Et tu dois donc être … Regina Mills, lui répondit l'autre en avançant de quelques pas dans sa direction.
- Bien sûr que je suis Regina Mills ! Enfin tu me connais Mal !
- Non … Pas cette version. Tu m'en as parlé mais …
- Parlé ?
Elle ne comprenait plus rien et en face d'elle la blonde eut un petit sourire en coin.
- Où est la petite Emma ?
La petite Emma ? Un instant elle eut une vision d'horreur dans laquelle Maléfique était la sorcière dont la blonde avait parlé mais non … Sa meilleure amie n'avait jamais été Reine et quand aurait-elle pu connaître la Sauveuse ? Non, elle faisait sans doute allusion à l'enfant qu'elle avait été au moment où elle avait du lancer sa malédiction.
- Comment veux-tu que je le sache ? Je ne sais même pas ce qu'elle veut !
- Toi sans doute, fut la réponse qui la fit froncer les sourcils. Oh, laisse tomber veux-tu ? Je la trouverai toute seule.
La trouver ? Pourquoi ? Mais avant qu'elle ait eut le temps de tenter de la dissuader, l'autre s'était déjà évaporée en un nuage de fumée rosâtre qui la laissa pantoise quelques secondes. Les poings serrés, elle fit à son tour appel à sa magie pour suivre la trace de la blonde et elle allait continuer leur conversation lorsqu'une scène la fit s'immobiliser.
A quelques mètres d'elle dans le cimetière de la ville et non loin de son propre Mausolée, Emma Swan et Maléfique étaient dans les bras l'une de l'autre.
Ou plutôt non … La plus âgée avait l'air d'avoir pris la Sauveuse dans ses bras et Regina eut un soupir soulagé en constatant que l'embrasse laissait l'autre de marbre. Une véritable statue.
Ce qu'elle avait remarqué ne mit pas longtemps à l'être par sa meilleure amie qui s'écarta pour l'observer à bout de bras. L'examen ne dura que quelques secondes avant que la sorcière ne plonge une main dans la poitrine qu'elle savait vide et elle les vit échanger plusieurs phrases sans émotion.
Sans son miroir pour jouer les voyeuses, elle avait du mal à se sentir à sa place mais elle refusait d'intervenir. Les deux autres se connaissaient visiblement et la brune ne put s'empêcher de le vivre comme une véritable trahison. Elles n'étaient pas amantes, non, rassura-t-elle sa jalousie mais quelque chose d'autre les unissait.
Quelque chose d'assez puissant pour réveiller une autre forme de colère. Cette femme se permettait de venir dans sa ville, dans sa vie, de tout chambouler en quelques jours et tout ça pour quoi ? Pour lui avouer qu'elle appartenait déjà à quelqu'un d'autre ? Et maintenant elle connaissait sa meilleure – et seule – amie ?!
- Non … ragea-t-elle à voix basse alors que les autres s'éloignaient côte à côte.
Emma Swan était une nuisance. Qu'importe ce qu'elle pouvait réveiller en elle, elle devait s'en débarrasser au plus tôt …
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.
À la plus grande surprise de sa secrétaire, elle avait refranchi le seuil de la Mairie en début d'après midi mais la jeune femme avait eu la présence d'esprit de ne pas la déranger. Pas même pour lui demander si elle devait à nouveau mettre à jour son agenda.
Et tant mieux. Parce que Regina n'avait pas travaillé une seule minute de toute son après midi passée à échafauder des plans pour venir à bout de la Sauveuse. Et ils étaient nombreux avait-elle réalisé. Avec le retour de la magie, elle disposait d'un véritable arsenal dont elle n'hésiterait pas à se servir mais une chose devait être faite avant tout … Elle ne pouvait se débarrasser de la mère biologique de son fils tant qu'Henry continuait à croire qu'elle était l'héroïne de son histoire.
- Tu as passé une bonne journée ?
Sa question tomba dans l'oreille d'un sourd. L'enfant qu'elle était allée récupérer à l'école ne lui accorda qu'un regard suspicieux avant de s'engouffrer dans la Mercedes dont la portière claqua un peu trop fort à son goût.
Dans l'habitacle pourtant le garçon ne fixait pas la route comme elle s'y était attendue. Les yeux clairs dans lesquels elle voyait à présent ceux d'Emma Swan étaient rivés sur elle tandis qu'elle démarrait le moteur qu'elle laissa ronronner quelques secondes avant d'affronter le regard qui semblait la juger.
- Qu'est-ce qu'il se passe Henry ?
Un simple claquement de doigt et il aurait oublié ce qu'il avait vu ce matin dans le restaurant mais la sorcière avait décidé de lui laisser une chance. Si Henry l'acceptait telle qu'elle était, s'il acceptait d'entendre sa version de l'histoire alors peut être aurait-elle droit à sa fin heureuse …
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ce matin avec Emma après que je sois parti ?
Les images qui affluèrent la firent brièvement pincer les lèvres mais ce n'était pas la question qu'il avait posée.
- Nous nous sommes disputées, répondit-elle avec autant d'honnêteté que possible.
- Avec de la magie ?
- Non Henry.
Il n'eut pas l'air de la croire mais aucune réplique ne vint, Henry se contentant de se détourner comme elle s'était attendue à ce qu'il le fasse dès le début.
- Si tu as finis tes devoirs avant l'heure du repas, nous irons manger chez Granny, annonça-t-elle la première partie du plan auquel elle avait songé.
L'offre lui valut un bref regard suspicieux mais un haussement d'épaules lui confirma qu'il ne la refuserait pas. Elle essaya de ne pas se formaliser de la façon dont il bondit à l'étage dès qu'elle eut ouvert la porte du manoir. Elle s'était longtemps attendue à ce qu'il ne veuille même pas rester en présence d'elle après avoir eu confirmation de ce qu'elle était vraiment.
Une part d'elle était toujours étonnée qu'il ne soit pas déjà parti se réfugier auprès de Snow White mais la Sauveuse avait planté la graine d'un doute en lui et c'était l'occasion d'en profiter …
- C'est bon ?
La voix la fit sursauter depuis le fauteuil en cuir dans lequel elle avait été en train de déguster un verre de cidre. Dans l'entrebâillement de la porte du bureau, Henry l'observait avec un froncement de sourcil auquel elle commençait à s'habituer. À l'autre bout de la pièce, toujours tapis dans l'ombre d'un canapé, le félin auquel elle commençait à s'habituer releva la tête pour observer le nouveau venu et elle lui adressa un regard entendu avant de reporter son attention sur son fils. Il ne manquerait plus qu'il se rende compte qu'elle hébergeait un tel animal ...
- Tu as fini tes devoirs ?
Aucune réponse verbale mais l'enfant lui désigna le cahier qu'il avait tenu sous le bras. Des mathématiques auxquelles elle ne jeta qu'un regard distrait. Elle avait déjà hâte d'être dans le restaurant. Un peu plus tôt dans l'après midi il ne lui avait fallu qu'un peu de magie pour persuader Mary-Margarett Blanchard de s'y rendre également ce soir. Le piège était tendu …
- C'est bien Henry, félicita-t-elle son fils dès que ses yeux eurent fini de survoler les lignes noires.
Elle avait beau aimer lire, les chiffres lui avaient toujours apporté un sens de la tranquillité sans égal. Pourtant ce soir, son esprit refusait de penser à autre chose que ce qui allait se passer quand ils seraient au restaurant ... La Sauveuse mordrait-elle à l'hameçon ?
