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Hey les gens ! J'espère que vous allez bien :)
On se retrouve aujourd'hui pour le huitième chapitre de cette fanfiction, j'espère qu'il vous plaira, et que le précédant vous a plu ^^

Sinon, que pensez-vous du nouveau sketch du Curry Club, Terre 2 ? J'ai aussi assisté au live Twitch du Curry Club, et vous ? :) D'ailleurs, on a pu voir sur le live que beaucoup n'avait pas compris le sketch, c'était votre cas ou pas ? (Moi, c'était un peu le cas, je dois bien l'avouer... xD)

N'hésitez pas à me laisser une review pour me dire ce que vous en avez pensé, ou bien sur si j'ai tenu des propos inappropriés !

Bref, je vous laisse à votre chapitre ^^

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Bonne lecture !

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Chapitre 8 : Une envie particulière.

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PDV Fille

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Je grognais de douleur en ouvrant les yeux le lendemain. La bouche pâteuse, je soupirais et m'étirais, allongée dans mon lit. Par reflexe, j'allais me coller contre le torse nu de mon amant en grimaçant, mon corps courbaturé et mon crâne douloureux me faisant souffrir. J'avais une gueule de bois terrible, et regrettais désormais amèrement mes excès de la veille : je n'avais plus la même capacité de récupération qu'à mes vingt ans. J'ouvrais les yeux, éblouie par la lumière du jour qui traversait l'interstice de mon volet, et regardais mon amant endormi, en passant une main dans ses cheveux. Il fronça les sourcils et papillonna des yeux en soupirant, avant de s'étirer en baillant. Je souris doucement, fatiguée, et me redressais alors qu'il posa son regard sur moi :

« Bien dormi mon beau ? »

Le scientifique me sourit et passa sa main dans mon dos, caressant ma colonne vertébrale du bout de ses doigts fins, alors que je reposais ma tête dans l'oreiller. Je caressais doucement sa joue mal rasée, alors qu'il me dit doucement :

« Bien. Et toi princesse ? »

Je grimaçais en l'entendant parler, et passais une main sur mon crâne avant de soupirer légèrement à cause de mon état d'ivresse de la veille, alors qu'un sourire amusé se dessina sur son visage encore un peu ensommeillé.

« Ne parle pas si fort...

-Tu veux un médicament pour ta migraine ?

-Non merci, ça ira. »

Il sourit doucement et se redressa, s'asseyant sur les fesses en s'adossant contre notre tête de lit en bois. Je caressais son ventre et son torse, dessinant avec mes doigts des cercles et autres courbes invisibles sur sa peau pâle parsemée de grain de beauté. Je le regardais en souriant, ma poitrine se gonfla d'amour et je posais ma tête sur son épaule, heureuse d'être contre lui, à l'aise, pourtant ça ne semblait pas être réciproque. Je sentais mon homme tendu contre moi, et alors qu'il était désormais bien réveillé, il se gratta l'arrière du coup, comme gêné ou perturbé par quelque chose. Je fronçais les sourcils, inquiète, lorsqu'il m'annonça d'une voix mal assurée :

« Il faut qu'on parle de hier.

-Comment ça ? Il s'est passé quelque chose ? »

J'avais beaucoup bu, je ne me souvenais malheureusement plus de la veille. Avais-je fait ou dit quelque chose de mal ? Avais-je dégénéré, ou fait je ne sais quoi de honteux ? M'étais-je tournée en ridicule devant les autres invités ? Je soupirais un peu et me redressais à mon tour en m'adossant contre la tête de lit, le regardant. Ses yeux doux et à la fois sévères étaient posés sur moi, et il me dit de but en blanc, me faisant sursauter :

« Tu veux un bébé.

-Qu-quoi ? Comment tu sais ça ?

-Tu m'as pris pour Panda, hier. Tu m'as tout dis. »

Je baissais la tête, honteuse de ma gaffe. J'avais peur de sa réponse, je voulais tellement un bébé, mais je l'aimais tellement aussi. Je ne voulais pas qu'il me quitte, mais je voulais fonder une famille. Je pouvais encore attendre s'il n'était pas prêt, mais s'il ne comptait jamais avoir d'enfant, je ne savais pas si j'aurais la force de rester près de lui. Mon amant soupira et baissa la tête.

