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Hey les gens ! J'espère que vous allez bien :)
On se retrouve aujourd'hui pour le chapitre trois de cette fanfiction, je pense que vous avez tous compris que je n'allais pas tuer la Fille dès le deuxième chapitre xD
Bref, j'attends impatiemment le prochain sketch du Curry Club qui viendra normalement demain ! :) Et vous ? Sans oublier que demain, Monsieur Sommet fête ses trente ans ! La crise de la trentaine approche à grands pas ! xD Vous allez lui fêter ? Lui faire un cadeau ? (fanmade, fanart...) Moi j'en sais rien, peut être seulement lui souhaiter ! xD Sinon, Mathieu a aussi un compte Sound Cloud où il poste des reprises ! Vous les avez déjà entendues ? Moi oui, je trouve qu'il a une voix douce, ce type *^*
N'hésitez pas à me laisser une review pour me dire ce que vous en avez pensé, ou bien sur si j'ai tenu des propos inappropriés !
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Bonne lecture !
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Chapitre 3 : Une décision qui change la vie.
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PDV Geek
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J'étais assis sur le tapis rouge capucine tout doux de ma chambre, entailleur par terre face à ma télé où je jouais à Call of Duty. Les murs de ma chambre vert opaline recouvert de poster de différents films me berçaient et m'apportaient une certaine sensation de bonheur, un parfum d'enfance très agréable. Mon petit lit une place aux couettes rouges, à l'effigie de Spiderman était défais, et je savais que je me ferais surement disputer pour ça. Toutes mes boîtes de jeux pour Xbox étaient étalées par terre, ainsi que quelques chargeurs, ma DS et mes petites voitures de toutes les couleurs que m'avait achetées Mathieu, avant de se rendre compte que je n'étais pas intéressé par ça et que je n'y jouerais sans doute jamais. Au pied de mon lit se trouvaient plusieurs peluches, surement tombé de mon matelas la nuit dernière. Monsieur Nounours, Pikachu, Kirby et Yoshi me regardaient de leurs yeux inanimés.
Il était tard, environ minuit voir même plus, et la Fille n'était toujours pas venue pour me dire d'éteindre ma console et d'aller me coucher. D'habitude elle venait me voir chaque soir et me bordait en m'embrassant le front, et j'adorais ces petits moments de tendresse que seule elle m'offrait. J'étais fatigué depuis un moment, et avais hésité à me rendre au lit vers vingt-trois heures, mais j'avais pourtant continué à jouer, souhaitant attirer l'attention de la Fille, j'avais même augmenté le son de ma télé. Pourtant elle n'était toujours pas venue. Je poussais un petit soupir, tiraillé par ce que je devais faire, gardant mes yeux rivés sur la porte en bois peinte en blanche, orné de motif fleuris. Elle dormait peut-être déjà ? Ou alors elle ne voulait pas me voir ? Cette idée me fit mal au coeur, et aussitôt pour me convaincre de l'inverse, je me levais pour aller voir la Fille.
Je sortais de la pièce en silence et me rendais dans le couloir, la moquette grise et rugueuse créant une désagréable sensation de friction sur la peau fine de mes pieds, et j'eus seulement deux pas à faire pour arriver devant la porte de la chambre de la Fille, qui était juste à la droite de ma propre chambre. Timidement je toquais, impatient de la voir, en tirant sur mon t-shirt rouge à l'effigie du Capitain América, un tic que j'avais depuis toujours. J'attendais plusieurs secondes en souriant, sautillant sur place, mais elle ne vint pas m'ouvrir. Je fronçais les sourcils, vexé en me disant qu'elle m'ignorait peut-être, et toquais à nouveau en l'interpellant :
« Fille ? T'es là ? »
Peut-être qu'elle ne m'avait pas entendu toquer ? Sans aucune gêne, ne pensant pas au fait que je pourrais la déranger, j'entrais doucement dans sa chambre. Il faisait sombre, la pièce était faiblement éclairée par la lampe de chevet posé sur la table de nuit près du lit. J'haussais un sourcil, et souris d'un air innocent en voyant la Fille dormir, avant de m'approcher d'elle dans le but de rester là.