Une chose était sûre, elle était bien là lorsqu'ils entrèrent dans l'établissement et si elle avait failli sourire en remarquant qu'Henry n'avait pas osé aller à sa rencontre, la voir en compagnie de son ancienne meilleure amie éteignit bien vite la moindre satisfaction. Les deux semblaient en pleine conversation à voix basse mais seule la plus âgée eut le culot de lui jeter un regard.
- Qui est-ce ? entendit-elle son fils lui demander après qu'elle lui eut adressé un clin d'oeil taquin.
- Une vieille connaissance, avoua-t-elle à demi mots.
Elle fut surprise de ne pas être interrogée plus en avant, Henry se contentant d'aller s'asseoir à une table où elle dut lui rappeler de se tenir droit quand il commanda son repas habituel. Regina le laissa y ajouter un bol de frittes maison, trop concentrée sur l'autre bout de la salle où Mary-Margarett Blanchard lisait un roman par dessus son assiette à moitié finie. Le regard d'ébène finit par attirer l'attention de l'intéressée. Un instant, l'institutrice lui rappela une biche surprise par des phares de voitures avant d'aller cacher son rougissement derrière son Jane Austen. Aujourd'hui, elle arrivait presque à lui faire pitié. La femme n'était plus que le fantôme de celle qu'elle avait autrefois poursuivie dans la forêt enchantée.
- Maléfique ...!
Le prénom la fit vivement se retourner vers l'enfant qui venait de le prononcer. Les yeux clairs trouvèrent les siens et elle sut qu'il avait pu y desceller sa brève panique. Visiblement, il n'avait pas cessé de réfléchir.
- Pourquoi est-elle amie avec ma mère ?
Le titre la glaça, inspirant profondément pour ne pas perdre son calme alors que Ruby s'approchait avec leurs plats. Soudain, elle n'avait plus faim mais elle se força tout de même à piquer un peu de salade qu'elle mâcha plus longtemps que nécessaire avant de répondre.
- Pourquoi est-ce que tu ne demandes pas à ton livre ?
- Pourquoi est-ce que tu ne pourrais pas me répondre toi ?
Un instant les deux s'observèrent en silence avant qu'elle ne capitule.
- Je ne sais rien Henry.
Mais son honnêteté ne fut récompensée que d'un soupir las. Il ne la croyait pas et sa fourchette alla poignarder un peu plus sauvagement encore sa prochaine bouchée de salade. Et si cela ne suffisait pas, elle pouvait sentir de là le regard qui pesait sur elle. Un coup d'oeil lui confirma que la femme qui n'avait eu de cesse d'occuper ses pensées était bel et bien en train de la dévisager et l'instant s'étendit en une petite éternité lorsqu'elle reconnut la magie qui semblait tendre les bras vers la sienne.
Rompre le contact lui fut presque douloureux et ses pouvoirs volatiles retombèrent avec un peu plus de violence que prévu en direction de son ennemie jurée qu'elle entendit bondir hors de son siège. Elle ne fut pas la seule que le couinement de surprise attira et la moitié des clients avaient les yeux rivés sur elle lorsqu'elle tenta tant bien que mal de fermer avec délicatesse son roman pour se diriger lentement vers la table de la nouvelle arrivée en ville.
Elle avait presque cessé de respirer pour tendre l'oreille, remarquant qu'à ses côté Henry aussi semblait tendu, les poings crispés sur ses couverts dans l'attente de ce qui allait se passer.
Malgré sa magie, elle eut du mal à entendre les quelques mots que la petite brune bafouilla à l'approche des deux autres femmes qui l'observaient avec froideur.
- ... rester à l'hôtel indéfiniment alors je pensais ... J'ai une chambre de libre chez moi et ...
Regina avait vu l'annonce passée dans le journal quelques semaines plus tôt et y avait curieusement repensé cet après midi lorsqu'elle avait été en train d'élaborer son plan. Il avait suffi de quelques mots soufflés à l'institutrice pour qu'elle soit convaincue que proposer ses services à la Sauveuse était la bonne chose à faire. De ce qu'elle avait pu voir de la blonde, la sorcière savait déjà que l'idée serait très mal accueillie et elle avait tablé sur sa réaction pour achever de convaincre Henry.
Emma Swan n'était pas l'héroïne parfaite qu'il avait attendue.
Comme si elle avait pu deviner ses pensées, l'intéressée abandonna l'examen qu'elle avait fait de celle qui était venue leur parler pour lui adresser une autre sorte de regard. L'océan de ses yeux s'assombrit sensiblement mais le désir n'était pas tout ce qu'elle y voyait cette fois. La sombre intelligence la fit frissonner tandis que la blonde continuait à l'observer avec quelque chose qui lui rappela l'expression d'un soldat qui attend un ordre.
La Reine fit l'effort de contrôler son expression mais le masque impassible ne sembla pas tromper l'autre et elle fut étonnée de la voir esquisser un sourire presque complice. Le semblant d'intimité ralluma le désir qu'elle était parvenue à dompter mais l'instant d'après la blonde s'était déjà détournée. Ses traits étaient durs lorsqu'elle commença à parler mais Regina ne fit pas attention à ses mots. Son regard traîna sur sa mâchoire coupée au couteau, la courbe de ses biceps au travers de son hideux blouson en cuir et ses poings serrés.
La lame de désir qui vrilla ses entrailles la fit grimacer mais le petit hoquet de surprise d'Henry la ramena bien vite à la réalité. En face d'eux, la blonde avait bondi, faisant reculer l'institutrice et elle regrettait de ne pas avoir fait attention à ses mots car à présent, la petite brune retenait avec peine des larmes. L'atmosphère s'était à nouveau chargée d'une électricité grisante et elle se demanda brièvement comment les autres clients pouvaient bien ressentir la magie qu'elle pouvait presque voir courir à la surface de sa peau.
A l'autre bout de la salle, Emma Swan faisait déjà chemin vers la sortie après avoir bousculé Mary-Margarett et le désir qu'elle éprouvait encore s'irisa de jalousie lorsque Maléfique se leva à son tour pour la suivre. Leur amitié avait quelque chose de révoltant. Elle avait presque envie d'exiger des explications mais la silhouette de son fils traversant son champ de vision la fit changer d'avis.
Après le départ de sa mère biologique, Henry s'était précipité sur son institutrice et elle se força à les rejoindre à petits pas. Ses jambes la portaient à peine remarqua-t-elle avec dédain.
- ... vraiment désolé, l'entendit-elle s'excuser.
- Henry, tu n'as pas à t'excuser pour ce quelqu'un d'autre a fait, ne put-elle s'empêcher d'intervenir.
- Mais c'est moi qui l'ai fait venir ici ! riposta-t-il les larmes aux yeux.
C'était la première fois qu'elle se réjouissait du malheur de son fils et l'horreur de la réalisation la fit se détourner de la scène pour cacher le sourire dont elle avait honte. A l'extérieur du restaurant, quelque chose attira brièvement son attention. Un éclat qui aurait pu ressembler à deux yeux d'un rouge brillant mais l'apparition avait disparu l'instant d'après et elle ne résista pas à profiter un moment de plus de la vision qu'offrait sa pire ennemie en larmes.
Tout allait s'arranger.
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Mais rien ne s'était arrangé. Henry continuait de l'observer comme si elle allait exploser d'un moment à l'autre et se mettre à exécuter la moitié du village et elle avait du dompter son instinct d'utiliser de la magie de trop nombreuses fois. Deux soirées passées dans son bureau à siroter du cidre les yeux perdus dans les flammes de sa cheminée l'avaient convaincue : elle devait tout lui avouer.