« Pourquoi tu ne m'as rien dit ?

-J'avais peur de ta réaction. Ça ne fait pas si longtemps qu'on est en couple. »

Prof soupira un peu et je le regardais attentivement. Il ne semblait pas en colère, il était étrangement calme, même si je voyais qu'il cachait difficilement son stresse. Des gouttes de sueur roulaient sur ses tempes, tombant sur ses épaules, et je ne sus pas si c'était à cause de la chaleur ou de sa nervosité. Je demandais d'une petite voix :

« Qu'est-ce que tu en penses ?

-Je ne sais pas. Comme tu l'as dit, on est ensemble depuis même pas un an, c'est... c'est compliqué. Tu veux vraiment des enfants, maintenant ?

-Oui... Tu sais, on approche de la trentaine, je pense que c'est le moment. J'ai peur que si on attende trop longtemps, on ne puisse plus... »

Il me regarda, m'écoutant attentivement, et hocha doucement la tête. J'avais de la chance d'avoir un homme comme lui, compréhensif et à mon écoute. Pour l'instant il ne m'avait pas dit être contre fonder une famille, mais je ne savais pas quoi penser en le voyant. Il semblait toujours avoir une carapace qui m'empêchait de voir ses ressentis ou ce qu'il pensait. Mon amant prit doucement ma main dans la sienne et la caressa.

« Je t'aime plus que tout, tu sais, je ne veux faire que ton bonheur. Tu es ma raison de vivre, et même si je ne sais pas encore si je suis vraiment prêt, je veux tenter l'aventure avec toi. Je serais ravi que l'on ait un enfant tous les deux. »

Un grand sourire illumina mon visage à cette déclaration et c'est avec les yeux humides d'émotion que je pris son visage entre mes mains pour l'embrasser doucement. J'avais encore du mal à réaliser ce qu'il s'était passé, ce qu'il venait de dire, je ne pouvais pas y croire et j'avais l'impression de vivre un rêve éveillé : j'allais fonder une famille avec l'homme de ma vie. J'étais trop submergé par mon bonheur pour me dire qu'il acceptait ça seulement pour me faire plaisir.

« Tu es vraiment le meilleur. Je t'aime.

-Je t'aime aussi. »

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PDV Externe

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Le gameur était caché derrière la porte, écoutant doucement ceux qu'il considérait comme ses parents parler. Une oreille contre la grande porte en bois d'ébène noir, il avait suivi chaque parole, chaque murmure, et lorsque la décision fut annoncée, et que le couple avait décidé de passer à l'étape supérieur, celle d'avoir un enfant, le Geek s'était levé, tremblant, les larmes aux yeux. Il ne pouvait pas croire ce qu'il avait entendu, il ne voulait pas le concevoir. Il se releva subitement et couru jusqu'à dans sa chambre, renversant au passage le Panda qui sortait de la salle de bain pour se rendre dans sa chambre. Ce dernier se cogna contre le mur blanc en grognant un peu.

« Eh, tu pourrais faire attention ! »

Pour toute réponse, le gameur s'enferma dans sa chambre, allant se cacher sous sa couverture Spiderman en serrant Monsieur Nounours contre lui, chouinant la tête dans son oreiller. Panda haussa un sourcil en entendant les pleurs du petit, et avec un soupir alla toquer à la porte blanche aux motifs fleuris de la chambre, se demandant ce qu'il lui arrivait. Il enfouit ses mains dans les poches de son kigurumi en regardant le plafond, alors que le gameur demanda d'une voix faible, étouffée par sa couverture :

« C'est qui ?

-Panda. Je peux entrer ? »

Sans attendre de réponse ou quelconque approbation, l'ursidé entra dans la pièce, refermant au passage la porte derrière lui. Il alla s'installer sur le rebord du petit lit aux couettes rouges qu'il retira pour pouvoir voir le no-life. Ce dernier dont la casquette grise était tombée à terre, releva ses grands yeux plein de larmes sur le Maître.

« Qu'est-ce qui ne va pas, bonhomme ?