« Eh, tu dors déjà ? »
Je montais à quatre pattes sur le lit double couleur pêche de la jeune femme, et m'allongeais près d'elle, m'appuyant sur mes avant-bras en l'observant. Elle avait les yeux fermés, son visage était inexpressif et je la trouvais étrangement pâle, avec ses cheveux châtains éparpillés autours de sa tête sur l'oreiller. Je la trouvais très belle comme ça, et sans me soucier de sa pâleur et de son corps immobile, je souriais innocemment et la secouais doucement par l'épaule.
« Je peux dormir avec toi ? »
Elle ne bougea pas d'un pouce, et je fronçais les sourcils, inquiet, en voyant que son sommeil semblait très profond. Je la secouais un peu plus fort, mais je n'eus aucune réaction de sa part. Inquiet, je déglutis et l'observais un peu mieux, avant de froncer les sourcils, pensant à une très mauvaise blague.
« C'est vraiment pas drôle hein ! Si t'arrête pas, j't'aime plus ! »
Je fis semblant de sortir de la chambre pour la faire réagir, mais rien ne se produisit. Inquiet, j'allais à nouveau près d'elle et m'installais à ses côtés avant de crier dans ses oreilles en la secouant par le bras, énervé et inquiet. Je ne comprenais pas ce qu'il se passait, ça me faisait assez peur.
« Qu'est-ce qu'il t'arrive ?! »
En voyant qu'elle ne réagissait toujours pas, je sautais sur mes jambes, paniqué, pour me précipiter hors de la chambre, me prenant les pieds dans la couette du lit, manquant de peu de me casser la figure, et traversais le couloir à grandes enjambé pour arriver devant la porte de la chambre du Prof. Si la Fille était malade, il lui fallait quelqu'un de compétant, et je voyais mal Mathieu, qui ne savait rien faire de ses dix doigts, s'occuper d'elle. Et puis, médecin et scientifique c'était à peu près la même chose, non ? De plus, la blouse blanche que le Prof portait tout le temps me faisait penser à celle d'un docteur. J'entrais dans la chambre en claquant au passage la porte noir en ébène contre le mur, et courait jusqu'au lit du savant dans l'obscurité de la chambre, me cognant au passage le pied contre le bureau. Je poussais un couinement de douleur et me jetais sur le lit double du Prof, avant de deviner sa silhouette dans le noir, pour lui attraper la taille et le secouer dans tous les sens en criant :
« Prof ! Prof réveille-toi, vite ! »
Le savant grogna en s'éveillant, et chercha à tâtons l'interrupteur de sa lampe de chevet posée sur la table de nuit près de son lit. La lumière inonda finalement la pièce aux murs blancs crème quelques secondes plus tard, alors que le Prof se redressait pour s'assoir convenablement sur son lit aux housses de couette multicolore, s'adossant contre la tête de lit en bois de sapin. La chambre du scientifique était très épurée, sans aucune décoration presque, comme si cette chambre était une simple chambre d'ami, et non la sienne. Il y avait un bureau en métal bleu avec quelques feuilles de papier sur lesquelles étaient notées des formules de chimie, et d'autres choses encore. Une vieille armoire en vieux bois qui sentait la résine se trouvait contre un des murs, contenant tous les vêtements du scientifique. La chambre du Prof me mettait toujours un peu mal à l'aise par son manque de décoration, et le vide qui y était présent.
