Ceci est ma toute première fan fiction , Saint Seiya ayant réapparu avec une toute nouvelle saison je ne pouvais que me pencher davantage sur cette série qui m'avait déjà beaucoup plu. Je ferais en sorte de vous satisfaire au mieux par mes écrits sur ce manga inédit. Sur ce j'espère que cela vous plaira, toutes critiques sont acceptées cela ne peux que me faire avancer alors n'hésitez surtout pas.
Disclaimer : Les personnages de l'univers de Saint Seiya ne sont pas miens ( à mon plus grand désarrois).
Rating : T
Couple : Vous devez vous en douter à présent non ? lol
Genre : Romance, yaoi , lemon léger (peut être j'y réfléchi)
Petits mots pour les reviewers :
cynan de la lune : Je vais encore me répéter mais tes mots m'ont fait énormément plaisir, chaque commentaire sur mes chapitres sont pour moi une récompense. Merci de me rester fidèle comme tu le fais cela me va droit au cœur. Merci encore.
Lion no Kalista : Je te remercie pour tes mots d'encouragement, et ne t'en fais surtout pas ils ne tarderont pas à se trouver. Même plus tôt que tu le penses.
Lilith : Les simples commentaires que tu m'as laissé m'ont encouragé à continuer cette histoire, merci d'avoir trouvé le temps pour me laisser tes impressions c'est vraiment gentil. J'espère que cette suite te plaira.
Résumé : Kanon, seul habitant d'une petite île dont il est propriétaire fera la connaissance d'une personne naufragée qui changera sa vie à tout jamais…
C'est une nouvelle journée qui commence. La nuit qui pourtant bonne conseillère ne semblait avoir agit sur notre fulminant scorpion. Milo n'avait pardonné l'attitude de Kanon. Son détachement n'ayant eut pour effet que d'attiser la colère du grec. Son amour blessé par tant d'indifférence a penché dans la balance pour un profond désespoir vite remplacé par une hargne sincère. L'esprit confus de Milo s'était noyé dans un abîme de souffrance et de douleur. L'infime espoir qu'il s'était construit devenait de plus en plus dérisoire au fil du temps.
« Eh maintenant…qu'est-ce que je vais faire ? » pensa t-il les larmes aux yeux.
Ayant retrouvé un temps soit peu son calme il entreprit de descendre pour un café chaud. Peut-être trouvera t-il l'inspiration devant un plaisir des plus simples ?
Les pensées de Kanon n'étaient guère réjouissantes non plus. Lui même se sentait horriblement seul, plus seul qu'il ne l'avait jamais été durant ces deux dernières années en solitaire. Vidé et dépassé par les évènements, il avait songé à mille et une manière de pouvoir renouer avec son protégé. Mais rien n'y fit, toutes ses idées lui paraissant aussi ridicules les unes que les autres. Il espérait reconquérir rapidement la confiance de Milo et qu'ainsi les choses redeviendraient comme avant.
Il entendit une porte s'ouvrir et des bruits pas dans le couloir. Il attendit quelque minutes et se rendit dans la cuisine où Milo était assis à table, la tête baissé au-dessus de son café fumant, des mèches de cheveux cachant son regard. Il alla se servir une tasse sans lui toucher un mot. Il s'appuya contre le plan de travail et dégusta une gorgée du précieux liquide. Tout était parfaitement silencieux on ne pouvait entendre que le vent qui se levait au dehors.
« Tu vas resté muet encore longtemps…ou tu vas enfin te décider à me parler ! » résonna la voix glaciale de Milo
Kanon ne sut quoi répondre face à tant de froideur ; il en aurait lâché sa tasse s'il n'avait autant de contrôle sur lui-même. Il le fixa de ses yeux océans, stupéfait, et l'incompréhension s'y lisant clairement. Jamais encore Milo ne lui avait adressé la parole de cette façon. Sa voix avait été si tranchante si détachée, à vous figer sur place. Milo releva la tête très lentement, en ne laissant apparaître que son œil gauche l'autre encore caché par ses cheveux. Son regard vous transpercez, il y avait tant de confusion dans ce simple regard, de la tristesse, de la détresse, de la colère…une colère noire.