-Le Prof et la Fille vont avoir un bébé ! »

Surpris par cette nouvelle, il haussa un sourcil. La Fille avait-elle décidé de parler au Prof ? Et ce dernier avait accepté ? Bien qu'étonné et peu convaincu, ne sachant pas s'il devait croire le petit ou non, il était assez interloqué par la réaction du petit. Qu'y avait-il de mal à ça ? C'était une bonne nouvelle, non ? Il passa une main dans les cheveux châtains du petit, le regardant attentivement en guettant ses réactions.

« Et alors ? Pourquoi ça te met dans cet état ?

-Parce qu'ils ne m'aiment plus ! Ils ne vont plus s'occuper de moi ! »

Panda leva les yeux au ciel, exaspéré, avec néanmoins un petit rire amusé et un sourire attendri. Il passa doucement sa main sur la joue du jeune garçon avec douceur, se montrant protecteur et rassurant envers celui qu'il considérait comme un petit frère. Il le sermonna gentiment :

« Ne dis pas ça. C'est normal qu'ils veuillent un enfant, ils t'aimeront toujours autant. »

Le Geek haussa un sourcil, peu convaincu par les dires du Panda. Il ouvrit la bouche pour lui répondre, mais un ricanement rauque et une voix abîmée par l'alcool et le tabac dit :

« C'est intéressant, très intéressant. »

Le Patron, vêtu de son costard noir et de ses habituelles lunettes de soleil entra dans la chambre et s'adossa contre l'entrée de la porte en observant les deux autres personnalités avec son habituel sourire carnassier. Il souffla la fumée de sa cigarette dans la pièce, alors que le Panda lui lança un regard assassin en grognant, mécontent de voir le criminel fumer dans la chambre du petit aux poumons si sensibles. Le Geek toussota à cause de la fumée, et l'ursidé vociféra :

« Sort de là, avec ta clope ! »

Le criminel ricana encore une fois, mais ne bougea pas, regardant le gameur à travers ses verres teintés. Il avait entendu toute la conversation, et en était très satisfait, ayant déjà une idée derrière la tête de comment exploiter cette information. Il sourit méchamment au Maître, en tirant à nouveau un coup sur sa clope, se fichant de ce que ce dernier venait de lui dire.

« Calme toi la peluche.

-Je t'ai dit de foutre le camp ! » grogna le Panda en se levant, menaçant, alors que le no-life était pris par une nouvelle quinte de toux.

Le criminel ricana, et avec calme et lenteur il sortit de la chambre sans prendre le temps de refermer la porte. A pas de loup, il se rendit dans la chambre de son créateur, sans même toquer. Il poussa la grande porte en bois de sapin et entra dans la pièce sans aucune gêne. Mathieu, nu comme un vers contre son amant, sans doute en plein "câlin", poussa un petit cri en saisissant la couette rayée bleue azurin et grise pour se cacher en dessous, alors qu'Antoine, rouge de honte, tomba du lit, et tira lui aussi sur la couverture pour essayer d'en subtiliser un bout à son compagnon, souhaitant cacher son intimité. Le Patron éclata de rire en les voyants et s'adossa contre le mur.

« Mes pauvres choux, je viens au mauvais moment ? Ne vous dérangez pas pour moi, vous pouvez continuer à vous amuser.

-BORDEL MAIS QU'EST-CE QUE TU FOUS LA ?! ET FERME LA PORTE ! » fulmina le petit châtain, rouge de colère et de gêne.

Antoine se racla la gorge et remonta sur le lit près de son amant, faisant attention de rester sous la couette, assez énervé lui aussi de s'être fait interrompre dans un moment rempli à la fois autant de fougue que de douceur. Patron ricana et ferma la porte, amusé par leur embarras, terminant au passage sa cigarette qu'il écrasa sur le bureau en bois de son créateur sans aucun remord avant de dire d'une voix posée et calme :

« J'ai une information très intéressante à te donner. Mais j'veux pour ça que tu m'avances de vingt euros.