Mais comment ?
Comment dire à son fils qu'on était une meurtrière ? Et comment ne pas s'attendre à ce qu'il s'enfuie à nouveau à peine les mots prononcés ? Elle était déjà bien surprise qu'il n'ait pas tenté de courir dans les jupons de son institutrice ... Mais l'enfant devait savoir que sa mère était sûrement la seule capable de résister à la Sauveuse si celle ci devait s'avérer dangereuse. Sa présence dans le manoir n'était donc plus qu'une raison pratique.
Elle n'avait plus aucune nouvelle de Graham qui fuyait sa présence comme on fuit le choléra et pour couronner le tout, la blonde avait beau eu se tenir hors de son chemin ces derniers jours, elle était incapable de penser à autre chose qu'elle. La veille, elle avait senti les effluves de sa magie dans son bureau à la mairie et elle n'avait même pas pu être en colère, trop occupée à tenter de contenir le désir qui lui ordonnait de la rejoindre.
Regina referma rageusement le clapet de son ordinateur portable. La journée était finie, il était l'heure d'aller récupérer Henry à l'école et affronter ses regards fuyants.
- Bonne soirée Clara, jeta-t-elle par dessus son épaule par habitude en sortant du bureau monochrome.
La réponse timide lui parvint à peine, le bruit de ses talons aiguilles raisonnant déjà dans le hall en marbre. À l'extérieur, un frisson désormais habituel secoua sa colonne vertébrale. Elle ne pouvait plus sortir sans avoir l'impression d'être observée. Et ce n'était pas qu'une simple impression savait-elle. Elle sentait la magie noire qui ne lui appartenait pas roder non loin et elle avait passé assez de temps avec lui pour reconnaître celle du Ténébreux.
Le mage qui était sous les ordres de la Sauveuse devait donc l'épier à sa demande. Sûrement quand elle était trop occupée pour le faire elle même.
- Madame le Maire ?
Elle était arrivée devant l'école primaire lorsque la voix la fit froncer les sourcils. En vingt-huit ans passés à Storybrook, elle pouvait se targuer de connaître chacun de ses habitants pourtant elle ne connaissait pas le jeune homme qui lui faisait face.
- Oui ? répondit-elle tout de même.
Les yeux sombres glissèrent le long de la silhouette de l'inconnu. Jean, chemise et chaussures cirées, il aurait pu passer pour un parent d'élève comme un autre mais quelque chose n'allait pas. Les iris presque noirs lui étaient familiers et un reniflement lui confirma la magie qu'elle avait repérée depuis quelques jours.
- C'est de ce petit minois que ma mère était folle ? railla-t-elle.
Mais sa remarque n'eut pas l'effet escompté. Elle qui s'était attendue à ce que Rumplestiltskin soit déçu d'être aussi vite découvert fut surprise de le voir s'assombrir.
- Je n'ai rien à voir avec ce monstre.
- Ma mère ?
- Mon père.
La réponse la figea un instant avant qu'elle ne fasse un pas en arrière. Elle se souvenait du fils que le Ténébreux avait perdu. L'enfant qu'il avait passé des années à tenter de retrouver. Un moment, elle envisagea la possibilité qu'il ait pu tuer son mentor et lui voler ses pouvoirs mais aux dernières nouvelles la dague était toujours entre les mains de la Sauveuse et elle était presque certaine qu'elle aurait senti un tel meurtre.
Non ... Soudain, elle se rappelait des paroles de Gold. À l'époque, elles lui avaient semblé incohérentes mais il avait bien parlé de créer un second Ténébreux ... Derrière eux, la sonnerie de la sortie de l'école raisonna dans tout le quartier et elle pouvait déjà entendre le brouhahas des chaises qu'on tire sur les sols laminés lorsqu'il reprit.
- Du calme Majesté, je suis de votre côté.
Elle ne répondit pas, tentant tant bien que mal de dompter son instinct qui lui commandait de faire appel à sa magie. Si Henry sortait à ce moment là, si quiconque la voyait, elle était fichue.
- Élaborez, l'invita-t-elle donc simplement.
- Je n'ai pas l'intention de laisser la Sauveuse briser la malédiction.
La révélation la laissa de marbre et par habitude son regard se perdit vers les escaliers où déboulaient les élèves. Sur le parvis de l'école, d'autres parents observaient déjà, curieux, le nouvel arrivant qu'on avait jamais vu en sa présence. Elle aurait pu rire des ragots qu'elle voyait déjà briller dans leurs yeux indiscrets.
- D'où tenez-vous ces pouvoirs ? demanda-t-elle à voix basse.
- C'est une longue histoire Majesté. Mais je serais prêt à la raconter ...
Le regard calculateur ne lui plaisait pas et elle allait refuser lorsqu'une lueur tout à fait différente passa dans les yeux presque noirs qui s'étaient perdus derrière elle. Suivant sa ligne de mire, la brune repéra Henry dans la foule d'enfants et son coeur s'emballa avec la certitude soudaine que ce n'était pas pour elle que le fils du Ténébreux était là.
- Maman ?
- Hen...
L'avertissement qu'elle allait prononcer mourut quelque part dans sa gorge, la magie qui avait crépité dans ses poings précédée par une autre. Le nuage de fumée noire qui obstrua brièvement sa vision serra son estomac mais déjà l'enfant était propulsé dans ses bras. Autour d'eux, il y eut des hurlements lorsque l'air s'éclaircit pour révéler la silhouette de la blonde à qui elle n'avait eu de cesse de penser ces derniers jours.
- Comment oses-tu ? gronda la voix qu'elle reconnaissait à peine.
Mais la mère biologique d'Henry ne laissa pas le temps à une quelconque réponse et la foule se remit à crier de plus belle lorsqu'elle tendit une main devant elle pour exercer ses pouvoirs. L'homme à qui elle avait été en train de parler se figea, soulevé dans les airs les mains agrippant sa propre gorge comme pour tenter de se dérober à une emprise qu'elle connaissait que trop bien.
Inconsciemment, son bras se resserra autour de son fils, presque surprise lorsqu'il se laissa faire. Un coup d'oeil rapide lui assura que comme tous les autres, il avait les yeux rivés sur la scène. Certains avaient déjà sorti leurs téléphones portables pour filmer le spectacle mais elle n'eut pas le cœur à les stopper.
- J'avais raison, c'est bien ta puanteur que j'avais sentie en ville, enchaînait l'autre tandis que sa victime continuait à se débattre.
Il y avait quelque chose d'incroyablement froid dans la voix de la blonde. Quelque chose qui n'avait rien à voir avec le fait qu'elle n'ait plus son cœur. Les pouvoirs qu'elle sentait graviter dans l'atmosphère appelaient les siens avec une force phénoménale qui aurait pu la faire trembler. Elle avait presque l'impression qu'ils se nourrissaient d'elle. Pourtant, si puissante semblait-elle être, son adversaire réussit finalement à se dégager.
Sa gorge était violacée lorsqu'il se releva avec un sourire mauvais, les yeux injectés de sang brillant d'une lueur dangereuse.
- Qu'est-ce qu'il y a ma Princesse ? Tu ne croyais tout de même pas que je m'arrêterais ici sans prendre la peine de dire bonjour à notre fils et sa mère ?
Le grondement animal qui lui répondit n'était pas venu d'elle, réalisa-t-elle avec surprise mais Henry se laissa faire lorsqu'elle le poussa derrière elle pour le protéger de son propre corps. Cet homme était le père d'Henry ? Emma Swan, la Sauveuse, avait fricoté avec le fils du Ténébreux ? Dans cette autre réalité où elle avait ensuite rencontré sa Reine ?