« Alors ?! » demanda Milo d'un ton aigre
« Je ne comprend pas. » répondit Kanon perdu
Quatre mots, quatre petits mots suffirent à Milo pour faire tomber ses barrières. Les paroles de Kanon firent perdre le peu de self contrôle que Milo s'était forcer de conserver. En ayant sentit Kanon entrer dans la cuisine, il avait décidé de discuter sérieusement avec lui et sur cette distance qui s'était établit entre eux.
Mais rien ne se passa pas comme il l'avait souhaité. Sa fureur et son désespoir ont eu raison de sa volonté. Emporté par de sombres sentiments, il n'était désormais plus maître de ses paroles et de ses pensées. Son corps vibrait de haine et de rancœur envers cet être qui avait si cruellement piétiné ses sentiments. Ses poings se serrèrent, ses épaules tremblèrent, il devait lui dire, qu'il exhale sa douleur…
« Arrête de jouer les ignares! Tu as très bien compris où je voulais en venir ! »
« Mais qu'est qui te prend ? » demanda Kanon de plus en plus confus par son attitude.
« Qu'est-ce qui me prends ? Tu oses me le demander?! Ce n'est pas moi qui joue au sourd et au muet depuis hier, comme-ci le monde autour de lui n'existait plus !!! » dit rageusement Milo en se levant brusquement, faisant tomber sa chaise avec violence
« Ecoute, calme-toi, on va s'asseoir et en discuter tranquillement d'accord ? » essaya Kanon aussi doucement qu'il put.
« Non je ne veux par m'asseoir ! Je veux comprendre pourquoi tu m'évites ? Je te dégoûtes c'est çà ?! Tu me proposes de rester à tes côtés mais tu me fuis comme la peste. Allez ! Explique toi !!! »
« Ce n'est pas aussi simple Milo.» dit Kanon en baissant légèrement le regard.
« ARRETE DE TE FOUTRE DE MA GUEULE !!! »
Milo avait hurlé ces mots, il avait la respiration rapide, le visage rougit par la fureur, des yeux perçant comparable à celui d'une bête sauvage.
« C'est toi qui me répugne Kanon, reste s'y sur ton île et crève s'y aussi, je n'en ai rien à cirer. Je ne resterai pas une journée de plus avec quelqu'un qui est incapable d'exprimer ses sentiments. Au début, c'est vrai, je te trouvais génial mais faut croire que je me sois trompé. Continue à vivre en ermite va, mais moi je pars !!! »
Se fut sur ces derniers mots cassant que Milo partit précipitamment, les yeux brillants de larmes contenus, en claquant brutalement derrière lui la porte de la cuisine.
Kanon était resté debout sans rien dire, trop paralysé et choqué par ce qu'il venait d'entendre. Les paroles de Milo firent leurs chemins dans son esprit, il ne parvenait pas encore à réaliser, ou l'intensité fut telle qu'il en resta statique. Une fois l'ampleur analysée, ses jambes tremblèrent et il tomba à genoux sur le sol froid de la cuisine les bras ballants et yeux grands ouverts. Il resta immobile plusieurs minutes jusqu'à ce que des sanglots vinrent faire trembler ses épaules. Une larme coula sur sa joue, suivit d'une autre, puis d'une autre jusqu'à ne plus former que deux fines rivières. Il replia ses jambes contre son torse, les entourant de ses bras et y enfouissant sa tête. Il avait tout gâché…tout.
Milo de son côté courait en trébuchant plusieurs fois dans les escaliers, les larmes brumant sa vue. Arrivé à sa chambre, il s'enferma et s'appuya contre la porte en laissant libre cour à sa peine, une douleur aussi vive qu'un coup de poignard lui transperçait le cœur. Ses sanglots lui faisait mal à la gorge mais il n'en avait cure, son cœur le faisant bien plus souffrir encore. Il se sentait misérable. Il n'avait jamais connu de souffrance aussi grande. Il n'en pouvait décidément plus, savoir qu'il vivait sous le même toit que cet homme lui ravivait sa douleur. Tel un automate, il se dirigea vers la fenêtre, il fallait qu'il parte, maintenant.