-Vingt euros pour une info bidon dont j'en ai rien à foutre ?! Tu te fous de la gueule de qui ?! »

Le grand chevelu caressa doucement les épaules de son compagnon pour essayer de le calmer et de le détendre, sachant que le petit schizophrène était du genre à s'emporter très facilement. Malgré la honte qu'il ressentait, Antoine était amusé par la situation. Patron sourit, loin d'être déstabilisé par l'attitude et la colère de Mathieu, et croisa ses bras sur son torse. Il savait que son créateur détestait les gosses, et qu'il n'avait pas assez de fric pour subvenir aux besoins de plus de personne qu'actuellement. Cherchant à le provoquer, le criminel haussa les épaules en se tournant vers la porte.

« Comme tu voudras, mais j'espère que tu vas gagner au loto ces prochains temps, on en aura tous besoin. »

Mathieu plissa les yeux en haussant un sourcil, son inquiétude et sa curiosité piquée à vif. Il grogna et chercha son porte-monnaie dans la table de nuit en soupirant, furieux de se faire contrôler ainsi. Mais il voulait savoir, surtout si ça concernait leurs problèmes d'argent. Il donna le billet à sa personnalité sombre qui s'était retournée et approchée de lui en l'entendant farfouiller dans son porte-monnaie.

« Tu me rembourseras, hein !

-T'inquiète gamin, j'te les rends d'ici deux semaines grand maximum. » dit le Patron en rangeant le billet dans la poche intérieur de son costar.

Mathieu le regardait sévèrement, attendant ce qu'il avait de si important et incroyable à lui dire, alors qu'Antoine, curieux, suivait ce qui allait se dire. Tous les deux voulaient savoir de quoi parlait le criminel, et ce qui pouvait être aussi important au point de faire du chantage pour de l'argent. Le Patron sourit cruellement, se délectant de leur impatience, et ricana en pensant au Prof et à la Fille qui eux, n'avait rien demandé dans tout ça.

« Le binoclard et le travelo vont avoir un gosse. » lâcha-t-il comme une bombe.

Mathieu fronça les sourcils, trop étonné et énervé pour relever les surnoms insultants que venait d'utiliser le criminel, alors qu'Antoine, surpris lui aussi, regarda son amant. Celui-ci grogna et regarda le Patron des pieds à la tête, souhaitant savoir s'il disait la vérité.

« Pardon ?!

-Je t'assure que c'est vrai. Enfin bon, j'vous laisse les pédales. »

Puis sans un mot de plus, le criminel sortit de la chambre en prenant grand soin de fermer la porte, alors qu'Antoine, sourcils froncés en ne comprenant pas la réaction de son conjoint, demanda d'une petite voix incertaine mais malgré tout ferme :

« Et alors ? C'est une bonne nouvelle, non ?

-Non, bien sûr que non ! » s'écria Mathieu.

Certes, il détestait les gosses, mais ce n'était pas vraiment ça qui le dérangeait : tout d'abord il y avait les problèmes d'argent, comme l'avait énoncé le Patron, mais surtout il se sentait trahi et furieux que le Prof et la Fille ne lui en aient pas parlé. C'était leur choix, évidemment, mais ils vivaient tous ensemble à sept sous le même toit, et Mathieu avec Patron étaient deux des seuls à ramener de l'argent à la maison. Il était concerné, il payait le loyer, la bouffe et tout ce qui allait avec, et estimait devoir être prévenu avant de devoir subvenir aux besoins d'une personne supplémentaire. Comment se pouvait-il que ses personnalités lui manquent ainsi de respect et de reconnaissance ?

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PDV Prof

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J'étais encore tout chamboulé par la décision que ma compagne et moi avions prise le matin même. C'était un pas énorme dans notre relation, et j'avais peur que l'on précipite les choses, que l'on prenne des initiatives trop hâtives. J'aimais bien les enfants, enfin, je ne les détestais pas tout du moins Je n'avais en réalité jamais eu de contact avec les gamins, hormis le geek, qui n'en était pas vraiment un. Je ne savais pas m'en occuper, et même si je les trouvais mignon lorsque j'en voyais dans la rue, dans les publicités ou à la télé, la réalité est bien souvent différente, et s'occuper d'un môme devait aussi l'être. J'avais accepté de fonder une famille avec la Fille pour lui faire plaisir, parce que j'avais terriblement peur qu'elle me quitte, et aussi car si je devais un jour avoir des enfants, je savais que je voudrais que ce soit avec elle. Elle était la bonne, je le savais au plus profond de moi. Depuis que nous avions pris cette décision, je ne cessais d'y penser, et essayais de me demander si notre couple était assez solide pour engendrer un mioche. Évidemment, je ne doutais pas d'elle, loin de là, mais surtout de moi. Un enfant demandait du travail, du temps, et en promettant ça à ma bien-aimée, je sacrifiais mes expériences au profit de ma future famille.