Mais la colère qui était en train d'enfler en elle n'était rien comparée à celle qu'elle sentait crépiter autour de la blonde. Elle s'était attendue à une attaque directe mais la magie ne fut utilisée que pour faire apparaître une longue épée à la lame noire qu'elle ne put s'empêcher d'admirer un instant. Un travail d'orfèvre ...
- Écaille de dragon, releva d'ailleurs l'autre. Mais ce n'est pas avec ça que tu vas me faire mal Princesse.
- Ton père n'aurait jamais du chercher à te faire revenir, lui répondit à côté la blonde. Je parie qu'il a été déçu de voir ce que tu étais devenu hein ?
- Je n'ai que faire de l'avis de mon père Emma ... Je t'avais donné le choix ... Tu pouvais vivre avec moi. Avec moi et Henry mais tu as préféré la choisir, elle ... Regarde où nous en sommes aujourd'hui ...
Cette fois la Sauveuse ne prit pas la peine de répondre et il y eut un hoquet de surprise général lorsque les volutes de fumée noire la menèrent au plus près de son adversaire. Regina eut à peine le temps d'enfouir le visage d'Henry dans son manteau mais l'air horrifié qu'il avait eu laissait présager qu'il n'avait rien manqué de la scène. La lame noire avait traversé le corps de l'homme qui ne se départit pourtant pas de son sourire.
- Il te manquera toujours une dague.
- Alors j'arracherai tous tes membres un à un, je te retiendrai comme j'ai retenu ton père et quand elle sera là pour le voir je te tuerai comme je lui en ai fait le serment.
- Tuer le père de ton fils ? répéta l'autre tandis qu'à ses côtés l'intéressé se raidissait un peu plus.
- Le père de mon fils ? Tu n'es rien Neal. Qu'un fils à papa capricieux à qui on a offert des pouvoirs qu'il ne maîtrise même pas !
La réplique avait été prononcée avec un venin dont elle aurait pu être jalouse mais la brune se contenta de tenter de garder son calme tandis que la Sauveuse faisait un pas en arrière, levant un pied pour aller le loger dans le ventre de l'homme qui s'écroula quelques mètres plus loin. Il avait encore le sourire pourtant lorsqu'il releva la tête vers elle.
- J'hésite Swan. Est-ce que je te tue d'abord et j'attends que la malédiction soit brisée pour la voir s'écrouler ou est-ce que je tue tout simplement l'enfant ?
- Je ne sais pas Neal ... C'est presque aussi difficile que de décider si je préfère ordonner à ton père de te tuer ou si je me garde ce plaisir.
Cette fois aucune réponse intelligible, les deux continuant à se jauger d'un regard mauvais où brillait une folie commune. Elle ne savait pas lequel des deux devait l'inquiéter le plus. Le nouveau venu, décida-t-elle lorsqu'un enfant échappa à la surveillance de ses parents pour faire quelques pas vers les deux et qu'il fut immobilisé par l'homme qui le renvoya sans précaution en pleurs dans les pieds de sa mère.
Un instant encore, elle se demanda si le combat allait reprendre de plus belle mais au lieu de ça les deux semblèrent se faire des adieux silencieux, une tornade d'un noir sale emportant le fils du Ténébreux. Comme si un signal avait été donné, les murmures s'élevèrent tous ensemble dans la foule et Regina ignora certains regards perdus qu'on lui lançait, le sien rivé sur la jeune femme qui essuyait la lame de son épée sur le jean qu'elle portait.
Elle était presque sûre qu'elle allait disparaître et lui laisser gérer ce nouveau désastre quand la blonde se tourna enfin pour lui faire face. Les yeux clairs descendirent brièvement sur la silhouette d'Henry dont les sourcils étaient froncés de colère et d'incompréhension et l'intérêt qu'elle y lut ne lui plut pas. Il y avait une avidité étrange dans la façon dont le regard avait l'air de jauger sa réaction et le Maire fit un pas en avant pour forcer la Sauveuse à lui accorder son attention totale.
Elle était prête à se battre s'il le fallait mais Regina fut presque désarmée par le sourire désolé qui lui fut adressé. Elle aurait presque pu croire que l'autre avait retrouvé son cœur mais quelque chose manquait toujours. Aussi se plaça-t-elle à nouveau devant leur fils lorsque la blonde leva un bras au dessus d'elle, observant, fascinée malgré elle, une boule de lumière s'y former avant d'éclater en une vague semblable à un courant électrique dans tout le quartier.
La magie ne l'avait pas atteint mais à en croire le regard perdu que tous les autres autour d'eux arboraient, soudain, il était clair que la Sauveuse venait tout simplement de leur ôter leurs souvenirs. Soulagée, la brune se risqua à lui tourner le dos pour sonder le regard d'Henry mais à son plus grand regret, l'enfant avait toujours l'air aussi tétanisé par ce qu'il venait de se passer.
La garce n'avait pas effacé sa mémoire non plus et elle allait faire volte face pour lui signifier son mécontentement mais Emma Swan n'était déjà plus là lorsqu'elle le fit. Quelques secondes encore Regina resta immobile au milieu de la foule des parents et des enfants qui avaient repris le court de leur vie.
- A demain Henry ! entendit-elle l'un d'entre eux lancer par dessus son épaule.
L'intéressé n'eut aucune réaction mais elle sentit son cœur se serrer lorsqu'elle le vit passer devant elle pour prendre le chemin du manoir sur lequel elle le rattrapa un instant plus tard.
.
.
Regina avait beau réfléchir à ce qu'il s'était passé plus tôt dans la journée, rien ne faisait sens. L'impuissance dans laquelle l'arrivée de la Sauveuse l'avait plongée la rendait nerveuse. Et ce n'était pas le moment de l'être.
Comme pour lui prouver la teneur de ses pensées, l'animal qui semblait avoir élu domicile dans son manoir la fit sursauter en venant se frotter à une de ses jambes. Le geste presque affectueux la fit froncer les sourcils. Encore quelque chose qu'elle ne comprenait pas ... D'où venait ce félin et qu'avait-elle fait pour gagner sa loyauté ?
Elle qui avait passé ses vingt-huit dernières années au contrôle de pratiquement tout ce qui se passait à Storybrook vivait très mal le changement soudain. Et tout ça c'était sans compter la magie de la blonde qu'elle sentait roder en permanence autour de la maison. Elle la savait potente mais l'avoir vue à l'oeuvre plus tôt avait révélé à quel point. La jeune femme avait effacé une centaine de mémoires comme on aurait allumé une bougie. Avait-elle des limites ?
- Maman !
L'appel la fit se figer d'avantage et elle aurait peut être pensé à réprimander l'enfant pour le fait d'avoir crié si sa voix n'avait pas contenu une certaine dose de panique.
- Maman !
Et de la peur. Juste assez pour lui faire perdre toute notion de prudence et laisser sa magie l'emporter en un nuage de fumée à l'étage supérieur. Elle avait déjà une boule de feu au creux de sa main lorsqu'elle réapparut dans la chambre de son fils, le cœur battant la chamade. Mais Henry avait le dos résolument tourné, semblant fixer quelque chose dans la rue.
Son arrivée aurait pu passer inaperçue si un tambourinement sourd dans les escaliers ne les avaient pas fait se retourner d'un même mouvement. Elle était prête à attaquer quiconque passerait la porte lorsque le battant en bois blanc s'ouvrit à la volée sur la silhouette féline toutes dents dehors.