Toujours dans la cuisine, les larmes de Kanon commencèrent à se tarir laissant des traînées rougeâtres sur ses joues. Le regard gonflé, il pensa. Il se remémora tous les instants passés avec le jeune homme. Il revoyait le jour où il l'avait sauvé de la noyade, leur promenade sur la plage, leur complicité, l'incident dans la salle de bain, ses sourires, ses yeux pétillants de malices…Plus il y songeait et moins il souhaitait son départ. Son absence avait créé un vide depuis qu'il avait prit conscience de ses sentiments pour cet éphèbe venu d'ailleurs. Il ne pouvait pas partir, sa présence était devenue une nécessité presque vitale pour lui. Il se sentait complet pour la première fois de sa vie et, il ne pouvait décidément pas le laisser lui échapper. Sa décision était prise, il allait tout lui dire, tout sur ce bien être qu'il ressentait avec lui, sur ses sentiments nouveaux.
C'est déterminé et la tête haute que Kanon entreprit la montée des escaliers. Il marchait d'un pas assuré jusqu'au devant de la porte de chambre de Milo. Le cœur battant, il s'apprêta à frapper.
« Un peu de courage. » pensa t-il nerveusement.
Il donna trois légers coups contre la porte en bois en appelant le nom de l'occupant sans aucune réponse en retour. Intrigué malgré tout, il renouvela sa tentative en attentant toujours sur le pas de la porte.
« Milo tu m'entends ?…J'aimerais te parler…s'il te plaît c'est.. c'est vraiment important. »
N'obtenant toujours aucune réponse, Kanon se pencha pour essayer d'entendre le moindre son qui pourrait provenir de la chambre. Il n'entendit que le silence. Anxieux cette fois-ci il toqua une troisième fois. Les secondes passèrent. Si Milo était si en colère contre lui il lui aurait fait savoir en lui adressant ne serait-ce que par quelques injures au travers de la porte. Il posa sa main sur la poignée et ouvrit doucement la porte. Il laissa passer sa tête dans la pièce sombre. Son regard parcouru tous les recoins de la chambre à coucher.
Cette pièce ne laissait entrevoir que l'absence de son occupant. Kanon se plaça au centre de la chambre, son regard longeait les murs et les meubles. Il faisait froid, un éclair déchira le ciel éclairant la silhouette du gémeau. Il tourna la tête vers la fenêtre entrouverte et où les rideaux volaient violemment par la force du vent. Un autre éclair, et c'est un déluge qu'y s'abattit sur l'île. L'eau rentrait et Kanon s'approcha pour refermer la fenêtre. Arrivé devant celle-ci il marcha sur quelque chose, il se pencha pour ramasser sur ce quoi il avait posé le pied. Une ombre passa devant ses yeux alors que la tempête redoublait de fureur et que les éclairs zébraient le ciel orageux.
« Mais… » dit-il la voix tremblante.
Dans ses mains, Kanon tenait entre ses doigts de longues bandes de tissus blancs tachées par une mixture verdâtre semblable à celle qu'il appliquait sur les blessures de son rescapé. Les yeux agrandis il porta son regard sur ces bandes puis vers la fenêtre. La stupeur laissa place à la panique. Il se releva brusquement pour se pencher au-dessus de la fenêtre pour apercevoir des traces qui rasaient le mur. Il suivit les marques et constata avec horreur qu'elles conduisaient jusqu'aux bordures de la forêt dense et obscure.
« Le fou… »
Kanon sortit précipitamment de la chambre et descendit rapidement les escaliers, il alla chercher un couteau aiguisé et sortit de la maison par l'arrière. La pluie tombait dru et avec violence. Il se rendit avec frénésie près des marques qu'il avaient aperçu pour ensuite se diriger vers la forêt la peur lui nouant l'estomac et le cœur. Le vent lui fouetta le visage alors qu'il continuait à suivre les traces de pas, la pluie les effaçant bien trop rapidement. En courant trop vite il trébucha et tomba de tout son long lui laissant égratignures et boue sur ses vêtements.