J'étais assis à mon bureau bleu en métal, celui de mon ancienne chambre que j'avais installé dans la sienne. J'écrivais quelques idées d'expériences, des prototypes, des choses idiotes et inachevées pour le moment, alors que la Fille, allongée dans notre lit lisait un livre de Daniel Pennac en silence. Je jetais par moment des regards vers elle, cherchant à savoir si elle était aussi troublée que moi par la discussion que nous avions eu plus tôt. Elle semblait indifférente, très calme et sereine, et j'admirais sa tranquillité apparente alors que dans ma tête, les idées se bousculaient, m'empêchant de réfléchir à mon travail. C'était la première fois en plusieurs années que j'étais déconcentré de la sorte.

Une porte claqua, et des pas bruyants et lourds se firent entendre dans le couloir. Je sus que c'était Mathieu, de tous les habitants de cette maison, il était le seul à avoir cette démarche "élégante" et "gracieuse" lorsqu'il était en colère. Je soupirais un peu en me demandant lequel du Geek, du Hippie ou encore du Patron allait subir ses foudres aujourd'hui. A mon grand étonnement, il ouvrit brusquement la porte de notre chambre, me faisant sursauter moi et ma compagne, qui lâcha son livre qui tomba à terre, se refermant au passage. Une fois le choc de voir Mathieu débarquer ainsi passé, la Fille soupira en se baissant pour ramasser son bouquin, jurant au passage étant donné qu'elle n'avait pas retenu la page où elle s'était arrêtée. Elle ne prêtait aucune attention à lui, contrairement à moi, qui tourné vers lui, l'observais attentivement. Il serrait les lèvres et fronçait les sourcils, alors qu'une de ses paupières tressautait sous la colère. Il nous regardait comme si nous avions commis une faute, ce qui m'étonnait étant donné que j'ignorais totalement quoi. Ses yeux bleus étaient fixés sur ma compagne vêtu d'un peignoir blanc tout doux, la jugeant du regard, et cette dernière finit par reporter son attention sur lui avec un petit soupir.

« Quoi encore ? Parle donc au lieu de faire cette tête de constipé. »

Il grogna et comme si elle venait d'enclencher une bombe par cette simple phrase, il se mit à gesticuler, arpentant le rare espace de la pièce en évitant de foncer dans un meuble, bougeant les bras alors que son visage prenait une teinte rouge. Il finit par me montrer du doigt, puis explosa :

« Vous vous foutez de moi ?! C'est ça ?!

- Calme-toi Mathieu, et explique-nous un peu ce qui t'énerve autant ! » dis-je d'une voix calme et posée.

Assez pudique, j'enfilais en passant une chemise blanche pour cacher mon torse nu, n'ayant pas l'habitude de me montrer dénudé devant les autres membres de la famille. Je me demandais bien ce que Mathieu nous voulait : les quelques fois où il me remontait les bretelles, c'était quand une de mes expériences échouait et faisait tout sauter. La Fille, elle, ne s'était encore jamais fait réprimander à, ma connaissance. Le petit châtain me regarda avec des grands yeux et finit par s'écrier :

« Moi je dois me calmer, alors que vous avez décidé de pondre des gosses dans mon dos ?! »

Immédiatement, on tourna la tête d'un même mouvement la Fille et moi, pour se regarder, incrédule. Elle fronça les sourcils et me jeta un regard sévère en demandant d'une voix incertaine et hésitante :

« Tu lui en as parlé ?

-Quoi ? Moi ? Bien sûr que non ! Et toi ? » questionnais-je à mon tour, septique.