- Couché, gronda-t-elle à la bête dont la course se terminait en un patinage maladroit sur le tapis au centre de la chambre.
Les yeux d'or glissèrent sur la pièce en un rapide examen et la brune fut surprise de comprendre qu'il était accouru pour lui apporter son aide. Mais sa réflexion fut de courte durée, court-circuitée par la réalisation qu'un feu brûlait toujours dans le poing qu'elle s'empressa de fermer. Elle devait avoir l'air affolée lorsque son regard se reporta sur son fils qui le soutint quelques secondes avant de se détourner.
Il n'avait jamais été en danger, comprit-elle, simplement bien décidé à prouver qu'elle aussi avait de la magie malgré ses efforts pour le cacher le matin même. Pas plus qu'il n'avait semblé étonné par la présence de l'animal sur qui son regard s'était à peine attardé.
- Henry ... commença-t-elle précautionneusement.
Qu'était-elle censée lui dire ? Lui confirmer qu'elle était bien cette meurtrière dont il avait lu l'histoire ? Lui mentir ? Inventer quelque chose et risquer qu'il découvre à nouveau la vérité ? Soudain, toutes les résolutions qu'elle avait prises ne tenaient plus. Elle avait peur.
- Elle est en bas.
Le murmure fut suffisant pour la sortir de sa transe, osant se rapprocher de la fenêtre et de l'enfant qui ne tenta pas de s'éloigner lorsqu'elle se posta à ses côtés. En contrebas, négligemment appuyée contre le poteau d'un lampadaire, Emma Swan fixait intensément le manoir. Comme si elle avait pu sentir son regard, la blonde releva la tête pour s'intéresser à eux et Regina dut s'accrocher à l'épaule de son fils. Pas parce qu'elle ressentait le besoin de le protéger mais plutôt celui d'être physiquement rattachée à la raison pour laquelle elle refusait de laisser la magie qui l'appelait prendre le contrôle.
- C'est toi qui lui as fait quelque chose ?
A sa grande surprise, la question ne contenait aucune accusation mais une simple curiosité triste qui la fit frissonner. Le malheur de son fils ne la réjouirait jamais. Elle ne pouvait plus reculer l'échéance, Emma Swan allait devoir changer de comportement ou disparaître.
- Non. Mais je peux faire quelque chose pour qu'elle ne pose plus de problème.
- Quoi ? La tuer ? railla-t-il avec un peu trop de morgue à son goût.
- Henry, je ne suis pas ...
- Pas quoi ? Pas la Méchante Reine ? Et la magie n'existe pas, pas vrai ? C'est moi qui suis fou ?!
Son emportement la fit reculer d'un pas. Combien de fois au juste avait-elle imaginé cette conversation et ce qu'il faudrait lui dire pour qu'il l'accepte telle qu'elle était ?
- Non Henry, je ...
Aucune peur dans les grands yeux qui l'observaient avec attention. C'était elle qui en était rongée.
- Je ne suis plus cette personne.
Voilà. Elle n'avait pas besoin d'en dire plus pour tout avouer. Les dents serrées, la sorcière attendit de longues secondes encore ce qui allait suivre mais en face d'elle l'enfant aux sourcils froncés ne semblait pas décidé à lui répondre.
- H... Henry ? Je ne suis plus cette personne parce que tu m'as sauvée mon ange. Je ... Je t'aime. Quoique tu en penses, quoique tu puisses lire, quoique l'on puisse te dire.
Un instant encore l'intéressé la jugea en silence, le poids du regard plus insupportable que tous ceux auxquels elle s'était habituée dans une autre vie.
- Et elle ? l'étonna-t-il en se détournant finalement pour faire face à la fenêtre et désigner d'un signe de tête celle qui avait encore le visage levé vers eux.
Que devait-elle en conclure ? Qu'il était prêt à l'accepter comme elle était ou que son obsession pour Emma Swan dépassait tout entendement au point même de faire passer au second plan ses aveux ?
- Je ne sais pas, se força-t-elle à répondre calmement.
- Pourquoi est-ce qu'elle a fait ça à mon père ?
Quelque chose dans la phrase la révolta au plus profond de ses entrailles. L'emploi d'un terme qu'elle n'aurait jamais imaginé dans la bouche de son fils sûrement ... Elle aussi était perdue. L'autre soir, la blonde lui avait laissé entendre que l'homme était mort mais de toute évidence il ne s'agissait que d'un souhait qu'elle aurait voulu transformer en réalité.
- Le monde n'est pas noir ou blanc Henry ... Et elle avait visiblement pas mal de choses à lui reprocher, finit-elle par répondre.
- Est-ce qu'il est ... Comme toi ? Tu le connais ?
- Non ! ne put-elle s'empêcher de s'indigner. Non Henry, je ne l'avais jamais vu avant aujourd'hui et je ne sais vraiment pas ce que tu sous entends en disant qu'il était "comme moi" !
- Un méchant, fut la réponse simple et cruelle qui l'atteignit en plein cœur.
Qu'avait-elle droit de répondre à ça ? Perdue dans ses pensées, elle faillit sursauter lorsqu'une masse soyeuse vint se frotter à sa jambe. Elle aurait presque pu prendre ça pour une tentative de la consoler et pour la première fois depuis que l'animal était apparu dans sa vie, la sorcière se surprit à passer une main dans le poil d'un noir brillant. La caresse lui valut un ronronnement sourd qui attira l'attention de son fils.
- J'aimerais être seul, demanda-t-il pourtant après quelques secondes.
Les mots faillirent fissurer son masque mais la brune se contenta de serrer les dents, ses doigts s'arrimant un peu plus au pelage de la bête qui se lova contre elle.
- Très bien, accepta-t-elle. Ne te couche pas tard, demain tu as un contrôle de Géographie.
Les yeux rivés en contrebas encore quelques secondes, elle était trop lasse pour oser affronter le regard qu'Henry lui adressa. Ses jugements la faisaient souffrir, lui rappelant douloureusement les conseils que sa mère lui avait autrefois donnés. L'amour était une faiblesse mais il était trop tard pour se débarrasser de celui qu'elle éprouvait pour son fils.
Incapable de commander ses jambes, la sorcière fit appel à sa magie, consciente du hoquet de surprise que la fumée violette provoqua chez l'enfant lorsqu'elle disparut de la pièce comme elle était arrivée. Plus la peine de se cacher de lui ...
.
.
Elle s'était attendue à être seule là où elle était réapparue mais ce fut à son tour d'être surprise lorsqu'elle découvrit sa meilleure amie debout derrière un établi dans sa crypte. Sa présence ne mit qu'un instant à être détectée par celle qui se figea au dessus de la potion qu'elle avait été en train de concocter. Les yeux clairs glissèrent le long de sa silhouette avant de s'intéresser à l'animal qu'elle avait entraîné avec elle.
- ... Regina ?
- Qu'est-ce que tu fais là ?
- Non, visiblement, toujours pas ...
- Je te demande pardon ?
- Tu es excusée.
Le trait d'humour la fit gronder, aussitôt imitée par le félin pour qui elle éprouvait de plus en plus de sympathie mais sa colère ne sembla pas impressionner l'autre. Comme si elle avait été seule, Maléfique continuait à s'activer au dessus d'un mélange fumant.
- Qu'est-ce que tu fais là ? se força-t-elle à répéter.
- Une potion. De toute évidence chérie.
- Ne m'app ...
- Je te rends service, fut-elle coupée. Enfin pas à toi directement mais tu comprendras plus tard ... La petite n'a jamais été très douée en potions ...