« MILOOOOOOOOOOOOOOOOOOO....»
Pendant ce temps, Milo s'engouffra profondément dans la forêt hostile. Cela faisait bien quelque minutes qu'il ne reconnaissait plus les décors qu'il avait vu avec Kanon lors de leur excursion. Ses vêtements lui collaient à la peau et la pluie battante se mélangeait à ses larmes. Il courait sans but dans cette jungle méconnue et humide. Il s'enfonçait davantage dans la boue au fur et à mesure de sa progression, le froid pénétrant l'intérieur de ses os. Les éclairs et le tonnerre ne rendirent cette forêt que plus menaçante qu'elle ne l'était déjà. Avancer, toujours avancer et ne surtout pas se retourner. Ses cheveux étaient plaqués, ses vêtements devenus lourds pesaient dans sa course. Un éclair plus puissant que les autres cicatrisa le ciel, et un court instant suffit à Milo pour que son pied percute une pierre qu'il n'avait aperçu. Il tomba vers l'avant et dévala avec brutalité une colline raide et rocheuse. Les pierres déchiraient son haut et blessa ses genoux. A la fin de sa chute il perdit conscience.
Ce n'est que quelque minutes plus tard, toujours avec la tempête qui grondait que Milo revenait lentement à lui. Son corps lui sembla douloureux et sa tête lourde. Il se souvenait alors de sa chute. De nouveau sur ses pieds, il se tourna et s'appuya face à la roche, les bras croisés au-dessus de sa tête il libera sa douleur. Il avait atteint le fond du ravin, la fatigue de ses derniers moments ne lui permettait pas de se contenir. Il ferma fortement les yeux à s'en faire mal alors que les larmes du ciel continuèrent à tomber avec intensité.
Alors que Milo s'apprêta à repartir, un son vibra dans l'air humide. Sinistre et angoissant, un de ces sons qui ne peuvent prédire qu'une chose néfaste. Il se retourna précautionneusement, jusqu'à ce que ses yeux tombèrent sur des pupilles noires profondes, agressifs et funeste. Un regard menaçant, un regard de tueur ; un pelage tacheté, des griffes acérés et des grognements des plus bestiaux.
Milo resta figé comme du marbre. Ravalant difficilement sa salive, il fixa le danger devant lui. Un seul mouvement brusque et c'était la fin pour lui.
« Ils traînent quelque animaux sauvages par ici. »
« Ca semble assez improbable. »
« Et pourtant. »
Il ne savait plus quels gestes adopter, il était fatigué et désorienté. Que faire ? Il était dos au mur et l'animal pouvait à tout instant lui sauter à la gorge. Il porta ses yeux discrètement aux alentours cherchant quelconque armes pour se défendre. Il aperçu non loin au sol une branche d'arbre arrachée par le vent. Mais la distance restait assez importante pour qu'il ne puisse l'atteindre sans faire ne serait-ce quelque pas. C'était sa seule chance, et il le savait. Le fauve ne semblait vouloir l'attaquer pour le moment, peut-être attendait-il une faute de sa proie pour sans saisir que plus facilement ? Milo soutenait le regard de la bête.
Un autre éclair survint, et c'est dans un mouvement souple qu'il courut vers son arme de fortune. Le prédateur dans un hurlement effroyable se jeta sur Milo. Celui-ci se munit de son «arme» et se défendit avec des gestes frénétiques et désordonnés tandis que l'animal ne cessait d'attaquer. Débuta ainsi une lutte sans merci. Mais dans un instant d'inattention, la bête retomba sur ses longues pâtes pour surgir sur Milo et le désarmer de sa branche en un coup de pâte puissant et rapide. Milo tomba au sol et recula en rampant pour atteindre le pied de la colline. Dos à la pierre, il vit le fauve s'approcher dangereusement dans une démarche lente et angoissante. Il s'arrêta et plia ses pâtes tel le prédateur s'apprêtant à donner le coup de grâce. Milo le fixa, et sentait tout espoir le quitter. Il se pencha sur sa vie, les bons moments révolus et ceux qu'il aurait aimé partager avec une certaine personne.
