Chapitre VIII : Révélations douloureuses
Severus et Kerridwen arrivèrent dans les appartements du maître des Potions, il lui désigna le canapé et lui demanda si elle voulait quelque chose, elle lui répondit :
« Un whisky pur feu me ferait le plus grand bien ! »
Severus fut étonné mais ne discuta pas, il amena deux verres et la bouteille, il versa puis tendit un verre à Kerridwen. Ils burent en silence, il remarqua qu'elle était entrée dans ses pensées, elle réfléchissait à ce qu'elle allait dire, à cet instant Severus remarqua une chose qui le fit rougir, elle était encore habillée des vêtements très sexy, il ne pu s'empêcher de détailler le sublime corps de son ancienne élève. Lorsqu'il arriva au visage de celle-ci, elle le regardait les yeux brillants, il bafouilla :
« Je… Je suis… Dé… Désolé. »
Elle se mit à rire puis elle ajouta :
« Severus vous avez des yeux, donc c'est pour regarder ! De plus je n'avais pas fait attention que j'avais gardé ces vêtements… Enfin si on peut appeler cela des vêtements ! »
Elle se leva et se dirigea vers la chambre de Severus, celui-ci ne pu s'empêcher de regarder la chute de rein de sa collègue, son esprit se mit à se brouiller, il tomba à genoux. Une femme nue sur son lit. Ses mains qui la caressaient. Il ouvrit les yeux, la respiration haletante, des larmes d'énervements lui vinrent aux yeux, il frappa le sol de son poing. Il releva le regard et il remarqua le regard triste de Kerridwen, elle entra dans sa chambre pour en ressortir quelques minutes après s'être enveloppée d'une cape. Elle prit place sur le bras du fauteuil où il était assit, elle posa son front sur celui de Severus, pour lire ce qu'il venait de voir. Il respira le doux parfum qui se dégageait du corps de Kerridwen.
Elle se leva et prit place sur le canapé, elle venait de voir qu'il avait eu un flash d'une des nuits qu'ils avaient passé ensemble lorsqu'elle était élève. Il commençait à se rappeler des choses de plus en plus précises, mais le problème n'était pas là. Elle lui demanda :
« Je viens de remarquer que cela vous fait mal lorsque vous vous souvenez de quelque chose… »
« Oui… Et c'est de pire en pire… Je ne comprends pas ce qu'il se passe… »
« Je vais vous expliquer… Enfin une partie, ce qui vous permettra peut être d'arriver à contrôler la vague de puissance qui déferle en vous lorsqu'un souvenir s'impose. »
Severus la regarda intrigué, elle n'était plus la gamine qu'il avait connu il y a quelques années en arrière. Elle avait un regard dur à cet instant, il avait l'impression qu'elle se battait intérieurement pour lui dire les bonnes choses. Elle murmura :
« Cela va être assez difficile à dire… »
« Ne vous inquiétez pas pour moi, je devrais arriver à supporter ce que vous allez me dire… »
« Je n'en suis pas si sure mais cela vous permettra de mieux comprendre… Vous vous souvenez de ma dernière année, j'ai du partir précipitamment avant la remise des diplômes des ASPIC… »
« Oui je m'en souviens, j'étais encore convalescent lorsque je l'ai appris… »
« Le fait est, que je suis partie à cause de vous, Severus ! »
« Pardon ? »
« Oui, lors de la bataille que nous avons livré dans la Grande Salle… Vous avez été tué ! »
Severus accusa le coup difficilement, son esprit n'arrivait pas à assimiler l'information. Kerridwen respecta ce moment, elle se devait d'attendre. Après quelques minutes de silence, il arriva à articuler :
« Tué ? Mais comment cela est il possible ? »
« Vous avez reçu le sort impardonnable, nous ne savons pas qui vous l'a lancé… Mais lorsque les combats ont cessé, Albus ne voulait pas me laisser entrer dans la Grande Salle, il savait que je pouvais réagir violemment. »
« Je présume que c'était par rapport à notre… Amitié… »
« Oui… »
Kerridwen se mordit la joue, elle ne pouvait pas lui révéler qu'ils étaient amants. Mais les différents flashs qu'il avait eu, allaient aider particulièrement à cette tache… Elle continua :
« Après moult cri, j'ai réussi à pénétrer dans la Grande Salle, mais la vue de votre corps a fait exploser en moi quelque chose que je n'aurais jamais pu imaginer... Les celtes l'appellent le cri de la mort… Albus fut catastrophé lorsqu'il m'entendit crier, il savait ce que cela signifiait… »
« … Ne me dite pas que vous avez… »
« J'ai appelé la mort… Lorsqu'elle a vu ma puissance, elle a consenti à vous faire revivre, sauf que votre mémoire allait être altérée et que je serais ma pire ennemie… »