- Emma Swan ?
- Oui.
- D'où est-ce que tu la connais ?
- Une autre vie.
- Ça n'a pas de sens ! explosa-t-elle.
La magie volatile explosa en un millier d'étincelles dans la grande pièce et cette fois la blonde daigna détourner les yeux de son oeuvre pour l'observer avec l'air de la jauger.
- Ta magie n'est plus ce qu'elle était.
- Je viens à peine de la retrouver, se défendit-elle immédiatement.
- Tu n'as pas assez souffert.
- Pas ... Pas assez souffert ? répéta-t-elle incrédule.
Maléfique était peut être la seule à qui elle avait confié l'intégralité de son histoire, la seule à connaître ses déboires et ses envies les plus noires et jamais elle n'aurait cru entendre de tels mots dans sa bouche.
- Non, lui confirma-t-elle pourtant avec un sourire triste.
Un instant, les deux amies se dévisagèrent avec gravité, la brune luttant pour ne pas bondir sur l'autre mais déjà la plus âgée se dégageait de leur échange pour aller voler une fiole dans ses réserves. En silence, Regina l'observa verser le contenu fumant dans le verre soufflé. Le liquide vert lui rappelait quelque chose.
- Ce n'est pas une potion, réalisa-t-elle finalement à voix haute. C'est ta malédiction ! Aurore n'est pas ici.
- Elle n'est pas pour Aur ... Pour elle.
- Pour Miss Swan ?
La proposition fit pouffer l'autre mais déjà la blonde balayait l'établi d'un geste de la main qui le nettoya, tous les ingrédients retrouvant leur place sur les étagères où elle n'y avait pas touché depuis des années.
- Maléfique ! exigea-t-elle au bout de quelques secondes comme il devenait évident qu'elle n'avait aucune intention de lui répondre.
L'intéressée haussa un sourcil en une mauvaise imitation d'innocence mais aucune réponse ne vint. Elle semblait même attendre son départ, comprit-elle lorsqu'elle s'installa dans un des fauteuils. La constatation la fit jeter un regard circulaire sur la pièce, réalisant qu'un canapé qu'elle n'avait jamais vu s'y trouvait en plus de deux assiettes encore posées sur une table.
Maintenant qu'elle y faisait attention, elle pouvait même sentir une magie désormais familière flotter dans l'atmosphère.
- C'est là que tu te terrais depuis que je t'ai libérée ? Avec elle ?
- Jalouse ?
- De quoi ? D'elle ? fit-elle semblant de ne pas comprendre.
- D'elle ? Oh non chérie, je sais qu'il y a longtemps que tout est fini entre toi et moi ...
- Elle appartient à quelqu'un d'autre. Elle est mariée, de quoi veux-tu que je sois jalouse ?
- Elle t'a dit ça ?
- Je l'ai entendue en parler avec Rumplestiltskin.
- Je vois.
- Est-ce que tu vas me dire ce que tu fais là ? Il y avait des centaines d'autres endroits où te cacher dans cette ville.
- Mais avoue que c'était le dernier endroit où tu m'aurais cherchée, répliqua l'autre avec un sourire en coin.
C'était vrai. Tout comme elle considérait qu'il fallait toujours être au plus proche de ses ennemis pour mieux pouvoir les frapper au moment utile, elle avait toujours adoré cacher ce qu'ils désiraient le plus sous leur nez.
- Oh, réalisa-t-elle à haute voix.
Cette fois quelque chose comme de l'inquiétude passa dans les yeux clairs qui avaient été en train de l'observer. Sa respiration s'était faite plus rapide et sa magie crépitait déjà sous sa peau lorsqu'elle leva une main pour ouvrir la porte adjacente. Le battant pivota docilement et elle n'eut qu'à tendre l'oreille pour entendre le battement sourd des centaines de cœurs que sa mère et elle avaient accumulés dans leur collection.
- Regina ...
La panique qui avait fait trembler la voix de la blonde était la seule confirmation dont elle avait besoin mais elle laissa tout de même sa magie se presser dans la pièce à côté à la recherche de ce qu'elle voulait trouver. Elle aurait pu réciter les yeux fermés la liste de ceux à qui elle avait volé la vie pour l'enfermer dans les petites boîtes rougeoyantes mais aujourd'hui elle contenait un nouveau nom.
- Emma Swan.
À son appel, la boîte en bois ouvragé se dégagea du mur qui l'avait abritée pour filer comme un aimant dans sa main encore tendue.
- Regina ... Si tu la tues ...
- Ne sois pas idiote Maléfique, je n'ai aucun intérêt à la tuer.
Un mouvement du poignet fit disparaître le bois ornementé pour dévoiler l'organe bien moins noir que ce à quoi elle s'était attendue. Malgré ce dont elle avait été témoin, le cœur qui battait dans sa paume était à peine entaché d'un point noir dont quelques racines semblaient vouloir s'étendre. Elle pouvait déjà sentir sa magie rugir en elle à la proximité de la source de tous les pouvoirs qui l'attiraient d'habitude tant et si bien qu'ils en devenaient inquiétants.
Avant qu'elle ait pu l'appeler, celle à qui elle avait été en train de penser apparut à son tour dans la pièce en un tourbillon de fumée noire. Un instant leurs regards s'affrontèrent en silence avant que la brune ne prenne la parole avec ravissement.
- À genoux, exigea-t-elle.
L'ordre fut obéit avec une docilité qui la fit frémir. Aucun doute, c'était bien le coeur de la Sauveuse qu'elle tenait à sa merci.
- Tu peux nous laisser, l'entendit-elle pourtant réclamer à Maléfique qui était restée figée avec une appréhension palpable.
- Mon petit, elle va ...
- Elle ne peut rien me faire.
L'affirmation la fit voir rouge, refermant un peu plus étroitement son poing par pur esprit de contradiction. Le cri de douleur vrilla son estomac et elle dut lever une autre main pour se protéger de la magie que sa meilleure amie avait tenté de projeter vers elle. Pourtant son regard était resté accroché à sa victime. À quatre pattes, la Sauveuse semblait tenter de maîtriser la douleur les dents serrées et le visuel la fit relâcher la pression. Elle n'avait pas besoin de la faire souffrir. Elle avait besoin de réponses.
- Va-t-en, fut-elle à nouveau surprise d'entendre l'autre ordonner.
- Mais, el...
- Laisse-nous !
Le rugissement la fit hausser un sourcil. À sa place, Regina était certaine qu'elle n'aurait pas voulu être laissée en tête à tête avec son adversaire mais elle se contenta d'adresser un sourire significatif à l'autre sorcière. L'instant s'étira et la brune choisit d'attirer à elle un fauteuil dans lequel elle prit le temps de s'installer confortablement. En face d'elle, les yeux clairs de la plus jeune s'attardèrent sur la courbe de ses jambes et elle fut incapable de réprimer le frisson qui la parcourut.
Elle avait vu le désir dans les iris assombris mais cette fois elle l'avait aussi senti. Senti dans le creux de sa paume aussi clairement que s'il avait été sien. Et visiblement elle n'était pas la seule à être aussi affectée par leur attirance. Alors que jusque là, elle n'y avait pas fait attention, elle dut se mordre l'intérieur de la joue pour ne pas réagir aux pouvoirs qu'elle pouvait à présent sentir polluer la pièce. Sans le faire exprès, sa main se resserra un tant soit peu sur le cœur qui y battait la chamade mais cette fois aucune douleur chez l'autre dont les pupilles éclatèrent de désir.