« J'aurai aimé le revoir une dernière fois. » pensa t-il tristement
L'animal prit son appuie et bondit en un saut haut et long, la gueule ouverte et toutes griffes sorties. Milo ferma les yeux et attendit son châtiment, un visage se dessinant dans ses songes.
Un hurlement strident se fit entendre. Milo ne ressentit aucune douleur, intrigué, il rouvrit ses yeux avec lenteur comme s'il redoutait de ce qu'il allait découvrir. La stupéfaction pouvait se lire sur ses traits, il ne vit pas l'animal ni la forêt qui l'entourait. Il n'entendait plus rien, il restait focalisé sur ce qui se trouvait devant lui. Des jambes d'athlètes, une chevelure longue et mouillé, un dos imposant…Milo n'en croyait pas ses yeux, et pourtant. Les dieux auraient-ils entendu son dernier vœux ?
Kanon était bien là posté dos à lui, les jambes légèrement écartées et les bras grand ouvert tel un mur défensif. Milo était totalement perdu et ne parvenait à assimiler des pensées cohérentes. Il l'aurait suivit ? C'était fort probable. Mais même après tout ce qu'il lui avait dit ? Il dû cesser de se plonger dans ses réflexions, le danger n'en était pas pour autant écarté. Il ne pouvait le voir, mais Milo parvenait parfaitement à entendre les grognements de l'animal rendu furieux de s'être fait interrompre.
« Milo ? Reste où tu es et ne bouge sous aucun prétexte tu as compris ?! »
Cela résonnait davantage comme un ordre que comme un conseil. Milo le regard interrogateur fixa le dos de Kanon. Ce dernier se tourna lentement jusqu'à ce que Milo puisse voir son profil droit, Kanon le regarda avec intensité et esquissa un sourire tendre et confiant. Milo n'eut le temps de comprendre le message que Kanon couru brusquement en direction du fauve. Un autre affrontement commença, Kanon semblait mieux s'en sortir que Milo mais la l'agilité et la puissance de la bête rendaient les choses difficiles toutefois. La férocité et l'atrocité de la scène paralysaient entièrement le grec qui demeurait impuissant. Les combattants ne se laissaient pas une seconde de répit, un moment d'égarement et c'était la fin pour l'un des deux. Les coups s'enchaînaient , les coups de griffes sifflaient dans l'air. Mais malgré sa résistance jusqu'ici implacable, Kanon commençait à ressentir des signes de fatigue et ses mouvements devinrent moins précis. Alors qu'il atterrissait sur ces faibles jambes après un énième saut, il n'eut le temps nécessaire pour esquivait un coup de griffe qui s'enfonça dans son flan. Les restes de sa chemise prirent une couleur pourpre qui ne fit qu'attisait davantage les instincts meurtriers du prédateur. Il posa un genou à terre et se mordit les lèvres sous la douleur, sa vue se brouilla légèrement.
« KANOOOOOON »
Ce cri de désespoir le fit revenir brusquement à la réalité. Il releva la tête vers la bête et tout se passa au ralenti. Le fauve en un ultime bond, une détente puissante et les crocs sortis se jeta sur Kanon. Il sortit son couteau pour l'enfoncer dans le pelage de la bête qui poussa un hurlement terrifiant. La bête soudain se tut pour s'effondre près de lui alors que le couteau restait planté dans sa chair.
Toujours assis contre la roche, Milo vit Kanon s'approcher de lui en une démarche peu assurée. Arrivé à sa hauteur, il laissa des larmes de soulagement couler doucement.
« Je suis heureux …tu vas bieeen…AAAH »
« Kanon ?? »
Milo n'eut le temps de réaliser. Kanon s'effondra dans ses bras, inconscient.