« Elle vous a donc donné deux personnalités ? »
« On peut dire cela oui… Sauf que mon deuxième moi est une identité à part et que je ne la contrôle pas… Après avoir discuté avec la mort, Albus m'a demandé de quitter le collège et de commencer mon apprentissage, car je venais d'enclencher le processus. »
Severus se mit à réfléchir intensément, il fit quelque chose dont il ne se croyait pas capable, il força son cerveau à se souvenir… Un vent faible se fit sentir, Kerridwen ne fut pas rassurée. Elle se leva mais fut repoussée dans le fauteuil, incapable de bouger, elle cria :
« Severus ne faites pas ça !! »
Il plissa le front dans un extrême moment de concentration… Il retourna le jour de l'attaque, il retrouva quelques brides de souvenir, il vit Kerridwen le ramener à la vie… Il vit également autre chose mais il n'arrivait pas à identifier… Il poussa son énergie encore plus loin, il se vit entrain d'embrasser une femme dans les couloirs du collège mais son visage restait effacé… Il ne remarqua pas que Kerridwen utilisait difficilement son pouvoir sur lui, il ne fallait pas qu'il sache…
Lorsque Severus sentit son pouvoir devenir plus faible, il s'écroula sur le sol. Kerridwen pu enfin bouger, elle s'agenouilla et le prit dans ses bras comme il le fit plus tôt dans la journée. Elle tapota doucement ses joues, il ouvrit les yeux et vit les yeux rougis de sa collègue, il s'assit, il voulut dire quelque chose, mais elle lui administra une baffe monumentale, elle s'écria :
« Vous voulez mourir ou quoi !!! J'ai sacrifié une partie de moi-même pour vous permettre de vivre !!! »
« Kerridwen, je… »
« Taisez vous Severus !! L'énergie que vous venez d'utiliser vous l'avez puisé en moi-même !! Mon esprit n'a pas totalement quitté votre corps !! »
Elle venait de lui mentir effrontément mais elle ne pouvait pas lui dire qu'elle venait de contrer ses souvenirs… Elle venait de découvrir une partie de la magie de Severus et il avait réussi à la contrer sans qu'elle puisse faire quelque chose… Elle avait du utiliser la magie des grands mages celtes, cette magie Severus ne la connaissait pas, il ne pouvait donc la contrer…
Severus se massa la joue, elle lui avait fait mal, il ne se laissait pas faire par les femmes mais elle avait un pouvoir très puissant… Il la regarda, il eut un accès de désir pour elle, il se leva elle fit de même, sous tout attente, il la prit dans ses bras et posa ses lèvres sur les siennes. Kerridwen fut sous le choc, mais au lieu de le repousser, elle répondit à son baiser. Il lui avait tellement manqué. Severus la serra encore plus dans ses bras. Le baiser dura un temps infini mais trop court pour Kerridwen. Lorsqu'il arrêta leur baiser, elle se blottit dans ses bras. Il ajouta :
« Je ne sais pas ce qu'il m'a prit… »
« Ne soyez pas désolé. J'ai l'impression que nous sommes en manque d'amour tous les deux. »
Elle avait dit ça la gorge serrée ce qui n'échappa pas à Severus, il lui leva le menton et remarqua son visage inondé de larmes, il ne comprenait pas pourquoi elle se mettait dans cet état. Kerridwen avait tous ses souvenirs qui remontaient à la surface, être dans les bras de l'homme qu'elle aimait désespérément, s'en était trop pour elle. Elle devait lui dire, elle ajouta d'une voix étranglée :
« J'aimerais tellement te dire toutes ces choses qui me reviennent en mémoire… »
Elle l'avait tutoyé, ce qui ne manqua pas de lui mettre la puce à l'oreille, mais il ne dit rien à cela. Son esprit fonctionnait à toute vitesse et cela le mit devant l'évidence. Il la repoussa et la regarda intensément, elle était surprise par cette réaction. Il essaya de lire en elle, c'était le seul pouvoir qu'il avait gardé, mais une barrière infranchissable se dressait devant lui. Il murmura :
« C'est impossible ! »
Elle ne répondit pas, elle se dégagea des bras de Severus, lui rendit la cape qui la recouvrait et disparut dans la cheminée. Elle l'avait mis sur la voie, elle ne pouvait faire plus. Elle se devait de lui dire d'une certaine manière, ce baiser l'avait fait se décider. Elle était à présent dans sa chambre, elle s'habilla plus décemment puis entreprit de se changer les idées. Elle se dirigea vers le lac, elle se mit à pleurer comme une enfant. Un vent glacial se mit à tournoyer autour d'elle sans qu'elle puisse rien fait, elle se mit à hurler, son bras la brûlait intensément, son énergie se mit à tourbillonner autour d'elle.