Le Prof se frotta les yeux en grognant, encore tout chamboulé par ce réveil brutal, et tourna ses yeux fatigué et à moitié ouvert vers moi en soupirant. Il était vêtu d'un simple t-shirt blanc et d'un caleçon bleu à carreaux, et ses cheveux châtains étaient emmêlés. Il passa une main sur ses joues mal rasées et fronça les sourcils en demandant d'une voix rauque et endormie :
« Mais qu'est-ce qu'il te prend, enfin ? »
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PDV Externe
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Le gameur, tout chamboulé, regarda le savant, sa lèvre inférieure tremblant légèrement alors qu'il ne savait pas par où commencer. Le Prof ne s'inquiétait pas beaucoup. Certes, il se faisait du souci, mais il pensait simplement que le plus jeune venait de faire un cauchemar. Il trouvait quand même ça étrange que le Geek vienne le voir lui et non la Fille comme il en avait l'habitude lorsqu'il était victime de terreur nocturne. Le scientifique prit ses lunettes de vue sur la table de nuit pour les poser sur son nez, alors que le Geek, tout tremblant et son bras toujours accroché au bras de Prof, bégaya :
« L-la Fille se réveille pas ! Elle est p-pas venue me coucher, alors je voulais la voir... »
Le savant ouvrit des yeux ronds, et sans attendre la fin de la phrase du plus jeune, sauta sur ses jambes pour se précipiter en dehors de sa chambre, traversant rapidement le couloir pour entrer dans la chambre de la jeune femme, le Geek le suivant à petits pas inquiets. La lampe de chevet était encore allumée, et vêtue d'un peignoir blanc allongé sur le lit couleur pêche, la Fille semblait dormir d'un sommeil sans rêve. Le scientifique monta précipitamment sur le lit et se pencha au-dessus de la Fille, posant sa tête contre le torse de cette dernière, essayant d'écouter son coeur. Rien. Paniqué, le savant garda malgré tout son calme et regarda autours de lui, ses yeux tombant sur la boîte de somnifère vide posée sur la table de nuit. Calmement, pour ne pas inquiéter le Geek, le Prof lui demanda d'une voix posée :
« Va chercher Mathieu. »
Son ton était ferme, et le Geek partit immédiatement en courant de la chambre, en criant dans toute la maison, comprenant que ce qui se passait était grave :
« MATHIEU ! MATHIEU ! »
Il entra soudainement dans la chambre de Mathieu, sautant sur le lit bleu azurin et gris de ce dernier, se cognant au passage à nouveau l'orteil contre l'armoire en chêne se trouvant dans le coin de la pièce près de la porte, avec un petit cri de douleur, n'y portant pas plus d'attention en sachant pertinemment qu'il y avaient des problèmes plus graves. La chambre était plongée dans le noir, et la lumière dans le couloir qui illumina la pièce, ainsi que les cris du Geek, réveillèrent le schizophrène. Le petit châtain grogna, en plongeant sa tête sous l'oreiller, indifférent face à la détresse du Geek. Il était crevé, et n'aimait pas qu'on le dérange dans son sommeil. Il soupira et repoussa le plus jeune d'une main en murmurant d'une voix endormie :
« Fou moi la paix, j'veux dormir... »
Le gameur fronça les sourcils en posant ses mains sur le torse de son créateur, inquiet, et s'exclama en criant, réveillant sans doute au passage toute la maisonnée, alors que sa voix se cassait et qu'il fondit en larme :
« LA FILLE EST MORTE ! »
Mathieu fronça aussitôt les sourcils en ouvrant les yeux, et se redressa brusquement en entendant ça. Il repoussa le Geek et sortit rapidement de son lit avant de courir dans le couloir jusqu'à la chambre de la Fille, paniqué et intrigué, sans réellement comprendre ce qu'il se passait. Le no-life était-il assez immature pour lui faire une blague comme ça ? Comment la Fille serait-elle morte ? Etait-il en train de cauchemarder, ou non ? Lorsqu'il entra dans la pièce, le Prof était assis sur le rebord du lit de la Fille, en train de prendre le pouls de cette dernière, au niveau de sa gorge. Mathieu, la gorge noué, demanda :
« Prof, il se passe quoi là ?! »
Le savant se tourna vers Mathieu, posé malgré la situation, lui lança un regard sévère et calmement, lui dit :
« Reste avec elle, elle respire encore. Je vais chercher mon matériel. Si tu vois que son coeur ne bat plus, commence un massage cardiaque.