« Kanon ? Kanon ?? KANON!!! »
Milo complètement paniqué, retourna Kanon pour l'allonger et constata avec horreur la profondeur de sa blessure au flan et la quantité abondante de sang qui s'en échappait. Milo respira profondément, perdre le contrôle ne ferait qu'aggraver la situation. Il déchira le peu de tissu que Kanon avait sur lui pour en faire un pansement provisoire. Il n'avait plus le choix, il devait rentrer et lui procurer au plus vite des soins sinon il…Chassant ces sombres pensées, Milo installa Kanon sur son dos et entama le chemin de retour. Il contourna alors la colline et, tenta de se repérer du mieux qu'il le put. La nuit venait de tomber, la tempête cessa et le froid se fit sentir. Milo culpabilisait. Par son égoïsme et son inconscience la personne qui lui était la plus chère risquait de mourir. Si seulement les cieux pouvait lui venir en aide ! Les cieux ?…Brusquement Milo leva les yeux vers le ciel étoilé et une lueur nouvelle jaillit dans son regard. Le soleil se couchait face à la maison de Kanon, il ne lui suffisait plus qu'à se diriger à l'aide de la Grande Ourse. Milo trouva la constellation tant espérée et reprit sa marche d'un pas rapide. Peu de temps plus tard, Milo entendit un bruit lointain, un son qu'il se souvenait avoir déjà perçu. Il accéléra le pas de nouveau jusqu'à se retrouver au pied de la cascade où Kanon et lui s'était rendu il y a peu. Il ne fallait plus perdre de temps. Milo se dirigea vers le chemin qu'il n'avait emprunté qu'une fois mais dont il se souvenait parfaitement.
« Merci mon Dieu… »
Il percevait non loin le potager et la piscine couverte. Arrivé à l'arrière de la maison blanche, il entra précipitamment par la porte de derrière et monta rapidement les escaliers. Il pénétra dans la chambre de Kanon, repoussa les draps écrus et le posa avec délicatesse sur le lit. Son teint blanchâtre ressortant avec la couleur des couvertures lui donnait davantage l'image d'un cadavre. Mais Milo savait qu'il était vivant, tout au long du retour il avait senti dans son cou la faible respiration du grec.
« C'est à mon tour maintenant de te sauver. » dit-il tout bas
Il sortit de la chambre à coucher pour revenir avec la trousse de premiers soins. Il se souvenait des gestes que Kanon avait eu alors que sa blessure n'avait pas encore cicatrisé. Il enleva délicatement le bandage gorgé de sang et nettoya la plaie béante. Il appliqua la même mixture verdâtre que Kanon lui avait montré et lui mit d'un bandage propre. Il lui retira son pantalon et épongea son corps avec une serviette qu'il avait ramené de la salle de bain. Il le recouvrit des épaisses couvertures pour ensuite se sécher et enlever la boue qu'il avait sur le corps tout en ne quittant des yeux son précieux blessé.
Il allait enfiler un pyjamas pour se coucher sur le matelas qu'il avait disposé prés du lit quand il entendit des plaintes sourdes. Il se tourna vers le lit pour constater que Kanon remuait en exprimant de bas gémissements. Milo s'approcha et posa sa main sur son front moite, Kanon avait un début de fièvre et ses claquements de dents ne présageaient rien de bon. Milo se déshabilla entièrement et enleva le peu que Kanon avait sur lui puis entra dans les draps. Il se cala contre le corps glacé et l'entoura de l'un de ses bras. Il utilisa ainsi sa propre chaleur pour le réchauffer. Si on laisse le sang refluer des bras et des jambes trop rapidement vers le cœur, son cœur pourrait lâcher.
« Je t'interdis de mourir tu m'entends ? »
Milo sentait l'épuisement l'emporter progressivement vers un sommeil profond. Le stress et l'inquiétude retombés à présent laissèrent place à une fatigue foudroyante.
« Ne me laisse pas.»
Ses yeux se fermèrent lentement, il ne parvenait plus à résister aux appels de la nuit.
« Je t'aime. »
C'est sur ces mots que Milo plongea dans un sommeil profond prés de l'homme qui l'avait sauver pour la deuxième fois. La fenêtre ouverte laissa les rayons pâles d'une pleine lune illuminés les corps de ces deux hommes réunis par le destin.
Alors qu'en pensez-vous ? Review ?
Merci pour tout ceux qui m'ont lu jusqu'ici