- Mal, j'ai dit laisse nous !
L'ordre la fit sourire, la silhouette de sa meilleure amie disparaissant l'instant d'après en un tourbillon noir, chassée par la Sauveuse. À présent qu'elles étaient seules, les questions se bousculaient au point qu'elle ne sache par laquelle commencer mais quelque chose d'autre rongeait son estomac.
- L'avez-vous retrouvée ? s'entendit-elle demander.
- Qui ça ?
- Votre Reine ?
- Pas encore.
La réponse resta suspendue de longues secondes dans le silence qui s'était ré-approprié les lieux. Si elle tendait l'oreille, elle pouvait encore entendre le battement synchrone des coeurs de toutes ses autres victimes. Mais celui qu'elle tenait n'avait pas vocation à prendre la poussière sur une étagère ...
- Miss Swan, j'ai besoin de savoir si vous représentez un quelconque danger pour mon fils et moi, fit-elle l'effort de demander avant quoi que ce soit.
- Aucun Majesté. Je le jure solennellement.
- Et ce ... Neal ?
- J'ai promis à ma Reine de le détruire.
- Votre ... Reine.
- Oui. Et je peux vous assurer que j'honore tous les serments que je lui fais. Il devrait me tuer avant de pouvoir s'en prendre à vous.
L'inconnue était une présence qu'elle avait l'impression de sentir planer dans la pièce avec elles et la pensée la fit grimacer. C'était bien de la jalousie dut-elle s'avouer avec un certain dédain. Elle n'avait aucun droit de l'être mais pourtant elle devait reconnaître qu'elle voulait Emma Swan pour elle.
- L'autre jour, au restaurant, vous avez dit à mon fils que Snow vous avait fait du mal, changea-t-elle de sujet pour oublier la désagréable sensation.
- Et ?
- Que vous a-t-elle fait ?
- Elle a lancé une malédiction qui a anéanti l'existence que je menais et plus récemment elle m'a séparée de mon âme sœur.
Voilà qui confirmait sa théorie selon laquelle Emma Swan n'avait pas fait que côtoyer cette réalité. Sans quoi, où aurait-elle rencontré Snow ? Pourtant, elle était presque certaine qu'elle aurait eu vent de son existence si elle avait foulé les terres de son royaume ... Non, cela avait du se passer ailleurs. Peut être quelque part où le temps s'écoulait d'une autre manière ... Sinon, comment expliquer son âge ? Mais la leçon à en tirer était claire, où qu'elle passe, son ex belle fille semait le malheur.
- Moi aussi, j'ai été séparée de mon âme sœur à cause de cette femme.
En face l'autre eut l'air de se retenir d'intervenir et elle allait lui ordonner de parler quand elle se rendit compte qu'elle n'avait aucune envie d'aborder le sujet de Daniel avec elle. Elle en avait déjà trop dit à son goût, aussi se contenta-t-elle de pincer les lèvres, s'enfonçant un peu plus dans son fauteuil pour surveiller sa proie. Mais la blonde n'avait pas l'air d'un animal apeuré, elle semblait plutôt sur le point de bondir sur sa propre victime.
Cette fois pourtant elle ne pouvait pas. La sorcière la tenait à sa merci et seul son ordre la propulserait en avant. Le doigt recourbé vers elle fit l'affaire et la brune sentit son estomac se tordre quand l'autre fit le chemin à genoux.
- Est-ce que ça ne va pas poser problème ? l'arrêta-t-elle quand elle ne fut plus qu'à quelques centimètres d'elle.
- Quoi ?
- Nous. Quand votre ... âme soeur sera de retour parmi nous.
Elle avait craché le terme presque comme une insulte mais la blonde n'eut pas l'air de s'en formaliser, lui adressant un simple sourire en coin qui ne voulait rien dire.
- Non.
- Non ? s'étonna-t-elle sincèrement.
Si Emma Swan avait été à elle, elle savait déjà qu'elle n'aurait pas accepté de la partager avec qui que ce soit.
- Non, lui assura l'autre. S'il vous plaît, demandez-moi de vous embrasser.
- Pourquoi ?
- Parce que vous me manquez.
Ce n'était pas un mensonge, impossible tant qu'elle tenait son cœur dans sa main et pourtant l'aveu la dérangeait. Préférant ignorer la véritable raison de son malaise, la brune combla l'espace qui restait entre elles pour s'emparer des lèvres qui se plièrent à sa volonté en un baiser aussi ravageur que l'avaient toujours été les leurs.
Elle ne fit rien pour stopper les mains qui se saisirent des pans de sa veste, allant jusqu'à accepter les dents qui tentèrent de se révolter contre son autorité mais ce n'était pas suffisant. Il lui fallait plus.
- Lâchez votre magie, s'entendit-elle réclamer.
L'ordre était impossible à ignorer et la force qu'elle avait senti planer dans la pièce se fit plus imposante encore. Elle était en feu, le moindre contact une torture pour ses sens à fleur de peau. Mais elle n'était pas seule. Le cœur qui battait dans le creux de sa paume rivalisait avec le sien et la blonde eut un gémissement teinté de désespoir lorsqu'elle s'arracha à leur baiser.
Les yeux levés vers elle n'étaient qu'un tourbillon d'argent mais elle leur trouvait une profondeur fascinante. Elle n'aurait pas su dire si c'était leurs magies combinées ou un sentiment plus profond mais quelque chose était en train de brûler dans son estomac, rajoutant à la flamme du désir à laquelle elle commençait à se faire.
- Je vais devoir la tuer, réalisa-t-elle à haute voix.
- Qui ça, Regina ?
Le prénom serra sa gorge. Depuis quand acceptait-elle que quiconque détienne un tel pouvoir sur elle ? Depuis quand était-elle prête à en demander d'avantage ?
- Cette femme à qui vous appartenez, continua-t-elle pourtant. Nous ne pouvons pas être deux à vous vouloir comme je vous veux.
Elle ne s'y était pas attendue mais l'aveu illumina le visage angélique d'un sourire radieux qui manqua la contaminer. Mais avant qu'elle ait pu pincer les lèvres pour tenter de se contenir, l'autre les avait déjà emprisonnées en un nouveau baiser dont l'urgence la fit gronder.
Agacée par la perte de contrôle, ses doigts se recourbèrent un peu plus sur le cœur qu'elle avait volé. Elle avait besoin de reprendre le dessus et l'autre n'eut visiblement pas besoin d'un autre ordre pour le comprendre, abandonnant sa bouche pour effleurer sa mâchoire et descendre plus bas.
Le contact était trop léger mais elle n'était pas sûre de pouvoir en supporter plus, les lèvres semant un feu insupportable partout où elles se posaient. Pourtant, elle ne pouvait plus attendre de les sentir entre les jambes que la blonde écarta pour se faire une place.
- Dites moi, sembla supplier l'intéressée.
Mais la demande avait beau être emplie de révérence, elle la fit voir rouge. Les ordres qu'elle avait envie de donner auraient trahi l'ampleur de son envie et il était hors de question qu'elle s'expose plus qu'elle ne l'était déjà.
- Dites moi quoi ? siffla-t-elle donc entre ses dents en s'emparant des cheveux d'or à la base de la nuque qu'elle griffa sans vergogne.
- Ce que vous voulez.
- Vous, répondit-elle malgré elle. Tout ce que vous avez à donner et tout ce qu'il y-a à prendre.