-Qu-quoi ?! Me laisse pas seul avec elle, qu'est-ce qu'elle a ?!
-Mathieu, faites ce que je vous dis, et vite. »
Sans attendre son approbation, le Prof sortit rapidement de la chambre aux murs gris pour se précipiter en bas, à l'étage en dessous. Il traversa le salon sans prendre le temps d'allumer la lumière, après avoir failli tomber dans les escaliers en colimaçon, et arriva dans la cuisine, se dirigeant à tâtons vers la porte de la cave qui se trouvait au fond de la pièce, se cognant au passage la hanche contre le plan de travail de la cuisine, lâchant un petit cri de douleur par la même occasion.
Mathieu qui avait vu le Prof partir, avait ouvert la bouche, sans savoir quoi dire ou faire. Il reprit rapidement ses esprits, bien que dépassé par la situation, et se précipita pour aller s'installer près de sa personnalité féminine. Tremblant à cause de l'appréhension, de la peur et de tous les sentiments négatifs que lui procurait cette situation irréaliste, il posa deux de ses doigts dans le coup de la jeune femme comme le Prof précédemment, vérifiant que son coeur battait encore. Le Fille, la bouche entrouverte, semblait dormir, mais Mathieu voyait à son teint pâle que quelque chose n'allait pas, sans comprendre pourquoi. Qu'avait-elle fait ? Etait-elle malade, ou responsable de son état ? Peut-être se droguait-elle, et avait fait une overdose, ou alors avait-elle été victime d'un malaise important ? A cause d'une allergie ? A aucun moment Mathieu n'émit l'hypothèse d'une potentielle tentative de suicide, ne pensant pas la jeune femme capable de ça. Toujours en gardant une de ses mains dans le coup de la Fille, sentant faiblement les pulsations du coeur de cette dernière contre ses doigts, il passa son autre main dans les cheveux de la jeune femme, inquiet et apeuré.
Devant la porte de la chambre de la jeune femme se trouvait un attroupement de toutes ses personnalités, désormais bien réveillées, que la peur et le souci rongeaient de l'intérieur. Aucun d'eux n'osait poser de question, de peur de déranger, pensant que le simple bruit de leur voix pourrait tuer la Fille sur le champ. Ils n'avaient aucune idée de ce qui était en train de se passer, mais ils savaient tous que c'était grave, ils l'avaient su avant même de voir le corps inerte de le Fille.
Le Prof descendit les escaliers raides et escarpés rapidement en sautant des marches, se fichant du fait qu'il pouvait se briser la nuque à tout instant, et arriva dans le couloir de la cave. Le couloir de la cave était très étroit, moins d'un mètre de largeur, et assez petit, ne faisant que deux ou trois mètre de long. Il était en béton, d'un gris froid et peu accueillant, et donnait sur deux portes : une à gauche, qui menait à une petite pièce où étaient entreposé plusieurs choses, comme des caisses à outils, des vélos, de vieux habits ou des meubles, et d'autres choses que la petite famille n'utilisait pas. La porte à droite, elle, menait à la plus grande pièce de la maison, le labo du Prof. Les murs et le sol de la pièce étaient en carrelage blanc, et deux longues tables grises en métal se trouvaient dans la pièce, l'une chargée de matérielle de Chimie à gogo, plusieurs tubes à essai, des erlenmeyers, des béchers, des fioles ou autres récipients avec dans certains d'entre eux des potions vertes, roses fluo, jaunes, bleues ou noires en train de chauffer. Plusieurs feuilles volantes se trouvaient accrochées au mur ou en vrac sur la table, avec des choses plus ou moins importantes griffonnées dessus, tel que des nouvelles inventions. Sur l'autre table se trouvaient des outils banals tels que des marteaux, des tournevis, des clés à molète, mais aussi plusieurs matériaux comme du tissu, du bois, du cuivre, du plastique ou du métal. Il y avait aussi, soigneusement rangé dans une boîte dorée, plusieurs instruments chirurgicaux, tels que des scalpels, des pinces médicales, des sets opératoires, des seringues ou encore des ciseaux médicaux. La pièce était dépourvue de fenêtre, et contre le mur du fond se trouvait une grande bibliothèque en châtaigner, contenant de nombreux ouvrages tous différents, plus ou moins vieux, sur la médecine, le corps humain, l'astrologie, les trains, les voitures ou les avions, l'astronomie, l'histoire, la géographie, le surnaturel ou encore les différentes cultures dans le monde. Le Prof s'intéressait à tout, tout le temps. Il était un vrai touche à tout, et grâce à sa curiosité, il avait acquis la science infuse.