Elle secoua la tête, et je fronçais à mon tour les sourcils, surpris et indigné de voir que notre intimité de couple n'était pas respectée. De plus, je ne comprenais pas vraiment la réaction de Mathieu, ni pourquoi tout cela semblait l'énerver autant. Il grogna en nous lançant un regard assassin, alors que ma compagne et moi tournions à nouveau la tête vers lui.

« Comment vous pouvez prendre une décision comme ça sans essayer de me consulter avant ?! Vous vivez chez moi, je vous signale !

-Et alors ? Qui te dit qu'on ne serait pas venu t'en parler ? On a pris la décision i peine trois heures, je te ferais dire ! » s'exclama ma compagne en s'énervant.

Je comprenais son manque de patience et sa colère, j'étais moi aussi assez irrité en voyant ainsi Mathieu s'immiscer dans notre vie de couple, et nous accuser de ne pas lui avoir parlé de notre projet d'enfant alors que l'on venait seulement de prendre cette décision. Je lui en aurais parlé, évidemment, et je comptais de toute manière me trouver un job pour pouvoir subvenir moi-même aux besoins de ma famille. Néanmoins je comprenais un peu mieux sa réaction, même si je la trouvais démesurée. Le visage de Mathieu se détendit et il prit une mine étonnée, les yeux grands ouverts en nous fixant, éberlué. Il pointa la Fille du doigt et demanda :

« T'es pas enceinte toi ?

-Bah non ! Pas encore ! On en a juste parlé pour le moment, c'est tout ! »

Il soupira un peu et baissa les bras en enfouissant ses mains dans les poches de son jeans usé, qu'il semblait avoir enfilé à la va vite. Il observa ses pieds nus, semblant réfléchir.

« J'avais cru comprendre que t'étais déjà en cloc.

-Mais comment ? Qui te l'a dit ?! » demandais-je un peu brusquement, à fleur de peau.

Il poussa encore une fois un profond soupir et rejeta la tête en arrière, passant une main dans ses cheveux décoiffés, avant de murmurer d'un ton las :

« Laisse tomber. »

Un lourd silence tomba dans la pièce, assez gênant, alors que la Fille se réinstalla confortablement dans le lit, visiblement pas du tout dérangée par ce calme, contrairement à moi et Mathieu, qui évitions soigneusement le regard l'un de l'autre. Elle chercha la page de son livre qu'elle avait perdue, et replongea dans sa lecture en silence comme si de rien n'était. Mathieu posa son regard sur elle, puis moi.

« Donc, vous voulez un gosse. »

C'était plus une affirmation qu'une simple question. J'hochais la tête, pas toujours sur de savoir si je le voulais vraiment. La Fille hocha aussi la tête en souriant. Rien ne pouvait la déranger, elle était imperturbable et ne pensais plus qu'à la joie et l'envie que lui procurait la maternité. Le petit châtain nous regarda en silence. Je savais qu'il détestait les gosses, mais je savais aussi qu'il ne pouvait pas nous empêcher d'en avoir, et je savais qu'il le savait aussi. Il ne semblait plus en colère, mais ne semblait pas heureux pour autant. Il s'étira en déclarant d'une voix neutre :

« D'accord. Bah tenez-moi au courant, hein. »

Je lui souris, essayant de paraître calme et serein, alors qu'il semblait douter de mon état et de mon consentement dans toute cette histoire de bébé. Il me jeta un regard suspicieux rempli de doute avant de sortir de notre chambre, non sans refermer la porte. Je soupirais un peu et me levais de la chaise face au bureau, pour aller m'affaler contre ma compagne. Plongé dans son livre, imperturbable, elle passa un bras dans mon dos, le caressant. Elle ne semblait pas remarquer mon hésitation. J'avais peur de faire une erreur en fondant une famille si tôt. Pourquoi est-ce que je doutais, alors que ma bien-aimée semblait si calme ? Est-ce que je doutais de notre amour ?

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Voilà, c'était le chapitre huit de cette fanfiction, j'espère qu'il vous a plus ! :)

N'hésitez pas à me laisser une review ou un commentaire, ça me fera très plaisir et c'est ma seule récompense ^^

Bref, on se retrouve samedi prochain, je vous souhaite de passer une super semaine !

Amour et Licorne *^*

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