Et ce devait être les bons mots comprit-elle à la façon dont le cœur eut une embardée dans la paume de sa main. Comme s'il s'était finalement agi d'un ordre, la plus jeune avait à nouveau bondi sur elle. Aucune hésitation dans la façon dont ses mains s'emparèrent de ses cuisses pour les écarter avec une force qui effila ses bas en nylon.
Tant pis. C'était ça qui rendait Emma Swan si différente de tous les autres. Sa façon d'agir avec la confiance de quelqu'un qui la connaissait par cœur. C'était l'impression qu'elle donnait en tout cas à ne pas hésiter une seconde avant de faire disparaître le sous vêtement qu'elle portait pour pouvoir plonger en elle.
Les deux doigts qui lui avaient arraché un gémissement ne bougèrent pourtant pas et son regard incendiaire n'y changea rien. Seule une pression sur l'organe qui battait la chamade dans sa main réussit à rappeler à l'ordre celle qui se retira néanmoins pour porter ses doigts à sa bouche.
- Permission d'utiliser ma magie ?
- Pas pour vous soustraire à moi.
Elle n'avait pas fini sa phrase qu'une tornade de fumée noire les avait déjà emportées ailleurs, repoussée sans ménagement sur un surface plane où elle se cambra quand les doigts qui l'avaient désertées reprirent possession d'elle. Et ce n'était pas tout. Un bras passé autour de ses hanches l'attira un peu plus vers la bouche qui la fit oublier la remontrance qu'elle avait préparée.
Les larmes aux yeux, elle faillit ne pas reconnaître sa propre chambre lorsqu'elle jeta un coup d'oeil aux alentours pour les insonoriser. Elle avait du mal à penser. Du mal à respirer tellement le plaisir était intense. Quasi irréel. La sorcière avait beau encore tenir le cœur de son amante dans le creux de sa main, elle était consciente de ne plus rien contrôler.
Ses jambes tremblaient déjà, le ventre un peu plus noué à chaque poussée et la main qu'elle abattit dans les boucles blondes n'y changea rien, incapable de se décider à repousser son amante.
- Em...
Le prénom qui avait manqué de lui échapper fut étouffé au dernier moment derrière les dents qu'elle fit claquer. Hors de question qu'elle s'abaisse à ça. Mais l'autre l'avait tout de même entendu devina-t-elle à son grondement de mécontentement. Et comment osait-elle ? Colère et frustration resserrèrent un peu plus l'emprise qu'elle avait sur l'organe qui battait dans sa main et elle parvint à sourire lorsque l'autre s'immobilisa.
- Souvenez-vous de qui est aux commandes Miss Swan.
Sa voix avait perdu de son arrogance, un peu trop éraillée pour contenir tout le dédain qu'elle avait voulu y insuffler mais l'intéressée sembla comprendre le message.
- Vous. Je ne fais que ce dont vous avez envie.
Elle ne répondit pas, consciente que la réponse avait été exacte. Après vingt-huit ans passés à se contenter de si peu, elle était prête à renoncer à bien des privilèges pour ce qu'elle était en train de ressentir. Le regard qui avait soutenu le sien sembla suivre le cours de ses pensées mais la blonde était précautionneuse lorsqu'elle recommença à se mouvoir en elle.
Au point de lui arracher un sourire en coin.
Un sourire qu'elle n'aurait pas du laisser échapper à en croire la façon dont la Sauveuse sembla le prendre pour une provocation accueillie d'un haussement de sourcil familier. L'instant d'après, toute précaution s'était envolée au profit de l'assurance à laquelle la blonde l'avait habituée et cette fois Regina se laissa retomber sur le matelas qui ne l'avait jamais connue dans de pareils états.
Elle aurait pu crier à s'en érailler la gorge quand l'orgasme finit par l'embraser toute entière, son corps manquant d'échapper aux bras qui emprisonnaient son bassin en un étau aussi impitoyable que l'étaient les doigts qui travaillaient en elle. Elle n'avait aucun endroit où se réfugier, le plaisir la trouvait partout. Du bout de ses ongles enfoncés dans les draps en coton égyptien et l'organe battant la chamade, jusqu'à ceux encore engoncés dans ses escarpins. Rien n'échappait à l'incendie dont l'autre se délectait à coups de langue comme si ce qu'elle goûtait avait pu être son dernier repas.
- Ici, ordonna-t-elle lorsque le plaisir fut assez tolérable pour qu'elle s'autorise à ouvrir la bouche.
La blonde n'avait pas cessé ses vas-et-vient, le mouvement plus lent censé prolonger la tempête qui avait fait rage et elle n'eut pas le courage de l'en dissuader. Les lèvres encore trempées remontèrent jusqu'aux siennes et la sorcière eut un frisson en sentant une magie glaciale soigner la plaie qu'elle avait ouverte avec ses dents pour s'empêcher de crier.
- J'avais dit, pas de magie.
- Pour me soustraire à vous.
Elle allait répliquer mais l'autre la fit taire d'un baiser qui manqua de lui faire oublier ses résolutions. Ses jambes s'étaient déjà emmêlées à celles de son amante mais le premier coup de hanches la rappela à l'ordre malgré le feu d'artifice qu'il provoqua. Comment la situation avait-elle pu autant lui échapper ?
Quelques jours plus tôt Emma Swan avait semblé à sa merci et aujourd'hui, alors qu'elle tenait son cœur dans le creux de sa main, elle avait l'impression de ne plus rien maîtriser. La réalisation la fit se renfrogner, ses dents se refermant sur la langue qui avait osé investir sa bouche et elle profita de la surprise momentanée de la Sauveuse pour se dégager de son emprise et inverser leurs positions.
Le souffle toujours court, elle prit tout de même le temps de faire disparaître les vêtements que la blonde avait encore portés avant de prendre la parole.
- Je dois avouer que vous continuez à m'étonner Miss Swan ... Je vous ai dit que vous étiez à moi alors vous êtes allée jusqu'à arracher votre propre cœur pour me donner tort ...
Dits à haute voix les mots lui firent plus mal que de raison. Pourtant c'était la seule explication possible.
- Je vous révulse tant que ça ?
- Non ! Pas du tout, jamais !
L'empressement avec lequel la plus jeune avait voulu réfuter ses conclusions aurait presque pu lui paraître suspect mais une fois de plus, l'organe qui battait dans sa paume lui assurait l'absence de mensonge.
- Pourquoi, alors ?
- Parce que j'ai mal. Je ne peux pas m'empêcher de vous vouloir mais ... Mais vous n'êtes pas Elle.
- Eh bien tant mieux, siffla-t-elle avec le venin du serpent qu'elle venait de sentir se dresser en elle.
La blonde ne fut pas assez rapide pour l'empêcher de plonger sa main dans sa poitrine où elle abandonna l'organe qu'elle avait jusque là retenu prisonnier. Enfin à sa place, le cœur déchaîna brièvement la magie de la jeune femme qu'elle observa lutter pour reprendre le contrôle.
Tant mieux si elle souffrait.
Tant mieux si elle avait l'impression d'en trahir une autre.
Tant mieux si elle parvenait à chambouler son existence aussi terriblement que la blonde chamboulait la sienne.
L'air était presque solide autour d'elles quand la Sauveuse finit par se redresser et Regina eut un sourire mauvais en remarquant la colère qui brûlait dans les iris hantés par une lueur spectrale. La femme pour qui elle éprouvait une fascination étonnante était de retour et comptait bien le lui faire payer à en croire son rictus fâché.
- Ravie de vous revoir parmi nous Miss Swan.
Voilà, voilààà ... Je vous dis pas à bientôt parce que ce serait sûrement mentir mais promis, suite il y aura !