Le Prof pris rapidement plusieurs objets, de quoi essayer de soigner la Fille, alors que son coeur battait la chamade, fou d'inquiétude, sachant qu'il devait agir vite. Il se dépêcha de remonter en haut en courant, avec tout son matériel, et poussa les autres personnalités pour entrer rapidement dans la chambre. Tous le regardèrent avec une lueur d'espoir, sachant qu'il était le seul à pouvoir arranger les choses, et à la sauver.
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PDV Prof
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Il était désormais quatorze heures. Je n'avais pas dormi de la nuit, comme les autres sans doute. J'avais soigné la Fille, et était resté à son chevet. Elle était normalement sortie d'affaire, ce qui me rassurait, ainsi que tous les autres. Un grand choc s'était abattu sur notre famille, nous étions tous abasourdi. Aucun de nous n'avait vu le coup venir, personne ne se doutait qu'elle ferait ça. Mathieu et moi nous en voulions beaucoup, même si je savais que contrairement à moi, il avait trop honte, ou bien trop de fierté pour l'avouer. Je ne comprenais pas comment elle en était arrivé là, et pourtant, je n'étais qu'à moitié étonné. Elle était tellement malheureuse ces derniers temps, et même si je n'arrivais pas à me mettre à sa place, je savais qu'elle était mal dans sa peau. C'est pour cela que je m'en voulais, je n'avais pas su l'aider, alors que je la savais au bord du gouffre.
Je poussais un soupir, et caressais doucement la main de la jeune femme, que je tenais dans la mienne. J'étais assis près d'elle sur le lit couleur pèche, et regardais son visage inexpressif. Elle était nue, et son torse se soulevait doucement au fur et à mesure qu'elle respirait, ce qui me rassurait. Je détestais son corps. Pas parce que je le trouvais moche, loin de là, mais elle le détestait tellement que je ne pouvais pas m'empêcher de ressentir la même chose. Maintenant qu'elle était là, dans ce lit, totalement inconsciente après avoir essayé d'en finir avec la vie, je réalisais que je tenais à elle encore bien plus que je ne le pensais. Je n'avais pas besoin de mettre de mot sur ces sentiments si forts, parfois il vaut mieux ne pas donner de nom aux choses, pour mieux les oublier, pour mieux les ignorer.
Quelqu'un toqua à la porte, qui s'ouvrit sans attendre l'approbation de personne. Le Panda entra en laissant la porte ouverte, et me souris tristement avant d'aller s'installer près de moi sur le lit. Je ne répondis pas à son sourire, et indifférent à la présence de l'ursidé, reporta mon attention sur la Fille. Maître Panda observa la jeune femme en silence, et soupira en secouant légèrement la tête. Il demanda, sans me regarder :
« Elle va mieux ?
-Non.
-Elle va se réveiller ?