Deux personnes observaient cette triste vision, Albus et Remus, se tenaient à une fenêtre du deuxième étage, Remus pleurait, il ne supportait pas de voir sa fille comme cela. Albus prit la parole :
« Elle se devait de lui annoncer sa double condition, Remus. »
« Il n'y a pas que ça. Il a du se passer autre chose… Je ne la reconnais plus en ce moment. Son énergie est différente comme si elle était en pleine mutation. Je la ressens de plus en plus, elle sombre Albus ! »
Albus regarda Remus de son regard perçant. Il voyait très bien qu'il ne mentait pas, il ajouta :
« Tu le ressens par rapport à ta condition ? »
« Oui, son énergie devient terrible ! Tout à l'heure, sûrement lorsqu'elle était avec Severus, j'ai ressenti qu'elle se battait contre lui, mais ce n'était pas son énergie habituelle. Comme si elle avait fait appel à une très vieille magie qui demande une puissance externe ! C'est pour cela que maintenant elle est dans cet état… Elle doit se confesser face aux Dieux Celtes… »
« Remus, heureusement que tu connais la culture celte aussi bien que ta fille, sinon nous serions complètement perdus. »
« Cela ne suffira pas malheureusement… »
Puis le silence se fit, ils observèrent Kerridwen. Celle-ci fit apparaître son poignard puis énonça une formule en runes anciennes. Elle se scarifia le bras gauche et laissa couler le sang sur elle-même, elle devait se purifier pour avoir dérangé les Dieux. Ses larmes se mélangèrent à son sang. Elle pleurait son amour perdu, elle ne voulait pas que Severus tombe amoureux d'elle sans se rappeler. Elle avait besoin de continuer son histoire à l'endroit où elle avait été arrêtée quelques années plus tôt. Une haine incommensurable jaillit d'elle-même, elle se retrouva fasse à elle-même.
Albus et Remus furent de suite sur le qui vive… Albus envoya son patronus prévenir les autres professeurs puis ils se dirigèrent vers Kerridwen. Severus était complètement abattu, toute cette histoire voulait dire qu'il était sorti avec Kerridwen lorsqu'elle était élève… Ses souvenirs se fermaient à lui, elle ne lui avait rien dit, elle l'avait simplement tutoyé et cela lui avait permis de lui mettre la puce à l'oreille… A cet instant, un patronus en forme de phénix apparut devant lui, il savait qu'il se passait quelque chose de grave, il le suivit en laissant ses pensées dans son appartement. Lorsqu'il ouvrit la porte qui donnait au dehors, il crut qu'il allait se sentir mal. Il remarqua le lac entrain de bouillonner et des éclats de lumière s'entrechoquaient juste au dessus, il courut le plus vite possible, les autres professeurs étaient déjà là, lorsqu'il regarda Remus, il comprit de suite que Kerridwen se trouvait dans les airs. Il se tourna vers Albus et lui demanda :
« Que c'est il passé ? »
« C'est à vous de nous le dire Severus… Tout en sachant qu'elle a craqué n'est ce pas ? »
Severus baissa le regard mais ne dit rien, ce qui confirma les craintes du directeur, mais il ne dit rien, elle avait choisi de se révéler car c'était trop dur pour elle. Severus n'y tenant plus se concentra, les runes dansaient dans son esprit, il construisit un sortilège runique informulé et la lança vers Kerridwen. Celle-ci et son double furent touchées en même temps, si bien que la violence du sort combinée à son énergie la fit tomber vers le lac, inconsciente. Severus commença à construire une nouvelle formule, mais Remus et Albus lancèrent le même sort au même moment. Sa chute fut arrêtée et elle se retrouva sur la berge du lac en quelques secondes.
Remus tapota les joues de sa fille, qui commença à se réveiller. Severus se tenait en arrière, il attendait, des images lui revenaient en mémoire par vagues violentes. Même si ce n'était pas réellement dans un ordre précis, mais il revoyait certains moments innocents… Son regard se posa enfin sur elle, il remarqua une lueur dans son regard, elle avait compris et elle s'en voulait, elle murmura :
« Laissez nous ! »
Remus se leva, regarda Severus puis sa fille et se dirigea vers le collège, les autres les imitèrent, les laissant seuls… Elle se leva difficilement puis elle lui dit d'une voix blanche :
« Il est temps pour toi de savoir Severus… »