-Je ne sais pas. »
Je n'étais pas bavard, ce qui agaçait sans doute le Panda. Mais ce dernier ne m'en voulait pas, je savais qu'il était patient, et j'étais sûr au fond de moi qu'il comprenait le fait que je ne veuille pas parler, et respectait mon silence. Je le regardais du coin de l'oeil. Sourcils froncés, l'ursidé croisa les bras en soufflant bruyamment.
« Je ne comprends pas... Pourquoi elle a fait ça ?
-Elle était mal dans sa peau. On ne pouvait pas la comprendre, alors on a minimisé ses problèmes, sans faire attention à ce qui était important et à ce qu'elle ressentait. »
Le Panda baissa la tête et se mordit la lèvre, se sentant coupable. Je ne savais pas ce que la Fille lui avait dit, mais je savais qu'elle se confiait souvent à lui, comme beaucoup d'entre nous. J'en voulais au Panda, j'en voulais à tout le monde et surtout à moi. On avait tous été si con, si insensible, notre famille devait certainement être la pire de tous les temps. Je tournais la tête vers la porte, qui donnait vu sur le couloir. Le Patron s'arrêta devant la porte en ricanant.
« Alors, vous êtes encore au chevet du travelo ? »
Je grognais et serrais les dents. Je me demandais quel élan de charité poussait Mathieu à garder ce monstre sous notre toit. Il n'écoutait personne, n'avait de considération pour aucun d'entre nous, n'était là que lorsque l'on ne voulait pas le voir, passait ses journées à faire le mal, il était le crime en personne. Si j'en voulais à tout le monde, j'en voulais encore plus au Patron, qui était la pire merde transphobe que je connaissais. Comment pouvait-il se comporter comme ça avec elle, alors qu'elle faisait partie de sa famille et avait toujours été gentille, même avec lui ? Comment pouvait-il se comporter comme ça, alors qu'elle venait d'essayer de se tuer, et qu'elle était encore inconsciente ? Je ne pouvais pas apprécier, ou apporter la moindre estime à un con comme ça. Je sifflais entre mes dents, en le foudroyant du regard et me fichant de le vouvoyer :
« Fou le camps. »
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PDV Externe
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Le criminel, adossé contre le cadre de porte dans son habituel costume noir, tira une taffe sur la cigarette qu'il avait aux coins des lèvres. Il regarda le scientifique à travers ses lunettes de soleil, avec un sourire cruel. Il aimait provoquer les gens, les torturer mentalement. Il n'aimait personne, et n'avait que faire de ses proches. Il souffla la fumée dans la pièce, en lançant un regard moqueur au scientifique.
« Bah alors le binoclard ? T'es tout ronchon ? »
Le Prof soupira et détourna la tête pour regarder à nouveau la Fille. Ça ne servait à rien de s'énerver avec cet idiot, il n'en valait pas la peine et il le savait. Un jour il se vengerait du Patron, il ne savait pas encore quand, ou, comment, mais il le ferait, et il lui ferait payer tout le mal qu'il avait commis. Le Panda jeta un regard assassin à la personnalité sombre en se levant, avant de grogner :
« Tu trouves ça drôle, toi, hein ?!
-Oh oui ! Cette incapable n'a même pas réussie à se flinguer, et vous voir avec ces têtes, c'est tordant. »
Il ricana et s'étira, gardant sa clope entre ses lèvres, alors que le Panda serrait les poings. Il inspira longuement, tentant de se calmer. Il voulait se jeter sur Patron, mais il savait qu'il n'était pas de taille, et de toute façon, il ne souhaitait pas faire trop de bruit par respect alors que la Fille était inconsciente près d'eux. Le criminel, sans leur porter plus d'attention, se rendit dans sa chambre, fier de les avoir énervés. Le scientifique soupira et secoua la tête. Il voulait se détendre, prendre un peu l'air. Il se leva du lit en silence et quitta la pièce, laissant le Panda prêt de la Fille pour veiller sur elle. Il descendit les escaliers en colimaçon et se rendit au salon aux murs bleus turquin, où se trouvaient Mathieu, le Geek et Antoine.
Le gameur, silencieux, était assis dans un fauteuil en cuir rouge près du canapé, son menton était posé sur ses genoux qui étaient repliés contre son torse. Il n'avait pas parlé depuis la veille, et pas dormi de la nuit. Son innocence venait d'en prendre un coup, il n'arrivait pas à savoir pourquoi la Fille avait voulu le quitter, il se demandait si c'était de sa faute même s'il savait que la principal raison était le fait que Mathieu avait refusé de lui payer une opération. Il regardait son créateur d'un air mauvais. Ce dernier, blotti contre Antoine qu'il avait appelé dès qu'il avait pu, ne semblait pas le remarquer. Mathieu, la tête dans le coup d'Antoine, avait d'énormes poches sous les yeux et semblait abattu. Il ne voulait pas avouer qu'il se sentait coupable, mais les bras protecteur d'Antoine autours de son torse l'aidaient à se sentir mieux. Le grand chevelu se sentait assez étranger à la situation, mais souhaitait être là pour son ami et sa famille. Il était venu dès que Mathieu l'avait appelé, sans même prendre le temps de se rhabiller. C'est pour cela qu'il était vêtu de son pyjama : un caleçon à carreau rose et un t-shirt bleu clair. Ses cheveux étaient totalement décoiffés, et ses yeux bruns étaient ternes et fatigués. Les trois protagonistes se retournèrent d'un même mouvement vers le scientifique quand celui-ci entra dans le salon. Inquiet, le petit châtain se détacha d'Antoine en demandant :
« Comment elle va ?
-Elle dort encore. »
Le schizophrène souffla de soulagement, et laissa un sourire naître sur ses lèvres, heureux de se dire que le Fille était encore en vie. Il tourna son regard apaisé sur Antoine qui lui offrit un sourire rassurant, comme pour lui dire que tout irait bien. Mais le Prof lui, était toujours en colère.
« C'est de votre faute, Mathieu. »
Un silence pesant pris place dans la pièce, alors que le concerné se tournait vers le scientifique, sourcils froncés, cachant le fait qu'il se sentait honteux et vexé de ces accusations. Antoine fronça les sourcils, n'aimant pas le ton que le Prof prenait avec le créateur. Pourtant il comprenait la réaction du scientifique. Le Geek serra les dents, et eut un élan de courage en entendant les reproches du savant, et se redressa :
« Il a raison, j'te déteste. »
Le petit châtain grogna, en colère contre le plus jeune qui osait lui tenir tête et l'humilier ainsi. Il lui jeta un regard assassin, alors que le no-life, apeuré et énervé, se leva avant de se précipiter dans les escaliers pour monter à l'étage et aller s'enfermer dans sa chambre en claquant la porte. Le créateur tourna à nouveau son attention sur le savant.
« Arrête de dire des conneries. C'est la faute de personne.
-Si. Vous auriez dû m'écouter, et me laisser l'aider. »
Mathieu soupira, irrité, et se mit à bouger ses bras dans tous les sens comme il en avait l'habitude lorsqu'une situation lui échappait. Un rictus désagréable était gravé sur son visage, et il ouvrit la bouche avant de la refermer, ne sachant pas quoi dire, ressemblant ainsi à un poisson.
« Et qu'est-ce que tu voulais que je fasse ?! Hein ?! Que je risque sa vie avec tes expériences foireuses ?!
-Oui. Ça aurait été bien mieux pour elle, vous voyez bien que de toute façon elle n'a plus gout à rien. »
Mathieu se tut, et lui lança un regard mauvais en croisant les bras. Il culpabilisait beaucoup, et il savait que le Prof avait raison, mais c'était tellement dur de mettre leur vie en danger. Il avait beaucoup de mal à faire confiance aux expérimentations de sa personnalité savante. Antoine posa doucement une main sur l'épaule de Mathieu, inquiet pour lui, mais aussi pour la famille de ce dernier. Soucieux, il dit d'une voix calme et posée :
« Tu pourrais laisser le Prof tenter de changer la Fille en... en fille quoi. Avec des nibards, et un vagin et...et tous les trucs qui vont avec. Tu ne penses pas ? De toute façon, je pense honnêtement que vous n'avez rien à perdre et elle sera tellement heureuse si ça marche ! »
Mathieu poussa un profond soupir de désespoir en fermant les yeux, inquiet. Et si ça ratait ? Et si la Fille mourrait ? Ou le Prof ? Ou peut-être même les deux ? Il rouvrit ses paupières et posa son regard sur Antoine en grimaçant, alors que le scientifique les écoutait attentivement. L'homme aux cheveux fous semblait être en train de réussir à convaincre Mathieu. Ce dernier demanda, d'une toute petite voix en baissant les yeux :
« Donc, tu penses aussi que c'est ma faute, hein ?
- Non, ce n'est pas ce que je veux dire. Je pense qu'on est sans doute tous un peu responsables, et qu'il faut réparer cette erreur. Il faut que tu leur donnes ton accord, Mathieu. Puis honnêtement, je ne pense pas que le Prof attendra ta bénédiction pour aider son amoureuse à avoir ce qu'elle veut. »
Il jeta un clin d'oeil au Prof, taquin, alors que les joues de celui-ci s'empourprèrent. Il passa nerveusement une main dans ses cheveux et se racla la gorge avant de bégayer :
« Très cher, ne dîtes pas n'importe quoi ! Nos relations ne dépassent pas la simple courtoisie ! »
Mathieu laissa un sourire amusé naître sur ses lèvres en entendant les dires du savant, remplaçant la mine décomposé qu'il avait auparavant. Il posa son regard sur Antoine et ses beaux yeux bruns, se perdant un instant dans ceux-ci, avant de se mordre la lèvre et de détourner le regard, gêné de devoir admettre ses torts.
« Bon... t'as raison. On va tester ça, en espérant qu'il narrivera rien de fâcheux. »
Il tourna un regard sévère vers le Prof, reprenant l'autorité qui le caractérisait d'habitude, et dit d'un ton catégorique, alors que le savant plantait ses iris bleus glaciale dans les siennes :
« Tu vas faire ce que tu as à faire pour qu'elle change de sexe. Si ça se passe mal pour vous, je ne sais pas ce que je vous ferais. Compris ?! »
Un grand sourire illumina le regard du Prof, qui toujours debout face à son créateur et Antoine, sembla retrouver une énergie et une vivacité increvable, fou de joie de pouvoir aider la femme qui faisait battre son coeur. Il offrit un regard reconnaissant à Mathieu, et s'exclama :
« Oui, ne vous en faîte pas ! Merci beaucoup ! »
Il fila à son labo, sans doute pour finaliser sa potion ou le je-ne-sais-quoi qui permettrait à la jeune femme de changer de sexe sans opération. Le schizophrène et le grand chevelus, surpris et amusé, le regardèrent partir. Quand ils se retrouvèrent seuls tous les deux, un silence s'installa entre eux. Silence qu'Antoine rompis en déposant un doux baiser sur le haut du crâne à Mathieu, qui rougit légèrement en lui souriant. Le grand chevelu lui chuchota, d'un air ravi :
« Je suis fier de toi. »
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Voilà, c'était le troisième chapitre de cette fanfic, j'espère encore une fois qu'il vous aura plu ! :) N'oubliez pas de voir le prochain sketch du Curry Club, perso il me fait très envie et j'ai hâte de le voir !
N'hésitez pas à me laisser une review ou un commentaire, ça me fera très plaisir et c'est ma seule récompense ^^
Bref, on se retrouve samedi prochain, en attendant passez une bonne semaine et travaillez bien, que ce soit à votre boulot ou en cours ^^
Amour et Licorne *^*
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